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1
Université de Nice-Sophia Antipolis
Faculté de médecine de Nice
Année 2009
Enquête descriptive sur la traumatologie en
médecine de montagne hivernale
THESE
Présentée à l’université de Nice
Pour l’obtention du DOCTORAT EN MEDECINE,
DIPLOME D’ETAT
Par
Pascal PONSET
Né le 2 septembre 1981
à Béziers
Thèse soutenue publiquement à la faculté de médecine de Nice le 21 Septembre 2009
Devant le jury composé de :
Monsieur le Professeur Jacques LEVRAUT, Président du Jury,
Monsieur le Professeur Patrick BAQUE,
Monsieur le Professeur Fernand DEPERETTI,
Monsieur le Professeur Jean-Baptiste SAUTRON,
Monsieur le Docteur Roland GIRAUD, Directeur de Thèse.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
2
UNIVERSITE DE NICE-SOPHIA ANTIPOLIS
FACULTE DE MEDECINE
_________
Doyen
M. BENCHIMOL Daniel
1er Assesseur
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Cardiologie et Maladies Vasculaires
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Radiologie et Imagerie Médicale
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MAITRES DE CONFERENCES DES UNIVERSITES - PRATICIENS
HOSPITALIERS
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BAHADORAN Philippe
BENIZRI Emmanuel
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BLANC-PEDEUTOUR Florence
BREAUD Jean
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Biophysique
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Chirurgie Infantile
Anatomie et Cytologie pathologiques
Pharmacologie Fondamentale et Clinique
Bactériologie-Virologie-Hygiène
Biologie du Développement et de la Reproduction
Bactériologie-Virologie-Hygiène
Biophysique
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Bactériologie – Virologie
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Santé Publique
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REMERCIEMENTS
A Monsieur le Professeur LEVRAUT,
Vous m’avez fait l’honneur d’accepter la présidence de cette thèse et de juger mon travail,
Veuillez trouver ici le témoignage de ma reconnaissance et de mon profond respect.
A Monsieur le Professeur BAQUE,
Vous m’avez fait l’honneur d’être membre de mon jury et de prêter attention à ces
recherches,
Veuillez accepter ma reconnaissance et mes remerciements respectueux.
A Monsieur le Professeur DE PERETTI,
Vous m’avez fait l’honneur d’être membre de mon jury et de manifester votre intérêt pour ces
recherches,
Veuillez accepter ma reconnaissance et mes remerciements respectueux.
A Monsieur le Professeur SAUTRON,
Vous m’avez fait l’honneur d’être membre de mon jury et de vous pencher sur ces recherches,
Veuillez accepter ma reconnaissance et mes remerciements respectueux.
A Monsieur le Docteur GIRAUD,
Merci tout d’abord de m’avoir ouvert ta porte et de m’avoir accueilli à bras ouverts pour mes
six mois de stage en cabinet et pour les nombreuses autres fois… où je n’étais pas en stage.
Merci également de m’avoir accordé ta confiance et ton aide dans la réalisation de cette
étude.
Merci encore pour toutes les heures consacrées à me guider avec tant de bienveillance et de
générosité.
Et merci enfin de m’avoir si bien montré par ton exemple les qualités humaines nécessaires à
notre métier et que je m’efforcerai désormais d’appliquer.
A l’association Médecins de Montagne et son Président, Monsieur le Docteur Laporte,
Merci pour toutes les heures consacrées à me guider avec tant de bienveillance et de
gentillesse.
Merci aussi de votre disponibilité et de votre aide précieuse pour la collecte des données.
A Martine, la secrétaire du cabinet médical de Valberg ,
Merci pour ton aide précieuse lors des soins, de la collecte des données, de ta courtoisie et de
ta disponibilité.
A tous les habitants de Valberg, qu’ils soient pharmaciens, pisteurs, ambulanciers,
boulanger…
L’association de leurs efforts à tous permet le bon fonctionnement de la station.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
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A toutes les équipes des urgences et du SMUR de Menton et de Nice, même aux têtes de
pioche, qui ont eu à me côtoyer pendant trois ans et pour qui, a priori, ce n’est pas encore
terminé.
A toute l’équipe du service de Médecine de Menton qui m’a supporté et que j’ai supportée
pendant un an.
A toute l’équipe de la pédiatrie de Béziers avec qui j’ai passé six excellents mois.
A mes Parents et Grand Parents,
Merci de m’avoir si bien soutenu et encouragé pendant toutes ces années d’études.
Que ce travail en soit la récompense.
Vous m’avez permis de réaliser mon rêve.
N’oubliez jamais combien je vous aime.
A ma Sœur,
à qui je pense avec tendresse (de temps en temps),
Merci d’avoir toujours été là.
A mes oncles et tantes
Grâce à qui j’ai pu avoir un toit en région PACA,
Et qui ont eu à me fréquenter pendant trois ans.
A Jean-Sébastien (qui est un peu trop têtu)
A Thomas
A Alix
A Sarah
A Céline
A Laure
A Erick
A Arek
A Nicolas
A Thibault
A Sandra
A Didier
A Séverine
A Nathalie
A Ludivine
A Catherine
A Jacqueline
A Michèle
A Céline
A Hourria
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
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Aux Isabelle(s)
A Nicolas et Marion
A Julien
A Denis et Sabine
Aux Sylvain(s)
A Marianne
A Anne-Claire
A Philippe
A Hélène
A Régis et Caroline
A Rita
A Jérôme
A Pierre
A Raymond
A Leïla
A Christel
A Christelle
A Audrey
A Annie
A Christine
A tous ceux que j’ai pu oublier, qu’ils veuillent bien m’en excuser.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
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TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES .............................................................................................. 9
I/ INTRODUCTION ..................................................................................................... 11
1.1. L’histoire ............................................................................................................. 11
1.2. A l’heure actuelle ................................................................................................ 12
II/ BUT DE L’ETUDE.................................................................................................. 14
III/ MATERIEL ET METHODE .................................................................................. 15
3.1. Description de l’étude ......................................................................................... 15
3.2. Recueil des données ............................................................................................ 16
3.3. L’Association Médecins de Montagne ............................................................... 20
3.4. Statistiques au niveau national ............................................................................ 21
IV/ CONTEXTE LOCAL ............................................................................................. 22
4.1. Valberg et sa station ............................................................................................ 22
4.2. Le versant médical .............................................................................................. 23
4.3. La situation et son accès depuis Nice ................................................................. 25
V/ RESULTATS ET ANALYSE ................................................................................. 26
5.1. Population des blessés ........................................................................................ 26
5.2. Répartition par type d’accidents ......................................................................... 28
5.3. Répartition par type de sports de glisse .............................................................. 29
5.4. Répartition par lésions ........................................................................................ 30
5.5. Répartition par localisation ................................................................................. 31
5.6. Répartition en fonction de l’intervention des pisteurs ........................................ 32
5.7. Nombre d’accidents dus à des collisions sur les interventions des pisteurs ....... 33
5.8. Gravité immédiate et pronostic vital engagé ...................................................... 34
5.9. Gravité : éventuelle nécessité de l’hospitalisation .............................................. 35
5.10. Patients ayant bénéficié de radiographies ......................................................... 36
5.11. Hospitalisation après radiographies .................................................................. 37
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
10
VI/ DISCUSSION ......................................................................................................... 38
6.1. Matériel et méthode ............................................................................................ 38
6.2. Contexte local ..................................................................................................... 39
6.3. Population des blessés ........................................................................................ 41
6.4. Répartition par type d’accidents ......................................................................... 42
6.5. Répartition par type de sports de glisse .............................................................. 43
6.6. Répartition par lésions ........................................................................................ 44
6.7. Répartition par localisations ............................................................................... 46
6.8. Répartition en fonction de l’intervention des pisteurs ........................................ 47
6.9. Nombre d’accidents dus à des collisions sur les interventions des pisteurs ....... 48
6.10. Gravité immédiate et pronostic vital engagé .................................................... 49
6.11. Gravité : éventuelle nécessité de l’hospitalisation ............................................ 50
6.12. Patients ayant bénéficié de radiographies ......................................................... 52
6.13. Hospitalisation après radiographies .................................................................. 53
VII/ CONCLUSIONS ................................................................................................... 54
VIII/ REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................. 56
IX/ ANNEXES.............................................................................................................. 59
9.1. La place de la France dans le reste de l’Europe.................................................. 59
9.2. Les sports d’hiver et la crise ............................................................................... 62
9.3. La montagne et ses activités ............................................................................... 63
9.4. Les conditions liées à l’altitude .......................................................................... 72
9.5. Les conseils avant la pratique ............................................................................. 74
9.6. Les accessoires de prévention ............................................................................. 76
SERMENT D’HIPPOCRATE ...................................................................................... 77
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
11
I/ INTRODUCTION
1.1. L’histoire
Au début, le ski était un moyen de transport sur la neige [1] au même titre que
les raquettes. L’origine du ski remonte à 4500 ans avant notre ère environ : on a,
en effet, retrouvé en Suède gravures rupestres et fragments de skis (en
Norvégien, le mot ‘ski’ signifie d’ailleurs « morceaux de bois »).
Les débuts du ski comme activité sportive remontent à 1826, en Norvège,
lorsque l’armée décida de dissoudre ses détachements de skieurs, unités de
soldats skieurs très développées depuis 1750. Ce sport a connu un essor
fulgurant dans les années 1850 aux Etats-Unis lors de la ruée vers l’or. En
France, l’armée ne prit conscience de l’intérêt du ski que vers 1901, date à
laquelle fut créé un bataillon de skieurs militaires. C’est à cette même période
que le Dr Payot, officiant à Chamonix, visite ses malades à skis. Toujours à
Chamonix, a lieu en 1908 le second concours international de ski (après
Montgenèvre) et en 1924 se déroule ce qui est reconnu comme les premières
olympiades d’hiver. Progressivement de nouveaux arrivants qui souhaitent
«faire du sport même en hiver» vont découvrir le ski et le pratiquer bientôt avec
passion. C'est grâce à eux que, dès les années 1920, on invente ce qu'il convient
désormais d'appeler «les Sports d'hiver».
La seconde guerre mondiale entrainera un déclin de l’activité puis un rebond, à
la fin des années 50, avec de nombreuses initiatives émanant des communes ou
de sociétés privées) déclenchant des investissements afin de créer de
nombreuses remontées mécaniques. Vient alors la notion de «pistes» avec
l'invention de matériels adaptés, puis, plus tard, l'enneigement artificiel. A la fin
du XXe siècle, la France possède 30% des domaines skiables aménagés dans le
monde ainsi que le plus grand parc de remontées mécaniques. Le phénomène ski
a atteint un niveau énorme et reste en constante croissance.
C’est cet historique qui nous permet de comprendre l’évolution de la pratique du
ski et des sports d’hiver ainsi que la modification de la pathologie rencontrée
dans cette pratique [14], [15], [16].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
12
1.2. A l’heure actuelle
« En saison d'hiver, la traumatologie du sport représente 32% de l'activité des
Médecins de Montagne, avec des extrêmes allant de 0 à 100%. En effet, plus de
95% des patients blessés en station sont traités au cabinet du médecin. »
Ces chiffres de l’association des médecins de montagne sont éloquents et
soulignent bien la nécessité pour le médecin généraliste choisissant d’exercer sa
profession en station de sports d’hiver précisément, mais également en milieu
rural de façon plus générale, de savoir dominer ces problèmes et d’en connaître
la nature exacte.
L’hiver, la traumatologie représente une grande partie de l’activité. Chaque
année, sur environ neuf millions de pratiquants des sports d’hiver en France,
près de 150 000 blessés [3], [11], dont 30% conduits par les services des pistes
[19], sont pris en charge par les médecins de montagne.
Il faut savoir prendre en charge un patient et gérer l’aspect multidisciplinaire de
l’intervention (pisteurs-secouristes, pompiers, médecins). Il faut savoir avant
toute autre chose pratiquer un premier examen rapide, menant à l’essentiel: fautil l’évacuer depuis la piste ? Est-il transportable ? Puis retirer, avec dextérité, un
matériel de ski le plus souvent encombrant et volumineux, gérer la douleur du
patient, le conditionner et le déconditionner en toute sécurité pour pouvoir
respectivement le transporter et l’examiner au cabinet.
Une fois un diagnostic posé, à l’aide souvent d’examens para-cliniques
nécessitant un équipement relativement coûteux (comme la radiographie), il
faudra traiter le patient, voire le transférer au centre hospitalier le plus proche.
Exercice pouvant rapidement s’avérer compliqué car très consommateur de
temps [22] tandis que la salle d’attente est souvent bondée.
Exercice compliqué encore car également consommateur de bras : le médecin
est-il seul [23] ? A-t-il des auxiliaires dans l’installation du blessé pour la radio,
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
13
dans la confection de plâtre, la réalisation d’une suture, la pose d’une voie
veineuse ?
Autant de gestes simples et quotidiens qui peuvent, à ce moment-là, relever de la
prouesse.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
14
II/ BUT DE L’ETUDE
Cette thèse a pour but de prendre une photographie du type de lésions
rencontrées dans une station en saison hivernale pour évaluer les moyens déjà
mis (et en adéquation ?) ou à mettre en place pour permettre leur prise en charge
efficace et, qui sait, donner envie à la génération future de prendre le relais.
Elle va répondre à la question : « A quelle traumatologie est confronté un
médecin généraliste en station, l’hiver ? », son objectif principal.
Dans un second temps, nous décrirons la prise en charge et les traitements
possibles, soit sur place, soit nécessitant une évacuation vers un centre
hospitalier.
Pour ce faire, nous allons décrire la pathologie traumatique rencontrée, son
nombre, ses modes (ski, luge, snowboard, voie publique, …) et la population
qu’elle concerne. Nous décrirons la prise en charge associée, l’éventuelle
réalisation d’examens radiologiques ainsi que l’éventuelle nécessité d’évacuer le
patient.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
15
III/ MATERIEL ET METHODE
3.1. Description de l’étude
Il s’agit d’une étude descriptive prospective réalisée chez un médecin
généraliste, en cabinet, dans la station de Valberg, sur la période hivernale
2007/2008 et incluant 467 victimes (définissant la population N), s’attachant à
décrire leur pathologie, le mode d’entrée dans cette pathologie et les moyens de
traitement mis en œuvre au cabinet.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
16
3.2. Recueil des données
Les données sont recueillies dès l’arrivée du patient au cabinet par le biais d’une
fiche papier, validée par Médecins de Montagne ou, quand le patient ne passe
pas par le cabinet, en cas d’évacuation héliportée sur la piste, a posteriori dès le
retour au cabinet.
Fiche de recueil des données
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
17
Cette fiche comprend plusieurs variables dont certaines ne seront pas utilisées
pour cette étude et donc non décrites ici :
- l'âge
Il a été décidé de diviser la population en 5 sous-groupes d'âges :
âge < 10 ans : enfants
10 ans < âge < 15 ans : adolescents
15 ans < âge < 25 ans : adultes jeunes
25 ans < âge < 55 ans : adultes
âge > 55 ans : vétérans
- le sexe
- la cause
Trois types seront retenus :
- Sport (incluant uniquement les sports de glisse)
- Voie publique
- Autres (incluant les autres sports, les accidents domestiques et les
malaises)
- le type d'accidents :
- Accident de miniski
- Accident de ski alpin
- Accident de snowboard
- Autres (incluant la luge)
- collision
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
18
Cet item permet de renseigner sur la nature de l'accident suivant la présence ou
l'absence d'une collision.
- types de lésions
10 lésions ont été retenues (dont 7 avaient été identifiées comme caractéristiques
des sports d'hiver lors d'un travail commun avec l'équipe américaine de Rick
Greenwald et de réflexions communes lors des travaux de l'ISSS (International
society for Skiing and safety) [17]).
Dix types de lésions ont été retenus :
- fracture de jambe et de cheville,
- fracture du poignet,
- entorse du pouce,
- rupture du ligament croisé antérieur (LCA),
- entorse du genou,
- traumatisme crânien,
- lésions tronc/tête (hors traumatisme crânien),
- luxation de l'épaule (luxation antéro-interne de l'épaule),
- lésions de l'épaule (sauf luxation),
- autres lésions (qui regroupent tout ce que l'on ne peut pas intégrer
aux diagnostics précités).
- Echelle de gravité
L'utilisation a été simplifiée pour les besoin de l'étude à une variable binaire:
Pronostic vital engagé ou non [5].
- Hospitalisation immédiate
Variable binaire pour savoir si un patient examiné a été admis en service
hospitalier ou si son état était compatible avec un retour au domicile.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
19
- Ajouts
La fiche a été complétée par une variable supplémentaire dans la section
« commentaires » qui a permis de connaître le moyen de prise en charge du
blessé, selon qu’elle a été ou non effectuée par les pisteurs.
La saisie est ensuite faite sur le logiciel EPI Info, logiciel de santé publique
recommandé par l’OMS, qui permet de structurer simplement la base de
données et d’analyser les chiffres.
En termes de statistiques, des tests non paramétriques sont utilisés, le khi2 en
général. Les résultats significatifs sont donnés pour p < 0,05.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
20
3.3. L’Association Médecins de Montagne
« Médecins de Montagne » est une association loi 1901 créée en 1953. Elle
regroupe plus de 250 médecins généralistes installés en station de sport d’hiver
sur l’ensemble du territoire français et veillant à la sécurité des quelques 8.8
millions d’usagers des pistes de ski françaises l’hiver et des autres victimes hors
pistes (luge, randonnée, …) [11].
Son réseau d’épidémiologie, d’envergure nationale, fonctionne depuis 1992 [2].
Il constitue la base la plus importante au niveau mondial (plus de 400.000 cas) et
continue de s’étoffer d’année en année.
Cette association a pour buts :
- d’assurer la Formation Médicale Continue (séminaires et conférences),
- d’améliorer la qualité des soins en station,
- de faire connaître et défendre les aspects spécifiques de la pratique de la
médecine en montagne,
- d’améliorer la prévention des accidents de ski,
- de mesurer l’efficacité des mesures entreprises,
- de créer des fiches de recommandations et de bonnes pratiques destinées
aux patients
A noter que l’association a participé à l’élaboration de la Classification
Commune des Actes Médicaux (CCAM) avec la création de certaines cotations
spécifiques aux médecins de montagne.
De plus, l’association gère un service « Centrale d’achat » pour permettre à tous
ses membres de bénéficier des tarifs les plus avantageux (matériel et
fournitures).
Un réseau de Médecins Correspondants SAMU est également opérationnel et a
pour but de permettre une meilleure prise en charge en fournissant au SAMU
des relais fiables sur le terrain.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
21
3.4. Statistiques au niveau national
Les chiffres avancés pour la station de Valberg seront, quand cela est possible,
comparés aux chiffres globaux français sur l’hiver 2007/2008 publiés par
Médecins de Montagne avec le concours de 53 médecins répartis dans 27
stations de ski dans le document « Réseau épidémiologique d’accidentologies
des sports d’hiver » [3].
Ces résultats globaux français ont été obtenus avec la même méthode et les
mêmes outils que pour ce travail, à savoir la fiche de Médecins de Montagne
permettant le recueil des données et le logiciel EPI Info leur analyse.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
22
IV/ CONTEXTE LOCAL
4.1. Valberg et sa station
Valberg est une station de sports d'hiver du Mercantour. Elle est donc située
dans les Alpes du Sud (région Provence-Alpes-Côte d’Azur, département des
Alpes Maritimes), à cheval sur les communes de Péone, Beuil et Guillaumes.
En 1935, la construction du Grand Hôtel à Valberg et l'installation de la
première remontée mécanique de la région sur la piste nord de la Croix du Sapet
assurèrent le développement rapide de Valberg. Aujourd’hui, La station compte
90 km de pistes. Le bas des pistes est situé à 1500m et le point le plus haut
culmine à 2066m. Le domaine skiable compte 53 pistes, 22 remontées
mécaniques et est à 90% couvert par les canons à neige permettant un
enneigement artificiel [28]. Ces infrastructures accueillent plus de deux millions
de skieurs annuels et permettent un débit horaire de plus de vingt et un mille
skieurs.
En Février 1937, Beuil inaugura son propre tremplin olympique, le seul de
toutes les Alpes du Sud. Remis aux normes en 1990 pour accueillir la coupe
d’Europe de saut à ski, ce tremplin est le point de départ historique du projet
visant à faire descendre les skieurs des mélèzes aux palmiers pour les JO d’hiver
de 2018, dont Nice brigue la candidature.
Mais Valberg vit aussi l’été avec son golf, sa piscine, son altisurface, ses
activités de VTT et de parapente, son parcours d’accro-branche et tous ses
sentiers de randonnées.
Il s’agit bel et bien d’une station dynamique, avec un afflux constant de
personnes et donc, potentiellement, de blessés nécessitant la présence d’un
médecin sur place.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
23
4.2. Le versant médical
Il n’y a à Valberg qu’un seul cabinet médical, avec un seul médecin [23], [24],
le Dr Roland Giraud, qui veille sur la population de tous les alentours. Soit
respectivement 400, 700 et 100 personnes à l’année pour les communes de
Beuil, Valberg et Péone. Population passant à Beuil à 2200 personnes l’hiver et
12000 à Valberg (l’accroissement de la population de Péone étant négligeable
l’hiver) [28].
Le cabinet est situé à 150m du pied des pistes, avec un accès facile pour les
ambulances et Véhicules de Secours aux Victimes (VSAV), permettant leur
stationnement, sans gêner la circulation.
Il comporte :
- une salle d’attente,
- une salle d’examen,
- une seconde salle d’examen avec l’appareil de radiographies.
Les patients peuvent y accéder
- soit spontanément et ils se présentent d’eux- mêmes au cabinet,
- soit par l’ambulance des pistes,
- soit par un VSAV des pompiers dont les casernes se situent à Beuil,
Valberg et Guillaumes.
Le Dr Giraud, médecin pompier, travaille seul ou, étant maître de stage, aidé par
son interne en stage. Le médecin est disponible à toute heure du jour ou de la
nuit (dans le cadre de la permanence de soin h24 [25], seul médecin sur place).
Il reçoit essentiellement au cabinet et évite, autant que possible, tout
déplacement lors de cette période hivernale, très lourde en termes de charge de
travail [22].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
24
Il est soumis cependant à des impératifs et confronté à des patients non
transportables. Il se rend alors sur le lieu de l’intervention avec son véhicule
personnel quand c’est possible, s’il s’agit d’une voie publique, d’un hôtel, d’une
habitation ou rejoint un pisteur en bas des pistes qui l’emmènera en motoneige
sur la zone. Il abandonne, pendant ce temps, la salle d’attente du cabinet qui ne
désemplit pas, et il ne peut plus être disponible, par définition, pour une
seconde urgence, si elle venait à arriver. Dans ce cas les différentes victimes
sont conditionnées dans les VSAV et ambulances disponibles, regroupés sur un
même site afin que le médecin puisse examiner chacune le plus rapidement
possible.
Il bénéficie de l’aide de Martine, sa dévouée secrétaire, qui le soulage non
seulement de toute la charge administrative mais de bien davantage : elle l’aide
à installer les patients pour les radiographies, elle le sert pour les sutures, met la
main à la pâte dans la confection des plâtres et devient un relais entre lui et les
secours (pompiers, Samu) quand il est en intervention. Bref, une aide plus que
précieuse.
Le cabinet, le domicile du médecin ainsi que sa voiture captent de façon
permanente, grâce à des appareils de radiocommunication, les fréquences des
pompiers, des pisteurs et de l’ambulance des pistes: le docteur Giraud est ainsi
informé en temps réel de la situation et d’un accident qui nécessitera une
éventuelle intervention dans les minutes à venir.
Les effectifs des pompiers, en période hivernale, sont composés de cinq
pompiers de garde sur la caserne de Beuil, entre trois et cinq pompiers de garde
à Valberg. Ces effectifs sont identiques les week-ends et sur les périodes de
vacances scolaires et sont diminués environ par deux aux autres périodes de
l’année [28].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
25
4.3. La situation et son accès depuis Nice
Il est important de prendre en compte le facteur trajet.
Valberg n’est situé qu’à 85km de Nice, il s’agit cependant d’une « vraie » route
de montagne, très étroite et très sinueuse. Le trajet en voiture se fait
classiquement en une heure et demie, deux heures en VSAV, parfois beaucoup
plus en cas de fortes chutes de neige (jusqu’à 4 heures).
Cela implique que l’accès est parfois difficile, voire même impossible.
L’hélicoptère reste souvent la méthode de choix pour l’évacuation. Soit
l’hélicoptère du Samu, soit celui de la Sécurité Civile (quand la météo le
permet).
Localisation géographique par rapport à Nice
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
26
V/ RESULTATS ET ANALYSE
Tous les tableaux et graphiques qui suivent concernent exclusivement la station
de Valberg sur la saison hivernale 2007/2008.
5.1. Population des blessés
- répartition par groupe d’âges :
Groupe
adolescents
adultes
adultes
jeunes
enfants
vétérans
total
Nombre
Pourcentage
61
13,06%
185
39,61%
88
77
56
467
18,84%
16,49%
11,99%
100,00%
Ces groupes d’âges sont sensiblement comparables aux chiffres globaux français
[3], avec plus de vétérans (15%) mais moins d’enfants (12%) en moyenne dans
les autres stations françaises qu’à Valberg.
Les sous-groupes d’âge « adolescents », « adultes » et « adultes jeunes » étant
sensiblement comparables, en représentant respectivement 17,2, 38,2 et 18,9%
de la population étudiée sur les chiffres nationaux.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
27
- répartition par sexe
Sexe
masculin
féminin
total
Nombre
Pourcentage
260
55,67%
207
44,33%
467
100,00%
Les populations sont comparables aux chiffres globaux français [3]. Sur l’année,
on a recensé en France 47,6% de femmes et 52,4% d’hommes blessés en station
de sports d’hiver.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
28
5.2. Répartition par type d’accidents
Divers
voie
publique
sport de
glisse
autres
Total
Nombre
Pourcentage
32
6,85%
426
9
467
91,22%
1,93%
100,00%
En France [3], la répartition est sensiblement identique avec 6,3% de la
population blessée sur la voie publique, 92,1% en pratiquant un sport et 1,6%
dans la catégorie « autres ».
La catégorie « autres » comprend d’autres sports, comme le ski de fond ou
encore des pratiques restant très minoritaires l’hiver: football, rugby, tennis.
Ce tableau définira la sous-population N2, celle de tous les blessés au cours de
la pratique d’un sport de glisse. Elle comportera donc 426 patients.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
29
5.3. Répartition par type de sports de glisse
Sport de
glisse
Nombre
Pourcentage
miniski
9
2,11%
ski alpin
317
74,41%
snowboard
86
20,19%
autre
14
3,29%
Total
426
100,00%
Les chiffres sont comparables avec les chiffres globaux français [3].
Il est intéressant de noter que la part de miniskis semble se stabiliser par rapport
à l’année précédente [14]. Année durant laquelle la pratique du ski alpin
augmente sensiblement (+4%) alors que la pratique du snowboard, elle, diminue
(-2%).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
30
5.4. Répartition par lésions
Diagnostic
Autre
entorse genou
lésion épaule
lésion tronc/tête
entorse pouce
fracture
jambe/cheville
fracture poignet
luxation épaule
rupture LCA
TC
Total
Nombre
65
133
43
15
13
Pourcentage
15,26%
31,22%
10,09%
3,52%
3,05%
34
58
20
13
32
426
7,98%
13,62%
4,69%
3,05%
7,51%
100,00%
Dans « autre » sont classées les plaies, les contusions et les malaises.
Les chiffres sont comparables aux chiffres globaux français [3]. Il est à noter
que les ruptures du LCA, en constante augmentation de 1992 à 2001, sont à un
niveau stable depuis 2001 [11], [12], [13], [15], [16], [17], [18].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
31
5.5. Répartition par localisation
Siège
abdomen
bassin
crâne
face
membre
inf.
membre
sup.
rachis
thorax
Total
Nombre
7
2
30
17
Pourcentage
1,64%
0,47%
7,04%
3,99%
197
46,24%
133
31
9
426
31,22%
7,28%
2,11%
100,00%
Là encore, les chiffres sont superposables aux chiffres globaux français de
l’année [3], d’où se détache également cette nette prédominance des lésions des
quatre membres suivie de celles de l’axe crâne/rachis.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
32
5.6. Répartition en fonction de l’intervention des pisteurs
Interventions
des pisteurs Nombre
Pourcentage
non
181
42,49%
oui
245
57,51%
Total
426
100,00%
Cette fois-ci, les chiffres s’écartent sensiblement de la moyenne française [3]
avec en France 31% d’interventions des pisteurs et 69% sans (contre
respectivement 58% et 42% à Valberg), moyenne elle-même plus basse que
celle des années précédentes [3], [19].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
33
5.7. Nombre d’accidents dus à des collisions sur les
interventions des pisteurs
Collisions
non
oui
Total
Nombre
Pourcentage
367
86,15%
59
13,85%
426
100,00%
Ces chiffres sont strictement superposables à la moyenne française sur l’année
[3].
Et ils sont stables dans le temps.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
34
5.8. Gravité immédiate et pronostic vital engagé
Pronostic
vital
non
oui
Total
Nombre
Pourcentage
422
99,06%
2
0,47%
426
100,00%
Le taux de patients dont le pronostic vital est engagé est faible et comparable à
la moyenne française [3].
Il est comparable aux chiffres de l’année précédente également.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
35
5.9. Gravité : éventuelle nécessité de l’hospitalisation
hospitalisation Nombre
Pourcentage
oui
66
14,13%
non
401
85,87%
Total
467
100,00%
Le taux d’hospitalisation sur la station de Valberg est plus important que la
moyenne française [3] avec 14% des patients blessés examinés hospitalisés
contre 7%.
Les accidents ne sont en revanche pas plus graves que dans le reste de
l’hexagone [3].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
36
5.10. Patients ayant bénéficié de radiographies
radio
oui
non
Total
Nombre
Pourcentage
166
35,55%
301
64,45%
467
100,00%
Un peu plus d’un tiers des patients blessés examinés par le médecin a bénéficié
d’examens de radiographie.
Seules sont pratiquées au cabinet les radiographies des quatre membres, y
compris la clavicule et le bassin. Ne sont pas pratiquées les radiographies du
crâne, du rachis et du thorax pour des raisons médico-légales d’interprétation par
un médecin généraliste.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
37
5.11. Hospitalisation après radiographies
Nombre
hospitalisations malgré la
radio
hospitalisations évitées
Total
31
135
166
Pourcentage
18,67%
81,33%
100,00%
Sur les 166 radiographies pratiquées, 135 n’ont pas débouché sur une
hospitalisation et les 31 autres ont, tout de même, nécessité une prise en charge
secondaire au Centre Hospitalier Universitaire de Nice ou en clinique privée (à
la demande du patient).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
38
VI/ DISCUSSION
6.1. Matériel et méthode
La fiche de recueil a été standardisée, validée et élaborée par Médecins de
Montagne, après de longues années d’évolution depuis 1992 avec des items
modifiés, certains ajoutés, d’autres supprimés au fil du temps et de l’évolution
des pratiques, de la pathologie rencontrée et des retours des médecins. Ces
fiches sont toujours en constante évolution et ont encore été modifiées pour la
saison 2008/2009.
Ces fiches sont remplies sur le terrain, sur le vif ou alors a posteriori, le soir, une
fois la journée de travail terminée.
Ceci implique donc qu’un certain nombre de fiches n’étaient pas complètes ou
trop partiellement utilisables pour cette étude. Soit par un manque de rigueur
dans la collecte des données, soit par des erreurs de retranscription au format
informatique, soit carrément par des fiches physiquement inutilisables (la neige,
l’eau, le plâtre sont autant de milieux hostiles pour le papier et l’encre du stylo).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
39
6.2. Contexte local
Il est intéressant de noter que si les moyens locaux sont manifestement suffisants
et qu’ils permettent une bonne prise en charge du patient tant qu’il ne nécessite
pas un transfert à l’hôpital, en revanche les choses se compliquent quand un
transfert secondaire est nécessaire.
L’accès à la station étant en effet bien moins évident (petite route, sinueuse au
possible) que l’accès aux stations voisines d’Isola 2000 et Auron, cela pose des
problèmes de transport pour les patients par la route [23].
D’une part, il faut considérer la durée du trajet: entre deux et quatre heures,
selon les conditions de la météo et de la route.
D’autre part, il faut penser qu’un patient dans un VSAV, même conditionné
dans un matelas à dépression (communément appelé matelas coquille), aura un
certain nombre de virages à passer, autant de virages qui pourront réveiller une
éventuelle douleur ou entrainer quelques désagréables vomissements
(notamment si le patient est sous morphiéne) et participer à son inconfort
(patient conditionné et coquillé en décubitus dorsal et donc immobilisé dans
cette position ; en cas de vomissements, le VSAV doit s’arrêter, incliner
l’ensemble patient plus matelas à dépression en décubitus latéral pour lui
permettre de vomir).
Il existe un VSAV dit VSAV jonction, basé à Gilette qui prendra en charge la
victime en bas des gorges du Cians pour libérer le VSAV de Beuil, Valberg ou
Guillaumes [28]. Il s’agit d’un transfert supplémentaire pour le patient que le
médecin peut interdire s’il le juge potentiellement aggravant pour la victime,
auquel cas le VSAV engagé descendra jusqu’à Nice.
Le moyen de choix d’évacuation reste alors l’hélicoptère, mais son vol est
conditionné par la météo et sa disponibilité. Deux machines sont disponibles
pour l’ensemble du département : celui du SAMU (temps de vol d’environ vingt
minutes) et celui de la Sécurité Civile (temps de vol d’environ douze minutes).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
40
D’autre part, entre l’éloignement de la ville, le peu d’effort des pouvoirs publics
pour attirer les jeunes médecins (qui ne connaissent même pas ce type
d’exercice le plus souvent, n’y ayant que peu (exceptionnellement), voire pas du
tout (majoritairement) accès pendant leur cursus universitaire), l’exigence sans
cesse croissante des patients et les menaces médico-légales qui en découlent, les
stations de sport d’hiver et plus généralement l’arrière pays de chaque région de
France se désertifie dangereusement et la démographie médicale y est en chute
libre [24], [25], [26].
Il faut savoir qu’en France, plus de 2,6 millions de personnes rencontrent des
difficultés pour avoir accès aux soins. Le nombre de médecins n’a jamais été
aussi important en France et il a plus que doublé en vingt ans pour atteindre 203
000 médecins. Mais leur répartition sur le territoire n’est pas homogène.
De plus, d’ici 2025, ce nombre devrait chuter de 10% en raison des départs à la
retraite. La densité médicale atteindrait alors son niveau de 1980 avec 283
médecins pour 100 000 habitants [24], [25].
A Valberg, la présence du seul médecin est suffisante en morte saison. En
revanche, en pleine saison, le médecin est seul et, bien qu’il arrive à gérer
l’afflux de patients, c’est au prix d’un investissement personnel pouvant effrayer
et décourager les jeunes médecins à venir s’installer en station [22], [23]. A ce
sujet, la maîtrise de stage qui permet aux internes de médecine générale de
passer en cabinet est peut-être un excellent moyen d’intéresser les futurs
médecins à ce type de pratique et peut-être empêcher la désertification qui guette
la médecine rurale.
Et si le Dr Giraud est donc seul à veiller sur ce bassin de population, il est
intéressant de noter que la région PACA ne comporte officiellement pour le
ministère aucune commune à faible densité médicale. C’est dire [24].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
41
6.3. Population des blessés
Comme tous les ans, la répartition montre un taux supérieur de blessés
masculins.
A cela deux raisons viennent à l’esprit : les hommes pratiquent plus de sports
que les femmes ou bien les femmes sont plus prudentes et réfléchies.
Par rapport aux chiffres nationaux [3], on note qu’il y a à Valberg moins de
vétérans mais plus d’enfants dans les populations de blessés.
Ceci est assez paradoxal, la population de la région PACA étant sensiblement
plus âgée que la moyenne nationale, en se classant au 9ème rang des régions
françaises les plus âgées avec 23,8% des habitants âgés de 60 ans et plus [27].
Il est intéressant de relever que les patients de plus de cinquante ans partent en
moyenne deux fois plus aux sports d’hiver qu’il y a vingt ans et que leurs
séjours y sont plus longs que chez les populations plus jeunes. Cependant, ils
pratiquent moins les sports de glisse que leurs cadets, préférant la randonnée, les
raquettes ou … le repos en terrasse ! [7]
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
42
6.4. Répartition par type d’accidents
On trouve une écrasante majorité d’accidents liés à la pratique sportive. En effet,
sur les 467 patients inclus et blessés, 426 l’ont été au décours de la pratique d’un
sport de glisse.
Ce à quoi l'on pouvait s'attendre et qui paraît tout à fait cohérent, étant donné
que l’on s’intéresse à l’activité de traumatologie générée dans une station de
sports d’hiver sur la période hivernale.
De plus, si tous les accidents sur une piste ayant nécessité l’intervention des
pisteurs, même bénins, sont répertoriés, il faut garder en tête que nombre
d’accidentés sur la voie publique ou au domicile n’ont pas consulté le médecin
(soit qu’ils ne l’estimaient pas nécessaire, soit qu’ils ignoraient sa présence et
rentraient par leurs propres moyens en ville) et n’ont, bien évidemment, pas
nécessité l’intervention des pisteurs : ils ne sont donc pas pris en compte dans
ces résultats.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
43
6.5. Répartition par type de sports de glisse
Les chiffres sont comparables avec les chiffres globaux français [3]. Il est
intéressant de noter que la part de miniskis semble se stabiliser par rapport à
l’année dernière [14], là où les skieurs alpins augmentent sensiblement (+4%) au
profit des pratiquants de snowboards, qui, eux, diminuent (-2%).
On peut sans doute rattacher cela à la variabilité d’une saison à l’autre (l’année
prochaine, peut-être verrons nous l’inverse) mais plus vraisemblablement à un
tassement de la mode snowboard. L’introduction sur le marché de nouveaux
types de skis plus « fun » a amené les jeunes et les adultes jeunes à redécouvrir à
la pratique du ski (ou du miniski, toujours très en vogue [14]).
D’autre part, il est intéressant de remarquer que les pratiquants du snowboard
semblent de plus en plus responsables (discours tenu, port de protections, bonne
conduite sur les pistes, …). La diabolisation du snowboarder devient donc
totalement fantaisiste, chiffres à l’appui [3], [11], [15], [16], [17].
A noter que les accidents de luge [20], s’ils restent fort heureusement peu
nombreux, sont généralement d’une gravité importante et entraînent des lésions
le plus souvent de la tête et du tronc ainsi qu’un nombre non négligeable de
fractures de la diaphyse fémorale, nécessitant un transfert rapide en milieu
hospitalier.
Il existe des pistes réservées aux luges, souvent peu courues des amateurs qui
leur préfèrent des descentes plus vertigineuses, plus dangereuses mais aussi
interdites et souvent accompagnées de skieurs ou autres usagers des pistes,
majorant le risque d’accident [20], [21].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
44
6.6. Répartition par lésions
Le diagnostic d’entorse est le plus fréquemment posé.
Nous pouvons l’expliquer par la grande fréquence des lésions du genou
survenant en ski alpin (près d’un tiers des lésions avec dans sa forme la plus
grave la rupture du ligament croisé antérieur). Les femmes sont trois fois plus
exposées à ce risque que les hommes et tous les niveaux de pratique sont
touchés. Les conséquences sont lourdes avec souvent une intervention
chirurgicale à la clef, une longue rééducation, une instabilité permanente du
genou, une gène fonctionnelle dans la pratique de certains sports et une arthrose
précoce du genou. Il est cependant intéressant de noter que ce chiffre est en
constante baisse tous les ans, les progrès en matière de fixations (ainsi que leur
réglage, très important : une entorse sur deux est imputable à un mauvais réglage
de la fixation) et de chaussures y étant pour beaucoup (auparavant, la pratique
du ski entrainait de nombreuses fractures de tibia et fibula à cause de
l’utilisation de chaussures en cuir, non rigides) [1], [6], [11], [12], [13].
La traumatologie osseuse est également importante, vu qu’environ 21% des
lésions observées sont des lésions fracturaires (membre inférieur et membre
supérieur confondus, les snowboarders étant grands pourvoyeurs de fractures du
membre supérieur, les skieurs plutôt du membre inférieur), dont certaines sont
ouvertes [11], [15], [16], [17], [18].
Même si aucun indicateur n’a été utilisé dans cette étude, il est intéressant de
relever que la qualité de la neige influe sur le type de lésion : une neige dure
entrainera plutôt des traumatismes des membres supérieurs alors qu’une neige
molle impliquera plutôt des atteintes des membres inférieurs.
La pathologie impliquant le rachis nécessite une évacuation hospitalière
systématique. Ces lésions du rachis, quand elles sont hyperalgiques, sont celles
qui nécessitent toujours une intervention du médecin sur piste, de par la
nécessité de conditionner le patient, de soulager rapidement sa douleur et surtout
d’évaluer son état neurologique. Ce sont également les plus demandeuses en
termes d’évacuations héliportées pour les raisons évoquées plus haut. Ces
patients ne passent donc pas par le cabinet médical [15], [16], [17], [18].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
45
A noter une baisse des traumatismes crâniens. Sans doute à corréler avec la
baisse des hospitalisations, un traumatisme crânien avec perte de connaissance
imposant une surveillance de 24h en milieu hospitalier selon les
recommandations et donc une hospitalisation immédiate.
Il est intéressant de rappeler qu’une baisse très significative (de moitié) des TC
avait eu lieu dans les années 1992-1995 chez les jeunes de moins de 16 ans,
suite à la campagne « Skiez casqués », instaurée par l’association Médecins de
Montagne qui continue chaque année par des campagnes d’information de
sensibiliser la population des usagers des pistes à ce sujet [8], [9], [10], [21].
Les fractures non déplacées, les luxations d’épaules sans fracture associée, les
plaies à la limite de l’aponévrose et plus généralement les entorses et autres
lésions musculo-tendineuses sont traitées au cabinet. Avec une éventuelle
consultation à distance avec un spécialiste, mais sans urgence ni hospitalisation
immédiate.
Les traumatismes abdominaux avec suspicion d’atteinte d’un organe interne, les
traumatismes crâniens avec perte de connaissance initiale, les traumatismes du
rachis, les traumatismes du bassin, les plaies transfixiantes de la face, les plaies
de la main avec atteinte d’un tendon ou d’un nerf, les plaies profondes à suturer
en deux plans et toutes les fractures déplacées, ouvertes ou instables, sont en
revanche évacuées vers le Centre Hospitalier Universitaire de Nice ou la
Clinique privée choisie par le patient.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
46
6.7. Répartition par localisations
Les zones les plus touchées sont les quatre membres, en toute logique, vu le
nombre de fractures et d’entorses, largement prédominant, auquel on peut en
plus ajouter les luxations et autres lésions musculo-tendineuses.
Suivent les lésions de l’axe crâne/rachis, grandes pourvoyeuses d’hospitalisation
puisqu’il y a impossibilité quasi complète de leur prise en charge entièrement
sur place.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
47
6.8. Répartition en fonction de l’intervention des pisteurs
Les pisteurs interviennent beaucoup plus à Valberg que dans les autres stations
françaises en moyenne, sans que l’on puisse y trouver la moindre explication. A
l’objection près que certaines petites stations ne disposent pas de pisteurssecouristes [19].
Cela a un coté très rassurant et très apprécié des usagers des pistes qui se sentent
en sécurité et savent que quelqu’un sera là pour eux en cas de problème.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
48
6.9. Nombre d’accidents dus à des collisions sur les
interventions des pisteurs
Ces chiffres sont strictement superposables à la moyenne française sur l’année
[3].
Ils sont stables dans le temps, mais il est intéressant de noter que les plus
touchés en termes de gravité par les collisions sont les enfants de plus de dix ans
et les personnes âgées de plus de cinquante- cinq ans [7], [8], [9], [10], [21].
Les auteurs de ces collisions sont principalement des skieurs adultes.
Les lésions entrainées sont généralement plus graves que lors d’une banale chute
non occasionnée par la présence d’un tiers. La raison la plus évidente à cela
étant la cinétique des deux personnes impliquées.
Un des attraits du ski à Valberg est attribuable à l’existence de certaines pistes
bordées par la forêt de mélèzes, mais cela implique une part de collisions non
négligeables avec les dits mélèzes.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
49
6.10. Gravité immédiate et pronostic vital engagé
L’engagement du pronostic vital, avec un taux inférieur à 0,5%, est fort
heureusement très faible mais reste toujours trop important (chiffre stable par
rapport à l’année précédente [3]).
Le port du casque n’étant pas obligatoire, ce risque devient plus important chez
l’adulte et l’adulte jeune que chez l’enfant, les enfants étant désormais
majoritairement équipés de casques [8], [9], [10], [21].
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
50
6.11. Gravité : éventuelle nécessité de l’hospitalisation
Le taux d’hospitalisation sur la station de Valberg est plus important que la
moyenne française [3] avec 14% contre 5% (taux franchement plus faible qu’en
2007 avec alors 6,7% au niveau national, à noter que les hospitalisations depuis
la station de Valberg ont baissé également dans les mêmes proportions par
rapport à 2007).
Les accidents ne sont en revanche pas plus graves.
Cela est sans doute imputable aux moyens limités présents sur place et surtout à
la difficulté d’accès à la station, imposant de prendre des précautions
supplémentaires lors de la prise en charge [23].
Valberg est une des stations de ski les plus éloignées en France d’un centre
hospitalier de référence. Dans les grandes stations de Haute-Savoie par exemple,
l’évacuation peut ne durer qu’une vingtaine de minutes, ce qui modifie
considérablement la prise en charge [24], [25].
Il est à remarquer que le Dr GIRAUD ne pratique pas de réduction des foyers de
fracture au cabinet, à la différence de certains cabinets de médecins de montagne
avec une plus grosse structure (plusieurs médecins, des infirmières et une plus
grande proximité des centres hospitaliers). Ses patients sont donc
systématiquement transférés en centre hospitalier depuis Valberg.
Ce taux reste tout de même relativement faible dans l’absolu et la prise en
charge quasi exclusive des lésions au cabinet et le faible taux d’hospitalisation
peuvent étonner au prime abord. Ce phénomène est pourtant relativement
facilement explicable par :
- une compétence multidisciplinaire des médecins de montagne acquise soit
avec le temps, soit au cours des multiples formations et séminaires organisés
tout au long de l’année. La plupart sont, de plus, de vrais urgentistes avec une
formation adéquate et sont souvent médecins pompiers également.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
51
- une infrastructure disponible au cabinet qui, bien que toujours trop limitée et
variable selon les stations, reste très performante et technique avec
notamment de quoi plâtrer, immobiliser, suturer et réaliser des examens
radiographiques.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
52
6.12. Patients ayant bénéficié de radiographies
35% des patients ont bénéficié d’examens radiologiques, soit plus d’un tiers
d’entre eux.
C’est une part non négligeable qui montre bien l’intérêt de la présence de ce
genre d’appareil dans une zone comme une station de ski, très exposée à la
traumatologie et où l’indication de ce type d’imagerie est très fréquente.
Le cabinet médical de Valberg était équipé d’un appareil de radiographies avec
une développeuse à bain. Devenu obsolète, ce matériel a été remplacé par un
appareil neuf avec une développeuse numérique.
Dans le cadre du pôle d’excellence santé [28], le Conseil Général a investi dans
ce nouvel équipement mis à disposition du cabinet médical (ainsi qu’un appareil
de Ventilation Non Invasive et d’un nouvel appareil à électrocardiogrammes).
Le tout pour un montant total de 75.000€ : peu de médecins peuvent investir une
telle somme sans le concours des pouvoirs publics. A noter qu’en sus, le cabinet
doit être équipé et répondre à certaines normes au sujet des rayonnements X et
que le médecin doit être titulaire d’un diplôme de radio-protection.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
53
6.13. Hospitalisation après radiographies
Il est intéressant de noter que seuls un peu plus de 18% des patients ayant
bénéficié d’examens radiologiques ont été hospitalisés.
Ce qui sous-tend donc que pour plus de 81% d’entre eux, une hospitalisation a
pu être évitée, ainsi que son coût pour la communauté (transport jusqu’à Nice,
passage aux urgences de Nice) : l’économie réalisée en termes de temps, de coût
et de personnel est loin d’être négligeable.
Cela renforce donc l’intérêt, voire la nécessité, de ce type d’équipements dans
un cabinet de station de ski. Equipements coûteux (cf. 6.12.) pour lesquels le
médecin ne bénéficie pas nécessairement d’une aide des pouvoirs publics
(certaines stations ne sont donc toujours pas équipées).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
54
VII/ CONCLUSIONS
Cette étude portant sur 467 patients prend donc une photo à un instant « t »
donné de la pathologie traumatique rencontrée à Valberg lors de la saison
hivernale 2007/2008, pathologie qui est, comme nous l’avons vu, comparable
aux autres stations françaises.
Les hommes restent donc les plus exposés et majoritairement les skieurs, suivis
des snowboarders, avec essentiellement des lésions des quatre membres
(entorses ou fractures) et des traumatismes de l’axe crâne/rachis dont la prise en
charge est limitée sur place.
Les lésions retrouvées sont peu spécifiques (c'est-à-dire qu’on les retrouve lors
de nombreux autres accidents n’ayant pas de rapport avec la glisse et les sports
d’hiver) mais très reproductibles.
Il est intéressant de noter que, malgré la présence de pistes qui leur sont
consacrées, les amateurs de luge s’y rendent peu. Ceci est d’autant plus
préjudiciable que si les accidents de luge sont rares, ils surviennent quasi
exclusivement en dehors de ces pistes et sont en revanche souvent dramatiques
avec des lésions sévères de la tête et du tronc.
La prise en charge s’effectue majoritairement sur place (au cabinet ou sur la
piste) et les moyens disponibles à Valberg, en termes humains (pisteurs,
ambulanciers, pompiers), techniques (confection de plâtre, appareil de
radiographies), ou pour ce qui concerne l’évacuation (pompier, Samu,
ambulance des pistes), sont suffisants.
La présence de toutes ces équipes est un plus pour l’usager des pistes qui se sent
en sécurité et bien entouré.
C’est également un gros plus en termes de santé publique et d’économie car s’il
n’y avait pas de médecin sur la station, les près de cinq cents patients auraient dû
être évacués sur Nice pour prise en charge médicale, avec tout ce que cela
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
55
implique au niveau du transport, de la logistique et des coûts engendrés.
De même, si la présence d’appareils coûteux, comme la radio, peut surprendre, il
s’avère que c’est un investissement très intéressant puisqu’il permet d’éviter bon
nombre d’hospitalisations.
Il est important d’insister sur la nécessité d’une cohérence et même d’une
complicité entre les différents intervenants du secours: pisteurs-secouristes,
pompiers, médecins, centres de traitement des appels du Service Départemental
d’Incendie et de Secours (SDIS 06), régulation du Service d’Aide Médicale
d’Urgence (SAMU 06). Un dysfonctionnement d’un des maillons de la chaîne
peut être responsable d’importantes difficultés de prise en charge.
Il faut tout de même garder à l’esprit que si la charge de travail reste très lourde
en période hivernale et particulièrement pendant les vacances scolaires, le travail
en station s’avère très enrichissant et intéressant pour le médecin qui y exerce,
ainsi que très gratifiant. Les gestes techniques à pratiquer y sont nombreux et
très variés. Le médecin sur place aura plusieurs casquettes, devra bien manager
les équipes disponibles, savoir de quels moyens il dispose et à quel moment, le
tout en jonglant avec la météo et le relief.
Enfin, l’activité pendant la saison estivale est totalement différente et permet
donc de rompre avec une certaine monotonie. Peut-être une prochaine étude
s’acharnera-t-elle à décrire cette activité pour parachever le tableau brossé ici de
la médecine de montagne et finira-t-elle par convaincre d’actuels ou futurs
médecins de s’intéresser à cette activité et de ne pas délaisser ce secteur, avec
les terribles conséquences en termes de santé publique que cela entrainerait ?
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
56
VIII/ REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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Montagne Publications, 2007.
2. Laporte JD, Binet MH, Rouvière D. Premiers Résultats d’une Etude
Epidémiologique d’une grande Ampleur sur les Accidents des Sports de
Neige et de Glace, Journée de Médecine du Sport 1992, Médecine du
sport 1992. Sports de Neige et de glace. 1992.
3. Laporte JD, Constans D, Baudru C, Boileau A. Résultats Hiver 2007 2008. Médecins de Montagne Publications, 2008.
4. Demay A. Le réseau de surveillance du risque à ski de Médecins de
Montagne à propos de 409529 blessés étude descriptive et incidence du
risque. Thèse soutenue à la faculté de médecine de Limoges, 2006.
5. Bergstrom KA, Askild O, Jorgensen NA, Ekeland A. Organization of
Skiing Safety in a New Alpine Area: Injury Severity Score Used to
Compare and Classify the difficulty of the Slopes, Skiing Trauma and
safety: Ninth International Symposium, ASTM STP 1182, Robert J.
Johnson, C.D. Mote, Jr., and John Zelcer, Eds., American Society for
Testing and Materials, Philadelphia, 1993.
6. Fenet N. Impact de la modification des normes de réglage des fixations
sur la traumatologie du genou en ski alpin. Médecins de Montagne
Publications, 2000.
7. Fenet N, Constans D, Laporte JD. Ski alpin et cinquante ans. Médecins de
Montagne Publications, 1997.
8. Ekeland A, Nordsletter L, Lystad H, and Holtmoen A. Alpine Skiing
Injuries in Children, Skiing Trauma and Safety: Ninth International
Symposium, ASTM STP 1182, Robert J. Johnson, C.D. Mote, Jr., and
John Zelcer, Eds., American Society for Testing and Materials,
Philadelphia,
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9. Giddings PH, Mc Callum IG, and Duff PA. Children’s Skiing Injuries in
Victoria, Australia, Skiing Trauma and Safety: Ninth International
Symposium, ASTM STP 1182, Robert J. Johnson, C.D. Mote, Jr., and
John Zelcer, Eds., American Society for Testing and Materials,
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
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Philadelphia, 1993.
10.Laporte JD, Binet MH, Constans D, « Children and ski slope collisions,
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11.Dossier de presse 2006-2007 sur les principaux chiffres liés aux accidents
de sport d’hiver. Médecins de Montagne Publications, 2007.
12.Binet MH. Pourquoi tant de Lésions du Ligament Croisé Antérieur en Ski
Alpin ?, Journée de Médecine du Sport 1992. Médecine du Sport 1992.
Sports de Neige et de Glace. 1992.
13.Laporte JD, Binet MH, and Constans D. Evolution of ACL Ruptures in
French Ski Resorts 1992-1999, Skiing Trauma and Safety: Thirteenth
Volume, ASTM STP 1397, R.J. Johnson, P. Zucco, and J.E. Shealy, Eds.,
American Society for Testing and Materials, West Conshohocken, PA,
2000.
14.Laporte JD, Constans D, Pidou V, Evolution des accidents aux sports
d’hiver, le risque en miniski (ou skiboard), BEH (Bulletin
Epidémiologique Hebdomadaire), les accidents de la vie courante. 2004.
15.Laporte JD, Le Sport d’Hiver : une pratique saine qui doit être sûre, Ski,
Snowboard, Skiboard,… nouvelles pratiques, nouveaux traumatismes ?,
Les Matinées Médicales de l’AP-HP, 2004.
16.Johnson RL, Ettlinger CF, Shealy JE. Update on Injury Trends in Alpine
Skiing, Skiing Trauma and Safety: Thirteenth Volume, ASTM STP 1397,
R.J. Johnson, P. Zucco, and J.E. Shealy, Eds., American Society for
Testing and Materials, West Conshohocken, PA, 2000.
17.Greenwald RM, Nesshoever M, Boynton MD. Ski Injury Epidemiology:
A Short-Term Epidemiology Study of Injuries with Skiboards, Skiing
Trauma and Safety: Thirteenth Volume, ASTM STP 1397, R.J. Johnson,
P. Zucco, and J.E.Shealy, Eds., American Society for Testing and
Materials, West Conshohocken, PA, 2000.
18.Ekeland A, Rodven A. Injuries in Alpin Skiing, Telemarking, and
Snowboarding, Skiing Trauma and Safety: Thirteenth Volume, ASTM
STP, 1397, R.J. Johnson, P. Zucco, and J.E. Shealy, Eds., American
Society for Testing and Materials, West Conshohocken, PA, 2000.
19.Système National d’Observation de la Sécurité en Montagne (SNOSM).
Neuvième rapport du Comité de Pilotage portant sur les activités des
services de secours sur les domaines skiables pour la saison 2004-2005.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
58
Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, Ministère de
l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales, Ministère de
la Défense, Conseil Supérieur des Sports de Montagne, projet soumis au
comité de pilotage le 9 novembre 2005.
20.JD. Laporte, La pratique de la luge dans les stations de sports d’hiverFrance 1992-2005, AFNOR (Association Française de Normalisation),
juin 2006.
21.Paul Crawford R, Mote, CD Jr. Ski Binding Minimum Retention
Requirements, Skiing Trauma and Safety: Eleventh Volume, ASTM STP
1289, R.J. Johnson, C.D. Mote, Jr., and A. Ekeland, Eds., American
Society for Testing and Materials, 1997.
22.Claude S. Travail du médecin généraliste en montagne, étude et analyse
du temps des actes de traumatologie, et des facteurs influençant ce
paramètre, dans 11 stations de ski. Thèse soutenue à la faculté de
médecine de Grenoble, 2008.
23.Kista P. Contribution à l’étude de la situation spécifique du médecin de
station de sports d’hiver. Thèse soutenue à la faculté de médecine de
Montpellier, 1991.
24.Réponse au défi de la démographie médicale. Ministère de la santé et des
sports, 2008.
25.La médecine générale, rapport de l’Observatoire National de la
Démographie des Professionnel de Santé, 2007.
26.Juban T. Désertification médicale des stations de sport d’hiver en Savoie.
Thèse soutenue à la faculté de médecine de Grenoble, 2006.
27.Insee chiffres-clés 2006 - Sud Insee L’essentiel n°101, janvier 2007 –
Insee PACA données économiques et social 2007 - Plan régional de santé
publique PACA 2005-2009 – Insee Corse TEC 2005.
28.Autres références Internet :
http://www.sntf.org
http://www.odit-france.fr/
http://www.insee.fr
http://www.valberg.com
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-bilan-des-poles-d-excellence-rurale
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
59
IX/ ANNEXES
9.1. La place de la France dans le reste de l’Europe
La France reste leader sur le marché des sports d’hiver, avec 357 stations de ski
sur les 4 000 stations de sports d’hiver existant dans le monde (8,93% de
l’ensemble), un domaine skiable qui couvre une surface totale de 1 180 km2 et
représente 30% du domaine skiable européen, 4 013 remontées mécaniques (soit
18% du parc mondial). Ses stations se répartissent sur 6 massifs : les Alpes, les
Pyrénées, le Massif Central, le Jura, les Vosges et la Corse.
L’analyse a porté sur 6 concurrents européens : l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie,
la Suisse, l’Espagne, l’Andorre, en rapportant les données à celles de la France.
Il faut savoir que seule l’Autriche possède une vraie cohérence statistique avec
des données recueillies à la base depuis le milieu des années 1970 et des unités
territoriales clairement définies.
En France, on estime que sur les quelques neuf millions de skieurs, un peu plus
de deux millions sont d’origine étrangère. En Autriche, les clientèles étrangères
représentent 76,28% des parts de marché, dont 52% pour les seuls Allemands).
La couverture d’un territoire par la zone de montagne est un facteur explicatif du
dynamisme de l’économie touristique. En France, la zone de montagne n’occupe
que 22,8% du territoire national, mais son domaine skiable représente 28% du
domaine skiable européen. En Suisse, elle occupe 65% du territoire et 20% du
domaine skiable européen. En Autriche : 70% du territoire national et 19% du
domaine skiable européen. Tandis qu’en Espagne, la montagne occupe 58% du
territoire et… 2, 69% du domaine skiable européen seulement. En revanche,
contraintes par un territoire montagneux, Autriche et Suisse ont su développer
des activités économiques – notamment liées au tourisme, et ont su maintenir
25% pour l’Autriche et 27,5% pour la Suisse de leur population nationale en
montagne, contre 7% en France.
Par ailleurs, en France, le nombre de communes de montagne est très élevé (6
000), alors qu’il est relativement réduit en Autriche (800) pour une zone de
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
60
montagne moins étendue et pour des chiffres de populations inverses. France :
724 habitants/commune en moyenne, Autriche : 2 490 habitants/commune.
Parmi les domaines skiables étudiés, on peut citer quelques superficies : le plus
grand, la France avec 118 000 ha, viennent ensuite la Suisse avec 84 000 ha,
l’Autriche avec 79 000 et l’Italie avec 75 000 ha. Les autres domaines skiables
ont des tailles plus réduites.
Répartition française selon les régions en % de la superficie et du nombre d'habitants
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
61
Répartition de la fréquentation selon les régions selon la saison
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
62
9.2. Les sports d’hiver et la crise
Selon le Baromètre TNS-Sofres réalisé pour ODIT France pour la saison 2009,
en décembre, les professionnels du tourisme ont très majoritairement déclaré
une activité stable ou en hausse par rapport au même mois de l’année précédente
(83% des hôteliers et 91% des loueurs).
L’état d’esprit des établissements sur ce niveau d’activité de décembre est très
positif.
Ces bons résultats renforcent la confiance dans l’avenir chez les professionnels
du tourisme : 65% d’optimistes dans le secteur de l’hôtellerie (contre 50% en
décembre de l’année précédente) et 74% chez les loueurs (contre 63% en
décembre de l’année précédente).
La crise n’aura pas trop touché les stations de ski françaises dont le remplissage
est équivalent à celui des années précédentes.
En effet, les importantes chutes de neige sur pratiquement tous les massifs ont
même permis d’annoncer de bonnes prévisions pour les vacances de Noël de
l’année passée et ont entraîné des ouvertures anticipées des domaines skiables
dans certaines stations, permettant de bien démarrer la saison notamment dans
les Pyrénées avec la clientèle espagnole.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
63
9.3. La montagne et ses activités
La plupart des informations fournies ci-dessous sont reprises dans le document
"Les chiffres clés du tourisme de montagne en France - 5ème édition" ODIT
France – DEATM.
La destination :
Quelle que soit l'origine géographique des skieurs, la destination vers les Alpes
du Nord est prépondérante, à l'exception des habitants du Sud-Ouest qui
privilégient les Pyrénées, et de ceux du Sud-Est qui vont de préférence dans les
Alpes du Sud, pour d’évidentes raisons de proximité immédiate.
Le poids des enfants dans la décision de partir au ski en famille est décisif pour
56% des foyers, non décisif pour 41% et lié au nombre d'enfants dans le foyer et
à leur âge.
L’apprentissage des enfants :
L'apprentissage des enfants débute jeune et passe par le ski alpin.
L'âge moyen est de 4,9 ans, 64% débutent entre 3 et 5 ans et 31% débutent après
6 ans. Cet apprentissage se fait à 64% en école de ski et à 22% dans le cadre
familial. 14% des enfants apprennent à skier dans un autre cadre (avec leur
école, avec des amis…).
Les plus de 50 ans et le ski:
Ils sont deux fois plus nombreux qu’il y a 20 ans et représentent 8% de la
clientèle des sports d’hiver.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
64
Leurs séjours sont plus longs, pour une plus faible pratique des sports de glisse
en revanche.
Mais ce sont aussi eux les plus propriétaires et les prescripteurs des générations
futures.
Les nouvelles glisses:
Très peu pratiquées dans les années 80, elles ont véritablement "explosé" dans
les années 90, principalement le surf des neiges (snowboard).
La population concernée, essentiellement citadine et masculine, vient d'un
milieu social plutôt aisé, et évolue vers les tranches d'âge les plus jeunes.
Si le taux de pratique des nouvelles glisses semblait vouloir se stabiliser au
début des années 2000, la saison 2004/2005 confirme une nouvelle
augmentation de cette pratique, déjà mise en évidence en 2003/2004. Cette
tendance semble être plutôt le fait des stations de longs séjours (17%), pour
lesquelles le développement des nouvelles glisses s'est fait plus tardivement que
dans les stations à dominante journée et courts séjours (22%) que nous
appellerons "stations de proximité".
La pratique des skis courts (snowblades, patinettes, miniskis), après avoir
fortement progressé entre1997 et 2002 (0.5% des pratiques en 96/97, 4.5% en
2004/05) semble maintenant se stabiliser.
Les autres pratiques (monoski, télémark, snowscoot, snowskate) se situent à un
niveau insignifiant (0.2% pour le monoski, moins de 0.1% pour les autres
pratiques).
Le matériel (source FIFAS) :
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
65
520 000 paires de skis vendus en 2003/2004, en progression de 16% par rapport
à la saison 2000/2001. Progression qui atteint 20% sur les skis adultes en moyen
et haut de gamme.
La tendance est toujours à des skis plus faciles, qui offrent plus de sensations en
répondant mieux aux différentes attentes des skieurs : skis de compétition, de
piste, tout terrain ou nouvelle glisse.
Pour la 2e année consécutive, les skis destinés à la vente ont plus progressé que
les skis destinés à la location.
110 000 paires de raquettes ont été vendues en France en 2004/2005, ce qui
représente une augmentation de 10% par rapport à 2000/2001.
L’industrie française de matériel de ski est largement exportatrice. Les
exportations de skis, fixations et autres matériels de ski ont représenté 490,65
millions d’euros en 2003.
Le ski de fond :
L’offre disponible se répartit sur 825 communes des 6 massifs français sur 330
sites, dont 230 faisant payer une redevance. Cela représente un total de 9.700 km
de pistes linéaires et de 5.034 km d'itinéraires de randonnées.
Entre tourisme et loisirs, le ski de fond est pratiqué aussi bien par des clientèles
en séjour touristique que par des clientèles de proximité, qui se déplacent sur les
sites à la journée ou pour quelques heures. Les pratiques et les attentes de ces
deux types de clientèles sont très différentes.
L’iconographie suivante montre le type de pratique du ski de fond, enquête
Savoir Nordique datée de 2003 :
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
66
Pratique du ski de fond
La redevance perçue en 2004/2005 s’élevait à 9,72 M€ soit +3% par rapport à la
saison 2003/2004.
Les investissements annuels ont été d'environ 3 M€ par an entre 2002 et 2005.
Notons que contrairement au ski alpin, le chiffre d'affaires d'un site donné n'est
pas directement corrélé avec le linéaire de pistes offertes : ainsi les Alpes du
Nord, qui recueillent plus de la moitié de la redevance totale ne représentent que
32% du linéaire total de pistes.
Ce fait a deux explications : d'une part, la qualité intrinsèque d'un site nordique
est loin de ne dépendre que du linéaire de pistes. La qualité de l'enneigement, du
tracé, du damage, des équipements connexes ont une importance capitale.
D'autre part, les sites remplissent différentes fonctions sociales suivant leur
situation géographique : des équipements structurants de pôles touristiques forts,
équipements annexes de stations de ski alpin, espaces de loisirs pour des
agglomérations proches, équipements touristiques diffus dans les zones de
moyenne montagne sans vocation touristique marquée.
L’impact économique consolidé du ski de fond est 29 fois supérieur au volume
des financements mobilisés. 40% de cet impact concerne le tissu économique
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
67
local (consommation liée aux séjours, aménagements du domaine skiable,
infrastructures, frais de personnel), 60% l’activité économique générale associée
(dépenses d’équipement, de transport).
Les raquettes :
Avec une progression fulgurante au cours des cinq dernières saisons hivernales,
la raquette à neige a pris place parmi les activités de base de la montagne
hivernale en France.
Evolution de la pratique des raquettes en France
Il y a plusieurs motivations principales à la pratique :
- découvrir des espaces vierges,
- accéder facilement à la montagne,
- réaliser des randonnées dans d'autres conditions qu'en été,
- se maintenir en forme.
En France, en 1999, un minimum de 1,4 millions de personnes auraient pratiqué
la raquette et 460.000 paires de raquettes seraient en circulation. Le marché
français est le deuxième du monde derrière celui des USA. Alors que le marché
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
68
français est maintenant mature, certains pays d'Europe et le Japon continuent de
progresser régulièrement.
Dans les stations, la pratique de la raquette concernait en 1997/1998, 7,9% de la
population totale des visiteurs (en séjour ou à la journée) avec une majorité de
femmes (58,2%).
La raquette recrute dans toutes les classes d'âge, y compris chez les enfants, avec
cependant un creux marqué chez les 15-24 ans.
93% des raquettistes pratiquent par ailleurs la randonnée pédestre, dont 64%
régulièrement. La plupart des raquettistes sont aussi des skieurs qui cherchent à
diversifier leurs loisirs de neige.
La part des non-glisseurs (15%) est modeste mais réelle.
Moins de 10% des raquettistes ne pratiquent que cette activité durant leur séjour
d'hiver en montagne.
Les métiers du sport en montagne (Données CEMAGREF – 1992) :
En station de montagne, on évalue à 128500 le nombre de salariés, toutes
activités confondues. On évalue à 120000 les emplois liés au tourisme dans les
communes support de stations (salariés et professions indépendantes).
L’été à la montagne :
Le but de cette étude étant de ne parler de la montagne qu’en plein hiver, il
semble tout de même judicieux de toucher un mot des activités possibles en
saison estivale.
La via ferrata:
82 itinéraires représentent environ 230 000 « sorties via ferrata » par an.
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
69
Seulement 8% de cette pratique est encadrée rémunérée. Beaucoup
d’encadrement se fait à titre « amical ».
En augmentation régulière, cette pratique, toujours perçue comme une activité
nouvelle, est en vogue et reste très attractive pour une approche familiale de la
montagne
Le canyoning:
On compte 287 parcours.
Ce sport est peu envisageable de façon autonome : 69% de cette pratique est
donc encadrée payante.
La demande semble encore augmenter et devient même plus familiale.
9 000 passages sur juillet-août se font dans les principaux canyons du Vercors.
Les parcours acrobatiques en forêt:
Plus de 200 parcours sont recensés en France, dont 87 parcours dans les Alpes.
Le rythme de création de PAF s’accélère de façon très sensible depuis 2000 (25
nouveaux parcours en 2002).
700 000 entrées ont été comptabilisées en 2002 sur les 87 PAF Alpins.
8 000 entrées par PAF ont lieu en moyenne par an.
Tout cela représente un chiffre d’affaires de104 000€ par an (HT) en moyenne
par PAF.
L’escalade:
656 sites, 22 000 voies équipées dans les Alpes sont répertoriés
Environ 600 000 personnes pratiquent en France.
Cette pratique est très autonome ; seulement 19% sont encadrés et payants.
Les prestataires constatent une progression régulière de la demande depuis 5
ans.
30 000 "journées grimpeurs" par an ont pour cadre Orpierre (05).
Traumatologie en médecine de montagne hivernale
70
Source : AFIT / étude sur les APN dans les Alpes françaises .
Autres équipements en:
Sentiers de randonnée : environ 70.000 km.
Refuges de montagne : environ 270 (pour 12.000 lits).
Circuits VTT : environ 11.000 km sur 38 centres labellisés FFC en montagne.
Vol libre : 400 sites.
La randonnée dans les parcs naturels de montagne (Source : SDT /
Traitement AFIT):
La fréquentation des parcs naturels n’est pas exclusivement estivale, même si
c’est à cette période que l’on enregistre le plus de visiteurs.
Pratique de la randonnée selon la localisation
La France possède 5 parcs: ceux des Cévennes, des Ecrins, du Mercantour, des
Pyrénées, de la Vanoise, (soit 3% de la zone montagne).
Elle compte encore 17 parcs naturels régionaux : Ballon des Vosges, Chartreuse,
Corse, Grands Causses, Haut Languedoc, Livradois Forez, Lubéron, Massif des
Bauges, Monts d'Ardèche, Morvan, Pilat, Queyras, Vercors, Verdon, Volcans
d'Auvergne, Vosges du nord, (soit 30% de la zone montagne).
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9,2 millions de séjours / an donnent lieu à une pratique de la randonnée pédestre.
48% de ces pratiques se situent en espace montagne (Alpes et Corse 28%,
Pyrénées 9%, autres massifs 11%). La randonnée pédestre est à distinguer de la
promenade, beaucoup plus pratiquée.
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9.4. Les conditions liées à l’altitude
L’altitude
Lorsque l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue et de ce fait
l’air se raréfie en oxygène, les rayonnements augmentent et la température
baisse. En France, les sports d’hiver se pratiquent généralement entre 1500 et
2500m d’altitude.
L’hypoxie
La diminution de la quantité d’oxygène dans l’air ambiant entraine une
diminution de la quantité d’oxygène assimilable et disponible pour les cellules
de l’organisme. L’organisme réagira pour s’adapter par une hyperventilation et
une augmentation de la fréquence cardiaque. Puis, secondairement, une
augmentation du taux d’hémoglobine si on séjourne assez longtemps en altitude.
L’air sec
Avec la baisse de la pression atmosphérique, la pression de vapeur d’eau
diminue également. Ce qui a pour conséquence l’obtention d’un air plus sec en
altitude. A cela deux effets immédiats sur l’être humain : une déshydratation
plus rapide et une irritation des voies respiratoires. Il faut donc boire beaucoup
et fréquemment en altitude, sans attendre la sensation de soif.
Les rayonnements
La protection offerte par la couche d’atmosphère au dessus de nos têtes est
moins importante qu’en bord de mer : plus on monte, plus les rayonnements sont
violents (UV, IR, gamma) et volontiers responsables de brûlures,
particulièrement cutanées.
Le froid
La température descend d’environ 6.5°C par mille mètres de dénivelé
ascensionné. Le vent accentue cette impression.
L’homme lutte par nature très mal contre le froid et sa principale source de
création de chaleur est le travail musculaire. Son ennemi est donc l’immobilité.
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La tête est la zone de déperdition thermique la plus importante. Si une partie du
corps non protégée est exposée plus ou moins longuement à une température
inférieure à 0°C, il peut apparaître des gelures.
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9.5. Les conseils avant la pratique
La préparation physique
Mobiliser les articulations, préparer le système cardio-vasculaire et faire
travailler la musculature selon une préparation adaptée sont des préparatifs
nécessaires avant tout séjour à vocation sportive (même sport-loisir) en
montagne.
Il s’agit d’une préparation progressive débutant par des activités d’endurance
(efforts soutenus et de longue durée) sur une durée d’au moins quatre semaines
puis s’orientant ensuite davantage vers le sport pratiqué. Par exemple pour le ski
alpin, un travail spécifique de gainage et de musculation du genou permettra de
le renforcer et de protéger les croisés. Cela réduit considérablement les risques
de traumatismes sur les pistes.
Une fois au bas des pistes, comme avant toute pratique de sport, un
échauffement de cinq à dix minutes augmentant la fréquence cardiaque, la
température corporelle, favorisant l’irrigation des muscles et leur oxygénation et
permettant un dérouillage articulaire est recommandé.
Cela contribue à diminuer les risques de lésions et d’accidents tout en procurant
un plaisir accrue dès la première descente.
La diététique
Le froid, l’air sec et l’effort physique intense entrainent une perte de calories.
Un solide petit déjeuner s’impose, il ne faut surtout pas sauter de repas et y
privilégier les sucres lents (riz, pâtes, pain). Il faut boire régulièrement, par
petites gorgées, l’air sec contribuant à une déshydratation souvent non ressentie.
Et éviter autant que possible les boissons alcoolisées, abaissant paradoxalement
la température corporelle …
La protection solaire
Chaque individu a son propre phototype qui lui permet de s’adapter plus ou
moins à une exposition solaire prolongée.
A ensoleillement identique, les phototypes des sujets roux à peaux laiteuse ou
blonds à peau claire exposent à une survenue plus rapide de dommages cutanés
que les sujets à peau mate ou ceux à peau brune ou noire.
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Vulnérabilité aggravée en montagne de par la filtration moins importante des
UV B et C courts ainsi que par l’effet réfléchissant de la neige. D’autre part, le
froid et l’air très sec rehaussent le seuil de tolérance de l’homme, celui-ci se
rendant alors moins rapidement compte qu’il est en train de prendre un bon
« coup de soleil ».
La protection solaire est de mise pour tous mais à adapter au phototype, à
appliquer sur toutes les parties exposées et à renouveler toutes les deux heures.
De même, l’œil, devant une exposition trop intense aux UV, est sujet à des
kératoconjonctivites. Lunettes de soleil certifiées CE et adaptées à
l’ensoleillement en montagne sont de rigueur là aussi.
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9.6. Les accessoires de prévention
Le casque est le meilleur moyen de protection face au traumatisme crânien.
Comme nous l’avons vu, le nombre de nécessitant une prise en charge
hospitalière TC a presque été divisé par deux depuis les campagnes
encourageant massivement le port du casque.
Le casque doit être certifié CE et adapté à l’enfant en taille et en poids. Il doit
être sanglé.
Pour les pratiquants du snowboard, très exposés comme nous l’avons vu à la
pathologie du poignet parce que souvent en appui sur la neige lors des virages et
de la prise de carre, le port de gants renforcés est recommandé.
Enfin, les skieurs et leurs genoux peuvent remercier un matériel de plus en plus
performant (chaussures et fixations), en continuelle évolution. A ne pas sousestimer lors de l’achat ou de la location. D’autre part, il ne faut jamais oublier de
passer son poignet dans les dragonnes des battons, pour sa propre sécurité ainsi
que celle d’autrui.
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SERMENT D’HIPPOCRATE
En présence des maîtres de cette école, de mes condisciples, je promets et je jure
au nom de l’être suprême d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans
l’exercice de la médecine.
Je dispenserai mes soins sans distinction de race, de religion, d’idéologie ou de
situation sociale et n’exigerai jamais un salaire au dessus de mon travail.
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma
langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à
corrompre les mœurs ni à favoriser les crimes.
Je serai reconnaissant envers mes maîtres et je rendrai à leurs enfants
l’instruction que j’ai reçue de leurs pères. Je serai solidaire moralement de mes
confrères. Conscient de mes responsabilités envers les patients, je continuerai à
perfectionner mon savoir.
Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que
je sois couvert d’opprobre et méprisé par mes confrères si j’y manque.
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