ONIAM et CCI - Expert
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ONIAM et CCI - Expert
ONIAM et CCI Organisation, but, moyens et intérêt en odonto stomatologie Ce cours est issu de l’article du Dr CAMILLERI (EMC octobre 2014) Mise en place par la Loi du 4 mars 2002 (Loi Kouchner) sur le droit des malades et plus particulièrement son titre IV, a instauré une procédure amiable d’indemnisation du contentieux médical et a abouti à mettre en place un nouveau mode de règlement. Cette procédure (inscrite au Code de la santé, donc qui revêt un caractère légal), s’ajoute, sans se substituer à celles déjà existantes (administratives et judiciaire). Cette loi scelle le fondement législatif du droit à l’indemnisation de l’accident médical non fautif : L’aléa thérapeutique. Le titre I de cette loi traite de la solidarité envers les handicapés et précise leurs droits dès la naissance. Le titre II, traite les relations entre les patients et les praticiens ou les services de soins. Il parle des conditions d’accès au dossier médical et du devoir d’information renforcé. Le titre III, traite de la qualité du système de santé et de la formation continue conventionnelle. Le titre IV met en place un nouveau système de réparation du contentieux médical et expertal : les experts en accidents médicaux. La loi confirme : - L’obligation de sécurité de résultat en ce qui concerne les produits de santé (fournir un appareil dentaire sans défaut et sans danger). - La présomption de responsabilité des établissements de soins en cas d’infection nosocomiale. - L’obligation d’information claire complète et compréhensive par tous. La charge de preuve de cette information revient au praticien ou à l’établissement. - L’aléa thérapeutique sera indemnisé par la solidarité nationale représentée par une nouvelle structure: l’ONIAM et non les assurances privées. Les grandes nouveautés de cette loi : - Uniformisation des régimes d’indemnisation des victimes du secteur privé et du secteur public. - Obligation d’assurance pour les professionnels de santé et les services de soins. - Il est institué une responsabilité de droit en matière d’infection nosocomiale contractée dans les établissements de santé. - Il est institué une prescription unique (Médecine de ville ou établissement public) de dix ans en matière de responsabilité médicale à compter de la date de consolidation du dommage. - Création d’un dispositif de règlement amiable et d’indemnisation des victimes d’accidents médicaux, les CCI. - Création de l’ONIAM qui va gérer le règlement des conflits. - Création d’une expertise spécifique en matière d’accidents médicaux qui s’accompagne d’une liste nationale d’experts. - Création de la CNAMed, placée directement sous la responsabilité des ministres de la santé et de la Justice, qui va veiller à la cohésion de l’ensemble du système. Durant les dix premières années on parlait de CRCI. Aujourd’hui, il faut utiliser la nouvelle appellation de CCI. La loi vise la mise en place de procédures simplifiées afin d’éviter le procès. (Déjudiciarisation). La saisine des CCI est gratuite. La loi permet l’accès à demande d’indemnisation pour tous et pour tous les accidents (faute ou pas). Les CCI vont donc traiter les accidents fautifs (mise en cause de la responsabilité des acteurs de santé) et non fautifs (aléas thérapeutiques). Il s’agit d’un guichet unique pour les patients demandeurs de réparation par une procédure simplifiée, gratuite et rapide que le préjudice ait été subi dans le système libéral ou dans un établissement public. Il existe une CCI par région. Elles ont un statut de commission administrative mais elles ont une fonction voire un pouvoir judiciaire en rendant leurs « avis » qui, dans la forme ressemblent assez aux décisions de justice. Il s’agit bien d’une décision de justice d’un tribunal arbitral qui se substitue bien aux différentes instances judiciaires ou administratives. Ce pouvoir est entre les mains de 21 personnalités : - Le Président, magistrat de l’ordre judiciaire ou administratif. - Trois représentants au titre des professions de santé. - Quatre représentants au titre des personnalités qualifiées dans le domaine de la réparation des préjudices corporels. - Six au titre des usagers. - Deux au titre des entreprises régies par le code des assurances. - Deux représentants l’ONIAM (Ces quatre derniers étant les payeurs potentiels). L’examen des dossiers : En cas d’accident médical, la victime ou ses ayant- droits saisissent la CCI de la région où s’est produit l’accident dont il se juge victime. Trois points essentiels : - La saisine est gratuite et sans obligation de se faire représenter par un avocat. - La saisine suspend les délais de prescription et de recours contentieux. - La saisine de la commission est facultative et il est toujours possible de s’adresser aux juridictions classiques et ce à tout moment de la procédure. Le patient se voit remettre un dossier à remplir et à compléter avec la liste des pièces à joindre. A la suite de quoi il le renvoie à la CCI. La procédure prend date. Les réunions de la CCI se font en formation de règlement amiable ou en formation de conciliation. Procédure de règlement amiable : Lorsque la CCI se réunit en formation de règlement amiable, elle traite de trois types de dossiers : - Les examens des questions de recevabilité. - Des questions de compétence. - Les dossiers au fond. Question de recevabilité : Pour qu’un dossier soit recevable, il faut que le fait générateur de l’accident, soit postérieur au 5 septembre 2001. Questions de compétence : La demande doit répondre à une des conditions qui fixe le seuil de gravité de la victime : - Un taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique supérieur à 24 %. - Un arrêt temporaire des activités professionnelles (ex ITT) au moins égale à six mois consécutifs ou six mois non consécutifs dans une période d’un an. - Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l’activité professionnelle qu’elle exerçait avant la survenue de l’accident médical, l’affection iatrogène ou l’infection nosocomiale. - Lorsque la victime présente un Déficit Fonctionnel Temporaire Partiel au moins égal à 50 % sur une durée de six mois consécutifs ou six mois non consécutifs sur une période d’un an. - Lorsque l’accident médical, l’affection iatrogène ou l’infection nosocomiale occasionnent des troubles particulièrement graves, y compris d’ordre économique, dans les conditions d’existence. Si la CCI constate la recevabilité de la demande et constate sa compétence, une expertise au fond va être missionnée. Examen des dossiers au fond : La CCI constate la recevabilité et sa compétence. Elle étudie à la vue des pièces du dossier et du rapport d’expertise les circonstances, les causes, la nature et l’étendue des dommages. Elle écoute les parties représentées ou non par des avocats mais qui ne sont toutefois pas obligés de se rendre à l’audience de la CCI. Elle rend son avis qui sera notifié dans les plus brefs délais à l’ONIAM, au demandeur, au professionnel ou service de soins, au fournisseur du produit et à l’assureur. L’ensemble de la procédure ne doit pas excéder six mois. Elle rend un avis sur le régime d’indemnisation (assurance en responsabilité civile professionnelle du professionnel ou du service de soins, ou la solidarité nationale. Ce dernier point sur la détermination du régime d’indemnisation établit le fait de la responsabilité du praticien ou du service de soins, c’est-à-dire détermine s’il y a faute ou pas et, dans ce dernier cas, si l’accident relève de l’aléa thérapeutique. En cas d’accident médical non fautif et pour conclure à l’aléa thérapeutique, le rapport d’expertise a encore et toujours toute son importance au-delà de l’intime conviction des membres de la CCI « Lorsque la responsabilité d’un professionnel n’est pas engagée, un accident ouvre droit à réparation des préjudices du patient au titre de la solidarité nationale, lorsqu’ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu’ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l’évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité fixé le décret, apprécié au regard de la perte de capacité fonctionnelle et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant compte du taux d’IPP ou du taux d’ITT». Pour répondre aux trois critères fixés par cet article et retenir l’aléa thérapeutique, les 21 membres de la CCI vont argumenter et discuter à partir des conclusions du rapport d’expertise, et on peut comprendre dès à présent l’importance de sa forme rédactionnelle qui doit être claire et compréhensive pout tous, professionnels de santé ou non. Un avis est rendu qui vaut décision de justice. En effet, si la victime l’accepte cela a pour effet d’éteindre toute action possible devant une autre juridiction. Pour résumer, la CCI va donc émettre trois avis possibles : - Dossier irrecevable. - CCI incompétente. - Dossier recevable, CCI compétente. La commission peut alors émettre trois avis possibles valant décision de justice : o Responsabilité avec faute du praticien ou du service de soins. o Aléa thérapeutique. o L’accident n’est que pour partie la conséquence d’une faute. A partir du moment où la victime a reçu son accusé de réception du dossier complet, la CCI a six mois pour rendre son avis et en informer toutes les parties. A la suite de quoi l’organisme payeur (l’assureur en cas de faute, l’ONIAM en cas d’aléa thérapeutique ou de carence de l’assureur) a quatre mois pour faire une offre d’indemnisation qui peut avoir un caractère provisionnel en cas de non consolidation de la victime. Dans ce dernier cas, le rapport d’expertise au fond doit avoir fixé une date de consolidation. A la date prévue, la CCI demande un nouveau rapport dit «expertise en aggravation» et constate lors de l’audience, l’aggravation ou la consolidation. L’organisme payeur fixe alors le complément d’indemnisation. L’infection nosocomiale L’indemnisation de l’infection nosocomiale peut revêtir deux origines qui ont chacune leur traitement et qui ont fait l’objet d’un régime spécifique. L’infection nosocomiale est contractée dans un cabinet de ville : - S’il est établi que le professionnel n’a pas commis de faute, c’est la solidarité nationale qui indemnise (ONIAM). - S’il est établi une faute du professionnel de santé et quelque soit le taux de gravité, c’est son assureur qui prend en charge l’indemnisation. L’infection nosocomiale est contractée dans u établissement de soins : - Pour les taux d’AIPP inférieur à 25 % et en cas de présomption de faute de l’établissement de santé (public ou privé), sauf à apporter la preuve d’une cause étrangère à l’origine de l’infection, l’indemnisation se fait par l’assureur de l’établissement. - Pour les taux d’AIPP supérieur ou égaux à 25%, l’indemnisation se fait par la solidarité nationale, l’ONIAM peut alors se retourner contre l’établissement de santé s’il apporte la preuve d’une faute caractérisée de celui-ci. PATIENT Saisine de la CRCI du lieu du litige Arrêt procédure Ni faute Ni aléa Ni nosocomial Tribunal Administratif si hôpital. Tribunal de Grande Instance si libéral. AVIS Aléa ou infection nosocomiale FAUTE Responsabilité du praticien ou de l’hôpital ONIAM OFFRE Refus de l’offre Indemnisation si acceptation de l’offre éteint toute autre procédure Contentieux par les Commissions Régionales de Conciliation et d’Indemnisation des Accidents médicaux (ONIAM). Acte médical ECHEC : - de diagnostic - de prévention - de soins Détermination de l’aléa thérapeutique. Devoir d’information Contentieux Médical en France Connaissances avérées de la médecine AIPP : Taux d’atteinte permanente à l’Intégrité Physique et Psychique. DFT : Déficit Fonctionnel Temporaire. NonITT : : Arrêt temporaire des activités professionnelles. Ex Faute: Troubles dans les Conditions d’Existence. TCE (Perte de TGI : Tribunal de Grande Instance. chance) ALEA THERAPEUTIQUE si 4 fois OUI : Pas de faute. Lien de causalité. Pas d’état antérieur. Patient CHOIX Hôpital Tribunal Administratif Cour d’Appel Administrative Système libéral Tribunal de Grande Instance du défendeur CRCI/ CCI Compétence si : - Faits postérieurs au 05/09/2001 + - Dossier recevable si : - AIPP sup à 24 %. - Ex ITT sup à 6 mois. - Perte activité prof. - DFT égal ou sup à 50% 6 mois. Nouveau mode expertal en matière de responsabilité médical. La loi du 4 mars 2002 a créé une CNAMed, dont un des rôles est la mise en place et la gestion de la liste nationale des experts en accidents médicaux. Pour faire acte de candidature sur la liste nationale des experts en accidents médicaux, les professionnels de santé doivent justifier de leurs qualifications en matière d’expertise médicale (Praticiens inscrits sur une liste d’une Cour d’appel ou de Cassation). Les experts sont nommés pour une durée de cinq ans, renouvelables, soumis à une formation continue et à une évaluation par les présidents des CCI. Ils peuvent être radiés. Les CCI ont mis au point trois formulaires d’expertises types correspondant aux différentes étapes de procédures : - Expertise de seuil qui a pour but de déterminer la recevabilité d’un dossier ou la compétence de la CCI. - Expertises de fond : Ce type d’expertise ressemble en tous points à l’expertise DINTILHAC demandée à l’expert judiciaire en responsabilité médicale. L’expert ou le collège d’expert doit rendre son rapport dans les trois mois. - Expertises d’aggravation : Cette mission type est la même que précédemment et se présente sous la forme de quatre articles qui visent à apprécier l’aggravation ou l’amélioration de la victime (consolidation). Place de l’odonto stomatologie dans ce cadre juridique. Le barème retenu par l’ONIAM et publié au journal officiel du 5 avril 2003 par décret 2003314 est sensiblement le même que celui du concours médical. Comme on peut le deviner, le taux fatidique de 24 % n’est pas facilement atteint afin qu’un dossier soit recevable pour la CCI, on peut penser que la grande majorité du contentieux dentaire restera dans les mains des TGI, du moins pour les petites affaires. Plusieurs cas où le fait dentaire associé aux conséquences d’ordre général aboutit à un taux supérieur à 24% : - Echec d’un traitement implantaire avec des pertes osseuses importantes. - Destruction du plancher sinusien avec troubles respiratoires graves. - Projection d’implants dans le sinus avec communication bucco sinusienne entraînant des troubles généraux. Rhizalyse de plusieurs dents définitives suite à un traitement orthodontique. Syndrome algo-dystrophique majeur de l’appareil manducateur. Infection nosocomiale à streptocoque suite à la mise en place d’implant ou de plusieurs extractions. Dans ces dossiers traités par les CCI, le problème dentaire seul n’a jamais permis d’atteindre les seuils de compétence. 3% des dossiers traités par les CCI concernent des problèmes de stomatologie et de chirurgie maxillo faciale.