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BULLETIN DU BARREAU DE TOULOUSE Sommaire Editorial Conseil de l’Ordre La vie du barreau Travaux des commissions Chronique Carnet Hommage à Me Musqui Agenda Le chiffre du mois Appels d’offres Vie professionnelle Formation professionnelles Jurisprudence Législation La Conférence p. 1 p. 2 p. 7 p. 8 p. 16 p. 17 p. 17 p. 19 p. 19 p. 19 p. 21 p. 27 p. 28 p. 31 p. 32 Mars 2016 EDITORIAL Mes chers Confrères, Le temps passe vite, et c’est déjà le printemps ! Avec lui fleurissent les projets, les idées, les nouveautés, les changements. L’ « ubérisation » de la société est en marche, et les avocats n’y échappent pas. Le printemps voit ainsi fleurir des sites web annonçant des prestations juridiques économiques, qui masquent des prestations au rabais, laissant en réalité le justiciable seul face à la justice et à sa complexité. Doit-on en conséquence faire le grand ménage de printemps et exiger l’interdiction de ces « UBER » du droit ? Ou doit-on faire notre propre Révolution du printemps, pour s’adapter à un monde nouveau, dans lequel les avocats pratiquent la publicité, se regroupent avec d’autres professionnels dans des structures interprofessionnelles ? Les Révolutions trop franches annonçant des lendemains qui chantent sont parfois bercées d’illusions, à la lumière des pays épris de liberté qui quelques années après leurs « Printemps arabes », se sont heurtés à d’autres bourreaux ou d’autres autocraties. Il y a sans doute un juste milieu, et peut-être qu’une simple évolution, qui n’est rien d’autre qu’une révolution qui n’en a pas l’air, permettra de nous accaparer de ces nouveaux outils numériques, à la lumière de la plate-forme de mise en relation entre avocats et CNB. Ne laissons pas les braconniers du droit sur ce terrain ! Le printemps semble aussi être un moment de lucidité pour notre nouveau Garde des Sceaux, qui reconnait que la justice française est sinistrée, selon ses propres termes. Ce constat partagé sera-t-il suivi de vraies mesures pour redonner sa dignité à la Justice ? Les avocats y veilleront, comme ils se sont battus pour l‘aide juridictionnelle. Mais le printemps est aussi annonciateur de soleil et de légèreté. Si Toulouse a eu son « Printemps du Rire », le barreau de Toulouse a eu le sien avec la Revue de l’UJA, dont le succès était mérité. Je remercie vivement l’équipe de l’UJA pour cette manifestation qui nous a permis de nous retrouver en famille, avec autodérision et bonne humeur, pour une soirée très réussie. Anne Fauré Bâtonnier de l’Ordre Bulletin interne réalisé pour l’ordre des avocats sous la direction du Bâtonnier Anne Fauré Comité de rédaction : Stéphane Soulas, Véronique Christoph www.avocats-toulouse.com - Email : [email protected] 1 Mars 2016, n°205 CONSEIL DE L’ORDRE Réunion du 22 février 2016 Conseil de discipline du ressort de la cour d’appel de Toulouse Madame le Bâtonnier fait son rapport sur la nouvelle composition et précise que ce bureau, par délibération, a décidé de publier annuellement les décisions, bien évidemment l’anonymat sera préservé. Convention de correspondance organique et convention de partenariat Le Barreau de Paris donne une définition ancienne de la convention organique qui doit être, selon lui, différente d'une structure d'exercice ou d'un bureau secondaire. De plus en plus de conventions signées entre avocats tendent à créer des cabinets secondaires, sans les déclarer officiellement. Il est précisé que devant l’augmentation de ce genre de conventions, organique ou de partenariat, il peut apparaître nécessaire que le Conseil de l’Ordre définisse sa position quant à ce type d'accord, ou continue à s’en remettre aux dispositions du RIN. Une très vaste discussion s'engage, avec notamment la volonté de connaître la position des autres grands barreaux de la Conférence des Cent sur ces 2 types de conventions. L’examen de ces questions est reporté lors d’un prochain Conseil de l’Ordre. Rencontres avec le tribunal administratif Lors de deux réunions en janvier et le 12 février 2016, le nouveau Président du tribunal administratif a émis le souhait de s’entretenir régulièrement avec les membres du Conseil de l’Ordre. Différents points techniques ont pu être évoqués lors de ces rencontres, notamment le 12 février 2016, en présence de la Présidente de la Cour d’Appel Administrative de Bordeaux, sur Telerecours. En effet, ce nouvel outil va devenir obligatoire au 1er janvier prochain, ainsi que l’application d'une réglementation relative à l’organisation par signets, quant aux pièces communiquées. A la majorité, il est décidé d’informer les confrères sur ces points. Médiation des litiges de droit à la consommation (conférence des bâtonniers) A l’heure actuelle, cette législation s'applique aux relations avocats-clients, aussi bien dans le domaine des honoraires qu’aux litiges déontologiques. Il est précisé que de nombreuses questions se posent quant à cette médiation, en effet le régime actuel est transitoire. Madame Karine Gistain-Lordat présente une clause type, à insérer immédiatement ; en effet, cette réglementation est applicable depuis le 1er janvier 2016 dans les devis, facture, convention d'honoraire et à afficher dans les salles d'attente. 2 Mars 2016, n°205 Sur question, il est recommandé de faire un avenant sur les actes en cours, dépourvus d’une telle clause. Une note sera diffusée à tous les confrères. Centre national des avocats employeurs : interprofessionnalité Il apparaît qu’une ordonnance doit paraître le 6 mars prochain, réglementant les dispositions des articles 63 à 65 de la loi dite Macron. Elle aurait pour objet de régir les structures d’exercices pluriprofessionnelles, au regard notamment des conditions d’indépendance de l’exercice professionnel des associés minoritaires. Il est décidé de diffuser une note à ce sujet à l’ensemble des confrères. Rapport sur la commission pénale mixte avocats/magistrats Madame le Bâtonnier fait le compte rendu de la réunion mixte avocats/magistrats du 15 février 2016, qui a surtout eu pour objet en l’état pour les magistrats de nous faire part de leurs difficultés d’audiencement. Le barreau a pu formuler des demandes précises, notamment quant aux certificats des légistes à remettre immédiatement aux victimes et quant à l’absence d’appréciation de la notion de conflits d’intérêts pas les OPJ. Ces points devraient se concrétiser aux prochaines réunions mixtes. Ce type de réunion devrait se dérouler tous les deux mois. SONT ABSENTS : Me Robert RIVES, Me Christine LESTRADE, Me Olivier TAMAIN, Me Hélène SIMONGRASSA, Me Pierre DUNAC Réunion extraordinaire du 2 mars 2016 Madame le Bâtonnier fait son rapport et rappelle que, lors de la dernière grève du 22 octobre 2015 en défense des intérêts de la profession, les avocats ont manifesté devant le palais de justice. A l’issue de ces manifestations, seize avocats du barreau de Toulouse avaient alors déposé plainte pour des violences policières. Messieurs Brel et Francos avaient été entendus par l’IGPN de Bordeaux et avaient formellement reconnu les policiers en cause, auteurs des violences. Le 29 février dernier, ces deux confrères ont indiqué à Madame le Bâtonnier qu’ils étaient convoqués par l’IGPN de Bordeaux. La convocation à l’adresse de Messieurs Brel et Francos ne mentionnait aucun élément factuel ou sur l’incrimination recherchée. Renseignements pris au téléphone par Messieurs Brel et Francos, il s’avère qu’il s’agit d’une mise en cause des chefs de rébellion et dénonciation calomnieuse. Jointe par Madame le Bâtonnier, Madame le Procureur Général indique n’être absolument pas au courant. Monsieur le Procureur de la République non plus. Le Conseil de l’Ordre commente la convocation reçue. Sur la forme : – Madame le Bâtonnier n’a jamais été au courant de cette mise en cause ; – La convocation ne reprend absolument aucune mention obligatoire comme celle rappelant le droit d’être assisté par un avocat ; – Le Procureur de la République et le Procureur Général semblent ne pas être pas informés. 3 Mars 2016, n°205 Sur le fond : Les incriminations ne sont absolument pas justifiées car – L’incrimination de dénonciation calomnieuse ne peut être constituée alors que la plainte en question est toujours en cours ; – De la même façon, l’enquête principale sur les violences policières est toujours en cours. Madame le Bâtonnier explique qu’il sera adressé demain à l’ensemble des confrères un courrier explicitant les faits. En outre, Madame le Bâtonnier soumet au Conseil de l’Ordre une motion relative à cette convocation constatant que la mise en cause est instruite par les membres de l’IGPN qui sont chargés d’enquêter sur les violences volontaires susvisées. Le Conseil de l’Ordre en déduit que ces accusations paraissant dénuées de sérieux, qu’il s’agit d’intimider et de faire pression sur ces confrères. Puis dénonce et s’insurge contre ces pratiques indignes d’un état de droit. Il ressort que cette convocation s’analyse en un moyen de pression alors que la présence de ces confrères s’est inscrite dans un mouvement de protestation nationale, pacifique et légitime. Un large débat s’instaure. Une motion est adoptée à l’unanimité. MOTION DU CONSEIL DE L’ORDRE DU BARREAU DE TOULOUSE DU 2 MARS 2016 Le Conseil de l’Ordre du Barreau de Toulouse, réuni en sa séance exceptionnelle du 2 mars 2016 : Constate et dénonce la mise en cause de deux avocats toulousains, sans information préalable de leur bâtonnier, pour des faits prétendus de dénonciation calomnieuse et de rébellion, voire de violences qui auraient été perpétrées par des avocats en robe sur des policiers armés ; Constate que ces deux avocats font partie de ceux qui ont dénoncé les violences policières dont ils ont été victimes le 22 octobre 2015 Constate que le service en charge de l’enquête sur les violences policières perpétrées sur seize avocats en octobre 2015, est en charge de la mise en cause des victimes par lesdits policiers. En déduit légitimement, ces accusations paraissant dénuées de sérieux, qu’il s’agit d’intimider et de faire pression sur ces deux confrères et à travers eux sur l’ensemble du barreau. Rappelle que la présence de ces confrères s’est inscrite dans un mouvement de protestation national, pacifique et légitime relatif à l’aide juridictionnelle. Dénonce et s’insurge contre ces pratiques indignes d’un Etat de droit. Monsieur le Procureur, joint par téléphone à 19h41, indique finalement être informé des faits susvisés et qu’à défaut de comparution volontaire des deux mis en cause, ceux-ci seront amenés pour être entendus. En outre, il indique également que les faits reprochés à Messieurs Brel et Francos relèveraient finalement de l’incrimination de violences. SONT ABSENTS : Me Bertrand DESARNAUTS, ancien Bâtonnier, Me Nathalie DUPONT, Bâtonnier élu, Me Jean-Charles de BELLEFON, Me Manuel FURET, Me Laurence DESPRES, Me Hélène SIMON-GRASSA 4 Mars 2016, n°205 Réunion du 21 mars 2016 Clôture des comptes de l’exercice 2015 et vote du budget 2016 – fixation des cotisations 2016 (fixe et proportionnelle) approbation immédiate Monsieur LESPRIT, expert-comptable, fait son rapport en plusieurs points sur les comptes sociaux de l’exercice 2015 : – sur l’analyse d’exploitation Il insiste sur le résultat bénéficiaire de 125 695,05 euros qui demeure un bon résultat. L’excédent de trésorerie est notamment dû aux obligations et comptes à terme gérés par l’Ordre. Néanmoins le rendement financier est moindre que les années précédentes à cause des conditions du marché. Les produits exceptionnels viennent principalement de la reprise de provisions pour fiscalité sur les produits financiers de 50 000 €, et d’une reprise de provision pour taxes d’habitation de 13 000 €. Les dépenses courantes ont diminué de 7 000 € ce qui s’inscrit dans une démarche d’économie impulsée par l’Ordre des Avocats. – sur l’analyse financière Les fonds propres de l’Ordre passent de 3,191 M € pour l’exercice précédent à 3,316 M €, soit une augmentation de 126 000 €. Les capitaux propres qui constituent le patrimoine de l’Ordre atteignent 4,185 M € à la clôture contre 4,059 M € pour l’exercice précédent. Le fonds de roulement augmente en conséquence de 112 000 €, passant de 1,810 M € pour l’exercice précédent à 1,922 millions d’euro. La capacité d’autofinancement baisse, passant de 336 000€ à 264 000€, soit une baisse de 71 000 €. Elle reste néanmoins supérieure au montant de remboursement du capital des emprunts souscrits de 142 000 €. C’est le résultat et les dotations aux amortissements qui permettent de rembourser l’emprunt. La trésorerie de l’Ordre se monte à 19,301 M € à la clôture, dont 18,322 € sont placés. L’exercice précédent, elle approchait les 19,424 M €, plus de 15,359 M € étaient placés. Elle a donc baissé de 123 000 €. – enfin, sur la proposition d’affectation des résultats Il est conseillé d’affecter l’excédent de 125 695,05 € en fonds associatifs, afin d’augmenter les fonds propres de l’Ordre. Monsieur Laspalles fait son rapport sur le budget 2016 et insiste sur le détail des charges et notamment sur le remplacement de Mademoiselle Laffont précisant l’instauration d’une période de transition de 4 mois et sur la sollicitation d’un cabinet de recrutement pour recruter son successeur. Il est convenu d’associer Madame le Bâtonnier élu à la procédure d’embauche menée par le cabinet de recrutement choisi. Il est décidé de mettre à la prochaine séance du Conseil de l’Ordre la validation de la fiche de poste et le choix du cabinet de recrutement. Madame le Bâtonnier élu fera un rapport. Un large débat s’instaure au sein du Conseil de l’Ordre. Il est donc voté à la majorité un appel des cotisations sur les mêmes bases que l’an dernier. 5 Mars 2016, n°205 Le budget prévisionnel est également adopté à la majorité avec approbation immédiate. L’acte d’avocat (Conférence des bâtonniers) Le CNB a sensibilisé les Ordres afin qu’ils forment et informent les avocats sur le sujet et les incitent à l’utilisation des actes d’avocats. En effet, il est rappelé que la réforme du droit des obligations a intégré l’acte d’avocat à titre de preuve renforcée dans le code civil. Toutefois, l’acte d’avocat ne bénéficie toujours pas de la formule exécutoire. Il est convenu que Monsieur Attyé fasse un rapport et qu’une formation soit organisée par l’école des avocats, afin de promouvoir cet outil. Méthode d’évaluation des honoraires complémentaires en cas d’AJ partielle (Conférence des bâtonniers) L’honoraire complémentaire au titre de l’aide juridictionnelle partielle ne doit pas dépasser un mois de salaire. Il est préconisé de s’en tenir à ce critère d’évaluation pour tout contrôle. Plainte grève AJ Un grand nombre de barreaux ont adopté des motions afin de soutenir les confrères mis en cause suite aux grèves du 22 octobre 2015 en défense des intérêts de la profession. Le Conseil de l’Ordre de Paris a également manifesté sa solidarité dans le cadre d’une motion adoptée. Le CNB a exprimé son soutien, ainsi que la Conférence des Bâtonniers et le SAF. Il est également fait état d’un long courrier de soutien de l’association des « Parents Grimpeurs du Capitole » en date du 8 mars 2016. Les barreaux qui ont manifesté leur soutien via l’adoption d’une motion sont Grenoble Strasbourg Montpellier Seine Sant Denis Paris Rouen Les barreaux qui ont manifesté leur soutien en prévoyant l’adoption d’une motion sont Nîmes Nantes Chalon-sur-Saône Laval Aix-en-Provence Valenciennes Hauts-de-Seine Pyrénées-Orientales La Rochelle Val d’Oise Il est prévu d’informer les confrères, via une lettre d’information, de l’importance des soutiens et notamment des barreaux. 6 Mars 2016, n°205 Délocalisation affaire Merah Il est proposé d’appuyer la démarche de Monsieur Cohen afin de solliciter la tenue du procès sur Toulouse concernant les attentats liés à l’affaire Merah, en se fondant sur le cas exceptionnel consécutif et du traumatisme causé à Toulouse. Juridiquement cette demande semble vaine, car il s’agit d’une matière de terrorisme avec une compétence spéciale des juridictions parisiennes mais répond à une situation exceptionnelle. Il est proposé d’associer le Conseil de l’Ordre à la démarche de Monsieur Cohen dans le cadre d’une lettre ouverte adressée au Garde des Sceaux. Un large débat s’instaure au sein du Conseil de l’Ordre. La question est de savoir si le Conseil de l’Ordre invite le Bâtonnier à prendre une lettre ouverte déplorant la situation de fait de la délocalisation du procès. Le Conseil de l’Ordre rejette à la majorité la demande consistant à solliciter le Bâtonnier sur ce point. Dès lors que le renvoi sera effectif, le Conseil de l’Ordre pourra être ressaisi pour examiner cette question. SONT ABSENTS : Me Frédéric DOUCHEZ, ancien Bâtonnier, Me Axelle CHORIER, Me Jean-Charles de BELLEFON, Me Alexandre MARTIN Vous pouvez consulter l’intégralité des procès-verbaux des réunions du Conseil de l’Ordre sur simple demande au secrétariat du bâtonnier. LA VIE DU BARREAU Bibliothèques Les bibliothèques se séparent des collections papier des Juris-Classeurs. Ces collections sont à jour et font l’objet d’une remise de 40 % sur le prix d’achat. Les titres peuvent être vendus séparément. Civil code Civil annexes Revue Loyers et copropriétés 39 volumes 2 153,92 € TTC Procédure civile 10 volumes 978, 16 € TTC Procédure formulaire 7 volumes 802 € TTC 19 volumes 1678, 52 € TTC Pénal Pénal annexes Procédure pénale Revue Droit pénal Se renseigner auprès de Catherine Marco ou Véronique Christoph. 7 Mars 2016, n°205 Mouvements au tableau CHANGEMENTS DE CASE INSCRIPTIONS Marc AUTHAMAYOU case 190 Audrey BENAMOU-LEVY case 472 Alexandra BOCHNAKOVA case 391 Stéphanie BOSCARI case 178 Jérôme BOUFFARD case 335 Charlène BRUEL case 386 Lucie EGEA case 355 Nathalie ESTIVAL case 49 Damien de la FAGE case 117 Sébastien GAY-BELLILE case 177 Pauline GELBER case 358 Catherine GUEROT case 386 Aurélie GUICHARD case 321 Caroline LIMASSET-PROTIN case 97 Charlotte MEDALE case 397 Marie MONROZIES-MOREAU case 358 Colette PRIEU-PHILIPPOT case 214 Manuel SERDAN case 476 Jean-Pierre SIMON case 386 Valérie VAISSIERE-REBEILLE case 154 Jérémie AHARFI case 33 Muriel DAROUX case 33 Thibault FATTORI case 393 Doro GUEYE case 57 Ravyn ISSA case 201 Gautier de MALAFOSSE case 319 Dorothée MANDILE case 39 Elodie MARTRON case 116 Majouba SAIHI case 52 SOCIETES DEPARTS Fermeture : - de la SCP SIMON-GUEROT Création : - de la SELARL Aurélie GUICHARD Hélène COURREAU Philippe GRIMALDI (dossiers repris par Me Guichard) Coralie LEPERS (dossiers repris par Mes Rivière et Delanglade) Véronique PODESTA (dossiers repris par Me Rives) Patrice PROM (dossiers repris par Me Chaubet) Agnès REMY (dossiers repris par Me Billon) CABINETS SECONDAIRES Ouvertures des cabinets : - de la SCP CHEBBANI & SOLIGNAC à Paris - de Me GOSSET à Albi - de Me LERIDON à Paris - de Me MARTY-DAVIES à Paris Fermeture du cabinet : - de Me ESPANOL à Balma CHANGEMENT DE NOM Me Aurélie GUICHARD-PICARD en GUICHARD Travaux des commissions du Conseil de l’Ordre L’intégralité des comptes-rendus se trouvent sur le site internet www.avocats-toulouse.com, dans la partie réservée aux avocats. Commission JAF Réunion du 19 février 2016 Etaient présents à cette réunion : Madame le Bâtonnier Anne Fauré, Madame le Bâtonnier élu Nathalie Dupont et notamment des délégués auprès de la chambre de la famille, Maître Nathalie Dupont-Ricardet Maître Stéphane Soulas. Les délégués du Conseil de l’Ordre auprès de la 2ème chambre du tribunal de grande instance font rappel de leur rencontre avec Monsieur Estèbe, président de cette dernière. 8 Mars 2016, n°205 En ce qui concerne les délais en matière de procédure « Juge aux affaires familiales » entre le dépôt de la requête ou la prise de date pour les assignations et la date de l’audience, Monsieur Estèbe souligne qu’en l’état de la composition de la chambre, les délais actuels ne seront très certainement pas diminués et ceux au regard des difficultés encore rencontrées par cette chambre notamment à savoir l’affectation de Monsieur Bardout à 50 % à la chambre du conseil et donc la suppression par voie de conséquence d’un certain nombre de ses audiences. En ce qui concerne le nombre de dossiers fixés par audience : – Le nombre de dossiers est identique pour chaque magistrat, en revanche chaque magistrat garde la maîtrise des dossiers reportés ou des renvois suite au dépôt de rapports d’expertise ou d’enquêtes sociales, ce qui dans certains cas peut conduire à faire apparaître 20 à 24 dossiers par audience. Les délégués ont sollicité la possibilité pour le greffe de mettre à disposition sur le RPVA l’ensemble des décisions JAF et non seulement les décisions de divorce ainsi que la remise avec la décision de l’attestation de fin de mission pour les dossiers d’aide juridictionnelle. Cette demande doit être transmise par Monsieur Estèbe auprès de la responsable du greffe. En ce qui concerne l’audition des mineurs : – Il a été demandé à Monsieur Estèbe de bien vouloir établir un nouveau tableau concernant les modalités pratiques envisagées par chaque magistrat de la chambre en matière d’audition des mineurs. Madame Molleyemer (cabinet 8) a préconisé pour l’audience de plaidoirie divorce la remise d’un dossier de plaidoirie constitué selon les modalités suivantes : – une cote contenant les dernières conclusions récapitulatives, – le bordereau récapitulatif des pièces avec le numéro des pièces, – une cote contenant les pièces numérotées et présentées dans l’ordre de leur numérotation dans le bordereau de communication des pièces Ces modalités avaient également été préconisées par Monsieur Estèbe au cours de l’année 2015 en ce qui concerne les dossiers de divorces volumineux. A l’avenir quel que soit le cabinet, il pourrait être envisagé de présenter un dossier de plaidoirie tel que précédemment évoqué, en ce qui concerne les procédures de divorce, mais également en ce qui concerne les procédures JAF où de nombreuses pièces sont remises au magistrat en faisant en rappel dans le cadre des conclusions des pièces visées dans le bordereau. Maître BISSEUIL, indique qu’une formation concernant les modalités de gestion des impayées par la Caisse d’Allocations Familiales va être organisée par l’école des avocats. La date est à ce jour inconnue. Cette formation devrait être animée par un représentant de la Caisse d’Allocations Familiales et également avec un magistrat. Elle invite les confrères à participer nombreux à cette formation afin de gérer au mieux les difficultés de recouvrement des pensions alimentaires et contributions aux frais d’entretien et d’éducation des enfants. La prochaine réunion de la Commission JAF interviendra le 31 mars 2016 à 11h00. Réunion du 31 mars 2016 Etaient présents à cette réunion : Madame le Bâtonnier Anne Fauré, Madame le Bâtonnier élu, Nathalie Dupont et notamment des délégués auprès de la chambre de la famille : Maître Nathalie Dupont Ricardet Maître Stéphane Soulas. 9 Mars 2016, n°205 Maître Nathalie Dupont-Ricard et Maître Stéphane Soulas ont fait rapport de la dernière réunion intervenue avec Monsieur Estèbe, Président de la 2ème chambre du tribunal de grande instance. Monsieur Estèbe a indiqué que la table située dans la petite salle, de la salle d’attente au fond, aurait fait l’objet d’une réparation. Il a confirmé qu’à l’avenir les greffes adresseraient un avis aux avocats constitués lors du dépôt du procès-verbal d’audition des mineurs. De même, le greffe est sensibilisé à la remise de l’attestation de fin mission avec le dossier de plaidoirie lorsque la décision d’aide juridictionnelle a été remise au plus tard le jour de l’audience de plaidoirie. Monsieur Estèbe a également fait part du déménagement des salles d’audience de la chambre de la famille vers la cour d’appel dans un délai à l’heure actuelle non fixé. Monsieur le président du tribunal de grande instance le 31 mars au matin est effectivement venu constater le nombre de personnes présent dans les salles d’attente du JAF ainsi que dans le couloir. A l’occasion de cette même réunion, Monsieur Estèbe a formalisé le souhait de l’ensemble des magistrats de se voir remettre dans le cadre des procédures de divorce un dossier de plaidoirie contenant une cote conclusions, une cote procédure et une cote pièces. Les pièces étant classées selon le bordereau de communication de pièces. Maître Stella Bisseuil a confirmé la date de formation pour les procédures de recouvrement des pensions alimentaires, à savoir : le 10 juin prochain. Conférence organisée par le centre de formation et qui réunira un magistrat, un avocat et un représentant de la CAF. Enfin, il a été abordé la nouvelle rédaction de l’article 267 du code civil. La prochaine réunion de la commission JAF interviendra le 19 mai 2016 à 11 h 30. Commission Prospective et territorialité (commission ouverte) Réunion du 31 mars 2016 Etaient présents à cette réunion : Madame le Bâtonnier Anne Fauré, Maître Frédéric Langlois, Maître Géraud Vacarie Suite aux divers courriers qu’elle a adressés, Madame le Bâtonnier donne lecture des réponses reçues : – Monsieur Jacques Valax, député du Tarn, a écrit à Monsieur Urvoas, Ministre de la Justice sur la perte des compétences juridictionnelles des tribunaux toulousains en matière civile, commerciale, pénale et droit des étrangers ainsi que sur la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse ; – Madame Martine Martinel, députée de la Haute-Garonne, a déposé une question écrite au Gouvernement au sujet de la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse ; – Madame Brigitte Micouleau, sénatrice de la Haute-Garonne, a déposé une question écrite à Monsieur le Garde des Sceaux sur la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse ; – Madame Catherine Lemorton, députée de la Haute-Garonne et Présidente de la Commission des Affaires Sociales, a écrit au Ministre de la Justice au soutien de la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse ; – Monsieur le Garde des Sceaux a répondu à Monsieur le Député Valax pour lui indiquer avoir transmis sa correspondance au Secrétaire Général du Conseil d’Etat afin qu’elle soit prise en compte en précisant que, dès réception des éléments d’informations, il ne manquerait pas de le renseigner dans les meilleurs délais ; – Il doit être rappelé que Madame Laurence Arribagé, députée de la Haute-Garonne, avait déjà déposé une question écrite sur la perte des compétences des juridictions toulousaines et sur la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse 10 Mars 2016, n°205 Il est décidé que Madame le Bâtonnier va écrire à Carole Delga, Présidente du Conseil Régional, ainsi qu’à Monsieur le Préfet qu’elle a rencontré, pour leur transmettre les documents préparés sur la perte des compétences juridictionnelles et la création d’une cour administrative d’appel à Toulouse. Madame le Bâtonnier rend compte de sa rencontre avec Monsieur le Préfet qui a indiqué qu’il y avait lieu d’équilibrer les compétences entre Toulouse et Montpellier. Il est alors fait remarquer que Montpellier a récupéré le Rectorat, la Chambre Régionale des Comptes et, qu’à partir de 2019, la procédure disciplinaire en matière médicale sera à Montpellier. Par ailleurs, selon arrêté joint, Montpellier a « récupéré » la commission chargée d’émettre un avis sur le projet de licenciement d’un huissier de justice, salarié par le titulaire d’un office. Dès lors, je crois de plus fort qu’il y a lieu de rééquilibrer les compétences au profit des juridictions toulousaines. Commission pénale mixte (avocats-magistrats) Réunion du 15 février 2016 Etaient présents à cette réunion : Madame le Bâtonnier, Maîtres Sylvain Laspalles, Stéphane Soulas, Axelle Chorier, Alexandre Martin et Hélène Simon-Grassa, Monsieur le Président du TGI, Monsieur le Procureur de la République, Madame Marianne Douchez-Boucard, Madame Annick Browne, Madame Myriam Viargues, Monsieur Fabrice Vetu, Madame Nathalie Bebien, Madame Izus. Il a été prévu que cette commission puisse se réunir, au moins jusqu’au mois d’octobre, à raison d’une fois tous les deux mois. Aux termes d’un discours liminaire, Monsieur le Président a indiqué en substance qu’en raison de la suppression d’audiences collégiales les renvois seraient accordés avec parcimonie, afin de ne pas perturber l’ensemble du système d’audiencement. Les renvois actuels en collégiale se situent aux alentours du mois d’octobre 2016, les juges uniques aux alentours du mois de juin 2016 et les CPRC courant mai 2016. Pour les dossiers venant sur ORTC, qui sont a priori les plus volumineux, et donc ceux qui posent le plus de problèmes d’audiencement, une fiche aux termes de laquelle une date d’audience nous serait proposée nous a été soumise. Le principe de cette démarche nous est apparu acceptable sous la réserve que soit effacée la mention selon laquelle nous devrions adresser des justificatifs de notre demande de report. A également été évoquée la difficulté inhérente aux dossiers détenus. Des audiences relais avaient été fixées faute pour la juridiction d’avoir trouvé des plages d’audiences, nos confrères ont soulevé l’irrégularité de ces procédures dès lors que n’était pas démontrée l’impossibilité de juger ces prévenus. Les détenus ont donc été libérés immédiatement par la juridiction de jugement. Le Président semble très préoccupé par les demandes de report qui pourraient perturber le fonctionnent des audiences. Nous avons expliqué qu’en tout état de cause, nous ne pouvons pas totalement maîtriser nos emplois du temps qui sont susceptibles d’évoluer… Pour mémoire, il sera rappelé que 60 % des reports sont imputables aux services de la justice et 40 % nous sont imputables. Monsieur le Président nous a indiqué se mobiliser sur les audiences sur intérêts civils dont il trouve le fonctionnement beaucoup trop lent pour les victimes. 11 Mars 2016, n°205 Madame Browne a précisé que les comparutions immédiates étaient en augmentation de 10 %, que les CPPV étaient en très large augmentation, afin que les sanctions pénales ne soient pas prononcées à des dates trop éloignées, conformément à la politique pénale actuelle. Les procédures sur CRPC sont également en augmentation et le parquet précise être ouvert à toutes propositions de notre part en ce sens, même sur des dossiers après instruction. Le parquet s’inquiète de la Coupe du Monde à venir, Madame le Bâtonnier a précisé que les effectifs de permanence seraient renforcés sur la période. Ont été ensuite abordés des questions pragmatiques dont il avait été discuté en commission pénale avocats : 1. L’obtention du certificat du légiste par les victimes Monsieur le Procureur y est favorable, la médecine légale indique ne pas avoir les moyens de le remettre en temps réel à la victime. Monsieur le Procureur est mobilisé sur cette question. 2. Dématérialisations des procédures Le parquet nous précise que nous devrions pouvoir être destinataires à très brève échéance des EEP à savoir équivalents électroniques de procédure, cela concerne les procédures gendarmeries. Elles pourraient nous être adressées par le biais du RPVA, et notamment en comparution immédiate aussitôt que notre intervention serait signalée. Concernant les procédures police, en raison d’un problème de logiciel, cela serait plus difficile à mettre en place. Monsieur le Procureur indique qu’il a sollicité des services d’enquête que les procédures avec convocation à date soient transmises au tribunal dans les sept jours, et qu’il serait cohérent qu’elles puissent nous être adressées au plus vite en étant scannées dès leur enregistrement. 3. Appels parquet Nous avons évoqué notre souhait d’être informés des appels principaux et incidents du parquet. Le parquet se renseigne sur la pratique des autres Juridictions et la faisabilité de la diffusion de cette information. A l’occasion de cette question, a également été abordée la diffusion des rôles d’audience correctionnelle, ce qui nous permettrait d’avoir accès au délibéré, sans avoir besoin de se rendre au greffe. 4. Conflit d’intérêt entre deux clients Suite à des dysfonctionnements, il a été rappelé que seul le Bâtonnier était en mesure de trancher cette question. Monsieur le Procureur se charge de le rappeler à l’ensemble du personnel judiciaire. Les prochaines réunions ont été fixées au 11 avril à 16 heures et 13 juin à 16 heures. Commission pénale (commission ouverte) Réunion du 1er avril 2016 Etaient présents à cette réunion : Madame le Bâtonnier Anne Fauré, Maître Sylvain Laspalles, Membre du Conseil de l’Ordre, Maître Stéphane Soulas, Membre du Conseil de l’Ordre, Maître Hélène SimonGrassa, Maître Claire Dujardin, Maître Claude Amari de Beaufort – Un avocat a écrit à Madame le Bâtonnier pour lui faire part du fait qu’elle avait été fouillée au commissariat central à l’occasion d’une permanence garde à vue. Renseignements pris, il semblerait qu’il s’agissait là d’un acte isolé, même si celui-ci est totalement inadmissible. 12 Mars 2016, n°205 Il est décidé que Maître Laspalles écrira à cet avocat pour lui demander plus de précisions. – Il est décidé de procéder à une formation obligatoire pour les avocats de permanence. La formation garde à vue sera dispensée par Maître Sylvain Laspalles. La formation Palais sera dispensée par Maître Alexandre Martin. La formation, droit des mineurs, sera dispensée par Maître Stéphane Soulas. Madame le Bâtonnier va écrire à ces 3 avocats pour qu’ils organisent au plus vite ces formations ainsi qu’à l’ensemble des avocats inscrits sur les listes de permanences. – Maître Hélène Simon-Grassa fait part de la préparation d’un colloque en droit pénal en novembre en concertation avec l’Ecole des Avocats. – Maître Alexandre Martin devait préparer un protocole concernant la dématérialisation des procédures en matière pénale. Ce protocole n’est toujours pas finalisé et il est décidé que Maître Hélène Simon-Grassa va relancer Maître Alexandre Martin à qui Madame le Bâtonnier va écrire également. – Il est évoqué l’affaire de Maître Pinazzi (la jeune avocate qui avait été agressée à l’audience). Maître Hélène Simon-Grassa a défendu Maître Pinazzi et l’Ordre s’est constitué partie civile par l’intermédiaire de Maître Alexandre Martin. La mineure qui avait agressé Maître Pinazzi a été jugée le 31 mars 2016 et a été placée sous protection judiciaire avec un stage de citoyenneté. L’Ordre a demandé et obtenu 1 € de dommages et intérêts et Maître Pinazzi a obtenu 1 000,00 € de dommages et intérêts au titre du préjudice moral et 800,00 € de provisions sur le pretium doloris. – Il est évoqué le problème de la défense des mineurs. Il est rappelé que l’Ordre avait signé une convention avec le TGI où, dans un souci de défense de qualité, il avait été prévu que le mineur soit suivi par le même avocat quel que soit le nombre de dossiers le concernant. Or, du fait des permanences, il arrive que plusieurs avocats défendent un même mineur ce qui pose une difficulté, non seulement au regard de la défense de qualité, mais aussi au regard de la convention signée. Maître Stéphane Soulas va préparer une note, à cet égard, ainsi qu’une réunion très prochainement avec les avocats de l’association AJT et les avocats de permanences mineurs. – Il est évoqué une difficulté avec les JLD. Tout d’abord, les audiences ont lieu dans une salle, à l’étage, dans le cabinet du magistrat, ce qui pose un problème de publicité en matière de droit des étrangers, publicité qui est pourtant de droit. De plus, il existe une suspicion de connivence entre la préfecture et le JLD. Ainsi l’avocat a les pièces au dernier moment ce qui n’est pas le cas de la préfecture. Au surplus, problème très grave, il arrive que les pièces de la préfecture soient tamponnées a postériori alors qu’elles n’étaient pas dans le dossier communiqué à l’avocat, ce qui constitue une irrégularité flagrante, voire un faux. Madame le Bâtonnier doit parler de ces difficultés à Monsieur le Président du tribunal de grande instance lors de la prochaine rencontre. 13 Mars 2016, n°205 Commission communication (commission ouverte) Réunion du 25 mars 2016 Etaient présents à cette réunion : Manuel Furet, Karine Gistain-Lordat, Stanley Claisse 1- Organisation d’événements Colloque commun avec la commission internationale DIP (6-7 octobre 2016) A une semaine de la date limite, un seul barreau sur les vingt invités a répondu pour demander des précisions. La question se pose du maintien du colloque. Me Furet se rapprochera du bâtonnier qui prendra une décision. Si ce colloque n’est pas organisé, il est suggéré de le remplacer par le colloque habituel à la médiathèque. La salle est déjà réservée gratuitement au mois de novembre 2016. Le thème abordé doit être un thème grand public ; il pourrait s’agir d’un sujet d’actualité comme les libertés fondamentales, les réformes pénales, l’état d’urgence, droit et sport… Le déjeuner pourrait avoir lieu au Pullman comme les années passées ou bien au « Vélo sentimental » qui propose des prestations de qualité. Les membres de la commission seront attentifs à ne pas organiser cet événement en même temps que le colloque annuel de la commission pénale. 2- Manifestations Journée de la propriété et copropriété (16 juin 2016) Véronique Christoph devra contacter la chambre pour savoir si le thème de la conférence « Candidature de Toulouse au patrimoine mondial de l’UNESCO » a été finalement retenu. Une liste d’avocats pouvant intervenir sur les stands « Copropriété » et « Habitat individuel » et lors de la conférence sera arrêtée et remise à Mme Dumons-Souverain qui organise la manifestation. Marathon des Mots (juin 2016) Les organisateurs du Marathon des mots n’a pas donné de suite favorable à notre proposition de partenariat. Partenariat avec Pôle emploi Pôle emploi cadres sollicite la participation d’avocats à trois ateliers annuels (avril, juin, novembre) accompagnant les porteurs de projets dans leurs démarches. Me Manuel Furet propose d’utiliser la liste des avocats volontaires pour les interventions à la Chambre de métiers. La liste sera récupérée au secrétariat du bâtonnier et envoyée à Lucille Richard, conseillère Pôle emploi, en charge de ces ateliers. 3- Informatique Mise en place d’un contrat-temps pour le site internet Le site internet présente de manière régulière des dysfonctionnements qui semblent liés aux mises à jour du logiciel réalisées périodiquement par Human’s Connexion qui doit alors intervenir pour y remédier à la demande de l’Ordre. Human’s Connexion propose un crédit-temps de suivi du site. Or, la désignation de ce contrat ne semble pas claire ou correspondre à la demande puisqu’il s’agit de remettre en place des fonctionnalités existantes auparavant et non de réaliser de nouveaux enrichissements comme proposé sur le document contractuel. Stanley Claisse est chargé de régler ce problème en prenant contact avec la société ; il récupèrera à cet effet le contrat initial. 14 Mars 2016, n°205 S’engage alors une discussion générale sur la communication de l’Ordre en présence de Me Nathalie Dupont qui a rejoint le groupe de travail. Les membres réunis notent le peu d’autonomie de la commission découlant du fait qu’elle n’a pas de budget propre. Les décisions doivent donc toujours être validées par le Conseil de l’Ordre. Il est décidé que Mes Furet et Gistain-Lordat questionneront les barreaux de Nantes et Lille sur la gestion de leur communication (budget, contenus, aide d’une agence…). Un projet de budget sera élaboré à partir des factures des manifestations passées à récupérer auprès du service comptabilité et sera comparé aux budgets des barreaux interrogés. Il semble intéressant d’ouvrir notre communication vers les réseaux sociaux Facebook et Twitter. Véronique Christoph préparera un rapport sur ces deux réseaux. Se pose alors le problème du temps passé à mettre en ligne les informations. Un devis pour l’intervention d’une personne compétente, une journée par semaine, sera proposé. Stanley Claisse se charge de l’intégration du module Facebook et Twitter sur notre site. Il est également envisagé de mettre en ligne ou de distribuer plus largement le panorama de presse quotidien. Véronique Christoph fera chiffrer le coût de l’autorisation de diffusion auprès de l’organisme de gestion des droits de copie. Problème DDO Le logiciel utilisé par l’Ordre pour envoyer les mails à l’ensemble des avocats pose des problèmes. En effet, il faut compter une dizaine de minutes pour saisir une seule adresse. Un courrier récapitulatif des problèmes rencontrés a été envoyé à Mme le Bâtonnier qui devait demander à Gilles Blet, informaticien, de trouver une solution. En l’absence de Mme le Bâtonnier, cette question est reportée. 4- Questions diverses Mise à jour du memento « hospitalisation d’office » Ce guide rédigé par Me Tello-Soler et mis en ligne sur le site internet de l’Ordre est souvent consulté. Une mise à jour s’avère nécessaire. Le Bâtonnier Fauré devait envoyer un courrier à Me Tello-Soler pour le charger de modifier son texte. En l’absence de Mme le Bâtonnier, cette question est reportée. Création d’une newsletter Le projet d’élaborer une newsletter hebdomadaire avait été évoqué lors de la précédente réunion de la commission et en Conseil de l’Ordre. Une liste des événements récurrents préparée par Véronique Christoph a été distribuée aux membres de la commission. En l’absence des membres rapporteurs, cette question est reportée. 5- Questions ajoutées Open de golf Les membres de la commission sont invités à réfléchir à l’organisation du prochain Open de Golf qui pourrait être un événement caritatif. Consultations gratuites Les préparatifs pour la prochaine journée de consultations gratuites du mois de septembre devront prochainement débuter. La date de la prochaine réunion de la commission n’est pas fixée. 15 Mars 2016, n°205 CHRONIQUE De l’intérêt de détailler les factures clients Par Me Thierry GASQUET, avocat SCP CAMILLE Nous savons qu’aux termes de l'article 226-13 du code pénal, « la révélation d'une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d'une fonction ou d'une mission temporaire, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende » et qu'aux termes de l'article 226-14 du même code, « l'article 226-13 n'est pas applicable dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret » ; par ailleurs, aux termes de l'article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 « en toutes matières, que ce soit dans le domaine du conseil ou dans celui de la défense, les consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci, les correspondances échangées entre le client et son avocat, entre l'avocat et ses confrères à l'exception pour ces dernières de celles portant la mention " officielle ", les notes d'entretien et, plus généralement, toutes les pièces du dossier sont couvertes par le secret professionnel ». Dans un important arrêt du 15 février 2016 (n° 375667), le Conseil d’Etat vient de préciser l’articulation de ces textes avec ceux qui régissent la matière fiscale et, plus précisément, encadrent les pouvoirs des agents de l’administration fiscale qui effectuent la vérification de comptabilité des avocats. Après avoir rappelé qu'en vertu de l'article 1649 quater G du code général des impôts, les documents comptables tenus par les adhérents des associations agréées des professions libérales comportent « quelle que soit la profession exercée par l'adhérent, l'identité du client ainsi que le montant, la date et la forme du versement des honoraires », et qu'aux termes de l'article L.13-0-A du livre des procédures fiscales, « les agents de l'administration des impôts peuvent demander toutes informations relatives au montant, à la date et à la forme des versements afférents aux recettes de toute nature perçues par les personnes dépositaires du secret professionnel en vertu des dispositions de l'article 226-13 du code pénal. Ils ne peuvent demander de renseignements sur la nature des prestations fournies par ces personnes », le Conseil d’Etat juge, – d’une part, que si ces dispositions ne font pas obstacle à ce que l'administration prenne connaissance, pendant les opérations de contrôle, de factures établies par un avocat pour des prestations destinées à des clients nommément désignés, c’est à la condition que ces documents ne comportent aucune indication, même sommaire, sur la nature des prestations fournies à ces clients ; – d’autre part, qu'elles font obstacle à ce que le vérificateur procède à des demandes complémentaires relatives à l'identité des clients concernés ou cherche à obtenir des renseignements sur la nature des prestations fournies. Cette décision se situe dans le prolongement d’un arrêt de la cour administrative d’appel de Lyon du 18 décembre 2014 (n° 13LY01059) ayant prononcé la décharge de la totalité des impositions mises à la charge d’un de nos confrères qui, faisant (malicieusement ?) droit à la demande de son contrôleur, avait mis à sa disposition l’intégralité de ses factures clients (lesquelles comportaient, outre l’identité de ses clients, la nature des prestations réalisées) avant d’invoquer, avec succès, la violation du secret professionnel à l’appui de sa demande de nullité du contrôle. A bon entendeur… 16 Mars 2016, n°205 CARNET Nous avons le regret de vous annoncer le décès de Maître Bernard MUSQUI, avocat honoraire, survenu le 24 mars dernier Le Bâtonnier et le Conseil de l’Ordre adressent à la famille de notre confrère dans la peine leurs sincères condoléances. HOMMAGE Hommage à Maître Bernard MUSQUI Maître Bernard MUSQUI nous a quittés… Mais vous plaisantez ! Maître MUSQUI, tel un renard, proche d‘un volailler, à l’aube, dans la brume, observe et rôde, masqué par les hautes herbes... Il guette les poules… et les lapins ! Pour mieux les déguster… II était GOUPIL, et donc grand complice du sieur YSENGRIN, à sa robe très noire. En effet, il savait, par son éloquence verbale et sa finesse juridique sensibiliser et persuader les magistrats du bien-fondé de sa demande, en évoquant une logique digne de l’honnête Homme du dix-huitième siècle… La qualité de sa plume - le gibier appréciera - n’avait que la prestance de son coup de fusil, destiné à régaler - à table - ses amis. L‘homme de grande culture médiévale avait fait sienne… « LE CULTE DE LA TRADITION n’exclut pas l’AMOUR DU PROGRES »… Pour sûr ! La meilleure des preuves ? Sa passion des voitures. 17 Mars 2016, n°205 De collection, comme de course. Le goût de la vitesse (excessive…) se retrouvait dans la rapidité de ses analyses juridiques foudroyantes. Bref, ce passionné aussi d’informatique, doit converser avec Steve JOBS et partager quelques plaisanteries dont il avait le secret… Ne nous y trompons pas ! Dame Nature sera toujours, en l’observant, source de raison et de sagesse. Et de réflexion cartésienne... En ayant fait sienne cette évidence, l‘homme, en flânant, avec son fusil ou sa canne à pêche, réfléchissait, sur ses chers coteaux du QUERCY, ou le long du LOT, aux méandres des assignations et des conclusions… Il excellait à les analyser ces écrits, avant de répondre par sa plume fortement acérée, ou par son verbe haut et truculent lors des plaidoiries. Sa grande culture imprégnée d’un humour certain et virevoltant retenait l’attention au Palais. Entre le Droit, dont il était féru et l’informatique dont il était passionné, le cartésianisme, dans le respect des plaideurs, a été, une de ses passions premières. Tout comme, en cuisine, où il excellait. L’on sentait le fumet de ses plats de loin… On se forçait à l’imaginer cette préparation, dont il avait su garder le secret pour mieux nous la faire déguster… Comme un vrai gourmand et gourmet, il savait développer notre gourmandise et nous faire rêver. Oui, Bernard MUSQUI, en bon Epicurien, et en homme de terroir généreux, s’apprête, encore, à nous inviter. En parlant fort, et avec le verbe haut. Le repas sera : fameux, savoureux, voire exquis. Et nous écouterons ce conteur RABELAISIEN, fort de son savoir, si proche de BALZAC, sans nous lasser, Avec de grands fous rires dont il saura être, une fois de plus l’instigateur bienveillant et truculent… Cet humaniste, au cœur de seigneur, finalement, aurait pu signer… Humainement Vôtre, Mesdames et Messieurs les gens de robe. Et : « A table !!! » Me Catherine BOSSOT 18 Mars 2016, n°205 AGENDA Avril 2015 1 – réunion de la commission pénale 4 – réunion du Conseil de l'Ordre 5 – – réunion avec MM. le président et le procureur de la République réunion du bureau d'aide juridictionnelle 6 – Réunion bibliothèques 8-9 – assemblée générale du CNB à Bruxelles 11 – – réunion de la formation administrative réunion de la commission pénale mixte avocats-magistrats 12 – réunion de la commission solidarité 14 – – concours de plaidoirie à l'UT1 Capitole réunion « Numérique et liberté » avec Madame le bâtonnier Féral-Schuhl (Paris) 15-16 – réunion décentralisée accès au droit 22-23 – Conférence des Cent à Nanterre 29 – réunion financière 29-30 – assemblée générale de la Conférence des Bâtonniers du grand sud-ouest à Niort LE CHIFFRE 1711 C’est le nombre d’affaires introduites en 2015 auprès des trois juridictions qui constituent ma cour de justice de l’Union européenne Il s’agit, dans l’histoire de l’institution, du nombre le plus élevé d’affaires introduites annuellement. APPELS D’OFFRES Le bulletin publie les appels d’offres ouverts en matière juridique et judiciaire pour permettre aux avocats du barreau de Toulouse qui le souhaitent d’y répondre. Les dossiers complets peuvent être consultés sur le site http://ted.europa.eu. Conseil régional du Centre / Services juridiques Le conseil régional du Centre a publié, le 19 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 056-093910, JOUE S56 du 19 mars 2016). Le marché 19 Mars 2016, n°205 porte sur la mise en place d’un contrat de mandat pour la réalisation de travaux d’amélioration énergétique et la restructuration de bâtiments au lycée Rabelais à Chinon. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 18 avril 2016 à 12h. Royaume-Uni / Redcar & Cleveland Borough Council / Services juridiques Redcar & Cleveland Borough Council a publié, le 10 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services de conseils et de représentation juridiques (réf. 2016/S 049-081508, JOUE S49 du 10 mars 2016). La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 18 avril 2016 à 12h. De plus amples informations sont disponibles dans l’avis de marché en anglais. Irlande / National Transport Authority / Services juridiques National Transport Authority a publié, le 5 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 046-076298, JOUE S46 du 5 mars 2016). Le marché porte, notamment, sur la prestation de services de conseils et de représentation juridiques. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 19 avril 2016 à 12h. De plus amples informations sont disponibles dans l’avis de marché en anglais. Ministère chargé des transports / Services juridiques Le ministère chargé des transports a publié, le 19 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 056-093976, JOUE S56 du 19 mars 2016). Le marché porte sur la prestation de conseils juridiques et d’assistance contentieuse. Le marché est divisé en 5 lots, intitulés respectivement : « Conseil en droit pénal et en procédure pénale pour les infractions non intentionnelles », « Conseil en droit pénal et en procédure pénale pour les infractions intentionnelles », « Conseil en droit de la concurrence et en droit de la propriété intellectuelle », « Défense et représentation devant les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appels » et « Défense et représentation devant le Conseil d’Etat ». La durée du marché est d’un an à compter de la date d’attribution du marché. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 19 avril 2016 à 12h. Chypre / Ministry of Finance / Services juridiques Ministry of Finance a publié, le 15 mars dernier, un avis de marché ayant, notamment, pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 052-087226, JOUE S52 du 15 mars 2016). La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 26 avril 2016 à 13h. De plus amples informations sont disponibles dans l’avis de marché en anglais. Royaume-Uni / University of Birmingham / Services de conseils juridiques University of Birmingham a publié, le 23 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services de conseils juridiques en matière de brevets et de droits d’auteurs (réf. 2016/S 058-098038, JOUE S58 du 23 mars 2016). La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 26 avril 2016 à 12h. De plus amples informations sont disponibles dans l’avis de marché en anglais. Commission européenne / Nature juridique des quotas d’émissions de l’Union européenne La Direction Générale pour l’action pour le climat a publié, le 3 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet l’étude de la nature juridique des quotas d’émissions de l’Union européenne (réf. 2016/S 044-072037, JOUE S44 du 3 mars 2016). Le marché porte sur le lancement d’une étude visant à préciser la nature juridique des quotas relevant du système d’échange de quotas d’émission de l’Union. La durée du marché est d’un an et 3 mois. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 28 avril à 14h30. De plus amples informations sont disponibles dans l’avis de marché en anglais. SMEAG / Services juridiques Le syndicat mixte d’étude et d’aménagement de la Garonne (« SMEAG ») a publié, le 24 mars dernier, un avis de marché ayant pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 059-099714, JOUE S59 du 24 mars 2016). Le marché porte sur l’élaboration du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (« SAGE ») de la vallée de la Garonne. Le marché est divisé en 2 lots, dont l’un est intitulé : « Relecture juridique des documents SAGE ». La durée du marché est de 2 ans à compter de la date d’attribution du marché. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 29 avril 2016 à 12h. 20 Mars 2016, n°205 Ville d’Orléans / Services juridiques La ville d’Orléans a publié, le 24 mars dernier, un avis de marché ayant, notamment, pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 059-099866, JOUE S59 du 24 mars 2016). Le marché porte sur la prestation d’une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage technique, juridique et financière pour l’assistance à la passation d’un contrat complexe. La durée du marché est de 5 ans et 6 mois à compter de la date d’attribution du marché. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 2 mai 2016 à 12h. Belgique / SPF ICT / Services juridiques SPF ICT a publié, le 18 mars dernier, un avis de marché ayant, notamment, pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 055-092139, JOUE S55 du 18 mars 2016). La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 10 mai 2016 à 11h. SMALIM / Services de conseils juridiques Le syndicat mixte des aéroports de Lille et de Merville (« SMALIM ») a publié, le 16 mars dernier, un avis de marché ayant, notamment, pour objet la prestation de services juridiques (réf. 2016/S 053089257, JOUE S53 du 16 mars 2016). Le marché porte sur l’élaboration d’études et la prestation de conseils relatifs aux aéroports de Lille Lesquin et de Merville. Le marché est divisé en 5 lots, dont l’un est intitulé : « Questions juridiques ». La durée du marché est de 4 ans à compter de la date d’attribution du marché. La date limite de réception des offres ou des demandes de participation est fixée au 20 mai 2016 à 12h. VIE PROFESSIONNELLE Bail commercial – Le recours à la LRAR Le décret n° 2016-296 du 11 mars 2016 relatif à la simplification de formalités en matière de droit commercial prévoit de prendre en compte l'extension de la faculté donnée aux bailleurs et aux locataires d'un bail commercial de recourir à la lettre recommandée avec demande d'avis de réception pour la notification du congé par le locataire, pour le renouvellement du bail et pour sa déspécialisation. L'article R.145-1-1 du Code de commerce, qui précisait que lorsque le congé prévu à l'article L.145-9 est donné par lettre recommandée avec accusé de réception, la date du congé est celle de la première présentation de la première lettre, est abrogé. Il est créé une section 6 intitulée : « Dispositions relatives au recours à la lettre recommandée avec demande d'avis de réception » et un article R.145-8 au Code de commerce. Lorsqu'une partie, bailleur ou locataire, a recours à la lettre recommandée avec demande d'avis de réception, la date de notification à l'égard de celui qui y procède est celle de l'expédition de la lettre et, à l'égard de celui à qui elle est faite, la date de première présentation de la lettre. Lorsque la lettre n'a pas pu être présentée à son destinataire, la démarche doit être renouvelée par acte extrajudiciaire. Ces dispositions sont entrées en vigueur le 14 mars 2016. Sources : Décret n° 2016-296 du 11 mars 2016 (J.O. du 13 mars 2016). QPC : indemnité de congés payés et licenciement pour faute lourde En réponse à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont il avait été saisi le 2 décembre 2015 par la Cour de Cassation, le Conseil constitutionnel vient de déclarer contraire à la Constitution la privation d'indemnité compensatrice de congés payés en cas de licenciement pour faute lourde (C. trav., art. L. 3141-26, al. 2). 21 Mars 2016, n°205 Les Sages ont en effet relevé que cette règle ne s'appliquait pas lorsque l'employeur est tenu d'adhérer à une caisse de congés payés (C. trav., art. L. 3141-28). Ainsi, en prévoyant qu'un salarié ayant travaillé pour un employeur affilié à une caisse de congés payés conserve son droit à indemnité compensatrice de congés payés en cas de licenciement pour faute lourde, le législateur a traité différemment les salariés licenciés pour faute lourde, selon que leur employeur est ou non affilié à une caisse de congés. Jugeant cette différence de traitement sans rapport tant avec l'objet de la législation relative aux caisses de congés qu'avec l'objet de la législation relative à la privation de l'indemnité compensatrice de congés payés, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les mots « dès lors que la rupture du contrat de travail n'a pas été provoquée par la faute lourde du salarié » figurant au deuxième alinéa de l’article L. 3141-26 du Code du travail. Cette déclaration d'inconstitutionnalité prend effet à compter du 4 mars 2016, date de publication de la décision du Conseil constitutionnel au Journal officiel. Elle pourra être invoquée dans toutes les instances introduites à cette date et non jugées définitivement. Sources : Conseil constitutionnel, 2 mars 2016, n° 2015-523 QPC (J.O. du 4 mars 2016) Réorganisation de la partie législative du code de la consommation Nouvelle numérotation des dispositions relatives aux procédures de médiation et d’actions de groupe L'ordonnance n° 2016-301 du 14 mars 2016 relative à la partie législative du Code de la consommation a été publiée au Journal officiel le 16 mars. Cette ordonnance réorganise entièrement la partie législative du Code de la consommation pour la rendre plus lisible et logique. Cette modification entraîne un important changement de la numérotation des dispositions, certains anciens articles étant notamment scindés pour en former plusieurs. L'ordonnance permet de ce fait un toilettage des dispositions relatives à la médiation et autres actions en règlement des litiges en matière de consommation. Tous les textes ayant trait au règlement des conflits sont d'ailleurs regroupés dans un Livre VI « Règlement des litiges » qui contient deux parties principales que sont un Titre Ier consacré à la médiation (ancien Titre V du Livre I), et un Titre II portant sur les actions en justice des associations de consommateurs (ancien Titre II du Livre IV) regroupant alors les dispositifs relatifs aux actions exercées dans l'intérêt collectif des consommateurs (Chapitre I), les actions en représentation conjointe (Chapitre II) et les actions de groupe (Chapitre III). Les dispositions relatives à la médiation sont désormais consacrées aux articles L.611-1 à L.616-3 du Code de la consommation. Celles relatives aux actions en justice des associations de consommateurs le sont aux articles L.621-1 à L.623-32 du même code. L'ordonnance entre en vigueur le 1er juillet 2016. Sources : Ordonnance n° 2016-301, 14 mars 2016 (JO du 16 mars 2016). Protection de l’enfant Promulguée le 14 mars 2016 par le président de la République, la loi n° 2016-297 relative à la protection de l'enfant est publiée le lendemain au Journal officiel. Pour améliorer la coordination de la gouvernance nationale avec les politiques locales, le texte offre une nouvelle définition de la protection de l'enfance, laquelle « vise à garantir la prise en compte des besoins fondamentaux de l'enfant, à soutenir son développement physique, affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa moralité et son éducation, dans le respect de ses droits » (C. action soc. et fam., art. L. 112-3). Sources : Loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 (J.O. du 15 mars 2016). 22 Mars 2016, n°205 Personnes sous surveillance électronique Mise en place de traitements automatisés du contrôle à distance des personnes sous surveillance électronique Le décret du 3 mars 2016 instaure un nouveau traitement automatisé de données à caractère personnel destiné au contrôle et au suivi par un centre de surveillance des personnes placées sous surveillance électronique (V. CPP, art. R. 57-30-1 à R. 57-30-10) et sous surveillance électronique mobile (V. CPP, art. R. 61-12, R. 61-12-1, R. 61-14 à R. 61-19 et R. 61-22). Il permet : l'enregistrement des mesures de placement sous surveillance électronique ; le contrôle de la présence effective de la personne (par authentification biométrique vocale) au lieu d'assignation ; l'alerte de l'administration pénitentiaire en cas d'absence de la personne de son lieu d'assignation ou « zone d'inclusion » ; l'alerte en cas de pénétration en « zone tampon » ou « zone d'exclusion » dans le cadre de la surveillance mobile ; l'alerte en cas d'altération du dispositif de surveillance ; la localisation de la personne y compris en l'absence d'alerte sous certaines conditions ; et l'exploitation statistique des données (CPP, art. R. 57-30-2 et R. 61-12). Le texte énonce précisément les catégories d'informations pouvant être enregistrées et leur durée de conservation (CPP, art. R. 57-30-3, R. 57-30-4, R. 61-14 et R. 61-15). Il définit les personnes habilitées à accéder à ces données et leurs destinataires (CPP, art. R. 57-30-5, R. 57-30-6 et R. 61-17 à R. 61-17-2). En matière de surveillance électronique, il est précisé que le nouveau traitement peut être interconnecté avec le traitement automatisé « application des peines, probation et insertion » (APPI) défini à l’article R.57-4-1 du Code de procédure pénale. Sources : Décret n° 2016-261 du 3 mars 2016 (J.O. 5 mars 2016). Garantie contre les pensions alimentaires impayées Le 1er avril 2016, sera généralisée la garantie contre les pensions alimentaires impayées, expérimentée depuis deux ans, dans une vingtaine de départements, pour réagir contre la « violence économique » subie par les familles monoparentales les plus pauvres. Le bilan de cette expérimentation semble positif ; le dispositif garantit à toutes les familles ne bénéficiant pas d'une pension alimentaire, une allocation mensuelle de 100 € par enfant. Il ajuste également le versement de l'allocation de soutien familial et prévoit son versement dès le premier mois d'impayés. Il responsabilise enfin le parent débiteur par l'amélioration des procédures de recouvrement : les caisses aux allocations familiales sont subrogées dans les droits de la personne ; elles sont autorisées à poursuivre le débiteur en justice. La création d'une agence de recouvrement des pensions alimentaires est évoquée, laquelle réunirait l'ensemble des procédures intentées au niveau national. Sources : JO Sénat, Q 9 mars 2016. Ordonnance relative aux sociétés pluriprofessionnelles d’exercice L'ordonnance relative aux sociétés pluriprofessionnelles d'exercice de plusieurs professions libérales soumises à un statut législatif ou règlementaire ou dont le titre est protégé, adoptée en Conseil des ministres le 30 mars 2016, a été publiée au Journal officiel du 1er avril 2016. Elle ouvre la voie à l'interprofessionnalité d'exercice et plus uniquement à l'interprofessionnalité capitalistique. Prise sur le fondement de l'article 65 de la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, cette ordonnance permet de faciliter la création de sociétés ayant pour objet l'exercice en commun de plusieurs des professions d'avocat, d'avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, de commissaire-priseur judiciaire, d'huissier de justice, de notaire, d'administrateur judiciaire, de mandataire judiciaire, de conseil en propriété industrielle et d'expert-comptable. 23 Mars 2016, n°205 Les professions libérales du droit et de l'expertise comptable pourront constituer tous types de sociétés (SARL, SA...), à l'exception de celles conférant aux associés la qualité de commerçant. Aucune exigence supplémentaire n'est imposée autre que l'octroi de l'autorisation requise pour exercer chaque profession. La société sera libre d'exercer d'autres activités à titre accessoire dans la limite des lois et règlements en vigueur. L'ordonnance encadre la participation au capital : la totalité du capital et des droits de vote est détenue, directement ou indirectement, par des personnes exerçant l'une des professions exercées en commun au sein de ladite société ou par des personnes légalement établies dans un Etat membre de l'Union européenne. Le texte prévoit la représentation d'au moins un membre, en exercice au sein de la société, de chaque profession exercée par la société au sein du conseil d'administration ou du conseil de surveillance. Un ensemble de règles vise à garantir l'indépendance de l'exercice professionnel de chacun et le respect des dispositions encadrant l'exercice de chaque profession, notamment de leurs règles déontologiques et du secret professionnel. Une règle nouvelle imposera à tous les professionnels qui exercent au sein de la société de s'informer mutuellement des liens d'intérêts susceptibles d'affecter leur exercice. « Avec la création des sociétés pluriprofessionnelles d'exercice, tant les entreprises que les particuliers pourront accéder à un guichet unique proposant une gamme complète de prestations juridiques ou financières, à des prix rendus plus attractifs par la mutualisation des charges », a fait valoir le Gouvernement. Rappelons que l'ouverture capitalistique avait été étendue par la loi de modernisation des professions juridiques du 28 mars 2011 (L. n° 2011-331, 28 mars 2011). Un expert-comptable, un notaire, un huissier, un commissaire aux comptes peuvent déjà investir aux côtés des avocats dans une société de participation financière des professions libérales SPFPL à certaines conditions (V. D. n° 2014-354, 19 mars 2014 pris pour l'application de l'article 31-2 de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 relative à l'exercice sous forme de sociétés des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé). Sources : Ordonnance n° 2016-394, 31 mars 2016 (J.O. du 1er avril 2016). Licenciement des huissiers salariés Arrêté du 24 décembre 2015 relatif aux commissions chargées d’émettre un avis sur le projet de licenciement d’un huissier de justice salarié par le titulaire d’un office (J.O. du 6 janvier 2016) Par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, en date du 24 décembre 2015, les ressorts et sièges des commissions chargées d’émettre un avis sur le projet de licenciement d’un huissier de justice salarié par le titulaire d’un office sont fixés comme suit : 1. Ressort de la commission: cours d’appel d’Aix-en-Provence et de Bastia. Siège de la commission: cour d’appel d’Aix-en-Provence. 2. Ressort de la commission: cours d’appel d’Amiens, de Douai et de Reims. Siège de la commission: cour d’appel de Douai. 3. Ressort de la commission: cours d’appel d’Angers, de Poitiers et d’Orléans. Siège de la commission: cour d’appel d’Orléans. 4. Ressort de la commission: cours d’appel de Bourges, de Riom et de Limoges. Siège de la commission: cour d’appel de Limoges. 5. Ressort de la commission: cours d’appel de Bordeaux, de Pau et d’Agen. Siège de la commission: cour d’appel de Bordeaux. 6. Ressort de la commission: cours d’appel de Caen, de Rouen et de Versailles. Siège de la commission: cour d’appel de Versailles. 7. Ressort de la commission: cours d’appel de Colmar et de Metz. Siège de la commission: cour d’appel de Colmar. 8. Ressort de la commission: cour d’appel de Lyon. Siège de la commission: cour d’appel de Lyon. 9. Ressort de la commission: cours d’appel de Grenoble et de Chambéry. 24 Mars 2016, n°205 Siège de la commission: cour d’appel de Chambéry. 10. Ressort de la commission: cours d’appel de Nancy, de Besançon et de Dijon. Siège de la commission: cour d’appel de Nancy. 11. Ressort de la commission: cours d’appel de Paris, de Basse-Terre, de Fort-de-France, de Guyane et de Saint- Denis de La Réunion. Siège de la commission: cour d’appel de Paris. 12. Ressort de la commission: cour d’appel de Rennes. Siège de la commission: cour d’appel de Rennes. 13. Ressort de la commission: cours d’appel de Toulouse, de Montpellier et de Nîmes. Siège de la commission: cour d’appel de Montpellier. Le Conseil de l’Europe écarte la GPA, fût-elle altruiste. Le 15 mars 2016, le Conseil de l'Europe rejetait le rapport intitulé « Les droits humains et les questions éthiques liés à la gestation pour autrui », lequel souhaitait libéraliser la pratique en Europe, à des fins altruistes seulement. Ce vote témoigne des réserves de la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) quant à la légalisation d'une maternité de substitution très controversée. Il conforte aussi la position du Parlement européen en faveur de l'abolition de toute forme de gestation pour autrui. En décembre dernier, ce dernier condamnait une pratique contraire à « la dignité humaine de la femme, dont le corps et les fonctions reproductives sont utilisés comme des marchandises » (PE, résolution, 17 déc. 2015, §115). Pour aller plus loin : http://www.ieb-eib.org/fr/bulletins/conseil-de-leurope-rejet-du-rapport-liberalisantla-gestation-pour-autrui-368.html#sujet1066 Sources : Institut Européen de Bioéthique (IEB), bulletin d'actualités, 15 mars 2016. Coopération renforcée en matière de régimes matrimoniaux La Commission européenne a adopté, le 2 mars 2016, des propositions visant à préciser les règles applicables aux régimes patrimoniaux des couples internationaux ayant conclu un mariage ou un partenariat enregistré. Ces propositions établiront des règles claires en cas de divorce ou de séparation et mettront fin à l'engagement de procédures parallèles et parfois concurrentes dans plusieurs Etats membres, au sujet, par exemple, de biens ou de comptes bancaires. En bref, elles offriront davantage de clarté juridique aux couples internationaux. L'unanimité des 28 Etats membres n'ayant pu être obtenue au Conseil sur les propositions présentées initialement en 2011, la Commission entend à présent aller de l'avant avec 17 Etats membres disposés à s'associer à cette initiative dans le cadre d'une coopération renforcée. Les propositions permettront : – de déterminer la juridiction nationale ayant compétence pour aider le couple à gérer ses biens ou à les partager en cas de divorce, de séparation ou de décès (règles de compétence) ; – de déterminer le droit applicable lorsque les lois de plusieurs pays peuvent potentiellement s'appliquer à l'affaire en cause (règles relatives au droit applicable) ; – de faciliter la reconnaissance et l'exécution, dans un Etat membre, d'une décision de justice en matière patrimoniale rendue dans un autre Etat membre. L'adoption de la décision autorisant une coopération renforcée requiert une majorité qualifiée des Etats membres au sein du Conseil et l'approbation du Parlement européen. L'adoption des deux règlements mettant en œuvre cette coopération renforcée requiert l'unanimité des 17 Etats membres qui participent à celle-ci et la consultation du Parlement européen. Les 11 autres Etats membres pourront à tout moment prendre part à la coopération renforcée. Sources : Union européenne, communiqué IP/16/449, 2 mars 2016. 25 Mars 2016, n°205 Coopération en matière pénale Publication de la nouvelle directive portant renforcement de certains aspects de la présomption d'innocence et du droit d'assister à son procès dans le cadre des procédures pénales Le programme de Stockholm a mis l'accent sur le renforcement des droits des personnes dans le cadre des procédures pénales. Le Conseil européen a invité la Commission à examiner l'opportunité de compléter les droits procéduraux minimaux des suspects et des personnes poursuivies et à aborder la question de la présomption d'innocence, afin de promouvoir une meilleure coopération dans ce domaine. À ce jour, trois mesures relatives aux droits procéduraux dans les procédures pénales ont été adoptées, à savoir la directive 2010/64/UE relative au droit à l'interprétation et à la traduction, la directive 2012/13/UE relative au droit à l'information et la directive 2013/48/UE relative au droit d'accès à un avocat dans le cadre des procédures pénales. La présente directive poursuit la mise en œuvre de sa feuille de route dans le domaine de la justice pénale. Elle s'applique aux personnes physiques qui sont des suspects ou des personnes poursuivies dans le cadre des procédures pénales. Elle doit s'appliquer à tous les stades de la procédure pénale, à partir du moment où une personne est soupçonnée d'avoir commis une infraction pénale ou une infraction pénale alléguée, ou est poursuivie à ce titre, jusqu'à ce que la décision finale visant à déterminer si cette personne a commis l'infraction pénale concernée soit devenue définitive. Les actions en justice et les voies de recours qui ne sont possibles que lorsque cette décision est devenue définitive, y compris les actions devant la Cour européenne des droits de l'homme, ne relèvent pas du champ d'application de la directive. Les principales mesures de la directive concernent : – les références publiques à la culpabilité : les déclarations publiques des autorités publiques, ainsi que les décisions judiciaires, autres que celles statuant sur la culpabilité, ne doivent pas présenter un suspect ou une personne poursuivie comme étant coupable aussi longtemps que sa culpabilité n'a pas été légalement établie. Des mesures appropriées sont prévues en cas de manquement à cette obligation. – la présentation des suspects et des personnes poursuivies : les suspects et les personnes poursuivies ne doivent pas être présentés, à l'audience ou en public, comme étant coupables, par le recours à des mesures de contrainte physique (telles que menottes, boxes vitrés, cages et entraves de métal). Les États membres peuvent toutefois appliquer des mesures de contrainte physique si elles sont nécessaires à la sécurité ou pour empêcher les suspects de prendre la fuite ou d'entrer en contact avec des tiers. – la charge de la preuve : le texte prévoit que l'accusation doit supporter la charge de la preuve visant à établir la culpabilité des suspects et des personnes poursuivies. – le droit de garder le silence et droit de ne pas s'incriminer soi-même : les suspects et les personnes poursuivies ont le droit de garder le silence en ce qui concerne l'infraction pénale qu'ils sont soupçonnés d'avoir commise et ont le droit de ne pas s'incriminer eux-mêmes. Cela signifie que les autorités compétentes ne doivent pas contraindre les suspects à fournir des informations si ces personnes ne souhaitent pas le faire. – le droit d'assister à son procès : selon le texte, un procès pouvant donner lieu à une décision statuant sur la culpabilité ou l'innocence peut également avoir lieu en l'absence de la personne poursuivie, lorsque cette personne a été informée de la tenue du procès et a donné mandat à un avocat - qui a été désigné par cette personne ou par l'État - pour la représenter au procès et qui a représenté la personne poursuivie. Lorsque les États membres prévoient la possibilité que des procès se tiennent en l'absence de la personne poursuivie, mais que les conditions pour rendre une décision en l'absence de cette personne ne sont pas réunies, par exemple parce que la personne a pris la fuite ou s'est évadée, le texte prévoit néanmoins la possibilité de rendre une décision exécutoire en l'absence de la personne poursuivie. Sources : Conseil de l'Union européenne, directive n° 2016/343, 9 mars 2016. 26 Mars 2016, n°205 Rapport d’activité 2015 – lieux de privation de liberté Le rapport annuel d'activité 2015 du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a été présenté le 9 mars 2016. Il s'agit du huitième rapport publié depuis la création de l'institution et du deuxième présenté par Mme Adeline Hazan depuis sa nomination. Les contrôleurs du CGLPL ont visité 160 établissements en 2015 dont 80 % de visites inopinées et ont reçu 3 868 lettres de saisine émanant majoritairement de personnes privées de liberté (chiffres stables), avec une augmentation de 1,20 % des saisines par avocats. Alors que l'étude sur les statistiques pénales du Conseil de l'Europe vient également d'être rendue publique, classant la France à la 7ème place sur 47 des pays aux plus forts taux de surpeuplement carcéral (Cons. Europe, enquête SPACE, 8 mars 2016), le CGLPL souligne que cette surpopulation engendre de nombreuses atteintes aux droits fondamentaux et rend impossible l'encellulement individuel reporté en 2019 dans des conditions « peu crédibles ». Dans un entretien accordé à la revue Droit pénal (éd. LexisNexis, 2016, entretien 3), Mme Hazan estime « inutile de construire sans cesse de nouvelles prisons », appelant en revanche à « une politique pénale différente ». À l'occasion de la présentation de son rapport et parmi les recommandations pour 2015, Mme Hazan est aussi revenue sur sa demande d'abrogation du régime de rétention de sûreté (L. n° 2008-174, 25 février 2008) formulée dans l'avis du 5 octobre 2015 (Contrôleur général des lieux de privation de liberté, avis 5 octobre 2015), ainsi que sur les réserves exprimées en 2015 en matière de regroupement des détenus islamistes radicalisés (Contrôleur général des lieux de privation de liberté, avis 11 juin 2015). Parmi les autres lieux de privation de liberté relevant de sa compétence (centres de rétention administrative, centres éducatifs fermés et établissements pour mineurs, commissariats et locaux de garde à vue, hôpitaux), Mme Hazan a insisté sur l'hospitalisation en psychiatrie, où elle constate des privations de liberté excessives induites par des considérations de sécurité sans fondement légal (placements systématiques en chambres d'isolement, sexualité des patients, port obligatoire du pyjama, etc...). Elle indique que la situation des établissements psychiatriques sera « la première [des] priorités » du reste de son mandat et annonce de prochains rapports thématiques sur la question de l'isolement et des mesures de contention en hôpitaux psychiatriques. Enfin, le CGLPL a décidé de mettre en place un outil d'évaluation de la mise en œuvre de ses recommandations afin de permettre aux pouvoirs publics d'en assurer le suivi et l'application. Sources : LexisNexis. FORMATION PROFESSIONNELLE Ecole des avocats sud-ouest Pyrénées, Toulouse ______________________________ 14 avril 2016 9h30 – 17h00 Salle de conférences – rue des Fleurs DROIT CIVIL Ce que l’avocat doit nécessairement connaître en matière de successions et de libéralités pour renseigner un client, l’assister dans les formalités et éventuellement faire une déclaration de succession Intervenants : Pierre-Jean Claux, notaire honoraire et Hélène Boidin-Le Bris, notaire à Paris Prix : 170 € la séance (150 € moins de 2 ans d’exercice) 27 Mars 2016, n°205 ______________________________ 15 avril 2016 9h00 – 12h00 Ecole des avocats – 35 C, boulevard des Récollets EXERCICE PROFESSIONNEL Les grands principes de la création d’un site internet Intervenant : Denis Parade, consultant formateur expert certifié ICPF et PSI Prix : 70 € la séance (50 € moins de 2 ans d’exercice) ______________________________ 15 avril 2016 14h00 – 18h00 Ecole des avocats – 35 C, boulevard des Récollets DROIT DES SOCIETES Droit pénal des affaires Intervenant : Marc Segonds, avocat, professeur UT1 Capitole Prix : 110 € la séance (80 € moins de 2 ans d’exercice) Contact : 05.61.53.58.52 [email protected] JURISPRUDENCE Point de départ du délai pour conclure en cas de demande d’AJ Seule la notification de la décision constatant la caducité de la demande d'aide juridictionnelle peut faire courir le délai imparti à l'appelant pour conclure. La Cour de cassation casse et annule la décision de la cour d'appel. Cette dernière avait confirmé la caducité de la déclaration d'appel de l'appelant déjà constatée par le conseiller de la mise en état dans son ordonnance. La Cour de cassation reproche à la cour d'appel d'avoir fait courir le délai imparti à l'appelant pour conclure à compter de la date imposée par le bureau d'aide juridictionnelle pour la production de pièces complémentaires à sa demande d'aide juridictionnelle. La cour d'appel a fixé le départ du délai en se fondant sur le fait que l'appelant n'avait pas répondu à la demande de la partie adverse de communication de la décision de rejet de la demande d'aide juridictionnelle ; or, seule la notification de la décision constatant la caducité de la demande d'aide juridictionnelle peut faire courir ce délai. Décision antérieure : CA Paris, pôle 4, ch. 3, 20 mars 2014, n° 13/22021 Sources : Cassation 2ème civile, 17 mars 2016, n° 15-10.754. Délai de prescription L’examen de la demande du débiteur par la commission de surendettement ne suspend pas le délai de prescription des autres actions. La Cour de cassation réaffirme dans cette décision que le délai de prescription n'est ni interrompu ni suspendu pendant l'examen de la recevabilité de la demande formée par le débiteur par la commission de surendettement ou le juge du tribunal d'instance. 28 Mars 2016, n°205 Les créanciers n'ayant pas assigné en remboursement leur débiteur dans l'attente de la décision de la commission de surendettement sur la situation de ce dernier ne sont plus recevables à agir si le délai de prescription s'est entièrement écoulé entre temps, et ne peuvent pas invoquer l'attente de la décision de la commission pour contrer une fin de non-recevoir tirée de la prescription de leur action en paiement. La Cour précise que le recours formé par un créancier contre la décision par laquelle la commission de surendettement a déclaré son débiteur recevable en sa demande de traitement de sa situation financière ne constitue pas une demande en justice de nature à interrompre le délai de prescription en application de l'article 2241 du Code civil. La Cour de cassation confirme la décision de la cour d'appel affirmant que le cours de la prescription des créances n'avait pas été interrompu par le recours formé par le créancier contre la décision de la commission de surendettement. Décision antérieure : CA Douai, 8e ch., 1re sect., 3 juill. 2014, n° 13/05663 Sources : Cassation 2ème civile, 17 mars 2016, n° 14-24.986 Modification du délai de prescription : application à la saisie des rémunérations La saisie des rémunérations requise pour le remboursement d'une créance de l'URSSAF qui a déjà donné lieu à la signification de trois contraintes se prescrit par une prescription triennale en application de l' article L. 244-3 du Code de la sécurité sociale. La Cour de cassation précise dans sa décision que les exécutions des contraintes autres que celles constituant des décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou administratif ayant force exécutoire, ou des extraits de procès-verbaux ayant été signés par les juges et les parties, sont, selon la nature de la créance, soumises à la prescription triennale. Cette prescription est applicable depuis l'entrée en vigueur de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 aux contraintes initialement soumises à une prescription de trente ans. En l'espèce, la requête en saisie des rémunérations a été effectuée certes moins de trente ans après la signification des contraintes au débiteur, mais plus de trois ans après l'entrée en vigueur du nouveau texte instituant la prescription de trois ans, rendant ainsi la requête irrecevable parce que prescrite. Décision antérieure : TI Colmar, 12 mars 2014 Sources : Cassation 2ème civile, 17 mars 2016, n° 14-22.575. PMA sans tiers donneur : établissement de la filiation paternelle Le 16 mars 2016, la première chambre civile de la Cour de cassation se prononce quant à l'établissement de la filiation paternelle d'un enfant né à la suite d'une procréation médicalement assistée (PMA). En l'espèce, un homme et une femme, non mariés, avaient signé un protocole de consentement en vue d'une insémination artificielle. A la naissance de l'enfant, seule mention de la filiation maternelle était rapportée sur les registres de l'état civil. Quelques années après, la mère assignait le prétendu père aux fins de voir établir son lien de filiation avec l'enfant. Le 20 janvier 2015, la cour d'appel de Paris déclare l'homme, père de l'enfant. Les juges du fond motivent leur décision par la relation sentimentale vécue par le couple ainsi que sur sa démarche volontaire engagée dans la mise en œuvre d'une PMA. Elle rappelle, en particulier, que l’« homme avait donné son accord pour la congélation de son sperme ». L'homme se pourvoit en cassation et invoque, parmi les moyens, l'absence de projet parental. Il ajoute que la filiation hors mariage s'établit, comme se conteste, par tous moyens. Le consentement donné à une PMA interdit toute action aux fins d'établissement ou de contestation de la filiation, sauf à soutenir que l'enfant n'en est pas issu. 29 Mars 2016, n°205 La démonstration n'emporte guère l'adhésion de la Haute juridiction, laquelle rejette le pourvoi. Elle précise que l'établissement judiciaire de la filiation à la suite d'une PMA sans tiers donneur obéit aux règles de droit commun édictées par les articles 327 et suivants du Code civil. Sont exclues les dispositions des articles 311-19 et 311-20 du même code, lesquels régissent l'établissement judiciaire de la filiation à la suite d'une PMA avec tiers donneur. Et si, effectivement, la preuve de la paternité peut être apportée par tous moyens, la Cour de cassation se range derrière la motivation des juges du fond. L'homme ne versait pas aux débats des éléments de preuve de nature à caractériser l'intimité de la mère avec d'autres hommes. Sources : Cassation 1ère civile, 16 mars 2016, n° 15-13.427. La mention « sexe neutre » ne peut être portée dans l’acte de naissance Le 22 mars 2016, la cour d'appel d'Orléans confirme l'autorité du principe d'indisponibilité de l'état des personnes en refusant que soit portée, dans l'acte de naissance d'une personne, la mention « sexe neutre ». En l'espèce, un homme est déclaré à l'état civil comme appartenant au sexe masculin. Il se marie, puis adopte avec son épouse un enfant. Plusieurs années après, il saisit la justice aux fins de substitution de la mention « sexe neutre » à la mention « sexe masculin ». Il invoque, au soutien de ses prétentions, une ambiguïté sexuelle, laquelle doit être reconnue au nom du droit au respect de la vie privée. « La personne intersexuée doit pouvoir bénéficier, si elle le désire, d'un changement d'état civil correspondant à la réalité ». Le tribunal de grande instance de Tours crée la surprise, en première instance, et fait droit à la requête. Le procureur de la République interjette appel, sur le fondement de l'article 57 du Code civil, et sensibilise les juges du fond sur l'épineux débat de société que cristallise cette demande de rectification de la mention du sexe sur le registre d'état civil. En seconde instance, les juges orléanais infirment le jugement et rappellent qu'un juste équilibre doit être recherché entre la protection de l'état des personnes qui est d'ordre public et le respect de la vie privée. Ils précisent, en l'espèce, que « la demande ne peut être accueillie en ce qu'elle est en contradiction avec l'apparence physique et le comportement social du requérant ». Ils indiquent enfin que « la reconnaissance d'une nouvelle catégorie sexuelle, sous couvert d'une simple rectification d'état civil, dépasse le pouvoir d'interprétation de la norme du juge judiciaire ». Prochaine étape, sans doute attendue, celle de la reconnaissance d'un troisième genre posée à la Haute juridiction judiciaire puis, certainement, à la Cour européenne des droits de l'homme. Sources : CA Orléans, 22 mars 2016 (JurisData n° 2016-004932) 30 Mars 2016, n°205 LEGISLATION Le texte intégral de ces références se trouve sur notre site www.avocats-toulouse.com, dans la partie « Avocats/Documentation » de la page d’accueil, rubrique « Actualités législatives » Décret n° 2016-261 du 3 mars 2016 (J.O. du 5 mars 2016) relatif aux traitements automatisés du contrôle des personnes placées sous surveillance électronique et sous surveillance électronique mobile et modifiant le code de procédure pénale (deuxième partie: Décrets en Conseil d’Etat). Loi n° 2016-274 du 7 mars 2016 (J.O. du 8 mars 2016) relative au droit des étrangers en France (+ Décision du Conseil constitutionnel n° 2016-728 DC du 3 mars 2016, + Saisine, + Observations). Décret n° 2016-285 du 9 mars 2016 (J.O. du 11 mars 2016) relatif à la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances. Décret n° 2016-296 du 11 mars 2016 (J.O. du 13 mars 2016) relatif à la simplification de formalités en matière de droit commercial. Loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 (J.O. du 15 mars 2016) relative à la protection de l’enfant. Loi n° 2016-339 du 22 mars 2016 (J.O. du 23 mars 2016) relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs. Ordonnance n° 2016-394 du 31 mars 2016 (J.O. du 1er avril 2016) relative aux sociétés constituées pour l'exercice en commun de plusieurs professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé (+ Rapport au Président de la République). 31 Mars 2016, n°205 LA CONFERENCE Concours de la Conférence – novembre 2015 – 1er tour Ruser, est-ce tromper ? Par Sophie Dermarkar Merveilleuse Véra, envolée depuis si longtemps mais que je ne peux oublier... Te souviens-tu de moi, du haut de ton éternité, de cet obscur jeune homme, fraîchement promu médecin, avec lequel, l’espace d’un instant, tu confondis la mort ? Véra, tu m’avais vu mettre à sac toutes les ressources de mon art pour t’arracher à ton dernier moment mais tu savais que l’on ne se sauve pas d’un destin déjà écrit… Alors, tel le guerrier dépouillé de ses armes, j’ai déployé les trésors de mes ruses obstinées. Tu en as été le fer de lance et l’insatiable Faucheuse n’en a pas perçu le sens. Nous l’avons trompée, à force de détours et de subtiles feintes, et nous avons triomphé. Alors, Véra, écoute-moi, écoute ce que je n’ai pu ni voulu te faire entendre en ce temps là… Apprends enfin les secrets du combat qui s’est livré en ce jour lointain de ton départ… Chambre 7, soins palliatifs, un dimanche d’automne. J’ai encore un peu de temps, je vais l’allonger ce temps, lui en dérober quelque bout… Maintenir ce souffle, encore une heure, une petite heure, et nous aurons gagné ! Dans une heure, il sera là, Arthur, ce fils chéri, celui que Véra attend et ne veut pas quitter sans un dernier sourire… Elle ignore tout du combat qui se livre autour d’elle et je ne lui en dirai rien, cela pourrait l’affaiblir, or sa force m’est nécessaire pour relever le défi. Alors, je vais user de tous les stratagèmes, insidieusement, pour que, toi, la Grande Faucheuse attentive et perspicace, tu n’en saches rien. C’est encore possible, mais la ruse doit demeurer secrète, tu ne dois rien savoir de mes agissements. Nous savons tous deux que le mot de la fin t’appartient et tu dois bien rire de ce tu imagines mes stupides affolements. Te maintenir dans la croyance de ma reddition, le plus longtemps possible, voilà ce que je vais faire. Quoi ? Tu penses tout emporter de nos pauvres combats ? Quelle impudence ! C’est donc que tu nous connais moins que tu ne le penses, et de cela je vais jouer ! Tu connais par cœur tout mon jeu, tu l’as si souvent contré, et cela te donne de l’assurance… mais c’est par celle-ci que je te déroberai quelques-uns de tes pions. Tu vois, je ne te mens pas, je sais que tu l’emporteras, comme toujours à ton heure, mais j’ai encore quelques tours dans mon sac... Ah ! Te dis-tu, misérable petite chose que cette médecine humaine qui pense me contrecarrer, mais si je te préparais autre chose ? Quelque chose que tu n’attendrais pas ? Eh oui, ô suprême instigatrice, je te maintiens dans l’ignorance de mes fins ! 32 Mars 2016, n°205 Tu m’observes, appliqué dans mes rituels médicaux, ceux qui t’annoncent que ta récolte est proche ! Oui, je retiens encore le souffle de Véra avec quelques solutés, quelques bouffées d’oxygène, et tu dois bien rire à me voir lui parler comme si elle allait se lever demain, toi qui sais que demain, tu l’auras emportée. Mais Véra, malgré sa faiblesse, sourit au rappel de mes fredaines dont je lui ai entamé le récit. Nous formons une unité où elle puise sa puissance et tu n’as toujours pas vu qu’en cela j’escamote ton heure. T’enlever TON heure, voilà mon affaire, celle que tu as déterminée et que tu ne lâcheras pas, penses-tu. Mais moi, inlassable renard, je la veux cette heure-là, il me la faut, puisqu’elle est nécessaire à Véra. Qu’est-ce qu’une petite heure au regard de l’éternité ? Mais tu ne transiges jamais, alors, je te contourne, je déploie mes stratégies les plus insensées, celles que tu ne me connais pas. Je m’accroche à Véra pour qu’elle s’arrime à moi, je lui livre mes pensées les plus folles, c’est cela qui l’anime toujours, je le sais maintenant. Je ne la trompe pas elle, je te trompe toi. Capter son attention, sans l’épuiser, pour la détourner de la descente qu’elle a entamée vers toi. Voilà maintenant que je lui conte fleurette, c’est la première fois que je lui joue cette scène-là et elle a rougi, un instant, de mes impertinences. Elle est la femme de ma vie lui ai-je déclaré, celle qui s’empare de mon être pour le conserver caché au creux de son chevet. D’où proviennent ces charmes qu’elle déploie pour m’assujettir à ce point ? Y aurait-il, quelque part en ce bas monde un amant jaloux qui rêverait de m’occire ? Et son minuscule rire grêle me répond que je l’ai gagné ce quart d’heure si convoité. Quinze minutes, quinze minutes acquises sur l’implacable compte à rebours que tu as mis en marche, avec un peu de chance, ma ruse peut marcher. Dans trois quarts d’heure, Arthur sera à ses côtés, ce n’est rien trois quarts d’heure mais c’est beaucoup dans un pari aussi insensé. Alors, je persévère dans mes manigances, maintenant je me raconte, je me fais récitant. Sous ses paupières tremblantes, je perçois son écoute et je lui parle de moi puisque nous ne pouvons parler d’elle… Nous savons tous deux que sa fin est proche, nous avons déjà eu l’impudeur de l’évoquer. Mais à présent, tacitement, nous négligeons le thème. Car le charme que, tel un Merlin désenchanté, j’ai jeté dans sa chambre, fait son effet. Elle me suit, ma courageuse Véra, elle a compris que j’ai entamé la course avec le temps, elle m’aide, économise son énergie, lie son esprit au mien, nous sommes unis dans mes subterfuges. Mais l’Autre, l’insatiable dévoreuse, nous écoute, à l’affût, prête à réduire à néant la moindre de mes entreprises. Alors, nous n’en dirons rien et poursuivrons la terrible comédie. Car toi, tu es toujours là, n’est-ce pas, cher Ange de la Mort ? A te gausser des vaines agitations de cet indigne vermisseau qui s’obstine à converser avec une mourante qui déjà t’appartient. Ah, que ton dédain me satisfait ! C’est donc bien que tu ne peux déjouer mes habiletés. Une demi-heure déjà, que j’ai engagé la lutte, l’avion d’Arthur ne tardera plus à se poser. Je suis presque à cours d’idée mais il n’est pas temps de lâcher, le souffle de Véra se fait irrégulier. Je murmure maintenant, plus que je ne parle, car je sens ses forces l’abandonner. Penché tout près de son oreille, je lui fais d’intimes confidences pour lui démontrer ma vulnérabilité et qu’ainsi, un court instant, elle écarte la sienne. Deux minutes, je n’ai plus que deux minutes pour emprisonner sa respiration qui m’échappe. La porte s’est ouverte et Arthur est entré, et Véra a souri, juste au moment où il a déposé sur son front le tendre baiser qui lui a permis de s’endormir. 33 Mars 2016, n°205 Ecroulé à ses côtés, épuisé et heureux, je te regarde en face, l’éternelle gagnante. Aujourd’hui, j’ai emporté la partie car tu n’as jamais compris dans quel jeu je t’avais entraînée, alors, dis-moi, la Mort, où est ta victoire ? Grèce antique ou Grèce en toc ? Par Anne-Sophie Barrère-Ortega Il ne m’a guère fallu plus de deux secondes pour arrêter mon choix sur le sujet Grèce anTIQUE ou Grèce en TOC, (la candidate se met à avoir des tics et des tocs pendant son discours et en aura dès qu’elle prononcera les sons « tic » et « toc ») Désolée, bien que volontaire dans le cadre de cette conférence, quand j’ai appris qu’il y avait tant de candidats à affronter, j’ai commencé à avoir des TICS et des TOCS. Soit. Je disais donc, j’ai choisi cette problématique afin d’évoquer avec vous l’événement majeur de cette année 2015, qui restera à jamais gravé dans nos mémoires et qui se dissimule derrière l’énoncé sibyllin du sujet à savoir : la disparition le 25 janvier 2015, du pape orthodoxe de la pop grecque, Demis Roussos. Et non, il ne s’agissait pas du plan de sauvetage de l’économie grecque ! A l’examen de la question qui nous occupe, est opposée d’un côté la Grèce anTIQUE, hégémonique, splendide, et de l’autre la Grèce en TOC, sous-entendu celle que nous a laissée Demis Roussos, taxée improprement d’être de pacotille. Aussi, en contradiction totale avec la thèse suggérée dans la formulation du sujet, je vous démontrerai qu’à la lumière de la vie et de l’œuvre de Demis Roussos, la Grèce actuelle rivalise avec sa magnificence passée. Ainsi, puis-je affirmer sans ambages que la carrière musicale internationale de Demis Roussos est à la Grèce d’aujourd’hui ce que la légende militaire d’Alexandre le Grand est à la Grèce anTIQUE. A cet égard, vous n’ignorez pas qu’Alexandre le Grand, qui était macédonien, a repoussé les limites de la Grèce jusqu’à l’Orient, l’Inde, les portes de l’Asie et l’Afrique du Nord. Demis Roussos, de son côté, a vendu 60 millions de disques sur les cinq continents, diffusant ainsi largement la culture grecque à travers le monde. En outre, dans le cadre de sa conquête hellénique, Demis Roussos, à l’instar d’Alexandre le Grand, a eu l’intelligence de réussir le pari de l’acculturation dans les contrées annexées. L’acculturation : processus par lequel un individu apprend les modes de comportement, les modèles et les normes d'un groupe de façon à être accepté par les [auTOChtones] et à y participer sans conflit1. De son côté, Alexandre le Grand a coiffé la couronne des pharaons à Alexandrie et le kidaris, turban symbole de la royauté chez les Perses. Demis Roussos va bien au-delà du simple emprunt des modes vestimentaires locales. Demis Roussos 1 Lexique des sciences sociales (1969), A et R. Mucchielli 34 Mars 2016, n°205 n’était pas si futile, Demis Roussos va apprendre les langues des pays dans lesquels il chante. Italien, espagnol, français, anglais, russe, portugais, allemand, espagnol, français, anglais, russe, italien, allemand… il parlait huit langues. Il est même le précurseur d’une nouvelle langue susceptible de rivaliser avec le grec ancien. Pour vous donner une illustration, je vais vous citer un extrait de la chanson My reason, une chanson composée en 1973 par l’artiste. I SING TO YOU MA JOLIE FILLE, I HOPE YOU LIKE THE SOUND OF MA MUSIQUE. Comme vous avez pu l’entendre, Demis Roussos ose mêler la langue anglaise à la française. Demis Roussos ne se fait-il pas là visionnaire en composant dans un nouvel idiome qui sera celui que nous parlerons peut-être demain eu égard à l’essor de la langue de Shakespeare dans le monde ? Imaginez que nous les avocats, parlions de la sorte demain : « Guy-Alain, je vous veux dans mon bureau tout de suite, right now !!! J’ai une conf call dans 5 min avec le CEO de « saucissedetoulouse.com » ! Guy-Alain, avant, before, il faut absolument que nous fassions un brainstorming sur le draft de la legal opinion que vous lui avez envoyé hier par e-mail ». Ne serait-ce pas « cool » de parler le Demis Roussos ? Avant de me transformer en moussaka, c’est le sort qu’a jeté Madame le Bâtonnier aux candidats qui dépasseraient les 6 min, je me vois contrainte d’écourter ma démonstration tendant à prouver qu’à la lumière de la vie et l’œuvre de Demis Roussos, il est inique d’opposer la Grèce anTIQUE à une prétendue Grèce en TOC, actuelle donc. Si Zeus le veut, en décembre, je vous livrerai les secrets de la conception philosophique de l’amour selon Demis Roussos, communément appelée conception roussossienne de l’amour, dont l’impact, sur la philosophie occidentale, est aussi considérable que celui des travaux de Platon. D’ici là, je reste à votre disposition à la fin de cette Conférence pour répondre aux questions que vous vous poseriez sur Monsieur Roussos ou si vous souhaitez assister à une petite démonstration de Sirtaki dans la salle des pas perdus. Ma chère Grèce Par Raphaël Giraud Ma Chère Grèce, Entends-tu la camarde qui toque, insidieusement, à ta porte ? La vois-tu, qui rôde autour de ton lit pour y réaliser ses funestes projets, fatalement et sûre d’elle, sans le moindre égard pour ta grandeur d'antan ? La mort n'a hélas que peu faire des réputations. Elle se rit de ta magnificence passée, elle se moque de ton histoire et de ses héros, de ta mythologie et de ses dieux. Tu n'es pour elle que vétille, et ta débâcle la laisse indifférente. 35 Mars 2016, n°205 Pernicieuse, elle se faufile en toi, pour instiller en ton corps éreinté les stigmates du néant. Son dessein te dépasse, vieille dame... Et tu uses tes forces à mener une lutte que tu sais perdue d'avance. Alors ne t'épuise pas davantage ! Renonce, antique dame, dépose les armes face à cette lutte vaine qui se joue, malgré toi. Laisse donc filer ton âme vers ces ailleurs qui te réclament. Le ressac de la mer Égée, incessant va et vient, se joue en toi comme une douce mélodie. Tu es happée par le mouvement irrésolu de la vague, par l'inlassable redondance de ses notes. Paisiblement, cette rengaine fait son office. Et sans résistance, maintenant, tu te laisses ensevelir. Mais sois sans crainte, tu n'es pas seule dans ce renoncement. A l'orée de ton crépuscule, nous sommes tous là, tes enfants, tes héros ! La chaleur de nos corps unis inonde ton lit d'une onde protectrice, et la familiarité de nos voix apaise tes souffrances. Laisse-toi porter par le souffle infini de notre tendresse. Emplis-toi de ces récits qui te sont contés une dernière fois. D'une voix étranglée par les larmes, Homère vient d'entamer l'épopée fantastique d'Ulysse. Tu esquisses un sourire…. Cette quête absolue de la mère patrie fait déborder ton cœur de joie. Et malgré l'imminence de ta disparition, tu te songes conquérante, bravant les flots indociles, en direction d'un Ithaque retrouvé. Mais la musique des vers s’amenuise à mesure que tu sombres, et n'est à présent plus que l'écho d'un lointain souvenir. Une obole placée aux confins de ta bouche, tu prépares ton ultime voyage. Sereine, tu t'apprêtes à franchir les rivages du Styx. Un cri sourd et fugace pourfend alors l'assemblée qui te couve, rompant avec le silence de tes derniers instants. Les mots que tu délies prennent des allures de sentence mystique : Que Tsipras si je faiblis ! Mais ce cri n'est déjà plus qu'un souffle entrecoupé par les incertitudes de ta respiration. Un souffle court qui en dit long sur le chancellement de tes forces. La vie pugnace relâche lentement son étreinte. Tu te meurs vieille dame, inexorablement… 36 Mars 2016, n°205 Dans une lente agonie, alimentée par les palliatifs chimériques que tu consommes, qui te consument. Tu te meurs, mais pourtant… … Mais pourtant ton âme chatoie de mille feux ! Elle rayonne, et déjoue l'entreprise des moires, qui pensaient réduire ton œuvre à un fil de soie. Car, en dépit de ses irréversibles promesses, la mort n'a rien emporté de ton âme éternelle qui n'appartient qu'aux dieux. « La mort n'éteint pas la musique, elle n'éteint pas les roses, elle n'éteint pas les livres, elle n'éteint rien »2. Alors, relève-toi, étrange phénix, et trouve dans les cendres de ton passé glorieux le terreau fertile de ta renaissance. C'est ton cœur qui fait palpiter le monde, ne l'oublie pas. Et si parfois il t'arrive de douter de tes forces, rappelle-toi d'Edmond Fleg : « Toute nuit noire est une aube qui vient ». Alors vieille dame… Alors réanime la magie qui t’entoure. Fais chanter tes poètes, et danse, gracile, entre les pieds de leurs alexandrins. Et si la rhétorique te fait défaut, invoque tes philosophes ! Leur dialectique a souvent eu raison des conquérants, même les plus audacieux. Tu trouveras alors le courage de leur dire, tel un Diogène ressuscité : « Ôtez-vous de mon soleil ». Et comme Alexandre, ils ne se risqueront pas à obscurcir ton ciel. Car ce monde nouveau, si empressé à sonner ton glas, ne peut cependant se résoudre à vivre sans toi. Il a besoin de toi, ce siècle si futile, qui ne doute de rien et ne sait rien de lui ! Il t’abhorre autant qu’il t’envie, perdu dans ce qu’il ne saisit pas de toi. Tu le désempares autant que tu l’effraies, et il ne sait que te dire; Son langage est si précaire et ta sagesse, elle, si séculaire ! Alors ma Chère Grèce, résiste, et prouve- lui que tu existes à ce siècle maudit ! N’écoute pas les sarcasmes dont il enduit ta route, lui qui voudrait te reléguer au rang de piètre toc. Car c’est mal te connaître, ô valeureuse guerrière, que de caresser de telles rêveries ! Tes éternels passés ont si souvent connu l’âpreté des défaites, qu’ils t’ont faite d’airain et que tu ne crains plus les combats… Ma Chère Grèce, c'est donc bien ton essence qu'il te faut retrouver. Elle te libérera des costumes d'apparat dont on veut te draper, en délivrant nos cœurs déracinés des diktats du futile. Et sois certaine que ce jour scellera nos victoires. Voilà, quelle est ta quête… Voilà, quel est ton Graal ! Voilà, où se trouve ton salut ! 2 Tristan BOBIN « Un assassin blanc comme neige » - Citation exacte : « La mort n'éteint pas la musique, n'éteint pas les roses, n'éteint pas les livres, n'éteint rien. » 37 Mars 2016, n°205 Grèce antique ou Grèce en toc ? Par Lucile Bourland Madame le Bâtonnier, Madame, Messieurs les membres du Conseil de l’Ordre, Mesdames et Messieurs les Secrétaires et anciens Secrétaires, Mes Chers Confrères, Pourquoi ce trip sur la Grèce antique ? Cette Grèce que l’on érige en mythe pour finir d’une façon si tragique, mérite-t-elle de si bonnes critiques ? On n’a de cesse de nous parler de cette Acropole mastoc, loin d’être baroque, mais tellement chic… et maintenant squelettique ! On oublie bien vite la Grèce de notre époque faite de bric et de broc dont toute l’Europe se moque. Et oui, la panique choc du fric a eu raison du Grec phobique du fisc. Alors le Grec se rassure et nous rabâche l’épisode antique et vante les mérites de leurs esprits philosophiques, leurs poèmes homériques, leurs dieux mythiques ou encore leurs pensées démocratiques. Pour nous convaincre, l’Amérique va jusqu’à faire jouer à Brad Pitt le rôle d’Achille afin de combler nos rêves érotiques. Assez de cette pensée unique délivrée par des hellénistes nostalgiques ! En quoi, la Grèce antique est-elle si magnifique ? Ah la Grèce, ce Pays qui a réussi à ériger en un modèle progressiste, l’esclavagisme démocratique et le machisme politique ! Prenons Socrate, ce grand philosophe péripatétique pas fichu d’écrire la moindre ligne authentique ! Parlez-nous plutôt des grandes époques : de la Révolution, de Napoléon, à la rigueur de la Restauration mais par pitié arrêtons avec tous ces tics sur la Grèce antique qui confinent au toc antipatriotique ! Nous aussi nous en avons des personnages tout aussi antipathiques, despotiques, dramatiques que les dieux et héros mythologiques. Parlons un peu de notre claque médiatique : Ces vieux nouveaux penseurs philosophiques à col ouvert dégageant leurs cages thoraciques et leurs chevelures fantastiques, avec leurs idées d’une autre époque déclenchant des conflits machiavéliques, et leurs interventions tout droit sorties des services gériatriques. Que le fond de l’air Onfray, avec sa critique psychanalytique, ses pensées anti-islamique, anti catholique, anti judaïque ou tout simplement laïques. Ces journalistes tant en manque d’éthique que de fric, pris dans les crocs du roi du Maroc. Nos animateurs hygiéniques, Nos starlettes pneumatiques, Nos stars à la plastique clinique, Carla Bruni, la sirène aphone si peu mélodique, mais qui arriverait presque à rendre un président sympathique en faisant oublier ses tics. N’oublions pas notre Cénacle économique : Qui peut le plus peut le Minc ! La monétique qui nous escroque, Avec tous ces pères la Rigueur qui voudraient nous faire marcher à coups de trique. Ces boursicoteurs qui déclenchent un crack en quelques clics. 38 Mars 2016, n°205 Et que dire de notre clique artistique : Un plug vert suffit à déchainer des réactions hystériques et cacophoniques. Les stucs de Versailles dissimulés par des créations boulimiques, les pelouses de ses jardins écrasées par des sculptures gynécologiques. Symbole de notre époque que ces créations qui hésitent entre l’artistique et le comique, le toc et le loufoque. Et enfin le meilleur, notre grand cirque politique : L’inébranlable Taubira dans le rôle de Charybde et très prochainement Scylla, prestation désopilante assurée à chaque tournée de son cirque pathétique ! Le sympathique Borloo, tel Diogène, caché au fond de son tonneau où git encore son nouveau parti démocratique. La bleue Marine ou l’épopée épique d’un Oedipe peu académique. Ou encore notre président ad hoc qui retrouve une blonde au paddock pour quelques pratiques acrobatiques, délaissant ainsi son ex et ses barbituriques. Cette COP dite 21 qui recouvre d’un voile écologique et climatique des sondages catastrophiques. Et tous ces courageux qui ouvrent leur pébroque dès que la moindre goutte fait ploc. Soyons réaliste, on a les héros qu’on mérite. Moi petite Française égocentrique n’apprécie guère la Grèce antique, époque équivoque où la Gaule faisait un flop. Moi petite Française cynique prends un plaisir pathétique et glauque quand le Grec perd sa bicoque. Alors, arrêtons un instant ces critiques iniques sur cette Grèce cadavérique et famélique et demandonsnous si ce n’est pas notre France qui est en TOC. Concours de la Conférence – décembre 2015 – 2ème tour Pouvez-vous dire mieux ? Par Sophie Dermarkar Pouvez-vous dire mieux ? « Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé », ces vers de Gérard de Nerval me poursuivent et me hantent, sans trêve, depuis l’instant maudit où j’ai déshabité mon âme. O, exécrable jour que celui où j’ai cédé aux tentations de cet ignoble individu que j’avais nommé mon ami ! Tout avait commencé un soir d’ennui chez Georges B, célèbre auteur très remarqué dans les milieux littéraires. La nuit était avancée lorsqu’il me fit une étrange proposition, comme un défi qu’il se lancerait à lui-même. Posant sur la table la dernière de ses œuvres que je n’avais pas manqué de compulser, il me dit négligemment mais avec sérieux : « Mon cher, pouvez-vous dire mieux ? » J’avais eu la faiblesse de lui confier mes penchants pour l’écriture et il m’avait fait l’amitié de me lire, aussi demeurais-je interdit face à cet inconcevable projet. Mais il se fit insistant, convaincant, et je finis par céder devant ses instances soutenues. Il balaya tous mes scrupules, m’assurant que cette gageure n’entamerait en rien une réputation aussi sûre que la sienne. Décontenancé autant que flatté, j’écoutai, hypnotisé, cet écrivain de talent dont le verbe envoutait les lecteurs, me sommer de le surpasser ! Je devais donc écrire sous son compte, « Dire », à ma volonté, à mon inspiration, dans un art plus enlevé que le sien, voilà le jeu qu’il avait engagé. 39 Mars 2016, n°205 Que n’ai-je alors décliné l’offre de cet indigne tentateur ? Serait-ce le fait d’un inconscient orgueil ou l’espoir d’émerger enfin dans la lumière des autres ? Qu’importe aujourd’hui la raison puisque je l’ai acceptée. Et à partir de ce jour, j’ai cessé d’exister pour me fondre dans son insondable perversité... Je suis devenu sa plume de l’ombre, et mon essai, occulté sous son prestigieux paraphe, rehaussa sa montée vers la gloire aussi vite qu’il précipita ma chute… Car il n’en resta pas là, il exigea la surenchère, et c’est d’un impitoyable : « Pouvez-vous dire mieux ? » qu’il coupait court, à chaque fois, à mes timides dénégations. Et maintenant, je suis le Ténébreux, l’écarté de la lumière, englouti dans les sombres couloirs du mensonge. Irrémédiablement, chaque matin m’enfonce davantage dans le piège haïssable qu’il a tendu pour moi. Ah, il la connaissait bien ma pauvre insignifiance ! Et qu’il lui fut aisé de me reléguer à plus d’obscurité. Et mon ombre, à l’aune de la sienne, atteint par degrés son point de liquéfaction. Qu’avait-il besoin d’avilir un être aussi sombre que moi ? Dans son succès qui est le mien, je perds ma consistance, absorbé, délité dans cette magnificence dont il s’est placardé. Son ascension conspire ma perte, il parade au grand jour et je rôde dans mes transparences. Occultée par son image qui grandit, la mienne, irrémédiablement, s’étrécit. A quand, me dis-je tremblant sa dissolution ? Dans sa course insatiable aux lumières, il me terre aux confinements des ténèbres, moi qui goûtais déjà si peu au sel de la vie… Je trouvais, autrefois, quelque bonheur dans ma parole solitaire mais elle m’a aujourd’hui déserté. Où puiser désormais la force d’exister, égaré, dans les dédales obscurs d’un destin délégué ? Et Lui, Lui, inlassablement, prolonge son divertissement, faisant fi de mes plaintes… Ah, mais quelles sont ses fins ? N’est-il donc toujours pas repu de l’éclat universel dont il s’éblouit ? Espère-t-il à ce point le jour de ma misérable défaite ? Et Moi, Moi, dépouillé de mes piètres mots transfuges, je me sens vidé, aspiré dans cet autre, veuf de mes plus infimes idées… Oui, je suis le Veuf, celui qui a voilé son âme, celui qui erre, désespéré, privé de sa chère moitié. Que me sert, à présent, cette désolante enveloppe si elle n’abrite plus ce qui en faisait le prix ? Dans ce monde hostile où je ne trouvais place, elle était là, présente à mes côtés, mon inspiration précieuse, qui attachait ses pas aux miens pour combler mes solitudes. Mais moi, infâme traître, je l’ai trompée, abandonnée, sacrifiée sur l’autel de la vanité ! Elle était pourtant si chère à mon cœur ma tendre inspiratrice ! Si douce à mon oreille, lorsqu’elle susurrait d’une voix caressante : « Mais oui, tu peux dire mieux ! » Par ces paroles consolantes, elle effaçait mes doutes, dessinait le bonheur qui irradiait ma vie et les mots merveilleux s’envolaient de mes feuilles, ces mots que, pour elle, tendrement j’inventais. Elle me donnait du courage, ma fidèle compagne, veillant jalousement sur nos ineffables joies. Comment ai-je pu briser une union si céleste ? Qu’avais-je donc besoin d’accomplir pareille forfaiture ? Elle est morte pour moi maintenant, et pourtant… 40 Mars 2016, n°205 Et pourtant, chaque jour, incessamment, je la ranime, pour la livrer à l’Autre, cet autre qui se délecte de mon interminable deuil. Ma force créatrice, ma fragile disparue, qu’advient-il de toi, prisonnière de ces lignes que tu ne connais pas ? Dans ce long sommeil où je t’ai moi-même plongée, te souviens-tu de ces mots doux et fous que nous conjuguions ensemble ? Entends, entends ma voix dans la nuit qui veut te rappeler à moi ! Mais tu ne réponds rien, ô ma lointaine, car les défunts ne parlent pas. Ah ! Que mon cœur est lourd et que de félicités sont mortes ! Quelle folie ! Cette ignoble imposture, par deux fois, me fait veuf de toi. Car il n’y a pas pire trahison que celle que l’on se fait à soi-même, mon veuvage sera long qu’il ne finira pas… Je suis l’Inconsolé, le triste solitaire, celui qu’on a privé de ses soleils secrets. Car mon étoile, désormais si lointaine, irradie sa brillance sous des cieux étrangers. O stupides chimères ! Immondes lâchetés ! Pourquoi a-t-il fallu que je me rêve Autre ? Aventurier ? moi ? qui suis si veule ? Je mesure aujourd’hui l’étendue de ma médiocrité. Dans ce cruel face à face avec moi-même, bassement, je ne peux que baisser les yeux ! Oui, en finir avec cette souffrance qui me hante et jouir enfin d’une paix, chèrement retrouvée. Oui, fuir, s’enfuir de cette peine atroce, la mort vaut mieux qu’une vie oubliée. Et je t’emporterai, mon ardente égérie, et tu seras mienne, et ces noces éternelles, nul ne pourra nous les dérober. Et toi, le tourmenteur, l’individu sans âme, tu te gausseras sans doute de mes dernières pusillanimités. Tu l’auras donc mené ton jeu jusqu’à son terme mais, au seuil du tombeau, il me vient une idée. Vois-tu, en s’apprêtant à quitter terre, l’esprit se fait plus fin et la pensée s’aiguise… Détaché de ce monde, le regard s’affermit. Et je les discerne, à présent, tes abjects calculs. Il t’était bien nécessaire, ce falot personnage que tu as feint de choyer. Misérable anonyme, écrivain de fortune, j’étais pour toi la proie idéalement désignée. Et qu’il fut aisé, à ton amitié déguisée, d’envoûter mon esprit en déroute. Je t’ai tout abandonné de mes idées cachées, humble travailleur fantomatique de tes exigences répétées. Je suis devenu ton esclave, ta chose, le « Nègre » de ta plume, et ma faim d’existence ne s’est pas rassasiée ! Mais, tu es découvert, fat imposteur ! Je les ai percés tes impénétrables desseins ! Au point de disparaître, nu des bas orgueils de ce monde, j’ai enfin saisi tes minables nécessités. Arrivé au point culminant de ton éloquence, tu ne peux désormais atteindre d’autres sommets. Mais ta vanité est grande et tu ne peux l’accepter. Alors, tu m’as choisi, pour écrire à ta place, certain de mon obédience appliquée. Le piège dans lequel tu m’as entraîné était un coup de maître, quelle surprise, n’est-ce pas, que je l’ai déjoué ? Et maintenant, me diras-tu, l’auras-tu ce courage, d’en finir à jamais avec une vie tronquée ? Oui, oui, je l’aurai l’avantage, mais non comme tu pourrais l’imaginer. Vois-tu, le chemin fut long jusqu’à moi-même, mais je me suis, au bout, trouvé. Je le sais maintenant grâce à toi, je n’ai aucun goût pour le succès. Seules l’inspiration et l’écriture sont ma raison de vivre, c’est en elles que je fonde mes intérêts ! 41 Mars 2016, n°205 Alors, je retourne serein, à mes obscures clartés. Point n’est besoin de tuer le phare de ma vie, ma belle muse, elle fait partie de moi et sagement me suit. A présent, je rejoins ma lumière, t’abandonnant à ton monde, celui des damnés de la nuit. Tu ne boiras plus l’eau de ma fontaine car je l’ai appris, la source pour toi est désormais tarie ! Reprenant mes idées, ma verve et puis mon style, dans un dernier regard, je te le dis enfin : « Mon cher, Pouvez-vous dire mieux ? » Pouvez-vous dire mieux ? Par Anne-Sophie Barrère-Ortega Pouvez-vous dire mieux ? Mieux que dire mieux, je dis aux Hommes ce qu’ils veulent entendre, je les encense, je les envoûte, je les ensorcelle, je les caresse dans le sens du poil. Mon pouvoir de persuasion est subjuguant et quand le charme opère, j’ai entre les doigts une pâte malléable dont je fais ce que je veux. J’officie depuis la nuit des temps, depuis que le monde est monde, enfin dirons-nous, depuis que les hommes ont élaboré un langage suffisamment sophistiqué pour saisir mes subtilités. J’obtiens les faveurs des plus redoutables négociateurs, des juges les plus impartiaux, des femmes les plus vertueuses. Je suis… la Flatterie. Vous plantez sur moi un regard inquisiteur. Vous n’oserez tout de même pas feindre ne pas me connaître vous qui succombez si régulièrement à l’ivresse de ma verve. Tous autant que vous êtes avez déjà été sensibles à quelques louanges dithyrambiques dont moi seule ai le secret. Ainsi, est-ce le cas de certains membres du jury qui ont récemment reçu un e-mail d’une candidate, dont je tairai le nom, secret professionnel oblige, qui s’est exprimée en ces termes : « Je tenais à vous faire part de ma profonde admiration quant à la qualité des sujets de cette Conférence. Ruser est-ce tromper ? Quel délicieux jeu de mots. Grèce antique ou Grèce en toc ? Un thème hautement intéressant notamment eu égard à la disparition du célèbre chanteur grec, Demis Roussos, le 25 janvier 2015. Fautil mettre la charia avant l’hébreu ? Ce sujet sonne telle une prophétie et présente un véritable enjeu d’actualité ! Pouvez-vous dire mieux ? On ne pouvait pas trouver mieux comme sujet ! Chapeau bas ! Je ne peux que m’extasier devant le génie qui se dénote de la formulation de ces si subtiles questions. En même temps, ce qui est remarquable, c’est le trait d’humour qu’elles comportent, traduisant la simplicité et la modestie qui vous caractérisent et qui contrastent avec l’éminence de votre position ». Fin de citation. Le style de cette candidate est un peu lourd, je vous le concède. Néanmoins, grâce à ma discrète intervention, ô ! Moi, Flatterie, celle-ci a déjà emporté la conviction des membres du jury destinataires de son e-mail. Faut-il pour autant la dénoncer, la disqualifier ? S’est-elle comportée de manière déloyale par rapport à ses concurrents ? 42 Mars 2016, n°205 Loin s’en faut. Toute flatterie ne comporte-t-elle pas en elle sa part de vérité ? Cette jeune femme a simplement fait preuve de sagacité en décelant la finesse d’esprit des secrétaires de la Conférence. Quel mal y-a-t-il à cela ? Et puis, que celui qui n’a jamais flatté lui jette la première pierre. N’avez-vous jamais graissé la patte d’un client argenté, ciré le précieux cuir des souliers d’un inspecteur des impôts zélé, appliqué de la pommade sur une divine créature, qui sans mon entremise flatteuse, n’aurait jamais daigné poser le regard sur vous ? Une truelle de compliments, une brouette d’hommages, un tractopelle d’éloges vous auront permis, plus d’une fois, de gagner la partie sur vos adversaires les plus coriaces ! Cela étant, afin d’être totalement honnête avec vous, je dois reconnaitre que l’efficacité de ma Flatterie n’est pas sans limite. Elle n’est pas infaillible. Il existe quelques poignées d’irréductibles qui restent insensibles à ma flagornerie. En de telles circonstances, ma Flatterie cède sa place au Sophisme. Je vous rassure, cela n’a rien à voir avec Anne-Sophisme Barrère, la candidate dont j’ai pris l’apparence. Sous ma forme de Sophisme, je me fonds en raisonnements invalides, logiques fallacieuses, malgré mon simulacre de vérité et ce, toujours dans le dessein de convaincre, de « dire mieux ». Vous allez dire que je démontre une fois de plus mon incapacité à persuader avec des moyens de persuasion loyaux. Oui !!! Mais qu’importent vos reproches, ils glissent sur ma personne car je vous rappelle que je ne suis qu’un concept, une abstraction. Et puis, je parle à un public averti. Vous êtes, avocats, les premiers consommateurs de mes services sophistiques afin d’obtenir les grâces des juges, en taisant une partie de l’histoire ou en dévoyant une règle de droit. Vous n’êtes cependant pas les seuls à recourir à mes raisonnements spécieux pour séduire une cible. Je suis en effet, omniprésente, je suis invitée à tous les bals, à toutes les tables, dans vos églises, dans vos mosquées, dans tous les débats politiques, dans vos livres d’histoire, sur votre pot de Nutella, sur l’étiquette de votre pantalon. Langue de bois, euphémismes, hyperboles, périphrases sont des armes précieuses pour construire les argumentaires trompeurs qui rallieront les braves citoyens à ma cause. Prenons un exemple concret dans le domaine du politique. La première règle que j’instille dans la tête des politiciens que j’accompagne est d’utiliser des mots qui ne heurtent pas vos sensibilités. Ainsi, il ne faut pas dire « sans-dents » mais « personnes démunies ». 43 Mars 2016, n°205 C’est le B.A. BA, mais il faut parfois le rappeler. Ensuite, je recommande à mes politiciens d’emprunter un jargon complexe aux apparences savantes afin de noyer leur auditoire dans un flot de paroles inutiles. Personne n’osera dire qu’il n’a rien compris. Enfin, pourquoi ne pas faire parler les chiffres, ça marche très bien aussi. Je citerai à cet égard un extrait du discours prononcé le 19 juin 1991 par Jacques Chirac. C’est un peu ancien mais c’est encore d’actualité, vous verrez : « (…) Le travailleur français, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. (…) Et ce n'est pas être raciste que de dire cela ». En voilà une illustration éloquente de l’art de dire mieux en politique. Jacques Chirac n’a pas été élu Président par hasard en 1995 ! Cependant, aujourd’hui, pour être élu en plus du bruit et de l’odeur, je conseille de critiquer la religion. Succès garanti. L’actualité électorale le démontre. Sur les marchés, les entreprises ne sont pas en reste dans le maniement finaud du verbe pour accéder à vos portes monnaie. Procédons au décryptage d’un message publicitaire que vous connaissez bien : « Volkswagen : c’est pourtant facile de ne pas se tromper ! » Ce slogan force la confiance. L’utilisation d’un oxymore par opposition sémantique du mot « facile » et « se tromper » crée un effet de surprise qui grave le message de l’émetteur dans le cerveau du récepteur. La surprise est aujourd’hui à son comble pour les propriétaires des 11 millions de véhicules rappelés par le constructeur dans le cadre du Diesel gate. On nage en plein sophisme voire en pleine escroquerie. Cela étant, tout beau-parleur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Et dans l’art de la fourberie, plus le sens critique de mon public est apathique, plus mon terrain de jeu est grand. Je me tiens devant vous, pleine d’assurance, de témérité. J’essaie de me montrer sous mon meilleur jour, tentant de vous faire croire que je suis celle qui dit le mieux. Or, je n’en peux plus des faux-semblants, j’ai besoin de parler, sincèrement. J’ai un mal qui me ronge. Ce mal, c’est un adversaire, contre qui je ne peux pas lutter. J’ai beau user de tous les stratagèmes, quand je l’affronte, il démolit avec aisance l’inconsistance de mes propos. Face à lui, je perds tous mes moyens. Il casse des briques. A côté, moi, je ne vaux pas un clou. Je le hais autant que je l’admire. Je dois l’admettre, il m’a séduite et je veux le posséder. Avec lui, je serais totalement comblée, il ferait mon bonheur, j’en suis persuadée. J’aimerais être un coffre-fort pour pouvoir le capturer, un grenier pour y renfermer son blé. 44 Mars 2016, n°205 Cet adversaire qui me surpasse, c’est l’argent. Le bla-bla s’incline devant le bling-bling. Finalement, qui dit mieux ? Sinon celui qui paie le plus ? Mieux Par Raphaël Giraud Mieux. Le mot s'énonce encore. Il résonne, heurte les parois de mon encéphale dans le but de m’avilir. J'en perçois les moindres sonorités, j'en subis les plus vils caprices. Car le mieux est un jeu capricieux, dont les rouages s'entremêlent sans que je puisse, hélas, en percevoir le sens ! Et cela depuis toujours, et cela sans l'espoir d'en percer les mystères. Alors c'est aux instances de la langue française que je m'adresse aujourd'hui. Et ma requête, bien que singulière, est mûrement réfléchie. Mesdames, Messieurs, les Académiciens : « Supprimez donc ce mot que je ne saurais dire. » Cela m'est nécessaire, moi qui ne suis qu'un Moyen, moi qui suis né sous les jougs du mieux. Car c'est un sortilège que l'on a jeté sur mon existence. Enoncé imprudemment par ceux-là mêmes qui me donnèrent la vie. Comme une incantation lancée dans l'espoir que je franchisse, un jour, les cimes de leur condition. « Tu seras la fierté de nos vies de fortune, Tu seras un soleil irradiant la noirceur de nos nuits, Tu seras l’ascenseur au fond des précipices, Tu seras respectable, tu seras respecté … Tu seras tout cela, nous te le promettons … Oui, tu seras mieux que nous, fils » Mais les prévisions parentales eurent néanmoins le tort de n'être que des mots. Et la vie me fit à l’aube, une promesse, qu'elle n'a jamais tenue. Le mieux devint alors mon compagnon d'infortune. Me faisant miroiter des possibilités plus grandes, me renvoyant, surtout, aux mille détails de mes imperfections. Un miroir déformant, grossissant sans vergogne, les traits de ma médiocrité. L'école fut à cet égard le premier théâtre de mes désillusions. 45 Mars 2016, n°205 Le sempiternel « peut mieux faire » inondait, sans retenue, les marges de mes copies inabouties. D’un rouge vif de certitudes, rompant avec les courbes bleutées et malhabiles de mes hésitations. Je m’accrochais, pourtant, mettant du cœur à l’ouvrage, m’appliquant sans relâche pour atteindre ce but. La volonté, pensais-je alors, voilà quel serait le fer de lance de ma salvation ! Tristan BERNARD n’a-t-il pas dit lui-même : « la volonté des hommes contrarie souvent la bonne volonté du destin » ? C’est en tout cas ce que je crus, un temps. Jusqu’à ce que ma destinée implacable, frappée du sceau du déterminisme, ait définitivement raison de mes piètres prétentions. Aucun résultat probant malgré l’acharnement ! Désespérante lutte, qui lacéra mon cœur d’une trace indélébile… … la brûlure des illusions perdues. Je me fis cependant une raison, acceptant au final, de n’être pas Assez. Mais cette résolution, bien que salvatrice, s’effrita, à l’épreuve du temps. Inlassablement, ce mieux qui me taraude, me poursuivait de ses infâmes assiduités. S’affichant toujours plus dans son ostensible matérialité. S’immisçant peu à peu dans mes relations humaines. Et un sentiment nouveau, jusqu’alors en latence, fit son apparition. Beaucoup plus amer que les déceptions passées, et directement façonné par ce mieux que je voyais poindre ailleurs. Je fus pour la première fois habité par l’envie. Je ne voyais plus qu’une prospérité ambiante de laquelle j’étais, irrémédiablement exclu. Je devins asocial et ne perçus plus l’autre qu’à travers le prisme jaloux de mon ressentiment. Mes contemporains m’apparaissaient comme d’insupportables projections de ce que j’aurais pu être. Insolemment campés dans leurs Mieux, reflets directs, de mes humbles déroutes. Mes amitiés, elles-mêmes, me renvoyaient au douloureux constat de ma petitesse. Elles n’y résistaient d’ailleurs pas, et s’étiolaient, une à une, au rythme de mes déceptions, se disloquaient, à mesure que mon cœur s’emplissait d’un irascible fiel. Cela marquait chez moi un tournant intérieur. A mon insu, je changeais, inexorablement, mon regard sur le monde… Et dangereusement, … oui dangereusement… j’empruntais les détours obscurs de la haine ordinaire. Alors, pour ne pas sombrer, la dissimulation m’apparut comme la seule voie de salut. Je me travestis, plastronné dans des postures glorieuses, Je façonnai un personnage démesuré … ... à la mesure de ce que le Mieux attendait que je fusse. A l’image d’un Jean-Claude ROMAND, ce faux médecin perdu dans les méandres du mensonge, je m’inventais une autre vie, teintée de lustre et de succès. J’inondais les assemblées de mes mérites sournois, pérorais, me montrais, étalais mes statures d’emprunt. Selon la qualité de mon auditoire, je me faisais médecin, ou m’imaginais une vie d’artiste remplie de 46 Mars 2016, n°205 faste et de voyages. Moi qui n’étais pas grand-chose… Et, je me racontais ainsi, jour après jour, inlassablement… Mais, dévoré par la crainte de voir tomber le masque, je perdis contenance. Et m’égarai, irrémédiablement seul, dans le dédale de mes supercheries. Je déambulai dans la peau de cet adversaire, qui n’était plus qu’une lointaine copie de moi-même. Un ersatz grotesque, créé de toutes pièces pour assouvir mes besoins d’expansion. Dans ce jeu de dupe, je m’égarais un peu plus chaque jour. Avais-je définitivement perdu ? J’avais tout essayé, que me restait-il à faire ? Déposer les armes ? Sonner ma reddition ? Non, je ne pouvais m’y résoudre. Car l’on ne s’incline pas devant un mot sans substance, qui se targue d’être tout, mais ne dit rien de lui. Dites-moi ? Quel est donc ce standard plaqué sur le cours de nos vies ? Dites-moi, vous qui définissez ! Mieux que qui ? Mieux que quoi ? Mieux pourquoi ? Mieux comment ? Autant de questions en suspens… Autant de raisons d’exécrer ce mirage ! Alors, je vais la dire, avec hauteur, cette aversion farouche, que je voue à ce terme chéri de tant de prétentieux. Oui, le mieux est misérable, qui asservit les êtres à son bon vouloir. De quel droit, je vous le demande, peut-on décider qui est le pire ou le meilleur ? Aujourd’hui ce choix-là je le réfute, l’abandonnant aux soins de plus fiables experts. Ceux qui brandissent le meilleur comme seul étendard. Ceux qui écrasent de leur superbe les petits de ce monde. D’aucuns pourraient y voir une ode à la médiocrité, C’est qu’ils ignoreraient ces laborieux du mieux dire, du mieux faire, du mieux être Qui, inlassablement, cheminent sur les sentiers étroits de la sobriété Et je suis à leurs côtés, moi, l’impavide chercheur de ce bien si souvent galvaudé par son altier comparatif. Reprenant, à mon compte, la maxime de Montesquieu, j’affirme, aujourd’hui, sans détour : « Le mieux est le mortel ennemi du bien être » Alors n’attendez plus de moi que je le dise ce vous savez quoi qui m’indispose, cet insipide mot qui me pourfend. Mesdames, Messieurs les Académiciens, Entendez ma requête, et soulagez nos esprits de cette pesanteur, Donnez enfin à ce tyran le rang qui lui revient, Celui d’un imposteur, qui ne doit ses noblesses qu’à une lettre évincée. Car de mieux à miteux, il n’y a en somme qu’une lettre ? Ce T qui déclasse les uns, en glorifiant les autres. Ce T, discrètement, que l’on occulte, pour conserver les apparences. Le mieux n’est en cela qu’un miteux maquillé. Rappelez donc le à plus d’humilité ! 47 Mars 2016, n°205 Qu’il soit le dernier mot de la dernière page de nos illustres encyclopédies, Je dirais même mieux Supprimez-le ! Pouvez-vous dire mieux ? Par Lucile Bourland Madame le Bâtonnier, Monsieur le Bâtonnier, Madame, Messieurs les membres du Conseil de l'Ordre, Mesdames, Messieurs les Secrétaires et anciens Secrétaires, Mes Chers confrères, C’est vrai, j'aurais pu dire mieux. Si seulement j'avais réussi à manier ces mots : antiphlogistiques, xylographiques, virostatiques, antispasmodiques, poly-asymptomatique ou tout simplement acide acétylsalicylique ....Oui j'aurai sûrement dit mieux. Nous avons tous éprouvé cette sensation en repensant à ce que nous avons dit et surtout pas dit. Oui, l'avocat ressasse, rumine encore et encore. N’avez-vous pas remarqué, nous sommes toujours meilleurs le lendemain, on se découvre de la répartie, de l'audace, des envolées lyriques. On aurait pu dire tellement mieux. N’est-ce pas pour cela que l’avocat est si attaché aux voies de recours ?! Mis à part les principes fondamentaux, l'état de droit (qui n’est plus d’actualité), l'intérêt du client (j’allais l’oublier), ou tout simplement refaire un peu d’honoraires avant des vacances à Saint Barth ou un week-end à Marrakech ; c’est avant tout parce qu’il sait, ou du moins qu’il croit, qu’il sera meilleur la prochaine fois. Personnellement, je n'ai pas encore pu m'y confronter. Dans les quelques dossiers correctionnels que j'ai eu à connaître, mon client ne me l'a pas permis, encore moins convaincu que le juge de l'efficacité de ma première plaidoirie. Pourtant s'il avait su tous ces arguments que je lui avais trouvés … le lendemain. Oui l'avocat ressasse, rumine mais chacun à sa façon de se remémorer sa prestation. Il m’est d’avis que comme chez le papillon il existe plusieurs stades de développement chez l’avocat : La chenille qui se traîne de report en report ; Le papillon qui papillonne, butine, et volette de demi-succès en demi-échecs. La chenille : elle est l’ultime rempart, la dernière carte, les grognards de la vieille garde que l’on fait charger lorsque tout espoir semble perdu. La dernière chance, au dernier moment, d’obtenir un ultime report… avant le prochain. Je suis de ces artistes acrobates, toujours jeunes, qui montent à la barre comme d’autres montent au front ou à l’échafaud, pour tenter de transformer ce report péremptoire en report super péremptoire 48 Mars 2016, n°205 voire ultra péremptoire ! Je suis en toute modestie, le Léonard de Vinci de l’excuse infuse, le Picasso de l’alibi pipo, le Dali du dédit, le Courbet de la Courbette, le Chagall de la sociale, le Klee du TI, le Renoir du Péremptoire. Et je croise, à chaque audience, mes jeunes condisciples dont le naissant talent semble aussi ne pouvoir s’exprimer pleinement, qu’en une seule circonstance, la demande de report. Parfois je doutais, et je me disais que je valais mieux, il me suffisait alors de me souvenir que j’avais succédé dans cette tâche à deux anciens secrétaires de la conférence. Mais un jour, je ferai chrysalide et m’améliorerai pour devenir papillon. Moi aussi, je plaiderai de vrais dossiers, et ferai plaider mes reports. Moi aussi, un jour, je m’auto-congratulerai et vous expliquerai à quel point j’ai bien plaidé. Car, si le jeune Papillon refait dix fois sa plaidoirie avant de passer, le sage papillon, lui, la refait dix fois mais après avoir plaidé. Ce constat m'a permis de mieux comprendre la règle de la priorité de barre. Non, non, ce n'est pas juste dû au respect naturel que l'on doit aux anciens, ni d'ailleurs à quelques problèmes d'incontinence ou d'Alzheimer qui pourraient être préjudiciable en cas d'attente trop longue. Le sage papillon doit tout simplement avoir le temps de vous expliquer à quel point il a été bon. L'après plaidoirie est tout un art, tout est une question de présentation : Un bon avocat est celui qui gagne un dossier sur deux ; Un mauvais, celui qui en perd un sur deux. Un grand avocat n’est jamais seul, il a une armada à ses côtés. Il y a l'avant plaidoirie : la secrétaire qui prépare son dossier, le collaborateur qui le lui explique, le stagiaire qui vient l'écouter plaider, pour se précipiter ensuite le féliciter, sans aucune flagornerie, jamais. Mais surtout l'après : le retour du guerrier ! Enfin… quand le guerrier rentre. N’avez-vous jamais vu, en sortant à 20 heures, après avoir été convoqué à 14 heures, cet avocat qui est passé en premier mais qui pourtant est toujours là ? Il déambule entre le Palais et la terrasse du café le plus proche donnant une énième version de sa plaidoirie, qui il faut l'avouer ne cesse de se bonifier. Alors qu’il faut quelques années à un bordeaux pour s’améliorer, il semblerait qu’il ne faille que quelques bordeaux à un avocat pour en faire autant. Nous aussi nous aimerions bien démontrer à quel point nous avons été bons, refaire notre plaidoirie et l'améliorer jusqu'à se convaincre que, oui, on a dit mieux ! Mais nous, à 20 heures plus personne ne veut nous écouter. Alors nous traversons le palais désert, nous prenons le métro un peu hagards et nous rentrons dans notre « home sweet home » et là qui subit la descente d'adrénaline ? Le conjoint, le chien, le chat ou dans des situations désespérées le poisson rouge, animal qui a l'avantage de ne pas se souvenir qu'il l'a déjà subie la veille. Combien de chats neurasthéniques, de chiens dépressifs à cause de la règle de priorité de barre ? Combien d'étranglements de jeunes papillons par le concubin exaspéré qui n'en peut plus d'entendre parler d’IPC, de PSE, de SME et passe à l'acte avant la fin de l'alphabet ? Alors que le sage papillon est, soit divorcé, soit forcement marié à une femme qui a appris à ne plus l'écouter. Le papillon sage n’a parfois pas besoin de transformer la réalité de son intervention pour considérer qu'il a été le meilleur. Ils sont rares mais particulièrement énervants, en général ils arrivent toujours très détendus, sourire carnassier aux lèvres. Ceux qui, avant que vous preniez la barre, ont cette phrase réconfortante et confraternelle « je suis sûre que vous vous en sortirez mieux cette fois-ci ». 49 Mars 2016, n°205 Et vous laisse sans voix, après leur plaidoirie, lorsqu'il se déclare à eux-mêmes « qu'est-ce que j'ai été bon ». Alors pour se rassurer on pense à Sarah Bernhardt et l'on se dit que le « trac vient avec le talent ». A l’opposé certains se morfondent, en se disant qu’ils ont été mauvais. Ils s’imaginent que la face du monde aurait été changée s’ils avaient modifié telle phrase ou dit tel mot à la place d’un autre. On se dit que l’on a été trop long, et nous repensons à ce moment où nous avons perdu le magistrat : Celui qui avait les yeux rivés sur l'horloge, pressé que vous en terminiez. L’autre que l’on croyait concentré avant de comprendre que dans le sommeil il avait sombré. Ou celui qui a le regard inexpressif, au travers des yeux duquel il vous semble apercevoir le mur et un insondable abîme de vide. Il est vrai que quand nous ressassons, nous ruminons, nous avons une tendance à l'aigreur, alors nous rejetons la faute de notre médiocrité sur l'autre : Sur ce juge qui ne vous a pas laissé plaider alors qu'au bout d'un quart d'heure vous alliez rentrer dans le vif du sujet. Ou celui qui a condamné votre client alors qu'une personne mal intentionnée lui avait juste déposé quelques barrettes de substance psychotrope dans la poche et pour se faire pardonner quelques billets dans l'autre. Sur ce procureur qui s'est vexé et a poursuivi votre client, sur l'audience, pour outrage, alors que tout fan de foot sait maintenant que non le mot « tarlouze » n'est pas une insulte mais un terme amical. Sur votre client qui s'excuse platement et théâtralement auprès des victimes, alors que vous veniez juste de plaider la relaxe. Sur ce confrère qui vous a assuré faire court et vous a demandé d'être bref, on ne m'y reprendra pas deux fois ! Sur votre patron qui vous a embobiné : lorsque le dossier est mauvais, il vous explique que ça serait mieux que vous le concluiez et puisque vous l'avez conclu autant que vous alliez le plaider (le client comprendra). En revanche, si le dossier est bon, cela sera très formateur pour vous de le conclure mais il vaut mieux que ça soit lui qui aille le plaider (le client ne comprendrait pas). Et puis, à court de coupable, nous nous rassurons en nous disant que nous avons dit mieux que l'autre. L'avocat frustré de ne pouvoir juger n'a de cesse de vouloir se comparer. Et en désespoir de cause, nous finissons par espérer que nous avons toujours dit mieux que ce pauvre prévenu se défendant seul face à ce tribunal amical et si enclin à l'écouter. A vouloir toujours dire mieux, parfois nous délaissons notre vrai rôle, un mot si simple, défendre, mais si difficile à mettre en œuvre que nous en oublierions presque que nous ne sommes pas au centre du procès. Alors on crée des concours, où l'on peut être jugé, puis juger à son tour, sans enjeu (ou presque !), où personne ne pâtira d'une défaillance verbale, si ce n'est un sujet mal traité ou un égo surdimensionné. Les avocats prennent la place des juges, les candidats volontaires désignés, celle du procureur et foulent pour la première et seule fois leur parquet. Nous prenons de la hauteur et nous démontrons que nous pouvons être de sérieux avocats sans jamais nous prendre au sérieux. 50 Mars 2016, n°205 51 Mars 2016, n°205