La Sainte Anne

Transcription

La Sainte Anne
*lettre que Fra Pietro da Novellara adresse à Isabelle d’Este, le 3 avril 1501 (traduction
française empruntée au Catalogue de l’exposition Léonard de Vinci. Dessins et manuscrits sous la
direction de Françoise VIATTE et Varena FORCIONE, Musée du Louvre, Paris, 2003, p. 246) :
« Depuis son arrivée à Florence, il a fait une esquisse sur un carton. Il est en train de représenter
un enfant Jésus d’un an environ échappant presque aux bras de sa mère pour attraper un agneau,
qu’il étreint effectivement. Sa mère, quittant à demi les genoux de sainte Anne, retient l’enfant
pour essayer de le séparer de l’agneau (animal du sacrifice), qui symbolise la Passion. Sainte Anne
semble vouloir empêcher sa fille de séparer l’enfant de l’agneau. Il se peut qu’elle représente
l’Église, dans sa volonté à ne pas faire obstacle à la Passion du Christ. Et ces personnages, qui
sont grandeur nature, peuvent néanmoins rentrer dans un petit carton, car ils sont soit assis, soit
penchés, et positionnés avec chacun un petit décalage en avant par rapport aux autres, face à la
gauche. Et ce dessin tel qu’il est n’est pas terminé ».
*lettre que Fra Pietro da Novellara écrit à Isabelle d’Este, le 14 avril 1501 (traduction française
empruntée au Catalogue de l’exposition Léonard de Vinci. Dessins et manuscrits sous la direction de
Françoise VIATTE et Varena FORCIONE, Musée du Louvre, Paris, 2003, p. 246) : « S’il pouvait se
décharger sans déshonneur de ses obligations envers sa Majesté le roi de France, comme il
l’espérait le faire en l’espace d’un mois tout au plus, alors c’est Votre Excellence qu’il servirait de
préférence à quiconque au monde ».
*Giorgio Vasari, Le Vite de’ più eccellenti pittori, scultori e architettori, Florence, 1568 (traduction
française empruntée au Catalogue de l’exposition Léonard de Vinci. Dessins et manuscrits sous la
direction de Françoise VIATTE et Varena FORCIONE, Musée du Louvre, Paris, 2003, p. 246) : «
Un carton figurant une Madone et une sainte Anne avec un Christ, lequel non seulement suscita
l’émerveillement de tous les ouvriers, mais, une fois achevé, provoqua un afflux continu deux
jours durant d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, venus s’attrouper dans la pièce où se
trouvait l’œuvre comme en une fête solennelle, désireux de contempler les prodiges de Léonard,
qui faisaient naître chez tous ces gens une immense stupéfaction. Sur le visage de cette Madone se
reflétait en effet toute la grâce que ce je-ne-sais-quoi de simple et de beau confère par sa
simplicité et sa beauté mêmes à l’image de la mère du Christ, tant il est désireux de montrer cette
modestie et cette humilité qui convient à la figure de la Vierge, comblée de bonheur devant la
beauté de son fils tendrement maintenu sur ses genoux, et jetant un regard très chaste à saint
Jean, petit garçon en train de jouer avec un agneau, sans oublier le sourire de sainte Anne
débordant de joie à la vue de sa progéniture terrestre maintenant divine, idées dignes s’il en est au
génie imaginatif de Léonard ».
Pour en connaître plus : Cécile SCAILLIEREZ, Au Louvre avec Viviane Forrester. La Vierge à l’Enfant
avec Sainte Anne. Léonard de Vinci (1452-1519), Paris, 2000 ; Catalogue de l’exposition Léonard de
Vinci. Dessins et manuscrits sous la direction de Françoise VIATTE et Varena FORCIONE, Musée du
Louvre, Paris, 2003.