Etre à la hauteur des exigences du mouvement social

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Etre à la hauteur des exigences du mouvement social
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2, place du Colonel-Fabien - Paris 19e - Comité de rédaction: Élisabeth Ackermann - Gérard Busque - Brigitte Dionnet - Patrice Falguier - Jacques Fath Joëlle Greder - Madeleine Hivernet - Cécile Jacquet - Jean-Louis Le Moing - Frank Mouly - Denis Rondepierre - Gérard Streiff
Directeur: Olivier Dartigolles Tél.: 01404012 09 - Rédaction: Patrice Falguier Tél.: 01404013 59 - Cécile Jacquet Tél.: 0140401106 - Télécopie : 01 40 40 12 46 - Mèl : [email protected]
Relecture: Jacqueline Lamothe •- Maquette: DGC / [email protected]
D
eux millions et demi de manifestants se sont mobilisés
pour réclamer l’augmentation des salaires, la défense
des emplois, du pouvoir d’achat, des conventions collectives, des services publics, la réglementation de la sphère financière internationale… On n’avait pas vu une telle unité syndicale, une telle participation des salariés du secteur privé depuis longtemps et, de surcroît, en pleine crise systémique du
capitalisme mondialisé. Certains commentateurs parlent de
précédent historique remontant à 1966 voire 1936. Le plan de
relance Sarkozy peine à démontrer son efficacité. L’idée qu’il
alimente la crise fait son chemin. Les salariés, les retraités, les
demandeurs d’emploi
sont invités à payer la
facture quand les entreprises du CAC 40 engrangent de substantiels
profits et les actionnaires, de confortables dividendes. La colère gronde
et rassemble une grande
diversité de nos concitoyens. Les services les
plus essentiels, comme la
santé, sont démantelés, sous-financés, privatisés. Les professeurs de médecine, eux aussi, se mobilisent pour le retrait du
projet de loi Bachelot qui prétend gérer l’hôpital comme une
entreprise.
La crise globale et profonde du capitalisme rebat les cartes et
relance le débat sur la nécessité de son dépassement. Des potentialités nouvelles de luttes s’offrent à nous, notamment en Europe.
Dans ce contexte, les élections européennes représentent une
étape importante du débat politique, un
enjeu de civilisation.
Notre parti propose de créer un Front progressiste européen ouvert à tous ceux qui
veulent construire une Europe sociale, démocratique, pacifique, solidaire, féministe,
écologique… On se
souviendra du
29 janvier 2009
Simone Fayaud
Membre du Comité exécutif national
SERVEZ-VOUS
modèle de tract
Front de gauche
pour changer
d’Europe
Le Conseil national met à disposition chaque semaine une aide à
la communication de proximité, composée d’un dossier et de plusieurs projets
de tracts, maquettés au format bureautique. Ils sont disponibles et
téléchargeables sur Internet
www.pcf.fr rubrique « Derniers tracts »
Etre à la hauteur des exigences
du mouvement social
Après le succès de la journée d’action du 29 janvier,
le PCF a invité les partis de gauche à se rencontrer pour
exiger du gouvernement l’ouverture immédiate de discussions
à partir de la plateforme défendue par les syndicats et
confronter les points de vues sur la crise, les solutions à y
apporter et les initiatives à prendre
Daniel Hommeau
SUR LE VIF
Témoignages et solidarité avec la Palestine
Ce soir, 18 h, au siège national du PCF, J. Fath, P. Le Hyaric,
M. Derkaoui, M. Everbecq, F. Tuil et D. Voguet témoigneront de ce
qu’ils ont vu à Gaza. M.-G. Buffet et P. Laurent seront également
présents (métro Colonel-Fabien)
LES RENDEZ-VOUS MILITANTS
Samedi 7 février
Réunion du Conseil national
Changer d’Europe :
Les premiers meetings
Jeudi 5 février à Montpellier
Mardi 10 février à Marseille
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À L’INITIATIVE
A L’INITIATIVE
La crise en débat à Nevers
Contre la crise,
la mobilisation continue
A l’invitation des communistes de Varennes-Vauzelles et de la fédération
de la Nièvre, une centaine de personnes ont débattu de la crise avec
Denis Durand, membre du Conseil national du PCF
Dans les Yvelines…
E
ntre les trois
jours de mobilisation en direction des entreprises et la journée
interprofessionnelle du 29 janvier,
les communistes nivernais
avaient
placé une rencontre
publique sur le
thème de la crise.
Pour la circonstance, ils avaient invité Denis Durand, économiste et
membre de la direction nationale
du PCF. Une initiative a priori attendue puisqu’il faudra rajouter
des chaises pour permettre à la
centaine de personnes présentes de
prendre place dans la salle. Au
moment où les licenciements et le
chômage partiel sont à l’ordre du
jour chez Valéo, Look, Fauricia,
Cil… on veut comprendre : Pourquoi cette crise ? Comment s’en
sortir ? Du coup les questions sont
précises, concrètes : « A combien se
montent les pertes enregistrées par
les banques ? » « D’où viennent les
360 milliards accordés aux institutions financières ? Est-ce de l’argent virtuel ? Qui va payer ? » Interrogations encore sur la nature
de la crise. N’est-elle pas en fait
l’échec de la mondialisation ?... Du
coup, la décision d’ouvrir la réunion par la projection d’un film
expliquant en termes simples les
mécanismes du capitalisme, la financiarisation de l'économie ou
encore ce que sont les subprimes et
la titrisation, est appréciée pour
son caractère pédagogique. Un
souci qu’on retrouvera tout au
long des propos de Denis Durand
lorsqu’il s’efforcera de démontrer
en quoi cette crise est bien celle du
système qui fait de la rentabilité le
but et le moyen de son développement. D'où pour lui le besoin impératif de rompre avec cette logique en « s'attaquant au pouvoir de
l'argent ». Au cours du débat, il
rappellera les propositions les plus
emblématiques du PCF, notamment la sécurisation de l'emploi et
des salaires, la relance des investissements et la réorientation de l'argent. Un ensemble de mesures qui,
selon lui, répondent à l'urgence de
l’heure et qui, par leur cohérence,
permettent de s'attaquer aux fondements de la crise. Pour qu’il en
soit ainsi, il insiste aussi sur l’importance de l’intervention populaire. Intervention dans les entreprises pour décider de ce qu’on
produit et comment on produit -
une pratique qui intéresse au plus haut
point les communistes
nivernais qui viennent
de réunir 200 personnes autour de leur projet d’exploitation propre du charbon. Intervention en direction
des organismes financiers pour rendre l’argent utile. Intervention
enfin dans les institutions politiques afin, en toutes circonstances,
de peser sur les choix à opérer. Une
démarche essentielle pour François
Diot, nouveau secrétaire de la fédération, qui voit dans la démocratie le fil rouge de la politique du
PCF. Pour lui, la crise implique
donc une riposte sociale d’envergure. La journée du 29 janvier en
constitue un élément important.
Elle suppose aussi une riposte politique de haut niveau. De ce point
de vue, les élections européennes
peuvent, selon lui, permettre à des
millions de Français de dire leur
mot sur la politique libérale mise
en œuvre au nom de la concurrence libre et non faussée ou du
Traité de Lisbonne. Ils auront la
possibilité de le faire clairement en
se rassemblant sur les listes présentées par le Front progressiste européen qui est en train de se constituer. Un choix intimement lié au
débat de ce soir.
Patrice Falguier
Une dizaine de sites industriels liés à l’automobile ont été couverts
lors des trois jours de mobilisation du PCF contre la crise. 80 000
salariés ou sous-traitants pourraient être touchée par le chômage
technique et les licenciements. La journée du 29 janvier a montré
que l’inquiétude peut mener à la contestation sociale. Par cela, le
politique doit prendre toute sa place dans la résistance. C’est dans
cet esprit que les communistes des Yvelines ont décidé de créer un
« collectif Auto » départemental pour une alerte militante plus efficace, une réflexion plus poussée sur les solutions, les propositions et
les actions à mettre en œuvre. Organiser des rassemblements ponctuels en divers lieux du département pour réagir à une actualité semble une piste de travail intéressante. A suivre.
…Dans la Marne
Valéo, 650 salariés ; VMC, 200 salariés ; Aerospace, 250 salariés ;
Grantil, 230 salariés ; Henkel, 80 salariés ; TI Automative Fuel Systems, 550 salariés ; Poreaux, 230 salariés ; Plysorol, 120 salariés ;
PTPM, 130 salariés… Ces entreprises touchées par la crise ont été ciblées par les communistes marnais lors de la semaine d’action du 22
au 29 janvier afin de populariser les propositions du PCF. Au lendemain du 29 janvier, les mobilisations dans le département ont
confirmé l’immense protestation contre la politique de N. Sarkozy.
L’idée fait son chemin, selon laquelle de nouvelles avancées sociales
et démocratiques sont nécessaires pour sortir de la crise. L’enjeu
d’un changement de politique, mais aussi de société, émerge dans
les mouvements actuels.
La Courneuve (93) à l’Elysée
Gilles Poux, maire de La Courneuve, a pris une initiative originale,
puisqu’à l’aide d’une Lettre T, il s’est adressé à la population pour
dénoncer l’insuffisance de moyens dont souffre sa commune. Mettant en parallèle les 360 milliards débloqués pour les banques et de
l’autre côté le désengagement de l’Etat vis-à-vis de communes, il en
conclut que la crise n’est pas la même pour tout le monde. Fort de
deux mille signatures recueillies à ce jour, une centaine de personnes
se sont rendues à l’Elysée le 28 janvier où une délégation a été reçue
par un conseiller du Président. Rendez-vous a été pris avec le préfet
de Seine-Saint-Denis afin d’aborder les dossiers prioritaires. Le combat continue.
Auxerre - Yonne
Un Atelier particulièrement d’actualité
M
ettre en place un « Atelier
vérité sur l’argent » avait
sûrement quelque chose
d’incongru, lorsqu’en janvier 2008,
Daniel Picq, ancien secrétaire de la
fédération
communiste
de
l’Yonne, a décidé de sa création.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui où
il est reconnu comme un espace de
réflexions et d’échanges bien audelà des communistes. Il faut dire
qu’entre-temps ces questions sont
devenues d’une brûlante actualité !
Au départ, l’idée était de contribuer de façon originale aux luttes
et aux débats sur l’alternative en
permettant à celles et ceux que le
sujet intéresse de se retrouver pour
réfléchir aux questions économiques et notamment celles relatives
à une autre utilisation de l’argent.
C’est ainsi que tous les premiers
mardis du mois des militants communistes, des syndicalistes, des citoyens se retrouvent pour débattre
de problématiques telles que «les
causes de la crise», «le financement
de la croissance» ou encore «les
droits des salariés»… Débats à partir desquels sont ensuite envoyés à
250 correspondants un bulletin et
des fiches argumentaires. Aujourd’hui, du fait de la crise, les activités de l’Atelier prennent bien
évidemment une dimension nouvelle. C’est ainsi que la rencontre
de décembre sur la situation des
entreprises icaunaises et dont le
débat était introduit par le secrétaire de l’UD CGT, a débouché le
20 janvier sur une réunion à laquelle participaient les représen-
tants du PCF, du PS, du NPA et du
collectif antilibéral afin d’examiner
la riposte à apporter aux mauvais
coups. Pour de nombreux militants, ces rencontres mensuelles
sont une aide précieuse. Elles ont
permis de casser l’idée selon laquelle l’économie ne pourrait être
qu’affaire d’experts. Nul doute que
la réunion de l’Atelier de février
sur «la sécurisation de l’emploi» et
celle de mars sur «les conséquences
de la crise sur les collectivités territoriales» gagneront de nouveaux
adeptes, permettant ainsi de mieux
armer les militants et les citoyens
dans la formidable bataille idéologique qui se mène aujourd’hui
dans le pays.
P. F.
Initiative de renforcement à Marseille
Le renforcement du PCF devrait faire l’objet d’une attention plus
soutenue de la part des communistes marseillais. Ces derniers jours,
les militants des Quartiers Nord sont allés à la rencontre des adhérents, y compris ceux qui avaient pris de la distance avec l’organisation, afin de leur remettre la carte 2009 en mains propres. Une démarche qui commence à porter ses fruits, comme en témoigne la présence de 64 personnes à l’assemblée générale du 15e arrondissement
et les deux adhésions - des jeunes de 17 ans - réalisées lors de la manifestation du 29. Une initiative de renforcement d’envergure est
prévue ce mois-ci. Elle sera préparée par un matériel de communication adapté.
Faire connaître une initiative, un débat…
contactez
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au
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PARTI PRIS
INTERVIEW
Tempête : les moyens existent pour
répondre aux besoins
Les Landes ont été particulièrement touchées par la tempête. L’impact sur l’habitat, l’environnement et l’économie
est sérieux. Cathy Daguerre et Xavier Compain dressent un premier bilan et listent les propositions immédiates.
Xavier Compain, responsable national du PCF
sur les questions de l’agriculture et de la pêche
Cathy Daguerre, membre du Conseil national –
syndicaliste à EDF
L’agriculture, la filière
bois, des dizaines de
PME dévastées par la tempête, que propose le
PCF face à une telle catastrophe ?
Alors que depuis des an nées la droite s’emploie à
casser les services publics, ils ont été efficaces durant et après la tempête. N’est-ce pas une raison
évidente pour les défendre ?
D’après les coopératives forestières, 300 000 hectares ont été détruits,
c’est 6 à 7 ans de récolte à terre. En Aquitaine, la forêt représente 1,8
Efficace, oui, mais pas grâce à la droite. Effectivement, les députés UMP
million d’hectares, 2,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 1 700
s’insurgent contre les investissements insuffisants faits par EDF alors
entreprises et 34 000 emplois. Fillon déclare que les dégâts seront suqu’ils ont été les premiers à voter toutes les lois successives de libéralipérieurs à 1999. Les 5 millions d’euros annoncés par M. Barnier sont
sation, induisant la filialisation des réseaux - création d’ERDF. Cela
pour le moins insuffisants. L’Etat doit débloquer des fonds et sollicicomplique considérablement la relation à l’usager, à l’élu et au territer l’Europe pour qu’elle contribue à couvrir les risques non garantis
toire, et donc à la prise en compte des besoins réels. Après 1999, EDF a
par les assurances. Stockage, transport, valorisation du bois sont une
reconstruit quasiment de la même manière. En 2009, c’est le même résulurgence. Dans le domaine de l’agriculture, nous proposons la prise en
tat. Il faut reconstruire différemment, avoir une vision à plus long terme,
charge totale des pertes subies accompagnée de mesures sociales et une
faire les investissements certes coûteux, évalués à 100 milliards d’euros,
trésorerie abondée par les banques. Les propositions du PCF s’inscrimais nécessaires pour la sécurité des personnes et des biens. C’est un
vent dans une perspective de développechoix politique. EDF est toujours public, la baisse des
ment, notamment par la création d’un Dernière minute
effectifs à ERDF, avec l’aval de l’Etat, doit être comrégime « d’assurance mutuelle calamité » André Chassaigne, président de l’ANECR, battu. Pour le PCF, la solution durable est de donner le
lié aux métiers de la mer et de la terre. Le Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, et pouvoir et le contrôle aux citoyens en terme d’emplois,
PCF, porteur d’un projet sociétal tel que Xavier Compain se rendront dans les Lan- de politiques financières, d’investissements. C’est vrai
celui-ci, sera une force politique qui des à Saint-Yaguen jeudi 5 février pour ren- pour tous les services publics car leur rôle est d’être des
compte. Ces propositions vont être tra- contrer les habitants et présenter les propo- outils efficaces au service du bien commun.
Interview réalisée par Cécile Jacquet vaillées en concertation avec tous les ac- sitions communistes. Une conférence de
presse est prévue ainsi qu’un reportage qui
teurs dans les prochains jours.
sera retransmis sur le site internet du PCF.
PLANÈTE
Obama : rupture
ou continuité ?
A
l'évidence, Barack Obama
devra la crédibilité de sa politique à la distanciation
qu'il prendra avec l'administration
Bush et ses échecs stratégiques :
guerre en Irak, guerre contre le terrorisme, Grand Moyen-Orient,
gestion désastreuse des politiques
publiques, notamment de la catastrophe Katrina, crise économique
et sociale... Francis Fukuyama,
idéologue du néo-conservatisme,
dit clairement : « Je me suis décidé
à voter pour B. Obama car il est
difficile de trouver un gouvernement qui ait plus failli à ses devoirs
nationaux et internationaux que
celui de George Bush. » D'où quelques nécessités immédiates : fermer
Guantanamo, arrêter la torture, se
retirer d'Irak, mieux respecter le
droit international, promettre un
Etat plus efficace et un peu plus de
moralité et de légitimité, annoncer
une couverture maladie universelle... L'échec de Bush est telle-
ment énorme qu'il oblige le nouveau Président à s'engager ainsi.
L'incertitude est cependant considérable. Les Etats-Unis, comme le
reste du monde, font face à une
crise planétaire du capitalisme
d'une ampleur exceptionnelle. Un
plan de relance de 825 milliards de
dollars a été voté. Pour quels résultats à venir ? Les plans de licenciements se multiplient, le chômage
grimpe en flèche, et l'industrie
américaine commence à s'approcher du désastre. Emploi, investissements, crédit, consommation,
tout indique une situation en
phase critique. Et la crise n'est pas
seulement économique, elle est
aussi stratégique. Obama n'est pas
sorti d'affaire au Moyen-Orient.
Sortir d'Irak sera peut-être possible. Une diplomatie plus coopérative avec les Européens, plus favorable au dialogue avec l'Iran peut
améliorer le climat des relations
internationales. Mais cela peut-il
suffire ?
Si Washington et les Européens ne
changent pas profondément de politique étrangère pour sortir de la
logique de guerre et faire droit aux
attentes des peuples concernés en
terme d'indépendance et de droits
nationaux notamment, il y a peu
de chances que les choses bougent
réellement. Il ne suffit pas, ainsi, de
parler de paix et d'un Etat palestinien. Il y a des décisions à prendre
pour faire appliquer le droit international par Israël. Et en Afghanistan ? L'engagement renforcé des
Etats-Unis, demandé par le nouveau président, débouchera-t-il sur
un nouvel enlisement militaire ?
Les risques et les interrogations
sur la politique à venir sont donc
considérables. Le projet politique
d'Obama est cependant connu. Il a
été maintes fois énoncé : restaurer
le « leadership américain », « refaire l'Amérique »... Obama veut
montrer qu'il tourne la page du
néo-conservatisme réactionnaire
de G. Bush. Il annonce, par exemple, une économie moins dépendante du pétrole et résolument
fondée sur des énergies nouvelles
• USA
devant créer - dit-il - « des millions
d'emplois ». C'est à l'évidence un
choix, et pas seulement un effet
d'annonce, fondé à la fois sur des
enjeux sécuritaires mondiaux, sur
la volonté d'une moindre dépendance pétrolière et sur la recherche
de nouvelles sources de profits.
Le besoin d'une régénération du
système et d'une redéfinition d'un
cadre idéologique acceptable a rassemblé, pour des raisons différentes, un soutien, souvent enthousiaste, des milieux populaires,
notamment des citoyens afro-américains, et un appui de la haute finance et des lobbies capitalistes.
La victoire d'Obama n'est pas un
mystère. Ce qu'il pourra en faire,
par contre, n'est pas encore complètement écrit.
Jacques Fath,
responsable des relations
internationales au PCF
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Le PCF propose
une réunion des partis de
gauche dès le 3 février
La journée de grève et de manifestations qui s'est déroulée hier
est d'une ampleur sans précédent
depuis 2006. Les salariés, du public comme du privé, ont clairement et massivement exprimé
l'inquiétude et la colère qui traversent le pays. Ils n'ont pas fait
que cela. Ils mettent nettement en
cause les choix gouvernementaux
et exigent un changement de cap
en matière de pouvoir d'achat et
de salaires, d'emploi, de services
publics, de politique industrielle,
d'orientation des financements.
N. Sarkozy, qui déclarait-il y a six
mois que « quand il y a une grève
en France, plus personne ne s'en
aperçoit », doit aujourd'hui remballer son mépris et répondre à
ces attentes. Pour l'heure, il ne
semble pas décidé à le faire, cherche à gagner du temps alors que
le pays est en état d'urgence sociale et ne propose aux syndicats
qu'une réunion tardive pour discuter de la méthode de mise en
œuvre de ces réformes. Ce n'est
pas acceptable. Ce n'est pas ce
qu'attend le pays.
Le PCF appelle à amplifier la mobilisation pour exiger l'ouverture
immédiate de discussions sur le
relèvement du pouvoir d'achat,
des salaires et des pensions, sur
l'emploi, et sur de véritables mesures de relance économique et
sociale profitable à tous. Entendre vraiment les salariés, c'est
prendre des mesures significatives
tout de suite. Nous proposons notamment l'augmentation du
SMIC, des minima sociaux et des
retraites, la suspension immédiate
de tous les plans de surpressions
d'emplois et l'ouverture de négociations avec les salariés, les syndicats, les élus dans les territoires
sur des mesures alternatives. Le
gouvernement doit également retirer sans tarder ces réformes
dans des secteurs où elles sont vivement contestées, notamment
l'école, l'enseignement supérieur
et la santé, où l'inscription à l'ordre du jour du Parlement du projet de loi Bachelot doit être annulé.
La présence de toutes les formations de la gauche dans les défilés
est également un fait d'importance dont nous nous félicitons.
Elle ne doit pas rester sans lendemain. Nous proposons que toutes
les formations politiques de la
gauche se réunissent dès le 3 février, après celle des organisations syndicales le 2 février, pour
décider des initiatives communes
nécessaires. Nous proposons également que soit rouvert sans tarder au Parlement le débat sur le
plan de relance à partir des propositions contenues dans la plateforme syndicale unitaire et de celles également versées au débat
par l'opposition. Le PCF et les
parlementaires communistes proposent aux autres formations et
groupes parlementaires de l'opposition de coordonner leur action en ce sens.
PCF, le 30 janvier
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L’AIR DU TEMPS
La liberté de la presse menacée Faire oublier Neuilly
A l’occasion de ses vœux à la presse, Olivier Dartigolles
E
n clôture des travaux du
Congrès du PCF, en décembre dernier, nous avons appelé à la constitution d'un « large
front politique, syndical, associatif,
citoyen, de défense et de promotion des libertés », car nous jugeons
qu'il y a urgence à réagir. Ne nous
y trompons pas, les événements des
derniers mois ne sont pas des épisodes séparés les uns des autres.
Quand le Parlement, la justice et la
presse sont attaqués comme ils le
sont ; quand cette stratégie de déstabilisation visant trois principaux piliers de notre démocratie
gagne du terrain, jour après jour,
semaine après semaine. Quand,
d'une manière totalement antidémocratique, le Sénat est mis devant
le fait accompli sur l'un des articles
les plus contestés de la loi sur l'audiovisuel public. Quand les Etats
généraux de la presse, dont les travaux ont confirmé l'extrême profondeur de la crise actuelle, fait
planer la menace que seuls les
groupes les plus puissants pourront se développer sur Internet
avec un renforcement supplémentaire de la concentration des médias et, de plus, la possibilité pour
les diffuseurs de choisir les titres
qu’ils vendront. Quand un journaliste est cueilli chez lui, à six heures
du matin, comme un criminel ;
quand d'autres sont poursuivis en
justice par le chef de l'Etat sur fond
de remise en cause de la protection
des sources. Quand les porte-flingues de l'Elysée, le si délicat et
nuancé porte-parole de l'UMP
Frédéric Lefèvre en tête, se permettent des attaques d'une violence
inouïe contre les journalistes.
Quand l'AFP est la cible directe de
menaces et d'intimidations, sur
fond de remise en cause d'un statut
qui garantit encore son indépendance. Quand Sarkozy, après avoir
imposé son ancien directeur-adjoint de campagne comme numéro
2 de TF1, s'imagine rédacteur en
chef de tout ce qui peut s'écrire, se
raconter, se filmer ; quand les liens
privilégiés qu'il entretient avec les
Bolloré, les Lagardère, les Bouygues, Dassault et Pinault lui permettent, ici, de supprimer une
photo ou un reportage, là d'inspirer un éditorial ou l'ouverture d'un
20 heures. Quand le CSA est à ce
point méprisé. Quand RFI, première radio française d'information internationale en continu,
avec plus de 45 millions d'auditeurs dans le monde, est fragilisée
par la suppression de 200 emplois,
20 % des effectifs, mettant en
cause le rayonnement culturel de la
France dans le monde et la garan-
tie d’une information honnête
dans des pays où la presse est muselée par des dictatures en place.
Quand Lounis Ibadioune, diffuseur à la criée de l'HD sur le marché de la Goutte d'Or à Paris, est
poursuivi par la justice pour
« vente de marchandise sans autorisation », comme si la presse était
une marchandise.
En un mot : danger
Danger pour notre démocratie
dont le pluralisme d'opinion est
l'un des poumons essentiels. Danger de voir se creuser davantage
encore le fossé entre l'information
et un peuple qui s'y retrouve de
moins en moins. Je pense plus particulièrement à celles et ceux qui
luttent, qui résistent, qui se mobilisent et ils seront très nombreux
jeudi prochain. Jour après jour, semaine après semaine, ce qui progresse dans la société, c'est là « le
temps de cerveau disponible », non
pas pour les annonceurs, mais
pour réfléchir à ce qui se passe,
pour refuser la pensée unique,
pour ne pas se résigner à l'idée qu'il
n'y aurait pas de choix alternatifs à
la marchandisation, à la mise en
concurrence, « libre et non faussée ». Cette prise de conscience, aujourd'hui planétaire, nourrit tous
les pans de notre société. C'est une
réelle menace pour la droite.
Cette droite, de plus en plus réactionnaire, de plus en plus agressive,
n'est pas sans moyen pour couvrir
cette cocotte-minute qui peut lui
exploser à la figure. Nous le savons
bien : la partie sera difficile car le
pouvoir sarkozyste entend aller au
bout de son coup d'Etat médiatique. Comment ne pas voir une politique globale, une cohérence
entre cette attaque sans précédent
contre les médias et la mise en
œuvre d'une politique aussi régressive en matière éducative et culturelle. C'est une véritable guerre
contre la pensée, l'esprit critique, la
création. Le tout dans un climat où
sont entretenus la peur, la division,
le communautarisme, le rejet de
l'autre, dans une France où rarement les libertés publiques n'ont
été aussi menacées.
J'ajoute une caractéristique nouvelle de la France d'aujourd'hui.
C'est le chef de l'Etat qui fixe
l'agenda médiatique. C'est lui qui
impose ce zapping permanent.
Cette agitation quotidienne qui
nous fait passer d'un sujet à l'autre
au fil des annonces, des déplacements et des provocations du chef
de l'Etat. Avec lui, l'actualité ne
peut plus se fixer sur une question
précise. C'est le meilleur moyen
pour ne pas faire un bilan de sa politique. Remarquez, quand on regarde ce bilan, on comprend l'agitation présidentielle et son angoisse à ce qu'un jour la presse
puisse lui dire : « Bon, on se calme,
on se pose un peu et on fait le
point, on regarde ce qui a été fait
depuis votre élection... »
En y regardant de plus près, si un
tel dispositif pour la communication présidentielle, qui peut sur certaines journées impressionner, est
mis en place, c'est aussi l'aveu
d'une grande faiblesse. D'une très
grande faiblesse. Et il restera toujours des journalistes pour « planter la plume dans la plaie », selon
la belle expression d'Albert Londres, là où cela fait mal. C'est
l'honneur de votre profession.
Le PCF apporte son soutien aux
journalistes et aux salariés des médias qui se mobilisent avec beaucoup de courage et de détermination contre tous les projets destructeur en cours et notamment le 29
janvier prochain où les intersyndicales de l’audiovisuel public et des
journalistes appellent à manifester.
La politique, la culture ou l'information sont des biens à partager.
Pour nous, les forces démocratiques et populaires doivent s'en emparer. Cela doit devenir le bien
commun de toutes et tous et non la
propriété d'une oligarchie à des
fins de domination. Quand on attaque le pluralisme, c'est la liberté
que l'on assassine. Sur cette question essentielle, je crois sincèrement que les journalistes et les politiques ont cause commune dans
ce combat. Permettez-moi donc de
vous renouveler mes vœux pour
cette année 2009 qui reste à
écrire.
L'
UMP relookée de Xavier Bertrand se veut
proche des gens, à
l'écoute des travailleurs, un parti
« populaire ». Ces temps-ci, crise
oblige, Sarkozy fait beaucoup
d'efforts en effet pour faire oublier Neuilly. Pas besoin pourtant de gratter beaucoup pour
voir que cette « nouvelle droite »,
dixit Le Figaro, est le bras armé
d'une très grande bourgeoisie.
Chaque jour nous en apporte de
nouveaux exemples. Ainsi, l'autre semaine, dans le quotidien Le
Monde, on tombe, page 10, sur
Eric Woerth, le ministre du Budget, qui aime jouer les hommes
simples ; il dénigre les prétentions
de la gauche à relancer l'économie par la consommation, doute
de l'intérêt d'aider les plus démunis. En face, page 11, dans le
cadre d'un reportage sur l'affaire
Madoff, l'escroc aux 50 milliards
de Wall Street, la parole est donnée
à la responsable de la gestion de la
fortune de Mme Bettencourt, qui
n'est autre que Florence Woerth,
l'épouse du ministre. Quelle surprise ! Et quel redoutable téléscopage ! Le lendemain, autre cas flagrant de collusion UMP/riches : Le
Figaro nous annonce la nomination, à la tête du « think tank » de
l'UMP, la Fondation pour l'innovation politique, de Nicolas Bazire,
qui n'est autre que le PDG du
groupe Arnault, holding familial de
Bernard Arnault (Dior, LVMH,
Carrefour). Bettencourt, Arnault
and co : on est là dans le top 5 des
plus grosses fortunes françaises. Du
coup, l'image populaire de l'UMP
en prend un méchant coup.
Gérard Streiff
En bref
Le PCF solidaire de la grève
en Guadeloupe
Jean-Louis Le Moing, membre du Comité exécutif national en
charge des DOM-TOM, et Odette Terrade, sénatrice, sont actuellement à Pointe-à-Pitre où ils apportent la solidarité du PCF au mouvement de grève générale engagé depuis deux semaines.
Droits des femmes/Féminisme
Le premier bulletin de l’année 2009 de la commission est disponible
sur le site du PCF ou dans chaque fédération. Au sommaire : Mise en
œuvre des décisions du Congrès ; Services publics et souffrances au
travail ; Europe et droit à l’avortement ; Solidarité avec les femmes
palestiniennes, sahraouies ; Loi cadre contre les violences faites aux
femmes ; Divers appels soutenant des actions en Europe ou dans le
monde.
le PCF dans les médias
Vendredi 13 février Marie-George Buffet est l’invitée de Soir 3 à 23 h
Changer d’Europe : premiers meetings
Jeudi 5 février à Montpellier, avec Francis Wurtz et J.-L. Mélenchon
Mardi 10 février à Marseille, avec F. Wurtz, M.-G. Buffet et
J.-L.. Mélenchon. Et aussi le 21 février à Douai et le 8 mars à Paris
CONSEIL NATIONAL Ordre du jour du Samedi 7 février
Les élections européennes, rapporteur Jean-Marc Coppola
Proposition d’expérimenter une charte du travail en commun du Conseil
national, rapporteur François Auguste. Pierre Laurent donnera une information sur l’organigramme.
Souscription
Je verse :
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Chèque à l’ordre de “ANF PCF”
lance un appel aux professionnels des médias
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