Etre à la hauteur des exigences du mouvement social
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Etre à la hauteur des exigences du mouvement social
336v6a_Cocos.qxd 3/02/09 14:30 Page 1 2, place du Colonel-Fabien - Paris 19e - Comité de rédaction: Élisabeth Ackermann - Gérard Busque - Brigitte Dionnet - Patrice Falguier - Jacques Fath Joëlle Greder - Madeleine Hivernet - Cécile Jacquet - Jean-Louis Le Moing - Frank Mouly - Denis Rondepierre - Gérard Streiff Directeur: Olivier Dartigolles Tél.: 01404012 09 - Rédaction: Patrice Falguier Tél.: 01404013 59 - Cécile Jacquet Tél.: 0140401106 - Télécopie : 01 40 40 12 46 - Mèl : [email protected] Relecture: Jacqueline Lamothe •- Maquette: DGC / [email protected] D eux millions et demi de manifestants se sont mobilisés pour réclamer l’augmentation des salaires, la défense des emplois, du pouvoir d’achat, des conventions collectives, des services publics, la réglementation de la sphère financière internationale… On n’avait pas vu une telle unité syndicale, une telle participation des salariés du secteur privé depuis longtemps et, de surcroît, en pleine crise systémique du capitalisme mondialisé. Certains commentateurs parlent de précédent historique remontant à 1966 voire 1936. Le plan de relance Sarkozy peine à démontrer son efficacité. L’idée qu’il alimente la crise fait son chemin. Les salariés, les retraités, les demandeurs d’emploi sont invités à payer la facture quand les entreprises du CAC 40 engrangent de substantiels profits et les actionnaires, de confortables dividendes. La colère gronde et rassemble une grande diversité de nos concitoyens. Les services les plus essentiels, comme la santé, sont démantelés, sous-financés, privatisés. Les professeurs de médecine, eux aussi, se mobilisent pour le retrait du projet de loi Bachelot qui prétend gérer l’hôpital comme une entreprise. La crise globale et profonde du capitalisme rebat les cartes et relance le débat sur la nécessité de son dépassement. Des potentialités nouvelles de luttes s’offrent à nous, notamment en Europe. Dans ce contexte, les élections européennes représentent une étape importante du débat politique, un enjeu de civilisation. Notre parti propose de créer un Front progressiste européen ouvert à tous ceux qui veulent construire une Europe sociale, démocratique, pacifique, solidaire, féministe, écologique… On se souviendra du 29 janvier 2009 Simone Fayaud Membre du Comité exécutif national SERVEZ-VOUS modèle de tract Front de gauche pour changer d’Europe Le Conseil national met à disposition chaque semaine une aide à la communication de proximité, composée d’un dossier et de plusieurs projets de tracts, maquettés au format bureautique. Ils sont disponibles et téléchargeables sur Internet www.pcf.fr rubrique « Derniers tracts » Etre à la hauteur des exigences du mouvement social Après le succès de la journée d’action du 29 janvier, le PCF a invité les partis de gauche à se rencontrer pour exiger du gouvernement l’ouverture immédiate de discussions à partir de la plateforme défendue par les syndicats et confronter les points de vues sur la crise, les solutions à y apporter et les initiatives à prendre Daniel Hommeau SUR LE VIF Témoignages et solidarité avec la Palestine Ce soir, 18 h, au siège national du PCF, J. Fath, P. Le Hyaric, M. Derkaoui, M. Everbecq, F. Tuil et D. Voguet témoigneront de ce qu’ils ont vu à Gaza. M.-G. Buffet et P. Laurent seront également présents (métro Colonel-Fabien) LES RENDEZ-VOUS MILITANTS Samedi 7 février Réunion du Conseil national Changer d’Europe : Les premiers meetings Jeudi 5 février à Montpellier Mardi 10 février à Marseille 3 3 6 - S u p p l é m e n t à l’Humanité du 4 f é v rie r 2 0 0 9 - PA GE 1 336v6a_Cocos.qxd 3/02/09 14:30 Page 2 À L’INITIATIVE A L’INITIATIVE La crise en débat à Nevers Contre la crise, la mobilisation continue A l’invitation des communistes de Varennes-Vauzelles et de la fédération de la Nièvre, une centaine de personnes ont débattu de la crise avec Denis Durand, membre du Conseil national du PCF Dans les Yvelines… E ntre les trois jours de mobilisation en direction des entreprises et la journée interprofessionnelle du 29 janvier, les communistes nivernais avaient placé une rencontre publique sur le thème de la crise. Pour la circonstance, ils avaient invité Denis Durand, économiste et membre de la direction nationale du PCF. Une initiative a priori attendue puisqu’il faudra rajouter des chaises pour permettre à la centaine de personnes présentes de prendre place dans la salle. Au moment où les licenciements et le chômage partiel sont à l’ordre du jour chez Valéo, Look, Fauricia, Cil… on veut comprendre : Pourquoi cette crise ? Comment s’en sortir ? Du coup les questions sont précises, concrètes : « A combien se montent les pertes enregistrées par les banques ? » « D’où viennent les 360 milliards accordés aux institutions financières ? Est-ce de l’argent virtuel ? Qui va payer ? » Interrogations encore sur la nature de la crise. N’est-elle pas en fait l’échec de la mondialisation ?... Du coup, la décision d’ouvrir la réunion par la projection d’un film expliquant en termes simples les mécanismes du capitalisme, la financiarisation de l'économie ou encore ce que sont les subprimes et la titrisation, est appréciée pour son caractère pédagogique. Un souci qu’on retrouvera tout au long des propos de Denis Durand lorsqu’il s’efforcera de démontrer en quoi cette crise est bien celle du système qui fait de la rentabilité le but et le moyen de son développement. D'où pour lui le besoin impératif de rompre avec cette logique en « s'attaquant au pouvoir de l'argent ». Au cours du débat, il rappellera les propositions les plus emblématiques du PCF, notamment la sécurisation de l'emploi et des salaires, la relance des investissements et la réorientation de l'argent. Un ensemble de mesures qui, selon lui, répondent à l'urgence de l’heure et qui, par leur cohérence, permettent de s'attaquer aux fondements de la crise. Pour qu’il en soit ainsi, il insiste aussi sur l’importance de l’intervention populaire. Intervention dans les entreprises pour décider de ce qu’on produit et comment on produit - une pratique qui intéresse au plus haut point les communistes nivernais qui viennent de réunir 200 personnes autour de leur projet d’exploitation propre du charbon. Intervention en direction des organismes financiers pour rendre l’argent utile. Intervention enfin dans les institutions politiques afin, en toutes circonstances, de peser sur les choix à opérer. Une démarche essentielle pour François Diot, nouveau secrétaire de la fédération, qui voit dans la démocratie le fil rouge de la politique du PCF. Pour lui, la crise implique donc une riposte sociale d’envergure. La journée du 29 janvier en constitue un élément important. Elle suppose aussi une riposte politique de haut niveau. De ce point de vue, les élections européennes peuvent, selon lui, permettre à des millions de Français de dire leur mot sur la politique libérale mise en œuvre au nom de la concurrence libre et non faussée ou du Traité de Lisbonne. Ils auront la possibilité de le faire clairement en se rassemblant sur les listes présentées par le Front progressiste européen qui est en train de se constituer. Un choix intimement lié au débat de ce soir. Patrice Falguier Une dizaine de sites industriels liés à l’automobile ont été couverts lors des trois jours de mobilisation du PCF contre la crise. 80 000 salariés ou sous-traitants pourraient être touchée par le chômage technique et les licenciements. La journée du 29 janvier a montré que l’inquiétude peut mener à la contestation sociale. Par cela, le politique doit prendre toute sa place dans la résistance. C’est dans cet esprit que les communistes des Yvelines ont décidé de créer un « collectif Auto » départemental pour une alerte militante plus efficace, une réflexion plus poussée sur les solutions, les propositions et les actions à mettre en œuvre. Organiser des rassemblements ponctuels en divers lieux du département pour réagir à une actualité semble une piste de travail intéressante. A suivre. …Dans la Marne Valéo, 650 salariés ; VMC, 200 salariés ; Aerospace, 250 salariés ; Grantil, 230 salariés ; Henkel, 80 salariés ; TI Automative Fuel Systems, 550 salariés ; Poreaux, 230 salariés ; Plysorol, 120 salariés ; PTPM, 130 salariés… Ces entreprises touchées par la crise ont été ciblées par les communistes marnais lors de la semaine d’action du 22 au 29 janvier afin de populariser les propositions du PCF. Au lendemain du 29 janvier, les mobilisations dans le département ont confirmé l’immense protestation contre la politique de N. Sarkozy. L’idée fait son chemin, selon laquelle de nouvelles avancées sociales et démocratiques sont nécessaires pour sortir de la crise. L’enjeu d’un changement de politique, mais aussi de société, émerge dans les mouvements actuels. La Courneuve (93) à l’Elysée Gilles Poux, maire de La Courneuve, a pris une initiative originale, puisqu’à l’aide d’une Lettre T, il s’est adressé à la population pour dénoncer l’insuffisance de moyens dont souffre sa commune. Mettant en parallèle les 360 milliards débloqués pour les banques et de l’autre côté le désengagement de l’Etat vis-à-vis de communes, il en conclut que la crise n’est pas la même pour tout le monde. Fort de deux mille signatures recueillies à ce jour, une centaine de personnes se sont rendues à l’Elysée le 28 janvier où une délégation a été reçue par un conseiller du Président. Rendez-vous a été pris avec le préfet de Seine-Saint-Denis afin d’aborder les dossiers prioritaires. Le combat continue. Auxerre - Yonne Un Atelier particulièrement d’actualité M ettre en place un « Atelier vérité sur l’argent » avait sûrement quelque chose d’incongru, lorsqu’en janvier 2008, Daniel Picq, ancien secrétaire de la fédération communiste de l’Yonne, a décidé de sa création. Ce n’est plus le cas aujourd’hui où il est reconnu comme un espace de réflexions et d’échanges bien audelà des communistes. Il faut dire qu’entre-temps ces questions sont devenues d’une brûlante actualité ! Au départ, l’idée était de contribuer de façon originale aux luttes et aux débats sur l’alternative en permettant à celles et ceux que le sujet intéresse de se retrouver pour réfléchir aux questions économiques et notamment celles relatives à une autre utilisation de l’argent. C’est ainsi que tous les premiers mardis du mois des militants communistes, des syndicalistes, des citoyens se retrouvent pour débattre de problématiques telles que «les causes de la crise», «le financement de la croissance» ou encore «les droits des salariés»… Débats à partir desquels sont ensuite envoyés à 250 correspondants un bulletin et des fiches argumentaires. Aujourd’hui, du fait de la crise, les activités de l’Atelier prennent bien évidemment une dimension nouvelle. C’est ainsi que la rencontre de décembre sur la situation des entreprises icaunaises et dont le débat était introduit par le secrétaire de l’UD CGT, a débouché le 20 janvier sur une réunion à laquelle participaient les représen- tants du PCF, du PS, du NPA et du collectif antilibéral afin d’examiner la riposte à apporter aux mauvais coups. Pour de nombreux militants, ces rencontres mensuelles sont une aide précieuse. Elles ont permis de casser l’idée selon laquelle l’économie ne pourrait être qu’affaire d’experts. Nul doute que la réunion de l’Atelier de février sur «la sécurisation de l’emploi» et celle de mars sur «les conséquences de la crise sur les collectivités territoriales» gagneront de nouveaux adeptes, permettant ainsi de mieux armer les militants et les citoyens dans la formidable bataille idéologique qui se mène aujourd’hui dans le pays. P. F. Initiative de renforcement à Marseille Le renforcement du PCF devrait faire l’objet d’une attention plus soutenue de la part des communistes marseillais. Ces derniers jours, les militants des Quartiers Nord sont allés à la rencontre des adhérents, y compris ceux qui avaient pris de la distance avec l’organisation, afin de leur remettre la carte 2009 en mains propres. Une démarche qui commence à porter ses fruits, comme en témoigne la présence de 64 personnes à l’assemblée générale du 15e arrondissement et les deux adhésions - des jeunes de 17 ans - réalisées lors de la manifestation du 29. Une initiative de renforcement d’envergure est prévue ce mois-ci. Elle sera préparée par un matériel de communication adapté. Faire connaître une initiative, un débat… contactez 3 3 6 - S u p p l é m e n t à l’Humanité du 4 f é v rie r 2 00 9 - PAGE 2 au 01 40 40 13 59 336v6a_Cocos.qxd 3/02/09 14:30 Page 3 PARTI PRIS INTERVIEW Tempête : les moyens existent pour répondre aux besoins Les Landes ont été particulièrement touchées par la tempête. L’impact sur l’habitat, l’environnement et l’économie est sérieux. Cathy Daguerre et Xavier Compain dressent un premier bilan et listent les propositions immédiates. Xavier Compain, responsable national du PCF sur les questions de l’agriculture et de la pêche Cathy Daguerre, membre du Conseil national – syndicaliste à EDF L’agriculture, la filière bois, des dizaines de PME dévastées par la tempête, que propose le PCF face à une telle catastrophe ? Alors que depuis des an nées la droite s’emploie à casser les services publics, ils ont été efficaces durant et après la tempête. N’est-ce pas une raison évidente pour les défendre ? D’après les coopératives forestières, 300 000 hectares ont été détruits, c’est 6 à 7 ans de récolte à terre. En Aquitaine, la forêt représente 1,8 Efficace, oui, mais pas grâce à la droite. Effectivement, les députés UMP million d’hectares, 2,6 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 1 700 s’insurgent contre les investissements insuffisants faits par EDF alors entreprises et 34 000 emplois. Fillon déclare que les dégâts seront suqu’ils ont été les premiers à voter toutes les lois successives de libéralipérieurs à 1999. Les 5 millions d’euros annoncés par M. Barnier sont sation, induisant la filialisation des réseaux - création d’ERDF. Cela pour le moins insuffisants. L’Etat doit débloquer des fonds et sollicicomplique considérablement la relation à l’usager, à l’élu et au territer l’Europe pour qu’elle contribue à couvrir les risques non garantis toire, et donc à la prise en compte des besoins réels. Après 1999, EDF a par les assurances. Stockage, transport, valorisation du bois sont une reconstruit quasiment de la même manière. En 2009, c’est le même résulurgence. Dans le domaine de l’agriculture, nous proposons la prise en tat. Il faut reconstruire différemment, avoir une vision à plus long terme, charge totale des pertes subies accompagnée de mesures sociales et une faire les investissements certes coûteux, évalués à 100 milliards d’euros, trésorerie abondée par les banques. Les propositions du PCF s’inscrimais nécessaires pour la sécurité des personnes et des biens. C’est un vent dans une perspective de développechoix politique. EDF est toujours public, la baisse des ment, notamment par la création d’un Dernière minute effectifs à ERDF, avec l’aval de l’Etat, doit être comrégime « d’assurance mutuelle calamité » André Chassaigne, président de l’ANECR, battu. Pour le PCF, la solution durable est de donner le lié aux métiers de la mer et de la terre. Le Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, et pouvoir et le contrôle aux citoyens en terme d’emplois, PCF, porteur d’un projet sociétal tel que Xavier Compain se rendront dans les Lan- de politiques financières, d’investissements. C’est vrai celui-ci, sera une force politique qui des à Saint-Yaguen jeudi 5 février pour ren- pour tous les services publics car leur rôle est d’être des compte. Ces propositions vont être tra- contrer les habitants et présenter les propo- outils efficaces au service du bien commun. Interview réalisée par Cécile Jacquet vaillées en concertation avec tous les ac- sitions communistes. Une conférence de presse est prévue ainsi qu’un reportage qui teurs dans les prochains jours. sera retransmis sur le site internet du PCF. PLANÈTE Obama : rupture ou continuité ? A l'évidence, Barack Obama devra la crédibilité de sa politique à la distanciation qu'il prendra avec l'administration Bush et ses échecs stratégiques : guerre en Irak, guerre contre le terrorisme, Grand Moyen-Orient, gestion désastreuse des politiques publiques, notamment de la catastrophe Katrina, crise économique et sociale... Francis Fukuyama, idéologue du néo-conservatisme, dit clairement : « Je me suis décidé à voter pour B. Obama car il est difficile de trouver un gouvernement qui ait plus failli à ses devoirs nationaux et internationaux que celui de George Bush. » D'où quelques nécessités immédiates : fermer Guantanamo, arrêter la torture, se retirer d'Irak, mieux respecter le droit international, promettre un Etat plus efficace et un peu plus de moralité et de légitimité, annoncer une couverture maladie universelle... L'échec de Bush est telle- ment énorme qu'il oblige le nouveau Président à s'engager ainsi. L'incertitude est cependant considérable. Les Etats-Unis, comme le reste du monde, font face à une crise planétaire du capitalisme d'une ampleur exceptionnelle. Un plan de relance de 825 milliards de dollars a été voté. Pour quels résultats à venir ? Les plans de licenciements se multiplient, le chômage grimpe en flèche, et l'industrie américaine commence à s'approcher du désastre. Emploi, investissements, crédit, consommation, tout indique une situation en phase critique. Et la crise n'est pas seulement économique, elle est aussi stratégique. Obama n'est pas sorti d'affaire au Moyen-Orient. Sortir d'Irak sera peut-être possible. Une diplomatie plus coopérative avec les Européens, plus favorable au dialogue avec l'Iran peut améliorer le climat des relations internationales. Mais cela peut-il suffire ? Si Washington et les Européens ne changent pas profondément de politique étrangère pour sortir de la logique de guerre et faire droit aux attentes des peuples concernés en terme d'indépendance et de droits nationaux notamment, il y a peu de chances que les choses bougent réellement. Il ne suffit pas, ainsi, de parler de paix et d'un Etat palestinien. Il y a des décisions à prendre pour faire appliquer le droit international par Israël. Et en Afghanistan ? L'engagement renforcé des Etats-Unis, demandé par le nouveau président, débouchera-t-il sur un nouvel enlisement militaire ? Les risques et les interrogations sur la politique à venir sont donc considérables. Le projet politique d'Obama est cependant connu. Il a été maintes fois énoncé : restaurer le « leadership américain », « refaire l'Amérique »... Obama veut montrer qu'il tourne la page du néo-conservatisme réactionnaire de G. Bush. Il annonce, par exemple, une économie moins dépendante du pétrole et résolument fondée sur des énergies nouvelles • USA devant créer - dit-il - « des millions d'emplois ». C'est à l'évidence un choix, et pas seulement un effet d'annonce, fondé à la fois sur des enjeux sécuritaires mondiaux, sur la volonté d'une moindre dépendance pétrolière et sur la recherche de nouvelles sources de profits. Le besoin d'une régénération du système et d'une redéfinition d'un cadre idéologique acceptable a rassemblé, pour des raisons différentes, un soutien, souvent enthousiaste, des milieux populaires, notamment des citoyens afro-américains, et un appui de la haute finance et des lobbies capitalistes. La victoire d'Obama n'est pas un mystère. Ce qu'il pourra en faire, par contre, n'est pas encore complètement écrit. Jacques Fath, responsable des relations internationales au PCF 3 3 6 - S u p p l é m e n t à l’Humanité du 4 f é v rie r 2 0 0 9 - PA GE 3 Le PCF propose une réunion des partis de gauche dès le 3 février La journée de grève et de manifestations qui s'est déroulée hier est d'une ampleur sans précédent depuis 2006. Les salariés, du public comme du privé, ont clairement et massivement exprimé l'inquiétude et la colère qui traversent le pays. Ils n'ont pas fait que cela. Ils mettent nettement en cause les choix gouvernementaux et exigent un changement de cap en matière de pouvoir d'achat et de salaires, d'emploi, de services publics, de politique industrielle, d'orientation des financements. N. Sarkozy, qui déclarait-il y a six mois que « quand il y a une grève en France, plus personne ne s'en aperçoit », doit aujourd'hui remballer son mépris et répondre à ces attentes. Pour l'heure, il ne semble pas décidé à le faire, cherche à gagner du temps alors que le pays est en état d'urgence sociale et ne propose aux syndicats qu'une réunion tardive pour discuter de la méthode de mise en œuvre de ces réformes. Ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas ce qu'attend le pays. Le PCF appelle à amplifier la mobilisation pour exiger l'ouverture immédiate de discussions sur le relèvement du pouvoir d'achat, des salaires et des pensions, sur l'emploi, et sur de véritables mesures de relance économique et sociale profitable à tous. Entendre vraiment les salariés, c'est prendre des mesures significatives tout de suite. Nous proposons notamment l'augmentation du SMIC, des minima sociaux et des retraites, la suspension immédiate de tous les plans de surpressions d'emplois et l'ouverture de négociations avec les salariés, les syndicats, les élus dans les territoires sur des mesures alternatives. Le gouvernement doit également retirer sans tarder ces réformes dans des secteurs où elles sont vivement contestées, notamment l'école, l'enseignement supérieur et la santé, où l'inscription à l'ordre du jour du Parlement du projet de loi Bachelot doit être annulé. La présence de toutes les formations de la gauche dans les défilés est également un fait d'importance dont nous nous félicitons. Elle ne doit pas rester sans lendemain. Nous proposons que toutes les formations politiques de la gauche se réunissent dès le 3 février, après celle des organisations syndicales le 2 février, pour décider des initiatives communes nécessaires. Nous proposons également que soit rouvert sans tarder au Parlement le débat sur le plan de relance à partir des propositions contenues dans la plateforme syndicale unitaire et de celles également versées au débat par l'opposition. Le PCF et les parlementaires communistes proposent aux autres formations et groupes parlementaires de l'opposition de coordonner leur action en ce sens. PCF, le 30 janvier 336v6a_Cocos.qxd 3/02/09 14:30 Page 4 L’AIR DU TEMPS La liberté de la presse menacée Faire oublier Neuilly A l’occasion de ses vœux à la presse, Olivier Dartigolles E n clôture des travaux du Congrès du PCF, en décembre dernier, nous avons appelé à la constitution d'un « large front politique, syndical, associatif, citoyen, de défense et de promotion des libertés », car nous jugeons qu'il y a urgence à réagir. Ne nous y trompons pas, les événements des derniers mois ne sont pas des épisodes séparés les uns des autres. Quand le Parlement, la justice et la presse sont attaqués comme ils le sont ; quand cette stratégie de déstabilisation visant trois principaux piliers de notre démocratie gagne du terrain, jour après jour, semaine après semaine. Quand, d'une manière totalement antidémocratique, le Sénat est mis devant le fait accompli sur l'un des articles les plus contestés de la loi sur l'audiovisuel public. Quand les Etats généraux de la presse, dont les travaux ont confirmé l'extrême profondeur de la crise actuelle, fait planer la menace que seuls les groupes les plus puissants pourront se développer sur Internet avec un renforcement supplémentaire de la concentration des médias et, de plus, la possibilité pour les diffuseurs de choisir les titres qu’ils vendront. Quand un journaliste est cueilli chez lui, à six heures du matin, comme un criminel ; quand d'autres sont poursuivis en justice par le chef de l'Etat sur fond de remise en cause de la protection des sources. Quand les porte-flingues de l'Elysée, le si délicat et nuancé porte-parole de l'UMP Frédéric Lefèvre en tête, se permettent des attaques d'une violence inouïe contre les journalistes. Quand l'AFP est la cible directe de menaces et d'intimidations, sur fond de remise en cause d'un statut qui garantit encore son indépendance. Quand Sarkozy, après avoir imposé son ancien directeur-adjoint de campagne comme numéro 2 de TF1, s'imagine rédacteur en chef de tout ce qui peut s'écrire, se raconter, se filmer ; quand les liens privilégiés qu'il entretient avec les Bolloré, les Lagardère, les Bouygues, Dassault et Pinault lui permettent, ici, de supprimer une photo ou un reportage, là d'inspirer un éditorial ou l'ouverture d'un 20 heures. Quand le CSA est à ce point méprisé. Quand RFI, première radio française d'information internationale en continu, avec plus de 45 millions d'auditeurs dans le monde, est fragilisée par la suppression de 200 emplois, 20 % des effectifs, mettant en cause le rayonnement culturel de la France dans le monde et la garan- tie d’une information honnête dans des pays où la presse est muselée par des dictatures en place. Quand Lounis Ibadioune, diffuseur à la criée de l'HD sur le marché de la Goutte d'Or à Paris, est poursuivi par la justice pour « vente de marchandise sans autorisation », comme si la presse était une marchandise. En un mot : danger Danger pour notre démocratie dont le pluralisme d'opinion est l'un des poumons essentiels. Danger de voir se creuser davantage encore le fossé entre l'information et un peuple qui s'y retrouve de moins en moins. Je pense plus particulièrement à celles et ceux qui luttent, qui résistent, qui se mobilisent et ils seront très nombreux jeudi prochain. Jour après jour, semaine après semaine, ce qui progresse dans la société, c'est là « le temps de cerveau disponible », non pas pour les annonceurs, mais pour réfléchir à ce qui se passe, pour refuser la pensée unique, pour ne pas se résigner à l'idée qu'il n'y aurait pas de choix alternatifs à la marchandisation, à la mise en concurrence, « libre et non faussée ». Cette prise de conscience, aujourd'hui planétaire, nourrit tous les pans de notre société. C'est une réelle menace pour la droite. Cette droite, de plus en plus réactionnaire, de plus en plus agressive, n'est pas sans moyen pour couvrir cette cocotte-minute qui peut lui exploser à la figure. Nous le savons bien : la partie sera difficile car le pouvoir sarkozyste entend aller au bout de son coup d'Etat médiatique. Comment ne pas voir une politique globale, une cohérence entre cette attaque sans précédent contre les médias et la mise en œuvre d'une politique aussi régressive en matière éducative et culturelle. C'est une véritable guerre contre la pensée, l'esprit critique, la création. Le tout dans un climat où sont entretenus la peur, la division, le communautarisme, le rejet de l'autre, dans une France où rarement les libertés publiques n'ont été aussi menacées. J'ajoute une caractéristique nouvelle de la France d'aujourd'hui. C'est le chef de l'Etat qui fixe l'agenda médiatique. C'est lui qui impose ce zapping permanent. Cette agitation quotidienne qui nous fait passer d'un sujet à l'autre au fil des annonces, des déplacements et des provocations du chef de l'Etat. Avec lui, l'actualité ne peut plus se fixer sur une question précise. C'est le meilleur moyen pour ne pas faire un bilan de sa politique. Remarquez, quand on regarde ce bilan, on comprend l'agitation présidentielle et son angoisse à ce qu'un jour la presse puisse lui dire : « Bon, on se calme, on se pose un peu et on fait le point, on regarde ce qui a été fait depuis votre élection... » En y regardant de plus près, si un tel dispositif pour la communication présidentielle, qui peut sur certaines journées impressionner, est mis en place, c'est aussi l'aveu d'une grande faiblesse. D'une très grande faiblesse. Et il restera toujours des journalistes pour « planter la plume dans la plaie », selon la belle expression d'Albert Londres, là où cela fait mal. C'est l'honneur de votre profession. Le PCF apporte son soutien aux journalistes et aux salariés des médias qui se mobilisent avec beaucoup de courage et de détermination contre tous les projets destructeur en cours et notamment le 29 janvier prochain où les intersyndicales de l’audiovisuel public et des journalistes appellent à manifester. La politique, la culture ou l'information sont des biens à partager. Pour nous, les forces démocratiques et populaires doivent s'en emparer. Cela doit devenir le bien commun de toutes et tous et non la propriété d'une oligarchie à des fins de domination. Quand on attaque le pluralisme, c'est la liberté que l'on assassine. Sur cette question essentielle, je crois sincèrement que les journalistes et les politiques ont cause commune dans ce combat. Permettez-moi donc de vous renouveler mes vœux pour cette année 2009 qui reste à écrire. L' UMP relookée de Xavier Bertrand se veut proche des gens, à l'écoute des travailleurs, un parti « populaire ». Ces temps-ci, crise oblige, Sarkozy fait beaucoup d'efforts en effet pour faire oublier Neuilly. Pas besoin pourtant de gratter beaucoup pour voir que cette « nouvelle droite », dixit Le Figaro, est le bras armé d'une très grande bourgeoisie. Chaque jour nous en apporte de nouveaux exemples. Ainsi, l'autre semaine, dans le quotidien Le Monde, on tombe, page 10, sur Eric Woerth, le ministre du Budget, qui aime jouer les hommes simples ; il dénigre les prétentions de la gauche à relancer l'économie par la consommation, doute de l'intérêt d'aider les plus démunis. En face, page 11, dans le cadre d'un reportage sur l'affaire Madoff, l'escroc aux 50 milliards de Wall Street, la parole est donnée à la responsable de la gestion de la fortune de Mme Bettencourt, qui n'est autre que Florence Woerth, l'épouse du ministre. Quelle surprise ! Et quel redoutable téléscopage ! Le lendemain, autre cas flagrant de collusion UMP/riches : Le Figaro nous annonce la nomination, à la tête du « think tank » de l'UMP, la Fondation pour l'innovation politique, de Nicolas Bazire, qui n'est autre que le PDG du groupe Arnault, holding familial de Bernard Arnault (Dior, LVMH, Carrefour). Bettencourt, Arnault and co : on est là dans le top 5 des plus grosses fortunes françaises. Du coup, l'image populaire de l'UMP en prend un méchant coup. Gérard Streiff En bref Le PCF solidaire de la grève en Guadeloupe Jean-Louis Le Moing, membre du Comité exécutif national en charge des DOM-TOM, et Odette Terrade, sénatrice, sont actuellement à Pointe-à-Pitre où ils apportent la solidarité du PCF au mouvement de grève générale engagé depuis deux semaines. Droits des femmes/Féminisme Le premier bulletin de l’année 2009 de la commission est disponible sur le site du PCF ou dans chaque fédération. Au sommaire : Mise en œuvre des décisions du Congrès ; Services publics et souffrances au travail ; Europe et droit à l’avortement ; Solidarité avec les femmes palestiniennes, sahraouies ; Loi cadre contre les violences faites aux femmes ; Divers appels soutenant des actions en Europe ou dans le monde. le PCF dans les médias Vendredi 13 février Marie-George Buffet est l’invitée de Soir 3 à 23 h Changer d’Europe : premiers meetings Jeudi 5 février à Montpellier, avec Francis Wurtz et J.-L. Mélenchon Mardi 10 février à Marseille, avec F. Wurtz, M.-G. Buffet et J.-L.. Mélenchon. Et aussi le 21 février à Douai et le 8 mars à Paris CONSEIL NATIONAL Ordre du jour du Samedi 7 février Les élections européennes, rapporteur Jean-Marc Coppola Proposition d’expérimenter une charte du travail en commun du Conseil national, rapporteur François Auguste. Pierre Laurent donnera une information sur l’organigramme. Souscription Je verse : ……………………… ¤ Nom : ...................................................................... ......................................... Prénom : .......................................................................................................... Adresse : ........................................................................................................... .............................................................Code postal ........................................ Chèque à l’ordre de “ANF PCF” lance un appel aux professionnels des médias 2 place du Colonel-Fabien - 75167 Paris Cedex 19 www.pcf.fr/souscrire