Exposé semaine du son 2014

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Exposé semaine du son 2014
MONTE LE SON - LA SEMAINE DU SON 2014
Sommaire :
- Placement des musiciens
- Choix et placement des microphones
- Problématiques du câblage
- Acquisition dans une station d'enregistrement multipiste numérique ProTools
- Choix d'une prise par rapport à une autre
- Montage, édition des pistes
- Préparation au mixage
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PLACEMENT DES MUSICIENS
Le placement des musiciens en studio dépend evidemment de lʼinfrastructure du studio. Si
le studio possède des cabines (comme ce nʼest pas le cas ici), il convient de séparer les
différentes sources sonores afin de ne pas avoir de repisse. Mais il est aussi important
que les musiciens puissent se voir, ne pas trop éloigner bassiste et batteur, regrouper les
guitaristes, les clavieristes, les chanteurs et choristes, les cuivres, les cordes, etc...
Nous allons ici travailler dans les conditions du Live, beaucoup de formations musicales
préfèrent aujourdʼhui enregistrer dans ces conditions. Cela permet dʼobtenir une base, un
son cohérent traduisant le mieux possible lʼesprit du groupe sans déstabiliser les
musiciens habitués à jouer ensemble. Cette technique nʼinterdit pas dʼeffectuer des RERE,
cʼest à dire dʼajouter des pistes jouées par dessus la base enregistrée initialement.
Pour une séance enregistrée Live comme ici, nous avons distribué les musiciens et leurs
sources sonores (amplis) afin quʼils nʼinterfèrent pas dans la prise de son.
- Nous savons que la batterie procure un volume sonore important, il sera donc important
de «lʼisoler» le plus possible des autres points de captation.
- Le bassiste doit être assez proche du batteur, ils inter-agissent souvent par des mises en
place rythmiques précises, mais leurs sons doit se mélanger le moins possible.
- Le clavieriste doit lui aussi être vu par chacun, même si les musiciens connaissent leurs
parties à jouer, surtout dans une formation jazz, il nʼest pas rare que les solistes brodent
sur le thème sans que les autres musiciens en soient avertis. Selon lʼinstrument
employé, ici un clavier électronique pilote un expander, il convient aussi de lʼisoler si par
exemple il sʼagit dʼun piano acoustique que lʼon devra reprendre par des microphones.
- Le saxophoniste, lui aussi, doit avoir une vue sur tous ses collègues. Il est souvent le
soliste de la formation et son instrument «envoie» un volume sonore important dans des
fréquences difficiles à dissocier lors de la prise de son.
MONTE LE SON - LA SEMAINE DU SON 2014
CHOIX ET PLACEMENT DES MICROPHONES
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LE CHOIX DES MICROS
Le choix dʼun microphone adapté à son matériel de prise de son et à la prise de son à
effectuer est primordial. Il dépend bien sur du parc de micros que le studio possède. Cʼest
le premier maillon de la chaîne et sʼil est de mauvaise qualité ou mal adapté, tout effort
dʼamélioration sera vain. Nʼoublions pas que cʼest toujours lʼoreille qui prime, et les
conseils en matière de choix du micro sont toujours ceux de lʼingénieur du son et du son
quʼil souhaite reproduire.
Il existe plusieurs types de microphones :
- Les dynamiques : ils ne nécessitent pas de source dʼalimentation, sont souvent robustes,
dʼune sensibilité assez faible, ils acceptent des pressions acoustiques importantes et
sont dʼun prix abordable. Toutes les marques en fabriquent un ou plusieurs tels que AKG
(D12), SHURE(SM57, SM58), Sennheiser(MD21, MD421), etc...
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Nous utiliserons ici des micros dynimiques, un Shure SM57 sur la caisse claire, une
Beyer M422N sous la caisse claire et un Kennet KD120 sur la grosse caisse.
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Cʼest également le type de micro utilisé pour le saxophone, ici un Sennheiser
MD21, qui encaisse de fortes pressions et est insensible aux pop et sifflantes.
- Les électrostatiques (ou statiques) : Ils exigent une source dʼalimentation (12 ou 48V),
sont dʼune grande fidélité de reproduction, très sensibles, ils sont souvent utilisés montés
sur des suspensions. Les marques les plus emblématiques sont NEUMANN ou
SCHOEPS.
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Nous utiliserons aussi des microphones de ce type pour la Charleston(AKG451) et
les ambiances (RODE NT5 en couple)
- Les Électret : Ils necessitent une alimentation extrne, souvent par pile (1,5 à 9V), et sont
souvent miniaturisés. Ils permettent une grande discrétion, comme les micros-cravate, ou
aujourdʼhui adaptés aux instruments par des clips. Souvent réservés aux amateurs, ils
sont dʼune sensibilité honorable et dʼun rapport qualité/prix très convenable.
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Nous utiliserons ici un micro électret sur le saxophone, ce qui nous donnera le
choix de lʼun ou de lʼautre (Micro MD21) ou de faire un mix des deux.
- Les Rubans : ils sont de type électrodynamique. La membrane est un ruban dʼaluminium
ondulé qui fait également office de bobine. Ils sont très peu sensibles et exigent une très
bonne préamplification, performants mais très fragiles, ils craignent humidité et vent.
Cʼest un type de micro à employer sur des instruments tels que guitare acoustique,
cordes et SURTOUT PAS face à des instruments percussifs ou des cuivres.
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LE PLACEMENT DES MICROS
La première des considérations à prendre est de placer le microphone sans quʼil gêne la
pratique de lʼintrument. Il nʼy a ensuite pas de règle établie pour placer les micros, cʼest
lʼoreille de lʼingé-son qui doit faire son travail. Il connait ses microphones, a ses habitudes
pour avoir déjà fait de nombreux tests dans différentes situations.
Il sʼagit en général de repérer à lʼoreille (substituant le micro) en se plaçant devant
lʼinstrument quel est lʼemplacement le plus adéquat pour capter le son qui lʼintéresse.
Sur une guitare par exemple, il sera tout à fait possible de placer un micro près de la tête
de la guitare pour obtenir un son très précis avec peu dʼharmoniques. Sur une caisse
claire, on pourra choisir de placer le micro dessus, pour obtenir beaucoup de puissance et
dʼharmoniques, ou bien de le placer sous la caisse pour capter la finesse du timbre. Bien
entendu, on pourra placer un micro dessus et un dessous et ensuite mixer les deux
sources en prenant garde aux phases.
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Dans notre séance, commençons par la batterie :
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La caisse claire est captée par 2 micros, un dynamique (SM57) sur le
dessus, proche du cercle et orienté vers le centre de la peau et un autre dynamique
supercardioïde (Beyer M422N) sous la caisse, proche du timbre.
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La grosse caisse est captée par un micro dynamique (Kennet KD120). On
peut ici choisir lʼemplacement pour que la grosse caisse sonne BOOM ou QOOM. Pour
une prise de son très précise, on choisira de placer le micro à lʼintérieur du fût et de la
«plaquer» à la peau , au centre, à lʼendroit où frappe la batte. pour un son plus Boom, on
préfèrera placer le micro devant la peau à lʼextérieur du fût, devant lʼévent, ou devant la
peau, tout dépend du son voulu.
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La charleston est captée par un électrostatique (AKG451) situé au dessus
des cymbales, en laissant plus ou moins dʼair entre le micro et la charley.
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Les cymbales seront captées par un couple de micros électrostatiques
cardioïdes (RODE NT5). Nous avons le choix, pour effectuer cette prise de son
stétéophonique, à deux placements :
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*Le couple A-B souvent utilisé pour la prise de son des grands
orchestres ou des grands orgues. Espacement des 2 micros de 40cm à plusieurs mètres,
angle de 30° entre les 2 capsules.
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*Le couple X-Y ou le couple ORTF sont souvent utilisés pour une prise
de son dʼensembles réduits. Le couple ORTF permet une excellente reproduction en
mono.
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Puis vient le tour de la contrebasse. Elle est ici équipée dʼun Piézo qui capte par
vibration, le son de la contrebasse. Elle est branchée à un amplificateur ou non. Nous
utiliserons cette source, assez pratique si le musicien bouge un peu. La contrebasse sera
aussi reprise par un microphone à ruban que lʼon placera assez proche dʼune des ouies.
Les deux sources nous permettront de profiter de lʼattaque du piezzo et de le rondeur et
de la chaleur du microphone.
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Vient ensuite le clavier, simplement repris ici en stéréo par deux sorties line.
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Enfin, le saxophone, comme nous lʼavons vu précedemment, sera repris par un
électret pincé sur la trompe du sax et aussi par un micro dynamique encaissant de fortes
pressions, face à lʼévent.
PROBLÉMATIQUE DU CÂBLAGE
Nous utiliserons ici un câble multipaire qui effectue les connexions des microphones et
des lignes au système de préamplification. Nous veillerons à respecter un ordre de
câblage, chacun a sa technique, pour repérer facilement chaque source sur la console de
prise de son.
Dans lʼordre, je place les sources ainsi :
HH BD SN-Top SN-Bot <OH-L OH-R> BassLine BassMic Keyboard L/R SaxÉlectret SaxMic
Nous disposons donc de 12 sources différentes.
Nous devons aussi prendre en compte le réseau de casques par lequel les musiciens et
lʼingénieur vont entendre leur «balance». Je crée en général 2 réseaux de casques
distincts auxquels les musiciens sont reliés en utilisant 2 auxiliaires stéréos sur la console.
Cela permet de réaliser 2 balances différentes pour que chacun retrouve dans son casque
le mix quʼil préfère.
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ACQUISITION DANS UNE STATION NUMÉRIQUE PRO TOOLS
Chaque source arrive dans la console via un préampli (Focusrite) et est routé aux entrées
des interfaces A/N. On effectue le réglage de chaque préampli jusquʼà un niveau situé
entre -30 et -15 dB, aucune saturation ne peut être acceptée, cela provoquerai une
distortion du signal, ou des clics numériques.
Aucun traitement nʼest effectué en amont, Protools permettant dʼaffecter des traitments
dʼéqualisation et de dynamique au moment du mix. Cʼest donc un son pur qui est acquis.
Les différentes sources bénéficient dʼune piste chacune, cʼest le principe de
lʼenregistrment multipiste. Il convient de faire une balance de toutes ces pistes, aussi bien
pour lʼécoute de lʼingénieur du son que pour les musiciens, une balance différente pourra
être effectuée pour chaque réseau de casques.
Le choix de qualité de lʼéchantillonage est maintenant à réaliser. Nous choisirons ici une
fréquence de 44,1kHz, cʼest la fréquence lue par les lecteurs de CD, ce qui évitera un rééchantillonage. De nombreux studios travaillent aujourdʼhui en 96kHz, plus précis mais
aussi occupant beaucoup plus de ressources système et dʼespace sur les disques durs.
La plage de dynamique est également réglable, à 16 ou 24 bits
- Création de la session Protools :
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Commençons par nommer la session (le titre du morceau), choisissons la
destination des fichiers, la fréquence dʼchantillonage (44,1kHz), la plage de dynamique
(24 bits soit 144dB de dynamique), et le format des fichiers (wav ou aiff).
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La session est vide, créons 12 pistes mono, 1 Master fader stéréo, et deux
auxiliaires qui seront nos départs pour les réseaux de casques.
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Nommons les pistes.
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Affectons maintenant les entrées aux différentes pistes selon lʼimplantation dans les
pré-amplis et effectuons le routing des casques.
La session est prête à débuter, les musiciens vont jouer le morceau pour que lʼingé-son
verifie que tous les signaux sont bien présents et effectue les réglages des préamplis et
effectue la balance dans les différents réseaux de casques.
Lorsque tous ces réglages sont satisfaisants, lʼenregistrement peut commencer.
On effectue plusieurs prises du même titre jusquʼà
ce que tous les musiciens soient contents, quʼil nʼy
ait pas de «pin», dʼerreur de lʼun ou de lʼautre. En
tant quʼingé-son, il est important de guider la
session dʼenregistrement, à moins quʼun
réalisateur soit présent. Il ne faut donc pas hésiter
à stopper lʼenregistrement si quelque chose ne
tourne pas rond, erreur dans la musique,
saturation dʼun signal, écrêtage, ronflement, etc....
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CHOIX DʼUNE PRISE PAR RAPPORT À UNE AUTRE
Nous avons plusieurs prises sur notre session. Jʼavais établi un groupe de toutes les
pistes permettant «dʼempiler» les différentes prises. Elles vont donc se retrouver
approximativement calées au même endroit (les musiciens de jazz jouent rarement au
clic) puisque nous avons déterminé un tempo et quʼils ont démarré leur titre après deux
mesures de décompte.
Tous ensemble, nous effectuons le choix de la meilleure prise, celle dans laquelle il y a le
meilleur groove, le meilleur chorus, les meilleures mises en place, etc....
MONTAGE ET ÉDITION DES PISTES
Si néanmoins quelques défauts subsistent, peut-être pourra-t-on les substituer grâce aux
autres prises. Il sʼagit de déterminer les passages à remplacer....et imaginer si cʼest
possible de «coller» une partie dʼune autre prise dans celle choisie. Ce ne sera possible
que dans quelques cas, se méfier des résonnances des cymbales par exemple...
Une fois le(s) montage(s) effectué(s) grossièrement, nous allons devoir affiner les
transitions entre les régions. Pour obtenir un montage transparent à lʼécoute, il sʼagira de
déplacer les points de montage sur les différentes pistes et ainsi éditer en douceur...
Il faut toujours utiliser un crossfade entre deux régions montées pour éviter les clics
numériques (choisir un temps dʼenviron 15ms).
PRÉPARATION AU MIXAGE
La préparation au mixage se nomme «une mise à plat», cʼest à dire quʼon effectue une
balance du morceaux tout dʼabord sans effet.
Je place toujours un plugin dʼoutils de niveau et de phase sur le master. Cela permet de
contrôler les niveaux dʼentrée et de sortie, la corrélation de phase, la diffusion dans
lʼespace stéréophonique.
Un fois cette mise à plat effectuée, on va pouvoir traiter les différents signaux.
Commençons par la batterie. Il faudra sans doute «gater» la grosse caisse et les pistes de
caisse claire si trop de repisse sʼy trouve. puis on peut utiliser des equaliseurs et des
compresseurs pour colorer le son.
La basse demandera aussi un traitement dʼaqualisation et aussi une compression.
La couleur du morceau dépendra beaucoup de lʼequalisation des pistes, dʼun même
morceau, nous pourrons sortir un mix plus ou moins compressé, ou plus doux, cʼest notre
oreille qui choisira.
Vient ensuite lʼapplication des effets. Pour commencer, contentons-nous dʼune réverb et
dʼun delay (écho). Sur les pistes qui nécessitent un effet, nous créons une départ vers
lʼauxiliaire accueillant le plugin et nous réglons son niveau dʼenvoi.
MONTE LE SON - LA SEMAINE DU SON 2014
Tout est histoire de dosage et de minutie, Protools permet lʼédition de très nombreux
paramètres et le mixage dʼun titre peut prendre entre plusieurs heures et plusieurs
jours...tout dépend de la complexité du titre.... et des moyens de la production.
Document réalisé par Stéphan Perrin
Pour lʼassociation Sous Les Étoiles
Dans le cadre de La semaine du son 2014
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