Evaluation de la forme du galopeur
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Evaluation de la forme du galopeur
PROGRAMMES D’ENTRAINEMENT ET
EVALUATION DE L’ETAT DE FORME
DU CHEVAL DE COURSE AU GALOP
les programmes d’entraînement
des chevaux de course étaient
traditionnellement plus une question
d’art qu’une question de science.
L’art de l’entraîneur associait une
connaissance générale des chevaux,
un apprentissage préalable auprès
d’un autre entraîneur et une part de
chance pour attirer des chevaux de
bonne qualité dans ses boxes.
Sans remettre en cause l’art de
l’entraîneur, l’incidence élevée des
blessures des os et tissus mous des
membres indiquent que certains
chevaux ne sont pas préparés
de manière adéquate ti
supporter les exigences de
l’entraînement et des courses.
RJ Rose
Laboratoire de performance équine
Department of Veterinary Clinical Sciences
Université de Sydney
Sydney NSW 2006 Australie
20
A
u cours des années 1970 et
1980,
une vague
de
recherche concernant la physiologie et la biochimie du cheval
athlétique a soulevé de sérieuses
questions
à propos
des
méthodes d’entraînement alors
utilisées. Dans cet article, j’espère fournir quelques perspectives
à partir d’une série d’études sur
réalisée a u
I’entraînement
Laboratoire de performance
équine d e l’Université d e
Sydney.
PERFORMANCES
EN COURSE ET
APPROVISIONNEMENT
ENERGETIQUE
Pour comprendre les performances en course, il faut comprendre les mécanismes énergétiques mis en jeu lors d’effort
intense. Aussi bien pour le processus de contraction musculaire
que pour toutes les fonctions
métaboliques de l’organisme, de
I’énergie doit être fournie. Au
cours de l’effort intense, la forte
demande en oxygène couplée
aux réserves limitées en oxygène
résulte en une dépendance substantielle vis ?a vis des systèmes
production
anaérobies d e
d’énergie. Toutefois, des études
récentes issues de notre laboratoire ont montré la contribution
pour 70% des mécanismes aérobies de production d’énergie
(énergie qui exige la présence
d’oxygène) lors d’une course de
1600m. Lorsque la distance de
la course augmente, la proportion d’énergie p r o d u i t e d e
manière aérobie augmente de
EquAlhb,,.Vd.7.Nu~27.~brs1995
telle façon que plus de 80% de aux exercices de type aérobie
l'énergie nécessaire à une course (exercices effectués àune allure
de 3 2 0 0 m provient de processus supérieure au galop moyen
aérobies. Les conséquences de "three-quarter pace»). Ce choix
cet état de fait sont claires en ce semble c o r r e c t en raison l’im-qui concerne les programmes portance de I’approvisionned’entraînement des chevaux de ment énergétique aérobie pour
les performances de course et la
course.
Même chez les chevaux entraî- forte élévation de la capacité
nés aux sprints, les s y s t è m e s aérobie maximale résultant de
aérobies de production d’éner- I’entraînement.
gie doivent être stimulés puisqu’ils fournissent l a majeure MODIFICATIONS
PHYSIOLOGIQUES
parue de l'énergie.
Lorsqu’on examine les pro- ET BIOCHIMIQUES
grammes d’entraînement de A L’ENTRAINEMENT
Les principales adaptations
base adoptés par les meilleurs
entraîneurs, 11 est intéressant de d’entraînement, importantes
noter que la plupart d’entre-eux pour les performances de courréserve une place importante se, sont les suivantes
:
Adaptation
du muscle squelettique
E n particulier I’amélioration
de sa capacité à utiliser l’oxygène
par augmentation de I’activité
des enzymes clés telles que la
citrate synthétase (CS) et la 3hydroxyacyl CoA déshydrogénase (HAD). De nombreuses
études n’ont montré que peu de
changement dans l’activité des
marqueurs anaérobies, lactate
déshydrogénase, à la suite de
I’entraînement.
Augmentation
du volume systolique
Quelques études montrent
que l’entraînement induit une
augmentation de la quantité de
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tous
sang pompé à chaque battement cardiaque (volume systolique), ce qui résulte en u n e
amélioration du transport de
I’oxygène. C’est pourquoi, la
consommation en oxygène est
égale à VO2 = volume systolique * fréquence cardiaque *
quantité d’oxygène consommée
par le muscle.
Augmentation de
la consommation maximale
d'oxygène (VO2 max)
La consommation maximale
en oxygène est définie comme le
point où cette consommation
ne montre plus d’augmentation
malgré une augmentation de la
vitesse. Au cours de l’entraînement, nous avons trouvé des
accroissements de 30% de la
consommation
maximale
d’oxygène, la plupart de cette
progression s’effectuant au
d e s 4 à 6 premières
semaines d’entraînement.
capacité tampon exige un travail intense et participe ?I limiter
la diminution du pH musculaire au cours de l’effort intense.
L'importance de ces adaptations biochimiques, physiologiques et structurales à I’entraînement sont présentées dans la
discussion suivante au sujet de
différentes stratégies d’entraînement.
PROGRAMMES
D’ENTRAINEMENT
Les principaux objectifs d’un
entraînement sont listés comme
suit
retarder
l’apparition de la fatigue
*maintien
de la vitesse maximale
* amélioration
des possibilités biomécaniques
- réduire
l’incidence des blessures
l maintien de la motivation et
de l’enthousiasme du cheval.
.
:
Amélioration de la résistance
osseuse et des tissus mous
Des efforts répétés appliqués
aux os, tendons et ligaments
Les adaptations résultant de
sont nécessaires à cette adapta- I’entraînement apparaissent en
tion. Le taux élevé de blessures réponse à des exercices répétés
concernant les membres ne qui sollicitent les systèmes prosemble pas être le résultat d’un ducteurs d'énergie adéquats.
entraînement trop poussé mais Ces adaptations permettent
plutôt celui d’un manque d ' e n - d’obtenir un cheval "en forme"
traînement qui fait que les tissus que l’on peut définir comme
sont mal préparés au stress d’un possédant les dispositions phyentraînement de haut niveau et siologiques, biochimiques et
des courses.
structurales lui permettant
d’améliorer c e s potentialités
Amélioration de la capacité
athlétiques naturelles. Un des
tampon des muscles
problèmes majeurs de l’entraîCette adaptation provient neur et du vétérinaire-conseil
d’exercices d’intensité suffisante réside dans la difficulté d’évapour produire des taux substan- luer un changement de forme
tiels d’acide lactique dans le physique qui reste dans la plumuscle. L’amélioration de cette part des cas très subjective.
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Entraînement lent,
sur de longues distances
Le point de départ de tout
entraînement de base est un
exercice lent réalisé sur des distances substantiellement supérieures à celles que le cheval
devra courir. Les objectifs de cet
entraînement sont I’amélioration du transport de I’oxygène
mais aussi de la résistance des os
et des structures portantes. Ce
type d’entraînement est généralement réalisé a u trot et jusqu’au canter et doit être pratiqué durant 10 ZI 30 minutes p a r
jour en fonction de l'état de
forme et de la maturité du cheval. Les deux-ans requièrent en
général une préparation de plus
longue durée et plus de travail,
en raison des adaptations nécessaires en ce qui concerne les os.
Un bon travail de fond de ce
type permettra généralement de
prévenir les problèmes de périostite métacarpienne ("shin
soreness").
Afin d’obtenir les résultats
optimum en course, il est nécessaire de poursuivre cet entraînement sur longues distances pendant au moins 6 à 8 semaines.
Nos études expérimentales sur
chevaux d’endurance montrent
que les adaptations des activités
enzymatiques musculaires n'apparaissent qu’au bout de neuf
mois d’entraînement ; c’est
pourquoi, cette phase devrait
durer aussi longtemps que possible, bien que sur le plan économique cela paraisse peu productif il faut certainement au
moins 8 semaines pour un yearling ou un cheval de deux ans
lors de sa première préparation.
La nage est souvent préconisée
en supplément d e I’entraîne-
;
ment et semble bénéficier psychologiquement au cheval.
Quelques variations dans le
programme et la pratique
d’exercices différents semblent
bénéfiques à la préparation d u
cheval. Il faut cependant garder
à I’esprit que la nage reste un
exercice de faible intensité et
n'est I’équivalent que d’une
course très lente sur le champ
de course.
L ’ e n t r a î n e m e n t l e n t , sur
longues distances est la base clé
d’une bonne préparation aux
courses. Certains articles suggèrent qu'il devrait durer jusqu'à 6
mois
mais
nos
études à
l’Université de Sydney indiquent que les adaptations
majeures du coeur, des poumons, des muscles et du sang
apparaissent en 8-10 semaines.
L’inconvénient majeur de poursuivre cet entraînement lent, sur
de longues distances, est le
risque de produire des chevaux
lents, spécifiques des longues
distances! Ainsi, l’entraînement
lent est une technique améliorant aussi bien la capacité aérobie que la résistance des structures osseuses et des tissus mous
des membres. Un des principes
importants est I’augmentation
de la vitesse et de la durée de
I’entraînement toutes les 1 à 2
semaines. Nos études expérimentales montrent qu’aucune
amélioration de la forme physique n’est constatée si la charge
d’entraînement teste constante.
Entraînement
d’intensité modérée
Après ce travail de fond d’entraînement lent sur les longues
distances, une progression de
l’intensité des exercices est
nécessaire. Le but, à ce stade, est
de bâtir, sur la base représentée
par I’entraînement lent, des
potentialités d’endurance à des
exercices d’intensité supérieure.
L’exercice commence sut des
distances de 50 à 75% de celles
des futures courses et progresse
peu à peu, sur une période de 4
à 6 semaines, jusqu’à 100 à
300% des distances des futures
courses. L’exercice est généralement réalisé à 80-90% d e l a
vitesse maximale du cheval. Ce
type d’exercice est entrecoupé
de jours de travail plus modérés,
similaires à ceux pratiqués lors
de l’entraînement lent mais
d’une intensité supérieure.
Dans le cadre d’un entraînem e n t d’intensité modérée, les
exercices doivent être réalisés au
moins 2 à 3 fois par semaine.
Il est important, durant cette
période de 4 à 6 semaines, d’accroître aussi bien la durée que
l'intensité des exercices. Un
relevé des concentrations de lactate sanguin après I’entraînement représente u n m o y e n
d’évaluer si l’intensité de l’exercice est appropriée. Les niveaux
de lactate dans le sang total doivent se trouver dans la fourchette de 4 à 8 mmol/l et les niveaux
plasmatiques entre 6 et 12
mmol/l.
d'intensité élevée
Après la réalisation des 8-10
semaines d’entraînement lent
sur de longues distances, suivies
des 4-6 semaines d’entraînement d'intensité modérée, I’entraînement d’intensité élevée
peut commencer. Le but est ici
d’améliorer I’accélération et la
vitesse du cheval en ajoutant un
travail d’intensité élevée aux
jours lents et modérés qui font
partie intégrante de I’entraînement de base. Le travail de forte
intensité doit être réalisé à 95100% de la vitesse maximale du
cheval sur des distances de 400
à 1000 m. Au départ, l’exercice
est pratiqué sur les distances
courtes, progressivement augmentées jusqu’à l a d i s t a n c e
pour laquelle le cheval est destine.
Ce type d’exercice n'est nécessaire qu’une à deux fois par
semaine en plus des séances
d’entraînements lent et modéré
des autres jouts.
Cet entraînement d'intensité
élevée aide à améliorer les possibilités anaérobies du cheval
ainsi que la capacité tampon des
muscles squelettiques. Afin
d’augmenter le niveau d’intensité de l’entraînement, il peut
être utile de répéter les exercices
d’intensité élevée 2, 3 ou 4 fois
sur des distances de 400 à
1000 m en les séparant par des
temps de récupération de 3 à 5
minutes. C’est le concept d’entraînement
intervalle
par
("interval training").
Autres principes
d’entraînement
Une des tâches les plus difficiles de l’entraînement est le
maintien de la forme. En général, un cheval peut être préparé
pour une course en 12 à 16
semaines mais le maintien de
cette forme est la chose qui peut
différencier l’entraîneur moyen
du meilleur.
Il est important de ne pas surentraîner les chevaux en particulier lors du programme d’intensité élevée.
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La plupart des chevaux se
maintiendront avec des exercices d e r o u t i n e privilégiant
I’entraînement
d’intensité
modérée. U n d e s m e i l l e u r s
indices montrant que le cheval
travaille trop ou de manière trop
intensive pour son niveau de
forme est une baisse d’appétit.
Pour un cheval courant une fois
par semaine, un travail d’entretien d'intensité modérée associé
à un ou deux jours lents et un
seul d’exercices d’intensité élevée, sera nécessaire au maintien
de la forme.
L e désentraînement e s t l e
terme utilisé lorsque les chevaux
arrêtent I’entraînement.
Beaucoup des adaptations des
os, tendons, ligaments, muscles
et systèmes de transport de
I’oxygène reviennent peu à peu à
leur état initial d’avant I’entraînement. Certaines études montrent que les modifications musculaires apparues au cours de
I’entraînement peuvent persister
durant des semaines ou des mois
après l'arrêt de I’entraînement.
Par contre, nos études récentes
montrent que I’accroissement
de la consommation d’oxygène
ainsi que son retour à s o n
niveau initial se font beaucoup
plus rapidement, sur une période de 2 à 3 semaines. Ce qui est
important dans cette approche
est la durée oendant laquelle le
cheval a suivi I’entraînement
avant son arrêt.
Les chevaux entraînés durant
des périodes plus longues resteront en forme plus longtemps.
Cet état de fait a des implications importantes pour les chevaux victimes d’une blessure à
un membre qui exige une brève
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période de repos. Cette découv e r t e expérimentale suggère
qu’un repos de 2 à 4 semaines
affectera certainement I’approvisionnement en oxygène m a i s
que certaines des adaptations
importantes concernant le
muscle seront conservées. C’est
pourquoi lors de la reprise de
I’entraînement, 2 à 3 semaines
d’exercice p o u r r o n t suffire à
retrouver I’état de forme préalable.
simple est la prise de sang permettant de mesurer le lactate
sanguin ou plasmatique à la
suite d’un exercice submaximal.
Avec l’amélioration de la forme
physique, on observe une diminution des concentrations de
lactate. Cette technique d’évaluation a été mise au point à
Laval par l'équipe de physiologie comparée.
CONCLUSION
Un certain nombre de quesrions relatives à I’entraînement
testent encore sans réponse. Le
nombre optimal de jours d’entraînement par semaine, la fréquence d’exécution des exercices, I’intensité optimale en
fonction des différentes distances de course et la meilleure
méthode de maintien de la
forme restent à définir.
Un des problèmes majeurs de
l’entraîneur est de maintenir le
cheval G+ son pic de forme en évitant le syndrome de sur-entraînement, où les chevaux perdent
leur forme.
Ceci requiert encore beaucoup
de recherche sur les techniques
d’entraînement et ce type de
recherche coûte cher. En attendant, il est important d’étudier
les programmes d’entraînement
adoptés par les entraîneurs qui
ont de la réussite, ces informations constituant une base pour
de plus amples investigations.
Bien qu’un certain nombre de
m é t h o d e s d’évaluation de la
forme soient disponibles expérimentalement, seul un petit
nombre est utilisable en pratique. La technique la plus
Equhhbn . Vd. 7. Nwdm 2,. sq.tmbm ,995