Musiques populaires modernes
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Musiques populaires modernes
Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 Musiques populaires modernes Cours de M. JACONO AMU Université d'Aix-Marseille Secteur musique 2015-2016 -1- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 Introduction Les musiques populaires modernes se développent à partir du dix-neuvième siècle avec l'intensification des moyens de diffusion et de retransmission de la musique. Le vingtième siècle voit ce phénomène s'accentuer avec la massification de l'accès à une culture de plus en plus globalisée. Les musiciens, qui au départ rencontraient le succès par l'édition de leurs partitions et des concerts non amplifiés, se tournent progressivement vers la radio, puis le disque, la télévision et aujourd'hui l'Internet qui deviennent autant de vecteurs pour promouvoir des concerts devenus de grands rassemblements de foule et des spectacles totaux, rappelant le vieux rêve de Wagner, le Gesamtkunstwerk ou œuvre d'art totale. Il s'agira dans ce dossier de mesurer l'importance croissante du concert pour la compréhension des musiques populaires modernes. Nous verrons dans un premier temps comment le groupe The Beatles marque l'entrée du concert de musique populaire dans la modernité, puis dans un second temps l'évolution contiguë de la technique et du spectacle au cours de ces cinquante dernières années, pour nous tourner enfin vers l'analyse d'une chanson en concert de U2. I – L'évolution des concerts chez le groupe The Beatles The Beatles est un groupe de quatre musiciens, John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr, qui ont marqué l'histoire de la musique et du rock. Considérés comme de véritables légendes, ils ont su se renouveler au fil de leurs dix années d'activité et ont ouvert la voie aux tournées mondiales et aux retransmissions télévisuelles. On estime que leurs disques se sont vendus à plus de deux milliards d'exemplaires à travers le monde. -2- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 Avant d'être les quatre garçons dans le vent et de devenir « plus célèbres que Jésus », les Beatles est un petit groupe de Liverpool qui se produit dans des cafés et des tavernes. Ils font leurs premières armes au Jaracanda, au Casbah puis au Cavern Club, trois bars de Liverpool et ont rapidement l'opportunité de jouer à Hambourg, en Allemagne, où ils se produisent dans un club nommé l'Indra et au Keiserkeller. Des enregistrements « bootlegs » (i.e. clandestins) témoignent de la piètre qualité sonore des concerts des débuts. Nous sommes réellement face à un groupe débutant qui se produit dans de petites salles ; le son des amplificateurs n'est pas repiqué, le rapport du groupe à son public est on ne peut plus direct. Ils sont alors un groupe d'entertainers au sens noble, ils donnent tout pour faire danser le public. C'est à Hambourg que les Beatles signent leur premier contrat d'enregistrement, en tant que sidemen pour Tony Sheridan, en 1961 chez Polydor. De retour en Angleterre, ils sont auditionnés chez Decca, sans succès et signent finalement chez Parlophone (EMI) grâce à l'intuition de George Martin, que l'on surnommera le cinquième Beatles. Ils abandonnent alors leur image de « pur rock'n'roll » de leurs débuts dans les clubs, troquent le blouson de cuir pour le costumecravate, tenue habituelle des artistes Le logo du groupe The Beatles, marqueur de leur identité visuelle l'époque à laquelle ils adoptent leur coupe au bol si caractéristique. Leur image devient professionnels à l'époque. C'est aussi plus soignée, ils sont plus présentables et se dotent d'un logo qui vient compléter leur identité visuelle. Ainsi, à partir de 1962 débute véritablement le « phénomène » Beatles, le disque leur permettant d'élargir leur public. Ils enregistrent six albums entre 1963 et 65, que l'on peut considérer plus comme des compilations de leurs singles (chanson à succès publiée au format 45 tours, plus accessible que l'album). Ces enregistrements sont de véritables invitations à aller aux concerts et les compositions sont modelées par le -3- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 format qui impose une durée d'environ trois minutes. Du point de vue scénique, les Beatles sont, rappelons-le, devenus tout à fait présentable avec leur complet ; les enregistrements vidéos de concerts dont on dispose nous montrent un jeu de scène très limité, avec quelques déhanchements et signes de la main au public qui suffisent à en déclencher l'hystérie. Les musiciens sont debout, dans une posture assez figée, sans jeu de lumières ; tout cela peut nous sembler aujourd'hui bien peu rock'n'roll. A partir de 1964, le groupe prend une dimension internationale avec un passage en France et une première tournée en Amérique couronnée de succès. En 1965, le groupe entreprend une deuxième tournée outre-Atlantique et arrive à New York City le 13 août 1965. Deux jours plus tard, le 15 août, ils font un concert au Shea Stadium de New York, un stade de baseball. C'est le premier concert de l'histoire dans un stade. Malgré d'importants efforts sur la sonorisation (Vox met à disposition du groupe des amplificateurs de 5000 Watts), le rendu sonore est déplorable tant la foule est bruyante et incontrôlable. De fait, le groupe lui-même n'entend pas la musique qu'il produit. Cet événement marque l'apothéose de la carrière scénique des Beatles tout en suscitant une considérable déception. Il se trouve que les Beatles se retrouvent littéralement dépassés par leur notoriété ; constamment sous escorte, ils doivent arriver au concert du Shea Stadium en hélicoptère. Après cette tournée, le groupe enchaîne sur une tournée en Asie qui les conduit au Japon et aux Philippines. Là, ils rencontrent des ennuis et l'animosité de la population. Ce mauvais accueil, qui s'ajoute à l'hystérie collective, à la déception du Shea Stadium et à la fatigue accumulée par tant de concerts conduit le groupe à renoncer à la scène et aux tournées. Cette période marque donc un tournant dans la production musicale du groupe : l'album Rubber Soul, paru en 1965, est plus recherché que les précédents du point de vue des structures, des instruments employés ou du traitement sonore, et Revolver qui sort l'année suivante, est dans la même veine. C'est avec l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band que les Beatles amorcent pour de bon un tournant dans leur production discographique. L'album est un -4- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 véritable concept-album, qui se déploie comme une œuvre et non plus comme une succession de chansons. Sgt. Pepper's explore les possibilités offertes par le développement de la bande magnétique que sont l'overdub, les boucles, les passages à l'envers ou encore le collage. De plus l'album possède une forme innovante : la première chanson et l'avant-dernière sont éponymes, semblant esquisser une forme cyclique que vient contredire la dernière chanson, qui se retrouve à part. Le groupe The Beatles s'inscrit dès lors dans une dynamique nouvelle : ils cherchent à laisser les tournées et les foules pour se concentrer sur la création artistique, à se libérer du carcan du rock. Cela coïncide avec le mouvement du rock progressif, tourné vers l'innovation musicale, qui se développe à partir de 1966 avec par exemple l'album Pet Sounds, de The Beach Boys. Les Beatles ont publié très peu d'enregistrements de leurs prestations en concert, ce qui tient principalement aux cris de la foule qui rendaient souvent impossible un enregistrement correct. L'album The Beatles at the Hollywood Bowl est le premier album live à être commercialisé, en 1977, soit bien après la séparation du groupe. Bien que les bandes aient été retravaillées par George Martin, la qualité sonore du résultat laisse toujours à désirer. Les Beatles ont considéré à sa sortie que cet enregistrement était pirate, aucun d'eux n'étant sous contrat avec Capitol Records qui édite le disque ; cela nous amène à évoquer un autre enregistrement pirate lui aussi commercialisé, celui intitulé Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962 et publié par Lingasong et Bellaphon en 77. Remarquons aussi que les compilations Antology 1 et 2 publiés en 1995 et 1996 contiennent quelques enregistrements de concerts. De la même façon, rares sont les concerts à avoir été retransmis à la télévision. La BBC retransmet tout de même un concert live le 7 décembre 1963 avec le show It's The Beatles Live. Le groupe est pourtant très représenté par les médias. En plus de nombreuses interventions à la radio, le groupe donne de nombreuses interviews à la télévision, comme par exemple le Ed Sullivan Show, grand spectacle télévisuel américain, où ils passent le 9 février 1964 et le 14 août 1965. Ils participent aussi à un programme de télévision diffusé à l'échelle mondiale, Our World, le 25 juin 1967. -5- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 Enfin, les Beatles ont une présence sur grand écran puisqu'ils tournent dans les films A Hard Day's Night en 1964 et Help! Ien 1965. Ils deviennent ensuite non seulement acteurs mais aussi producteurs, avec Magical Mystery Tour, diffusé à la télévision en 1967 et Let It Be en 1970. N'oublions pas le célèbre film d'animation Yellow Submarine que les Beatles produisent en 1968. II – L'évolution des moyens sonores et de la technologie utilisée en concert depuis la fin des années 1960 Comme nous l'avons évoqué précédemment, les Beatles ont initié le concert moderne, au sens où ils sont le premier groupe à avoir joué dans des stades et fait des concerts retransmis à la télévision à l'échelle mondiale. Ils se sont cependant retiré de la scène et ont renoncé aux tournées et incarnent en cela aujourd'hui une vision désuète du concert. En effet, la fin des années 1960 est marquée par la massification du concert, qui ne peut plus se limiter au stade. C'est l'invention du festival, dont le Woodstock Music and Art Fair marque les débuts légendaires. Ce festival rassembla ainsi en 1969 plus de trente formations musicales, parmi lesquelles nous citerons seulement les plus grands noms : Ravi Shankar, Joan Baez, Carlos Santana, Janis Joplin, The Who, Jefferson Airplane, Crosby Stills Nash & Young ou encore Jimi Hendrix. Woodstock dura trois jours et attira environ 500 000 spectateurs autour d'une scène en plein air. Ce type de rassemblement devient possible grâce aux innovations techniques et à l'intensification des liens tissés entre technologie et musique. Le son prend une importance croissante. Les techniques du son évoluent et il devient possible de mixer en direct et de sonoriser de grands espaces de façon satisfaisante. De plus les musiciens utilisent des pédales d'effets qu'ils peuvent connecter entre elles et ainsi sculpter -6- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 littéralement le son de leur instrument avec de la wah-wah (filtres passe-haut et passebas), du delay (sorte d'écho artificiel) ou de l'overdrive (saturation du signal), créant ainsi de l'inouï. D'autre part se modernisent progressivement les jeux de lumières, qui peuvent évoluer entre les chansons puis pendant celles-ci, en fonction des mouvements des musiciens (le micro, jusqu'alors figé, devient mobile) ou de l'ambiance souhaitée. Évoquons à ce titre les concerts de Barbara où l'intensité dramatique est accentuée par l'évolution des couleurs projetées sur scène. De ces jeux de lumières découle naturellement l'irruption plus tardive des projections vidéos pendant le concert, qui peuvent être aussi bien la retransmission des musiciens pour être visibles par tous ou des images d'illustration, filmées ou de synthèse, en lien avec la musique. Le concert prend ainsi peu à peu la forme d'un spectacle total, un show moderne où tous les moyens possibles sont mis en place pour captiver le public et orienter son attention vers la scène. La théâtralité inhérente à la scène devient alors suprathéâtrale, comme en témoignent les concerts de Queen comme le célèbre concert à Wembley de 1986 où Freddie Mercury change constamment de costume et fait participer le public au spectacle. De façon plus marquante encore, Madonna dans son concert à Rome de 1988 reprend ce principe de la participation du public et des évolutions vestimentaires mais y ajoute des danseurs et des choristes. La scène devient de fait un espace narratif dont le décor évolue et dont Madonna est le protagoniste (remarquons que ses musiciens sont invisibles). Aujourd'hui le spectacle total qu'est devenu le concert de musique populaire fait intervenir des effets numériques, développés progressivement depuis les années 1980, qui d'abord cantonnés à l'enregistrement, accèdent au monde du live par le développement du traitement du signal en temps réel (Real Time Digital Sound Processing) qui permet non seulement d'appliquer des effets sur les instruments et les voix (vocoder, auto-tune...) mais aussi d'automatiser les effets lumineux, vidéos voire pyrotechniques. Tout cela est désormais piloté par ordinateur et réagit automatiquement aux changements de tonalité ou de tempo, même si cela reste cantonné au champ de la -7- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 musique expérimentale et de la performance (les travaux de recherche de l'IRCAM autour du logiciel PureData offrent de remarquables possibilités à ce niveau mais encore peu exploitées par le monde du spectacle professionnel). De plus, si les effets appliqués à la musique et à la mise en scène deviennent numérique, c'est surtout la musique en elle-même qui le devient de plus en plus. Il n'est pas rare aujourd'hui d'assister à un concert où le musicien est seul sur scène avec son ordinateur, pas parce que ses musiciens sont cachés comme chez Madonna, mais simplement parce que l'ordinateur suffirait à remplacer un orchestre. Ces considérations nous amènent à envisager l'analyse d'un concert moderne d'un groupe mondialement célèbre, U2. III – Analyse d'une chanson en concert : U2 – « I'll go crazy if I don't go crazy tonight » U2 est un groupe de rock fondé en 1976 à Dublin alors que Paul Hewson dit Bono et David Evans dit The Edge, respectivement chanteur et guitariste sont rejoints par Larry Mullen à la batterie et Adam Clayton à la basse. D'abord baptisé Feedback avant d'adopter le nom de U2, le groupe se produit rapidement sur des scènes locales et se fait connaître en reprenant des titres classiques du répertoire rock, avec des titres des Beatles ou des Rolling Stones. Le groupe remporte en 1978 un tremplin de la CBS (la Columbia Broadcasting System, importante entreprise de média étasunienne), ce qui lui permet d'accéder à des scènes plus importantes ; ainsi le groupe commence à assurer les premières parties de groupe à la mode tels que The Stranglers. Ils se détachent progressivement des reprises pour se tourner vers la composition et rencontrent le succès commercial avec leur premier album, Boy, paru en 1980. U2 passe véritablement un cap avec la sortie de l'album War en 1983, et devient un groupe engagé. Ainsi, la chanson Sunday Bloody Sunday relate les évènements de 1972 et les exactions de l'armée britannique qui élimine 14 civils à Derry en ce -8- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 dimanche sanglant. Bono se détache nettement du reste du groupe et se positionne comme un leader avec une conscience politique très présente. Nous étudions ici la chanson I'll go crazy if I don't go crazy tonight (litt.: je vais devenir fou si je ne deviens pas fou cette nuit) jouée pendant le concert du 25 octobre 2009 au Rose Bowl de Pasadena en Californie, qui rassembla presque 100 000 spectateurs, extraite du DVD U2 360° at the Rose Bowl. Les thèmes abordés par la chanson sont la solidarité face à l'adversité et aux difficultés de la vie. Ainsi, la deuxième strophe est marquée par la répétition de « Every », terme qui signifie « tous » et renvoie à un sentiment fraternel tandis que le refrain évoque une montagne qu'il s'agit de gravir, métaphore des difficultés et obstacles à surmonter. On comprend peu à peu que ces difficultés ne renvoient pas qu'à des dispositions individuelles mais bien à des problématiques plus larges et suggèrent un engagement politique (« change the world »). La chanson intervient vers la fin du concert, c'est la quinzième d'une set-list de 23 morceaux, dont on remarque qu'elle laisse peu de place à l'imprévu puisque toutes les chansons sont des succès confirmés du groupe. Titre de la chanson, durée I'll go crazy if I don't go crazy tonight, 5'27'' Thème des paroles Solidarité pour changer le monde Caractère musical Forme couplet/refrain, assez rythmé, invitation à la danse Décor de la scène Dispositif scénique à 360° assez spatial Lumières Projections vidéos et cercles de lumière autour des musiciens du groupe pour les mettre en valeur. Multiplication de couleurs et de mouvements lumineux Costume de l'interprète Bono a son « costume » habituel ; blouson de cuir et lunettes de soleil Voix et attitude de l'interprète Bono circule autour de la scène, esquisse des mouvements de danse Présence d'autres acteurs Les autres musiciens sont disposés sur le "cercle scénique" Instruments et visibilité des musiciens Formation classique de U2 (chant guitare basse batterie) auquel s'ajoute un djembé (donne un côté tribal et dansant) Contact avec le public Le dispositif scénique établit un contact, accentué par la circulation de Bono et sa gestuel qui semble haranguer la foule Conclusion Chanson pour susciter un sentiment collectif d'adhésion -9- Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 On remarque tout d'abord que la vidéo du concert s'ouvre sur les images projetées au dessus de la scène pendant la chanson. On peut y voir les quatre musiciens de U2 bougeant la tête en rythme avec la musique. L'attention est au départ centrée sur Bono, qui danse légèrement et se met à circuler autour du dispositif scénique. Celui-ci est en effet très particulier (cf. schéma ci-contre), et semble sortir d'un film de sciencefiction : il s'agit d'une scène circulaire placée au centre du stade autour de laquelle s'articule une plate-forme circulaire, sorte d'orbite sur lequel les musiciens peuvent évoluer. Le déroulement du concert est habilement construit autour de ce dispositif. Ainsi les musiciens gravitent au départ autour de Bono puis s'inversent. les Le rôles chanteur semble vouloir à la fois pouvoir être vu par toute la foule autour de lui et se rapprocher des autres Représentation schématique du dispositif scénique musiciens pour figurer cette fraternité suggérée par les paroles. La musique en elle-même débute par une introduction rythmique qui suggère de la musique pour danser et semble assez loin de ce qu'on peut attendre d'un groupe comme U2. Les entrées successives de la basse et du djembé semblent fait pour parler directement au corps, on peut ressentir quelque chose d'assez tribal. C'est avec le refrain qu'on se rapproche du style habituel de U2, avec le jeu de guitare très rythmique et si caractéristique de The Edge qui apporte une dynamique différente au morceau. Arrive ensuite un solo de djembé puis un jeu de question réponse entre le chanteur et le public, comme pour inviter celui-ci à participer, à être acteur du spectacle. Cette version de la chanson contraste avec celle du CD, qui est beaucoup plus calme, plus dans le style habituel de U2, mais invite beaucoup moins à danser. Le - 10 - Clément CORBIN – Licence 3 30/12/2015 djembé n'y est pas présent. A travers cette chanson, le groupe cherche à créer un lien fort avec le public, avec pour cela plusieurs cordes à son arc. L'aspect dansant, comparativement à la version CD, parle nettement au corps du spectateur en vue de créer un mouvement collectif empreint de décontraction. C'est en effet l'attitude affichée par tous les membres du groupe qui semblent passer un bon moment ensemble et avec ce public dont ils sont presque au même niveau. Tout semble fait pour créer une ambiance collective positive qui coïncide avec les paroles de la chanson, sur lesquelles l'accent n'est pourtant pas mis ; mais le dispositif scénique et le spectacle en général vient faciliter l'assimilation du sens de la musique. Cette performance présente donc un intérêt clair de part sa capacité à recréer la musique de l'album en y ajoutant des caractéristiques à même de surprendre le public tels que le djembé, cela en vue de capter toute son attention et de l'amener à adhérer à cette cause commune du concert qui atteint de fait son moment politique puisque cette chanson prépare le célèbre Sunday Bloody Sunday qui a fait la gloire du groupe. Au delà de cela, il est judicieux de remarquer que le concert est parfaitement millimétré pour séduire le public, sans aucune place pour l'imprévu ; des moyens colossaux sont mis en place pour amener le public à ressentir les émotions voulues. - 11 -