Contribution du Conseil de développement de Saint
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Contribution du Conseil de développement de Saint
Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole sur le Schéma Régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) Juillet 2016 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole 2 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole SOMMAIRE SYNTHESE ........................................................................................................................... 4 I. Les attendus du SRDEII ................................................................................................... 7 1. Une Région multipolaire .............................................................................................................. 7 2. Rôle de la Région dans l’économie de compétitivité internationale ......................................... 8 a. Innovation : vecteur de différentiation compétitive ......................................................... 8 b. International : effet levier de la Région ............................................................................. 9 c. Formations pour les emplois de demain ......................................................................... 10 d. Accroître les aides à la transmission d’entreprises, reprises d’entreprises..................... 10 e. Les financements ............................................................................................................. 11 3. Rôle de la Région dans l’économie de proximité ...................................................................... 11 a. Soutenir l’économie verte, les transitions énergétique, environnementale et l’écoinnovation ................................................................................................................................ 11 b. Soutenir l’agriculture et le tourisme vert ........................................................................ 12 4. Propositions de méthode pour piloter le SRDEII ....................................................................... 13 a. Une organisation multipolaire à l’écoute des territoires et des acteurs déterminants .. 13 b. Refondre les modèles de gouvernance économique ...................................................... 13 c. S’appuyer sur les réseaux existants et encourager les projets et actions collectifs ........ 14 d. Une Région garante de l’observation, de la prospective, de la veille et de l’intelligence économique au bénéfice des territoires (mutualisation) ........................................................ 14 II. Déclinaison territoriale pour Saint-Etienne Métropole ..................................................16 1. Saint-Étienne Métropole : fer de lance de la transition industrielle et de la « manufacture du futur » .............................................................................................................................................. 16 a. Un territoire industriel dense, deuxième territoire mécanicien de France ..................... 16 b. Des centres de ressources ............................................................................................... 16 c. Des organisations supports structurées .......................................................................... 17 d. Des projets d’accélérateur et de démonstrateur de la transition industrielle ................ 17 e. Des spécificités reconnues : Design et numérique ; Design et écoconception ............... 17 f. Des formations pour les emplois de demain ................................................................... 18 2. Saint-Étienne Métropole : laboratoire de l’innovation sociétale face aux grands enjeux du vieillissement de la population et de la préservation de l’environnement .................................. 19 a. Poids de l’Economie sociale et solidaire .......................................................................... 19 b. Des spécificités : Design d’usages et génie sensoriel ....................................................... 19 c. Des domaines d’application ............................................................................................. 20 3 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole SYNTHESE I. Les attendus du SRDEII 1. Une Région multipolaire Le Conseil de développement s’est prononcé dans un récent avis1 pour une organisation régionale multipolaire avec la reconnaissance de spécificités (écosystèmes) et de leaderships à l’échelle de la Région Auvergne Rhône-Alpes pour certains territoires. Cela signifie que plusieurs territoires concurremment à la Métropole de Lyon, siège de la Région, constituent un lieu d’excellence d’intérêt régional. 2. Rôle de la Région dans l’économie de compétitivité internationale L’innovation et l’internationalisation sont les moteurs de la croissance économique. La formation, les personnels et les sources de financement en sont les carburants. a. Innovation : la Région doit soutenir l’innovation sous toutes ses formes (marché, modèle économique, technologique, sociétale) en s’appuyant sur les écosystèmes reconnus des territoires afin de leur donner visibilité et moyens spécifiques de continuer à innover et favoriser les fertilisations croisées entre territoires. b. International : la politique régionale doit s’attacher à : - relayer les écosystèmes territoriaux/régionaux à l’international pour développer l’accès à de nouveaux marchés - organiser les dispositifs d’accès à l’international en capitalisant sur les outils existants - coordonner la démarche des Agences de développement dans leurs missions de prospection internationale et veiller à la cohérence des marques territoriales à l’échelle de la Région, des métropoles. c. Formation : il s’agit d’assurer le lien entre économie d’aujourd’hui, innovations de demain et les formations par l’accompagnement, le soutien aux territoires et établissements de formation ou d’enseignement supérieur qui s’engagent dans la voie de la préparation des emplois de demain. Par ailleurs, la Région doit orienter les formations vers les métiers dits « pénuriques » (ex : aide à la personne, industrie) et les secteurs en développement (ex : numérique). d. Transmissions – reprises d’entreprises : il s’agit pour la Région de renforcer la recherche de repreneurs, leur formation, l’appui financier au démarrage… e. Financements : les financements de la Région doivent être fléchés prioritairement sur les projets collectifs s’inscrivant dans un écosystème reconnu et conditionnés au retour sur investissement, pour les territoires fléchés. 1 Avis de janvier 2016 : « Saint-Etienne Métropole, acteur de la grande région Auvergne Rhône-Alpes » 4 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Les financements publics-privés associant des opérateurs bancaires aux centres de décision régionaux sont à développer dans un contexte de contrainte budgétaire des acteurs publics. 3. Rôle de la Région dans l’économie de proximité a. Innovation sociétale : la Région coordonne les territoires pour l’innovation sociétale et l’économie verte, créatrices de valeur pour les territoires. L’économie verte et l’économie sociale et solidaire doivent pouvoir innover en intégrant notamment le design d’usage et l’écoconception. b. Agriculture et tourisme vert : la préservation des milieux naturels, du foncier agricole et de la ressource en eau est essentielle au développement de l’agriculture et du tourisme vert. Le patrimoine naturel très riche de la Région (PNR, fleuves et rivières, pays…) est un puissant levier d’attractivité et de développement économique à soutenir. 4. Proposition de méthode pour piloter le SRDEII a. et b. Une organisation multipolaire avec une gouvernance adaptée Le Conseil de développement préconise de construire l’action d’appui de la Région sur la base d’écosystèmes reconnus avec des interventions différenciées suivant les écosystèmes et leurs besoins identifiés, selon une véritable démarche bottom-up. En conséquence, une refonte du modèle de gouvernance économique à l’échelle des territoires et de la Région est à engager pour favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes, via une conférence économique régionale par exemple et où les Conseils de développement auront leur place. c. S’appuyer sur les réseaux existants et encourager les projets et actions collectifs Le déploiement des politiques publiques régionales en matière de développement économique doit s’appuyer sur les réseaux et structures organisés (pôles de compétitivité, clusters, grappes d’entreprises…) ayant prouvé leur efficacité. L’enjeu serait également de favoriser un maillage et des synergies horizontales de coopération entre territoires au sein de la Région Auvergne Rhône-Alpes. d. Veille et intelligence économique mutualisée La Région doit être garante de l’observation, de la prospective, de la veille et de l’intelligence économique au bénéfice des territoires en maillant les différents observatoires et en favorisant leur complémentarité et leur enrichissement qualitatif. 5 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole II. Déclinaison territoriale pour Saint-Etienne Métropole Dans une logique de Région multipolaire, Saint-Étienne Métropole se positionne comme animateur régional dans les domaines de la transition industrielle et de l’innovation sociétale. Il s’agit ainsi de mettre ces compétences au service du développement des autres territoires de la Région voire au-delà. 1. Saint-Étienne Métropole : fer de lance de la transition industrielle et de la « manufacture du futur » a. Un territoire industriel dense, deuxième territoire mécanicien de France : à la base de la reconstruction d’une économie industrielle plus diversifiée, plus ouverte et mieux positionnée dans la chaîne de valeur par hybridation technologique (fabrications additives, robotique, numérique, design, développement durable) et l’approche de nouveaux marchés : l’Usine du futur. b. Des projets d’accélérateur (Manufacture du futur) et de démonstrateur (Vallée du Gier) de la transition industrielle c. Des spécificités reconnues : Design et numérique ; Design et écoconception grâce à leurs centres de ressource et labellisation (Cité du Design, Numelink, Pôle Écoconception & management du cycle de vie, CIRIDD, French Tech Design Tech). Ces centres de ressources doivent générer un large retour sur investissement pour le tissu économique local par hybridation transversale. d. Des formations pour les emplois de demain : la stratégie pluridisciplinaire de l’Université Jean Monnet, son savoir-faire et celui des écoles d’ingénieur stéphanoises en matière de formation en alternance anticipent le développement économique et l’innovation de demain sur les filières d’excellence du territoire. 2. Saint-Étienne Métropole: laboratoire de l’innovation sociétale face aux grands enjeux du vieillissement de la population et de la préservation de l’environnement L’histoire sociale de Saint-Étienne Métropole a contribué à l’émergence d’un secteur dynamique dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. Le Consortium Design Développement Durable de Saint-Étienne Métropole (Cité du Design, Pôle Ecoconception, CIRIDD et Designers +) a développé différentes offres d’accompagnement et d’animation dans les domaines du design d’usage, de l’écoconception, de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie circulaire et du génie sensoriel. Elles doivent être mises au service de l’ensemble des acteurs économiques de la Région et au-delà. Le design pour tous et la silver économie constituent des domaines d’application à fort potentiel : innovations produits et services, modes d’habitat et relation citoyenne. 6 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Contribution sur le Schéma Régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) Préambule : Associé dès l’origine, par la Région Rhône-Alpes et Saint-Etienne Métropole, à l’élaboration puis au pilotage du CDDRA 2010-2015 (devenu CFAC) et de son volet « agriculture et développement rural » (PSADER), le Conseil de Développement de Saint-Etienne Métropole a souhaité prendre part à la concertation lancée par la Région Auvergne Rhône-Alpes pour l’élaboration du SRDEII 2017-2021. Il formule dans cette contribution ses attendus par rapport aux nouvelles politiques régionales de développement économique, d’innovation et d’internationalisation et les déclinaisons souhaitées pour le territoire de Saint-Étienne Métropole. I. Les attendus du SRDEII 1. Une Région multipolaire Le Conseil de développement s’est prononcé dans un récent avis2 pour une organisation régionale multipolaire. Cette organisation est rendue d’autant plus nécessaire par l’élargissement géographique qui impose de créer des relais territoriaux. Elle est également souhaitable pour déconcentrer l’exercice du gouvernement régional. Seule cette conception multipolaire est gage d’une Région forte et efficace capable de s’imposer dans le monde du XXIème siècle, connecté et en réseaux. Mais il convient d’aller plus loin. La multipolarité ne doit pas être limitée à une fonction de délégation gestionnaire ou par l’établissement de contrats de projets. Elle doit aussi être envisagée comme la reconnaissance de spécificités et de leaderships à l’échelle de la Région Auvergne Rhône-Alpes, dans les domaines qui seront de compétence régionale : par exemple en matière d’économie, d’activité industrielle, de recherche et d’université, d’infrastructures de transport, etc… Cela signifie que plusieurs territoires concurremment à la Métropole de Lyon, siège de la Région, constituent des lieux d’excellence pour Auvergne Rhône-Alpes, via la reconnaissance d’un intérêt régional : - pour l’animation d’un écosystème reconnu - pour l’exercice d’une compétence régionale - pour la localisation d’un grand équipement - pour l’exercice d’une compétence au nom de l’ensemble de la Région La Région tirera ainsi avantage à être représentée dans sa diversité et par plusieurs pôles. Dans cette logique d’une Région multipolaire, il s’agit également de reconnaître le binôme Loire Haute-Loire comme un échelon relais naturel de la nouvelle Région entre Auvergne et Rhône-Alpes. 2 Avis de janvier 2016 : « Saint-Etienne Métropole, acteur de la grande région Auvergne Rhône-Alpes » 7 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Une Région multipolaire requiert une fluidité des flux, des mobilités entre les différentes polarités / Métropoles. Les infrastructures de transports et les systèmes de mobilité intelligents constituent des fondamentaux du développement économique et de l’attractivité des territoires. L’utilisation des technologies de l’information et de la communication et les nouveaux modes d’organisation du travail et des activités, voire de la production, permettront de privilégier les mobilités choisies plutôt que subies. La mobilité durable et les innovations dans les modes de transports (ex. Hyperloop) auront un double effet direct sur la création d’activités économiques dans leur développement et leur production et indirect sur l’efficacité du fonctionnement du territoire. Le nouveau positionnement géographique de Saint-Étienne Métropole dans la Région Auvergne Rhône-Alpes et son potentiel justifient pleinement qu’elle continue à jouer un rôle de pionnier en termes de mobilités et infrastructures nouvelles. Il s’agit pour ce territoire d’être connecté dans de meilleures conditions aux autres Métropoles : Lyon, Grenoble, Genève et Clermont-Ferrand. 2. Rôle de la Région dans l’économie de compétitivité internationale Les acteurs économiques placent l’innovation et l’internationalisation comme les moteurs de la croissance économique avec comme « carburants » essentiels : la formation, les compétences des personnels et les sources de financement de l’innovation principalement. Il est donc attendu de la Région : co-construction, soutien, accompagnement des écosystèmes efficients des territoires (projets collectifs, entreprenariat, formation…) en cohérence avec les domaines de spécialisation intelligente du SRI-SI. a. Innovation : vecteur de différentiation compétitive La politique d’innovation régionale doit s’appuyer sur les systèmes d’innovation existants, des écosystèmes d’affaires, dans lesquels des entreprises, des organisations publiques et privées, des organismes de recherche et de formation et les investisseurs coopèrent pour initier, importer et diffuser les innovations. La composition et le fonctionnement de ces écosystèmes, souvent hérités de l’histoire, dépendent fortement de la nature du tissu économique, des conditions sociales et environnementales et du type d’innovations : techniques, environnementales, organisationnelles du marché ou de la société... En rompant avec des dispositifs descendants de procédures standardisées, et pour éviter le saupoudrage des subventions, le soutien de la Région visera le renforcement, voire la constitution, des écosystèmes d’innovation par des dispositifs adaptés. Une personnalisation de masse (mass customisation) de la politique de soutien à la Région sera adaptée à chaque écosystème particulier avec un nombre limité d’outils. Ce qui permettra de personnaliser le soutien dans le cadre d’une production en série. Les types de soutien de la Région doivent tenir compte de différents types de moteurs d’innovation : - les innovations tirées par le marché dans les grands secteurs en développement (numérique, santé, énergie, industrie du futur…) dans lesquels des entreprises de la Région ont une activité significative, ou dans des niches, des marchés plus étroits dans lesquels des « champions cachés » ont un leadership européen voire international. La Région venant en soutien pour le 8 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole - - - déploiement international notamment, ou une plus grande intégration de l’innovation dans ces activités. les innovations poussées par la technique et la recherche & développement issues des laboratoires, des institutions de recherche des Grandes Ecoles et des Universités. La Région venant en soutien à la création d’entreprise (start up) ou à l’intégration de ces innovations dans les PME notamment. les innovations par les enjeux sociétaux qui répondent à des objectifs collectifs, de développement durable : environnement, insertion sociale, santé, mobilité durable, qualité de vie… La Région pouvant par exemple soutenir des démonstrateurs et des clauses de marchés publics ouverts aux solutions innovantes, ou l’accompagnement des entreprises pour l’écoconception… les innovations entrainées par le numérique et les nouveaux modèles économiques (économie du partage, économie de fonctionnalité…). La Région pouvant soutenir l’accompagnement des entreprises, les réseaux de pratiques tout en veillant à ce que ces pratiques ne « cannibalisent » pas de projets plus structurants pour le territoire. Les nouveaux systèmes d’innovation soutenus par la Région devront intégrer les grands enjeux des transitions numérique et environnementale et apporter des solutions concrètes. La stratégie SRDEII doit pouvoir prolonger les actions engagées par le SRI-SI en apportant la transversalité indispensable par de telles intégrations. En effet, le développement durable, les transitions environnementale et énergétique vont déterminer la mise en place de systèmes d’innovation nouveaux combinant des flux de connaissances et des flux financiers qui conditionneront la compétitivité des entreprises. Une partie des innovations ont une cible internationale et relèvent des dispositifs en place (Stratégie régionale SRI-SI, Pôles de compétitivité). Ils s’appuient sur une démarche de spécialisation intelligente qui implique la définition desdits domaines de spécialisation intelligente, sur lesquels il est nécessaire de prioriser et concentrer les investissements (les équipements pour l’usine du futur, le véhicule connecté, le bâtiment HQE connecté, l’énergie du 21ème siècle, la santé connectée, les interfaces du futur, Big Data)3. b. International : effet levier de la Région La politique régionale est triple en matière de développement international : - relayer les écosystèmes territoriaux/régionaux à l’international pour développer l’accès à de nouveaux marchés - organiser les dispositifs d’appui à l’international en capitalisant sur les outils nationaux existants (MEDEF International, Business France, Sopexa, Services dédiés du Trésor et du Ministère des affaires étrangères…) pour éviter les investissements inutiles. Cela sous-tend une intelligence économique performante. - coordonner la démarche des Agences de développement dans leurs missions de prospection internationale et veiller à la cohérence des marques territoriales à l’échelle de la Région, des métropoles. 3 Cf. secteurs identifiés par le réseau des CCEF (Conseillers du Commerce Extérieur de la France) 9 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Exemples de dispositifs à amplifier : - soutenir les VIE (Volontaires Internationaux en Entreprise) : A l’image de l’ex-Région Auvergne, la Région Auvergne Rhône-Alpes pourrait mettre en place une politique d’aide aux VIE, qui pourrait être bonifiée pour les TPE, PME, l’ESS ou les projets collectifs. Ce dispositif s’intègrerait dans une offre d’accompagnement à l’international organisée, structurée. - le coaching des PME / TPE ayant un projet à l’international par un dirigeant d’entreprise expert dans le domaine est à promouvoir (exemple de l’action des Conseillers du commerce extérieur français) pour aider les entreprises à s’internationaliser. c. Formations pour les emplois de demain - Assurer le lien entre économie, innovation de demain et les formations qui préparent les emplois de demain par l’accompagnement, le soutien aux territoires et établissements de formation ou d’enseignement supérieur qui s’engagent dans cette voie. Pour être efficace et s’inscrire sur la durée, un schéma de développement économique, d’innovation et de développement international ne peut faire l’économie de s’appuyer sur les structures de formation, structures produisant les emplois de demain, une part non nulle de l’innovation, et contribuant à l’attractivité de nos territoires en accueillant étudiants et professeurs étrangers. Que ce soit dans le cadre de leur maintien d’activité ou de leur développement, les entreprises expriment le besoin de renforcer la structuration de leur processus de management des ressources humaines et de favoriser la montée en compétences de leurs collaborateurs. Toutes les actions de soutien sur cet axe sont à forts enjeux en termes de compétitivité pour les entreprises. - Orienter les formations vers les métiers dits « pénuriques » ou sur les secteurs en développement. Plusieurs secteurs d’activité sont identifiés en tension sur le marché de l’emploi : aide à la personne, métiers industriels, métiers du numérique… Dans ces domaines, il est attendu de la Région un maintien de l’effort sur les dispositifs de formation afin de répondre aux besoins des entreprises et de préparer les mutations professionnelles futures, ceci par le biais de nouvelles formations innovantes associant la formation aux techniques traditionnelles avec une ouverture sur les technologies de demain garantissant ainsi une employabilité durable. Beaucoup d’emplois de ces secteurs d’activité pourraient ainsi être accessibles à des jeunes ou des adultes en difficulté d’insertion. d. Accroître les aides à la transmission d’entreprises, reprises d’entreprises Dans toutes les régions, les fermetures d’entreprises suite au départ en retraite du dirigeant sont causes d’appauvrissement économique et perte d’emplois. L’aide à la reprise d’entreprise doit être une priorité pour la Région. La formation des repreneurs, l’appui financier au démarrage, les conseils de tous types doivent être mis en œuvre. 10 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Mais la question repose surtout sur la recherche de repreneurs crédibles. Des initiatives innovantes sur les territoires pourraient être encouragées et soutenues afin d’amplifier la recherche des candidats à la reprise. e. Les financements Chef de file de la compétence « développement économique » et gestionnaire des fonds européens, la Région est l’acteur majeur des aides aux activités économiques et des fonds d’investissement de proximité. Le Conseil de développement préconise que la Région : - privilégie le financement des projets collectifs s’inscrivant dans un écosystème entre pôles de compétitivité, clusters, grappes d’entreprises et les PME et conditionne son investissement à l’évaluation des retours du projet au territoire concerné. Le fléchage vers les écosystèmes retenus sera la règle d’intervention des partenaires. Ce fléchage pourra revêtir un caractère de discrimination positive pour favoriser les territoires en difficultés. - privilégie le financement de l’émergence, de fait plus risquée, plus difficile à financer par les banques. - développe, dans un contexte de ressources publiques très contraintes, des financements publics-privés notamment avec des opérateurs bancaires ayant des centres de décision régionaux (caisses régionales, banques mutualistes…) qui ont une convergence d’intérêt avec les acteurs locaux dans le développement des territoires. Cette démarche nécessite la mise en place d’une gouvernance économique adaptée à l’échelle régionale et au niveau des territoires (cf paragraphe 4). 3. Rôle de la Région dans l’économie de proximité Elle coordonne les territoires pour l’innovation sociétale et l’économie verte. a. Soutenir l’économie verte, les transitions énergétique, environnementale et l’écoinnovation La compétitivité et la résilience de l’économie régionale sont liées à sa capacité à s’inscrire dans les transitions énergétique et environnementale. L’économie verte contribue à la création d’activité économique et d’emplois sur le territoire : usages des ressources locales, valorisation des services écologiques, usage de matériaux locaux, recyclage et économie circulaire, production d’énergies renouvelables… Ces activités sont à même de s’inscrire dans des innovations locales ou frugales qui n’ont pas pour vocation le marché mondial, mais la création de valeur pour le territoire. Elles peuvent aussi porter sur de nouveaux modèles économiques comme l’économie de la fonctionnalité et se combiner à des innovations numériques et des innovations sociales notamment dans le cadre de la responsabilité sociétale. Ces formes d’innovation sont plus conduites par les demandes sociales et les usages que par l’offre de technologie de rupture. Le design, et notamment les pratiques de design d’usage, et l’écoconception permettent une évolution vertueuse des produits et services à proposer. 11 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Trois types de soutiens s’avèrent nécessaires, dans lesquels la Région pourrait jouer un rôle d’animation et de dynamisation en facilitant les retours d’expériences. - - - Le soutien aux territoires, à l’innovation territoriale et à la constitution et l’animation de systèmes d’innovation locaux. Le développement de médias communautaires en ligne viendrait en soutien à ces animations (comme http://www.eclaira.org/ pour l’économie circulaire). Soutenir l’économie verte : déployer l’écoconception dans les entreprises du territoire afin d’obtenir un territoire dont les acteurs des chaînes de valeur se différentient grâce à l’environnement. L’accompagnement des acteurs notamment les PME et les artisans permettra la diffusion des pratiques et la stimulation et la diffusion des innovations. Soutenir l’Economie sociale et solidaire : faire de « l’innovation sociale et sociétale » un nouvel écosystème et le rendre visible notamment en créant des pépinières d’entreprises spécifiques. La mise en réseau des acteurs de l’ESS, les coopérations entre territoires (Villes entre elles, mais aussi quartiers entre eux, également Ville et Campagne), le développement d’un accompagnement formation-tutorat spécifique, l’émergence de projets collectifs, doivent être promus et soutenus. b. Soutenir l’agriculture et le tourisme vert L’agriculture de proximité, outre l'avantage des circuits courts qu'elle engendre, est en pleine reconversion vers des filières plus respectueuses et plus valorisables, en phase avec la demande actuelle de nos concitoyens qui se tournent de plus en plus vers le bio. Il est donc indispensable qu’un équilibre entre les fonctions économiques, les infrastructures qui y sont attachées et les milieux naturels soit recherché. En effet, les Parcs Naturels Régionaux et les zones naturelles doivent être considérés comme participant à l’économie du territoire. La Région doit prendre en compte ces équilibres afin de favoriser l’économie et les mobilités d’une part, et la protection durable du foncier agricole et la gestion de la ressource en eau d’autre part. - Création de chaînes de valeur alimentaires régionales : Entre circuits courts et circuits longs adossés à l’industrie agro-alimentaire, la Région pourrait soutenir la structuration de systèmes hybrides faisant intervenir des opérateurs intermédiaires (logistique, transformation-production, vente) afin de permettre une meilleure accessibilité aux produits locaux pour les consommateurs et une optimisation des coûts de production. Dans cet objectif, les marchés de gros territoriaux pourraient retrouver un rôle de relais intermédiaires. - Promotion des savoir-faire : La Région Auvergne Rhône-Alpes est riche de nombreuses Appellations d’Origine Contrôlée, et labels divers qu’il convient de soutenir et de promouvoir. Faire connaître son savoir-faire au niveau régional mais aussi national et international auprès des consommateurs est un enjeu fort pour les producteurs fermiers, les artisans, les entreprises de transformation…. L’usage du numérique doit puissamment être mis au service de cette promotion pour les entreprises de la filière agricole et agroalimentaire. 12 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole - Investissement dans le tourisme vert Le tourisme vert et rural représente un tiers de la fréquentation touristique française. L’existence de plusieurs PNR (Pilat, Livradois-Forez, Volcans d’Auvergne et Mont d’Ardèche…), de rivières et de fleuves (Allier, Rhône et la Loire) et de plusieurs Pays de caractère (Velay, Vivarais, Monts du Cantal…) représente une vraie potentialité de développement économique par le tourisme vert. Il semble donc important d’investir dans des voies vertes, des parcours (randonnée, cyclotourisme, route “découverte” telle que la Transligérienne et sa connexion à ViaRhôna) pour rapprocher les territoires par le biais du tourisme vert et ainsi créer une réelle unité touristique régionale, reliant les diversités des territoires. De plus, le loisir prenant une place de plus en plus importante dans le quotidien, mais aussi dans le choix de localisation des cadres et de leur famille, une telle offre d’espaces touristiques et naturels à proximité des secteurs urbains renforce l’attractivité des territoires. 4. Propositions de méthode pour piloter le SRDEII a. Une organisation multipolaire à l’écoute des territoires et des acteurs déterminants La tendance, très jacobine, à décliner sur les territoires les grandes politiques nationales à travers les politiques régionales ne permet pas l’expression commode des excellences territoriales. Le problème est d’autant plus aigu que le territoire est vaste et multiple, ce qui est le cas d’Auvergne Rhône-Alpes. Le Conseil de développement de Saint-Étienne Métropole propose d’inverser le paradigme en identifiant les écosystèmes économiques les plus pertinents : ceux qui ont démontré une présence marché forte, une avancée technologique déterminante ou un savoir-faire différenciant. Ces écosystèmes peuvent être existants ou en devenir. Il préconise de construire l’action d’appui de la Région sur la base de ces écosystèmes avec des interventions différenciées suivant les écosystèmes et leurs besoins identifiés (substituer aux plans d’actions régionaux uniformes (plan PME par ex.) des plans d’actions spécifiques aux écosystèmes). On serait là dans une véritable démarche bottom-up. b. Refondre les modèles de gouvernance économique La répartition des compétences en matière de développement économique instaurée par la Loi NOTRe, la nouvelle organisation des CCI, le fonctionnement sur le mode bottom-up et la nécessité de développer les financements publics-privés rendent indispensable la refonte des modèles de gouvernance économique déjà à l’échelle des territoires mais aussi à celle de la Région. Des instances de préconisation territoriales (existantes comme à Lyon ou Clermont-Ferrand, en construction comme à Saint-Etienne) pourraient être les lieux de l’identification de ces écosystèmes mais aussi de mobilisation des acteurs économiques constituant la chaîne de déploiement (en particulier les chefs d’entreprises). Au plan régional une conférence économique rassemblant ces acteurs pourrait compléter les avis d’experts, notamment ceux du CESER. Enfin la société civile souhaite de plus en plus s’exprimer sur des dossiers précis plus que sur des politiques générales et ceci en dehors des relais habituels que sont les Politiques et les associations. Les conseils de développement pourraient porter cette voie au sein de ces instances. 13 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole c. S’appuyer sur les réseaux existants et encourager les projets et actions collectifs Le déploiement des politiques publiques régionales en matière de développement économique doit s’appuyer sur les réseaux, structures organisés (pôles de compétitivité, clusters, grappes d’entreprises…) ayant prouvé leur efficacité ; les actions aidées par la Région devront être conditionnées à la fois sur le ciblage mais aussi sur les moyens mis en œuvre (recherche d’équilibre voire de discrimination positive). Une réelle évaluation en continu de l’efficacité du système et de respect des objectifs devra être instaurée. La recherche d’une plus grande concentration des réseaux ne doit pas conduire à une trop forte normalisation au risque de perdre de la diversité et d’appauvrir les territoires à faible leadership. La Région pourrait également gagner à encourager la coopération territoriale notamment par l’intermédiaire d’appels à projets ou de labellisation intégrant projets et actions collectifs. La concurrence entre territoires et notamment interurbaine, pour l’attraction de capitaux, de travailleurs, de touristes, d’entreprises, etc. relève souvent d’un jeu à somme nulle au sein d’une même Région. L’enjeu serait davantage de favoriser un maillage et des synergies horizontales de coopération entre territoires au sein de la Région Auvergne Rhône-Alpes. d. Une Région garante de l’observation, de la prospective, de la veille et de l’intelligence économique au bénéfice des territoires (mutualisation) Le cadre institutionnel et les modes de financement sont essentiels, mais la vision partagée par les acteurs économiques et leur capacité à identifier les marchés régionaux, nationaux et internationaux tout aussi nécessaires, et visant à influer sur les stratégies des entreprises. Quelques activités spécifiques peuvent y contribuer : - La définition d’une prospective réaliste doit s’appuyer sur une connaissance approfondie de l’existant et des tendances lourdes. Notre Région dispose de multiples outils d’observation nationaux (INSEE, Pôle emploi, etc.) mais aussi locaux (agences d’urbanisme, CCI, Université, etc.) Tous ces acteurs travaillent sur des bases différentes et traitent essentiellement des données quantitatives. La mise en réseau des acteurs régionaux en les spécialisant permettrait, outre un intérêt économique non négligeable, de rendre compatible leurs productions et d’engager les bases d’une observation plus qualitative (l’évolution des techniques du numérique permet ce genre d’évolution). L’idée est d’aller vers une observation des pratiques et des mutations économiques, technologiques, sociales et organisationnelles pour mieux anticiper les évolutions (ces travaux permettant d’alimenter, outre les élus, les structures de réflexions existantes telles que la commission prospective du CESER ou les gouvernances économiques). - L’Intelligence économique : on parle ici de la partie offensive qui consiste à obtenir pour les décideurs, notamment les chefs d’entreprises, les informations leur permettant d’évoluer au sein d’environnements difficiles d’accès. Il s’agit de ce qui touche à la connaissance des marchés notamment à l’international, sur des paramètres comme les pratiques d’achat, les normes, les concurrents, les financements, les relais logistiques commerciaux, etc. 14 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Toutefois, l’action de la Région dans ce domaine doit se coordonner avec les actions déjà existantes afin d’éviter les doublons avec les actions des CCI, de l’Etat et de ses agences spécialisées dans le commerce international (Business France…). Le rôle des collectivités territoriales est éminent dans le développement économique. La loi NOTRe n'en fait pas mystère. L'irrigation territoriale doit continuer à s'appuyer sur ces dernières : communes, communautés de communes, d'agglomération, urbaines ou Métropoles. 15 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole II. Déclinaison territoriale pour Saint-Etienne Métropole Dans une logique de Région multipolaire reconnaissant à certaines polarités territoriales des spécificités et des leaderships à l’échelle de la Région Auvergne Rhône-Alpes, Saint-Étienne Métropole a tous les atouts et les compétences pour se positionner comme animateur régional dans les domaines de la transition industrielle et de l’innovation sociétale. Il s’agit ainsi de mettre ces compétences au service du développement des autres territoires de la Région Auvergne Rhône-Alpes voire au-delà et contribuer ainsi au rayonnement international de la Région 1. Saint-Étienne Métropole : fer de lance de la transition industrielle et de la « manufacture du futur » Saint-Étienne Métropole dispose dans ce domaine d’un écosystème complet. a. Un territoire industriel dense, deuxième territoire mécanicien de France Le territoire de Saint-Étienne Métropole est majoritairement industriel riche d’un tissu économique très dense de PMI / PME. Issues le plus souvent de la sous-traitance des grands groupes de la mécanique ou de la métallurgie aujourd’hui disparus, elles sont positionnées sur une grande diversité de secteurs d’activité (mécanique / biens d’équipement, technologies médicales, traitement de l’eau, fabrications additives, numérique…) mais sans grand donneur d’ordre dominant malgré de belles entreprises, « champions cachés », d’envergure internationale au statut d’ETI : Haulotte Group, HEF, SNF, CLEXTRAL, THUASNE… Ce qui pourrait apparaître comme une faiblesse, car on ne distingue par de secteur majeur, est en réalité une force à un moment où les filières doivent se décloisonner pour faire émerger de nouveaux secteurs de développement. Tous les savoir-faire et les expertises se trouvent sur le territoire ou en proximité. Saint-Etienne Métropole est le deuxième territoire mécanicien de France et a la capacité de le rester de façon actualisée avec toutes les hybridations nécessaires et grâce aux supports dont il s’est doté à cette échelle : recherche, formation, pôles de compétitivité, plateformes technologiques. Ce socle industriel existant, reste important et doit servir de base à la reconstruction d’une économie industrielle plus diversifiée, plus ouverte et mieux positionnée dans la chaîne de valeur. L’action territoriale doit donc conduire à favoriser la mutation de ces entreprises par l’appropriation de nouvelles technologies (hybridation technologique : robotique, impression 3D, objets connectés, procédés avancés de fabrication, matériaux etc…) et l’approche de nouveaux marchés. L’usine du futur, déclinée localement dans ses acceptions technologique, environnementale, organisationnelle et managériale, sera le cadre privilégié de ce nouveau développement. b. Des centres de ressources Des centres de ressources sont constitués sur le territoire, notamment : la Cité du design et Numélink (en cours de rapprochement avec le Clust’R Numérique), (labellisation FrenchTech / DesignTech), le 16 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole Pôle écoconception, le CIRIDD en matière de développement durable, le CETIM, les centres de recherche de l’Université et des écoles d’ingénieurs. Largement soutenus par les investissements publics, ils doivent pouvoir générer un large retour sur investissement pour le tissu économique local par hybridation transversale, puis s’exporter ailleurs sur la Région Auvergne Rhône-Alpes et bien audelà. c. Des organisations supports structurées La Loire est un des départements qui comporte le plus d’organisations supports (clusters, pôles, grappes d’entreprises etc.) : - le Pôle des technologies médicales, Mécaloire, Numélink etc. - Les 4 clubs d’entreprises réunissant plus de 700 entreprises - Les consortiums comme Manutech qui développe autour d’une spécialité (les traitements de surface avancés) un véritable écosystème d’appui aux PME. Ces organisations ont développé des produits très orientés vers le tissu industriel local, leur élargissement au « gabarit » régional ne doit pas conduire, par une trop forte standardisation des actions, à perdre leur efficience auprès des PME. d. Des projets d’accélérateur et de démonstrateur de la transition industrielle Un projet de « Manufacture du futur » : véritable accélérateur de la transition industrielle comprenant une chaîne de production pilote (fabrications additives, robotique…) avec une intégration complète de la chaîne numérique et un accès privilégié à des dispositifs de formations continues adaptés au service des PME-TPE-PMI. Ce projet, en tant que dispositif global, prend en compte des aspects humains, opérationnels, environnementaux et réglementaires exigés par les ruptures technologiques. Un « démonstrateur » dans la Vallée du Gier axé sur les biens d’équipements pour les marchés de l’Energie : Un projet de développement et de néo industrialisation de la Vallée du Gier (centre géographique de la nouvelle Région Auvergne Rhône-Alpes), « Le Gier demain, stratégie de reconversion pour un territoire en devenir » a été élaboré par le Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole puis complété, notamment par ses liens avec la vallée de la Chimie et Rhône Aval au sein de la Conférence Métropolitaine des Conseils de développement. Il constitue à la fois une préfiguration et un exemple, encore perfectible, des vertus conjuguées d’une gouvernance active et d’un positionnement territorial clair. Il peut servir de démonstrateur à ce type d’approche. e. Des spécificités reconnues : Design et numérique ; Design et écoconception French Tech / Design Tech : le territoire de Saint-Étienne Métropole est particulièrement armé pour traiter de la question de la transition numérique grâce à son écosystème et ses acteurs de l’enseignement supérieur reconnus dans le label French Tech / Design Tech. Saint-Étienne Métropole peut avoir un positionnement différenciant sur « le numérique », à la fois par l’émergence du nouvel écosystème « manufacture des interfaces » mais aussi en connexion avec d’autres domaines : santé, manufacturing, innovation, design, développement durable… 17 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole L’attractivité de cet écosystème numérique est forte, les récentes fusions entre Numélink, RhoneAlley, Auvergne TIC et le projet engagé avec Clust’R Numérique, témoignent du dynamisme du secteur numérique dans la future grande Région Auvergne Rhône-Alpes. En sus des compétences dans les domaines de l’hébergement et de la fourniture de services numériques, des compétences clés sont maîtrisées localement en optique, nouveaux médias, application du numérique pour la santé, vision industrielle et new manufacturing. L’engagement récent sur les interfaces du futur (homme / machine) marque une vraie spécialisation pour ce secteur. Le marché permet un éventail très large d’applications et ouvre des perspectives de croissance forte notamment dans le domaine des interfaces professionnelles industrielles. L’apport de cette technologie aux PME (notamment dans les secteurs de la mécanique : commandes numériques) facilitera l’hybridation numérique en réduisant notamment les coûts et les temps de formation. L’ouverture d’une médiathèque sur ces technologies garantit l’accès à l’ensemble des acteurs régionaux. Cela avec également un savoir-faire spécifique en design comme vecteur d’innovation numérique par les usages, et des méthodes uniques de conception et d’adaptation de produits et services aux besoins des utilisateurs. Le Pôle Ecoconception & Management du Cycle de Vie est le centre de ressources national sur les meilleures pratiques en développement de produits et de services intégrant l’environnement, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et l’économie circulaire. Il résulte d’une initiative de la CCI Saint-Etienne Montbrison en 2000 pour accompagner les PME de son territoire à l’écoconception des produits et services. La pertinence des outils ayant progressivement intéressé d’autres territoires, une cinquantaine de centres relais diffuse désormais les outils du pôle en accompagnement de PME sur tout le territoire français et à l’étranger. Le Pôle est membre du réseau européen ENEC et a établi des partenariats internationaux. Il développe des activités en lien avec l’enseignement supérieur : Ecole des Mines de Saint-Etienne, l‘Université Catholique de Lyon (ESDES), HEC Montréal, Université de Montréal. Parmi ses développement un projet de portail sur l’écoconception avec le CIRIDD. Ces compétences différenciatrices du territoire (valeur ajoutée par hybridation, expérimentation de solutions et démonstrateurs, approche sociétale, design par les usages, développement durable) viennent apporter une spécificité complémentaire et valorisable à l’échelle Auvergne Rhône-Alpes et « exportable ». f. Des formations pour les emplois de demain Aujourd’hui les formations de Saint-Etienne Métropole anticipent le développement économique et l’innovation de demain, et donc les emplois de 2030-2040. C’est une démarche fondamentale. La stratégie de l’Université en matière de développement économique est transdisciplinaire « une ville campus pluridisciplinaire ». Les laboratoires de recherches, l’Université et les entreprises se positionnent sur ces sujets. 18 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole L’Université Jean Monnet a défini fin 2015 son propre schéma stratégique de développement reposant sur : - des axes thématiques forts : optique / photonique / interfaces numériques nouvelles énergies / environnement nucléaire santé, sport et ingénierie humanités, mutations de nos territoires - des actions favorisant la transdisciplinarité autour de : l'environnement le numérique le design Saint-Etienne possède un savoir-faire important dans les formations en alternance, notamment au travers de ses écoles d’ingénieurs (EMSE-ISTP, la plus grosse unité de formation d’ingénieur sous statut salarié en France (300 élèves promotion annuelle), ENISE, Télécom Saint-Etienne). Les effectifs en apprentissage pèsent au sein de la nouvelle Région. De plus, ce savoir-faire est centré sur les thématiques d’excellence du territoire. Elles sont attractives nationalement (notamment dans le cadre de l’Institut Mines-Télécom) et pourraient être valorisées dans le cadre de la Région Auvergne RhôneAlpes. L’idée est de capitaliser sur le savoir-faire du territoire en matière de formation continue et en alternance et donc du lien avec le tissu économique pour l’élargir à l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur puis de l’étendre progressivement à l’échelle de la Région. La capacité à construire des formations spécifiques, modulables, répondant aux besoins ponctuels des PME est une vraie force du territoire qu’il convient de préserver. 2. Saint-Étienne Métropole : laboratoire de l’innovation sociétale face aux grands enjeux du vieillissement de la population et de la préservation de l’environnement a. Poids de l’Economie sociale et solidaire Historiquement, le syndicalisme, le mutualisme, le christianisme social, l’associationnisme et le coopératisme ont constitué autant de « laboratoires solidaristes » en effervescence constante sur le territoire stéphanois, essaimant bien au-delà de leurs sphères d’influence naturelles. Le secteur de l’Economie sociale et solidaire en Loire Sud représente (état des lieux réalisé durant le second semestre 2010) : - 12% des établissements employeurs (France : 9,5% ; Rhône-Alpes :10%) - 15% des emplois salariés (France : 9,8% ; Rhône-Alpes :10%) - Au-delà du secteur associatif et des services à la personne, l’ESS est présente dans de nombreux secteurs d’activité. b. Des spécificités : Design d’usages et génie sensoriel Les organisations regroupées dans le Consortium Design Développement Durable de Saint-Etienne Métropole ont développé différentes offres d’accompagnement et d’animation sur ces questions qui 19 Concertation SRDEII – Contribution du Conseil de développement de Saint-Etienne Métropole doivent être mises au service de l’ensemble des acteurs économiques de la Région, et assurer un rayonnement national et international : - la Cité du Design (Laboratoire des Usages et des Pratiques Innovantes (LUPI / living lab) le Pôle Écoconception (accompagnement sur l’écoconception, lien entre l’offre et le demande, études sur le retour économique) le CIRIDD (économie de la fonctionnalité, économie circulaire, médias sociaux pour l’innovation et le développement durable) Designers + Avec : - le soutien des établissements d’enseignement supérieur : École des Mines, ENISE, École d’architecture, École supérieure d'art et de design, Université Jean Monnet, établissements eux-mêmes intégrés à des réseaux régionaux, nationaux ou internationaux. - une forte implication des industriels ou des acteurs économiques dans les conseils d’administration ou les organes de perfectionnement de ces établissements. c. Des domaines d’application - Le design pour tous : la Ville, la Cité du Design et Designers+ sont déjà investis dans cette démarche et identifiés par les acteurs internationaux du design for all. - La silver économie : Saint-Etienne Métropole possède un écosystème complet, multidisciplinaire et associant les acteurs publics et privés autour de « Prévention - bien vieillir - maintien de l’Autonomie - activités physiques - ingénierie santé - santé et numérique» dont les composantes essentielles sont : ARS, le Campus santé innovation, le Gérontopôle, le Pôle des technologies médicales, les entreprises, la Cité du design, Designers+, les axes d’excellence du CHU, les acteurs mutualistes et privés, médecine de ville, cliniques, maisons de soins et d’hébergement privées, établissements de prévention : Centre Hygée…, dispositif d’accompagnement de la filière par Saint-Étienne Métropole (D2IN), acteurs nationaux du territoire (EN3S, CNCESU, CETAF). Le potentiel de développement d’activité économique et d’emplois de la Silver économie et de l’Economie sociale et solidaire est important. Il est déjà générateur d’innovations produits, services, modes d’habitat ou de relation citoyenne qui font référence. L'association des compétences en génie sensoriel de l'ENISE et en design de l'ESADSE permettent d'envisager de nouvelles pistes d'innovation. Au regard de ses spécificités et de son histoire Saint-Etienne Métropole dispose de tous les atouts pour mettre ces compétences en innovation sociétale et transition industrielle au service du développement des autres territoires de la Région Auvergne Rhône-Alpes voire au-delà. 20