Executive summary-French.cdr - the international baby food action
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Executive summary-French.cdr - the international baby food action
Initiative mondiale de l'évaluation des coûts liés à l'allaitement (World Breastfeeding Costing Initiative or WBCi) INVESTIR DANS LES BÉBÉS: UNE NÉCESSITÉ Une campagne mondiale pour l'investissement financier dans la santé et le développement des enfants en rendant universelles les interventions en faveur d'un allaitement optimal RÉSUMÉ Initiative mondiale de promotion de l'allaitement pour la survie de l'enfant protéger l'allaitement REMERCIEMENTS Le rapport « Investir dans les bébés : une nécessité » est le fruit des efforts conjugués de nombreuses personnes. Nous aimerions remercier Dr. Francesco Branca et Dr. Tommaso Cavaillis Forzal de l'Organisation Mondiale de la Santé pour leur soutien et leurs conseils. Nous sommes profondément reconnaissants aux personnes suivantes qui nous ont aidés avec les évaluations financières de leurs pays respectifs ou nous ont aidés à trouver les informations nécessaires : Mme. Ateca Kama, responsable par intérim du département de nutrition et de diététique au Ministère de la santé des Iles Fidji ; Dr. Soyolgeral Gochoo, chargé de la santé de l'enfant au Ministère de la santé de la Mongolie ; Mme. Rosemary Lilu Kafa, de l'Unité de nutrition et de diététique au Ministère de la santé et des services médicaux des Iles Solomon ; Dr. Shuyi Zhang, du Capital Institute of Paediatrics de Beijing en Chine ; Dr. Gihan Fouad, consultant en pédiatrie à l'Institut national de nutrition au Caire en Egypte; Dr. Albandri Abonayan, superviseur du programme allaitement au Ministère de la santé de l'Arabie Saoudite ; Mme. Roseyati Yakuub, département des services de santé au Ministère de la santé de Brunei Darussalam ; Dr. K.P. Kushwaha, Principal de l'Ecole de médecine BRD à Gorakhpuren en Inde; Mme. Nemat Hajeebhoydu projet «Alive and Thrive » au Vietnam ; Mme. Christine Namatovu, de « Life Care Initiatives » en Ouganda ; et Dr. Seema Mihirshahi, de l'Australie. Nos remerciements vont également aux coordinateurs régionaux du réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile (IBFAN) Marta Trejos, Joyce Chanetsa et Elizabeth Sterken, pour nous avoir fourni des informations sur la situation des politiques et de la législation dans les pays de leurs régions. Dr. Susan Horton, de l'université de Waterloo au Canada, Dr. Adriano Cattaneo, de l'Institut de santé de l'enfant de Trieste en Italie, Dr. Lida Lhotska, de IBFANGIFA (Réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile - Association genevoise pour l'alimentation infantile), Dr. Meera Shekar de la Banque Mondiale, et Dr. Urban Jonsson, Directeur Exécutif de l'organisation « The Owls » en Tanzanie, ont révisé le document à différentes étapes de son élaboration et ont offert de précieux conseils. Nous leur sommes extrêmement reconnaissants pour le temps qu'ils ont bien voulu y consacrer malgré leurs emplois du temps chargés. Nous remercions également les membres de l'équipe du bureau régional de coordination du réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile en Asie (IBFAN Asie) pour les informations et le soutien logistique qu'ils ont apportés. Et enfin, nous aimerions tout particulièrement remercier Ashi Kohli Kathuria et Mohini Kak de la Banque Mondiale, qui nous ont permis de faire ce travail en nous aidant efficacement avec le processus de financement de la Banque Mondiale. Ce projet a été possible grâce au soutien financier du projet SAFANSI (South Asia Food and Nutrition Security Initiative) et les contributions de DFID (Department for International Development) Royaume-Uni et de AusAID (Australian Governement department of foreign affairs and trade). Grâce à leur soutien au Projet gBICS (Initiative mondiale de promotion de l'allaitement pour la survie de l'enfant), Sida, l'Agence suédoise de coopération pour le développement international et Norad, l'Agence norvégienne de coopération pour le développement ont aidé à diffuser ce travail. Auteurs INVESTIR DANS LES BÉBÉS : UNE NÉCESSITÉ - Une campagne mondiale pour l'investissement financier dans la santé et le développement des enfants en rendant universelles les interventions en faveur d'un allaitement optimal © BPNI / IBFAN Asia 2013 Editeur Réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile Asie (International Baby Food Action Network ou IBFAN Asia) / Réseau indien pour la promotion de l'allaitement (Breastfeeding Promotion Network of India, BPNI) BP-33, Pitampura, Delhi-110034. Inde Tel: +91-11-27343608, 42683059, Tel/Fax: +91-11-27343606 Email: [email protected], [email protected]. Site web: www.ibfanasia.org Auteurs: Radha Holla, Alessandro Iellamo, Arun Gupta, Julie Smith et JP Dadich Edition: Shoba Suri et Nupur Bidla Révision Dr. Urban Jonsson, Directeur Exécutif, The Owls, Tanzanie Dr. Susan Horton, Université de Waterloo, Canada Dr. Adriano Cattaneo, Institut de santé de l'enfant, Trieste, Italie Dr. Lida Lhotska, IBFAN/GIFA Dr. Meera Shekar, Banque Mondiale Tous les droits sont réservés par IBFAN-Asie/BPNI. La présente publication doit être utilisée à des fins d'éducation ou d'information. Elle peut être librement utilisée, résumée, reproduite ou traduite, en partie ou totalement, pourvu que la source soit citée et que le produit fini ne soit pas destiné à la vente ou à des fins commerciales. Clause de non-responsabilité: Les termes employés et la présentation du matériel dans cet ouvrage n'impliquent en aucun cas l'expression d'une quelconque opinion d'IBFAN Asie ou de BPNI sur le statut légal d'un quelconque pays, territoire, d'une quelconque ville ou région sous son autorité, ou concernant la délimitation de ses frontières ou limites. Notre code d'éthique: Le code d'éthique de BPNI/IBFAN Asie lui commande de n'accepter aucun financement provenant de fabricants de substituts de lait maternel, biberons, équipements connexes, ou aliments pour nourrissons (céréales) ou provenant de ceux qui ont enfreint la loi IMS Act ou le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ou provenant de toute autre organisation/industrie présentant des conflits d'intérêt. 2 RÉSUMÉ L'alimentation à base de préparations pour nourrissons constitue un énorme fardeau pour la planète et les hommes. L'amélioration des taux d'allaitement optimal allègera ce fardeau. un environnement favorable permettant aux mères qui le désirent d'allaiter. Un rapport récent de l'UNICEF recommande des investissements plus importants et plus réalistes en faveur de l'allaitement (UNICEF, 2013). La capacité des femmes à allaiter est une précieuse ressource nationale ayant une importante valeur économique. Elle présente des avantages tels que sauver des vies et éviter des coûts de santé du fait de la réduction des risques liés à l'alimentation avec des préparations pour nourrissons et au sevrage précoce. Cependant, puisque l'investissement actuel de ressources en faveur du maintien et de la promotion de l'allaitement demeure insuffisant, l'allaitement est surtout maintenu grâce aux efforts sans contrepartie des mères et des bénévoles. Il y a une nécessité manifeste d'investir davantage dans l'allaitement afin de le protéger, le promouvoir et le soutenir au fur et à mesure que le développement économique progresse, et d'assurer un partage équitable des ressources engagées dans l'allaitement des nourrissons et des jeunes enfants. Créer un environnement favorable à l'allaitement nécessite trois types d'actions- la protection, la promotion et le soutien de l'allaitement, comme souligné par la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (Stratégie mondiale). Les estimations de la Banque Mondiale pour porter les interventions de nutrition à l'échelle incluent les coûts liés à la «promotion» de l'allaitement, et ces chiffres sont souvent utilisés comme référence en matière d'évaluation des coûts. Cependant, cette estimation ne prend en compte qu'une partie des interventions, à savoir la « promotion » (Horton S & al 2009). Allaitement optimal signifie initiation précoce de l'allaitement, allaitement exclusif pendant six mois, et poursuite de l'allaitement pendant deux ans ou plus avec introduction d'aliments de complément appropriés et adéquats à partir de six mois. Une attention croissante est accordée à l'importance de la nutrition pendant les 1000 premiers jours de la vie, et surtout à l'allaitement à cause de l'ampleur de son impact sur la réduction de la mortalité (PAHO, 2013 ; World Economic Forum, 2011) et l'efficacité des interventions pour le promouvoir. De plus en plus d'études menées dans les pays développés et en voie de développement montrent l'énorme économie de coûts liée à l'augmentation des taux d'allaitement, et surtout, des taux d'allaitement exclusif. Cependant, l'allaitement maternel demeure une des interventions de nutrition les moins financées (Mutuma S, Fremont W & Adebayo A, 2012). Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun engagement politique pour mettre à disposition des ressources à la hauteur de l'importance de l'allaitement. Aucun effort n'est fait non plus pour créer INVESTIR DANS LES BÉBÉS : UNE NÉCESSITÉ Etant donné que les estimations précédentes de ressources financières nécessaires à l'allaitement s'avèrent insuffisantes, nous avons estimé la mise en œuvre complète de l'ensemble de la Stratégie mondiale pour 214 pays à environ 15,45 milliards de dollars US par an avec des coûts supplémentaires non-récurrents de 2,05 milliards de dollars US pour l'élaboration des politiques et la législation. Les coûts récurrents incluent la coordination, la formation continue, la mise en œuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel (le Code) et des résolutions ultérieures pertinentes de l'Assemblée Mondiale de la Santé, la mise en œuvre de l'Initiative Hôpitaux Amis des Bébés (IHAB), la révision des politiques et de la législation, la gestion des données, la recherche et les allocations de maternité (calculées à 2 dollars US par jour pendant 180 jours pour les femmes vivant en dessous du seuil de pauvreté). Les coûts par pays varieront en fonction de l'existence ou non des politiques et de la législation, du nombre suffisant ou non de professionnels de la santé formés, de l'existence ou non de systèmes de sécurité sociale permettant de venir en aide aux femmes vivant en dessous du seuil de la pauvreté pour qu'elles allaitant leur nourrissons. Cependant, nous supposons que ces variations sont minimes, avec une estimation des économies qui dépassent largement les coûts, comme le 3 démontrent les études menées au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, et en Australie (Renfrew MJ & al, 2012 ; Bartick & al, 2010 ; Smith, 2002). L'investissement de ces ressources contribuera de manière significative à la prévention de la mortalité et de la morbidité infantiles tout comme à la prévention des maladies non-transmissibles telles que l'obésité, le diabète, les cancers, etc. qui surviennent plus tard dans la vie. Chez la mère, cet investissement aidera à prévenir la mort prématurée y compris celle due au cancer du sein et à l'hémorragie post-partum, et contribuera à l'amélioration de sa santé grâce à l'espacement des naissances (Sassi, 2013). Le rapport de l'UNICEF RoyaumeUni montre que pour le Royaume-Uni, cela génèrerait un bénéfice supplémentaire de plus de 31 millions de livres sterling, sur la durée de vie de chaque cohorte annuelle de mères primipares (Renfrew MJ & al, 2012). interventions en faveur de l'intérêt supérieur de l'enfant, et cela inclut l'allaitement. Le droit des mères à allaiter est aussi reconnu par le Bureau International du Travail (BIT) à travers le congé de maternité et les pauses allaitement accordés aux femmes qui travaillent. Chez les enfants de moins de 5 ans, plus de 800.000 décès sont causés par les pratiques sous-optimales d'allaitement maternel. Les pratiques optimales d'allaitement peuvent aider à prévenir des millions d'épisodes de maladies telles que la pneumonie et la diarrhée ainsi que les graves affections qui surviennent plus tard dans la vie telles que le diabète, l'obésité, le cancer, la leucémie, etc. L'allaitement sauve des vies de nourrissons et de jeunes enfants, réduit la malnutrition, promeut la santé et le développement, et assure une vie plus saine à l'enfant qui grandit. La revue systématique de l'OMS sur les effets à long-terme de l'allaitement donne aussi les avantages L'objectif de ce rapport est de soutenir tous les pays afin qu'ils puissent mettre en œuvre cette Stratégie mondiale dans son entièreté, de sensibiliser tous les acteurs, et de renforcer la volonté et l'engagement politiques à investir dans toutes les interventions nécessaires dans une perspective des droits humains. Ce rapport se focalise sur les implications économiques et financières de l'allaitement, y compris les économies en matière de coûts de la santé, et aide à prendre les décisions financières. L' « outil de planification financière » qui accompagne ce rapport, aide dans l'élaboration de plans d'action spécifiques et à faire des estimations budgétaires justes. pour les enfants en cas de surpoids/d'obésité, de tension artérielle, du diabète et sur l'intelligence (Horta BL 2013). Comme le démontre un rapport récent de l'UNICEF Royaume Uni, au Royaume-Uni seulement, au total, plus de 17 millions de livres sterling pourraient être économisées chaque année en évitant les coûts de traitement de quatre maladies graves chez les nourrissons. L'augmentation de la prévalence de l'allaitement se traduirait par encore plus d'économies (Renfrew MJ & al, 2012). Des études faites aux Etats-Unis (Bartick & al, 2010) et en Australie (Smith, 2012), démontrent également les avantages économiques de l'allaitement optimal. Une utilisation accrue de préparations pour nourrissons inutiles se traduit POURQUOI INVESTIR ? Etant donné les avantages de l'allaitement autant pour l'enfant que pour la mère, dans le contexte des droits humains, les bébés ont le droit de recevoir le lait maternel et les mères ont le droit d'allaiter avec succès et de pratiquer un allaitement optimal. La Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women CEDAW) reconnait le droit des femmes à être soutenues pendant l'allaitement à travers la mise à disposition de services appropriés et de la nutrition. Il incombe au premier chef à l'Etat d' assurer l'environnement favorable nécessaire aux femmes pour allaiter de manière optimale. La Convention relative aux droits de l'enfant (CDE) mandate également les gouvernements à investir dans des programmes et des également par des dépenses énormes liées à l'achat du produit et au traitement des maladies résultant de son utilisation. En tenant compte des avantages mentionnés ci-dessus, l'allaitement fait économiser de l'argent à tous les niveaux. Il est ironique de constater que, sur les 135 millions de bébés qui naissent chaque année au niveau mondial, près de 83 millions n'ont PAS la chance de bénéficier des avantages des pratiques d'allaitement optimal (UNICEF 2013). Seulement 42% (56.7 millions) de mères et de bébés initient l'allaitement dans la première heure qui suit la naissance, 39% seulement (52.6 millions) pratiquent l'allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie, et seulement 58% (73.5 millions) continuent d'allaiter jusqu'à l'âge de deux ans au moins. RÉSUMÉ 4 besoin d'une assistance financière en guise d'allocations et prestations de maternité en lieu et place de salaires, afin de pouvoir garder leurs nourrissons près d'elles et pour pratiquer l'allaitement exclusif. OÙ INVESTIR ? Tout simplement dans la mise en œuvre de la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant dans son entièreté. Cette stratégie a été adoptée par l'Assemblée Mondiale de la Santé (AMS) et le Comité Exécutif de l'UNICEF. En outre, le guide conjoint OMS/UNICEF de programmation sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, tout comme le plus récent guide de programmation de l'UNICEF, suggèrent de mettre en œuvre les interventions suivantes basées sur l'évidence scientifique qui ont été sélectionnées dans ce rapport pour estimer les ressources financières nécessaires: ! L'élaboration et la coordination de politiques et de plans d'action ; ! Le système de soins de santé et de nutrition avec deux volets : l'IHAB et la formation des professionnels de santé ; ! Les services communautaires et le soutien aux mères ; ! La promotion par le biais des médias ; ! La protection de la maternité ; ! La mise en œuvre du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel ; ! Le suivi et la recherche. COMBIEN INVESTIR ? Selon cette estimation, il faut un investissement de 17,5 milliards de dollars US dans des coûts récurrents et nonrécurrents pour mettre en place un paquet d'interventions permettant de créer un environnement favorable pour l'allaitement. Certains coûts tels que l'élaboration de législations et la formation de base en compétences en conseil (couselling en anglais) sont nonrécurrents. Les coûts récurrents incluent le suivi des violations du Code international, la coordination, les allocations de maternité, la gestion des données, la recherche, les révisions et mises à jour des politiques et de la législation. Les coûts récurrents les plus importants sont liés aux droits et prestations de maternité. Nos estimations se fondent sur des calculs basés sur les hypothèses suivantes: ! Des services seront fournis par le personnel existant au sein des services de santé, des ministères du travail, de la justice, de l'action sociale, etc., avec un renforcement supplémentaire de compétences. La faible quantité de données disponibles et l'importante variation des coûts des services dans les différents pays constituent un des facteurs contraignants de cette estimation. Dans la mesure où certains pays ont récemment élaboré des budgets pour la mise en œuvre partielle ou totale de la Stratégie mondiale, ils ont partagé leurs estimations de coûts avec nous. Nous avons aussi examiné les estimations existantes pour la promotion de l'allaitement, l'IHAB et les programmes sociaux d'allocations financières. Pour les prestations de maternité, nous avons utilisé le coût moyen de 2 dollars US par jour (entre 1,25 et 2,50 dollars US par jour selon les estimations de la Banque Mondiale) comme seuil pour répondre aux besoins de base en nourriture, eau , assainissement, habillement, abri, soins de santé et éducation. Nous n'avons pas inclus les salaires du personnel dans notre estimation du fait de la grande disparité de salaires existant d'un pays à l'autre, mais aussi parce que le personnel en place qui est déjà rémunéré peut assumer des tâches supplémentaires si ses compétences sont renforcées. Dans la mesure où cela ne sera pas le cas dans certains pays, nos estimations sousestiment le coût réel. Afin de surmonter certaines limites, nous avons développé un outil de planification financière qui fait partie de l'Initiative Mondiale de l'évaluation des coûts liés à l'allaitement ( WBCi), pour aider les gouvernements à planifier et définir les actions prioritaires et à les budgétiser avec précision. Cet outil peut également être utilisé par les agences internationales et les bailleurs de fonds pour calculer et effectuer le suivi de leurs investissements dans un pays ou une région et pour mettre en place des politiques et des programmes adéquats et efficaces qui peuvent aider à augmenter les taux d'allaitement optimal. ! Chaque femme a le droit à la protection, à l'accès à une information juste et impartiale et à un soutien pour un allaitement optimal. ! Les interventions mises en place pour créer un environnement favorable doivent être portées à l'échelle à 100% et mises en œuvre simultanément. LES PERSPECTIVES D'AVENIR Les femmes vivant en dessous du seuil de pauvreté ont L'analyse scientifique de l'OMS des avantages de ! INVESTIR DANS LES BÉBÉS : UNE NÉCESSITÉ 5 l'allaitement optimal ne peut pas être ignorée. L'amélioration des taux d'allaitement exige une mise en œuvre complète de la Stratégie mondiale par des actions multisectorielles au lieu de la mise en œuvre de quelques interventions isolées seulement. Lors de l'analyse visant à comprendre pourquoi le modèle d'engrenage de l'allaitement a fonctionné au Brésil mais a échoué au Mexique, les chercheurs ont conclu que toutes les composantes (engrenages) étaient en place au Brésil avec un fonctionnement bien coordonné et suivi (un pignonétalon) et les résultats ont révélé des améliorations dans les taux d'allaitement. Au Mexique, soit les « pignons de l'engrenage » étaient manquants, soit ils n'étaient pas placés au bon endroit, avec pour résultat un manque d'amélioration des taux d'allaitement. Dans son rapport intitulé Breastfeeding on the Worldwide Agenda analysant la situation de l'allaitement au niveau mondial, l'UNICEF plaide clairement pour un regain du leadership et des investissements en matière d'allaitement afin d'obtenir une couverture totale des interventions permettant de créer un environnement favorable à l'allaitement. Toutes les interventions doivent être rendues universelles pour que chaque femme ait accès aux services nécessaires. Cela requiert une action coordonnée et concertée, et des ressources. Les principales ressources doivent êtres financières c'est-àdire de l'argent. L'importance des efforts non rémunérés des mères allaitantes elles-mêmes et du soutien de bénévoles doit également être prise en compte et non plus être considérée comme allant de soi. Voici une série de recommandations pour aller de l'avant: Les gouvernements doivent: 1. Planifier et budgétiser la mise en œuvre complète de la Stratégie mondiale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant / la Stratégie nationale pour l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, et intégrer sa mise en œuvre parmi les priorités économiques et de développement nationales. 2. Effectuer des évaluations des politiques et programmes sur l'allaitement et l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant en utilisant les outils d'évaluation de l'OMS ou les outils de la (World Breastfeeding Trends initiative ou Initiative mondiale de suivi des tendances de l'allaitement) afin d'identifier et documenter les lacunes. 3. Elaborer des plans d'actions nationaux ou locaux sur des périodes de 1 à 5 ans avec des budgets clairs pour atteindre les objectifs, sur la base de lacunes identifiées en matière de politique. 4. Développer des systèmes de suivi et production de rapports périodiques sur les pratiques optimales d'allaitement, au niveau national/ régional/ provincial. 5. Institutionnaliser la recherche pour documenter les avantages de ce programme pour les populations en termes de réduction de l'incidence des maladies, d'effets à long-terme sur la santé, et d'économies de coûts. 6. Produire des rapports annuels sur les dépenses effectuées pour les interventions en faveur de l'allaitement optimal et mettre en place un suivi des dépenses liées aux interventions, dans tous les domaines d'action. 7. Prendre urgemment des mesures sur les questions politiques comme la protection de la maternité et les autres mesures nécessaires. La communauté internationale doit: 1. Allouer des budgets spécifiques pour augmenter les taux d'allaitement optimal dans le cadre du fonds mondial pour la survie de l'enfant, la nutrition, et la santé des mères et des enfants. (Tous les bailleurs de fonds et les agences mondiales) 2. Revoir à la hausse ses estimations pour les interventions visant à porter la nutrition à grande échelle en considérant pleinement toutes les interventions requises pour rendre universels les services en faveur d'un allaitement optimal. (Banque Mondiale) 3. Prendre des engagements prioritaires concernant l'utilisation du temps de travail du personnel, y compris leur formation dans des domaines liés à l'allaitement comme le Code et leurs compétences en matière de conseil en alimentation du nourrisson et du jeune enfant, et engager les fonds nécessaires aux dépenses liées aux différentes interventions proposées dans ce rapport. (OMS, UNICEF, Banque Mondiale) 4. Produire des rapports annuels sur les dépenses consacrées aux programmes visant à améliorer les politiques et les pratiques d'allaitement optimal. (Toutes les organisations) 5. Mettre en place un fonds spécial pour des allocations financières de maternité pour aider toutes les femmes vivant en dessous du seuil de pauvreté. (Banque Mondiale) RÉSUMÉ 6 A PROPOS DES AUTEURS RHADA HOLLA, coordinatrice de campagnes, pour le Réseau indien de promotion de l'allaitement (BPNI Breastfeeding Promotion Network of India) / Réseau international de groupes d'action sur l'alimentation infantile en Asie (International Baby Food Action Network IBFAN Asia), est une ethnologue ayant plus de 36 ans d'expérience dans le secteur du développement, sur des sujets liés à la santé, au genre, à l'environnement et aux droits humains . ALESSANDRO ILLEAMO, consultant de l'Organisation Mondiale de la Santé auprès de la Région du Pacifique occidental, travaille depuis près de 10 ans dans le développement communautaire et l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Il a géré des projets dans différents pays en Asie et au Rwanda. DR. ARUN GUPTA, coordinateur régional du Réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile en Asie (IBFAN Asia) et président de l'Initiative mondiale de l'allaitement pour la survie de l'enfant (gBICS), est membre de l'Académie de Pédiatrie de l'Inde et a travaillé de manière extensive au cours des trois dernières décennies sur la politique en matière de santé et de nutrition de l'enfant dans de nombreux pays d'Asie, avec un intérêt particulier pour l'allaitement. Il est à l'origine de l'Initiative mondiale de suivi des tendances de l'allaitement (World Breastfeeding Trend Initiative WBTi), un outil novateur permettant de mesurer les actions menées dans chaque pays. Il a parrainé le développement de l'initiative mondiale de l'évaluation des coûts liés à l'allaitement (World Breastfeeding Costing Initiative WBCi). DR. JULIE P.SMITH, économiste, est membre du Centre australien pour la recherche en économie de la santé, de l'Institut de Médecine, Biologie et Environnement (CMBE), de l'université nationale de l'Australie. Elle possède une expertise internationalement reconnue sur le sujet de l'économie de l'allaitement. Ancienne économiste principale aux ministères des finances de l'Australie et de la Nouvelle Zélande, elle a travaillé sur l'aide internationale au développement, et sur les sujets de politiques sociales et de taxation. DR. JP DADHICH, est un pédiatre comptant plus de 25 ans d'expérience. Il est présentement le coordinateur national du Réseau indien de promotion de l'allaitement (BPNI Breastfeeding Promotion Network of India), consultant pour les programmes de VIH et d'allaitement auprès du Réseau international de groupes d'action sur l'alimentation infantile en Asie (International Baby Food Action Network IBFAN Asia), co-coordinateur du Groupe de Travail de la World Alliance for Breastfeeding Action (WABA) sur le plaidoyer mondial et coordinateur des points focaux de la WABA dans la Région de l'Asie du Sud. Il a contribué à la rédaction de chapitres de livres traitant de divers sujets tels que les soins du nouveau-né, les soins pédiatriques, la nutrition du nourrisson et du jeune enfant, etc. Il a révisé des articles de recherche et publié des articles dans des journaux de pédiatrie, de néonatologie et de nutrition. Il a aussi contribué à la publication de journaux, de documents politiques, des déclarations de position, des modules de formation, des rapports de conférence, etc. sur l'allaitement, l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la santé du nouveau-né, et la survie de l'enfant, etc. INVESTIR DANS LES BÉBÉS : UNE NÉCESSITÉ 7 Publié par Traduction / relecture: Rebecca Norton / André Nikiéma et Alison Linnecar protéger l'allaitement Réseau international de groupes d'action pour l'alimentation infantile Asie (International Baby Food Action Network ou IBFAN Asia) / Réseau indien pour la promotion de l'allaitement (Breastfeeding Promotion Network of India, BPNI) BP-33, Pitampura, Delhi-110034, Inde Tel :+91-11-27343608, 42683059, Tel/fax :+91-11-27343606 Email : [email protected], [email protected]. Site web : www.ibfanasia.org Avec le soutien de: