Perception de la collaboration Médecin-Infirmier
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Perception de la collaboration Médecin-Infirmier
Année Universitaire 2012-2013 Mémoire pour l’obtention du Diplôme Inter Universitaire de Pédagogie Médicale Universités Paris Descartes, Pierre et Marie Curie, Paris Sud et Paris Est Créteil Par les Dr Alice HADCHOUEL DUVERGÉ et Dr Karim SACRÉ PERCEPTION DE LA COLLABORATION MEDECIN-INFIRMIER : ETAT DES LIEUX DANS DEUX HOPITAUX PARISIENS ET EVALUATION DE L’INTERET D’UN ENSEIGNEMENT SUR LE SUJET Présenté le 11 octobre 2013 TABLE DES MATIERES RESUME………………………………………………………………………………………2 INTRODUCTION……………………………………………………………………………..3 MATERIELS ET METHODES………………………………………………………………..4 1. Organisation générale et population de l’étude…………………………..………………….4 2. Questionnaire..………………………………………………………………………………4 3. Analyses statistiques………………………………………………………………………...6 RESULTATS…………………………………………………………………………………..7 1. Caractéristiques de la population……………………………………………………………7 2. Collaboration Médecin-Infirmier: score total……………………………………………….8 3. Collaboration Médecin-Infirmier : score par domaine………………………………………9 4. Enseignement de la relation Médecin-Infirmier…………………………………………...10 DISCUSSION………………………………………………………………………………...11 REFERENCES………………………………………………………………………………..16 LEGENDES DES TABLEAUX……………………………………………………………...18 LEGENDES DES FIGURES…………………………………………………………………19 TABLEAU 1………………………………………………………………………………….21 TABLEAU 2………………………………………………………………………………….22 TABLEAU 3………………………………………………………………………………….23 TABLEAU 4………………………………………………………………………………….24 FIGURE 1…………………………………………………………………………………….25 FIGURE 2…………………………………………………………………………………….26 FIGURE 3…………………………………………………………………………………….27 FIGURE 4…………………………………………………………………………………….28 ANNEXE 1…………………………………………………………………………………...29 ANNEXE 2…………………………………………………………………………………...32 1 RESUME Rationnel. La qualité de la collaboration médecin-infirmier a un impact sur la qualité des soins et le devenir du patient. Peu d’études ont évalué la perception et la qualité de cette collaboration dans les hôpitaux français. Un enseignement sur ce thème pourrait être proposé. Objectifs. 1- Evaluer la façon dont médecins et infirmiers perçoivent leur collaboration dans le domaine des soins, et 2- Interroger cette même population sur l’intérêt et les modalités d’un enseignement sur ce thème. Méthodes. Le travail a été réalisé de façon prospective au sein des Hôpitaux Universitaires Necker-Enfants Malades et Bichat-Claude Bernard à Paris. Treize services de l’hôpital Necker comptant 288 infirmiers et 197 médecins et 5 services de l’hôpital Bichat comptant 94 infirmiers et 78 médecins ont participé. Une échelle psychométrique américaine, The Jefferson Scale of Attitudes Toward Physician Nurse Collaboration (JSAPNC), de 15 items côtés par une échelle de Likert à 4 réponses, a été utilisée pour évaluer la perception de la collaboration médecin-infirmier. La JSAPNC interroge 4 domaines distincts: le travail en équipe (7 items), le soin (3 items), l’autonomie de l’infirmier (3 items) et la dominance du médecin (2 items). Trois questions à choix unique et deux questions à choix multiples interrogeaient également l’intérêt et les modalités d’un enseignement de la relation médecininfirmier. Résultats. Cent trente quatre infirmiers (47% de la population testable) et 86 médecins (43%) de l’hôpital Necker, et 84 infirmiers (89%) et 66 médecins (85%) de l’hôpital Bichat ont répondu au questionnaire. L’analyse a porté sur les 336 questionnaires (85.9% des questionnaires recueillis) totalement complétés pour la JSAPNC. Le score total moyen est significativement plus élevé chez les infirmiers (51,7 ± 3,5) que chez les médecins (49,1 ± 4,6 ; p<0.0001) traduisant une perception plus positive de la collaboration chez les infirmiers. Le score total par profession est indépendant de l’âge, du sexe, du grade et de la spécialité. Les scores par domaine (équipe, soin, autonomie, dominance) sont tous significativement plus élevés chez les infirmiers. Les scores des domaines « équipe » et « soin » varient selon la spécialité et le grade. Le score « dominance » est dépendant de l’âge et du sexe. Le stage infirmier effectué par les étudiants en médecine en 2ème année est jugé inutile à l’apprentissage de la relation médecin-infirmier par environ 30% des répondants. Soixantehuit pourcent des médecins et 87,3% des infirmiers pensent qu’un autre enseignement de la relation médecin-infirmier est nécessaire. Soixante sept pourcent des sujets pensent que cet enseignement devrait avoir lieu en deuxième cycle des études. Soixante-dix sept pourcent des sujets proposent comme modalité d’enseignement, exclusive ou associée, des discussions de situations pratiques en petits effectifs dispensées de façon commune aux deux filières. Conclusion. Ce travail, conduit dans 2 hôpitaux parisiens, montre une meilleure perception de la collaboration médecin-infirmier chez les infirmiers comparativement aux médecins. La mise en place d’un enseignement sur le sujet est largement plébiscitée par les deux professions. Un projet pédagogique inter-disciplinaire, dispensé en deuxième cycle des études, et axé sur des cas pratiques, pourrait être proposé Mots clés : collaboration – médecin – infirmier – qualité des soins – devenir du patient – enseignement. 2 INTRODUCTION La collaboration médecin-infirmier et l’impact de cette collaboration sur la qualité des soins et le devenir des patients ont principalement été étudiés dans les pays anglo-saxons. De ces travaux émergent deux modèles archétypaux de la collaboration médecin-infirmier: un modèle hiérarchique, et un modèle complémentaire [1]. Dans le modèle hiérarchique, l’infirmier est subordonné à l’autorité médicale et a une autonomie très limitée dans le domaine des soins. Cette subordination peut toutefois n’être qu’apparente comme en rend compte le « doctor-nurse game » décrit par Stein en 1967 [2] où les recommandations et initiatives de l’infirmière (profession quasi-exclusivement féminine à l’époque) sont exprimées de manière à préserver l’omniscience du médecin et à lui attribuer toutes les décisions. Dans le modèle complémentaire, au contraire, médecins et infirmiers participent ensemble à la prise de décisions et partagent les responsabilités [1]. Alors que le modèle hiérarchique reste le modèle dominant dans certains pays, plusieurs travaux, réalisés pour l’essentiel dans des services de soins lourds comme la réanimation ou les unités de soins intensifs, ont montré une association positive entre la qualité de la collaboration médecin-infirmier et des indicateurs de santé tels que la morbidité et la mortalité [3-5]. De plus, cette notion n’est pas nouvelle puisqu’elle est abordée dés 1985 par Prescott [6] et revue en détail par Fagin en 1992 [7] avec un titre résumant l’essentiel de la problématique : « Collaboration between nurses and physicians: no longer a choice ». Plusieurs travaux publiés depuis ont eu pour objectif 1- d’évaluer la façon dont chacun des membres du couple soignant médecin-infirmier perçoit cette collaboration (revus en partie dans [8]) et 2- de proposer des modèles de formation aux relations collaboratives et interdisciplinaires. Ces modèles s’appuient sur la formation au travail en équipe, la connaissance et le respect du rôle de l’autre, et la maîtrise des notions d’autorité et de responsabilité. Plusieurs études montrent notamment le bénéfice d’un enseignement sur ce thème en deuxième et troisième cycle des études médicales ainsi qu’en formation continue [9]. La majorité de ces études a été réalisée par des infirmières et très peu sont à l’initiative d’équipes françaises. Dans ce contexte, nous avons donc décidé d’étudier la façon dont médecins et infirmiers perçoivent leur collaboration dans le domaine des soins dans deux hôpitaux français et d’interroger médecins et infirmiers sur l’intérêt d’un enseignement sur le sujet. 3 MATERIELS ET METHODES 1. Organisation générale et population de l’étude Ce travail a été réalisé au sein des Hôpitaux Universitaires Necker-Enfants Malades et BichatClaude Bernard à Paris. Dans un premier temps, les chefs de service de médecine et de chirurgie de l’hôpital Necker, et du pôle 1 de l’hôpital Bichat ont été informés de l’étude et un accord leur a été demandé. Les médecins et infirmiers des services ayant accepté de participer à l’étude ont été interrogés par un questionnaire. La distribution du questionnaire a été effectuée par les investigateurs en collaboration avec les cadres de soins de chaque service. La distribution puis le recueil des questionnaires se sont étendus sur une période de 2 mois. Parallèlement, les effectifs de chaque service participant ont été recueillis afin de pouvoir calculer un taux de participation. 2. Questionnaire Le questionnaire de l’étude a été établi à partir d’une revue préliminaire de la littérature utilisant Pubmed, concernant d’une part les outils d’évaluation de la relation médecininfirmier, et d’autre part les modalités de formation pédagogique sur ce même sujet. Une revue de la littérature dans ces 2 domaines a retrouvé 172 à 487 références selon les mots-clés utilisés (« doctor (or physician) to nurse relationship (or collaboration) +/- medical education (or teaching)»), dont 43 pertinentes au cours des 15 dernières années. Parmi ces travaux, la majorité a été réalisée par des infirmières, 20 ont été publiés dans des revues de recherche en soins infirmiers, comportant le mot « nurse » ou « nursing » dans leur titre, et 5 dans des revues traitant de pédagogie médicale comportant le mot « education » dans leur titre. Aucune étude française n’a été retrouvée. A l’issue de cette analyse bibliographique, un questionnaire en 3 parties a été élaboré (Annexe 1). Il était systématiquement accompagné d’une lettre d’information sur l’étude. 2.1 Première partie La première partie du questionnaire correspond à un recueil des caractéristiques générales du répondant : hôpital, service, âge, sexe, classe professionnelle (médecin ou infirmier) et détails du statut. 2.2 Deuxième partie La deuxième partie est un outil permettant d’évaluer la perception du répondant vis-à-vis de la collaboration médecin-infirmier. Les 5 principales échelles utilisées, 4 américaines et 1 4 britannique, ont été revues et comparées par Dougherty en 2005 [10]. A partir de cette revue, The Jefferson Scale of Attitudes Toward Physician Nurse Collaboration (JSAPNC) a été sélectionnée pour l’étude (Annexe 2). Il s’agit d’une échelle psychométrique américaine initialement élaborée par le Pr Hojat en 1985, puis modifiée en 1997 et 1999, aboutissant à une version définitive de 15 items avec une validité et une fiabilité confirmées [11]. Comparativement aux autres échelles et questionnaires, l’échelle de Jefferson est la plus récente, elle permet d’interroger à la fois médecins et infirmiers avec les mêmes items, elle intègre des items concernant l’enseignement et la formation interprofessionnelle et elle a déjà été traduite dans d’autres langues avec une procédure similaire de traduction [1, 12]. Cette échelle a été utilisée pour comparer les attitudes entre médecins et infirmiers dans 14 études publiées en langue anglaise et indexées Medline [1, 12-24]. Elle permet d’explorer 4 domaines qui modulent la perception de la relation médecin-infirmier : - 1 : Education partagée et travail en équipe (« shared education and teamwork », items 1, 3, 6, 9, 12, 14 et 15) : domaine « équipe » - 2 : Soigner versus traiter (« caring as opposed to curing », items 2, 4 et 7): domaine « soin » - 3 : Autonomie de l’infirmier (« nurse’s autonomy », items 5, 11 et 13) : domaine « autonomie » - 4 : Dominance du médecin («physician’s dominance », items 8 et 10) : domaine « dominance » Chaque item est évalué par une échelle de Likert à 4 niveaux, s’étendant de 1 (=pas du tout d’accord) à 4 (=tout à fait d’accord), aboutissant à un total maximal de 60. Concernant les items 8 et 10, leur score est inversé avant l’analyse. Plus le score total est élevé, plus la perception de la relation et la collaboration médecin-infirmier est positive. Un score élevé pour le domaine 1 indique un intérêt pour la formation interprofessionnelle et le travail en équipe. Un score élevé pour le domaine 2 indique un point de vue positif sur la contribution des infirmiers dans la prise en charge psychosociale et l’éducation des patients. Un score élevé au domaine 3 indique une volonté d’implication des infirmiers dans les décisions concernant les soins des patients et les pratiques du service et de l’hôpital. Enfin, un score élevé au domaine 4 indique une défiance vis-à-vis de l’autorité absolue du médecin dans la prise en charge des patients. Après accord du Pr Hojat, l’échelle a été traduite en français par les 2 investigateurs et par un troisième lecteur français bilingue extérieur à l’étude. La version française a ensuite été retraduite en anglais par un lecteur australien bilingue afin de s’assurer de l’exactitude de la 5 traduction (back-translation procedure) [25]. L’item 11 a été modifié car il était difficile d’en obtenir une traduction française exacte et adaptée au fonctionnement hospitalier français. Une proposition de remplacement a été faite, interrogeant le même domaine, et la version française définitive de l’échelle a été validée par le Pr Hojat. 2.3 Troisième partie La troisième partie du questionnaire interroge l’intérêt et les modalités d’un enseignement sur la relation médecin-infirmier par des questions à choix unique pour les 3 premières et à choix multiples pour les 2 dernières. Les modalités d’enseignement proposées sont celles retrouvées dans la littérature (revues dans [9]). Avant distribution, le questionnaire a été évalué dans chacun des 2 hôpitaux participants par 5 médecins séniors et 5 infirmiers et/ou cadres de soins, afin de s’assurer de la bonne acceptation du questionnaire, de sa fluidité et de la bonne compréhension des questions. Les individus testés ont complété le questionnaire puis leurs commentaires ont été recueillis lors d’un entretien avec les investigateurs. 3. Analyses statistiques Concernant l’échelle de Jefferson, les scores totaux et les scores par domaine ont été comparés entre les groupes pour les différents paramètres recueillis par une analyse de variance suivie d’un test PLSD de Fisher pour les variables qualitatives et par une régression simple pour les variables quantitatives. Des analyses multi-variées complémentaires ont été réalisées en fonction des premiers résultats obtenus (ANCOVA suivie d’un test PLSD de Fisher, régression logistique). Pour les analyses par spécialité et par grade, les analyses ont été faites en utilisant des tests non-paramétriques (Mann-Whitney ou Kruskal-Wallis) comptetenu de la taille limitée des effectifs dans certains groupes. Concernant les réponses aux questions 16 à 20 sur l’enseignement, les résultats sont principalement présentés sous forme descriptive. La distribution des réponses a cependant été testée en fonction du score total obtenu à l’échelle de Jefferson par une analyse de variance. Les données sont présentées en moyennes ± déviation standard. Un résultat est considéré comme significatif si p < 0,05. Les analyses ont été réalisées avec le logiciel Statview. 6 RESULTATS 1. Caractéristiques de la population A l’hôpital Necker, sur 25 chefs de services interrogés, 13 (52%) ont accepté que leur service participe à l’étude (12 services de pédiatrie ou chirurgie pédiatrique et 1 service de médecine adulte). Les effectifs totaux au moment de l’étude pour ces 13 services étaient respectivement égaux à 288 infirmiers (incluant les infirmiers et les cadres de soins) et 197 médecins (incluant les séniors et les internes). Cent trente quatre infirmiers (47%) et 86 médecins (43%) ont répondu au questionnaire. Concernant les étudiants, 12 étudiants en soins infirmiers et 9 étudiants hospitaliers ont répondu au questionnaire. Cependant, les effectifs totaux pour ces catégories au moment de l’étude n’étaient pas connus, rendant donc impossible le calcul d’un taux de participation. A l’hôpital Bichat, les 5 services du pôle 1 ont accepté de participer à l’étude. Les effectifs totaux étaient égaux à 94 infirmiers et 78 médecins, incluant cette fois les étudiants hospitaliers et en soins infirmiers. Quatre-vingt quatre infirmiers (89%) et 66 médecins (85%) ont répondu au questionnaire. Sur les 391 réponses provenant des 2 hôpitaux, 336 questionnaires ont été totalement complétés pour l’échelle de Jefferson et ont donc été pris en compte pour l’analyse. Les caractéristiques démographiques d’âge et de sexe, ainsi que la catégorie professionnelle et le score total par hôpital pour la population finale sont résumées dans le tableau 1. Il n’y avait pas de différence significative pour ces caractéristiques entre Bichat et Necker, ni de différence pour le score total. Les analyses ont donc été faites en considérant l’ensemble de la population provenant des 2 hôpitaux. Les effectifs finaux pour les différentes catégories professionnelles sont résumés dans la figure 1. Parmi les infirmiers, on compte 66 (34,2%) infirmiers de pédiatrie, 82 (42,5%) de médecine adulte, 27 (14%) de chirurgie, 17 (8,8%) de soins intensifs/réanimation et 1 (0,5%) dont la spécialité n’est pas renseignée. Parmi les médecins, on compte 53 (37,1%) pédiatres, 59 (41,2%) médecins de spécialité adulte, 22 (15,4%) chirurgiens et 9 (6,3%) réanimateurs. Parmi les médecins seniors, il y a 20 (23,5%) hospitalo-universitaires, 44 (51,8%) praticiens hospitaliers et 17 (20%) chefs de clinique ; 4 statuts (4,7%) n’ont pas été renseignés. L’item du questionnaire interrogeant les infirmiers sur leur ancienneté n’a pu être analysé car certains sujets ont répondu quant à leur ancienneté dans leur service actuel et d’autre dans la profession. Afin d’estimer la cohérence interne de l’échelle au sein de notre population, nous avons calculé le coefficient alpha de Cronbach, classiquement utilisé dans l’évaluation des tests psychométriques, avec un résultat satisfaisant égal à 0,7. 7 2. Collaboration Médecin-Infirmier: score total En analyse uni-variée, le score total moyen est significativement plus élevé chez les infirmiers (51,7 ± 3,5) que chez les médecins (49,1 ± 4,6 ; p<0.0001) (Figure 2A), traduisant une attitude et une perception plus positive des infirmiers vis-à-vis de la collaboration médecininfirmiers que les médecins. Il n’y a pas de corrélation entre l’âge et le score total (p=0,93) et le score est supérieur chez les infirmiers quelque soit la tranche d’âge (quartile). Bien que la différence de score entre infirmiers et médecins ne varie pas significativement avec l’âge (p=0,44), les différences les plus importantes et les plus significatives sont observées pour les 2 tranches d’âge extrêmes de notre population (19-25 ans : p<0,0001 ; 43-69 ans : p=0,005), avec une différence de score entre les deux professions maximale chez les 19-25 ans (infirmiers : 52,6 ± 2,9 vs médecins : 48,3 ± 4,8,) (Figure 2B). Le score total tend à être plus élevé chez les femmes (50,8 ± 4,3) comparativement aux hommes (49,8 ± 3,9) (p=0,06). En analyse multi-variée comparant le score total à la profession et au sexe, seule la profession est associée de façon indépendante au score (ANCOVA, p<0,001). Lorsque le score total est transformé en une variable dichotomique (score total ≤ 51 ou > 51), l’analyse multi-variée par régression logistique retient également la profession comme étant le seul facteur indépendamment et significativement liée au score total (tableau 2, p=0,003). Chez les infirmiers, le score total moyen est respectivement de 52,8 ± 3,6 ; 51,1 ± 3,6 et 52,5 ± 2,3 chez les cadres, les infirmiers diplômés (IDE) et les étudiants en soins infirmiers (IFSI). Chez les médecins, le score est respectivement de 49,3 ± 4,7 ; 49 ± 3,8 et 48,4 ± 5,2 chez les seniors, internes et externes. Chez les infirmiers comme chez les médecins, il n’y a pas de variation significative du score en fonction du grade (Figure 3A). Chez les infirmiers, le score est respectivement de 51,6 ± 3,6 ; 51,6 ± 3.8 ; 52,1 ± 3,3 et 51,5 ± 2,6 en pédiatrie, médecine, chirurgie et unités de soins intensifs/réanimation. Chez les médecins, le score est respectivement de 49,6 ± 4,6 ; 48,4 ± 4,8 ; 48,5 ± 4,5 et 52,3 ± 2,3 chez les pédiatres, les médecins d’adulte, les chirurgiens et les réanimateurs. Chez les infirmiers comme chez les médecins, il n’y a pas de variation significative du score en fonction de la spécialité exercée (Figure 3B). Il existe cependant une tendance à un score plus élevé chez les réanimateurs par rapport aux chirurgiens et aux médecins d’adulte sans que ce résultat franchisse le seuil statistique (p=0,052). Le nombre très limité d’individus dans le groupe des réanimateurs (n=9) ne permet pas de conclure définitivement sur ce résultat. 8 3. Collaboration Médecin-Infirmier : score par domaine Les scores par domaine sont tous significativement plus élevés chez les infirmiers et sont résumés dans le tableau 3. Les différences les plus importantes sont observées pour les domaines « équipe » et « dominance ». Concernant l’analyse des scores par domaine en fonction des autres paramètres recueillis, les résultats suivants sont observés. Score du domaine « équipe » : Ce score est plus élevé chez les médecins réanimateurs (25,8 ± 1,6) comparativement aux médecins d’adulte (23,3 ± 2,8) et aux chirurgiens (23,4 ± 3,1) (p=0,036). Score du domaine « soin » : Ce score est plus faible chez les IFSI (10,1 ± 0,9) comparativement aux cadres (10,9 ± 1) et aux IDE (10,9 ± 0,9) (p=0,045). Il est plus élevé chez les médecins réanimateurs (11,6 ± 0,5) par rapport aux autres spécialités (médecine adulte : 10,3 ± 1,3 ; pédiatrie : 10,5 ± 1,2 ; chirurgie : 10,5 ± 1,2) (p=0,029). Il est également plus élevé à l’hôpital Necker (10,8 ± 1) qu’à l’hôpital Bichat (10,4 ± 1,1) (p=0,0004). Ce résultat reste significatif en analyse multi-variée avec la profession (p=0,0004 pour l’hôpital et 0,0024 pour la profession). Afin de déterminer si cette différence peut être en partie expliquée par la représentation exclusive de la spécialité pédiatrique à l’hôpital Necker, l’analyse par spécialité a été faite dans toute la population (médecins + infirmiers). Cette analyse retrouve une différence significative pour le score du domaine « soin » entre pédiatres et médecins adulte avec un score plus élevé chez les pédiatres (p=0,042). Score du domaine « autonomie » : En dehors de la profession, aucune autre association n’est retrouvée pour ce domaine. Score du domaine « dominance » : Ce score est plus élevé chez les femmes (4,7 ± 1,4) comparativement aux hommes (4,1 ± 1,4) (p=0,006). Il existe également une corrélation entre ce score et l’âge avec un score d’autant plus élevé que le sujet est jeune (p=0,005). Ces 2 résultats restent significatifs en analyse multi-variée avec la profession, témoignant d’une association indépendante de la profession, de l’âge et du sexe au score obtenu (p<0,0001, p=0,009 et p=0,002 respectivement), avec pour l’âge un score significativement plus élevé dans la strate la plus jeune de la population (quartile 19-25 ans) comparativement à la strate la plus âgée (quartile 43-69 ans). 9 Enfin, le score de ce domaine tend à être plus faible chez les infirmiers de chirurgie par rapport à ceux de médecine adulte et de réanimation (p=0,054). 4. Enseignement de la relation Médecin-Infirmier Parmi les infirmiers et les médecins, 31,2% (59/189, 4 non renseignés) et 31,4% (43/137, 6 non renseignés) respectivement pensent que le stage infirmier actuellement effectué par les étudiants au début de leur deuxième année de médecine n’est pas utile pour appréhender et mieux comprendre la relation médecin-infirmier. La réponse à cette question n’est pas influencée par le score global aux questionnaires (Figure 4A). Soixante-huit pourcent des médecins (95/139) et 87,3% des infirmiers (165/189) pensent qu’un autre enseignement de la relation médecin-infirmier est nécessaire. Ce pourcentage est significativement plus important chez les infirmiers (p<0,0001). La réponse à cette question est influencée par le score global tant chez les infirmiers que chez les médecins. Les sujets pensant qu’un autre enseignement de la relation médecin-infirmier est nécessaire ont un score global supérieur aux sujets pensant qu’un tel enseignement ne l’est pas (infirmiers : oui, 52,1 ± 3,4 vs non, 48,9 ± 3,8 ; p<0.0001) (médecins : oui, 50,5 ± 3,8 vs non, 46 ± 4,5; p<0.0001) (Figure 4B). Si un tel enseignement était proposé, 87% (160/184) des infirmiers et 94,8% (127/134) des médecins pensent qu’il faudrait le proposer conjointement aux 2 professions. Treize pourcent (24/184) des infirmiers et 3% (4/134) des médecins pensent que cet enseignement ne devrait être proposé qu’aux médecins. Aucun infirmier et 3 médecins (2,2%) pensent que cet enseignement ne devrait être proposé qu’aux infirmiers. Concernant l’organisation de l’enseignement, les pourcentages de réponses par proposition sont présentés dans le tableau 4. La majorité des sujets (66,6%, 209/314) pense que cet enseignement devrait avoir lieu pendant le deuxième cycle des études médicales pour les médecins ou au cours des études en soins infirmiers pour les infirmiers. Quarante-cinq pourcent (95/209) des sujets favorisant un enseignement en début de cursus pensent que cet enseignement devrait également être proposé durant le troisième cycle des études médicales (42,1%, 40/95), en formation continue (34,7%, 33/95), ou les 2 (23,2%, 22/95). Soixante-dix sept pourcent (244/315) des individus proposent comme modalité d’enseignement, exclusive ou associée, des discussions de situations pratiques en petits effectifs dispensées de façon commune aux deux filières. Dans 60,7% (148/244) des cas, cette modalité est proposée comme devant être associée à d’autres modalités d’enseignement. Dans ce cas, c’est le 10 binôme «discussions de situations pratiques en petits effectifs - sessions de simulation médicale communes aux 2 filières» qui est le plus fréquemment proposé (61,5%, 91/148). La proposition de discussions de situations pratiques en petits effectifs mais dispensées séparément dans les deux filières est retenue comme modalité exclusive ou associée à d’autres modalités par respectivement 6,3% (20/315) et 20,3% (64/315) des sujets. La proposition de cours théoriques dispensés séparément dans les deux filières n’est retenue comme modalité d’enseignement exclusive ou associée que par respectivement 1,2% (4/315) et 7,6% (24/315) des individus. DISCUSSION Cette étude a permis d’une part d’évaluer la perception de la collaboration médecin-infirmier dans une population de médecins et d’infirmiers dans 2 hôpitaux français, et d’autre part d’interroger cette population sur l’intérêt et les modalités d’un enseignement sur ce thème. Les résultats de ce travail retrouvent une meilleure perception de la collaboration médecininfirmier par les infirmiers, et un plébiscite net pour la mise en place d’un enseignement sur ce thème. Aucune autre étude française utilisant l’échelle d’attitudes de Jefferson (JSAPNC) n’a été retrouvée dans la littérature. En revanche, des études ont été faites dans plusieurs autres pays : les Etats-Unis, Israël, l’Italie, le Mexique [1], la Suède [20] et la Turquie [12]. Toutes les études publiées retrouvent également un score plus élevé chez les infirmiers, témoignant d’une attitude plus positive vis-à-vis de la collaboration médecin-infirmier que les médecins, et d’une volonté plus importante de ces derniers d’avoir des relations collaboratives. Nos résultats sont donc cohérents avec les données de la littérature. Pour expliquer ce résultat constant d’une étude à l’autre, Hojat se base sur le « principe de moindre intérêt » (principle of least interest), décrit par Waller en 1951 dans le contexte des relations familiales [26], et le transpose au milieu médical [1]. En se basant sur ce principe, il est attendu que les médecins soient moins enclins au partage des pouvoirs et à une collaboration complète avec les infirmiers puisqu’ils sont traditionnellement dans une position de dominance. Par ailleurs, le score total moyen dans notre population, indépendamment de la profession (50,6), se situe entre les scores obtenus aux Etats-Unis (51,1) et Israël (52,3) d’une part, et ceux obtenus en Italie (49,2) en Turquie (48,2) et au Mexique (47,1) d’autre part. Il est égal à celui observé en Suède. Il existe une tendance à un score plus élevé chez les femmes en analyse uni-variée, cela n’est plus vrai lorsque le score est analysé en rapport avec le sexe et la profession. Cet élément est 11 également cohérent avec les données de la littérature qui ne retrouvent pas d’influence du sexe dans leurs résultats [1, 13, 20]. Deux travaux ont même testé l’hypothèse d’une attitude plus positive et donc d’un score plus élevé chez les femmes médecins comparativement à leurs homologues masculins, mais aucune association n’est retrouvée dans une étude [12] et l’association opposée (score plus élevé chez les médecins hommes) est observée dans l’autre [13]. Dans notre travail, le score ne varie pas non plus significativement entre femmes et hommes médecins. L’âge n’influence pas non plus le score total que ce soit dans notre population ou dans les autres études citées. Cela suggère que ces facteurs démographiques sont moins puissants que les apprentissages professionnels et peut-être socio-culturels dans la détermination de la perception de la collaboration médecin-infirmier [1]. La différence de score entre les 2 professions est beaucoup plus importante dans le quartile d’âge le plus jeune (19-25 ans) comparé aux autres quartiles. Il est important de noter qu’au sein de cette tranche d’âge, il y a dans la catégorie médecin 78% d’externes et 22% d’internes alors que dans la catégorie infirmier, il y a 81% d’infirmiers déjà diplômés et 19% d’élèves en soins infirmiers. Cela signifie que dans cette tranche d’âge les 2 populations professionnelles ne sont pas comparables car d’un côté, on interroge principalement des étudiants, alors que de l’autre, la majorité des sujets sont déjà entrés à temps-plein dans la vie « active ». Si deux études distinctes ont mesuré le score de Jefferson chez des étudiants en soins infirmiers [16] et des étudiants en médecine [21], aucune n’a comparé directement les scores obtenus dans ces 2 catégories d’étudiants. On peut toutefois noter, dans ces 2 études toujours, que le score n’était pas plus élevé chez les étudiants les plus avancés dans leur cursus ou ayant déjà une expérience professionnelle dans le domaine de la santé. Concernant les scores par domaine, plusieurs hypothèses peuvent être émises à partir des résultats obtenus. Les scores des domaines « équipe » et « soin » sont plus élevés chez les médecins réanimateurs par rapport à leurs homologues d’autres spécialités. Pour le domaine équipe, cela traduit probablement un besoin plus fort pour les médecins réanimateurs, eu égard au fonctionnement des unités de soins intensifs, de travailler en équipe avec les infirmiers. Cette notion de plus grande cohésion dans les équipes de réanimation apparaît également dans la littérature [27, 28]. Le score du domaine « soin » qui oppose la notion de soins à celle du traitement curateur est plus faible chez les élèves en soins infirmiers comparativement aux infirmiers diplômés. Cela pourrait traduire une évolution de la perception de cet aspect de la profession infirmière entre le statut d’étudiant et celui de professionnel : les étudiants interrogés auraient une perception 12 surtout technique de leur profession avec comme finalité la guérison du patient alors que les infirmiers diplômés et les cadres seraient plus sensibles à la dimension globale du soin. Le score du domaine « soin » est également différent entre les 2 hôpitaux : il est plus élevé à Necker qu’à Bichat. La spécialité pédiatrique, exclusivement représentée à l’hôpital Necker, pourrait favoriser les comportements empathiques, une plus grande sensibilité aux valeurs du soin, et une meilleure considération de la prise en charge psycho-affective et de l’éducation des patients. Le résultat de l’analyse par spécialité pour ce domaine, où les scores sont supérieurs en secteur pédiatrique qu’en secteur adulte, renforce cette hypothèse. Les résultats pour le domaine « dominance » montrent que, indépendamment de la profession, les scores sont plus élevés chez les femmes et sont inversement liés à l’âge. Ceci traduit une défiance, chez les femmes et les plus jeunes, vis-à-vis du modèle autoritaire où le médecin est le décideur absolu dans la prise en charge des patients. L’influence sur ce domaine de ces deux paramètres mobilise peut-être d’avantage des concepts ayant attrait à la dimension symbolique du médecin et rend donc son interprétation plus complexe. La deuxième partie de ce travail s’intéresse à l’enseignement de la relation médecin-infirmier. A notre connaissance, il n’existe pas actuellement en France de module d’enseignement spécifique sur ce thème que ce soit au cours du cursus des études médicales ou en soins infirmiers. Le stage des étudiants de 2ème année des études médicales au début de l’année universitaire, appelé communément « stage infirmier », semble être la seule modalité existante en France qui confronte le futur médecin au rôle et à l’exercice de l’infirmier dans un service hospitalier. Peuvent être également citées les sessions de simulation médicale qui se développent de plus en plus et qui peuvent faire travailler et réfléchir médecins et infirmiers ensemble. Cependant, cet outil semble surtout être utilisé ponctuellement pour renforcer des connaissances et la notion de travail en équipe, sans qu’il soit instauré de façon systématique au cours des études ou en formation continue. Pourtant, les enjeux d’une bonne collaboration entre médecins et infirmiers sont essentiels. Plusieurs travaux ont en effet mis en évidence une association entre la qualité des relations collaboratives entre médecins et infirmiers, et la qualité de la prise en charge des patients et de leur devenir. Ainsi, Baggs retrouve une corrélation significative entre le niveau de collaboration et le devenir des patients dans 3 unités de soins intensifs: plus le score de collaboration (établi à partir d’entrevues avec médecins et infirmiers du service et d’éléments objectifs comme l’existence de visites et de staffs communs) est élevé, plus le risque de pronostic péjoratif (décès ou réadmission en USI) diminue [5]. Une autre étude réalisée dans 25 unités de soins intensifs retrouve une corrélation inverse entre la qualité de la collaboration médecins-infirmiers, et le 13 risque de sepsis sur cathéter, d’erreurs de médication et de pneumonie nosocomiale [3]. Enfin, un travail mené dans 9 services d’orthopédie a mis en évidence des associations significatives entre la douleur post-opératoire, la récupération fonctionnelle et la durée de séjour d’une part, et la qualité des relations collaboratives d’autre part [4]. Que ce soit sur des critères de mortalité, de morbidité ou de coût, la qualité de la collaboration médecin-infirmier apparaît donc comme un facteur essentiel dans la prise en charge et le devenir du patient. C’est pourquoi un enseignement ou des formations sur ce thème pourraient être utiles. Les réponses à notre questionnaire sur ce point nous indiquent plusieurs éléments de réflexion. Le stage infirmier est jugé inutile dans ce contexte chez environ 30% des répondants et une majorité des sujets est en faveur de la mise en place d’un autre enseignement de la relation médecininfirmier. La réponse à cette deuxième question est corrélée au score de Jefferson, reflétant ainsi la cohérence de l’échelle de Jefferson et du questionnaire dans notre population. Concernant l’organisation de l’enseignement, deux réponses sont majoritaires et permettent de dégager des pistes pour la mise en place d’un projet éducatif: 1-enseignement interdisciplinaire au cours du deuxième cycle des études médicales / IFSI, et 2- enseignement sous la forme de discussions de cas pratiques. Dans la littérature, plusieurs modalités d’enseignement et de formation sont proposées pour préparer les étudiants à des relations collaboratives entre médecins et infirmiers, et pour renforcer ou améliorer les relations au sein d’une équipe. Les objectifs spécifiques sont multiples et comprennent notamment la connaissance du rôle, des prérogatives et des responsabilités de chacun, le respect mutuel, le travail en équipe et la communication. Une revue récente de la littérature, reprenant les programmes d’enseignement inter-disciplinaires « testées » au cours des études médicales et en soins infirmiers [9], a analysé 18 études. Sept utilisaient des cours théoriques et des séminaires, trois des jeux de rôles ou des discussions de cas pratiques, quatre des méthodes de simulation médicale, trois de l’enseignement délivré sur le terrain dans les services hospitaliers et une étude comparait 4 méthodes différentes (« lecture », i.e. cours théorique sans questions des étudiants, cours théorique interactif, jeux de rôle et simulation). Dans toutes les études, les étudiants rapportaient un bénéfice de l’enseignement et pour certaines une amélioration de scores d’évaluation faits avant et juste après la délivrance de l’enseignement. Cependant, les évaluations faites à distance retrouvaient le plus souvent une baisse des différents scores soulignant l’importance de la répétition des ces programmes et/ou de les compléter par une mise en pratique régulière à l’hôpital. L’étude ayant comparé plusieurs méthodes d’enseignement [29] ne retrouvait pas de supériorité d’une méthode par rapport à une autre. 14 Notre étude comprend plusieurs limites. L’outil utilisé pour évaluer la relation médecininfirmier a été traduit d’une échelle nord-américaine où le rôle des infirmiers ne couvre pas exactement le même champ de pratiques qu’en France, et, bien que toutes les étapes de traduction indiquées par son auteur aient été respectées, une perte de validité formelle du questionnaire ne peut être exclue. Cependant, les scores obtenus dans chaque catégorie professionnelle sont assez proches de ceux rapportés dans la littérature, permettant ainsi une validation supplémentaire de notre traduction. Les questionnaires ont été remplis sur la base du volontariat, et dans 2 CHU parisiens, introduisant un biais de sélection et permettant donc difficilement de généraliser les résultats obtenus à l’ensemble des médecins et infirmiers français. Les petits effectifs pour certains sous-groupes ne permettent pas de conclure définitivement sur certains résultats et d’autres études sur de plus larges effectifs dans ces catégories seraient donc nécessaires. Enfin, certains paramètres pouvant avoir une influence sur le score n’ont pas pu être obtenus comme l’ancienneté dans le grade pour les infirmiers en raison d’un manque de précision de la question. De même, aucun item à dimension socioculturelle n’a été recueilli. En conclusion, ce travail, conduit dans 2 hôpitaux parisiens, montre une meilleure perception de la relation et de la collaboration médecin-infirmier chez les infirmiers comparativement aux médecins. La mise en place d’un enseignement sur le sujet est largement plébiscitée quelle que soit la profession. A la lecture des résultats du questionnaire, un projet pédagogique axé sur un programme au cours du deuxième cycle des études médicales et des études en soins infirmiers, notamment par des discussions inter-disciplinaires de cas pratiques, pourrait être proposé. 15 REFERENCES 1. Hojat M, Gonnella JS, Nasca TJ, et al. Comparisons of American, Israeli, Italian and Mexican physicians and nurses on the total and factor scores of the Jefferson scale of attitudes toward physician-nurse collaborative relationships. Int J Nurs Stud 2003; 40:427-35. 2. Stein LI. The doctor-nurse game. Arch Gen Psychiatry 1967; 16:699-703. 3. Manojlovich M, DeCicco B. Healthy work environments, nurse-physician communication, and patients' outcomes. Am J Crit Care 2007; 16:536-43. 4. Gittell JH, Fairfield KM, Bierbaum B, et al. 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Results of an interinstitutional, interdisciplinary collaboration. Qual Saf Health Care 2010; 19:e25. 17 LEGENDES DES TABLEAUX : Tableau 1 : Caractéristiques de la population par hôpital Ce tableau représente les principaux paramètres recueillis par le questionnaire. Il n’y a pas de différence significative pour ces caractéristiques entre les 2 hôpitaux. Tableau 2 : Score de Jefferson total, profession et sexe L’analyse multi-variée par régression logistique comparant le score total avec la profession et le sexe montre que seule la profession influence de façon indépendante le score total. Tableau 3 : Analyse par domaine Ce tableau représente le score moyen par domaine de l’échelle de Jefferson et par profession. Il existe une association significative entre chaque score par domaine et la profession, avec des scores plus élevés chez les infirmiers. Tableau 4 : Propositions sur l’organisation de l’enseignement de la relation médecininfirmier Ce tableau donne les pourcentages de réponse par proposition concernant l’organisation de l’enseignement de la relation médecin-infirmier. Les chiffres sont donnés pour l’ensemble de la population (médecins et infirmiers). Concernant le moment où cet enseignement devrait être dispensé, le deuxième cycle des études médicales et les études en soins infirmiers constituent la réponse la plus fréquente (seule ou associée à une autre réponse). Concernant les modalités de cet enseignement, les discussions de cas pratiques en petits effectifs communes aux 2 filières constituent la réponse la plus fréquente (seule ou associée à une autre réponse), suivie de la proposition d’un enseignement par simulation. 18 LEGENDES DES FIGURES Figure 1 : Population de l’étude Ce diagramme décrit la population de l’étude avec les différents effectifs pour chaque catégorie et sous-catégorie professionnelles. * : les questionnaires exclus sont ceux pour lesquels l’échelle de Jefferson était incomplète. NR, non renseigné. Figure 2 : Score de Jefferson total par profession et par âge (A) Boîtes à moustaches de Tukey représentant le score total par profession. Le score de Jefferson est significativement plus élevé chez les infirmiers que chez les médecins. Chaque rectangle est délimité par le premier et le troisième quartile du score avec un trait à l’intérieur du rectangle correspondant à la médiane (rectangle blanc, médecins ; rectangle gris, infirmiers). Les barres représentent les valeurs extrêmes pour chacun des groupes. (B) Score total moyen par quartile d’âge. La différence de score entre infirmiers et médecins ne varie pas significativement avec l’âge. Le score est supérieur chez les infirmiers quelque soit la tranche d’âge avec cependant une différence de score entre médecins et infirmiers plus importante pour les 2 quartiles extrêmes de la population (19-25 ans et 43-69 ans). Figure 3: Score de Jefferson total : distribution par grade et par spécialité (A) Boîtes à moustaches de Tukey représentant le score total par grade. Le score de Jefferson ne varie pas significativement en fonction du grade au sein de chaque profession. Chaque rectangle est délimité par le premier et le troisième quartile du score avec un trait à l’intérieur du rectangle correspondant à la médiane (rectangles blancs, médecins ; rectangles gris, infirmiers). Les barres représentent les valeurs extrêmes pour chacun des groupes. IDE, infirmier diplômé d’état ; IFSI, élèves en soins infirmiers. (B) Boîtes à moustaches de Tukey représentant le score total par spécialité. Le score de Jefferson ne varie pas significativement en fonction de la spécialité. Chaque rectangle est délimité par le premier et le troisième quartile du score avec un trait à l’intérieur du rectangle correspondant à la médiane (rectangles blancs, médecins ; rectangles gris, infirmiers). Les barres représentent les valeurs extrêmes pour chacun des groupes. Ped, pédiatrie ; Med, médecine adulte ; Chir, chirurgie ; Rea, réanimation 19 Figure 4 : Score de Jefferson total et Enseignement de la relation MédecinInfirmier : stage infirmier et autre enseignement (A) Boîtes à moustaches de Tukey représentant le score total en fonction de la réponse à la question de l’intérêt du stage infirmier. Le score de Jefferson ne diffère pas chez les personnes répondant positivement (0, oui) ou négativement (N, non) à la question de l’utilité, pour la formation à la relation Médecin-Infirmier, du stage infirmier effectué par les étudiants en médecine. Chaque rectangle est délimité par le premier et le troisième quartile du score avec un trait à l’intérieur du rectangle correspondant à la médiane (rectangles blancs, médecins ; rectangles gris, infirmiers). Les barres représentent les valeurs extrêmes pour chacun des groupes. (B) Boîtes à moustaches de Tukey représentant le score total en fonction de la réponse à la question de la nécessité d’un autre enseignement. Le score de Jefferson est statistiquement plus élevé chez les médecins et infirmiers qui pensent (O, oui) qu’un autre enseignement de la relation Médecin-Infirmier que le stage infirmier est nécessaire comparativement à ceux qui pensent le contraire (N, non). Chaque rectangle est délimité par le premier et le troisième quartile du score avec un trait à l’intérieur du rectangle correspondant à la médiane (rectangles blancs, médecins ; rectangles gris, infirmiers). Les barres représentent les valeurs extrêmes pour chacun des groupes. ***, p<0.0001 ; **, p<0.001. 20 Tableau 1 : Caractéristiques de la population par hôpital Caractéristiques Bichat n=126 Necker n=210 Total n=336 p 33,3 ±11 35,4 ± 11,8 34,6 ± 11,5 0,116 F 93 (73,8) 170 (81,7)* 263 (78,7) 0,086 M 33 (26,2) 38 (18,3)* 71 (21,3) Méd 56 (44,4) 87 (41,4) 143 (42,6) Inf 70 (55,6) 123 (58,6) 193 (57,4) 50,1 ± 4,5 50,9 ± 4 50,6 ± 4,2 Age (moyenne ± DS) Sexe (n (%)) Profession (n, (%)) Score total (moyenne ± DS) 0,588 0,12 * : donnée manquante pour 2 individus. 21 Tableau 2 : Score de Jefferson total, profession et sexe Score total > 51 (n/total (%)) Profession Sexe Infirmier 106/193 (54,9) Médecin 49/143 (34,3) F 131/263 (49,8) M 23/71 (32,4) OR (IC 95%) p 2,03 (1,26-3,26) 0,003 1,55 (0,86-2,80) 0,146 22 Tableau 3 : Analyse par domaine Score (moyenne ± DS) Infirmiers (n=193) Médecins (n=143) Total p 25 ± 2,2 23,8 ± 2,8 24,5 ± 2,6 <0,0001 10,8 ± 0,9 10,5 ± 1,2 10,7 ± 1,1 0,003 Domaine « autonomie » (/12) 11 ± 1 10,7 ± 1,1 10,9 ± 1 0,03 Domaine « dominance » (/8) 4,8 ± 1,5 4,1 ± 1,2 4,5 ± 1,4 <0,0001 Domaine « équipe » (/28) Domaine « soin » (/12) 23 Tableau 4 : Propositions sur l’organisation de l’enseignement de la relation médecin-infirmier Organisation de l’enseignement Quand ? 2 ème cycle / IFSI n % Total réponses = 314 209 66,6 3ème cycle 133 42,4 Formation continue 115 36,6 Comment ? Total réponses = 315 Cours théoriques 28 8,9 Discussions de cas pratiques 84 26,7 244 77,5 156 49,5 séparément dans les 2 filières Discussions de cas pratiques communes aux 2 filières Simulation 24 Figure 1 : Population de l’étude 25 Figure 2 : Score de Jefferson total par profession et âge. 26 Figure 3 : Score de Jefferson total : distribution par grade et par spécialité 27 Figure 4 : Score de Jefferson total et Enseignement de la relation Médecin-Infirmier : stage infirmier et autre enseignement 28 Annexe 1 : Questionnaire distribué dans le cadre de l’étude ETUDE DE LA RELATION MEDECIN-INFIRMIER ET DE SON ENSEIGNEMENT QUESTIONNAIRE D’EVALUATION Service : ____________________________________________________________________ Hôpital : ____________________________________________________________________ Sexe : féminin masculin Âge : ____________________ Vous êtes : un médecin, Veuillez préciser votre statut (interne (année), CCA, PH, PU-PH, …) : __________________ un(e) infirmier(e) Veuillez préciser votre ancienneté : ______________________________________________ un cadre de soins Veuillez préciser votre ancienneté : ______________________________________________ un(e) étudiant(e) en médecine Veuillez préciser votre année d’études : ___________________________________________ un(e) étudiant(e) en soins infirmiers Veuillez préciser votre année d’études : ___________________________________________ 29 Partie I INSTRUCTIONS: veuillez exprimer votre degré d’accord ou de désaccord vis-à-vis des affirmations suivantes Pas du tout d’accord Plutôt pas d’accord Tout à fait d’accord Plutôt d’accord en entourant le chiffre correspondant. 1. Un(e) infirmier(e) doit être considéré(e) comme un collaborateur du médecin plutôt que comme son assistante(e)……...…………………...………………………………….…………. 4 3 2 1 2. Les infirmier(e)s savent évaluer les besoins psycho-affectifs des patients et y répondre……… 4 3 2 1 3. Pendant leurs études, les étudiants en médecine et en soins infirmiers devraient être formés au travail en équipe afin de mieux appréhender leurs rôles respectifs…………………………….. 4 3 2 1 4. Les infirmier(e)s doivent être impliqué(e)s dans les prises de décisions du service qui pourraient modifier leurs conditions de travail………………………………………………….. 4 3 2 1 5. Les infirmier(e)s doivent avoir une responsabilité propre vis-à-vis du patient pour les soins qu’ils/elles leur prodiguent…………….………………………………………………………... 4 3 2 1 6. Les médecins et les infirmiers ont des responsabilités partagées dans de nombreux domaines. 4 3 2 1 7. Les infirmier(e)s ont une compétence propre dans le domaine de l’éducation thérapeutique….. 4 3 2 1 8. Le médecin doit être l’autorité dominante pour toute décision de santé.……....……………….. 4 3 2 1 9. A la fois médecins et infirmier(e)s doivent participer aux décisions concernant la sortie des patients de l’hôpital………..………………………………………………...………………….. 4 3 2 1 10. Le rôle principal de l’infirmier(e) est de suivre les prescriptions du médecin ………...…..…… 4 3 2 1 11. Les infirmier(e)s doivent pouvoir solliciter directement certains services annexes de l’hôpital, tels que le service social, les associations d’aide aux malades ou le diététicien, lorsqu’ils/elles le jugent nécessaire pour le patient ..………………………………………………….………… 4 3 2 1 12. Comme le médecin, l’infirmier(e)s a une responsabilité dans la surveillance des effets des traitements médicaux…………………………………..……..…………………………………. 4 3 2 1 13. Les infirmier(e)s doivent faire clarifier une prescription médicale quand ils/elles pensent qu’elle pourrait être préjudiciable au patient………..………………...………………………… 4 3 2 1 14. Les médecins doivent être formés pour établir des relations de collaborations avec les infirmier(e)s……………………………………………………………………………………... 4 3 2 1 15. Les relations inter-professionnelles entre médecins et infirmiers devraient faire partie des programmes pédagogiques pour les deux professions………………………………...………... 4 3 2 1 30 Partie II 16. Pensez-vous que le stage infirmier actuellement effectué par les étudiants au début de leur deuxième année de médecine soit utile pour appréhender et mieux comprendre la relation médecin-infirmier ? oui non 17. Pensez-vous qu’un autre enseignement/ formation de la relation médecin-infirmier soit nécessaire ? oui non Si un tel enseignement était proposé : 18. Vous pensez qu’il faudrait le proposer pour : les médecins les infirmier(e)s les deux 19. A quel stade des études et de la formation le proposeriez-vous (plusieurs propositions possibles) ? deuxième cycle des études médicales (« externes ») ou à l’institut de formation en soins infirmiers troisième cycle des études médicales (internes) formation continue pour les médecins thèsés et les infirmier(e)s diplômées 20. Selon quelles modalités le proposeriez-vous (plusieurs propositions possibles) ? cours théoriques dispensés séparément dans les deux filières discussions de situations pratiques en petits effectifs (équivalent aux travaux dirigés) dispensés séparément dans les deux filières discussions de situations pratiques en petits effectifs (équivalent aux travaux dirigés) communes aux deux filières (formation inter-professionnelle) sessions de simulation médicale communes aux deux filières (formation inter-professionnelle) Items 1 à 15 adaptés de la Jefferson Scale of Attitudes toward Physician-Nurse Collaboration: © Jefferson Medical College, 2001. Tous droits réservés. Avec l’autorisation de Mohammadreza Hojat, Ph.D. 31 Annexe 2: The Jefferson Scale of Attitudes Toward Physician-Nurse Collaboration. JEFFERSON SCALE OF ATTITUDES TOWARD PHYSICIAN-NURSE COLLABORATION INSTRUCTIONS: Please indicate the extent of your agreement or disagreement with each of the following statements by circling the appropriate number. For the purposes of this survey, a nurse is defined as “a registered nurse (RN) who is engaged in providing or directly supervising the care of hospitalized patients.” Gender: [1] Male. [2] Female. Age (in years): ____ You are a: [1] Nurse (Please specify your degree: ____________Your specialization: ______________________ ). [2] Physician (Please specify your primary specialty: _______________________________________ ). 1. A nurse should be viewed as a collaborator and colleague with a physician rather than his/her assistant…. 2. Nurses are qualified to assess and respond to psychological aspects of patients’ needs…………………. 4 3 2 1 3. During their education, medical and nursing students should be involved in teamwork in order to understand their respective roles………………………………………………………………………….. 4 3 2 1 4. Nurses should be involved in making policy decisions affecting their working conditions…………….. 4 3 2 1 5. Nurses should be accountable to patients for the nursing care they provide…………………………….. 4 3 2 1 6. There are many overlapping areas of responsibility between physicians and nurses…………………….. 4 3 2 1 7. Nurses have special expertise in patient education and psychological counseling……………………….. 4 3 2 1 8. Doctors should be the dominant authority in all health care matters…………………………………….. 4 3 2 1 4 3 2 1 9. Physicians and nurses should contribute to decisions regarding the hospital discharge of patients……….. 4 3 2 1 10. The primary function of the nurse is to carry out the physician’s orders………………………………… 4 3 2 1 11. Nurses should be involved in making policy decisions concerning the hospital support services upon which their work depends…………………………………………………………………………………. 4 3 2 1 12. Nurses should also have responsibility for monitoring the effects of medical treatment………………… 4 3 2 1 13. Nurses should clarify a physician’s order when they feel that it might have the potential for detrimental effects on the patient……………………………………………………………………………………… 4 3 2 1 14. Physicians should be educated to establish collaborative relationships with nurses…………………….. 4 3 2 1 15. Interprofessional relationships between physicians and nurses should be included in their educational programs…………………………………………………………………………………………………... 4 3 2 1 © Jefferson Medical College, 2001. All rights reserved. Reprinted by permission from Mohammadreza Hojat, Ph.D. 32