Evaluation du droit à la santé et aux soins de santé en République
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Evaluation du droit à la santé et aux soins de santé en République
A.D.P.P.A People’s Health Movement Right to Health Congo Association de défense et de Promotion des Peuples Autochtones Association des Jeunes pour le Développement et le Travail (AJDT) Espace d’Etudes et d’Action sur la Population pour le Développement (EEAPD) Association Congolaise d’éducation et de Prévention contre les maladies et la drogue Evaluation du droit à la santé et aux soins de santé en République du Congo Avec le soutien du Mouvement Populaire pour la Santé (PHM) Brazzaville, Mai 2008 TABLE DES MATIERES Introduction P.6 Présentation de la République du Congo P.8 1 Ressources pour la santé au Congo P.12 Organisation et fonctionnement du système de santé P.16 Acquis et problèmes du système de santé P.22 Notes sur les populations autochtones P.24 Recommandations P.36 Conclusion P.38 LISTE DES ABREVIATIONS ARV CENAMES CHU CSS CTS CMS Antirétroviraux Centrale Nationale d’Achat des Médicaments Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville Circonscription Socio Sanitaire Centre de transfusion sanguine Centre Médico-social 2 CNTS COMEG CSI DDS DGS DSRP IEG IRA LNSP MEG MSASF OMD OMS ONG PAM PMA PEV PNLP PNLT PNLS PNDS PNS SSP SNIS SNIS Centre National de Transfusion Sanguine Congolaise des Médicaments Essentiels Génériques Centre de Santé Intégré Direction départementale de la santé Direction Générale de la Santé Document Stratégique pour la Réduction de Pauvreté Infirmier d’Etat Généraliste Infections respiratoires aigues Laboratoire National de Santé Publique Médicaments Essentiels génériques Ministère de la Santé, des Affaires Sociales de la Famille Objectifs du Millénaire pour le Développement Organisation Mondiale de la Santé Organisation Non Gouvernementale Programme Alimentaire Mondial paquet minimum d’activités Programme Elargi de Vaccination Programme National de Lutte contre Paludisme Programme national de Lutte contre Tuberculose Programme national de Lutte Contre le Sida Plan National de Développement Sanitaire Politique Nationale de Santé Soins de Santé Primaires Système National d’Information Sanitaire Système National d’Information Sanitaire et la et le la REMERCIEMENTS : Nous adressons nos sincères remerciements à tous ceux qui, membres du Mouvement Populaire pour la Santé, société civile, Gouvernement ou Agence du système des Nations Unies ont apporté, directement ou indirectement, leur soutien dans la collecte des données contenues dans ce rapport. Nous tenons aussi à remercier People’s Health Movement pour le soutien financier et pour les conseils. 3 Que leur lutte en faveur de la santé au niveau mondiale aille de progrès en progrès pour l’intérêt de tous. Carte de la République du Congo 4 INTRODUCTION : Le développement économique et social d’un pays est assujetti à la bonne santé de sa population. C’est dans cette optique que l’article 12 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels reconnaît à toute personne le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental, et oriente les Etats sur les mesures à prendre pour garantir ce droit. Ainsi, au niveau international, plusieurs conventions avaient été adoptées toutes garantissant le droit à la santé. 5 • La Campagne mondiale sur le droit à la santé Cependant, malgré ces nombreuses convention et autres instruments juridiques garantissant ce droit, la santé dans le monde demeure préoccupante, surtout avec la propagation des maladies comme le VIH/SIDA, le Paludisme, la grippe aviaire et autres. C’est ainsi que le Mouvement Populaire pour la Santé (PHM) a lancé une campagne mondiale sur le droit à la santé et aux soins de santé. Cette campagne vise à faire connaître aux populations leurs droits en vue de leur meilleure application dans chaque pays. Le Mouvement Populaire pour la Santé est un réseau d’organisations et des individus engagés dans la promotion de la santé pour tous et ses déterminants en tant que des droits inviolables. Le PHM, dont le secrétariat est actuellement assuré par l’ONG AHED basée au Caire en Egypte, est régi par une charte qui décrit avec plus de détails les principes et les fondements des droits de la personne centrés sur la santé et ses déterminants. La campagne mondiale sur le droit à la santé s’effectue selon plusieurs phases : la première phase étant l’adhésion à la charte de PHM, la formation d’un cercle PHM pays, l’évaluation du droit à la santé et aux soins de santé et le plaidoyer pour la prise en compte des recommandations du rapport de l’évaluation par les différentes prenantes. Concernant l’évaluation, elle a pour objectif de s’assurer qu’il existe des politiques nationales conformes aux normes internationales protégeant la santé et qu’elles sont bien mises en œuvre par les Gouvernements. • Problématique : Au Congo, comme dans la plupart des pays subsaharienne, l’accès aux services sociaux de base demeure un véritable problème à cause de la pauvreté, le manque de ressources, insuffisance des infrastructures, analphabétisme, l’insuffisance de services d’accueil et d’information pour les jeunes et les adolescents, la cherté des médicaments et des traitements. 6 Tous ceux-ci entraînent de nombreuses conséquences sur la santé des populations aggravées par le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Il est donc urgent que toutes les parties prenantes, notamment, les militants au droit à la santé, les défenseurs de droits de l’homme, le secteur privé, les jeunes se mobilisent afin de contribuer à la bonne santé pour tous. • L’utilité de l’évaluation du droit à la santé et aux soins de santé : L’Etat congolais reconnaît le droit à la santé dans la Constitution du 20 janvier 2002 à l’article 30, et les autres lois et décrets. Bien que des efforts soient constamment faits pour garantir ce droit, le droit à la santé et aux soins de santé demeure une abstraction pour les couches les plus pauvres de la population congolaise. Compte tenu de l’urgence des problèmes soulevés, des actions méritent d’être menées afin d’y remédier. Dans cette démarche, un état des lieux doit être fait pour connaître le véritable problème. Ce rapport n’a pas la prétention de recenser et d’évaluer tous les problèmes de la santé au Congo, il serait donc une erreur de prendre ce rapport comme exhaustif, mais plutôt comme un point de départ pour pousser à la réflexion. En effet, ce rapport d’évaluation du droit à la santé et aux soins de santé analyse la situation sanitaire au Congo et devrait être utilisé comme un outil dans la recherche des solutions, l’élaboration et la formulation des politiques de santé au Congo. • Méthodologie : La méthodologie adoptée pour cette évaluation est une approche participative. L’équipe du cercle PHM a été déployée sur le terrain pour la collecte des données relatives à la santé dans les administrations et organismes publics et privés. Après l’analyse des données, des interviews avaient été réalisées pour compléter les informations recueillies lors de la recherche documentaire. 7 • L’équipe du cercle PHM : Les membres du cercle PHM qui ont contribué à la collecte des données et à la rédaction du rapport : 1. Roméo Mbengou, coordonnateur de l’information, AZUR Développement ; 2. Jeanne Madzouka, Présidente de l’Espace d’Etude et d’Action sur la Population et le Développement ; 3. Sylvain Edoungatso, Président de l’Association des Jeunes pour le Développement et le Travail (AJDT) 4. Jean Nganga, Président de l’Association de Défense et de Promotion des Autochtones (ADDPA) ; 5. Louis Bahakoula Mabidi, Président de l’Association Congolaise d’Education et de Prévention contre les Maladies et la Drogues (ACEPMD). Le processus d’évaluation a été coordonné par Sylvie Niombo, Directrice Exécutive d’AZUR Développement. Elle contribue également dans la coordination de la campagne droit à la santé en Afrique francophone avec le Mouvement Populaire de la Santé. IPRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DU CONGO : 1- PRESENTATION GEOGRAPHIQUE : La République du Congo, pays d’Afrique Centrale, est situé à cheval sur l’équateur. S superficie est de 342 000 KM2. Il a des frontières communes avec le Cameroun, la Centrafrique, l’Angola, le Gabon et la République Démocratique du Congo. L’une des principales caractéristiques est d’être situé au cœur du plus vaste bassin fluvial de la planète après l’Amazonie. Le fleuve Congo et ses affluents. Sur son territoire, on dénombre pas moins de trente rivières navigables. Cette richesse hydraulique fait du Congo un des pays les plus fertiles du 8 continent africain, avec des forêts luxuriantes où l’on trouve encore plusieurs espèces de bois. Sur le plan climatique, le Congo connaît des climats chauds et humides. Au nord, le climat est équatorial avec une forte pluviométrie, alors que dans le sud ouest, il est tropical et subtropical dans les plateaux et dans la Cuvette. 2- Présentation démographique : La population congolaise est estimée à environ 3 894 336 habitants en 2001. Plus de 70 % de la population vivent dans les quatre principales villes. Cette urbanisation accélérée se fait malheureusement au mépris des plans directeurs d’urbanisme et des schémas directeurs d’assainissement. Le Congo est un pays post-conflit. Après des années des guerres civiles à répétition, la situation économique du pays n’est pas encore stable. Lourde dette, infrastructures publiques obsolètes ou détruites par les conflits. En 2003, une enquête a révélé que 62,1% des ménages au Congo sont pauvres. La population congolaise est jeune, près de 50% de la population est jeune. Les principales villes du Congo sont Brazzaville (950 000 habitants), Pointe-Noire (500 000 habitants), Dolisie (100 000), NKayi (60 000) et Ouesso, Owando, Impfondo. 3- Présentation politique et administrative : a) Organisation politique : La République du Congo est régie par la Constitution du 20 Janvier 2002, au terme d’une transition de quatre ans et trois mois (du 24 Octobre 1997 au 20 janvier 2002) adoptée par référendum au lendemain de la guerre civile de 1997. Cette Constitution institue le régime de type présidentiel ; elle établit trois pouvoirs distincts : le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire. b) Organisation administrative : 9 La loi n°03-2003 du 17 janvier 2003 fixe l’organisation administrative et territoriale en département, Communes, Arrondissement, District, communauté urbaine, communauté rurale, quartier te village. Selon cette loi, on dénombre onze départements administratifs qui comptent par ailleurs 88 souspréfectures et 6 communes urbaines. Les Départements sont : Brazzaville, Pointe-Noire, Kouilou, Niari, Bouenza, Pool, Plateaux, Cuvette centrale, Cuvette Ouest, Sangha, Likouala II- CADRE JURIDIQUE NATIONAL ET INTERNATIONAL: A- CADRE JURIDIQUE NATIONAL : Le droit à la santé est un droit fondamental qui influence la jouissance des autres droits de l’homme. Au Congo, le droit à la santé est consacré à l’article 30 de la Constitution du 20 Janvier 2002 qui stipule que « l’Etat est le garant de la santé publique… » Ce texte est appuyé par d’autres textes tels que la charte des droits et libertés du 23 Mai 1991 ; qui énumère une série de garanties additionnelles concernant le droit à la santé. L’article 31 alinéas C garantit la « protection et la lutte contre les maladies épidémiques, transmissibles ou endémiques ». En effet, cette charte exige de l’Etat, la création des conditions propres à assurer à tous les citoyens les services médicaux et une aide médicale en cas de maladie (article 32 alinéas d). Par ailleurs, la loi du 23 mai 1988 portant code de déontologie des professions de la santé et des affaires sociales oblige d’assister et de soigner tous les patients quelles que soient leur condition, leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et philosophique. Le droit à la santé concerne aussi le droit à un environnement sain. A cet effet, l’article 35 de la Constitution du 20 janvier 2002 confirme que les citoyens « ont le droit à un environnement sain, satisfaisant et durable et l’Etat à le devoir de le défendre… ». Par ailleurs, la loi du 23 avril 1991 portant protection de l’environnement couvre les domaine de l’eau, l’air, le sol, la flore, la faune, les déchets nucléaires. 10 D’autres documents juridiques relatifs aux programmes spécifiques dans les domaines de la santé ont été adoptés. Il s’agit du plan national de développement sanitaire de 19921996 et 2007 à 2011 ; de la politique nationale de santé de l’environnement novembre 2005 ; du programme national de lutte contre le paludisme ; du document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP) de 2007. B- Cadre juridique International : Au plan international, le Congo a signé et ratifié des conventions concernant le droit à la santé en particulier et les droits de l’homme en général. N° Nature du document 1 Déclaration universelle des droits de l’homme Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale 1965 Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels 1966 2 3 4 5 Année d’adoptio n 1948 Pacte International sur les droits civils et 1966 politiques Convention sur l’élimination de toutes les formes de violences à l’égard de la femme 1978 6 Déclaration d’Alma Ata sur les soins de santé 1978 primaire 7 8 Charte africaine de droits de l’homme et des 1981 peuples Initiative de Bamako pour relancer et revitaliser Alma Ata 1987 9 Convention relative aux droits de l’enfant 10 Déclaration de Tunis relative au Sida et l’enfant 1994 africain 1989 11 11 12 13 Objectifs du Millénaire pour le 2000 Développement Déclaration d’Abuja sur l’initiative faire reculer le paludisme en Avril 2000 Afrique Nouveau Partenariat pour le Mai 2002 développement de l’Afrique V- LES RESSOURCES POUR LA SANTE : Trois catégories de ressources concernent le secteur de la santé au Congo : les ressources humaines, les ressources en médicaments et les ressources financières. A- LES RESSOURCES HUMAINES : Les données disponibles relatives aux effectifs du personnel de la santé ne concernent que les agents de la fonction publique. Pour servir une population estimée à quatre millions d’habitants, il y avait 9 491 agents toute catégorie confondue en 2006 repartie ainsi qu’il suit : Personnel soignant Effectif Médecins 489 Assistants sanitaires 813 Sages femmes principales 172 Sages femmes diplômées d’Etat 518 Infirmiers diplômés d’Etat 952 Agent technique de santé 800 Techniciens supérieurs de santé publique 22 12 Aides soignants 418 Ingénieurs sanitaires 2 Techniciens qualifiés de laboratoire 101 Techniciens auxiliaires de laboratoire 470 Techniciens de radiologie 1 Garçons et filles de salle 237 Monitrices sociales 994 Personnel administratif Administrateur de santé 37 Administrateurs adjoints de santé 17 Attaché des SAF 22 Administrateur des SAF 16 Secrétaire d’administration socio-sanitaire 700 Secrétaires comptables 99 Agents techniques principaux 111 Personnel de services 10 Agents subalternes de bureau 23 Chauffeurs Source : rapport DAF DGS 2006 La répartition des effectifs disponibles présente d’importantes disparités entre départements notamment entre les zones rurales et les zones urbaines. En effet, en 2002, le département de Brazzaville concentrait à lui seul 51% des effectifs et le Kouilou (y compris la commune de Pointe-Noire) comptait 25% 13 alors que la Likouala ne comptait que 1% des effectifs et les départements de la Cuvette Ouest, de la sangha, et de la Lékoumou comptaient respectivement 1,4% ; 1,7% et 1,8% des agents de santé. Ces disparités géographiques étaient doublées d’inégalités par catégories professionnelles. C’est ainsi que 7 départements ne comptaient aucun pharmacien, et 4 ne disposaient ni de dentiste, ni d’un technicien supérieur de laboratoire (Plan National de Gestion des déchets biomédicaux, Janvier 2008). B- Médicaments et réactifs de laboratoire : La faiblesse de la production locale en médicaments, limitée à la production des fluides et gaz médicaux, fait que l’approvisionnement en médicaments est essentiellement basé sur l’importation. Ces médicaments sont importés par le biais de deux réseaux : le réseau public et le réseau privé; cela fait que le volume des importations ne soit pas maîtrisé. Toutefois, le montant des achats de médicaments est estimé à environ 18 milliards de francs CFA, soit 37 millions $ US en 2005, prix des grossistes hors taxes, auquel il faut ajouter les importations des sociétés pétrolières (AGIP et total) qui sont estimées à 2 milliards, soit 4 millions $ US, et les apports du marché informel avoisinant le montant de un milliard, soit 2 millions $ US (Plan National de Développement Sanitaire, 2007-2011). Il y a lieu de noter l’émergence de la médecine traditionnelle au Congo. En effet, plusieurs plantes médicinales ont apporté un mieux aux populations surtout celles vivant en zones rurales. On peut citer le Moringa Oleifera, l'Aloes, le Bulukutu ou Lippia, le Ndudi Ndudi ou Ndolé, le Tetra ; le Kongo bololo ou Marindoides. Ces plantes ont été présentées par les tradipraticiens congolais au cours du premier salon de l'invention technologique en mai 2006. Un projet cadre d'exercice de la médecine traditionnelle, fixant les conditions d'exercice et défini, les structures de soins ainsi que les institutions de médecine traditionnelle a été élaboré et adopté. 14 C- Ressources Financières : Le financement de la santé au Congo est assuré par l’Etat et les partenaires extérieurs. a)- Financement de l’Etat L’Etat assure une grande partie du financement de la santé. Le tableau ci-dessous retrace le budget de 2002-2005. Année 2002 2003 2004 2005 Budget de la santé en Millions de Fcfa 17 334,6 21 707 24 513,3 38 508,5 b)- Financement externe : Le financement externe est relatif aux emprunts et dons. Cette source de financement de la santé a apporté 5 877 000 FCFA en 2003 (budget d’investissement exercice 2003, Ministère du Plan), soit 25% du budget alloué au secteur santé. Des nouveaux mécanismes de financement externe ont été développés ces dernières années. Ce sont : le Fond Mondial pour le sida, le paludisme et la tuberculose ; l’Alliance Mondiale pour les Vaccins et l’Imunisation (GAVI), le Fond Mondial pour les Médicaments Antituberculeux (GDF), et le Plan Commun des Nations Unies pour le Congo. VII- ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU SYSTEME NATIONAL DE LA SANTE : Le système de santé est l’ensemble de structures et de procédures mises en place dans un pays pour évaluer les 15 risques sanitaires, contrôler les maladies, restaurer la santé, prévenir les maladies et promouvoir la santé. Le secteur de santé du Congo comprend deux composantes essentielles: le secteur public constitué des structures de gestion, de soins et d’appui sous tutelles (Ministères en charge de la santé, autres départements ministériels) et le secteur privé composé des structures privées. Pour comprendre le système de santé il est important de voir la politique nationale de la santé, constituée de l’organisation administrative et l’organisation opérationnelle. A- POLITIQUE NATIONALE DE SANTE : La politique nationale de santé au Congo vise à améliorer l’état de santé des populations afin de promouvoir leur participation au développement socio-économique du pays. La concrétisation de ce but passe par la réalisation des objectifs ci-après : - Promouvoir et protéger la santé des individus sur l’ensemble du territoire; - Garantir l’accessibilité des populations aux services et aux soins de santé de qualité; - Renforcer les capacités nationales à la gestion du système de santé. La politique Nationale de Santé édicte quatre principes directeurs qui doivent guider sa mise en œuvre. i- ii- iii- Le ministère en charge de la santé assure la tutelle technique et administrative de la mise en œuvre de la politique nationale de santé sous le triple contrôle des pouvoirs exécutif, législatif et des représentants de la société civile. L’Etat doit restructurer l’organisation et le fonctionnement de l’administration pour la mobilisation et l’utilisation optimale des ressources en vue d’une meilleure gestion du système de santé ; L’Etat doit assurer, grâce à ses fonctions de régulation et d’arbitrage et en tant que garant de la santé des citoyens, les conditions d’une saine concurrence et d’un développement harmonieux du système national de santé ; 16 iv- L’Etat recherche un meilleur rapport coût-efficacité dans la gestion du système de santé en fonction des ressources disponibles et des priorités identifiées ; B- ORGANISATION ADMINISTRATIVE : Sur le plan administratif, le système de santé est organisé en trois niveaux hiérarchiques à savoir le niveau central, intermédiaire et périphérique. 1- Le niveau central, représenté par le cabinet du ministère charge de la santé et les directions rattachées au cabinet ministère joue un rôle stratégique et normatif dans planification, le suivi, l’évaluation, la coordination, mobilisation et l’allocation des ressources. en du la la 2- Le niveau intermédiaire, représenté par les directions départementales de santé (DDS), joue un rôle d’appui technique aux circonscriptions socio sanitaires (CSS). La transmission des informations, l’adaptation spécifique des normes nationales aux conditions locales, leur application et la supervision des équipes cadres des CSS. 3- Niveau périphérique et opérationnel, est représenté par les circonscriptions socio-sanitaires, subdivisées chacune en aires de santé. Selon les normes établies, chaque CSS doit couvrir entre 50 000 et 100 000 habitants en milieu rural, et 100 000 à 300 000 habitants en milieu urbain. Chaque CSS, composé d’un réseau de formations sanitaires (centre de santé, centre de santé intégré, cabinets médicaux, centres médico-sociaux, hôpital de référence) est dirigée par une équipe cadre chargée de planifier, mettre en œuvre les activités et gérer les ressources de la CSS. Sur les 27 CSS planifiées en 1992, seules 5 ont une équipe cadre fonctionnelle et 13 ont engagé le processus de rationalisation des centres de santé et des hôpitaux de référence de leur CSS. C- ORGANISATION OPERATIONNELLE : 17 Le système de dispensation de soins comprend trois types de structures opérationnelles selon le décret n° 96/525 du 31 Décembre 1998, portant définition, classification et mode de gestion des formations sanitaires publiques en République du Congo. Ce sont les formations sanitaires ambulatoires, les formations sanitaires d’hospitalisation et les formations sanitaires spécialisées. 1- Les formations sanitaires ambulatoires : Les formations sanitaires ambulatoires représentent le premier maillon du système de santé, interface entre le service de santé et la communauté à laquelle elles fournissent des soins de santé primaires. En 2000, on dénombrait 668 structures publiques et 186 privées. Ce sont les centres et postes de santé, cabinets médicaux, et cabinets de soins paramédicaux. Le PNDS 1992-1996 prévoyait de développer un réseau de 199 centres de santé intégrés (CSI) desservant chacun, une population allant de 2 500 à 10 000 habitants en milieu rural et de 10 000 à 15 000 habitants en milieu urbain. L’évaluation de 2002 a toutefois montré que sur l’ensemble du territoire, seuls 60 CSI ont été rationalisés et développent un paquet minimum d’activités (PMA). 2- Formations sanitaires d’hospitalisation : Les formations sanitaires d’hospitalisation comptent 6 hôpitaux généraux à savoir : le CHU de Brazzaville, l’hôpital A. Sicé de Pointe-Noire, l’hôpital 31 Juillet d’Owando, hôpital général de Loandjili ; 16 hôpitaux de base et 12 cliniques. (Evaluation de la situation sanitaire nationale, CTS, PNDS, 2002). - Les hôpitaux de base : En 1992, le PNDS prévoyait de développer 27 hôpitaux de base (hôpital de référence des CSS) à travers le territoire, dont les activités devraient être structurées autour de quatre services d’hospitalisation : chirurgie, maternité, pédiatrie et médecine. A ce jour, 24 hôpitaux de base sont fonctionnels avec une capacité d’accueil global d’environ 1 945 lits. Il faut noter que la plupart sont confrontés au manque de médicaments, source d’énergie, manque d’équipement, la vétusté des infrastructures 18 ainsi qu’à l’absence de directives techniques pour la prise en charge des malades, l’insuffisance du personnel formé et qualifié. A l’hôpital de base de Makélékélé, situé au sud de la capitale Brazzaville par exemple, au service de pédiatrie, il y a des cas où trois enfants occupent un seul lit de un mètre de largeur. Ce qui fait que les parents dorment dans les conditions particulièrement difficiles. « Il est très difficile pour nous de dormir avec les moustiques qui piquent, on est obligé de rester en éveille toute la nuit » a déclaré une maman hospitalisée avec son enfant. « il arrive qu’il y ait quatre enfants dans un seul lit, et les maman dorment à même le sol quand bien même elles viennent d’accoucher ». - Les hôpitaux généraux : L’hôpital général est le deuxième niveau de référence du système de santé. Il devrait disposer en principe d’unités cliniques spécialisées et d’un plateau technique complet permettant de réaliser une activité médicale continue et complémentaire à celle des hôpitaux de base. Des 6 hôpitaux généraux dont dispose le Congo, la situation actuelle se présente ainsi qu’il suit : L’hôpital général de Dolisie détruit pendant la guerre est en cours de réhabilitation ; hôpital général d’Owando, quoique classé parmi les hôpitaux généraux ne présente pas les caractéristiques attendues d’un établissement de cette catégorie: pas d’équipement technique approprié, insuffisance du personnel, par conséquent n’offre pas les prestations de spécialités attendues. Il faut noter que cet hôpital à valeur interdépartemental parce que reçoit les malades des quatre départements à savoir : la Likouala, la Sangha, la Cuvette centrale et de l’ouest et les plateaux. Au-delà de ces spécificités, les hôpitaux généraux sont également marqués par l’obsolescence des équipements, de 19 l’insuffisance du personnel qualifié, des pénuries des médicaments et consommables médicaux. A titre illustratif : L’hôpital Adolphe Sicé de Pointe-Noire : Basé à Pointe-Noire, l’hôpital Adolphe Sicé n’a qu’une capacité de 400 lits repartis entre 7 services spécialisés: gastroentérologie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, néonatologie, maladies infectieuses, hématologie et chirurgie. En 2005, cet établissement a accueilli plus de 30 000 malades (Plan National de Développement Sanitaire 2007-2011). L’hôpital général de Dolisie : Conçu pour une capacité de 200 lits, cette structure est un hôpital interdépartemental pour les départements du Niari, Bouenza et Lékoumou. En raison des dommages subits pendant la guerre, le fonctionnement actuel de l’hôpital général de Dolisie est réduit aux consultations externes de médecine générale et aux accouchements. Le Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville: En 2006, le CHUB avait une capacité d’hébergement de 761 lits repartis entre quatre principaux secteurs d’activités. Ces lits sont repartis entre 265 salles d’hospitalisation. En dépit des efforts consentis ces dernières années, le CHUB demeure confronté à d’importants problèmes de maintenance des équipements biomédicaux. Par ailleurs, le personnel du CHUB avait un effectif de 1 787 agents constitué de 46% du personnel paramédical, de 37% du personnel administratif et de 8% du personnel médical. En raison de mauvais traitement du personnel médical, plusieurs faits en contradiction avec le « serment d’hypocrate » sont vécus au CHU de Brazzaville. En effet, une jeune fille a dû accoucher en plein rond Moungali parce qu’il lui avait été exigé une somme de cent mille francs Cfa pour la 20 césarienne. Ne disposant pas de cette somme, la pauvre était obligé de repartir à la maison, sur le chemin, elle a accouché (faits rapportés par le journal Semaine Africaine N° 2518 du 12 mai 2005). Il faut dire que ces faits sont courants au CHU pour les femmes qui accouchent par césarienne. 3- les établissements sanitaires spécialisés : Les établissements sanitaires spécialisés comprennent le laboratoire National de Santé Publique (LNSP), le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS), la Centrale Nationale d’Achats des Médicaments Assentiels (CENAMES), les officines pharmaceutiques et les centres de traitement ambulatoires spécialisés (deux CTA du sida, deux centres antituberculeux et deux centres de traitements des lépreux). VIII- LES PRINCIPAUX SYSTEME DE SANTE : ACQUIS ET PROBLEMES DU 1- les principaux acquis La mise en œuvre du Programme National de Développement Sanitaire 1992-1996 a permis un certain nombre de réalisations qui apparaissent comme des acquis à prendre en compte pour le programme 2007-2011. Il s’agit : de la formation des cadres. Contrairement à la situation qui prévalait au moment du lancement du PNDS 1992-1996, le Congo dispose à ce jour, d’un nombre non négligeable de médecins formés en santé publique, et il y a une rationalisation des CSI et des partenariats pour la santé. La volonté du Gouvernement de lutter contre le paludisme par la distribution des moustiquaires imprégnées et la gratuité des médicaments pour les enfants de 0 à 5 ans. 2- Problèmes du secteur de santé : L’analyse de la situation sanitaire nationale a permis d’identifier et de regrouper les problèmes auquel le Congo fait face. Il s’agit 21 de gestion des déchets, de l’insalubrité, insuffisance du personnel qualifié, du manque des médicaments • La gestion des déchets biomédicaux : La gestion des déchets biomédicaux et autres déchets pose un réel problème de santé publique et d’environnement. L’estimation de la production minimale annuelle de ces déchets est d’environ 341 tonnes pour les hôpitaux, les laboratoires et les CSI (PMA élargie au Congo Plan National de Gestion des déchets biomédicaux Janvier 2008). Les formations sanitaires ne disposent pas de politiques ni de directives de gestion de déchets biomédicaux. Elles n’ont pas pour la plupart de services d’hygiène hospitalière appropriés et organisés. Les déchets solides biomédicaux sont jetés dans des décharges sauvages sans traitement préalable. • L’insalubrité : Du fait de l’insalubrité dans laquelle sont plongées les villes et les villages du Congo, le tableau épidémiologique est dominé par les maladies dues à la dégradation de l’environnement notamment le paludisme qui représente la première cause de morbidité avec 54% des motifs de consultation dans la population générale en 2002, les infections respiratoires aiguës (IRA) viennent au second rang des motifs de consultation chez les enfants de moins de 5 ans après le paludisme. Au cours de la même année, 1 201 cas de pneumonie dont 40 décès ont été notifiés dans les hôpitaux de Brazzaville. Pour les autres infections respiratoires aiguës, 48 942 cas dont 321 décès ont été déclarés. En 2003, à Brazzaville, les IRA représentaient dans les CSI, 33% de tous les motifs de consultation et 29% des causes de décès enregistrées dans les hôpitaux auprès des enfants de moins de 5 ans. Les maladies diarrhéiques constituent un important problème de santé surtout chez les jeunes enfants. Au cours des trois dernières années, les maladies diarrhéiques sont passées de la deuxième à la troisième cause de consultation dans les formations sanitaires, après le paludisme et les IRA. Une enquête sur les connaissances, aptitudes et pratiques (CAP) réalisée à Brazzaville en 2000, auprès des ménages, a montré 22 une prévalence instantanée de diarrhées de 70 cas pour 1 000 dont 13% de diarrhées sanglantes. En 2002, 19 411 cas de diarrhées ont été notifiés, comprenant 55% de diarrhées aiguës, 22% de gastro-entérites aiguës, 14% d'amibiases et 7% de shigelloses, Une épidémie de shigellose avait éclaté dans le département du Niari au cours des deux derniers trimestres de l’année 2004, avec 222 cas et 7 décès. La précarité des conditions d’hygiène et la mauvaise qualité de l’eau de boisson étaient à l’origine de cette épidémie. Les fièvres typhoïdes, les dermatoses et les parasitoses intestinales sont aussi classées parmi les premières causes de morbidité générale. IX- NOTES SUR LES POPULATIONS VULNERABLES : Les populations vulnérables sur les quelles l’équipe s’est penchée comprennent, les populations autochtones, les personnes vivant avec le VIH/SIDA, les femmes enceintes et les enfants. A- Les populations autochtones : Vivant dans tous les départements du Congo, ces populations font face à des nombreux problèmes aussi bien sur le plan économique que politique et social. Un avant projet de loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones initiée depuis 2005 n’est pas encore votée par l’Assemblée Nationale. Sur le plan économique, ces populations, travaillent en majorité pour les bantous contre une somme de 500 francs Cfa, soit 1 $ US à la fin de la journée. Ils vivent de la chasse, la cueillette, du ramassage et de la pêche. Leur mode de vie les oblige à être souvent en forêt surtout pendant la saison sèche, et habitent dans les huttes, exposés au froid et aux pluies. Les enquêtes réalisées par les organisations non gouvernementales font ressortir l’absence quasi-totale des infrastructures sanitaires dans les villages des peuples autochtones. En effet, dans certains Départements les centres 23 de santé sont plus fréquentés par les populations bantoues que les autochtones. Ainsi dans le département de la Likoula, les centres de santé sont rarement fréquentés par les peuples autochtones à cause de manque des moyens financiers. Toute fois, lorsqu’ils s’y rendent, ils se munissent de bois de chauffes, ou de noix de palme ou encore des feuilles de coco afin de supplier l’agent de santé de les soigner si possible. 98% des femmes autochtones interrogées accouchent sans assistance dans la forêt. (Rapport de la descente de la Fondation KOMBE pour le développement rural dans le district d’Enyellé, 18-Août17 Septembre 2003). L’éloignement des centres de santé ainsi que la discrimination dont ils font face, sont les facteurs qui limitent l’accès de ces populations aux soins de santé (Rapport sur les droits des peuples autochtones en République du Congo, juin 2006). Une collecte de données réalisée en juillet 2007 par le projet d’appui à l’éducation de base (PREABASE), révèle que 80% de la population autochtone se soigne chez le guérisseur. B- Les personnes vivant avec le VIH/SIDA : Le respect des droits fondamentaux, notamment le droit à la non discrimination, est essentiel au bien être et à la dignité de la personne vivant avec le VIH/SIDA. Selon l’enquête de séroprévalence conduite en 2003 par le Conseil National de Lutte contre Sida (CNLS) avec l’appui financier de la Banque Mondiale, l’épidémie se féminise avec un taux moyen de 4,7% chez les femmes et 3,8% chez les hommes, et un risque de séropositivité plus élevé entre 25 et 39 ans chez les femmes et entre 35 et 49 ans chez les hommes. La prévalence du VIH est particulièrement élevée dans les tranches d’âge de 35 et 39 ans (8,4%) et de 40 et 44 ans (7,8%). En effet, les femmes sont chaque jour davantage exposées à un risque élevé d’infection. Cependant, la prise en charge médicale et psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA, ne 24 s’accompagne pas souvent de la prise en charge juridique qui est un aspect important de la vie des personnes vivant avec le VIH. (Rapport d’analyse sur les droits des femmes vivant avec le VIH/SIDA et leurs familles, AZUR Développement, 2008). Les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme à savoir la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, le Pacte International Relatif aux Doroits Economiques, Sociaux et Culturels, la Convention sur l’Elimination de Toutes les Formes de Discriminations à l’Egard de la Femme, la Convention Relative aux Droits de l’Enfant, reconnaissent à tout être humain, sans distinction de sexe, de race, de couleur, de religion, un ensemble de droits et libertés fondamentales qui sont imprescriptibles et inaliénables. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA devaient bénéficier d’un cadre juridique de protection interdisant toute distinction fondée sur la base de l’état de santé, d’invalidité, d’handicap lié au VIH/SIDA, et qui garantirait aux personnes infectées et affectées ainsi qu’aux membres de leurs familles et aux autres personnes vulnérables, l’égal accès: à l’emploi, à l’éducation, aux soins, au mariage, au voyage, à un mandat électif, à l’assurance, au crédit bancaire, à la propriété, à l’héritage, aux services sociaux et sanitaires, au soutien et au traitement. Malheureusement, les personnes infectées et affectées par le VIH font face régulièrement à des gestes de stigmatisation et de discrimination. Il est donc triste de constater que la discrimination se trouve à tous les niveaux de la société. Elles ont des répercussions importantes non seulement sur la personne concernées, mais aussi sur ses partenaires, sa famille ainsi que sur les soins et services qu’il reçoit. Elles ont comme conséquences de créer une distance à l’égard des personnes vivant avec le VIH, de les marginaliser et même de les exclure. - Les différentes violations constatées : Si les standards internationaux protégent bien que de façon générale, les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA, dans 25 la pratique, la jouissance de leurs droits ne sont pas effective. Des nombreux problèmes ont été relevés, notamment: • Absence d’un cadre légal qui protége spécifiquement les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA Les personnes vivant avec le VIH/SIDA et principalement les femmes ne bénéficient que de la protection générale qu’assurent les textes internationaux et nationaux à tous les citoyens congolais. Ce qui constitue un véritable problème car les difficultés qu’engendre la maladie nécessitent une protection particulière notamment contre la discrimination dont elles sont victimes au quotidien. • La non confidentialité des résultats qui porte atteinte au respect de la vie privée des femmes Malgré les efforts fournis dans la formation des agents de santé sur le VIH/SIDA, garder le secret sur le statut d’un malade reste toujours un problème. Si dans les centres de dépistage volontaire reconnus Bissita, Makélékélé et Talangai, le problème ne se pose pas, dans certains hôpitaux de la place, il y a encore du travail a faire. • La discrimination par le personnel de santé Les attitudes et les pratiques des professionnels, si elles sont bonnes, contribuent au rétablissement, au réconfort des personnes malades. Ils se doivent de donner l’information à jour et complète aux malades à propos de des modes de transmission, du test de dépistage et de la confidentialité, des effets des médicaments y compris des mesures à prendre pour la qualité de vie. Certes, les agents de santé doivent s’entourer de toutes les précautions nécessaires afin d’éviter de s’exposer aux risque d’infection, mais malheureusement dans les hôpitaux, les femmes sont victimes de discrimination de la part du personnel 26 de santé surtout à la maternité. De nombreux cas de discrimination subit par les femmes sont le fait même du personnel de santé. « En 2002, j’étais hospitalisée au CHU de Brazzaville au 2e étage où le CTA m’avait fait admettre vu mon état de santé. J’avais des plaies dans la bouche et je soufrais d’une candidose buccale, et ne pouvais donc pas parler. Dès que l’équipe à laquelle le CTA m’avait confié était partie, il y avait une infirmière de garde qui voulait gentiment me soigner ; je lui est fait signe de mettre les gans pour éviter la contamination, malheureusement, il n’avait pas compris mon langage gestuel. En voulant me toucher, les autres infirmières l’ont appelé avec force disant : Florence, laisse d’abord cette femme et viens. Attendez que je finisse répondait-elle. Comme elle tardez à partir, une infirmière est venue la tirer en disant tu ne sais pas qu’elle a le sida, attend elle va te contaminer. Sur ces mots, elle est revenue vers franc fermé et boudant en disant veux tu me donner ta maladie, donne les gans. J’étais profondément touchée par cette attitude qui m’infligeait des douleurs psychologiques intenses » Une femme PVVIH. Difficulté d’être une femme leader séropositive : « J’ai perdu mon bébé en 2007 au CHU alors que j’ai bien suivi le PTME (Prévention de la Transmission du virus de la Mère à l’Enfant), simplement parce que la sage femme qui m’avait reçu me reconnaissait comme séropositive puisque je passait souvent à la télé. Elle ne voulait même pas s’approcher de moi alors que les douleurs d’accouchement devenaient plus intenses. J’étais négligée et lorsque le bébé est sorti, il est tombé. Je suis resté sans secours. Lorsque mon mari a appelé le médecin qui me suivait, c’est en ce moment que la sage-femme s’est approché de moi pour me demander si j’avais prévu des gans qui arrivaient jusqu’aux épaules. Je l’ai supplié de me 27 secourir car je soufrais, elle a enfilé trois pairs de gans avant de me toucher. C’est très dur pour moi quand je pense qu’aujourd’hui je devais avoir mon bébé. » Une femme séropositive. • La spoliation des droits successoraux de la femme pour cause de statut sérologique lié au VIH/SIDA La femme, accusée d’avoir transmis le VIH/SIDA à son époux, chose qui ne peut d’ailleurs pas être prouvée, se voit refusé le droit de bénéficier de l’héritage de leurs conjoints, sans tenir compte du régime matrimonial sur lequel les époux étaient mariés. Ce qui affecte doublement la femme qui se retrouve malade et démunie. Il faut noter que la spoliation n’est pas exclusive aux femmes PVVIH ; il est difficile malgré la protection garantie par la loi de faire valoir les droits successoraux de la femme, et dans la pratique à cause des survivances de la coutume. • Le déni du droit à l’information sur le statut sérologique du conjoint pour cause de respect de l’obligation au secret médical La femme partenaire sexuel inégale de l’homme se trouve souvent surpris et parfois même après la mort du conjoint, alors que celui-ci est irresponsable, d’apprendre le statut sérologique du mari. Pour cause du secret professionnel, respecté seulement quand il s’agit de l’homme, le médecin est dans l’incapacité d’informer la femme, ce qui l’expose davantage à la maladie. Je suis séropositive depuis 2000. Mon mari était séropositif aussi, mais il ne m’avait jamais parlé de son état de santé. Lorsqu’il tombait souvent malade, il me parlait toujours d’autres maladies qu’il inventait pour éviter d’éveiller mes soupçons. Il partait prendre les médicaments à l’hôpital militaire avec ma rivale qui elle était aussi séropositive, mais moi 28 je ne savais pas parce que c’est elle qu’il aimait maintenant. C’est un de ses amis qui un jour est venu me dire de me faire dépister, car ma santé commençait aussi à se dégrader. C’est lui qui m’a appris que mon mari était séropositif et ma rivale aussi l’était, donc j’étais exposée au risque de contamination. Et pourtant le médecin qui le traitait me connaissait, mais il ne m’avait rien dit. J’ai failli mourir. Une femme séropositive • L’absence d’une politique adéquate sur le VIH/SIDA qui intègre la spécificité de la femme : En dehors des entreprises comme Brasco, Zain, et les patronats comme UNICONGO et quelques autres qui ont une politique sur le VIH/SIDA qui intègre toutes les dimensions de la prise en charge, et consacre la non discrimination, la femme n’est pas protégée en milieu professionnel aussi bien dans les services publiques que privés surtout lorsque la santé se dégrade. • Refus du droit d’accès aux soins pour les enfants vivant avec le VIH/SIDA De nombreux enfants notamment au centre de prise en charge des personnes vivant avec le VIH de Makélékélé ont vu leurs droits d’accès au traitement bafoué parce que leur tuteur ne veut pas croire en la sérologie positive de leur enfant. Ceci est un véritable problème parce que ces enfants meurent souvent faute de soins du seul fait de l’ignorance de leurs parents. • L’absence des centres de traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les milieux ruraux : Toute personne atteinte du VIH/SIDA a le droit d’accéder à des soins, à la réduction de l’impact de la maladie et à un accompagnement qui visent à soulager la douleur, à apaiser les souffrances psychiques, à sauvegarder la dignité de la personne malade et à soutenir son entourage. 29 Cependant, si dans les grandes villes, l’accès au traitement est assez facile pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA, notamment avec la gratuité des antirétroviraux et bientôt du bilan biologique, il n’en est pas encore de même en zone rurale. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA ne savent pas à quel saint se vouer. Leur droit à la vie est violé, alors que l’Etat a l’obligation de garantir la santé de tous les citoyens. • La discrimination en milieu familial: L’ignorance ainsi que les fausses croyances de la population sur les modes de transmission du VIH, font qu’au milieu familial les femmes subissent la discrimination et la stigmatisation. De nombreux couples se sont disloqués suite à l’ignorance de la sérologie de l’un des conjoints surtout de la femme. En mars 2006, le médecin avait souhaité que je fasse le test de dépistage du VIH, lorsque je suis arrivée pour la première fois au centre de dépistage de Bissita pour la consultation prénatale, à trois mois de ma grossesse, et le test était positif. Mais mon mari m’a rejeté m’accusant d’être une prostituée; car pour lui j’ai eu le VIH parce que j’ai été infidèle. Alors que je lui suis fidèle. Rien ne me prouve aussi que ce n’est pas lui qui m’a contaminé puisqu’il n’a pas fait son test. Mais j’ai pris courage et je fais le suivi de ma grossesse jusqu’à mon accouchement, et le bébé est séronégatif et se porte bien. Une femme séropositive. La discrimination ne touche pas seulement les personnes infectées mais aussi leurs proches. « En février dernier ma fille a été chassée de chez mon frère. Elle subissait des discriminations mais je n’étais pas en courant. Ce jour là, elle en n’a eu marre et une dispute s’est engagée avec la femme de mon frère. Elle a été mise dehors à 22 heures en lui disant de partir sinon sa mère séropositive qui vient lui rendre visite va les contaminer. J’étais très bouleversée et ma fille aussi parce que le 30 SIDA ne se transmet pas par des simples visites. » Une femme séropositive C- les enfants de moins de 5 ans : Les enfants de moins de 5 ans constituent la couche de la population la plus exposée tant sur le plan social, que politique et économique. En effet, avec les conflits armés de 1997-1998, et la crise économique qui s’en était suivi, ont causé la paupérisation des familles, la propagation du VIH et d’autres maladies. Ce qui fait que la situation des enfants se trouve fragilisée. A cause de leur vulnérabilité, plus de 60% de cas d’hospitalisation, notamment à Brazzaville et à PointeNoire, sont des enfants, à cause du paludisme et les infections respiratoires aigues mais aussi du VIH/SIDA. Les enfants et le VIH/SIDA : Plusieurs enfants sont infectés par le VIH/SIDA et qui ne suivent pas le traitement à cause non seulement de l’ignorance des parents, qui ne pensant qu’aux sorciers ne peuvent pas oser faire les tests de dépistage. Lorsque, avec le conseil du médecin, les parents font le test de l’enfants qui se révèle positif, souvent les réactions sont étonnantes. Un couple par exemple a abandonné un bébé à l’hôpital de Makélékélé après les résultats du test. Actuellement, seul le Centre de traitement ambulatoire suit 138 enfants, dont seulement 35 sont conscients de leur sérologie. Le VIH fait payer une lourde tribu aux enfants qui ont perdu leurs parents et se retrouvent dans la rue. En 2002, le nombre des orphelins de VIH était estimé à 70 000 sur les 100 000 enfants orphelins à l’échelle nationale, soit un pourcentage de 70%. Selon les estimations faites par l’ONUSIDA en 2003, il existe 78 31 000 orphelins dû au VIH/SIDA dans la République du Congo, soit un taux de progression du phénomène de 11,% dans l’espace de 3 ans, ce qui prouve à suffisance que le Sida déverse dans les rues bons nombres d’enfants abandonnés et sans soutien familial. Les enfants de moins de 5 ans et le paludisme: Le paludisme est l’un des problèmes sanitaires majeurs au Congo. Selon les données statistiques de la Direction de la lutte contre la maladie, le paludisme est la première cause de consultation et aussi l’une des principales causes de mortalité dans les formations sanitaires du pays. Il touche toutes les couches de la population et particulièrement les enfants de moins de 5 ans. Selon l’UNICEF, en 2007, sur 730 000 enfants de 0 à 5 ans, on dénombre chaque année 85 790 décès des causes diverses et 21 000 décèdent du paludisme. Ces chiffres mettent en évidence que le paludisme demeure une cause de mortalité et de morbidité des enfants de 0 à 5 ans. Dans la lutte contre le paludisme, le Gouvernement ne ménage aucun effort pour le faire reculer. Ainsi en décembre 2007, lors de son message à la nation, le Président de la République a rendu gratuit le traitement du paludisme pour les enfants de 0 à 15 ans et chez les femmes enceintes. En août 2007, un train de moustiquaires était parti de Pointe-Noire pour Brazzaville. Plusieurs dons en médicaments sont faits par les partenaires privés. Cependant, il faut souligner que les avancées ne profitent qu’aux enfants dans les zones urbaines. Les ruraux sont abandonnés à eux-mêmes par manque de centres médicaux adéquats, les médicaments et le personnel soignant. D-FEMMES ENCEINTES : 32 Les femmes enceintes constituent une autre couche vulnérable en raison du système immunitaire. Au Congo, le paludisme entraîne chez la femme enceinte des complications de la grossesse; à l’origine d’une surmortalité et la morbidité chez la mère et l’enfant. Les femmes enceintes et le paludisme: Le paludisme accroît chez la femme enceinte le risque de décès maternel, les fausses couches, les mortinaissance et l’insuffisance pondérale à la naissance pouvant entraîner le décès néonatal. Plusieurs cas de décès ont été enregistrés dans les différentes formations sanitaires du Congo. Dans certaines zones, le paludisme est responsable de 30% de cas de faible poids observés chez le nouveau né. Au total, ce sont 5 à 10% des décès de nourrissons congolais qui peuvent être imputés au plasmodium falciparum. Le parasite représente également un danger pour la femme enceinte, chez qui il est la cause de 2 à 15 % des anémies maternelles (source, Politique Nationale de Lutte contre le Paludisme, 2007-2011). Il faut tout de même souligner que depuis 2007, il y a gratuité du traitement contre le paludisme en faveur des femmes enceinte. Mais cela ne profite qu’aux femmes vivant dans les centres urbains, celles du monde rural semble être abandonnées à elles mêmes. Les femmes enceintes et le VIH/SIDA Quelques 400 femmes séropositives en état de gestation ont été reçues dans les centres de santé intégrés au Congo Brazzaville et à Pointe Noire, ville portuaire et capitale économique située dans le sud du pays. Pour celles qui ont accouché, le pourcentage de contamination des bébés varie entre 2 et 3% selon les informations reçues du gynécologue et responsable 33 national du projet de prévention de transmission de la mère à l’enfant (PTME). Toutefois, il y a lieu de noter que le pourcentage des femmes enceintes dépistées est très faible parce qu’elles sont souvent menacées par leurs maris au cas où le dépistage s’avéreraient positif. Par ailleurs, il faut aussi souligner que l’absence de centres de prise en charge de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les zones rurales expose les femmes enceintes qui ne prennent aucune précaution pour protéger leurs enfants de la contamination. VII- PROBLEMES ET RECOMMANDATIONS A- Aperçu des problèmes : En matière de droit a la santé: • Les congolais n’ont pas pleinement accès à des soins de qualité, et les prix des médicaments constituent un réel frein aux soins généralisés. • Le pays est notamment tributaire de l’étranger pour les médicaments et les soins spécialisés. • Le prix des médicaments et le coût exorbitant des évacuations sanitaires constituent un frein capital à l’accès aux soins de qualité pour la majorité des congolais. • Le pays souffre d’un manque criard en personnel médical et paramédical, et les équipements et infrastructures sanitaires sont largement insuffisants. On constate en plus: • L’insuffisance des infrastructures hospitalières capables de répondre aux besoins de santé des populations (par exemple tous les départements du nord du pays n’ont pas un hôpital général, l’hôpital du 31 Juillet d’Owando ne l’est plus que de nom). • Cette situation est plus grave dans les zones rurales où les populations doivent parcourir des centaines de kilomètres pour trouver un centre de santé et se 34 faire soigner. A cela, il faut ajouter le manque des équipements, le manque des médicaments et des laboratoires d’analyses médicales et des réactifs. • En plus de l’insuffisance des hôpitaux, il faut également souligner l’insuffisance du personnel médical qualifié. En effet, le manque du personnel qualifié pose un réel problème pour la santé des populations, surtout dans les zones rurales. Par exemple le département de la Lékoumou, avec cinq sous-préfectures, n’a qu’un seul médecin, chirurgien basé à l’hôpital de Sibiti, et reçoit les malades provenant de Bambama, Komono, Mayéyé et Zanaga. • La discrimination subie par les populations vulnérables comme les populations autochtones et les personnes vivant avec le VIH/SIDA, ne garantie pas leur l’accessibilité aux service de santé ce qui constitue également une forme de refus du droit à la santé et des soins de santé. • La santé implique aussi le droit à un environnement sain, comme le souligne l’article 35 de la constitution du 20 janvier 2002. Cependant, la pollution des villes et villages du Congo, le manque de politique de gestion des ordures urbaines et autres déchets affectent la santé des populations. B- Recommandations : Afin de remédier aux menaces qui pèsent sur la santé des populations, nous recommandons ce qui suit: Mobiliser les populations et les bénéficiaires (titulaires de droits) pour demander des autorités (titulaires d’obligations) ces droits, a savoir: Le renforcement des effectifs de personnel qualifié du secteur de santé. • Une augmentation de l’approvisionnement en médicaments qui assure aussi leur meilleure gestion. • 35 • • • • • La construction des nouveaux hôpitaux et l’amélioration des infrastructures sanitaires existantes. Une meilleure gestion des déchets et la mise en place d’une bonne politique d’assainissement des villes et villages du Congo avec une participation active des populations. La mise à la disposition du personnel soignant des moyens de bord leur permettant de bien fonctionner et de vivre des salaires plus justes. L’amélioration des conditions de soin des malades internés dans les hôpitaux. L’augmentation du budget alloue à la santé. Nous appelons à la société civile à considérer les résultats de ce rapport et se réunir pour, ensemble, préparer un plan d’action pour adresser les problèmes ici soulevés. L’aide des organisations internationales dans cet effort sera bienvenue. CONCLUSION : Nous ne saurions trop insister sur le fait que la promotion et la protection de la santé des populations passe par le respect des normes nationales et internationales y relatives. Comme il a été souligné plus haut, le Congo a ratifié un nombre important des textes visant la pleine jouissance du droit à la santé. Même avec un manque des données fiables, on constate que des efforts sont certes en train d’être faits, mais il faut reconnaître qu’ils sont très insuffisants. On peut malheureusement constater que ces textes ne s’accompagnent pas toujours d’un suivi avec des mesures pertinentes ; ce qui explique que les populations congolaises, sans participer à la prise de décisions, ne jouit pas pleinement de leur droit à la santé. 36 Toutefois, pour une amélioration de la santé des populations au Congo Brazzaville il faut ajouter plusieurs actions de mobilisation que doivent encore être prises, notamment : - Demander une décentralisation véritable du système de santé dans la mesure où seuls les grandes villes disposent des centres hospitaliers un peu fournis en médicaments et personnel de santé bien formés. - Demander une rationalisation de la mise en oeuvre des activités et de l'utilisation des ressources de santé. Il est également important d’assurer un meilleur contrôle des services offerts par les formations sanitaires de l'Etat, et du secteur privé à but lucratif ou non lucratif ; tout ca demande une participation active des représentants de la communauté dans la prise de décisions et dans la reddition de compte des titulaires d’obligations. - Demander une augmentation progressive de l'apport du gouvernement dans le financement de la santé pour atteindre le seuil minimum de 7 % du budget de l'Etat ; - Demander l’implantation progressive et la réglementation des ordres des professions de la santé, compatibles avec l'exercice libéral des professions médicales. ANNEXES : Bibliographie : - La politique nationale de santé adoptée par le conseil de ministre de juillet 2000 ; 37 - Plan National de Développement sanitaire 2007-2011, SCAS/DGS 25 Avril 2007 ; - Politique Nationale de santé et Environnement, Novembre 2005 ; - Politique Nationale de lutte contre le Paludisme ; - Droits des peuples autochtones en République du Congo, Juin 2006 par l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme ; - Analyse de la situation des enfants et femmes autochtones au Congo, Juin 2007 UNICEF ; - Constitution Congolaise du 20 Janvier 2002 ; - Loi N°009/88 du 23 mai 1988 portant code de déontologie des professions de santé et des affaires sociales ; - Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966 ; - Pacte International relatifs aux droits sociaux, Culturels et Economiques de 1966 ; - Convention N°169 de l’OIT ; - Charte des Droits et liberté du 23 mai 1991. 38