Evaluation du droit à la santé et aux soins de santé en République

Transcription

Evaluation du droit à la santé et aux soins de santé en République
A.D.P.P.A
People’s Health Movement
Right to Health Congo
Association de
défense et de
Promotion des
Peuples Autochtones
Association des Jeunes pour
le Développement et le
Travail (AJDT)
Espace d’Etudes et d’Action sur la
Population pour le Développement
(EEAPD)
Association Congolaise
d’éducation et de Prévention
contre les maladies et la drogue
Evaluation du droit à la santé et
aux soins de santé en
République du Congo
Avec le soutien du Mouvement Populaire pour la Santé
(PHM)
Brazzaville, Mai 2008
TABLE DES MATIERES
Introduction
P.6
Présentation de la République du Congo
P.8
1
Ressources pour la santé au Congo
P.12
Organisation et fonctionnement du système de santé
P.16
Acquis et problèmes du système de santé
P.22
Notes sur les populations autochtones
P.24
Recommandations
P.36
Conclusion
P.38
LISTE DES ABREVIATIONS
ARV
CENAMES
CHU
CSS
CTS
CMS
Antirétroviraux
Centrale Nationale d’Achat des Médicaments
Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville
Circonscription Socio Sanitaire
Centre de transfusion sanguine
Centre Médico-social
2
CNTS
COMEG
CSI
DDS
DGS
DSRP
IEG
IRA
LNSP
MEG
MSASF
OMD
OMS
ONG
PAM
PMA
PEV
PNLP
PNLT
PNLS
PNDS
PNS
SSP
SNIS
SNIS
Centre National de Transfusion Sanguine
Congolaise des Médicaments Essentiels
Génériques
Centre de Santé Intégré
Direction départementale de la santé
Direction Générale de la Santé
Document Stratégique pour la Réduction de
Pauvreté
Infirmier d’Etat Généraliste
Infections respiratoires aigues
Laboratoire National de Santé Publique
Médicaments Essentiels génériques
Ministère de la Santé, des Affaires Sociales
de la Famille
Objectifs du Millénaire pour le Développement
Organisation Mondiale de la Santé
Organisation Non Gouvernementale
Programme Alimentaire Mondial
paquet minimum d’activités
Programme Elargi de Vaccination
Programme National de Lutte contre
Paludisme
Programme national de Lutte contre
Tuberculose
Programme national de Lutte Contre le Sida
Plan National de Développement Sanitaire
Politique Nationale de Santé
Soins de Santé Primaires
Système National d’Information Sanitaire
Système National d’Information Sanitaire
et
la
et
le
la
REMERCIEMENTS :
Nous adressons nos sincères remerciements à tous ceux qui,
membres du Mouvement Populaire pour la Santé, société civile,
Gouvernement ou Agence du système des Nations Unies ont
apporté, directement ou indirectement, leur soutien dans la
collecte des données contenues dans ce rapport.
Nous tenons aussi à remercier People’s Health Movement pour
le soutien financier et pour les conseils.
3
Que leur lutte en faveur de la santé au niveau mondiale aille de
progrès en progrès pour l’intérêt de tous.
Carte de la République du Congo
4
INTRODUCTION :
Le développement économique et social d’un pays est assujetti
à la bonne santé de sa population. C’est dans cette optique que
l’article 12 du pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels reconnaît à toute personne le
droit de jouir du meilleur état de santé physique et mental, et
oriente les Etats sur les mesures à prendre pour garantir ce
droit. Ainsi, au niveau international, plusieurs conventions
avaient été adoptées toutes garantissant le droit à la santé.
5
• La Campagne mondiale sur le droit à la santé
Cependant, malgré ces nombreuses convention et autres
instruments juridiques garantissant ce droit, la santé dans le
monde demeure préoccupante, surtout avec la propagation des
maladies comme le VIH/SIDA, le Paludisme, la grippe aviaire et
autres. C’est ainsi que le Mouvement Populaire pour la Santé
(PHM) a lancé une campagne mondiale sur le droit à la santé et
aux soins de santé. Cette campagne vise à faire connaître aux
populations leurs droits en vue de leur meilleure application
dans chaque pays.
Le Mouvement Populaire pour la Santé est un réseau
d’organisations et des individus engagés dans la promotion de
la santé pour tous et ses déterminants en tant que des droits
inviolables. Le PHM, dont le secrétariat est actuellement assuré
par l’ONG AHED basée au Caire en Egypte, est régi par une
charte qui décrit avec plus de détails les principes et les
fondements des droits de la personne centrés sur la santé et
ses déterminants.
La campagne mondiale sur le droit à la santé s’effectue selon
plusieurs phases : la première phase étant l’adhésion à la
charte de PHM, la formation d’un cercle PHM pays, l’évaluation
du droit à la santé et aux soins de santé et le plaidoyer pour la
prise en compte des recommandations du rapport de
l’évaluation par les différentes prenantes.
Concernant l’évaluation, elle a pour objectif de s’assurer qu’il
existe des politiques nationales conformes aux normes
internationales protégeant la santé et qu’elles sont bien mises
en œuvre par les Gouvernements.
•
Problématique :
Au Congo, comme dans la plupart des pays subsaharienne,
l’accès aux services sociaux de base demeure un véritable
problème à cause de la pauvreté, le manque de ressources,
insuffisance des infrastructures, analphabétisme, l’insuffisance
de services d’accueil et d’information pour les jeunes et les
adolescents, la cherté des médicaments et des traitements.
6
Tous ceux-ci entraînent de nombreuses conséquences sur la
santé des populations aggravées par le VIH/SIDA, le paludisme
et la tuberculose.
Il est donc urgent que toutes les parties prenantes, notamment,
les militants au droit à la santé, les défenseurs de droits de
l’homme, le secteur privé, les jeunes se mobilisent afin de
contribuer à la bonne santé pour tous.
•
L’utilité de l’évaluation du droit à la santé et aux
soins de santé :
L’Etat congolais reconnaît le droit à la santé dans la
Constitution du 20 janvier 2002 à l’article 30, et les autres lois
et décrets. Bien que des efforts soient constamment faits pour
garantir ce droit, le droit à la santé et aux soins de santé
demeure une abstraction pour les couches les plus pauvres de
la population congolaise.
Compte tenu de l’urgence des problèmes soulevés, des actions
méritent d’être menées afin d’y remédier. Dans cette
démarche, un état des lieux doit être fait pour connaître le
véritable problème. Ce rapport n’a pas la prétention de
recenser et d’évaluer tous les problèmes de la santé au Congo,
il serait donc une erreur de prendre ce rapport comme
exhaustif, mais plutôt comme un point de départ pour pousser
à la réflexion.
En effet, ce rapport d’évaluation du droit à la santé et aux soins
de santé analyse la situation sanitaire au Congo et devrait être
utilisé comme un outil dans la recherche des solutions,
l’élaboration et la formulation des politiques de santé au Congo.
•
Méthodologie :
La méthodologie adoptée pour cette évaluation est une
approche participative. L’équipe du cercle PHM a été déployée
sur le terrain pour la collecte des données relatives à la santé
dans les administrations et organismes publics et privés. Après
l’analyse des données, des interviews avaient été réalisées
pour compléter les informations recueillies lors de la recherche
documentaire.
7
•
L’équipe du cercle PHM :
Les membres du cercle PHM qui ont contribué à la collecte des
données et à la rédaction du rapport :
1. Roméo Mbengou, coordonnateur de l’information,
AZUR Développement ;
2. Jeanne Madzouka, Présidente de l’Espace d’Etude et
d’Action sur la Population et le Développement ;
3. Sylvain Edoungatso, Président de l’Association des
Jeunes pour le Développement et le Travail (AJDT)
4. Jean Nganga, Président de l’Association de Défense
et de Promotion des Autochtones (ADDPA) ;
5. Louis Bahakoula Mabidi, Président de l’Association
Congolaise d’Education et de Prévention contre les
Maladies et la Drogues (ACEPMD).
Le processus d’évaluation a été coordonné par Sylvie Niombo,
Directrice Exécutive d’AZUR Développement. Elle contribue
également dans la coordination de la campagne droit à la santé
en Afrique francophone avec le Mouvement Populaire de la
Santé.
IPRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DU CONGO :
1- PRESENTATION GEOGRAPHIQUE :
La République du Congo, pays d’Afrique Centrale, est situé à
cheval sur l’équateur. S superficie est de 342 000 KM2. Il a des
frontières communes avec le Cameroun, la Centrafrique,
l’Angola, le Gabon et la République Démocratique du Congo.
L’une des principales caractéristiques est d’être situé au cœur
du plus vaste bassin fluvial de la planète après l’Amazonie. Le
fleuve Congo et ses affluents. Sur son territoire, on dénombre
pas moins de trente rivières navigables. Cette richesse
hydraulique fait du Congo un des pays les plus fertiles du
8
continent africain, avec des forêts luxuriantes où l’on trouve
encore plusieurs espèces de bois.
Sur le plan climatique, le Congo connaît des climats chauds et
humides. Au nord, le climat est équatorial avec une forte
pluviométrie, alors que dans le sud ouest, il est tropical et
subtropical dans les plateaux et dans la Cuvette.
2- Présentation démographique :
La population congolaise est estimée à environ 3 894 336
habitants en 2001. Plus de 70 % de la population vivent dans
les quatre principales villes. Cette urbanisation accélérée se fait
malheureusement au mépris des plans directeurs d’urbanisme
et des schémas directeurs d’assainissement.
Le Congo est un pays post-conflit. Après des années des
guerres civiles à répétition, la situation économique du pays
n’est pas encore stable. Lourde dette, infrastructures publiques
obsolètes ou détruites par les conflits. En 2003, une enquête a
révélé que 62,1% des ménages au Congo sont pauvres.
La population congolaise est jeune, près de 50% de la
population est jeune.
Les principales villes du Congo sont Brazzaville (950 000
habitants), Pointe-Noire (500 000 habitants), Dolisie (100 000),
NKayi (60 000) et Ouesso, Owando, Impfondo.
3- Présentation politique et administrative :
a) Organisation politique :
La République du Congo est régie par la Constitution du 20
Janvier 2002, au terme d’une transition de quatre ans et trois
mois (du 24 Octobre 1997 au 20 janvier 2002) adoptée par
référendum au lendemain de la guerre civile de 1997. Cette
Constitution institue le régime de type présidentiel ; elle établit
trois pouvoirs distincts : le pouvoir législatif, exécutif et
judiciaire.
b) Organisation administrative :
9
La loi n°03-2003 du 17 janvier 2003 fixe l’organisation
administrative et territoriale en département, Communes,
Arrondissement, District, communauté urbaine, communauté
rurale, quartier te village. Selon cette loi, on dénombre onze
départements administratifs qui comptent par ailleurs 88 souspréfectures et 6 communes urbaines. Les Départements sont :
Brazzaville, Pointe-Noire, Kouilou, Niari, Bouenza, Pool,
Plateaux, Cuvette centrale, Cuvette Ouest, Sangha, Likouala
II-
CADRE JURIDIQUE NATIONAL ET INTERNATIONAL:
A- CADRE JURIDIQUE NATIONAL :
Le droit à la santé est un droit fondamental qui influence la
jouissance des autres droits de l’homme. Au Congo, le droit à la
santé est consacré à l’article 30 de la Constitution du 20 Janvier
2002 qui stipule que « l’Etat est le garant de la santé
publique… »
Ce texte est appuyé par d’autres textes tels que la charte des
droits et libertés du 23 Mai 1991 ; qui énumère une série de
garanties additionnelles concernant le droit à la santé. L’article
31 alinéas C garantit la « protection et la lutte contre les
maladies épidémiques, transmissibles ou endémiques ». En
effet, cette charte exige de l’Etat, la création des conditions
propres à assurer à tous les citoyens les services médicaux et
une aide médicale en cas de maladie (article 32 alinéas d). Par
ailleurs, la loi du 23 mai 1988 portant code de déontologie des
professions de la santé et des affaires sociales oblige d’assister
et de soigner tous les patients quelles que soient leur condition,
leur nationalité, leur religion, leur opinion politique et
philosophique.
Le droit à la santé concerne aussi le droit à un environnement
sain. A cet effet, l’article 35 de la Constitution du 20 janvier
2002 confirme que les citoyens « ont le droit à un
environnement sain, satisfaisant et durable et l’Etat à le devoir
de le défendre… ». Par ailleurs, la loi du 23 avril 1991 portant
protection de l’environnement couvre les domaine de l’eau,
l’air, le sol, la flore, la faune, les déchets nucléaires.
10
D’autres documents juridiques relatifs aux programmes
spécifiques dans les domaines de la santé ont été adoptés. Il
s’agit du plan national de développement sanitaire de 19921996 et 2007 à 2011 ; de la politique nationale de santé de
l’environnement novembre 2005 ; du programme national de
lutte contre le paludisme ; du document stratégique de
réduction de la pauvreté (DSRP) de 2007.
B- Cadre juridique International :
Au plan international, le Congo a signé et ratifié des
conventions concernant le droit à la santé en particulier et les
droits de l’homme en général.
N°
Nature du document
1
Déclaration universelle des droits de l’homme
Convention internationale sur l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale
1965
Pacte international sur les droits économiques,
sociaux et culturels
1966
2
3
4
5
Année
d’adoptio
n
1948
Pacte International sur les droits civils et 1966
politiques
Convention sur l’élimination de toutes les
formes de violences à l’égard de la femme
1978
6
Déclaration d’Alma Ata sur les soins de santé 1978
primaire
7
8
Charte africaine de droits de l’homme et des 1981
peuples
Initiative de Bamako pour relancer et revitaliser
Alma Ata
1987
9
Convention relative aux droits de l’enfant
10
Déclaration de Tunis relative au Sida et l’enfant 1994
africain
1989
11
11
12
13
Objectifs
du
Millénaire
pour
le 2000
Développement
Déclaration d’Abuja sur l’initiative
faire
reculer
le
paludisme
en Avril 2000
Afrique
Nouveau
Partenariat pour
le
Mai 2002
développement de l’Afrique
V- LES RESSOURCES POUR LA SANTE :
Trois catégories de ressources concernent le secteur de la santé
au Congo : les ressources humaines, les ressources en
médicaments et les ressources financières.
A- LES RESSOURCES HUMAINES :
Les données disponibles relatives aux effectifs du personnel de
la santé ne concernent que les agents de la fonction publique.
Pour servir une population estimée à quatre millions
d’habitants, il y avait 9 491 agents toute catégorie confondue
en 2006 repartie ainsi qu’il suit :
Personnel soignant
Effectif
Médecins
489
Assistants sanitaires
813
Sages femmes principales
172
Sages femmes diplômées d’Etat
518
Infirmiers diplômés d’Etat
952
Agent technique de santé
800
Techniciens supérieurs de santé publique
22
12
Aides soignants
418
Ingénieurs sanitaires
2
Techniciens qualifiés de laboratoire
101
Techniciens auxiliaires de laboratoire
470
Techniciens de radiologie
1
Garçons et filles de salle
237
Monitrices sociales
994
Personnel administratif
Administrateur de santé
37
Administrateurs adjoints de santé
17
Attaché des SAF
22
Administrateur des SAF
16
Secrétaire d’administration socio-sanitaire
700
Secrétaires comptables
99
Agents techniques principaux
111
Personnel de services
10
Agents subalternes de bureau
23
Chauffeurs
Source : rapport DAF DGS 2006
La répartition des effectifs disponibles présente d’importantes
disparités entre départements notamment entre les zones
rurales et les zones urbaines. En effet, en 2002, le département
de Brazzaville concentrait à lui seul 51% des effectifs et le
Kouilou (y compris la commune de Pointe-Noire) comptait 25%
13
alors que la Likouala ne comptait que 1% des effectifs et les
départements de la Cuvette Ouest, de la sangha, et de la
Lékoumou comptaient respectivement 1,4% ; 1,7% et 1,8% des
agents de santé.
Ces disparités géographiques étaient doublées d’inégalités par
catégories professionnelles. C’est ainsi que 7 départements ne
comptaient aucun pharmacien, et 4 ne disposaient ni de
dentiste, ni d’un technicien supérieur de laboratoire (Plan
National de Gestion des déchets biomédicaux, Janvier 2008).
B- Médicaments et réactifs de laboratoire :
La faiblesse de la production locale en médicaments, limitée à
la production des fluides et gaz médicaux, fait que
l’approvisionnement en médicaments est essentiellement basé
sur l’importation.
Ces médicaments sont importés par le biais de deux réseaux :
le réseau public et le réseau privé; cela fait que le volume des
importations ne soit pas maîtrisé. Toutefois, le montant des
achats de médicaments est estimé à environ 18 milliards de
francs CFA, soit 37 millions $ US en 2005, prix des grossistes
hors taxes, auquel il faut ajouter les importations des sociétés
pétrolières (AGIP et total) qui sont estimées à 2 milliards, soit 4
millions $ US, et les apports du marché informel avoisinant le
montant de un milliard, soit 2 millions $ US (Plan National de
Développement Sanitaire, 2007-2011).
Il y a lieu de noter l’émergence de la médecine traditionnelle au
Congo. En effet, plusieurs plantes médicinales ont apporté un
mieux aux populations surtout celles vivant en zones rurales.
On peut citer le Moringa Oleifera, l'Aloes, le Bulukutu ou Lippia,
le Ndudi Ndudi ou Ndolé, le Tetra ; le Kongo bololo ou
Marindoides. Ces plantes ont été présentées par les
tradipraticiens congolais au cours du premier salon de
l'invention technologique en mai 2006.
Un projet cadre d'exercice de la médecine traditionnelle, fixant
les conditions d'exercice et défini, les structures de soins ainsi
que les institutions de médecine traditionnelle a été élaboré et
adopté.
14
C- Ressources Financières :
Le financement de la santé au Congo est assuré par l’Etat et les
partenaires extérieurs.
a)- Financement de l’Etat
L’Etat assure une grande partie du financement de la santé. Le
tableau ci-dessous retrace le budget de 2002-2005.
Année
2002
2003
2004
2005
Budget de la
santé
en
Millions
de
Fcfa
17 334,6
21 707
24 513,3
38 508,5
b)- Financement externe :
Le financement externe est relatif aux emprunts et dons. Cette
source de financement de la santé a apporté 5 877 000 FCFA en
2003 (budget d’investissement exercice 2003, Ministère du
Plan), soit 25% du budget alloué au secteur santé.
Des nouveaux mécanismes de financement externe ont été
développés ces dernières années. Ce sont : le Fond Mondial
pour le sida, le paludisme et la tuberculose ; l’Alliance Mondiale
pour les Vaccins et l’Imunisation (GAVI), le Fond Mondial pour
les Médicaments Antituberculeux (GDF), et le Plan Commun des
Nations Unies pour le Congo.
VII- ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU SYSTEME
NATIONAL DE LA SANTE :
Le système de santé est l’ensemble de structures et de
procédures mises en place dans un pays pour évaluer les
15
risques sanitaires, contrôler les maladies, restaurer la santé,
prévenir les maladies et promouvoir la santé.
Le secteur de santé du Congo comprend deux composantes
essentielles: le secteur public constitué des structures de
gestion, de soins et d’appui sous tutelles (Ministères en charge
de la santé, autres départements ministériels) et le secteur
privé composé des structures privées.
Pour comprendre le système de santé il est important de voir la
politique nationale de la santé, constituée de l’organisation
administrative et l’organisation opérationnelle.
A- POLITIQUE NATIONALE DE SANTE :
La politique nationale de santé au Congo vise à améliorer l’état
de santé des populations afin de promouvoir leur participation
au développement socio-économique du pays. La concrétisation
de ce but passe par la réalisation des objectifs ci-après :
- Promouvoir et protéger la santé des individus sur
l’ensemble du territoire;
- Garantir l’accessibilité des populations aux services et aux
soins de santé de qualité;
- Renforcer les capacités nationales à la gestion du système
de santé.
La politique Nationale de Santé édicte quatre principes
directeurs qui doivent guider sa mise en œuvre.
i-
ii-
iii-
Le ministère en charge de la santé assure la tutelle
technique et administrative de la mise en œuvre de la
politique nationale de santé sous le triple contrôle des
pouvoirs exécutif, législatif et des représentants de la
société civile.
L’Etat
doit
restructurer
l’organisation
et
le
fonctionnement de l’administration pour la mobilisation
et l’utilisation optimale des ressources en vue d’une
meilleure gestion du système de santé ;
L’Etat doit assurer, grâce à ses fonctions de régulation
et d’arbitrage et en tant que garant de la santé des
citoyens, les conditions d’une saine concurrence et d’un
développement harmonieux du système national de
santé ;
16
iv-
L’Etat recherche un meilleur rapport coût-efficacité dans
la gestion du système de santé en fonction des
ressources disponibles et des priorités identifiées ;
B- ORGANISATION ADMINISTRATIVE :
Sur le plan administratif, le système de santé est organisé en
trois niveaux hiérarchiques à savoir le niveau central,
intermédiaire et périphérique.
1- Le niveau central, représenté par le cabinet du ministère
charge de la santé et les directions rattachées au cabinet
ministère joue un rôle stratégique et normatif dans
planification, le suivi, l’évaluation, la coordination,
mobilisation et l’allocation des ressources.
en
du
la
la
2- Le niveau intermédiaire, représenté par les directions
départementales de santé (DDS), joue un rôle d’appui
technique aux circonscriptions socio sanitaires (CSS). La
transmission des informations, l’adaptation spécifique des
normes nationales aux conditions locales, leur application et la
supervision des équipes cadres des CSS.
3- Niveau périphérique et opérationnel, est représenté par les
circonscriptions socio-sanitaires, subdivisées chacune en aires
de santé. Selon les normes établies, chaque CSS doit couvrir
entre 50 000 et 100 000 habitants en milieu rural, et 100 000 à
300 000 habitants en milieu urbain. Chaque CSS, composé d’un
réseau de formations sanitaires (centre de santé, centre de
santé intégré, cabinets médicaux, centres médico-sociaux,
hôpital de référence) est dirigée par une équipe cadre chargée
de planifier, mettre en œuvre les activités et gérer les
ressources de la CSS.
Sur les 27 CSS planifiées en 1992, seules 5 ont une équipe
cadre fonctionnelle et 13 ont engagé le processus de
rationalisation des centres de santé et des hôpitaux de
référence de leur CSS.
C- ORGANISATION OPERATIONNELLE :
17
Le système de dispensation de soins comprend trois types de
structures opérationnelles selon le décret n° 96/525 du 31
Décembre 1998, portant définition, classification et mode de
gestion des formations sanitaires publiques en République du
Congo. Ce sont les formations sanitaires ambulatoires, les
formations sanitaires d’hospitalisation et les formations
sanitaires spécialisées.
1- Les formations sanitaires ambulatoires :
Les formations sanitaires ambulatoires représentent le premier
maillon du système de santé, interface entre le service de santé
et la communauté à laquelle elles fournissent des soins de
santé primaires. En 2000, on dénombrait 668 structures
publiques et 186 privées. Ce sont les centres et postes de
santé, cabinets médicaux, et cabinets de soins paramédicaux.
Le PNDS 1992-1996 prévoyait de développer un réseau de 199
centres de santé intégrés (CSI) desservant chacun, une
population allant de 2 500 à 10 000 habitants en milieu rural et
de 10 000 à 15 000 habitants en milieu urbain. L’évaluation de
2002 a toutefois montré que sur l’ensemble du territoire, seuls
60 CSI ont été rationalisés et développent un paquet minimum
d’activités (PMA).
2- Formations sanitaires d’hospitalisation :
Les formations sanitaires d’hospitalisation comptent 6 hôpitaux
généraux à savoir : le CHU de Brazzaville, l’hôpital A. Sicé de
Pointe-Noire, l’hôpital 31 Juillet d’Owando, hôpital général de
Loandjili ; 16 hôpitaux de base et 12 cliniques. (Evaluation de la
situation sanitaire nationale, CTS, PNDS, 2002).
-
Les hôpitaux de base :
En 1992, le PNDS prévoyait de développer 27 hôpitaux de base
(hôpital de référence des CSS) à travers le territoire, dont les
activités devraient être structurées autour de quatre services
d’hospitalisation : chirurgie, maternité, pédiatrie et médecine. A
ce jour, 24 hôpitaux de base sont fonctionnels avec une
capacité d’accueil global d’environ 1 945 lits. Il faut noter que la
plupart sont confrontés au manque de médicaments, source
d’énergie, manque d’équipement, la vétusté des infrastructures
18
ainsi qu’à l’absence de directives techniques pour la prise en
charge des malades, l’insuffisance du personnel formé et
qualifié.
A l’hôpital de base de Makélékélé, situé au sud de la capitale
Brazzaville par exemple, au service de pédiatrie, il y a des cas
où trois enfants occupent un seul lit de un mètre de largeur. Ce
qui fait que les parents dorment dans les conditions
particulièrement difficiles.
« Il est très difficile pour nous de dormir avec les
moustiques qui piquent, on est obligé de rester en
éveille toute la nuit » a déclaré une maman
hospitalisée avec son enfant.
« il arrive qu’il y ait quatre enfants dans un seul lit,
et les maman dorment à même le sol quand bien
même elles viennent d’accoucher ».
-
Les hôpitaux généraux :
L’hôpital général est le deuxième niveau de référence du
système de santé. Il devrait disposer en principe d’unités
cliniques spécialisées et d’un plateau technique complet
permettant de réaliser une activité médicale continue et
complémentaire à celle des hôpitaux de base. Des 6 hôpitaux
généraux dont dispose le Congo, la situation actuelle se
présente ainsi qu’il suit :
L’hôpital général de Dolisie détruit pendant la guerre est en
cours de réhabilitation ; hôpital général d’Owando, quoique
classé parmi les hôpitaux généraux ne présente pas les
caractéristiques attendues d’un établissement de cette
catégorie: pas d’équipement technique approprié, insuffisance
du personnel, par conséquent n’offre pas les prestations de
spécialités attendues. Il faut noter que cet hôpital à valeur
interdépartemental parce que reçoit les malades des quatre
départements à savoir : la Likouala, la Sangha, la Cuvette
centrale et de l’ouest et les plateaux.
Au-delà de ces spécificités, les hôpitaux généraux sont
également marqués par l’obsolescence des équipements, de
19
l’insuffisance du personnel qualifié, des pénuries des
médicaments et consommables médicaux. A titre illustratif :
L’hôpital Adolphe Sicé de Pointe-Noire :
Basé à Pointe-Noire, l’hôpital Adolphe Sicé n’a qu’une capacité
de 400 lits repartis entre 7 services spécialisés: gastroentérologie, gynécologie, obstétrique, pédiatrie, néonatologie,
maladies infectieuses, hématologie et chirurgie. En 2005, cet
établissement a accueilli plus de 30 000 malades (Plan National
de Développement Sanitaire 2007-2011).
L’hôpital général de Dolisie :
Conçu pour une capacité de 200 lits, cette structure est un
hôpital interdépartemental pour les départements du Niari,
Bouenza et Lékoumou. En raison des dommages subits pendant
la guerre, le fonctionnement actuel de l’hôpital général de
Dolisie est réduit aux consultations externes de médecine
générale et aux accouchements.
Le Centre Hospitalier et Universitaire de Brazzaville:
En 2006, le CHUB avait une capacité d’hébergement de 761 lits
repartis entre quatre principaux secteurs d’activités. Ces lits
sont repartis entre 265 salles d’hospitalisation. En dépit des
efforts consentis ces dernières années, le CHUB demeure
confronté à d’importants problèmes de maintenance des
équipements biomédicaux.
Par ailleurs, le personnel du CHUB avait un effectif de 1 787
agents constitué de 46% du personnel paramédical, de 37% du
personnel administratif et de 8% du personnel médical.
En raison de mauvais traitement du personnel médical,
plusieurs faits en contradiction avec le « serment d’hypocrate »
sont vécus au CHU de Brazzaville.
En effet, une jeune fille a dû accoucher en plein
rond Moungali parce qu’il lui avait été exigé une
somme de cent mille francs Cfa pour la
20
césarienne. Ne disposant pas de cette somme, la
pauvre était obligé de repartir à la maison, sur le
chemin, elle a accouché (faits rapportés par le
journal Semaine Africaine N° 2518 du 12 mai
2005). Il faut dire que ces faits sont courants au
CHU pour les femmes qui accouchent par
césarienne.
3- les établissements sanitaires spécialisés :
Les établissements sanitaires spécialisés comprennent le
laboratoire National de Santé Publique (LNSP), le Centre
National de Transfusion Sanguine (CNTS), la Centrale Nationale
d’Achats des Médicaments Assentiels (CENAMES), les officines
pharmaceutiques et les centres de traitement ambulatoires
spécialisés (deux CTA du sida, deux centres antituberculeux et
deux centres de traitements des lépreux).
VIII- LES PRINCIPAUX
SYSTEME DE SANTE :
ACQUIS
ET
PROBLEMES
DU
1- les principaux acquis
La mise en œuvre du Programme National de Développement
Sanitaire 1992-1996 a permis un certain nombre de réalisations
qui apparaissent comme des acquis à prendre en compte pour
le programme 2007-2011. Il s’agit : de la formation des cadres.
Contrairement à la situation qui prévalait au moment du
lancement du PNDS 1992-1996, le Congo dispose à ce jour,
d’un nombre non négligeable de médecins formés en santé
publique, et il y a une rationalisation des CSI et des partenariats
pour la santé.
La volonté du Gouvernement de lutter contre le paludisme par
la distribution des moustiquaires imprégnées et la gratuité des
médicaments pour les enfants de 0 à 5 ans.
2- Problèmes du secteur de santé :
L’analyse de la situation sanitaire nationale a permis d’identifier
et de regrouper les problèmes auquel le Congo fait face. Il s’agit
21
de gestion des déchets, de l’insalubrité, insuffisance du
personnel qualifié, du manque des médicaments
•
La gestion des déchets biomédicaux :
La gestion des déchets biomédicaux et autres déchets pose un
réel problème de santé publique et d’environnement.
L’estimation de la production minimale annuelle de ces déchets
est d’environ 341 tonnes pour les hôpitaux, les laboratoires et
les CSI (PMA élargie au Congo Plan National de Gestion des
déchets biomédicaux Janvier 2008). Les formations sanitaires
ne disposent pas de politiques ni de directives de gestion de
déchets biomédicaux. Elles n’ont pas pour la plupart de services
d’hygiène hospitalière appropriés et organisés. Les déchets
solides biomédicaux sont jetés dans des décharges sauvages
sans traitement préalable.
•
L’insalubrité :
Du fait de l’insalubrité dans laquelle sont plongées les villes et
les villages du Congo, le tableau épidémiologique est dominé
par les maladies dues à la dégradation de l’environnement
notamment le paludisme qui représente la première cause de
morbidité avec 54% des motifs de consultation dans la
population générale en 2002, les infections respiratoires aiguës
(IRA) viennent au second rang des motifs de consultation chez
les enfants de moins de 5 ans après le paludisme. Au cours de
la même année, 1 201 cas de pneumonie dont 40 décès ont été
notifiés dans les hôpitaux de Brazzaville.
Pour les autres infections respiratoires aiguës, 48 942 cas dont
321 décès ont été déclarés. En 2003, à Brazzaville, les IRA
représentaient dans les CSI, 33% de tous les motifs de
consultation et 29% des causes de décès enregistrées dans les
hôpitaux auprès des enfants de moins de 5 ans.
Les maladies diarrhéiques constituent un important problème
de santé surtout chez les jeunes enfants. Au cours des trois
dernières années, les maladies diarrhéiques sont passées de la
deuxième à la troisième cause de consultation dans les
formations sanitaires, après le paludisme et les IRA. Une
enquête sur les connaissances, aptitudes et pratiques (CAP)
réalisée à Brazzaville en 2000, auprès des ménages, a montré
22
une prévalence instantanée de diarrhées de 70 cas pour 1 000
dont 13% de diarrhées sanglantes.
En 2002, 19 411 cas de diarrhées ont été notifiés, comprenant
55% de diarrhées aiguës, 22% de gastro-entérites aiguës, 14%
d'amibiases et 7% de shigelloses, Une épidémie de shigellose
avait éclaté dans le département du Niari au cours des deux
derniers trimestres de l’année 2004, avec 222 cas et 7 décès.
La précarité des conditions d’hygiène et la mauvaise qualité de
l’eau de boisson étaient à l’origine de cette épidémie. Les
fièvres typhoïdes, les dermatoses et les parasitoses intestinales
sont aussi classées parmi les premières causes de morbidité
générale.
IX- NOTES SUR LES POPULATIONS VULNERABLES :
Les populations vulnérables sur les quelles l’équipe s’est
penchée comprennent, les populations autochtones, les
personnes vivant avec le VIH/SIDA, les femmes enceintes et les
enfants.
A- Les populations autochtones :
Vivant dans tous les départements du Congo, ces populations
font face à des nombreux problèmes aussi bien sur le plan
économique que politique et social.
Un avant projet de loi portant promotion et protection des droits
des peuples autochtones initiée depuis 2005 n’est pas encore
votée par l’Assemblée Nationale.
Sur le plan économique, ces populations, travaillent en majorité
pour les bantous contre une somme de 500 francs Cfa, soit 1 $
US à la fin de la journée. Ils vivent de la chasse, la cueillette, du
ramassage et de la pêche. Leur mode de vie les oblige à être
souvent en forêt surtout pendant la saison sèche, et habitent
dans les huttes, exposés au froid et aux pluies.
Les
enquêtes
réalisées
par
les
organisations
non
gouvernementales font ressortir l’absence quasi-totale des
infrastructures sanitaires dans les villages des peuples
autochtones. En effet, dans certains Départements les centres
23
de santé sont plus fréquentés par les populations bantoues que
les autochtones.
Ainsi dans le département de la Likoula, les centres de
santé sont rarement fréquentés par les peuples
autochtones à cause de manque des moyens financiers.
Toute fois, lorsqu’ils s’y rendent, ils se munissent de
bois de chauffes, ou de noix de palme ou encore des
feuilles de coco afin de supplier l’agent de santé de les
soigner si possible. 98% des femmes autochtones
interrogées accouchent sans assistance dans la forêt.
(Rapport de la descente de la Fondation KOMBE pour le
développement rural dans le district d’Enyellé, 18-Août17 Septembre 2003).
L’éloignement des centres de santé ainsi que la discrimination
dont ils font face, sont les facteurs qui limitent l’accès de ces
populations aux soins de santé (Rapport sur les droits des
peuples autochtones en République du Congo, juin 2006).
Une collecte de données réalisée en juillet 2007 par le projet
d’appui à l’éducation de base (PREABASE), révèle que 80% de
la population autochtone se soigne chez le guérisseur.
B- Les personnes vivant avec le VIH/SIDA :
Le respect des droits fondamentaux, notamment le droit à la
non discrimination, est essentiel au bien être et à la dignité de
la personne vivant avec le VIH/SIDA. Selon l’enquête de
séroprévalence conduite en 2003 par le Conseil National de
Lutte contre Sida (CNLS) avec l’appui financier de la Banque
Mondiale, l’épidémie se féminise avec un taux moyen de 4,7%
chez les femmes et 3,8% chez les hommes, et un risque de
séropositivité plus élevé entre 25 et 39 ans chez les femmes et
entre 35 et 49 ans chez les hommes. La prévalence du VIH est
particulièrement élevée dans les tranches d’âge de 35 et 39
ans (8,4%) et de 40 et 44 ans (7,8%).
En effet, les femmes sont chaque jour davantage exposées à un
risque élevé d’infection. Cependant, la prise en charge médicale
et psychosociale des personnes vivant avec le VIH/SIDA, ne
24
s’accompagne pas souvent de la prise en charge juridique qui
est un aspect important de la vie des personnes vivant avec le
VIH. (Rapport d’analyse sur les droits des femmes vivant avec
le VIH/SIDA et leurs familles, AZUR Développement, 2008).
Les textes internationaux relatifs aux droits de l’homme à
savoir la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le
Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques, le
Pacte International Relatif aux Doroits Economiques, Sociaux et
Culturels, la Convention sur l’Elimination de Toutes les Formes
de Discriminations à l’Egard de la Femme, la Convention
Relative aux Droits de l’Enfant, reconnaissent à tout être
humain, sans distinction de sexe, de race, de couleur, de
religion, un ensemble de droits et libertés fondamentales qui
sont imprescriptibles et inaliénables.
Les personnes vivant avec le VIH/SIDA devaient bénéficier d’un
cadre juridique de protection interdisant toute distinction
fondée sur la base de l’état de santé, d’invalidité, d’handicap lié
au VIH/SIDA, et qui garantirait aux personnes infectées et
affectées ainsi qu’aux membres de leurs familles et aux autres
personnes vulnérables, l’égal accès: à l’emploi, à l’éducation,
aux soins, au mariage, au voyage, à un mandat électif, à
l’assurance, au crédit bancaire, à la propriété, à l’héritage, aux
services sociaux et sanitaires, au soutien et au traitement.
Malheureusement, les personnes infectées et affectées par le
VIH font face régulièrement à des gestes de stigmatisation et
de discrimination. Il est donc triste de constater que la
discrimination se trouve à tous les niveaux de la société.
Elles ont des répercussions importantes non seulement sur la
personne concernées, mais aussi sur ses partenaires, sa famille
ainsi que sur les soins et services qu’il reçoit. Elles ont comme
conséquences de créer une distance à l’égard des personnes
vivant avec le VIH, de les marginaliser et même de les exclure.
- Les différentes violations constatées :
Si les standards internationaux protégent bien que de façon
générale, les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA, dans
25
la pratique, la jouissance de leurs droits ne sont pas effective.
Des nombreux problèmes ont été relevés, notamment:
• Absence d’un cadre légal qui protége
spécifiquement les droits des personnes
vivant avec le VIH/SIDA
Les personnes vivant avec le VIH/SIDA et principalement les
femmes ne bénéficient que de la protection générale
qu’assurent les textes internationaux et nationaux à tous les
citoyens congolais. Ce qui constitue un véritable problème car
les difficultés qu’engendre la maladie nécessitent une
protection particulière notamment contre la discrimination dont
elles sont victimes au quotidien.
• La non confidentialité des résultats qui
porte atteinte au respect de la vie privée
des femmes
Malgré les efforts fournis dans la formation des agents de santé
sur le VIH/SIDA, garder le secret sur le statut d’un malade reste
toujours un problème. Si dans les centres de dépistage
volontaire reconnus Bissita, Makélékélé et Talangai, le
problème ne se pose pas, dans certains hôpitaux de la place, il
y a encore du travail a faire.
• La discrimination par le personnel de
santé
Les attitudes et les pratiques des professionnels, si elles sont
bonnes, contribuent au rétablissement, au
réconfort des
personnes malades. Ils se doivent de donner l’information à jour
et complète aux malades à propos de des modes de
transmission, du test de dépistage et de la confidentialité, des
effets des médicaments y compris des mesures à prendre pour
la qualité de vie.
Certes, les agents de santé doivent s’entourer de toutes les
précautions nécessaires afin d’éviter de s’exposer aux risque
d’infection, mais malheureusement dans les hôpitaux, les
femmes sont victimes de discrimination de la part du personnel
26
de santé surtout à la maternité. De nombreux cas de
discrimination subit par les femmes sont le fait même du
personnel de santé.
« En 2002, j’étais hospitalisée au CHU de Brazzaville
au 2e étage où le CTA m’avait fait admettre vu mon
état de santé. J’avais des plaies dans la bouche et je
soufrais d’une candidose buccale, et ne pouvais donc
pas parler. Dès que l’équipe à laquelle le CTA m’avait
confié était partie, il y avait une infirmière de garde
qui voulait gentiment me soigner ; je lui est fait signe
de mettre les gans pour éviter la contamination,
malheureusement, il n’avait pas compris mon
langage gestuel.
En voulant me toucher, les autres infirmières l’ont
appelé avec force disant : Florence, laisse d’abord
cette femme et viens. Attendez que je finisse
répondait-elle. Comme elle tardez à partir, une
infirmière est venue la tirer en disant tu ne sais pas
qu’elle a le sida, attend elle va te contaminer. Sur
ces mots, elle est revenue vers franc fermé et
boudant en disant veux tu me donner ta maladie,
donne les gans. J’étais profondément touchée par
cette attitude qui m’infligeait des douleurs
psychologiques intenses » Une femme PVVIH.
Difficulté d’être une femme leader séropositive :
« J’ai perdu mon bébé en 2007 au CHU alors que j’ai
bien suivi le PTME (Prévention de la Transmission du
virus de la Mère à l’Enfant), simplement parce que la
sage femme qui m’avait reçu me reconnaissait
comme séropositive puisque je passait souvent à la
télé. Elle ne voulait même pas s’approcher de moi
alors que les douleurs d’accouchement devenaient
plus intenses. J’étais négligée et lorsque le bébé est
sorti, il est tombé. Je suis resté sans secours. Lorsque
mon mari a appelé le médecin qui me suivait, c’est
en ce moment que la sage-femme s’est approché de
moi pour me demander si j’avais prévu des gans qui
arrivaient jusqu’aux épaules. Je l’ai supplié de me
27
secourir car je soufrais, elle a enfilé trois pairs de
gans avant de me toucher. C’est très dur pour moi
quand je pense qu’aujourd’hui je devais avoir mon
bébé. » Une femme séropositive.
• La spoliation des droits successoraux
de la femme pour cause de statut
sérologique lié au VIH/SIDA
La femme, accusée d’avoir transmis le VIH/SIDA à son époux,
chose qui ne peut d’ailleurs pas être prouvée, se voit refusé le
droit de bénéficier de l’héritage de leurs conjoints, sans tenir
compte du régime matrimonial sur lequel les époux étaient
mariés. Ce qui affecte doublement la femme qui se retrouve
malade et démunie.
Il faut noter que la spoliation n’est pas exclusive aux femmes
PVVIH ; il est difficile malgré la protection garantie par la loi de
faire valoir les droits successoraux de la femme, et dans la
pratique à cause des survivances de la coutume.
• Le déni du droit à l’information sur le
statut sérologique du conjoint pour cause
de respect de l’obligation au secret
médical
La femme partenaire sexuel inégale de l’homme se trouve
souvent surpris et parfois même après la mort du conjoint, alors
que celui-ci est irresponsable, d’apprendre le statut sérologique
du mari. Pour cause du secret professionnel, respecté
seulement quand il s’agit de l’homme, le médecin est dans
l’incapacité d’informer la femme, ce qui l’expose davantage à la
maladie.
Je suis séropositive depuis 2000. Mon mari était
séropositif aussi, mais il ne m’avait jamais parlé de
son état de santé. Lorsqu’il tombait souvent malade,
il me parlait toujours d’autres maladies qu’il inventait
pour éviter d’éveiller mes soupçons. Il partait
prendre les médicaments à l’hôpital militaire avec
ma rivale qui elle était aussi séropositive, mais moi
28
je ne savais pas parce que c’est elle qu’il aimait
maintenant. C’est un de ses amis qui un jour est
venu me dire de me faire dépister, car ma santé
commençait aussi à se dégrader. C’est lui qui m’a
appris que mon mari était séropositif et ma rivale
aussi l’était, donc j’étais exposée au risque de
contamination. Et pourtant le médecin qui le traitait
me connaissait, mais il ne m’avait rien dit. J’ai failli
mourir.
Une femme séropositive
•
L’absence d’une politique adéquate
sur le VIH/SIDA qui intègre la
spécificité de la femme :
En dehors des entreprises comme Brasco, Zain, et les patronats
comme UNICONGO et quelques autres qui ont une politique sur
le VIH/SIDA qui intègre toutes les dimensions de la prise en
charge, et consacre la non discrimination, la femme n’est pas
protégée en milieu professionnel aussi bien dans les services
publiques que privés surtout lorsque la santé se dégrade.
• Refus du droit d’accès aux soins pour les
enfants vivant avec le VIH/SIDA
De nombreux enfants notamment au centre de prise en charge
des personnes vivant avec le VIH de Makélékélé ont vu leurs
droits d’accès au traitement bafoué parce que leur tuteur ne
veut pas croire en la sérologie positive de leur enfant. Ceci est
un véritable problème parce que ces enfants meurent souvent
faute de soins du seul fait de l’ignorance de leurs parents.
•
L’absence des centres de traitement des
personnes vivant avec le VIH/SIDA dans
les milieux ruraux :
Toute personne atteinte du VIH/SIDA a le droit d’accéder à des
soins, à la réduction de l’impact de la maladie et à un
accompagnement qui visent à soulager la douleur, à apaiser
les souffrances psychiques, à sauvegarder la dignité de la
personne malade et à soutenir son entourage.
29
Cependant, si dans les grandes villes, l’accès au traitement est
assez facile pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA,
notamment avec la gratuité des antirétroviraux et bientôt du
bilan biologique, il n’en est pas encore de même en zone rurale.
Les personnes vivant avec le VIH/SIDA ne savent pas à quel
saint se vouer. Leur droit à la vie est violé, alors que l’Etat a
l’obligation de garantir la santé de tous les citoyens.
•
La discrimination en milieu familial:
L’ignorance ainsi que les fausses croyances de la population sur
les modes de transmission du VIH, font qu’au milieu familial les
femmes subissent la discrimination et la stigmatisation. De
nombreux couples se sont disloqués suite à l’ignorance de la
sérologie de l’un des conjoints surtout de la femme.
En mars 2006, le médecin avait souhaité que je fasse
le test de dépistage du VIH, lorsque je suis arrivée
pour la première fois au centre de dépistage de
Bissita pour la consultation prénatale, à trois mois de
ma grossesse, et le test était positif. Mais mon mari
m’a rejeté m’accusant d’être une prostituée; car
pour lui j’ai eu le VIH parce que j’ai été infidèle. Alors
que je lui suis fidèle. Rien ne me prouve aussi que ce
n’est pas lui qui m’a contaminé puisqu’il n’a pas fait
son test. Mais j’ai pris courage et je fais le suivi de
ma grossesse jusqu’à mon accouchement, et le bébé
est séronégatif et se porte bien.
Une femme
séropositive.
La discrimination ne touche pas seulement les personnes
infectées mais aussi leurs proches.
« En février dernier ma fille a été chassée de chez
mon frère. Elle subissait des discriminations mais
je n’étais pas en courant. Ce jour là, elle en n’a eu
marre et une dispute s’est engagée avec la femme
de mon frère. Elle a été mise dehors à 22 heures
en lui disant de partir sinon sa mère séropositive
qui vient lui rendre visite va les contaminer. J’étais
très bouleversée et ma fille aussi parce que le
30
SIDA ne se transmet pas par des simples visites. »
Une femme séropositive
C- les enfants de moins de 5 ans :
Les enfants de moins de 5 ans constituent la couche de
la population la plus exposée tant sur le plan social, que
politique et économique.
En effet, avec les conflits armés de 1997-1998, et la
crise économique qui s’en était suivi, ont causé la
paupérisation des familles, la propagation du VIH et
d’autres maladies. Ce qui fait que la situation des
enfants se trouve fragilisée.
A cause de leur vulnérabilité, plus de 60% de cas
d’hospitalisation, notamment à Brazzaville et à PointeNoire, sont des enfants, à cause du paludisme et les
infections respiratoires aigues mais aussi du VIH/SIDA.
Les enfants et le VIH/SIDA :
Plusieurs enfants sont infectés par le VIH/SIDA et qui ne
suivent pas le traitement à cause non seulement de
l’ignorance des parents, qui ne pensant qu’aux sorciers
ne peuvent pas oser faire les tests de dépistage.
Lorsque, avec le conseil du médecin, les parents font le
test de l’enfants qui se révèle positif, souvent les
réactions sont étonnantes. Un couple par exemple a
abandonné un bébé à l’hôpital de Makélékélé après les
résultats du test.
Actuellement, seul le Centre de traitement ambulatoire
suit 138 enfants, dont seulement 35 sont conscients de
leur sérologie.
Le VIH fait payer une lourde tribu aux enfants qui ont
perdu leurs parents et se retrouvent dans la rue. En
2002, le nombre des orphelins de VIH était estimé à 70
000 sur les 100 000 enfants orphelins à l’échelle
nationale, soit un pourcentage de 70%. Selon les
estimations faites par l’ONUSIDA en 2003, il existe 78
31
000 orphelins dû au VIH/SIDA dans la République du
Congo, soit un taux de progression du phénomène de
11,% dans l’espace de 3 ans, ce qui prouve à suffisance
que le Sida déverse dans les rues bons nombres
d’enfants abandonnés et sans soutien familial.
Les enfants de moins de 5 ans et le paludisme:
Le paludisme est l’un des problèmes sanitaires majeurs
au Congo. Selon les données statistiques de la Direction
de la lutte contre la maladie, le paludisme est la
première cause de consultation et aussi l’une des
principales causes de mortalité dans les formations
sanitaires du pays. Il touche toutes les couches de la
population et particulièrement les enfants de moins de
5 ans.
Selon l’UNICEF, en 2007, sur 730 000 enfants de 0 à 5
ans, on dénombre chaque année 85 790 décès des
causes diverses et 21 000 décèdent du paludisme. Ces
chiffres mettent en évidence que le paludisme demeure
une cause de mortalité et de morbidité des enfants de
0 à 5 ans.
Dans la lutte contre le paludisme, le Gouvernement ne
ménage aucun effort pour le faire reculer. Ainsi en
décembre 2007, lors de son message à la nation, le
Président de la République a rendu gratuit le traitement
du paludisme pour les enfants de 0 à 15 ans et chez les
femmes enceintes. En août 2007, un train de
moustiquaires était parti de Pointe-Noire pour
Brazzaville. Plusieurs dons en médicaments sont faits
par les partenaires privés.
Cependant, il faut souligner que les avancées ne
profitent qu’aux enfants dans les zones urbaines. Les
ruraux sont abandonnés à eux-mêmes par manque de
centres médicaux adéquats, les médicaments et le
personnel soignant.
D-FEMMES ENCEINTES :
32
Les femmes enceintes constituent une autre couche
vulnérable en raison du système immunitaire. Au
Congo, le paludisme entraîne chez la femme enceinte
des complications de la grossesse; à l’origine d’une
surmortalité et la morbidité chez la mère et l’enfant.
Les femmes enceintes et le paludisme:
Le paludisme accroît chez la femme enceinte le risque
de décès maternel, les fausses couches, les
mortinaissance et l’insuffisance pondérale à la
naissance pouvant entraîner le décès néonatal.
Plusieurs cas de décès ont été enregistrés dans les
différentes formations sanitaires du Congo.
Dans certaines zones, le paludisme est responsable de
30% de cas de faible poids observés chez le nouveau
né.
Au total, ce sont 5 à 10% des décès de nourrissons
congolais qui peuvent être imputés au plasmodium
falciparum. Le parasite représente également un
danger pour la femme enceinte, chez qui il est la cause
de 2 à 15 % des anémies maternelles (source, Politique
Nationale de Lutte contre le Paludisme, 2007-2011).
Il faut tout de même souligner que depuis 2007, il y a
gratuité du traitement contre le paludisme en faveur
des femmes enceinte. Mais cela ne profite qu’aux
femmes vivant dans les centres urbains, celles du
monde rural semble être abandonnées à elles mêmes.
Les femmes enceintes et le VIH/SIDA
Quelques 400 femmes séropositives en état de
gestation ont été reçues dans les centres de santé
intégrés au Congo Brazzaville et à Pointe Noire, ville
portuaire et capitale économique située dans le sud du
pays. Pour celles qui ont accouché, le pourcentage de
contamination des bébés varie entre 2 et 3% selon les
informations reçues du gynécologue et responsable
33
national du projet de prévention de transmission de la
mère à l’enfant (PTME).
Toutefois, il y a lieu de noter que le pourcentage des
femmes enceintes dépistées est très faible parce
qu’elles sont souvent menacées par leurs maris au cas
où le dépistage s’avéreraient positif.
Par ailleurs, il faut aussi souligner que l’absence de
centres de prise en charge de personnes vivant avec le
VIH/SIDA dans les zones rurales expose les femmes
enceintes qui ne prennent aucune précaution pour
protéger leurs enfants de la contamination.
VII- PROBLEMES ET RECOMMANDATIONS
A-
Aperçu des problèmes :
En matière de droit a la santé:
• Les congolais n’ont pas pleinement accès à des soins
de qualité, et les prix des médicaments constituent
un réel frein aux soins généralisés.
• Le pays est notamment tributaire de l’étranger pour
les médicaments et les soins spécialisés.
• Le prix des médicaments et le coût exorbitant des
évacuations sanitaires constituent un frein capital à
l’accès aux soins de qualité pour la majorité des
congolais.
• Le pays souffre d’un manque criard en personnel
médical et paramédical, et les équipements et
infrastructures sanitaires sont largement insuffisants.
On constate en plus:
• L’insuffisance
des
infrastructures
hospitalières
capables de répondre aux besoins de santé des
populations (par exemple tous les départements du
nord du pays n’ont pas un hôpital général, l’hôpital
du 31 Juillet d’Owando ne l’est plus que de nom).
• Cette situation est plus grave dans les zones rurales
où les populations doivent parcourir des centaines de
kilomètres pour trouver un centre de santé et se
34
faire soigner. A cela, il faut ajouter le manque des
équipements, le manque des médicaments et des
laboratoires d’analyses médicales et des réactifs.
• En plus de l’insuffisance des hôpitaux, il faut
également souligner l’insuffisance du personnel
médical qualifié. En effet, le manque du personnel
qualifié pose un réel problème pour la santé des
populations, surtout dans les zones rurales. Par
exemple le département de la Lékoumou, avec cinq
sous-préfectures, n’a qu’un seul médecin, chirurgien
basé à l’hôpital de Sibiti, et reçoit les malades
provenant de Bambama, Komono, Mayéyé et
Zanaga.
• La
discrimination subie par les populations
vulnérables comme les populations autochtones et
les personnes vivant avec le VIH/SIDA, ne garantie
pas leur l’accessibilité aux service de santé ce qui
constitue également une forme de refus du droit à la
santé et des soins de santé.
• La santé implique aussi le droit à un environnement
sain, comme le souligne l’article 35 de la constitution
du 20 janvier 2002. Cependant, la pollution des villes
et villages du Congo, le manque de politique de
gestion des ordures urbaines et autres déchets
affectent la santé des populations.
B-
Recommandations :
Afin de remédier aux menaces qui pèsent sur la santé
des populations, nous recommandons ce qui suit:
Mobiliser les populations et les bénéficiaires (titulaires
de droits) pour demander des autorités (titulaires
d’obligations) ces droits, a savoir:
Le renforcement des effectifs de personnel
qualifié du secteur de santé.
• Une augmentation de l’approvisionnement en
médicaments qui assure aussi leur meilleure
gestion.
•
35
•
•
•
•
•
La construction des nouveaux hôpitaux et
l’amélioration
des infrastructures sanitaires
existantes.
Une meilleure gestion des déchets et la mise en
place d’une bonne politique d’assainissement des
villes et villages du Congo avec une participation
active des populations.
La mise à la disposition du personnel soignant des
moyens de bord leur permettant de bien
fonctionner et de vivre des salaires plus justes.
L’amélioration des conditions de soin des malades
internés dans les hôpitaux.
L’augmentation du budget alloue à la santé.
Nous appelons à la société civile à considérer les
résultats de ce rapport et se réunir pour, ensemble,
préparer un plan d’action pour adresser les problèmes
ici soulevés.
L’aide des organisations internationales dans cet effort
sera bienvenue.
CONCLUSION :
Nous ne saurions trop insister sur le fait que la promotion et la
protection de la santé des populations passe par le respect des
normes nationales et internationales y relatives. Comme il a été
souligné plus haut, le Congo a ratifié un nombre important des
textes visant la pleine jouissance du droit à la santé.
Même avec un manque des données fiables, on constate que
des efforts sont certes en train d’être faits, mais il faut
reconnaître
qu’ils
sont
très
insuffisants.
On
peut
malheureusement constater que ces textes ne s’accompagnent
pas toujours d’un suivi avec des mesures pertinentes ; ce qui
explique que les populations congolaises, sans participer à la
prise de décisions, ne jouit pas pleinement de leur droit à la
santé.
36
Toutefois, pour une amélioration de la santé des populations au
Congo Brazzaville il faut ajouter plusieurs actions de
mobilisation que doivent encore être prises, notamment :
- Demander une décentralisation véritable du système de santé
dans la mesure où seuls les grandes villes disposent des
centres hospitaliers un peu fournis en médicaments et
personnel de santé bien formés.
- Demander une rationalisation de la mise en oeuvre des
activités et de l'utilisation des ressources de santé. Il est
également important d’assurer un meilleur contrôle des
services offerts par les formations sanitaires de l'Etat, et du
secteur privé à but lucratif ou non lucratif ; tout ca demande
une participation active des représentants de la communauté
dans la prise de décisions et dans la reddition de compte des
titulaires d’obligations.
- Demander une augmentation progressive de l'apport du
gouvernement dans le financement de la santé pour atteindre
le seuil minimum de 7 % du budget de l'Etat ;
- Demander l’implantation progressive et la réglementation des
ordres des professions de la santé, compatibles avec l'exercice
libéral des professions médicales.
ANNEXES :
Bibliographie :
-
La politique nationale de santé adoptée par le conseil de
ministre de juillet 2000 ;
37
-
Plan National de Développement sanitaire 2007-2011,
SCAS/DGS 25 Avril 2007 ;
-
Politique Nationale de santé et Environnement, Novembre
2005 ;
-
Politique Nationale de lutte contre le Paludisme ;
-
Droits des peuples autochtones en République du Congo,
Juin 2006 par l’Observatoire Congolais des Droits de
l’Homme ;
-
Analyse de la situation des enfants et femmes autochtones
au Congo, Juin 2007 UNICEF ;
-
Constitution Congolaise du 20 Janvier 2002 ;
-
Loi N°009/88 du 23 mai 1988 portant code de déontologie
des professions de santé et des affaires sociales ;
-
Pacte international relatif aux droits civils et politiques de
1966 ;
-
Pacte International relatifs aux droits sociaux, Culturels et
Economiques de 1966 ;
-
Convention N°169 de l’OIT ;
-
Charte des Droits et liberté du 23 mai 1991.
38