LA GROSSESSE CHEZ LA FEMME DIALYSEE
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LA GROSSESSE CHEZ LA FEMME DIALYSEE
L A GROSSESSE CHEZ LA FEMME DIALYSEE Dr Catherine GAUDRY, Centre Hospitalier Sud Francilien, 91014 EVRY L'augmentation de fréquence des grossesses est probablement liée en partie à l'amélioration de son pronostic, qui la rend plus acceptable, et conduit à un recours moins fréquent à l'interruption thérapeutique. Mais c'est surtout l'amélioration des conditions de dialyse qui en est responsable, en permettant la réapparition de cycles ovulatoires, ce qui rend possible la survenue d'une grossesse. Il est donc essentiel d'en parler avec les patientes en dialyse, afin de leur prescrire une contraception si elles ne souhaitent pas de grossesse. Si une grossesse est envisagée, on modifiera le traitement en arrêtant si c'est possible tous les médicaments contre-indiqués pendant la grossesse (médicaments du système rénineangiotensine notamment, mais aussi antivitamines K ou statines). Il est en particulier essentiel de stabiliser la pression artérielle avec des médicaments qui pourront être poursuivis en cas de grossesse (inhibiteurs calciques et certains bêta-bloquants notamment). La fréquence des fausses-couches spontanées, précoces ou tardives, est importante ; elle est sans doute sous-estimée au premier trimestre, car le diagnostic de grossesse reste souvent tardif, même dans les publications récentes. Chez ces femmes qui n'ont pas de règles régulières et qui ne pensent pas pouvoir être enceintes, chez lesquelles des nausées sont banales, c'est parfois une prise de poids inexpliquée ou une soudaine mauvaise tolérance des dialyses qui permet le diagnostic. Celui-ci sera fait sur le dosage des bêta HCG, qu'il ne faut pas hésiter à demander au moindre doute, et bien sûr l'échographie. Les tests urinaires sont évidemment sans valeur. Session 3 40 ans se sont écoulés depuis que Confortini (1) a rapporté pour la première fois une grossesse survenue chez une femme dialysée. Depuis, les publications se sont multipliées, y compris dans des pays où le développement de la dialyse est récent (2,3). On constate une nette augmentation de la fréquence de cet événement, mais surtout une amélioration très importante de son pronostic : le pourcentage de grossesses aboutissant à la naissance d'un enfant vivant est passé de 40 % en 1993 à 80 % dans les publications les plus récentes (414). De plus, la naissance à terme d'un enfant de poids normal est maintenant loin d'être exceptionnelle, alors que il y a 20 ans, tous les enfants étaient prématurés et hypotrophes. Des grossesses ont été décrites quels que soient le temps passé depuis la mise en route de la dialyse, la méthode de dialyse (hémodialyse, hémodiafiltration ou dialyse péritonéale), la pathologie responsable de l'insuffisance rénale, et qu'il existe ou non une diurèse résiduelle. Complications maternelles La plus fréquente est l'hypertension artérielle, qui peut être sévère en particulier chez des femmes hypertendues avant la grossesse. Elle est souvent très volodépendante, et sera très difficile à stabiliser en cas de participation d'une surcharge hydrosodée. Les possibilités thérapeutiques au cours de la grossesse sont assez limitées, puisqu'on ne peut utiliser que certains inhibiteurs calciques (Nicardipine et Nifédipine notamment), certains bêtabloquants (Labétalol, Propranolol et Oxprénolol notamment), certains antihypertenseurs centraux (Méthyldopa en particulier). Les médicaments du système rénine 59 Catherine GAUDRY angiotensine (inhibiteurs de l'enzyme de conversion, antagonistes des récepteurs de l 'angiotensine II et probablement inhibiteur de la rénine) sont formellement contre-indiqués pendant toute la grossesse, car responsables d'oligoamnios voire d'anamnios, et d'atteintes de l'appareil urinaire foetal, avec anurie néonatale pas toujours réversible. Ils ont également été accusés d'un effet tératogène. L'anémie a tendance à se majorer et nécessite pour sa correction une augmentation des apports en fer et une augmentation des doses d'érythropoïétine. L'apport de fer est généralement intraveineux en hémodialyse ; il est habituellement oral en dialyse péritonéale, mais l'augmentation des besoins en fer pendant la grossesse peut rendre nécessaire le recours à un traitement intraveineux. L'apparition des agents stimulant l'érythropoïèse a été l'un des facteurs de l'amélioration du pronostic des grossesses en dialyse, et la fréquence des transfusions dans cette situation a été très nettement diminuée par leur utilisation. Des complications graves peuvent se voir, même si elles sont peu fréquentes, surtout H.T.A. sévère ou oedème pulmonaire, en particulier dans le post-partum immédiat ; la survenue brutale d'une H.T.A. doit bien sûr faire évoquer une prééclampsie surajoutée, dont le risque de survenue est élevé sur ce terrain. Le diagnostic en est difficile, et pourtant essentiel, et toute H.T.A. importante d'apparition brutale est suspecte, si on a vérifié l'absence de surcharge hydrosodée. Il faut alors mettre en place une surveillance foetale et surtout maternelle intensive, afin de dépister un éventuel Hellp syndrome qui peut conduire à une décision d'extraction foetale. Quelques thromboses de l'accès vasculaire ont également été mentionnées, ainsi que des problèmes infectieux, septicémie en hémodialyse et péritonite en dialyse péritonéale, 60 qui peuvent être à l'origine de menaces d'accouchement prématuré. Enfin l'une des complications à long terme est le risque d'immunisation au décours de la grossesse, qui peut poser problème pour une transplantation rénale ultérieure. Complications obstétricales Elles sont essentiellement au nombre de deux : hydramnios et menace d’accouchement prématuré (MAP). La survenue d’un hydramnios est très fréquente chez la femme dialysée. Il est en général précoce, survenant en moyenne à 24 SA et noté parfois dès 13 SA. Il s’explique par la charge osmotique provoquée par l’insuffisance rénale, qui bien sûr est la même dans le sang fœtal, et induit chez le fœtus une augmentation de la diurèse par diurèse osmotique, d'où une augmentation du volume de liquide amniotique. On peut donc logiquement penser que l’augmentation de la quantité de dialyse délivrée à la patiente peut éviter la survenue de cet hydramnios, ou en limiter l’importance. C'est d'ailleurs le cas dans les publications où la dose de dialyse est très importante, et qui mentionnent une fréquence d'hydramnios faible, voire nulle (10). Un mauvais contrôle de la volémie participe sans doute également à la survenue de cette complication, d'où l'importance d'une réévaluation hebdomadaire du poids sec de la patiente, la prise de poids hebdomadaire étant évaluée, selon les auteurs, entre 200 et 500 g par semaine aux deuxième et troisième trimestres. La seconde complication est la menace d'accouchement prématuré, responsable de la prématurité non iatrogène fréquente sur ce terrain. La mise en route prématurée du travail est bien sûr favorisée par l'existence d'un hydramnios, et directement liée à son importance, avec un risque surajouté de rupture La grossesse chez la femme dialysée Quelques cas d'hématome rétro placentaire ont été décrits, sans qu'on puisse préciser si ils sont survenus dans un contexte de prééclampsie ou sans cause particulière. Ils sont évidemment de très mauvais pronostic foetal. Les morts foetales in utero ne sont pas exceptionnelles, sans doute dues le plus souvent à des hypotrophies foetales extrêmes avec troubles de la perfusion placentaire. On ne peut pas éliminer le rôle éventuel des baisses de pression artérielle par variation brutale de la volémie lors d'une déplétion trop rapide en hémodialyse Enfin des hémorragies de la délivrance ont été rapportées, surtout en hémodialyse. Leur risque de survenue peut être diminué en limitant l'utilisation des anticoagulants au cours des séances lorsque la fin de la grossesse semble imminente, et en utilisant plutôt des héparines de bas poids moléculaire. Le taux de naissances par césarienne est extrêmement élevé, entre 33 et 80 %. Caractéristiques néonatales Il y a 20 ans, tous les enfants nés de mère dialysée étaient prématurés et hypotrophes, tant dans la littérature que dans l'enquête nationale que nous avions menée. Dans les dernières publications, la prématurité est encore fréquente, ce qui n'est pas étonnant compte tenu des complications, tant obstétricales que maternelles, dont nous venons de parler. Une hypotrophie foetale s'y associe dans un nombre de cas important, sans doute favorisée par une volémie variable, mais parfois basse, responsable d'une hypoperfusion placentaire. L'augmentation des résistances vasculaires placentaires joue également un rôle important. Enfin il n'est pas impossible que la dénutrition maternelle et un apport protéique insuffisant puissent être en cause dans certains cas, comme le suggère un auteur qui propose d'avoir recours à une alimentation parentérale en dialyse pendant la grossesse (15). Session 3 prématurée des membranes. Les variations ioniques importantes et brutales que peut provoquer l'hémodialyse, notamment sur la calcémie, jouent sans doute également un rôle. Certains auteurs ont également incriminé une baisse du taux de progestérone par épuration au cours de la séance d'hémodialyse. La diminution de fréquence de l'hydramnios obtenue avec une dialyse très intensive va de pair avec une réduction importante du nombre d'accouchements prématurés spontanés. La survenue fréquente d'une menace d'accouchement prématuré est peut-être un argument pour utiliser en priorité des inhibiteurs calciques pour traiter l'H.T.A., puisqu'ils ont également un effet tocolytique, à l'inverse des bêta-bloquants qui pourraient, au moins en théorie, avoir l'effet contraire. Dans les dernières publications, on note un nombre croissant d'enfants nés à terme et de poids sensiblement normal. Néanmoins, un grand nombre de grossesses aboutissent encore à la naissance de grands prématurés, avec un risque de décès chez les enfants nés avant 30 semaines. La fréquence du retard de croissance intra utérin varie, dans les articles publiés au cours des 10 dernières années, de 15 à 80 %. Pour les enfants nés très prématurément ou de très petit poids, l'amélioration du pronostic immédiat est liée aux progrès de la prise en charge néonatale, mais le risque de séquelles, notamment neurologiques, est loin d'être négligeable, et le pronostic à très long terme est encore inconnu. Il a été signalé chez ces enfants, en plus des problèmes habituels liés à la prématurité et à l’hypotrophie, la survenue à la naissance d’une diurèse osmotique, qui peut exposer à un risque de déshydratation si elle n’est pas compensée. 61 Catherine GAUDRY Stratégie de grossesse dialyse pendant la Tous les auteurs s'accordent pour conseiller une augmentation aussi précoce que possible de la dose de dialyse. Même si aucune étude n'a été menée, on peut constater que les deux séries qui rapportent les meilleurs résultats sont celles où la dose de dialyse était la plus importante : des séances de 7 à 8 heures, 5 à 7 nuits par semaine pour l'une (10), et plus de 24 h par semaine en hémodialyse pour l'autre (16). Cet auteur compare les grossesses réussies et celles qui ont échoué, et note comme seules différences significatives un taux d'hémoglobine un peu plus élevé dans le premier groupe, et surtout un taux d'urée (et de créatinine) plus bas dans le premier groupe. Il rejoint d'autres auteurs pour recommander de maintenir le taux d'urée en dessous de 8 mmol/l pendant la grossesse. Le but est de diminuer l'importance de l'hydramnios, dû probablement à une diurèse osmotique chez le foetus, dont les reins reçoivent le sang maternel, chargé de toutes les substances non épurées chez la mère. En hémodialyse, l'idéal est la réalisation de séances quotidiennes (6 jours sur 7 le plus souvent), en maintenant une durée relativement longue pour chaque séance (3 à 4 heures). En effet, les deux éléments importants sont la dose de dialyse, avec des valeurs de Kt/V au moins voisines de 3, et une dialyse suffisamment longue pour permettre une déplétion satisfaisante sans entrainer d'hypovolémie, afin que la perfusion de l'unité foeto-placentaire reste correcte. Par ailleurs, les systèmes actuels de contrôle de la volémie en cours de dialyse sont tout à fait intéressants sur ce terrain, afin d'éviter les chutes tensionnelles délétères pour le foetus. Dans le même but d'obtenir une meilleure tolérance hémodynamique, on n'utilisera que des bains bicarbonate, certains auteurs recommandant même les bains sans acétate. 62 Il a également été conseillé d'utiliser un bain pauvre en calcium, en y associant si nécessaire une supplémentation calcique par voie orale. Le but est d’éviter les hypercalcémies de fin de dialyse, qui joueraient un rôle dans la survenue prématurée de contractions utérines. De même certaines publications préconisent un débit de dialysat plus faible, pour éviter de créer un déséquilibre osmotique entre les milieux intra et extra cellulaires. Il est essentiel de réévaluer le poids sec de la patiente très régulièrement : si il est sous-estimé, la survenue d’épisodes hypovolémiques en fin de dialyse peut être très préjudiciable pour le fœtus ; si il est surestimé, il peut apparaître une H.T.A. sévère, qui résiste aux antihypertenseurs utilisables sur ce terrain. Il a aussi été recommandé de diminuer l'héparinisation du circuit, mais cela ne semble pas indispensable, surtout avec l'utilisation des héparines de bas poids moléculaires, qui exposent à un risque hémorragique moins important, et dont l'utilisation reste possible pendant la grossesse. Quelques observations ont été rapportées avec un traitement par hémodiafiltration (17) et, là encore, la dialyse a été intensifiée avec réalisation de 6 séances par semaine, et une durée moyenne de dialyse de 28 h par semaine. Enfin, depuis de nombreuses années ont également été rapportées des observations en dialyse péritonéale (18). L'une des difficultés est que l’augmentation de la dose de dialyse ne peut se faire qu’en augmentant le nombre de cycles ou d’échanges, le volume intra-péritonéal toléré étant limité surtout vers la fin de la grossesse. Il est souvent proposé d'associer une dialyse automatisée la nuit et des poches dans la journée. La dialyse fluctuante a également été recommandée (19). Des problèmes de dysfonction du cathéter ont été signalés, qu'on peut éviter grâce à un La grossesse chez la femme dialysée L’avantage de la dialyse péritonéale est de permettre une épuration continue, sans risque d’hypovolémie brutale, et sans déséquilibre osmotique entre les différents secteurs hydriques. Par contre il peut être difficile d’assurer une déplétion hydro-sodée suffisante, avec survenue d’une H.T.A., parfois difficile à contrôler. Plusieurs cas de péritonite ont été rapportés, parfois responsables d'une mise en route prématurée du travail. Un cas a été publié d'hémopéritoine avec déglobulisation lié à un saignement de l'utérus par ulcération de sa paroi sur le cathéter (20). Après une césarienne, la reprise de la dialyse péritonéale peut habituellement être très rapide, dans les 24 à 48 heures. Alors que les diurétiques sont habituellement contre-indiqués pendant la grossesse, en raison de la diminution de la volémie qu'ils entrainent, on peut poursuivre le traitement par le furosémide, qui n'est pas tératogène, et qui risque peu sur ce terrain d'entrainer une hypovolémie. Au contraire, en diminuant la surcharge hydrosodée, il limitera le risque de survenue d'une H.T.A. ou sa sévérité. On peut poursuivre les traitements par calcium et vitamine D, et il est recommandé d'y associer un apport en acide folique. De même, comme on l'a déjà dit, la correction de l'anémie nécessite en général une augmentation des apports en fer et des doses d'érythropoïétine plus importantes. Tous les traitements que la patiente reçoit habituellement seront réévalués, pour ne conserver que ceux qui sont sans risque pour le foetus et indispensables pour la mère. La surveillance obstétricale de la patiente sera faite par des examens cliniques, échographiques et dopplers répétés, pour vérifier l'état du col utérin et la contractilité de l'utérus, la croissance foetale, le volume de liquide amniotique, les indices de résistance au niveau des artères utérines et des vaisseaux du cordon ombilical. On réalisera aussi des enregistrements cardiotocographiques, si possible pendant les séances d'hémodialyse, pour dépister une souffrance foetale ou la survenue d'une contractilité utérine anormale. Enfin il est recommandé d'hospitaliser la patiente à partir du terme où l'enfant est viable, donc vers 26 à 28 semaines d'aménorrhée, à la fois pour permettre à la patiente un repos maximum et pour pouvoir intensifier la surveillance obstétricale. Session 3 positionnement latéral de l'extrémité du cathéter. Ils ont conduit certains auteurs à avoir recours à l’hémodialyse pendant les derniers mois de la grossesse. Certains ont même proposé d’associer les deux techniques, hémodialyse et dialyse péritonéale, pour obtenir une dose de dialyse satisfaisante. En conclusion Malgré les progrès qui ont été faits ces dernières années, notamment en matière de thérapeutique maternelle et de prise en charge néonatale, le pronostic de la grossesse chez une patiente dialysée reste encore mauvais. Il est donc essentiel que toute femme jeune en dialyse sache qu’elle reste féconde, et qu’une contraception lui soit proposée. De même il est souhaitable d’aborder le problème de la maternité, pour que la patiente connaisse les risques d’échec que comporte une grossesse, les complications qu’elle peut entraîner, et les contraintes thérapeutiques nécessaires pour que les chances de succès soient optimales. Même si son pronostic s'est beaucoup amélioré au fil des années, la grossesse chez une femme en dialyse reste une aventure à très haut risque, qui nécessite une mobilisation aussi précoce que possible de tous les intervenants médicaux et paramédi63 Catherine GAUDRY caux pour un suivi attentif, au jour le jour, de la patiente. L'idéal est que la patiente soit prise en charge par une maternité de niveau 3 d'un établissement disposant également d'une unité de dialyse. Une parfaite coordination entre les équipes néphrologique, obstétricale et pédiatrique est indispensable. La meilleure connaissance des causes d’échec de la grossesse chez la dialysée, les progrès 64 réalisés en matière de techniques de dialyse et de thérapeutique, devraient permettre au cours des années à venir d’améliorer encore le pronostic de ces grossesses. Ainsi les femmes en dialyse pourraient garder un espoir raisonnable d’envisager une maternité, même si, à l'heure actuelle, il est encore préférable d’attendre qu’une transplantation rénale ait été réalisée pour mettre en route une grossesse. BIBLIOGRAPHIE 2 - Al-Wadei K.H., Abu-Asba N.W., Donia A.F. The first reported case of successful pregnancy in a hemodialysis patient in Yemen Nephrol. Dial. Transpl. 2004, 19, 264 3 – Raharivelina C.A., Narindra Randriamanantsoa L., Vololontiana D., Ralaifonenana J., Rakotomanga M., Rabenantoandro R. Hémodialyse et grossesse : à propos d'une observation Nephrologie 2003, 24, 6, 283-286 4 - Registration. Committee of the E.D.T.A. Successful pregnancies in women treated by dialysis and kidney transplantation Brit. J. Obst. Gyn. 1980, 87, 839-845 5 - Hou S. Frequency and outcome of pregnancy in women on dialysis Am. J. Kidney Dis. 1994, 23, 1, 60-63 6 - Bagon J.A., Vernaeve H., De Muylder X., Lafontaine J.J., Martens J., Van Roost G. 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