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DUREE D’ATTENTE AUX URGENCES Ce cahier des charges présente un des indicateurs retenus pour atteindre l’Objectif Prioritaire (OP) numéro 8 du Projet COMPAQH : Garantir l’accessibilité. Les éléments de justification de la sélection de cet indicateur sont présentés dans le rapport d’étape 2003, disponible sur le site Internet du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale : http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/compaqh/accueil.htm. Cet indicateur s'applique aux établissements de santé de Médecine-Chirurgie-Obstétrique (MCO). Ce cahier des charges contient deux types d’informations : Les modalités pratiques d’échantillonnage, de recueil de données et de construction de l’indicateur. Des informations d’ordre général sur l’indicateur lui-même et sur l’utilisation des résultats (paragraphes 1, 5, 6, 7, 8 et 9). Ces informations n’étant pas essentielles au recueil des données, elles sont présentées dans une police plus petite. Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Cahier des charges Durée d’attente aux urgences 1. CARACTERISTIQUES GENERALES Libellé complet Durée médiane d'attente pour une consultation médicale (médecin ou chirurgien, interne ou senior) dans le service d'accueil et de traitement des urgences. Nature Durée médiane, mesurée en minutes. Indicateur de procédure permettant d’analyser les modalités organisationnelles de prise en charge dans le service d'accueil et de traitement des urgences. Justification Dans une récente étude menée par la DREES auprès de 3004 personnes ayant fréquenté les services d’urgence hospitaliers, près d’un quart des patients a attendu plus d’une heure avant de voir un médecin, et 9% ont attendu plus de deux heures [1]. Aucune réglementation n’oblige à la mesure des délais d’attente dans les services d'accueil et de traitement des urgences. Mais des incitations existent, à travers le manuel d’accréditation de l’ANAES (critère 51b : « Les délais d’attente sont analysés et des actions d’amélioration sont entreprises ») [2], la mise en place des schémas régionaux d’organisation des soins (SROS), la mise en place du plan Hôpital 2007 [3], et la circulaire ministérielle du 16 avril 2003 (création dans chaque établissement d’une commission des admissions et des consultations non programmées) [4]. La situation est rendue plus difficile encore par l’augmentation constante du nombre de passages dans les services d'accueil et de traitement des urgences en France : 43% entre 1990 et 1998 et plus de 60% entre 1990 et 2001 [4]. Si les délais d’attente dans le service d'accueil et de traitement des urgences peuvent être très variables d’un établissement à l’autre (en fonction de la spécificité éventuelle du service, de l’organisation du service, des ressources humaines disponibles, du nombre de passages) [5], la plupart des études publiées font état d’un délai d’attente médian avant la consultation médicale de 30 à 60 minutes ; au total, près de 25 à 50% des patients attendent plus d’une heure avant d’être examinés par un médecin [6-10]. L’étude récente menée auprès de huit établissements par la Mission nationale d’expertise et d’audit hospitaliers faisait état d’une durée d’attente d’environ une heure avant la consultation médicale [11]. Selon une étude menée auprès de directeurs de services d’urgence aux Etats-Unis, une attente de plus d’une heure dans un service d’urgences pouvait être considéré comme un effet indésirable [10]. En effet, les longs délais d’attente sont liés à une non satisfaction des patients concernés [12, 13]. Dans l’étude menée par la DREES, 45% des patients avaient trouvé la durée de séjour dans le service d'accueil et de traitement des urgences excessive [14]. Par ailleurs, de longs délais d’attente peuvent entraîner un départ anticipé des patients : une étude de Khanna et al. a montré que plus de 3% des patients admis aux urgences quittaient le service avant d’avoir été vus par un médecin, dans la très grande majorité des cas en raison d’une attente jugée trop longue [15]. De plus, selon Liew et coll., une durée d’attente importante aux urgences est associée à une durée d’hospitalisation plus longue et une morbidité plus élevée [16]. Des actions d’amélioration multiples existent pour réduire les délais d’attente [17]. Beaucoup ont fait la preuve de leur efficacité sur les délais d’attente eux-mêmes : modifications organisationnelles [13, 18], mise en place d’une procédure de triage [19-22] ou d’une équipe réduite de consultation rapide [23, 24] ou encore l’informatisation du service [25]. Et certaines ont également montré leur intérêt pour améliorer la satisfaction du patient [19, 26, 27]. Le délai d’attente étant fortement corrélé à l’indice de triage des patients, il apparaît nécessaire de recueillir cette variable, sous la forme de la Classification Infirmière des Malades des Urgences (CIMU) [19] ou de l’échelle canadienne de triage et de gravité pour les départements d’urgence [28]. Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Page 2 sur 8 Cahier des charges Durée d’attente aux urgences 2. CONSTRUCTION Mesure Durée, en minutes, écoulée entre l'heure d’arrivée dans le service d'accueil et de traitement des urgences et l’heure de la consultation médicale. Calcul L’indicateur correspond à la médiane de l’ensemble des durées d’attente observées durant la période de recueil. Remarques Sont concernés par la mesure de cet indicateur tous les établissements de santé, publics et privés, équipés de service(s) d'accueil et de traitement des urgences bénéficiant d'une autorisation, conformément au décret 97-615 du 30 mai 1997 (29) : Les Unités de Proximité d'Accueil, de Traitement et d'Orientation des Urgences (UPATOU). Les Pôles spécialisés d’accueil et de traitement des urgences (POSU). Les Services d'Accueil des Urgences (SAU). L’heure d’arrivée dans le service d'accueil et de traitement des urgences correspond à l’heure d’arrivée physique du patient dans le service sans tenir compte de l’horaire d’enregistrement administratif. La consultation médicale est définie par l’interrogatoire et l’examen du patient par un médecin senior, par un interne ou par une sage-femme (l’interrogatoire et l’examen du patient par un externe en médecine ou par une élève sage-femme ne sont pas pris en compte). 3. ECHANTILLON Définition de la population La population correspond à l’ensemble des patients admis dans le service d'accueil et de traitement des urgences durant la période de recueil des données. Critères d’exclusion des patients Patients arrivant au service d'accueil et de traitement des urgences par transports sanitaires ou médicalisés (SAMU, SMUR, pompiers, ambulances) et qui ne transitent pas par la salle d’attente (bénéficiant d’un circuit spécifique). Patients sortis du service d'accueil et de traitement des urgences avant la consultation médicale. Patients dont la venue au service d'accueil et de traitement des urgences est programmée depuis plus de 24 heures. Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Page 3 sur 8 Cahier des charges Durée d’attente aux urgences Nombre de sujets / Puissance statistique Pour un risque de première espèce (α) de 0,05 et une puissance (1-β) de 0,80, un écart-type estimé à 25 minutes, le nombre de sujets à inclure pour mettre en évidence une différence de 10 minutes sur le délai moyen d’attente aux urgences est de 98 par établissement. Pour comparer les durées médianes, il est nécessaire d’ajuster ce nombre de sujets nécessaires par le coefficient d’efficacité relative asymptotique pour le test de Mann-Whitney (30). Ce coefficient étant au minimum de 0.864, le nombre de sujets nécessaires à inclure pour comparer les durées médianes d’attente aux urgences est donc de 114 par établissement. 4. RECUEIL Schéma d’étude Recueil prospectif. Responsable du recueil Le responsable du recueil est à déterminer par le correspondant projet de l’établissement. Il est souhaitable qu’il appartienne au service d'accueil et de traitement des urgences (chef du service, cadre de soins du service), ou au service qualité de l’établissement. Il sera soutenu par l’Assistant de Recherche Clinique (ARC) dans son rôle transversal de mise en place du recueil dans l’établissement. Durée et période de recueil Il est recommandé de réaliser un recueil exhaustif en continu sur 7 jours consécutifs (jour et nuit), en dehors des périodes de congés scolaires, afin de limiter les biais liés aux importantes variations journalières de recrutement et des durées d’attente [31]. Pour les établissements recevant beaucoup moins de 150 patients par semaine dans le service d'accueil et de traitement des urgences (114 patients à inclure, majoré d’environ 30% d’exclusions), il est recommandé de réaliser le recueil sur plusieurs semaines en continu (jour et nuit), en dehors des périodes de congés scolaires. Dans les établissements avec un nombre de passages beaucoup plus élevé, le recueil peut être réalisé en continu (jour et nuit) sur un minimum de trois jours (dimanche, lundi et mardi), en dehors des périodes de congés scolaires. Fréquence Le recueil doit être renouvelé tous les ans à la même période. Variables Les différentes variables nécessaires à la mesure de l’indicateur et à son appréciation seront recueillies, au moment du passage aux urgences, par la personne chargée de l’accueil des patients dans le(s) service(s) d’accueil et de traitement des urgences et par le médecin urgentiste. Pour chaque patient inclus durant la période de recueil, ces variables sont : la discipline objet de la consultation dans le service d'accueil et de traitement des urgences (médecine, chirurgie, obstétrique, pédiatrie, psychiatrie) ; la notion d’arrivée au service d'accueil et de traitement des urgences par transports sanitaires ou médicalisés (SAMU, SMUR, pompiers, ambulances) ; Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Page 4 sur 8 Cahier des charges Durée d’attente aux urgences la notion de programmation du passage au service d'accueil et de traitement des urgences (visite de contrôle, réfection de pansement, …) ; l’heure d’arrivée dans le service d'accueil et de traitement des urgences pour chaque patient ; l’indice de triage initial du patient, c’est à dire la classe de la Classification Infirmière des Malades des Urgences (CIMU, classes 1 à 5) ou le niveau de l’échelle canadienne de triage et de gravité (niveaux 1 à 5). A défaut d’utilisation d’un de ces indices, on pourra relever l’indice de gravité du patient mesuré par la Classification Clinique des Malades des Urgences (CCMU, classes 1 à 5) ou la classification a posteriori des trajectoires de patient avec le Groupe d’Etude Multicentrique des Services d’Accueil (GEMSA, classes 1 à 6) ; la notion de sortie du service d'accueil et de traitement des urgences avant la consultation médicale ; l’heure de la consultation médicale dans le service d'accueil et de traitement des urgences pour chaque patient. Support de collecte Un support informatique ou papier permettant le recueil de l'ensemble des variables nécessaires sera utilisé, à moins que le logiciel de l'établissement de santé permette d'extraire directement les données nécessaires dans un format compatible avec Excel. Le support papier permettant le recueil des différentes variables sera utilisé sous la forme d’un feuillet propre à chaque patient. Ce feuillet devra suivre le patient tout au long de son circuit dans le service d'accueil et de traitement des urgences. La notion d’arrivée au service d'accueil et de traitement des urgences par transports sanitaires ou médicalisés (SAMU, SMUR, pompiers, ambulances), la discipline objet de la consultation et l’heure d’arrivée dans le service d’accueil et de traitement des urgences seront notées par la personne chargée de l’accueil des patients (secrétaire médicale, infirmière, …). L’indice de triage initial du patient sera noté par la personne chargée du triage au sein du service. La notion de sortie du service d'accueil et de traitement des urgences avant la consultation médicale sera notée, selon l’organisation du service, soit par la personne chargée de l’accueil des patients, soit par le médecin urgentiste. L’heure de début de la consultation médicale sera notée par le médecin urgentiste. Support de saisie Les valeurs des variables nécessaires à la mesure de l’indicateur seront saisies sur le fichier proposé par l’équipe de coordination du Projet COMPAQH. 5. CONTRÔLE DE QUALITÉ DES DONNÉES Collecte Le responsable du recueil et l’ARC s’assureront de l’exhaustivité et de la complétude des données pour les différentes variables nécessaires à la mesure de l’indicateur. Saisie L’ARC s’assurera de la qualité de la saisie des données (masque de saisie, contrôles logiques à la saisie, double saisie). Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Page 5 sur 8 Cahier des charges Durée d’attente aux urgences Preuve de données déclarées Tout élément de preuve fourni par l’établissement sera recueilli et conservé par l’ARC. 6. ANALYSE Analyse principale Les résultats seront analysés au niveau de l’établissement. Autres analyses Des analyses pourront être faites par indices de gravité des urgences, selon le jour de la semaine ou la plage horaire d’arrivée aux urgences (8h à 12h, 12h à 20h, 20h à 0h, 0h à 8h). Des analyses par types d’urgences pourront également être présentées car des différences existent entre les urgences médicales, chirurgicales, obstétriques, pédiatriques, psychiatriques [1, 6, 10, 14, 32]. Toutefois, le nombre de sujets inclus ne sera pas suffisant dans cette première étude pour obtenir des comparaisons inter-strates valides. Il serait nécessaire d’augmenter le nombre de sujets inclus (sujets à inclure par strate, et non plus pour tout l’établissement). Ajustement A étudier en fonction des résultats obtenus en 2004. Comparaison inter-établissements Oui. 7. RESTITUTION Diffusion interne Les résultats de l’indicateur pourront être diffusés, sous forme de fiches de synthèse avec les autres indicateurs portant sur l’accessibilité : Au(x) médecin(s) et cadre(s) de soins du(des) service(s) d'accueil et de traitement des urgences. A la direction. Aux représentants des usagers et aux associations de malades. Fréquence Après chaque enquête annuelle. Présentation des résultats L’établissement recevra son propre taux, ainsi que celui des autres établissements participant au Projet COMPAQH dont les résultats seront anonymisés. 8. CONFIDENTIALITE Conformément à la loi N° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, les données recueillies seront rendues anonymes avant toute informatisation. Chaque personne incluse dans la population sera identifiée par un numéro et la table de correspondance entre la personne et les numéros sera conservée par l'établissement. Chaque établissement sera identifié par un numéro et la table de correspondance entre les noms d’établissement et les numéros sera conservée au sein du Projet COMPAQH. Projet COMPAQH © 2004 Tous droits réservés Page 6 sur 8 Cahier des charges Durée d’attente aux urgences 9. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1. Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques. Les passages aux urgences de 1990 à 1998 : une demande croissante de soins non programmés. Etudes et Résultats N°72, juillet 2000. 2. Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé. Manuel d'accréditation des établissements de santé - Deuxième procédure d'accréditation - Version expérimentale. Paris, ANAES, novembre 2003. 3. Mission nationale d'Expertise et d'Audit Hospitaliers. Plan Hôpital 2007. http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/hopital2007/meah.pdf, dernier accès le 11/09/2003. Site web : 4. Circulaire N° 195 /DHOS/O1/2003/ du 16 avril 2003 relative à la prise en charge des urgences. 5. 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