Myasthénie aiguë dans les phases de poussées
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Myasthénie aiguë dans les phases de poussées
Situation temporairement acceptable Myasthénie aiguë dans les phases de poussées 1. PROTOCOLE THERAPEUTIQUE TEMPORAIRE Le protocole temporaire de traitement nécessite de se référer au Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) de l’AMM. Il est nécessaire d’informer le patient que la prescription est faite hors-AMM sous la responsabilité du médecin prescripteur. Schéma d’administration 1 à 2 g/kg/cure d’IgIV La dose est délivrée en 2 jours si la fonction rénale est normale et sur 5 jours pour les sujets à risque. Les sujets à risque sont les insuffisants rénaux, les sujets âgés avec une hypovolémie et une hyperviscosité, les sujets obèses et les patients sous médicaments néphrotoxiques. Contre-indications Ce médicament est contre-indiqué dans les situations suivantes : · chez les patients présentant un déficit en IgA et avec des anticorps circulants anti-IgA (à l’exception de Gammagard®); · hypersensibilité connue à l'un des constituants de la préparation Sandoglobuline 120 mg/ml® contient de la L-isoleucine et de la L-proline en tant qu'excipients et est contre-indiqué chez les patients atteints de maladie des urines à odeur de sirop d'érable et d'hyperprolinémie. Sécurité d’emploi et mises en garde (cf RCP) Lors de l’administration intraveineuse d’immunoglobulines humaines normales, des réactions d’intolérance de type frissons, céphalée, fièvre, vomissement, réactions allergiques, nausée, arthralgie, faible pression artérielle et lombalgie modérée peuvent survenir. Des cas de méningite aseptique réversible et de rares cas de réaction cutanée transitoire ont été observés avec les immunoglobulines humaines normales. Des réactions hémolytiques réversibles ont été observées chez des patients, particulièrement chez ceux de groupe sanguin A, B, ou AB. Dans de rares cas, une anémie hémolytique nécessitant une transfusion peut survenir suite à l’administration de fortes doses d’IgIV. Les vraies réactions d’hypersensibilité sont rares. Elles peuvent apparaître dans les très rares cas de déficit en IgA avec anticorps anti-IgA. Mises en garde et précautions d’emploi liées au débit de perfusion : Certains effets indésirables peuvent être associés au débit d'administration. Le débit recommandé doit être scrupuleusement observé et les patients doivent rester sous surveillance pendant toute la durée et pendant au moins 20 minutes après la fin de la perfusion afin de détecter d'éventuels signes d'intolérance. En cas de première perfusion d’IgIV, le patient doit être maintenu en observation pendant au moins 1 heure après la fin de la perfusion. Afssaps – décembre 2010 1 En cas d’effets indésirables, le débit d’administration doit être diminué ou la perfusion arrêtée. Il convient d’interrompre immédiatement la perfusion en cas de choc. Par ailleurs, le risque d'accidents thrombotiques artériels et veineux est plus fréquent en cas de perfusion intraveineuse rapide, plus particulièrement chez le sujet à risque vasculaire. Mises en garde et précautions d’emploi liées à la teneur en sodium et en mannitol : En cas de restriction hydrosodée, il convient de tenir compte de la teneur en sodium, notamment pour Gammagard® et Tégéline®. En raison de la teneur en mannitol correspondant à 32 mg/ml soit une quantité de 640 mg/kg pour une posologie de 1 g/kg, Clairyg® doit être utilisé avec précaution chez les patients ayant un traitement diurétique et les patients en état de déshydratation. Mises en garde et précautions d’emploi liées à la teneur en glucose et saccharose : En cas de diabète latent où une glycosurie passagère peut survenir, de diabète ou de régime hypoglucidique, il faut tenir compte de la teneur en glucose (1 g/g d’Endobuline®, 0,43 g/g de Gammagard®) et en saccharose (1,67 g/g de Sandoglobuline® (excepté Sandoglobuline 120 mg/ml®) et 2 g/g de Tégéline®), Si le produit doit être dilué pour atteindre des concentrations plus faibles pour des patients atteints de diabète sucré, l’utilisation d’une solution de glucose à 5% pour la dilution doit être reconsidérée. Mises en garde et précautions d’emploi liées à la fonction rénale : Chez tous les patients, l'administration d'IgIV impose : · une hydratation correcte avant l’administration d'IgIV, · une surveillance de la diurèse, · le dosage de la créatininémie, · d’éviter d’associer des diurétiques de l’anse, des médicaments néphrotoxiques. En cas d'obésité définie par un indice de masse corporelle ≥ 30, la dose thérapeutique d'IgIV administrée doit être réduite de 20% ou adaptée au poids maigre calculé, afin d'éviter les complications rénales aiguës liées à l'augmentation de la pression oncotique et de la viscosité sanguine. Des cas d'insuffisance rénale aiguë ont été rapportés chez des patients recevant des IgIV. Dans la plupart des cas, des facteurs de risque ont été identifiés, tels une insuffisance rénale pré-existante, l'administration concomitante de médicaments néphrotoxiques, un diabète, un âge supérieur à 65 ans, une hypovolémie ou une obésité. Chez les patients présentant un risque d’insuffisance rénale aiguë, les IgIV doivent être administrées avec le débit de perfusion et à la dose les plus faibles possibles. Bien que ces cas d'insuffisance rénale aient été associés à l'utilisation de nombreuses spécialités d'IgIV, celles contenant du saccharose comme stabilisant, qui sont actuellement les plus fréquemment utilisées, représentent la plus large part. Aussi, chez les patients à risque et les patients atteints d’insuffisance rénale, l'utilisation de préparations d'IgIV ne contenant pas de saccharose doit être envisagée. Gammagard®, Octagam®, Kiovig®, Privigen®, Clairyg®, Sandoglobuline 120 mg/ml® ne contiennent pas de saccharose. Chez ces patients, il est également préférable d’utiliser des préparations d’IgIV ne contenant pas de maltose : Octagam® contient du maltose. Mises en garde concernant le risque de réactions thrombo-emboliques : L’existence d’un lien entre l’administration d’IgIV et des réactions thrombo-emboliques telles qu’infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, embolie pulmonaire et thrombose veineuse profonde est cliniquement reconnue et probablement liée à une élévation relative de la viscosité sanguine due à un apport important en immunoglobulines chez les patients à risque. La prudence est de mise lors de la perfusion d’IgIV chez des patients obèses ou présentant des facteurs de risques thrombotiques pré-existants (tels que l’âge avancé, l’hypertension, le diabète sucré et les antécédents Afssaps – décembre 2010 2 de maladies vasculaires ou d’épisodes thrombotiques et les patients atteints de troubles thromboemboliques acquis ou héréditaires, subissant des périodes d’immobilisation prolongées, sévèrement hypovolémiques ou souffrant de maladies entraînant une élévation de la viscosité sanguine). Information sur la prévention du risque de transmission d’agents infectieux : Les mesures habituelles de prévention des infections dues à l’utilisation de médicaments préparés à partir de sang ou de plasma humain comprennent la sélection des donneurs, la recherche des marqueurs spécifiques d’infection sur chaque don et sur les mélanges de plasma ainsi que l’intégration d’étapes efficaces d’inactivation/élimination virale au processus de fabrication. Malgré cela la possibilité d’une transmission d’agents infectieux ne peut pas être totalement exclue lors de l’administration de médicaments préparés à partir de sang ou de plasma humain. Ceci s’applique également aux virus inconnus ou émergents et aux autres agents pathogènes. L’efficacité de l’élimination et/ou de l’inactivation virale reste cependant limitée vis-à-vis de certains virus non enveloppés particulièrement résistants. Traitements associés Vaccins constitués de virus vivants atténués L'administration d’IgIV peut entraver l'efficacité des vaccins constitués de virus vivants atténués tels que les vaccins contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle. Après perfusion d’IgIV, une période de 3 mois doit s’écouler avant d'administrer ce type de vaccins. Si le patient a reçu ce type de vaccins au cours des 2 semaines précédant la perfusion, un contrôle des anticorps protecteurs post-vaccinaux peut être nécessaire en vue d'un éventuel rappel. Dans le cas de la rougeole, cette diminution d’efficacité peut persister pendant 1 an. Ainsi chez les patients recevant un vaccin contre la rougeole, un contrôle des anticorps protecteurs post-vaccinaux doit être effectué en vue d’un éventuel rappel. Interférence avec des tests sérologiques La transmission passive d'anticorps anti-érythrocytaires tels que les anticorps anti-A, anti-B ou anti-D peut interférer avec certains tests sérologiques comme la recherche des anticorps anti-globules rouges (test de Coombs), la numération des réticulocytes et l'haptoglobine. Une anémie hémolytique peut se développer suite à un traitement par IgIV en raison de la séquestration accrue de globules rouges. Les receveurs d’IgIV doivent être suivis pour déceler les signes cliniques et les symptômes d’une hémolyse éventuelle. Il faut tenir compte de la présence de maltose dans Octagam® responsable d’une surestimation de la glycémie par perturbation de certains tests glycémiques. Par ailleurs, le maltose étant excrété au niveau rénal, sous forme de glucose, une glycosurie transitoire est observée après administration d’Octagam®. En cas de dissolution avec une solution de glucose à 5%, l’administration du produit peut interférer avec la détermination de la glycémie. L'attention est attirée chez les sportifs, Clairyg® contenant du mannitol pouvant induire une réaction positive des tests pratiqués lors des contrôles antidopages. Grossesse et allaitement Grossesse : Aucune étude de reproduction chez l'animal n'a été conduite avec les IgIV, et l'expérience chez la femme enceinte est limitée. Bien qu'aucune réaction indésirable sur le fœtus et le nouveau-né n'ait été observée, les IgIV ne doivent être administrées chez la femme enceinte qu'en cas de nécessité bien établie. Afssaps – décembre 2010 3 Allaitement : Les protéines contenues dans l’IgIV étant des constituants normaux du plasma humain, leur passage dans le lait maternel ne devrait pas provoquer d'effets indésirables chez le nouveau-né. Nous vous rappelons que tout effet indésirable grave ou inattendu doit être déclaré au Centre Régional de Pharmacovigilance dont vous dépendez (coordonnées disponibles sur le site internet www.afssaps.sante.fr ou sur les premières pages du Vidal). • Ce protocole temporaire de traitement est limité à une durée de 4 ans. 2. ARGUMENTAIRE La myasthénie est une maladie auto-immune chronique se manifestant par une faiblesse musculaire qui s'aggrave à l'effort et s'améliore au repos. Sa gravité tient au risque de complications respiratoires qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Il s’agit d’une maladie relativement rare (environ 5 cas pour 100 000 habitants). Elle atteint les deux sexes et peut débuter à n'importe quel âge, avec 2 pics de fréquence : l'un avant 35 ans avec une nette prédominance féminine, l'autre après 50 ans. Dans cette situation, Zinman (2007) a réalisé un essai randomisé en double insu contre placebo chez 52 patients. Cette étude rapporte des résultats statistiquement significatifs en faveur des IgIV. Un autre essai (Gajdos 2005 n = 173) ne met pas en évidence de différence entre une posologie de 2 g/kg et une posologie de 1 g/kg d’IgIV. D’autres essais n’ont pas retrouvé de différence par rapport aux échanges plasmatiques, sans qu’aucun de ces essais n’ait formellement non plus démontré de non infériorité. Enfin, il existe des séries publiées suggérant une amélioration chez les patients recevant les immunoglobulines intraveineuses (Achiron 2000, n = 10 ; Cosi 1991, n = 11 ; Asura 1988, n = 9 ; Evoli 1993, n = 12). Dans la myasthénie aiguë en poussées, les IgIV à la dose de 1 à 2 g/kg/cure auraient une efficacité comparable à celle des échanges plasmatiques. L’administration des IgIV est plus facilement réalisable et mieux tolérée que la plasmaphérèse. Effet des IgIV dans la myasthénie aiguë en phase de poussées Auteur Gajdos (2008) Hilkevich (2001) Type d’étude Posologie Suivi Cochrane : 6 essais contrôlés 1/ versus placebo (n = 51) 2/ versus échanges plasmatiques pdt 2 sem (n = 87) 3/ cross-over versus échanges plasmatiques (n = 12) 4/ versus placebo pdt 42 j (n = 15) puis ouverte pdt 6 sem 5/ versus méthylprednisolone (n = 33) 6/ IgIV 1 g/kg pdt 2 j versus 1 g/kg en prise unique (n = 173) Ouverte IgIV : 20.3 N = 11 patients mysthéniques 400 mg/kg/j pdt 5 mois sévères j Suivi par 400 mg/kg/mois + stéroïdes + pyridostigmine Afssaps – décembre 2010 Critères d’évaluation Efficacité : QMGS (score quantitatif de myasthénie aiguë ) 1/ IgIV versus placebo : S 2/ IgIV versus EP : NS 3/ IgIV en cross-over versus EP : NS 4/ IgIV versus placebo puis en ouvert : NS mais tendance positive dans l’étude ouverte 5/ IgIV versus méthylprednisolone : NS 6/ IgIV 2 j versus prise unique : NS ↓ S des doses de stéroïdes et de pyridostigmine (azathioprine) 2/11 : arrêt des corticoïdes 4 Auteur Achiron (2000) Cosi (1991) Arsura (1988) Type d’étude Ouverte N = 10 patients myasthéniques sévères en échec des thérapeutiques conventionnelles (corticostéroïdes, ciclosporine et azathioprine) Ouverte N = 37 patients myasthéniques aigües . n = 26 patients dans une longue phase stationnaire et réfractaires au traitement conventionnel . n = 11 patients dans une phase aigüe de la maladie Ouverte N = 9 patients avec un début d’aggravation de la myasthénie aigüe qui se généralise Posologie Suivi Critères d’évaluation IgIV : 1 an 400 mg/kg/j pdt 5 j puis 400 mg/kg toutes les 6 sem ↓ S des grades de l’échelle d’Osserman ↓ S des AC anti-récepteurs à l’acétylcholine uniquement pdt la phase d’induction de la rémission mais pas pdt la phase de maintien IgIV : 400 mg/kg pdt 5 j Amélioration selon l’échelle d’Oosterhuis En 12 jours : . 70.3 % : un degré d’amélioration . 58.7% : 2 degrés d’amélioration En 60 jours : . 37.8% : persistence des 2 degrés d’amélioration 60 j Amélioration : NS entre les 2 types de patients IgIV : 400mg/kg/j 220 j pdt 5j . n = 6 : 2 cures . n = 2 : 3 cures . n = 1 : 5 cures + n = 9 sous anticholinesterase pdt 2 mois et n = 6 sous corticoïdes pdt 2 mois. Critères d’évaluation : puissance musculaire, capacité vitale, temps pour lever la tête, chaque jambe, bras…. Echelle d’Osserman . Après 20/23 cures : amélioration S en 4 j en moyenne et maximale en 8 j en moyenne. Amélioration maintenue pdt 107 j en moyenne . AC anti récepteurs à l’acétylcholine : NS ↓ S des doses de corticoïdes : 4/6 QMGS: quantified MG clinical score OGCCMS: Oosterhuis global clinical classification of myasthenic severity Echelle d’Osserman : .variables de la fatigue . longueur des muscles . tests fonctionnels respiratoires Bibliographie Les référentiels de la Juste prescription du CEDIT (AP-HP), des Pharmaciens de CHU et des Hospices Civils de Lyon ont été les documents de base du travail bibliographique. La recherche bibliographique a été réalisée par interrogation systématique des banques de données Medline, Embase et Pascal. Elle a identifié préférentiellement les essais cliniques et les revues de synthèse publiés en langue française ou anglaise après janvier 1988. 1. Gajdos P, Chevret S, Toyka K. Intravenous immunoglobulin for myasthenia gravis. Cochrane Database Syst Rev. 2008 Jan 23;(1):CD002277. 2. Gajdos P, Tranchant C, Clair B, Bolgert F, Eymard B, Stojkovic T, Attarian S, Chevret S. Treatment of myasthenia gravis exacerbation with intravenous immunoglobulin: a randomized double-blind clinical trial. ; Arch Neurol. 2005 Nov;62(11):1689-93. 3. Zinman L, Ng E, Bril V. IV immunoglobulin in patients with myasthenia gravis: a randomized controlled trial. Neurology. 2007 Mar 13;68(11):837-41. 4. Gajdos P, Chevret S, Clair B, Tranchant C, Chastang C. Clinical trial of plasma exchange and high-dose intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Myasthenia Gravis Clinical Study Group. Ann Neurol. 1997 Jun;41(6):789-96. 5. Wolfe GI, Barohn RJ, Foster BM, Jackson CE, Kissel JT, Day JW, Thornton CA, Nations SP, Bryan WW, Amato AA, Freimer ML, Parry GJ. Randomized, controlled trial of intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Myasthenia Gravis-IVIG Study Group. Muscle Nerve. 2002 Oct;26(4):549-52. 6. Ronager J, Ravnborg M, Hermansen I, Vorstrup S. Immunoglobulin treatment versus plasma exchange in patients with chronic moderate to severe myasthenia gravis. Artif Organs. 2001 Dec;25(12):967-73 7. Hilkevich O, Drory VE, Chapman J, Korczyn AD. The use of intravenous immunoglobulin as maintenance therapy in myasthenia gravis. Clin Neuropharmacol. 2001 May-Jun;24(3):173-6. 8. Achiron A, Barak Y, Miron S, Sarova-Pinhas I. Immunoglobulin treatment in refractory Myasthenia gravis. Muscle Nerve. 2000 Apr;23(4):551-5. Afssaps – décembre 2010 5 9. Cosi V, Lombardi M, Piccolo G, Erbetta A.Treatment of myasthenia gravis with high-dose intravenous immunoglobulin. Acta Neurol Scand. 1991 Aug;84(2):81-4. 10. Arsura EL, Bick A, Brunner NG, Grob D.Effects of repeated doses of intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Am J Med Sci. 1988 May;295(5):438-43. 11. Evoli A, Palmisani MT, Bartoccioni E, Padua L, Tonali P. High-dose intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Ital J Neurol Sci. 1993 Apr;14(3):233-7. Groupe de travail Pr ANTOINE Jean-Christophe, neurologue, SaintEtienne Pr CHERIN Patrick, interniste, Paris Dr CHIPAUX Mathilde, neuro-pédiatre, Paris Pr CREANGE Alain, neurologue, Paris Pr POUGET Jean, neurologue, Marseille Dr SERENI Carole, neurologue, Paris Groupe de lecture Pr CLANET Michel, nurologue, Toulouse Pr DULAC Olivier, neurologue, Paris Pr EDAN Gilles, neurologue, Rennes Pr GUILLEVIN Loïc, interniste, Paris Pr HACHULLA Eric, interniste, Lille Dr LEGER Jean-Marc, neurologue, Paris Dr MAGY Laurent, neurologue, Limoges Pr TRANCHANT Catherine, neurologue, Strasbourg Dr VIAL Christophe, neurologue, Lyon Pr VERMESCH Patrick, neurologue, Lille Pr CONFAVREUX Christian, neurologue, Lyon Pr LEMASSON Gwendal, neurologue, Bordeaux Comité de qualification Pr CAULIN Charles, Président, thérapeutique, Paris Pr AULAGNER Gilles, pharmacien, représentant des HCL, Lyon Mme BONGRAND Marie-Claude, pharmacien, représentante des Pharmaciens de CHU, Marseille Dr DUMARCET Nathalie, Afssaps Dr CHASSANY Olivier, méthodologiste, Paris Mme FAUCHER-GRASSIN Joëlle, pharmacien, représentante des Pharmaciens de CHU Poitiers Pr LAVILLE Maurice, praticien hospitalier, représentant des HCL, Lyon Mme MONTAGNIER-PETRISSANS Catherine, pharmacien, représentante de la Juste prescription de l’AP-HP, Paris M. LIEVRE Michel, pharmacologue, Lyon Mme PIVOT, pharmacien, représentante des HCL Lyon Pr RICHÉ Christian, pharmacologue, Brest M. ROPERS Jacques, Afssaps Pr VICAUT Eric, médecin de santé publique, Paris Afssaps – décembre 2010 6 La Commission d’AMM du 24 Octobre 2008 présidée par le Pr Daniel VITTECOQ n’a pas émis d’objection à ce référentiel, qui a également été visé par la Commission de la transparence de la HAS, présidée par le Pr Gilles BOUVENOT. Résumés-abstracts Gajdos P, Chevret S, Toyka KIntravenous immunoglobulin for myasthenia gravis. Cochrane Database Syst Rev. 2008 Jan 23;(1):CD002277. BACKGROUND: Myasthenia gravis is an autoimmune disease in which autoantibodies interfere with neuromuscular transmission. As with other autoimmune diseases, people with myasthenia gravis would be expected to benefit from intravenous immunoglobulin. OBJECTIVES: The objective of this review was to examine the efficacy of intravenous immunoglobulin for treating exacerbations of myasthenia gravis or for chronic myasthenia gravis. SEARCH STRATEGY: We searched the Cochrane Neuromuscular Disease Group trials register (March 2005) and MEDLINE (January 1966 to March 2005) using 'myasthenia gravis' and 'intravenous immunoglobulin' as the search terms. SELECTION CRITERIA: We included all randomised or quasi-randomised trials in which intravenous immunoglobulin was compared with no treatment, placebo or plasma exchange, in people with myasthenia gravis. DATA COLLECTION AND ANALYSIS: One author extracted the data and the two others checked these data and the source from which they were derived. For methodological reasons, no formal meta-analysis was performed. MAIN RESULTS: We identified five randomised controlled trials, all of which investigated short-term benefit. The first study of 87 participants with exacerbation found no statistically significant difference between immunoglobulin and plasma exchange after two weeks. The second study of 12 participants with moderate or severe myasthenia gravis treated in a crossover design trial found no statistically significant difference in the efficacy of immunoglobulin and plasma exchange after four weeks. The third study with 15 participants with mild or moderate myasthenia gravis found no statistically significant difference in efficacy of intravenous immunoglobulin and placebo after six weeks. The fourth study terminated early. It included 33 participants with moderate exacerbations of myasthenia gravis and showed no statistically significant difference in the efficacy of intravenous immunoglobulin and methylprednisolone. The fifth trial including 173 people with myasthenia gravis exacerbations, showed no superiority of intravenous immunoglobulin 1 g/kg on two consecutive days over intravenous immunoglobulin 1 g/kg on a single day. AUTHORS' CONCLUSIONS: In severe exacerbations of myasthenia gravis, one randomised controlled trial did not show a significant difference between intravenous immunoglobulin and plasma exchange. Another showed no significant difference in efficacy between 1 g/kg and 2 g/kg of intravenous immunoglobulin. A further trial showed no significant difference between intravenous immunoglobulin and oral methylprednisolone. In chronic myasthenia gravis, there is insufficient evidence from randomised trials to determine whether intravenous immunoglobulin is efficacious. More research is needed to determine whether intravenous immunoglobulin reduces the need for steroids as suggested by two case series. Gajdos P, Tranchant C, Clair B, Bolgert F, Eymard B, Stojkovic T, Attarian S, Chevret S. Treatment of myasthenia gravis exacerbation with intravenous immunoglobulin: a randomized double-blind clinical trial. Arch Neurol. 2005 Nov;62(11):1689-93. BACKGROUND: The optimal dose of intravenous immunoglobulin (IVIG) in acute exacerbation of myasthenia gravis remains unknown. Increasing the treatment duration might provide added efficacy. OBJECTIVE: To determine the optimal dose of IVIG for treating myasthenia gravis exacerbation. DESIGN: Randomized doubleblind placebo-controlled multicenter trial designed to demonstrate superiority of the 2 g/kg dose over the 1 g/kg dose of IVIG, conducted between November 13, 1996, and October 26, 2002. PARTICIPANTS: One hundred seventy-three patients aged 15 to 85 years with acute exacerbation of myasthenia gravis. INTERVENTION: Participants were randomly assigned to receive 1 g/kg of IVIG on day 1 and placebo on day 2 (group 1) vs 1 g/kg of IVIG on 2 consecutive days (group 2). MAIN OUTCOME MEASURE: Improvement in the myasthenic muscular score after 2 weeks. RESULTS: The mean improvements in the myasthenic muscular scores after 2 weeks were 15.49 points (95% confidence interval, 12.09-18.90 points) in group 1 and 19.33 points (95% confidence interval, 15.82-22.85 points) in group 2. However, the difference between the 2 groups was not significant (effect size, 3.84 [95% confidence interval, -1.03 to 8.71]; P = .12). CONCLUSION: This trial found no significant superiority of 2 g/kg over 1 g/kg of IVIG in the treatment of myasthenia gravis exacerbation. Afssaps – décembre 2010 7 Zinman L, Ng E, Bril V.IV immunoglobulin in patients with myasthenia gravis: a randomized controlled trial. Neurology. 2007 Mar 13;68(11):837-41. OBJECTIVE: We aimed to determine the effectiveness of IV immunoglobulin (IVIG) in the treatment of patients with myasthenia gravis (MG) and worsening weakness in a randomized, placebo-controlled, masked study. METHODS: Fifty-one patients with worsening weakness due to MG were randomized to infusion with 2 g/kg of IVIG or an equivalent volume of IV dextrose 5% in water. The Quantitative Myasthenia Gravis (QMG) Score for Disease Severity, a validated clinical composite scale, was calculated by a masked observer at baseline and days 14 and 28. RESULTS: In IVIG-treated patients, a clinically meaningful improvement in QMG Score for Disease Severity was observed at day 14 and persisted at day 28. The greatest improvement occurred in patients with more severe disease as defined by a QMG Score for Disease Severity greater than 10.5. CONCLUSION: This study provides level 1 evidence for the effectiveness of IV immunoglobulin in patients with worsening weakness due to myasthenia gravis. Gajdos P, Chevret S, Clair B, Tranchant C, Chastang C.Clinical trial of plasma exchange and high-dose intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Myasthenia Gravis Clinical Study Group. Ann Neurol. 1997 Jun;41(6):789-96. We have conducted a trial to randomly assess the efficacy and tolerance of intravenous immunoglobulin (i.v.Ig) or plasma exchange (PE) in myasthenia gravis (MG) exacerbation and to compare two doses of i.v.Ig. Eighty-seven patients with MG exacerbation were randomized to receive either three PE (n = 41), or i.v.Ig (n = 46) 0.4 gm/kg daily further allocated to 3 (n = 23) or 5 days (n = 23). The main end point was the variation of a myasthenic muscular score (MSS) between randomization and day 15. The MSS variation was similar in both groups (median value, +18 in the PE group and +15.5 in the i.v.Ig group, p = 0.65). Similar efficacy, although slightly reduced in the 5-day group was observed with both i.v.Ig schedules. The tolerance of i.v.Ig was better than that of PE with a total of 14 side effects observed in 9 patients, 8 in the PE group and 1 in the i.v.Ig group (p = 0.01). Although our trial failed to show a pronounced difference in the efficacy of both treatments, it exhibited a very limited risk for i.v.Ig. i.v.Ig is an alternative for the treatment of myasthenic crisis. The small sample sizes in our trial, however, could explain why a difference in efficacy was not observed. Further studies are needed to compare PE with i.v.Ig and to determine the optimal dosage of i.v.Ig. Wolfe GI, Barohn RJ, Foster BM, Jackson CE, Kissel JT, Day JW, Thornton CA, Nations SP, Bryan WW, Amato AA, Freimer ML, Parry GJ. Randomized, controlled trial of intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Myasthenia Gravis-IVIG Study Group. Muscle Nerve. 2002 Oct;26(4):549-52. We initiated a randomized, double-blinded, placebo-controlled trial of intravenous immunoglobulin (IVIG) treatment in myasthenia gravis (MG). Patients received IVIG 2 gm/kg at induction and 1 gm/kg after 3 weeks vs. 5% albumin placebo. The primary efficacy measurement was the change in the quantitative MG Score (QMG) at day 42. Fifteen patients were enrolled (6 to IVIG; 9 to placebo) before the study was terminated because of insufficient IVIG inventories. At day 42, there was no significant difference in primary or secondary outcome measurements between the two groups. In a subsequent 6-week open-label study of IVIG, positive trends were observed. I.1. Ronager J, Ravnborg M, Hermansen I, Vorstrup S. Immunoglobulin treatment versus plasma exchange in patients with chronic moderate to severe myasthenia gravis. Artif Organs. 2001 Dec;25(12):967-73 The purpose of this study was to compare the efficacy of high-dose intravenous immunoglobulin (IVIG) treatment with plasma exchange in patients suffering from moderate to severe myasthenia gravis (MG) in a stable phase. There are no controlled studies comparing IVIG with plasma exchange in patients who despite immunosuppressive treatment have persistent incapacitating MG symptoms. This was a controlled crossover study. Twelve patients with generalized moderate to severe MG on immunosuppressive treatment for at least 12 months were included. The patients were evaluated clinically using a quantified MG clinical score (QMGS) before and at follow-up visits after each treatment. One week after the treatments, the patients who received plasma exchange treatment showed a significant improvement in QMGS compared to baseline but although some improvement was seen after IVIG this did not reach statistical significance. Four weeks after both plasma exchange and IVIG treatments, there was a significant improvement in QMGS compared to baseline. One week and 4 weeks after treatment, no significant difference between the 2 treatments was found. Both treatments have a clinically significant effect 4 weeks out in patients with chronic MG, but the improvement has a more rapid onset after plasma exchange than after IVIG. Afssaps – décembre 2010 8 Hilkevich O, Drory VE, Chapman J, Korczyn AD. The use of intravenous immunoglobulin as maintenance therapy in myasthenia gravis. Clin Neuropharmacol. 2001 May-Jun;24(3):173-6. The standard therapy for myasthenia gravis (MG) includes steroids and immunosuppressants, which have delayed onset of action and significant side effects. Plasmapheresis and intravenous immunoglobulin have been used mostly for the treatment of severe exacerbations. In the present study we examined the use of intravenous immunoglobulin as maintenance treatment in MG. We included 11 patients with generalized myasthenia gravis. All had severe bulbar and respiratory involvement that required mechanical ventilation in three patients. Intravenous immunoglobulin treatment was initiated at a dose of 400 mg/kg/d for 5 days and followed by maintenance with 400 mg/kg once monthly. Regular medications were continued as necessary. There was significant improvement in all patients, and none required mechanical ventilation over the treatment period of 20.3 months +/- 8.3 (mean +/- SD, total patient years of treatment = 18.7). Steroid and pyridostigmine doses were reduced significantly and steroids were discontinued in two patients. There were no serious side effects related to intravenous immunoglobulin. These results suggest that intravenous immunoglobulin maintenance therapy is a valid modality in patients with MG. Achiron A, Barak Y, Miron S, Sarova-Pinhas I. Immunoglobulin treatment in refractory Myasthenia gravis. Muscle Nerve. 2000 Apr;23(4):551-5. Failure to induce and maintain remission in severe exacerbations of myasthenia gravis (MG), despite optimal care, is a common problem. We evaluated the efficacy and safety of high-dose intravenous immunoglobulin (IVIg) therapy in an open-label study of 10 patients with severe generalized myasthenia and an acute deterioration unresponsive to conventional therapy including high-dose corticosteroids, cyclosporine, and azathioprine. Intravenous Ig at a loading dose of 400 mg/kg was administered daily for 5 consecutive days, with maintenance IVIg treatment at a dose of 400 mg/kg, once every 6 weeks. Significant improvement occurred in all patients, beginning at 6 +/- 2 days of treatment as measured by the Osserman scale, fatigue variables, muscle strength, and respiratory function tests. No side effects were observed during induction of remission. Further IVIg treatments were highly efficacious in maintaining the remission. The severity of the disease decreased by 2.5 +/0.8 grades of the Osserman scale over a period of 1 year (P <0.001), in parallel with reduction of immunosuppressive therapy as well as a decrease in acetylcholine receptor antibody titers (P < 0.01). Intravenous Ig therapy seems to be highly potent for inducing rapid improvement in refractory myasthenia during acute deterioration as well as for maintaining remission. Cosi V, Lombardi M, Piccolo G, Erbetta A. Treatment of myasthenia gravis with high-dose intravenous immunoglobulin. Acta Neurol Scand. 1991 Aug;84(2):81-4. We treated 37 patients affected by autoimmune generalized myasthenia gravis (MG) with high-dose intravenous gammaglobulin (HDIVIg), 400 mg/kg per day on 5 consecutive days. A one-degree improvement of Oosterhuis global clinical classification of myasthenic severity (OGCCMS), the disappearance of bulbar involvement or both were recorded 12 days after the beginning of the treatment in 70.3% of the patients and persisted up to 60 days in 58.7%. A two-degree improvement of OGCCMS was recorded in 54.1% of the patients and it was maintained up to 60 days in 37.8%. The percentage of improvement did not significantly differ between patients entering the treatment in a long-standing, drug-refractory stationary phase of the illness (n = 26) and patients who received HDIVIg in an acute phase of MG (n = 11). None of the patients experienced side effects. Our data indicates that HDIVIg is an interesting, virtually riskless therapeutic choice for MG patients, and allows the planning of a controlled trial versus plasma-exchange. Arsura EL, Bick A, Brunner NG, Grob D. Effects of repeated doses of intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Am J Med Sci. 1988 May;295(5):438-43. The authors administered repeated courses of intravenous immunoglobulin (IVIg) to nine patients at the onset of an exacerbation of generalized myasthenia gravis (MG). Anticholinesterase medication (nine patients) and corticosteroid dosage (six patients) had been kept constant for a 2-month period. Six patients received two courses, two patients received three courses, and one patient received five courses. Twenty of 23 courses resulted in satisfactory improvement beginning 4.3 +/- 1.2 days after start of IVIg and becoming maximal 8.2 +/2.0 days, with sustained improvement lasting 106.6 +/- 49.1 days. Vital capacity increased from an average of 1845.1 +/- 489 cc to 2894 +/- 762 cc (p less than 0.01) at peak effect. Four of nine patients had a decrease in strength before improvement. There was no significant change in acetylcholine receptor antibody titers before or after therapy. Side effects were minimal. Of the three patients who had nonsatisfactory course, two responded Afssaps – décembre 2010 9 well to additional IVIg. IVIg can produce repeated beneficial effects in patients with MG and may be useful as an adjunct in the management of MG. I.2. Evoli A, Palmisani MT, Bartoccioni E, Padua L, Tonali P. High-dose intravenous immunoglobulin in myasthenia gravis. Ital J Neurol Sci. 1993 Apr;14(3):233-7. The effects of high-dose intravenous immunoglobulin (i.v.Ig) in 12 MG patients were studied. All patients had severe symptoms. In two cases anti-acetylcholine receptor antibodies (anti-AChR abs) were not detectable. I.v.Ig was administered to 9 patients already on long-term immunosuppressive therapy and to 3 patients at the beginning of azathioprine treatment. 10 patients (83%) improved; the duration of improvement was longer in immunosuppressed patients. Anti-AChR abs generally decreased after infusion but we did not find a constant correlation between reduction in ab titers and clinical improvement. Side effects included one case of severe hemolysis. In our experience i.v.Ig therapy is effective in MG. The chief indication for its use appears to be the treatment of deterioration of the disease Afssaps – décembre 2010 10