mise au point sur la presbytie

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mise au point sur la presbytie
Santé
mise au point
sur la presbytie
96 FemmeMajuscule ✽ m a r s - av r i l 2014 ✦ N 19
o
Cette évolution naturelle
de la vision touche tout
le monde un jour ou l’autre.
Dans notre dossier,
les solutions pour y remédier
et un shopping conçu pour
nous : 24 modèles de créateurs
pour voir et être vue.
Par Lise Bouilly
pas de lunettes. Lorsque la presbytie
apparaît, l’effort d’accommodation devient trop important… et l’hypermétrope est rapidement gêné pour à la fois
la lecture et la vision de loin. »
Quoi qu’il en soit, une lecture laborieuse implique de consulter un ophtalmologue afin d’envisager, bilan oculaire et visuel à l’appui, une correction
appropriée.
Une large palette
de lunettes
En matière de lunettes, « les verres progressifs représentent la correction de
choix pour la presbytie, indique le
Pr Béatrice­Cochener, chef de service
d’ophtalmologie au CHU de Brest.
À condition que les deux yeux “marchent”
bien ensemble – pas de strabisme, par
exemple  – et que la différence de vision
entre l’un et l’autre reste modérée. » Le
verre progressif comprend une correction de loin (ou neutre si l’on est seulement presbyte) dans la partie supérieure du verre, et une correction de
près dans sa portion inférieure avec,
entre ces deux espaces, un continuum
de corrections intermédiaires pour une
vision toute distance. Si l’adaptation est
malaisée pour certains patients, « plus
de 90 % s’accoutument aux verres actuels. Mais on doit les porter constamment les 15 premiers jours afin que le
cerveau s’y habitue ».
Une presbytie isolée et débutante peut
se contenter de verres correcteurs unifocaux – les demi-lunes – uniquement
dédiés à la lecture et aux activités de
précision. Si on doit travailler sur écran,
lire une partition musicale ou bricoler,
on leur préfère les verres mi-distance :
ils offrent une vision nette de près mais
aussi intermédiaire, à 70 centimètres
de distance environ.
En appoint enfin, on peut acquérir, uniquement pour la vision de près, des lunettes loupes équipées de verres grossissants de différentes puissances.
« Vendues sans ordonnance et offrant
une correction standard, elles présentent l’avantage d’être bon marché. On
en achète plusieurs paires que l’on dispose dans la cuisine, son sac à main, la
boîte à gants… pour en avoir toujours
sous la main », ajoute le Pr Cochener.
Dessin publicitaire réalisé
pour la marque de lunettes
Caroline Abram, dont vous
trouverez 6 modèles dans
notre shopping p. 100-101.
Delphine Courtois POUR cAROLINE aBRAM
Vous tendez les bras lorsque vous lisez
le journal ? Au restaurant, vous déchiffrez péniblement la carte du menu
lorsque la lumière est douce ? Peut-être
souffrez-vous de presbytie. En cause, la
diminution progressive de la capacité
d’accommodation de l’œil (qui permet
une vision nette en fonction des distances) assurée par le cristallin. Cette
lentille transparente à l’intérieur de
l’œil perd de sa souplesse et ne se
bombe plus suffisamment pour voir de
près. « Difficile à partir de 40-45 ans,
l’accommodation évolue pendant une
quinzaine d’années jusqu’à devenir totalement inefficace, explique le Dr Damien­
Gatinel, chef de service à la Fondation
Ophtalmologique Rothschild­. Au début,
on pallie les difficultés en éloignant ce
que l’on veut lire ou en s’éclairant vivement ; ensuite, ce n’est plus suffisant. »
Si la presbytie concerne tout le monde,
la présence d’autres défauts visuels
pourra en moduler sa perception. Ainsi,
l’œil myope (vision floue de loin et
nette de près) parvient à compenser sa
presbytie dès lors qu’il n’est pas corrigé,
donc sans lunettes, « et à condition que
la myopie reste légère, avec une puissance idéalement comprise entre − 2 et
− 3 dioptries ». Pour l’hypermétrope,
c’est l’inverse qui se produit : « Avec
une vision altérée de près et de loin, le
jeune hypermétrope parvient généralement à utiliser ses capacités d’accommodation pour voir de loin et ne porte
les lentilles Monovision
ou progressives
Par esthétisme ou confort, vous souhaitez vous affranchir de lunettes ? Vous
pouvez opter pour les lentilles de
contact multifocales ou progressives,
adaptées aux presbyties associées ou
non à d’autres défauts visuels. « Chaque
lentille offre une succession de zones de
lecture qui correspondent chacune à une
distance de mise au point, développe le
Pr Cochener, le cerveau retenant, selon
la distance à laquelle on regarde, l’image
la plus nette. » Une performance qui a
un prix : « une réduction de la sensibilité
aux contrastes, la perception de halos
lumineux la nuit et une petite sensation
de flou de loin », note le Dr Gatinel.
« Les hypermétropes, qui voient à la fois
mal de loin et de près, continue le
Dr ­Gatinel, apprécient ces lentilles. En
revanche, elles sont peu indiquées aux
myopes qui, avec elles, voient moins
bien de près que lorsqu’ils n’ont pas de
lunettes et moins bien de loin que
lorsqu’ils en portent ! » Ces derniers choisiront plus volontiers la technique de la monovision : « Une lentille
corrige complètement la
myopie sur l’œil directeur – celui utilisé pour
regarder dans une
longue-vue –, indique le
Pr  Cochener­. L’autre lentille, sur l’œil dominé, souscorrige la myopie afin qu’il bénéficie de
cette myopie résiduelle pour lire de
près. » Si l’on est uniquement presbyte,
seul l’œil dominé est corrigé en vision
de près. Un procédé qui requiert une
accoutumance cérébrale parfois difficile. « Quand cela fonctionne, c’est efficace : la vision est bonne, sans phénomène de halos, même si on perd un peu la
vision en relief, estime le Dr ­Gatinel.
À noter : le port de lentilles – dont la principale contre-indication est la sécheresse oculaire – implique de consulter
régulièrement son ophtalmologiste et de
respecter les consignes d’hygiène pour
éviter toute infection. »
Santé
tendance
combien ça coûte ?
Une chirurgie à la carte
> Laser et inlay
La chirurgie par laser, sur la cornée, est
proposée aux presbyties jeunes, dès
lors que le cristallin est en parfait état.
Le principe ? Le chirurgien découpe un
petit volet de cornée avant de la remodeler à l’aide d’un laser (laser Excimer,
technique du Lasik). L’objectif, chez le
presbyte, est d’accroître la profondeur
de champ de l’œil pour permettre la lecture. « Les techniques les plus récentes
en modèrent les inconvénients, à savoir
une moins bonne vision de loin et des
contrastes, souligne le Pr Cochener. Les
hypermétropes, améliorés de près et de
loin, sont de bons candidats. » À l’instar
des lentilles, les myopes lui préféreront
« la technique de la monovision qui
consiste à traiter la vision de loin sur
l’œil directeur et à laisser un peu de myopie sur l’autre œil, tout en modifiant légèrement la courbure de la cornée ».
Enfin, l’œil simplement presbyte
pourra bénéficier du laser femtoseconde (technique IntraCor) qui travaille, sans l’ouvrir, dans la profondeur
de la cornée de l’œil dominé pour la remodeler. La surface de la cornée restant
intacte, les risques de sécheresse oculaire sont réduits.
Une alternative récente au laser est la
pose d’un inlay – dont il existe trois
types différents –, une petite lentille
synthétique glissée dans la cornée de
l’œil dominé destinée à rétablir la vision de près. Une technique réversible
(on peut le retirer), qui dégrade peu la
qualité de la vision et la vision de loin.
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> implants
Que l’on ait fait le choix du laser ou
d’un inlay à 45-50 ans, « la correction
ne sera plus suffisante à la soixantaine,
avertit le Pr Cochener. Quand le cristallin commence à perdre de sa transparence – ce qui annonce une cataracte –
et que la presbytie est complètement
installée, la pose d’implants pour corriger cette dernière peut être envisagée ».
L’opération consiste à retirer le cristallin (et l’inlay le cas échéant) – ce qui
corrige aussi la cataracte – et à le remplacer par un implant intraoculaire
présentant les caractéristiques d’une
lentille multifocale. Soulignons qu’il
perturbe la vision des contrastes et
nécessite un bon éclairage pour la vision de près. Contrairement aux opérations précédentes où les deux yeux
sont traités dans le même temps,
chaque œil est ici opéré à une semaine
d’intervalle environ, en ambulatoire
(clinique ou hôpital). Dans tous les cas,
une anesthésie locale suffit. ✦
Étude pour un des
modèles « Mille »
de la marque Theo.
rien que pour
vos yeux
Dessin (détail) du
modèle « Grace »
de Caroline Abram.
Caroline Abram - Theo Eyewear
Capable de corriger la presbytie (et
d’autres défauts éventuels), la chirurgie
permet d’oublier – ou presque – lunettes et lentilles. « Elles pourront toutefois être nécessaires pour lire de tout
petits caractères, prévient le Dr Gatinel.
Par ailleurs, en corrigeant la presbytie,
une chirurgie peut toujours dégrader un
peu la vision de loin. L’enjeu ? Équilibrer
visions de près et de loin, selon les besoins du patient. » La chirurgie donne
de bons résultats si les indications sont
bien posées, et les techniques parfaitement exécutées.
✖ Le prix d’une paire de lunettes varie
selon le type de verres, la correction,
la monture, mais aussi de Paris à la
province. À noter, la prise en charge
de l’Assurance maladie est infime : la
monture est remboursée à 60 % sur la
base d’un tarif officiel fixé à 2,84 €
(soit 1,70 € remboursés). Quant aux
verres progressifs, ils sont aussi
remboursés à 60 %, mais sur la base
de tarifs variant, selon les degrés de
correction, de 7,32 à 24,54 € (soit
4,39 € à 14,72 € remboursés par
verre). Le prix d’une paire de lunettes
équipée de verres progressifs pouvant
rapidement atteindre (et dépasser)
les 500 € (devis sur demande auprès
de l’opticien), c’est le patient et
sa mutuelle qui doivent prendre en
charge l’essentiel de son coût.
✖ Idem pour les lentilles de contact
(non prises en charge par l’Assurance
maladie pour une presbytie), dont les
tarifs fluctuent selon le fabricant et le
matériau, les progressives étant plus
coûteuses que les unifocales.
✖ Le coût d’une chirurgie est
également variable. Quelques tarifs à
titre indicatif (moyenne nationale) :
• le Lasik : 2 500 € à 3 000 € les deux
yeux
• l’Intracor : 1 500 € à 2 000 € l’œil
• l’Inlay (implant Kamra) : environ
2 500 € l’œil
• chirurgie de l’implant : 3 500 à
4 500 € les deux yeux, remboursés en
partie en cas de cataracte
Porter des lunettes, une
chance ? Oui, oui ! Plutôt
que de voir ça comme une
tuile, positivez : après les
bijoux, les chaussures et les
sacs à main, voilà un nouvel
accessoire avec lequel jouer.
Comme le fait remarquer
Erik Sudre, directeur d’Opta
Créateurs (1) : «Si vous portez
une nouvelle paire de
chaussures, ce n’est pas dit
qu’on la remarquera, les
lunettes, oui ! » Alors, au
moment de choisir, pensez
aux montures de créateurs.
Ces passionnés sont aux
lunettes ce que Louboutin
est à la chaussure ou
Lagerfeld au vêtement.
Ils sont une quinzaine
à dessiner une collection
deux fois par an, chacun
avec son style et son
univers. Leurs modèles ne
sont pas beaucoup plus
chers que ceux que l’on
trouve dans les grandes
enseignes d’optique (2), sont
le plus souvent fabriqués en
France (pour les créateurs
français), et on ne les voit
pas sur tous les nez !
N’hésitez donc pas à
pousser la porte d’un
opticien-lunettier qui les
propose. Il prendra le temps
de cerner votre personnalité
et de comprendre ce que
vous souhaitez pour vous
aider à choisir la monture
Et si nous considérions les
lunettes comme un accessoire
de plus avec lequel jouer ?
Les créateurs l’ont compris et
présentent des modèles
originaux, alliant design et
qualité. Notre sélection.
adaptée à votre vue, à votre
caractère et à votre visage.
« Les lunettes changent la
façon dont on est vu par les
autres. Elles sont un reflet
de ce nous sommes et
deviennent pour certains
une signature. Notre
première approche est donc
psychologique. Nous
prenons le temps de
connaître la personne et de
faire oublier l’aspect
technique, même si nous
n’oublions pas que nous
sommes des techniciens de
la vue », précise Erik Sudre.
Si le type de correction est
la première contrainte – elle
détermine la taille des
verres –, viennent ensuite le
nez, les pommettes et les
sourcils qui conditionnent
la position, la largeur
et la hauteur des lunettes.
Enfin la carnation, la couleur
des yeux et la palette de
maquillage utilisée seront
importants pour le choix
des coloris. Mais le plus
important, c’est que vos
lunettes vous plaisent
et expriment la part de
vous que vous avez envie
de montrer ! A.S.
1. Les Créateurs d’Opta,
25 rue des Abbesses, Paris
18e, opta-createurs.com
2. De 190 € à 350 €, en
moyenne 250 €.
tendance
James 09 8 coloris, 345 €
Brigitte 12 coloris, 450 €
Drono 6 coloris, 395 €
Hexagono 8 coloris, 280 €
Eye-Witness TB 10 coloris, 405 €
Knoedel 8 coloris, 405 €
Triono 8 coloris, 280 €
M23 4 coloris, 280 €
Marilyn 11 coloris, 450 €
Mille+04 8 coloris, 285 €
Kiyoshi 9 coloris, 280 €
Thinks Big 4 coloris, 315 €
Wants the DJ 3 coloris, 315 €
Travels Light 4 coloris, 315 €
Faces the Face 4 coloris, 315 €
Sleeps in Metropolis 3 coloris, 315 €
Got the Award 3 coloris, 315 €
Suzy Glam Cette marque néerlandaise designe ses lunettes
de caractère et de style non pas à partir d’un dessin mais d’un protoype directement façonné à la main en
trois dimensions afin de s’ajuster parfaitement au visage.
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Carnet d’adresses p. 130
Michel Henau Opticien pendant 20 ans, Marc Delagrange
décide en 2000 de continuer la collection de son ami décédé, Michel Henau. Sobriété et intemporalité
sont les maîtres mots de ses créations, obtenues par la symbiose entre forme, fonctionnalité et qualité.
photos services de presse - les prix sont donnés à titre indicatif
theo En 1989, Wim Somers et Patrick Hoet (Theo est
l’anagramme de Hoet), opticiens anversois, lancent leur marque de lunettes pour proposer à leurs clients
des modèles avant-gardistes. Ils se renouvellent chaque année avec des créations très originales.
M30 8 coloris, 280 €
Grace 6 coloris, 245 €
Framboise 6 coloris, 235 €
Elsa 7 coloris, 235 €
Jonas 7 coloris, 245 €
Flore 11 coloris, 235 €
Minois 8 coloris, 235 €
Caroline Abram Opticienne de formation, elle commence
par créer des accessoires et bijoux autour de l’optique – chaînettes, étuis, face-à-main… –, avant de lancer
en 2008 sa première collection de lunettes, gracieuses, colorées et ultra-féminines.