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Forbes http://blogs.forbes.com/gregpetro/?p=1078 Greg Petro Contributeur Je m'intéresse aux moyens dont disposent les marques pour connaître vraiment ce que souhaitent leurs clients. Les opinions exprimées par les contributeurs de Forbes leur appartiennent I NVESTIR 3/27/2015 @ 12:37PM 1066 vues Mode c/ Finance, Luxe c/ Technologie: qui va gagner...? Commenter Nike ou Apple sont-ils des paris gagnants? Qui choisir: Marc Jacobs ou Cisco? Les investisseurs ont toujours considéré le secteur de la mode, des chaussures et du luxe (AF&L) comme un peu trop changeant. Lorsque la confiance des consommateurs et la conjoncture macro-économique sont au beau fixe, les entreprises du secteur peuvent apporter aux actionnaires des résultats tout à fait impressionnants. Mais, lorsque la situation est moins rose, la valeur des actions baisse, tout comme les portefeuilles détenus par les investisseurs. Certaines entreprises du secteur de la mode et du luxe peuvent être très performantes pendant de brèves périodes, lorsque leurs marques respectives sont "tendance", mais, quand la marque perd les faveurs du public, les résultats de ces entreprises dégringolent. Tout ceci a créé, chez les investisseurs, l'impression que ce secteur offre, à long terme, des performances moins intéressantes que d'autres secteurs. Une impression qui n'est pas tout à fait justifiée. Selon une récente étude de McKinsey & Company, il semblerait même que ce soit le contraire. En effet, selon l'analyse des tendances à long terme, le secteur de la mode et du luxe dépasserait les performances de secteurs à forte croissance tels que les hautes technologies, les télécommunications, la banque et le commerce, en termes de valeur pour les actionnaires. Mais de combien? Et comment les investisseurs peuvent-ils distinguer les bons investissements des mauvais investissements? La mode et le luxe sur le terrain Afin d'évaluer la différence positive des performances du secteur de la mode et du luxe par rapport aux résultats d'autres secteurs, McKinsey a calculé le retour total sur investissement (TRS), défini comme la somme de l'augmentation de valeur de l'action d'une entreprise et des dividendes payés aux actionnaires sur une période de dix ans, entre 2003 et 2013. Cette période est significative, car elle a permis à McKinsey d'évaluer le comportement du retour total sur investissement de différents secteurs pendant les années de pré-récession, récession et post-récession. Or, pendant toute la période en question, le secteur de la mode et du luxe a dépassé tous les autres secteurs mesurés verticalement. Non seulement, mais, malgré quelques baisses enregistrées pendant la période de récession – comme dans tous les autres secteurs -, le secteur de la mode et du luxe a montré une plus grande résistance et a su redresser la barre plus rapidement. En effet, le retour total sur investissement pour le secteur de la mode vertical a été plus soutenu après la récession, à savoir entre 2009 et 2013. Suite à cela, McKinsey a désigné ce secteur comme la "terre promise de la valeur " pour les investisseurs, et son niveau d'activité le prouve. Pour la seule année 2013, 102 fusions et acquisitions ont eu lieu dans ce secteur, et, depuis la crise économique de 2008, le nombre de transactions dans le secteur de la mode et du luxe a augmenté, en moyenne, de 21 % par an. Les chercheurs ont également attiré l'attention sur les introductions en Bourse de haut niveau des nouveaux géants de la mode, qui ont réalisées ces dernières années: c'est le cas de Michael Kors, Moncler et Jimmy Choo. Mais, qu'est-ce qui rend si spéciales ces marques? La formule du succès Qu'est-ce qui distingue les marques capables d'attirer les consommateurs avec de jolis sacs, de belles chaussures et de beaux vêtements de celles qui savent aussi – et surtout –offrir une valeur pour les actionnaires? Voici le Value Navigator [Navigateur de la valeur] – un outil développé par McKinsey pour aider les investisseurs à identifier les entreprises capables d'assurer un bon retour sur investissement. Ce modèle est basé sur l'équation de création de la valeur: Valeur = Performance (Stratégie et Exécution) + Perception(Eléments immatériels + Discours) Les investisseurs doivent comprendre que les deux éléments qui comptent vraiment sont les performances économiques et la perception du public: deux indicateurs de succès tout aussi puissants l'un que l'autre, qui ne sont pas négociables dans le domaine de la mode et du luxe. C'est ce qui rend la mode unique: les autres secteurs insistent sur les fondamentaux, mais le succès, dans le secteur de la mode, est davantage influencé par la perception extérieure que par les états financiers. Une entreprise peut présenter d'excellents résultats, mais, dans la mode, elle doit surtout créer une attente pour sa nouvelle collection. Etude de cas: Burberry Quelle marque, dans le domaine de la mode, est à la fois saine du point de vue financier et idolâtrée par des cohortes d'adeptes dans le monde entier? Burberry est un véritable exemple lorsqu'il s'agit de gérer de manière stratégique une image attractive et d'exploiter un marketing et un merchandising créatifs pour traduire en chiffre d'affaires ce regard positif. Le Daily Mail a annoncé la présentation de la nouvelle collection Burberry, Patchwork, Pattern & Prints, pour la saison automne-hiver 2015, pendant la Fashion Week de Londres. Grâce à un style "bohémien" quelque peu nostalgique, inspiré des imprimés des années 70, Burberry et son directeur artistique Christopher Bailey, ont attiré favorablement l'attention de tous les média qui couvraient l'événement. Voici ce que la marque a présenté cette année: Mais, il ne suffit pas de présenter un magnifique défilé et de susciter l'attente des consommateurs pour la prochaine collection. Aujourd'hui, une marque n'existe tout simplement pas si personne n'en parle sur les réseaux sociaux. Burberry a fait ce qu'il fallait pour se placer au centre de l'attention pendant toute la semaine de la mode, en lançant une campagne interactive sur les réseaux sociaux pour annoncer la date et l'heure de son défilé: de cette manière, ses innombrables adeptes ont eu l'impression de participer en direct à l'événement, même s'ils se trouvaient à l'autre bout du monde. Pendant le défilé, les adeptes de Burberry présents sur Twitter pouvaient créer des images personnalisées du défilé en twittant #Tweetcam sur le compte officiel @Burberry. En faisant cela, ils déclenchaient une caméra qui prenait une image du défilé. Puis, l'image était re-twittée au suiveur, avec son nom d'utilisateur Twitter, la date et l'heure du défilé marqué sur l'image. Le taux de réponse sur Twitter a été énorme. Même les marques les plus emblématiques dépendent du décideur final - le client - et l'opinion du client fait aujourd'hui, plus que jamais, partie de l'équation du succès, à côté des autres facteurs. Les marques les plus célèbres savent qu'elles ne peuvent pas compter seulement sur "la touche magique" d'un styliste. Le temps où le styliste dictait au consommateur son propre "crédo" est révolu. Pour gagner saison après saison, les marques doivent tester les consommateurs avant de parier des millions de dollars sur un nouveau modèle. Ce n'est pas un choix, c'est une nécessité. Burberry est un parfait exemple de la puissante influence que le marketing exerce dans la sphère des réseaux sociaux, dans l'intérêt du marché et des investisseurs. Selon MarketWatch, le prix de l'action Burberry n'a pas cessé d'augmenter au cours des 5 dernières années, et, si l'on doit s'en tenir à la réaction du public à son dernier défilé, on dirait que Burberry pourrait consolider ultérieurement sa position de "chouchou", à la fois des passionnés de mode et des investisseurs. Etude de cas: Topshop Une autre marque de mode anglaise a obtenu d'excellents résultats. Topshop a également été au centre de l'attention sur les réseaux sociaux et pendant la London Fashion Week, l'année dernière, en employant toutes les stratégies habituelles - telles que des hashtags spéciaux, des articles de blog et des photos - avec une petite exclusivité supplémentaire: l'avant-première "pas si privée que cela". Econsultancy a décrit la stratégie de Topshop comme un "défilé sur les réseaux sociaux," grâce auquel les adeptes de la marque présents sur Facebook et Instagram ont pu prendre connaissance, de manière "exclusive", avant le public présent dans la salle, ce qui allait être montré sur la passerelle. Cette approche tout a fait inédite a été récompensée par un "buzz" très significatif parmi les "suiveurs" les plus passionnés de Topshop. Cependant, loin des écrans de ses adeptes, Topshop a su également transformer avec succès le "buzz" créé en chiffre d'affaires. En effet, en collaboration avec Facebook et Instagram, la marque a permis aux consommateurs de passer directement leurs commandes pour les articles montrés pendant le défilé, de manière à ce que les acheteurs potentiels, déjà attirés par le "buzz" créé sur les réseaux sociaux, puissent acheter les nouvelles pièces de la collection en temps réel, au fur et à mesure qu'elles passaient à l'écran. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: la stratégie mise en place par Topshop sur les réseaux sociaux a donné lieu à 3 millions d'actions, par les consommateurs, sur différents canaux. Le succès, dans le secteur de la mode et du luxe, se fonde sur un tableau positif à tous les niveaux: à savoir une situation financière impeccable et une excellente relation avec le public. Mais, cela va bien au-delà. Des résultats financiers positifs sont un bon début, mais si les abonnés, les consommateurs ou les adeptes ne parlent pas activement de vous, vous ne serez rien de plus qu'une "toute dernière tendance". A consommer et à oublier en l'espace de quelques semaines. Article disponible en ligne sur: http://blogs.forbes.com/gregpetro/?p=1078 2015 Forbes.com LLC™ Tous droits réservés http://www.forbes.com/sites/gregpetro/2015/03/27/fashion-vs-finance-luxury-vs-technology-and-the-winner-is/prinV 4/4