Sujet 2 : « ich bin ein Berliner », discours de J. F. Kennedy 5 10 15

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Sujet 2 : « ich bin ein Berliner », discours de J. F. Kennedy 5 10 15
Sujet 2 : « ich bin ein Berliner », discours de J. F. Kennedy
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« Je suis fier d’être venu dans votre ville. (…) Je suis fier d’avoir visité la République fédérale
avec le chancelier Adenauer, qui durant de si longues années a construit la démocratie et la
liberté en Allemagne.
Il ne manque pas de personnes au monde qui ne veulent pas comprendre ou qui prétendent ne
pas vouloir comprendre quel est le litige entre le communisme et le monde libre. Qu’ils viennent
donc à Berlin. D’autres prétendent que le communisme est l’arme de l’avenir. Qu’ils viennent eux
aussi à Berlin. Certains, enfin, en Europe et ailleurs, prétendent qu’on peut travailler avec les
communistes. Qu’ils viennent donc ceux-là aussi à Berlin.
Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n’est pas parfaite.
Cependant, nous n’avons jamais eu besoin, nous, d’ériger un mur pour empêcher notre peuple
de s’enfuir. (…)
Le mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est
visible aux yeux du monde entier. Nous n’éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il
constitue à nos yeux une offense non seulement à l’Histoire mais encore une offense à
l’Humanité. (…)
La population de Berlin-Ouest peut être certaine qu’elle a tenu bon pour la bonne cause sur le
front de la liberté pendant une vingtaine d’années. Tous les hommes libres, où qu’ils vivent, sont
citoyens de cette ville de Berlin-Ouest, et pour cette raison, en ma qualité d’homme libre, je dis :
« Ich bin ein Berliner *»
John Fitzgerald Kennedy, Discours sur la place de l’Hôte de Ville à Berlin, 26 juin 1963
* « je suis un Berlinois »
Questions
1°/ Présenter le document, l’auteur, le contexte
2°/ Rappeler les étapes de l’histoire de l’Allemagn e depuis 1945 et la situation particulière de
Berlin.
3°/ Par qui, à quelle date et pourquoi le mur a été construit à Berlin ? Quelles en ont été les
conséquences pour les Berlinois ?
4°/ Montrer pourquoi, selon Kennedy, ce mur signe l ’échec du communisme
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1°/
Le texte proposé est un extrait du discours du président des Etats-Unis, John Fitzgerald
Kennedy, prononcé à Berlin-Ouest le 26 juin 1963. Kennedy, démocrate, a été élu en décembre 1959
(entré en fonction en janvier 1960) succédant ainsi à Eisenhower. En 1963, soit deux ans après la
construction du mur de Berlin, il fait une visite officielle en République fédérale d’Allemagne, invité par
le chancelier Konrad Adenauer. Il se rend alors à Berlin, où il est accueilli par une foule immense, et
prononce ce célèbre discours sur la place de l’Hôtel-de-ville.
2°/
En 1945, après la capitulation de l’Allemagne, ce pays est divisé, comme le prévoient les
accords de Yalta et de Potsdam, en quatre zones d’occupation, gérées respectivement par l’U.R.S.S.
à l’est, par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France à l’ouest. Un conseil quadripartite, composé
des représentants des quatre pays, s’occupe des affaires communes. La capitale, Berlin, située dans
la zone gérée par l’U.R.S.S., est elle aussi divisée en quatre zones d’occupation. Les trois zones
occidentales de la ville sont reliées à la partie ouest du pays par des routes et voies ferroviaires. La
gestion quadripartite de l’Allemagne s’avère impossible lorsque la guerre froide éclate.
Les trois zones occidentales fusionnent alors en 1947-1948 et constituent en mai 1949 un Etat
indépendant, la RFA (République fédérale d’Allemagne) après l’échec du blocus de Berlin-Ouest
décrétée par l’U.R.S.S. (juin 1948-mai 1949). La RDA (République démocratique allemande) est créée
à son tour, en octobre 1949, sur le modèle communiste.
L’Allemagne est désormais séparée en deux par le rideau de fer. Mais le statut de Berlin n’est pas
modifié. La zone orientale de la ville fait partie de la R.D.A., dont elle est la capitale ; la zone
occidentale reste attachée à la R.F.A..
3°/
La ligne de démarcation séparant Berlin en deux n’est pas hermétique, les Berlinois peuvent
circuler facilement. C’est pourquoi les Allemands de R.D.A. empruntent ce passage pour fuir en
R.F.A.. Plus de deux millions passent ainsi à l’Ouest entre 1952 et 1961. La R.D.A., soutenue pas
l’U.R.S.S., veut mettre fin à cet exode qui s’accélère du fait de la prospérité de la R.F.A. : en 1961, ce
sont chaque jour 15 000 personnes, en général jeunes et qualifiées, qui fuient. Toutes les
négociations sur la question entre les pays occidentaux et l’U.R.S.S. échouent car Khrouchtchev veut
que la partie occidentale de la ville soit annexée par la R.D.A. ou bien que Berlin soit placée sous
contrôle de l’O.N.U., ce que refusent les Etats-Unis. C’est alors le coup de force : dans la nuit du 12
au 13 août 1961, la R.D.A. et l’U.R.S.S. font construire un mur entre les deux parties de la ville. La
séparation entre les deux parties de la ville est devenue une frontière infranchissable : le rideau de fer
passe désormais au milieu de Berlin.
L’Occident est indigné par ce qu’il appelle alors le « Mur de la honte » (l 14.15), car celui-ci provoque
la séparation des familles berlinoises. Ce coup de force permet à la R.D.A. de mettre fin aux flux
d’émigration vers l’Ouest, mais donne à l’opinion internationale une image tout à fait négative des
dirigeants communistes ( l 8)> « cri de solidarité » de JFK : « Ich bien ein Berliner »
4°/
Par son discours, Kennedy affirme que la constr uction du mur de Berlin est la preuve de
l’échec du communisme ( l 12) puisqu’il a été construit pour empêcher la fuite des Allemands de la
R.D.A. à l’Ouest. Ces départs massifs montrent que les populations qui vivent sous un régime
communiste n’en sont pas satisfaites et préfèrent aller vivre en Occident, même si les régimes
libéraux et démocratiques de cette partie de l’Europe, Kennedy en convient, ne sont pas parfaits et
« éprouve certes beaucoup de difficultés » (l9). Le fait que les populations vivant à l’Ouest n’aient
jamais cherché à fuir leur pays est le signe de la supériorité des régimes occidentaux (l 10.11).
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