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Walter White Que vous soyez fan ou non de séries télévisées américaines, vous avez déjà sûrement entendu parler de Walter White. Personnage emblématique de la série « Breaking Bad », « Walt », « Mr White » ou même « W.W. », n’a rien à envier aux plus grands personnages de séries télé, tout simplement parce qu’il fait partie de ce groupe très privé, dont font partie Tony Soprano ou encore Vic Mackey, des inoubliables. Outre les nombreuses caractéristiques propres à son personnage – notamment son style vestimentaire (ce qui est assez rare dans les séries dramatiques), celui-­‐ci a marqué les esprits par sa personnalité, son parcours et sa vie. Bien plus qu’un simple personnage, Walter White a fait la renommée de la série qui, désormais, est décrite comme l’une des meilleures séries de tous les temps. La série ayant même atteint les 99/100 sur le site de rating « Metacritic »1, lors de la diffusion de la dernière partie de la saison 5, soit la Fin de la série. Il faut dire que l’acteur qui incarne Walter White, Bryan Cranston, a su donner à son personnage une palette d’émotions impressionnantes. Connu pour son rôle de père dans « Malcolm in the Middle », Bryan Cranston s’est démarqué par un jeu subtil, brillant, en adéquation avec son personnage. L’acteur a même remporté l’Emmy Awards du meilleur acteur dans un drame et ce, trois années consécutives, ce qui est assez rare ! Pourtant, ce n’était pas gagné pour que celui-­‐ci obtienne le rôle dans la série. La chaîne AMC, qui diffusait la série, avait en effet envisagé beaucoup d’autres acteurs avant Bryan Cranston, trouvant que celui-­‐ci avait une étiquette un peu trop comique – en raison de son rôle dans « Malcolm ». Ainsi, aurions-­‐nous pu retrouver John Cusack ou même Matthew Broderick, dans ce rôle clé, si ces acteurs n’avaient pas refusé la proposition ! Vince Gilligan, qui avait travaillé avec Bryan Cranston dans la série « X-­‐ Files », souhaitait renouveler l’expérience et a donc insisté fortement auprès de la production. Il avait en tête l’idée d’un personnage effrayant et sympathique à la fois et Cranston était à même de lui donner ceci, son personnage dans « X-­‐
Files » avait en effet à peu près le même proFil. Autant dire que l’acteur a largement relevé le déFi, donnant à Walter White une complexité passionnante ! Bryan Cranston s’est d’ailleurs beaucoup impliqué dans son personnage, prenant même presque 5 kilos pour reFléter le déclin de Walter White. Il a teint ses cheveux en un brun quelconque et a donné son avis sur les vêtements que le personnage devait porter : notamment du vert et du marron, des couleurs fades pour le rendre presque « invisible ». EnFin, il s’est laissé pousser une moustache mal travaillée pour illustrer le laisser-­‐aller du personnage. L’effet a fonctionné et Bryan Cranston s’est transformé en un personnage qui restera longtemps dans les mémoires. 1 http://www.metacritic.com/tv/breaking-­‐bad/season-­‐5 1. Un homme (pas complètement) banal
Dès les premières minutes de la série, nous apercevons un personnage principal aux antipodes du héros. Slip kangourou, lunettes, coupe de cheveux peu soignée, moustache : voici la panoplie peu sophistiquée de Walt. Le personnage se met à nu, pour des raisons que nous ne connaissons pas encore (il a enlevé ses vêtements pour éviter de s’empoisonner avec les produits toxiques qu’il a utilisés pour fabriquer de la « méth »). Cette scène est métaphorique. Nous faisons la connaissance du personnage, dans son plus simple appareil pour mieux appréhender le monstre qu’il deviendra par la suite. Si la scène d’introduction de la série nous montre de l’action et une scène assez inhabituelle (un camping-­‐car perdu dans le désert après avoir effectué une course-­‐ poursuite), on note un décalage important entre les protagonistes et les situations dans lesquelles ils sont impliqués. Un décalage qui s’estompera au fur et à mesure de la série mais qui restera présent un certain temps. C’est une évidence, au début, Walt n’a vraiment pas la carrure d’un fabricant de drogue. Outre son aspect physique très banal, celui-­‐ci montre, par son monologue face caméra lorsqu’il pense que la police est à ses trousses pour l’arrêter, qu’il n’est pas celui qu’il paraît et que le plus important pour lui est l’image que sa famille aura de lui, dans l’éventualité où il irait en prison. Walt est aimant et dévoué à sa famille qui semble être le pilier de sa vie. Le monde de la drogue est encore bien loin devant lui et la prise de conscience n’a pas encore opéré : Walter est un mari et père de famille avant tout. Le personnage de Walter White reste l’un des plus banals de notre époque. Là où des Vic Mackey (« The Shield »), Dexter (« Dexter ») ou encore Don Draper (« Mad Men ») ont des vies palpitantes remplies d’action ou de secrets dès les premiers instants de leur série, W. W. nous est présenté comme un homme simple ayant une vie sans étincelles, à la limite du « loser ».