Théorème de Berge, J–Paul Tsasa Laboratoire d`Analyse
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Théorème de Berge, J–Paul Tsasa Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative One Pager Janvier 2013 Vol. 5 – Num. 003 Copyright © Laréq 2013 http://www.lareq.com Théorème du maximum de Berge (1959) Correspondance, Hémicontinuité et Caractérisation Séquentielle Jean – Paul Kimbambu, Tsasa Vangu1 Résumé Nous présentons dans ce papier le théorème du maximum de Berge (1959) qui constitue un cadre approprié quant on cherche à savoir comment un ensemble d’éléments maximaux varie lorsque l’ensemble sur lequel on maximise change de façon continue. Nous illustrons ce théorème en considérant une correspondance de demande marshallienne. Mots – clé : Correspondance, hémicontinuité, caractérisation séquentielle et théorème de Berge. Abstract This paper presents the maximum theorem (Berge, 1959). In Economic analysis, we use this theorem, to answer the question: how the optimal value and the optimal solution set change in response to a change in the parameter? After all, we illustrate this theorem by an example from the neoclassical theory of the consumer. Introduction Ce papier dérive le théorème du maximum, qui fut prouvé, pour la première fois en 1959, par le mathématicien français Claude Berge, en considérant le cas de fonctions – objectifs non paramétriques2. Ce théorème permet de préciser la réponse sur l’ensemble de solution d’un problème d’optimisation lorsque l’ensemble sur lequel on maximise bouge de façon continue. Le développement que nous reprenons est dû aux travaux de Gérard Debreu. Sa généralisation a été proposée par Walker (1979) et Leininger (1984). Dans la première section, nous discutons de notion de correspondance hémicontinue et dans la deuxième section, nous présentons le théorème de Berge (1959) et l’illustrons par un exemple tiré de la théorie néoclassique du consommateur. Une lecture aisée de ce papier suppose la connaissance de quelques notions élémentaires de topologie3 que nous avons présentées dans une publication antérieure4. I. Correspondance hémicontinue Soit non vide Une correspondance Si associe à chaque élément un sous – ensemble est un singleton, on obtient une fonction. La correspondance est à valeurs non vides (respectivement fermées, compactes) si est un ensemble non vide (respectivement ensemble fermé, ensemble compact) pour chaque Une correspondance peut ou ne pas être hémicontinue supérieurement et/ou inférieurement en un point 1 2 3 4 Université de Montréal (Ph.D. student) et Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative (Chercheur). Mail : [email protected]. L’intéressé peut se rapporter à Berge (1959, chapitre 6, p. 121). Compacité, sous – suite et continuité. Tsasa (2013, One pager Laréq, vol. 5, num. 002). 13 Jean – Paul Tsasa Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative Une correspondance est hémicontinue supérieurement en un point si : Figure 1 : Illustration d’une correspondance hémicontinue supérieurement Au point est un singleton (fonction). L’ permet les explosions mais n’admet pas les implosions. Une correspondance est hémicontinue inférieurement en un point si : Figure 2 : Illustration d’une correspondance hémicontinue inférieurement L’ exclut les explosions mais autorise les implosions. Une correspondance continue en tout est hémicontinue en et en est continue si elle est Pour définir le concept d’hémicontinuité, les économistes recourent généralement à la caractérisation séquentielle. En effet : (i) si converge vers converge vers si elle est ; (ii) est à valeurs compactes, alors est en tel que et si et seulement si qui converge vers et converge vers II. Théorème du maximum de Berge Considérons un ensemble non vide et compact, une fonction continue et un problème d’optimisation : avec la solution optimale. 14 Jean – Paul Tsasa Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative Le théorème de Berge répond à la question naturelle de la réponse de l’ensemble des éléments maximaux à la suite d’un changement continu de l’ensemble sur lequel on maximise. Soient deux espaces métriques : et une correspondance continue à valeurs non – vides, à valeurs compactes, et dans . On note que : la fonction la correspondance est continue dans La correspondance ; définie par est est un ensemble de maximiseurs de dans dans Démontrons à présent ce théorème (Berge, 1959, p. 121 ; Ichiishi, 1983, p. 38 ; Stockey, Lucas et Prescott, 1989, p. 62 ; Ok, 2007, pp. 306–307 ; Sundaram, 2011, p. 235 ; Sprumont, 2012, p. 20). Par le théorème de Weierstrass, la correspondance élément de est bien définie : (i) à valeurs non vides pour tout 5 ; (ii) à valeurs fermées , puisque fermé par continuité de est un singleton, donc ; (iii) borné parce que est un sous ensemble de est qui est bornée. est donc à valeurs compactes. La correspondance étant à valeurs compactes, on peut utiliser la caractérisation séquentielle pour prouver qu’elle est donc, Pour dans on a une suite La correspondance sous – suite étant étant On sait que : (i) Or et Pour boucler la démonstration, il ne reste plus qu’à Supposons que correspondance et et à valeurs compactes, on peut toujours extraire une telle que montrer que dans Et donc, il existe La on peut toujours trouver une sous – suite est continue ; (ii) lorsque et ; (iii) Par conséquent, pour ; d’où, contradiction car appartient à l’ensemble des maximiseurs. Pour illustrer ce théorème, considérons son applications dans le cas d’une demande marshallienne. Nous devons prouver que la correspondance de demande qui maximise la fonction d’utilité est continue. Soit un problème standard du consommateur tel qu’un agent disposant d’un revenu par une fonction d’utilité standard strictement concave où désigne le vecteur de prix et est caractérisé Le programme à résoudre s’écrit : une correspondance de budget. A l’optimum, le choix est donné par : la correspondance Par le théorème de Weierstrass, la correspondance de demande de l’agent en cause est bien définie. Aussi, la correspondance de budget étant (Ok, 2007, p. 292) et appliquer le théorème de Berge et conclure que 5 (Ok, 2007, p. 299), on peut est à valeurs compactes, fermée et L’image inverse d’un ensemble fermé est fermée. 15 Jean – Paul Tsasa Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative Parallèlement, la fonction d’utilité indirecte continue par Berge (1959), croissant en concave, il vient que la correspondance définie par et décroissant en In fine, puisque, est est strictement est continue. Somme toute, tout comme le théorème de Weierstrass ou le théorème de valeur intermédiaire, le théorème de Berge occupe une place de choix en recherche économique. La portée de son application n’est pas bornée en analyse microéconomique. On le trouve naturellement dans toute analyse économique faisant intervenir la théorie d’optimisation. 16 Jean – Paul Tsasa Laboratoire d’Analyse – Recherche en Economie Quantitative Bibliographie BERGE Claude, 1959, Espaces Topologiques (Fonctions Multivoques), Paris: Dunod (English transl.: Topological Spaces. Edinburgh and London: Oliver and Boyd, 1963.), 282p. DEBREU Gérard, 1954, “Representation of a Preference Relation by a Numerical Function”. In Decision Process. R. M. Thrall, C. H. Coombs, and R.L. Davis, eds New York: Wiley. DEBREU Gérard, 1964, “Continuity Properties of Paretian Utility”, International Economic review, vol. 5, num. 3, 285 – 93. ICHIISHI Tatsuro, 1983, Game Theory for Economic Analysis, Academic Press, Tokyo, 164p. LEININGER Wolfgang, 1984, “A Generalisation of the ‘Maximum Theorem’.” Economics Letters, 15: 309 – 13. OK Efe A., 2007,Real Analysis with Economic Applications, Princeton University Press, Princeton, 802p. 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