le regime general des investissements au - Site Web SP-CPSA
Transcription
le regime general des investissements au - Site Web SP-CPSA
MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DE LA SECURITE ALIMENTAIRE ---------SECRETARIAT GENERAL ----------DIRECTION GENERALE DE LA PROMOTI DE L’ECONOMIE RURALE INSTITUT EURO-AFRICAIN DE DROIT ECONOMIQUE NOTE SUR LE REGIME GENERAL DES INVESTISSEMENTS AU BURKINA FASO Elaborée avec l’appui de la GIZ/PDA Rapport final 22Juillet 2013 Monsieur Wendinmi Félix ZONGO Juriste à la Direction Générale de l’Industrie / 01BP : 258 Ouagadougou 01 Tél : 76 50 12 51 / 70 53 08 40 SOMMAIRE SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ 4 SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ 4 INTRODUCTION ................................................................................................................... 5 I. LE CODE GENERAL DES INVESTISSEMENTS DU BURKINA FASO : ETAT DES LIEUX .............................................................................................................................................. 7 I.1. Justification des codes d’investissements................................................................. 7 I.2. Le code des investissements de 1995 ...................................................................... 7 I.3. Analyse des effets de la révision du code de 1995 ................................................... 8 Tableau sur les principaux avantages fiscaux des régimes incitatifs..............................10 Conditions .....................................................................................................................10 Régime A ......................................................................................................................10 Régime B ......................................................................................................................10 Régime C ......................................................................................................................10 Régime D ......................................................................................................................10 Création d’emplois.........................................................................................................10 Au moins 20 emplois .....................................................................................................10 Au moins 30 emplois .....................................................................................................10 Au moins 40 emplois .....................................................................................................10 Au moins 30 emplois .....................................................................................................10 - Au moins 80 % ............................................................................................................10 Avantages accordés ......................................................................................................10 Droit de douane .............................................................................................................10 Les importations d’équipements d’exploitation bénéficient du taux de catégorie 1 (soit 5%)................................................................................................................................10 TVA ...............................................................................................................................10 Exonération sur les équipements d’exploitation .............................................................10 Impôt sur les bénéfices (IS, BIC, BNC)..........................................................................10 Patente..........................................................................................................................10 TPA ...............................................................................................................................10 I.4. Reconnaissance de la spécificité du secteur agricole et des zones rurales ...........11 2 III .3 Institution du système déclaratif de l’investissement ............................................15 L’une des innovations majeures de la loi d’orientation pour l’investissement est d’avoir consacré le principe déclaratif de l’investissement en lieu et place de l’autorisation préalable qui prévalait jusque là. ...............................................................15 Dans la nouvelle loi d’orientation de l’investissement, un titre est consacré à la mise en place d’un Fonds de financement et de Promotion des PME/PMI. ..........................16 Ce fonds aurait pour mission principale de contribuer au développement du secteur privé par le soutien à la promotion d’une dynamique entrepreneuriale et à l’émergence d’un tissu de petites et moyennes entreprises burkinabè viables et compétitives .......16 V. NECESSITE D’UNE PROMOTION ACCRUE DU SECTEUR AGRICOLE. .....................19 V.1. Droits reconnus aux investisseurs étrangers ..........................................................20 IV.1.a. Principe de non discrimination...................................................................20 V.1.b. Droit au libre transfert des capitaux...........................................................21 V.1.c. Le droit de recours à l’arbitrage pour le Règlement des différends ..........21 V.2 Perception générale des investisseurs sur le Burkina Faso....................................21 VI. L’AGENCE DE PROMOTION DES INVESTISSEMENTS DU BURKINA FASO (API-BF) .............................................................................................................................................22 VI.1. Missions de l’API-BF .............................................................................................22 VI.3. Défis de l’API- BF face au secteur agricole ...........................................................25 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................29 ANNEXE 3 SIGLES ET ABREVIATIONS ADP : Assemblée des Députés du Peuple AN : Assemblée Nationale API-BF : Agence de Promotion des Investissements du Burkina Faso BIC : Bénéfice Industriel et Commercial BIC : Bénéfice Non Commercial CAMC-O : Centre d’Arbitrage, de Médiation et de Conciliation de Ouagadougou CNI : Commission Nationale des Investissements CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture IDE : Investissement Direct Etranger INSD : Institut National des Statistiques et de la Démographie IS : Impôt sur les Sociétés PIB : Produit Intérieur Brut PME : Petite et Moyenne Entreprise PMI : Petite et Moyenne Industrie SCADD : TPA : Stratégie de Croissance Accélérée pour le Développement Durable Taxe Patronale d’Apprentissage TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine 4 INTRODUCTION Le Burkina Faso s’est engagé depuis les années 1991 à construire un vaste programme de réformes économiques afin de poser les bases d'une économie compétitive avec le secteur privé comme principal moteur de la croissance. Le rôle déterminant de ce secteur privé en tant que moteur de croissance économique est désormais reconnu, de même que la nécessité pour l’Etat de renoncer à son implication directe dans les secteurs productifs. En effet, le rôle de l’Etat devait osciller, d’une part, entre le soucis d’octroyer au secteur privé une liberté et un champ d’action plus étendu en vue de favoriser son expansion et, d’autre part, la nécessité d’intervenir dans les domaines où son action est stricto sensu déterminant. Autrement dit, il devrait aider le secteur privé à devenir, à ses côtés, un véritable moteur de développement, générateur de croissance. Il n’est pas exagéré de dire que l’efficacité du secteur privé local est la meilleure façon d’attirer des investissements étrangers directs. Au demeurant, le Burkina Faso est aujourd’hui beaucoup plus réceptif à l’égard des investissements étrangers directs en tant que mode de transfert d’un savoir-faire, de qualification et de ressources financières. Aussi, doit-il renforcer sa compétitivité et affermir sa position dans les secteurs où il détient, ou pourrait détenir un avantage comparatif. Beaucoup d’efforts sont faits et se font toujours dans cette direction. C’est ainsi que dans le domaine de la promotion des investissements, la volonté du gouvernement s’est encore affichée ces trois dernières années à travers les reformes suivantes : - Réformes déjà opérées en matière de promotion des investissements : Adoption de la loi n°007-2010/AN du 29 avril 2010 portant modification de la loi n°62/95/ADP du 14 décembre 1995 portant Code des In vestissements, ensembles ses modificatifs ; Adoption de la loi n°025-2012/AN du 04 juin 2012 p ortant institution d’un régime fiscal et douanier spécial applicable aux conventions d’investissement signées avec l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) ; Adoption au mois de la loi n°023-2013/AN du 30 mai 2013 portant loi d’orientation de l’investissement au Burkina Faso. Adoption du décret n°2013-107 /PRES/PM/MICA/MEF du 07 mars 2013 portant création de l’Agence de Promotion des Investissements du Burkina Faso (API-BF). - Réformes en cours : Projet de texte portant régime particulier dans les pôles de croissance afin de promouvoir l’investissement dans les pôles de croissance ; Projet de loi portant sur les mesures fiscales et douanières en faveur des PME/PMI ; 5 Malgré ces réformes déjà opérées où en cours, on constate que certains secteurs et pas les moindres en particulier celui agricole, pilier de toute croissance économique n’arrivent toujours pas à tirer bénéfice des avantages incitatifs prévus par le code général des investissements afin d’amorcer leur véritable envol. La présente note va consister à faire une analyse critique du dispositif juridique des différents textes relatif au régime général des investissements au Burkina Faso ainsi que leur application dans le domaine agricole et aussi aborder la question de la création de l’APIBF et les opportunités que pourrait tirer le secteur agricole de cette aubaine. Cette note a été préparée dans la perspective de l’élaboration d’un code sectoriel dédié aux investissements agricoles. Elle fait une analyse de la situation existante et propose des solutions à fin de permettre au futur code des investissements agricoles d’éviter les écueils des codes précédents. 6 I. LE CODE GENERAL DES INVESTISSEMENTS DU BURKINA FASO : ETAT DES LIEUX I.1. Justification des codes d’investissements Confrontés au manque de capitaux et à la faiblesse de l’épargne intérieure, la plupart des pays en voie de développement ont eu recours à la fiscalité comme moyen d’incitation à l’investissement. Au lendemain de leurs indépendances, les pays africains ont adopté, la même démarche, consistant à élaborer des textes législatifs dans le but d’inciter les investisseurs, notamment étrangers, à venir investir massivement dans ces jeunes Etats. C’est ainsi que l’on a assisté un peu partout, à la naissance de Codes des Investissements qui rivalisaient entre eux, en termes d’avantage fiscaux à offrir aux investisseurs potentiels, faisant ainsi de ces pays et pour reprendre l’expression consacrée en la matière, de « véritables paradis fiscaux » pour les investisseurs étrangers. A L’instar de ces pays et depuis son accession à l’indépendance, le Burkina Faso a adopté des textes dans le cadre de sa politique de promotion des investissements. L’un des instruments privilégiés de cette politique est le code des investissements qui vise entre autres à créer : - des conditions attrayantes en vue de favoriser l’investissement productif ; - des emplois stables. Dans cette optique, le Burkina Faso a adopté de 1960 à 1962 trois (3) lois visant à promouvoir les investissements. Il s’agit de : - la loi n°12/60/AN du 02 février 1960 énumérant les catégories d’entreprises susceptibles de bénéficier d’un régime fiscal de longue durée ; - la loi n° 13/60 AN du 02 février 1960 fixant le ré gime fiscal de longue durée applicable aux catégories d’entreprises agréées ; - la loi n°24/61/AN du 05 juillet 1961 instituant un régime des investissements privés en Haute Volta. C’est à partir de 1970, que le Burkina Faso adoptera des lois spécifiques portant code des investissements. Il s’agit de : - l’ordonnance n°70/074/PRES/PL.TP du 31 décembre 19 70 ; - l’ordonnance n°78/01/PRES/CODIM du 03 mars 1978 ; - l’ordonnance n° 84/051/CNR/PRES du 07 août 1984 ; - l’ordonnance n°92/042/PRES du 10 juin 1992 ; - la loi 62/95/ADP du 14 décembre 1995. I.2. Le code des investissements de 1995 Le Code des investissements du Burkina Faso Actuellement en vigueur est celui adopté par la loi n°62-95/ADP du 14 décembre 1995 puis révisée en 2010 à travers la loi n°0072010/AN du 29 avril 2010. 7 Ce code consacre un certain nombre de principes et de garanties qui s’appliquent aux investissements. Il a une portée générale à l’exclusion toutefois des entreprises exerçant certaines activités soumises à une règlementation spécifique.1 Les principales garanties apportées aux investisseurs sont indiquées dans le Titre 2 “Régime de droit commun - garanties générales” du Code des investissements. Ainsi, l’article 8 dispose que “les investissements productifs sont librement effectués au Burkina Faso sous réserve des dispositions spécifiques visant à respecter la politique économique et sociale de l’État, notamment la protection de la santé et de la salubrité publiques, la protection sociale et la sauvegarde de l’environnement”. Pour être agréer à ce code, les projets d’investissement doivent faire l’objet d’une demande d’implantation auprès du ministère chargé de l’industrie, qui délivre à l’entreprise une autorisation préalable. Les entrepreneurs étrangers souhaitant exercer des activités commerciales doivent obtenir du ministère chargé du commerce une autorisation d’exercer des activités commerciales au Burkina Faso. Ces démarches, bien que pouvant théoriquement conduire à des refus arbitraires, ne constituent pas dans les faits des barrières à l’investissement car les autorisations nécessaires sont généralement obtenues sans difficulté. Par ailleurs, si les investissements étrangers au Burkina Faso peuvent être effectués librement, les investissements réalisés hors UEMOA par des résidents burkinabè doivent être financés à 75 % par des emprunts à l’étranger et l’opération doit être autorisée par le ministère des Finances. La révision du code des investissements en 2010 a eu un effet pervers sur l’engouement des PME à solliciter des avantages de ce code. Elle a néanmoins eu le mérite d’avoir tenté de consacrer une certaine spécificité au secteur agricole, ce que les codes précédents n’avaient jamais fait. I.3. Analyse des effets de la révision du code de 1995 Le code des investissements du Burkina Faso de 1995 a fait l’objet de deux révisions (1997, et 2010). Mais la révision de 2010 a modifié de façon sensible les régimes incitatifs tout en essayant de les simplifier. Désormais, en remplacement des six régimes antérieurs qui dépendaient tant du montant de l’investissement et des emplois créés que du secteur d’activité2 , le Code des investissements révisé prévoit quatre régimes, dont trois uniquement fondés sur le niveau d’investissement et la création d’emplois, tous secteurs confondus, et un destiné aux entreprises d’exportation. 1 - L’article 4 de ce code exclut de son champ d’application les entreprises qui exercent : exclusivement des activités commerciales et de négoces; des activités de recherche ou d’exploitation de substances minières relevant du code minier ; des services bancaires et financiers ; des activités de télécommunications autres que celles des entreprises de téléphonie agréées. 2 Les six régimes incitatifs supprimés en 2010 comprenaient trois régimes pour les entreprises de production, deux pour les entreprises de services et un pour les entreprises tournées vers l’exportation 8 Les régimes A, B et C réclament ainsi un minimum d’investissement et de création d’emplois, dont les seuils sont respectivement de 100 000 000 FCFA et 20 emplois (régime A), 500 000000 FCFA et 30 emplois (régime B) et 2 000 000 000 FCFA et 40 emplois (régime C). Le dernier régime s’adresse aux entreprises dont au moins 80 % de la production est destinée à l’exportation et dont l’investissement est d’au moins 1 000 000 000 FCFA avec une création de 30 emplois (régime D). Le seuil d’investissement de 100 000 000 FCFA nécessaire pour bénéficier du premier régime préférentiel a été fixé à un niveau beaucoup plus élevé que dans le régime antérieur (20 000 000 FCFA pour les anciens régimes A et B applicables aux entreprises de production et 10 000 000 FCFA pour l’ancien régime D réservé aux entreprises de services). Cela résulte d’une volonté des autorités de cibler les entreprises dont la taille est suffisante pour avoir une incidence réelle sur l’économie et l’emploi. Le Code des investissements prévoit, pour les différents régimes privilégiés, des avantages fiscaux à l’investissement et à l’exploitation. En matière d’investissement, les avantages offerts sont identiques pour les quatre régimes. Il s’agit de l’application des droits de douane de catégorie 1 (soit 5 %) pour l’importation d’équipements d’exploitation et du premier lot de pièces de rechange. Par ailleurs, ces équipements sont exonérés de TVA (ou permettent un remboursement équivalent du crédit de TVA lorsqu’il s’agit d’une extension de l’entreprise). Le Code des investissements exclut néanmoins l’application de ces avantages à certains équipements : le matériel de bureau, le matériel informatique, les appareils de climatisation et le carburant. Au niveau de l’exploitation, les mesures avantageuses visent les impôts sur les bénéfices (IS, BIC, BNC), la patente et la TPA. Le report des déficits antérieurs pour le calcul. La principale critique que l’on peut faire à ce code est d’avoir mis la barre trop haute en matière de montant d’investissement minimum. Ce montant est passé de vingt millions (20 000 000) à cent millions (100 000 000). Quant on sait que le secteur privé burkinabé est composé à 90% de PME effectuant de faibles niveaux d’investissement, on comprend alors la diminution sensible du nombre des dossiers examinés par la Commission Nationale des investissements notamment au cours de l’année 2010 et 2011. Pour remédier à cette situation, nous pensons que la relecture du code qui est cours actuellement devra trouver une nouvelle formule qui évitera d’exclure une grande partie des entreprises burkinabé tout en mettant l’accent sur les investissements ayant un impact réel sur l’économie nationale. Si on prend par exemple le code des investissements Sénégalais qui a fixé le niveau minimum d’investissement pour prétendre au bénéfice du code à 100 000 000 FCFA (article 17 du code des investissements du Sénégal) c’est dû au fait que son tissu économique est beaucoup plus développé que celui du Burkina et par conséquent le niveau d’investissement de ses entreprises est aussi beaucoup plus élevé. Et en plus le code sénégalais a établi des paliers pour permettre aux PME qui ne satisfont pas au critère des 100 000 000 FCFA de postuler au bénéfice des avantages dudit code. Par contre un pays comme le Mali dont le tissu économique est comparable au notre a fixé le montant minimum d’investissement à 12 500 000 CFA (article 5 du code des investissements du Mali). 9 Tableau sur les principaux avantages fiscaux des régimes incitatifs Conditions Régime A Régime B Régime C Régime D Montant de l’investissement De 100 millions à 500 millions FCFA De 500 millions à 2 milliards FCFA Au moins 2 milliards FCFA Au moins 1 milliard FCFA Création d’emplois Au moins 20 emplois Au moins 30 emplois Au moins 40 emplois Au moins 30 emplois Production destinée à l’exportation - Au moins 80 % Avantages accordés Droit de douane Les importations d’équipements d’exploitation bénéficient du taux de catégorie 1 (soit 5%) TVA Exonération sur les équipements d’exploitation Impôt sur les bénéfices (IS, BIC, BNC) Patente TPA Report des Report des déficits Report des déficits déficits antérieurs sur le antérieurs sur le antérieurs sur le bénéfice imposable bénéfice bénéfice pendant 3 exercices imposable pendant 4 imposable supplémentaires exercices pendant 2 supplémentaires exercices supplémentaires Possibilité de déduire du bénéfice imposable jusqu’à 50 % du montant des investissements, dans la limite de 50 % du bénéfice imposable. Exonération du Exonération du droit Exonération du droit droit proportionnel pendant proportionnel pendant 7 6 ans ans proportionnel pendant 5 ans Exonération Exonération pendant Exonération pendant 7 pendant 6 ans ans 5 ans Source : Commission Nationale des Investissements. La révision de 2010 a eu néanmoins un mérite d’avoir tenté de consacrer une certaine spécificité au secteur agricole. Qu’en est-il réellement ? 10 I.4. Reconnaissance de la spécificité du secteur agricole et des zones rurales Le code des investissements dans sa version de 1995 n’avait pas prévu de traitement spécifique aux investissements agricoles. Il a fallu attendre la révision de 2010 pour voir cette spécificité consacrée. Ainsi l’article 6 du code révisé prévoit que “pour les entreprises des secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de l’élevage et de la pisciculture, les critères de seuil d’investissement et de création d’emplois sont réduits au quart”. Quand on sait qu’habituellement les promoteurs qui exercent dans ces secteurs d’activité font en général des investissements de faible montant avec des emplois relativement peu élevés, cette exception leur permet d’échapper au critère de 100 000 000 de FCFA et de 20 emplois minimums exigés pour le bénéfice du code. Par conséquent cette dérogation permet en principe l’accès d’un plus grand nombre de PME agricoles aux avantages dudit code. De même le nouvel article 29 du code des investissements révisé prévoit une prorogation de trois ans supplémentaires des avantages afférents à leur régime pour les entreprises qui évoluent dans le secteur agricole. Toujours dans la même dynamique on peut relever également l’élargissement des membres de la CNI au Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire (MASA) par le décret n°2010-524 /PRES/PM/MCPEA/MEF (Article 11) fixant l es conditions d’application du code révisé de 1995. Ce Ministère dispose désormais d’un représentant permanent qui prend part aux travaux de cette Commission. Malheureusement, en l'absence d'une définition claire et consensuelle, de la notion d'entreprise du secteur de l'agriculture, de l'élevage, de la sylviculture et de la pisciculture, on comprend aisément pourquoi ce code tarde toujours à susciter un réel engouement des promoteurs de ces secteurs à son endroit. Quand on prend l’exemple du Code des Investissements sénégalais actuellement en vigueur en son article 2, il est fait énumération de façon précise et détaillée des secteurs d’activité qui y sont éligibles avec en tête l’agriculture, la pêche, l’élevage, les activités de stockage des produits d’origine végétale, animale ou halieutique. De même, le code d’incitation aux investissements tunisiens est illustratif à plus d’un titre à ce niveau. Dans ce code on remarque de prime abord que le secteur agricole vient en tête (article 1er du code) dans la liste des activités qui y sont éligibles. Et mieux encore tout un titre de plus de dix articles est consacré au développement du secteur agricole. Ainsi par exemple l’Article 28 du titre V du code tunisien définit les différentes activités agricoles éligibles au code en procédant à leur classification comme suit : - Catégorie «A» : investissement réalisé par les petits agriculteurs et pêcheurs ; - Catégorie «B» : investissement réalisé par les investisseurs moyens dans l’agriculture et la pêche ; - Catégorie «C» : investissement réalisé par les grands investisseurs dans l’agriculture et la pêche, dans les activités de première transformation de produits agricoles et de pêche et leur conditionnement, ainsi que dans les services liés aux activités agricoles et de pêche. Les critères de classification de ces investissements, réalisés sous 11 forme d’opérations ponctuelles ou de projets intégrés, sont déterminés par décret sur la base notamment du revenu, de la superficie exploitée, du coût de l’investissement et de l’importance des équipements de pêche objet de l’investissement. L’article 30 de ce code quant à lui prévoit les avantages spécifiques au secteur agricole. Par contre pour le cas du Burkina c’est la confusion. Nous avons l’article 1 du code des investissements qui dispose que la présente loi portant Code des Investissements a pour objet la promotion des investissements productifs concourant au développement économique et social du Burkina Faso. Et comme investissements productifs, c’est l’article 2 qui précise qu’il s’agit de tout investissement devant permettre l’exercice d’une activité : - de production ; - de conservation ; - de transformation d’une matière première ou de produits semi-finis en produits finis ; - de prestations de services. Comme on peut le remarquer il n’est pas fait mention des secteurs d’activités de façon spécifique comme au niveau des codes des investissements sénégalais et tunisiens. Et pourtant si on va à l’article 6 du même code, on voit qu’il est prévu un alinéa qui dispose que « pour les entreprises de l’agriculture, de la sylviculture, de l’élevage et de la pisciculture, les critères de seuil d’investissement et de création d’emplois sont réduits au quart”. » Quelque chose que le code n’a pas clairement précisée dans son objet fait pourtant l’objet de référence spécifique dans un article. Pour ce qui concerne la promotion des investissements dans les Zones rurales, l’article 29 du code de 1995 dispose que « Les investissements nouveaux réalisés dans une localité située au moins à cinquante (50) kilomètres des centres urbains qui seront précisés par décret, bénéficieront pour chaque avantage prévu à l’article 24 ci-dessus d’une durée supplémentaire de deux (2) ans. » C’est le décret n°2000-099/PRES/PM/MCIA/MEF du 23 m ars 2000 fixant les conditions d'application de la loi n° 62/95/ADP du 14 décembre 1995 portant code des investissements au Burkina Faso qui a défini les dites localités en son article 23 : « Les entreprises installées au delà de 50 km autour des villes suivantes : • Ouagadougou • Bobo-Dioulasso ; • Banfora ; • Koudougou, Sont considérées comme entreprises décentralisées ». 12 Malheureusement depuis l’adoption de ce décret en 2000, il n’y a jamais eu d’étude pour évaluer l’impact de cette dérogation sur la promotion des investissements en zone rurale. En l’absence d’une telle étude, nous avons essayé de recueillir les statistiques des entreprises tout secteur d’activité confondu agréées au code des investissements au près de la CNI ainsi que sur la base de données du rapport sur l’industrie burkinabé. Il en ressort qu’il y’a un faible taux d’investissement dans les zones rurales. Ouagadougou et Bobo recevant plus de la moitié du volume total des investissements. (Voir statistiques dans l’annexe II). I.5 Essor des entreprises Agroindustrielles Les activités de transformation des matières premières agricoles connaissent particulièrement un regain de dynamisme à l’heure actuelle. Ainsi le dernier rapport sur l’industrie a montré que la part de l’industrie agro alimentaire dans l’ensemble du secteur industriel est passée de 18% en 2003 à 37% en 20073 soit un doublement. Les statistiques recueillies auprès de la CNI pour l’élaboration de cette note (voir annexe II) confirme que cette tendance est maintenue jusqu’à l’heure actuelle. La majorité de ces entreprises se trouve dans le domaine de l’huilerie, et de la production de pain (Boulangeries). Ainsi par exemple sur un total de treize (13) projets dans le secteur agroalimentaire agréés au code des investissements en 2010, trois (3) concernait l’huilerie et six (6) des boulangeries. On peut déplorer cependant de façon générale la faible transformation effectuée sur les matières premières agricoles qui ne confère pas de très grandes valeurs ajoutées aux produits finis. Un autre défi également à relever demeure la qualité des produits fabriqués qui sont souvent loin de répondre aux normes internationales. En plus du code des investissements que nous venons de voir, de nouveaux textes relatifs aux investissements viennent d’être adoptés par le gouvernement burkinabé dans le but d’attirer et de sécuriser davantage les investissements. II. LA LOI N°025-2012/AN DU 04 JUIN 2012 SUR LE REGIME FISCAL ET DOUANIER SPECIAL Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD), le Burkina Faso a adopté en juin 2O12 une loi portant institution d’un régime fiscal et douanier spécial applicable aux conventions d’investissement signées avec l’Etat. L’article 2 de cette loi dispose que « sont éligibles au régime prévu à l’article 1 les conventions d’une durée minimale de 10 ans et maximale de 15 ans, objet d’investissement d’un montant d’au moins vingt cinq milliards (25 000000 000) de francs CFA et de création d’au moins cent emplois permanents. Comme on peut le constater cette loi s’adresse aux investissements de grand volume nécessitant la signature d’une convention entre l’Etat burkinabé et l’investisseur. Les investissements miniers sont cependant exclus du bénéfice de ce régime spécial (article 3). 3 Voir le rapport sur l’industrie de 2003-2007 publié par la Direction Générale de l’Industrie. 13 Dans le cadre de la mise en œuvre du projet pôle de Bagre, les gros investissements agricoles pourront bénéficier des avantages de ce régime spécial. II.1. Avantages du régime spécial Les avantages du régime spécial ont été définis à l’article 4 de la loi. Il s’agit : a) Pendant la phase d’investissement - de l’exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), des droits de douane et autres prélèvements perçus à l’importation des biens et services destinés à la réalisation du projet, à l’exclusion de la redevance statistique, du prélèvement communautaire (PC) et du Prélèvement communautaire de solidarité. - de l’exonération de la fiscalité intérieure sur les acquisitions de biens, services et travaux de toute nature destinés exclusivement à la réalisation du projet. b) Pendant la phase d’exploitation - - - de l’acquittement des droits et taxes de douane au taux cumulé de 7,5% sur tous les biens et services importés dans le cadre du projet pendant toute la durée de la convention ; de l’exonération totale des droits et taxes de douane sur les exportations des biens et services produits ou transformés dans le cadre du projet ; de l’exonération totale pendant les sept premières années : - de l’impôt sur les sociétés ; - du Minimum forfaitaire de perception (MFP) ; - de la Contribution des patentes ; - de la Taxe des biens de mainmorte (TBM) ; - de la Taxe patronale d’apprentissage ; - de l’impôt sur les revenues des valeurs mobilières. De l’application de l’impôt sur les sociétés (IS) au taux de 15% au bénéfice imposable à partir de la huitième année jusqu’à la douzième année. La durée totale des avantages accordés doit coïncider avec celle de la convention. Comme on le voit les avantages du régime spécial sont de loin plus avantageux que ceux prévus par le code général des investissements. II.2. Etat de mise œuvre du régime spécial Depuis l’adoption de la loi sur le régime spécial, à peine quatre projets ont déjà soumissionné au bénéfice de ses avantages. On peut trouver ce chiffre relativement faible, mais quant on voit le montant d’investissement exigé, cela peut effectivement se justifier. Il convient également de mentionner une certaine ignorance de la loi par les promoteurs du fait qu’elle est encore récente et que la procédure pour y bénéficier est complexe (signature 14 d’une convention avec l’Etat). L’administration gagnerait cependant a faire davantage de publicité autour de cette loi pour éviter de créer la confusion avec d’autres textes. Mais déjà on peut noter que lors de la Conférence des investisseurs sur le projet pôle de Bagré organisé par le gouvernement burkinabé en 2012 pour encourager les investissements dans ce projet, la nouvelle loi a fait l’objet de publicité au près du monde des investisseurs. III. LA LOI D’ORIENTATION DE L’INVESTISSEMENT La loi d’orientation de l’investissement vient d’être adoptée par l’Assemblée Nationale en sa séance du 30 mai 2013 et a été promulguée par décret n°2013-496/PRES du 03 juillet 2013. III.1 Objectif général de la loi d’orientation L’objectif général de la loi d’orientation de l’investissement est d’offrir un cadre de référence pour la promotion, la réalisation et la sécurisation des investissements privés concourant à la croissance accélérée et au développement durable du Burkina Faso grâce à l’apport constant de flux d’investissements, aux créations de valeurs ajoutées, à la création soutenue d’emplois dans tous les secteurs d’activités économiques et au bien-être social des populations. III-2 Objectifs spécifiques Les objectifs spécifiques de la loi d’orientation de l’investissement concernent : - l’offre d’un cadre de référence pour la garantie et la sécurisation des investissements privés ; - l’énoncé des droits fondamentaux et des principes directeurs sur les investissements privés ; - la définition du rôle des acteurs étatiques et des opérateurs privés ; - l’offre d’un cadre de règlement des conflits ; - la promotion des pôles de développement ; - la mise en valeur des secteurs porteurs ; - la promotion des investissements liés à l’économie de la connaissance ; - la valorisation des matières premières produites ou existantes au Burkina Faso ; - la production de biens et services destinés au marché intérieur ou international ; - la production et l’utilisation de technologies appropriées ; - la modernisation des techniques locales et la recherche-développement. III .3 Institution du système déclaratif de l’investissement L’une des innovations majeures de la loi d’orientation pour l’investissement est d’avoir consacré le principe déclaratif de l’investissement en lieu et place de l’autorisation préalable qui prévalait jusque là (article 11). L’autorisation préalable à l’investissement consistait pour tout promoteur désirant effectuer un investissement dans un secteur donné au Burkina Faso d’obtenir auparavant un agrément technique du ministère assurant la tutelle dudit secteur. 15 Ainsi l’article 8 du Code des investissements dispose que : « les investisseurs doivent se faire délivrer une autorisation préalable par le Ministre chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat ». Le même article 8 précise que « L’autorisation est obtenue au plus tard une semaine après dépôt de la demande »et qu’elle a une durée de vie qui est de trois(03) ans prorogeable une seule fois pour une année. Dans la réalité le promoteur peut faire plus d’un mois avant d’obtenir son autorisation. Cela est dû au fait qu’une fois l’autorisation soumise au MICA, elle est ensuite envoyée dans deux structures distinctes (la Direction Générale de l’Industrie et la Direction des Guichets Uniques.) pour étude et avis avant d’être signée par le Ministre. Toutefois depuis la révision de 2010, les délais ont été sensiblement réduits au grand soulagement des promoteurs qui s’en plaignaient énormément. III.4 : Des mesures de soutien aux PME/PMI Dans la nouvelle loi d’orientation de l’investissement, un titre (titre VIII) est consacré à la mise en place d’un Fonds de financement et de Promotion des PME/PMI. Ce fonds aurait pour mission principale de contribuer au développement du secteur privé par le soutien à la promotion d’une dynamique entrepreneuriale et à l’émergence d’un tissu de petites et moyennes entreprises burkinabè viables et compétitives Le Fonds vise particulièrement à : - offrir en synergie avec les banques, établissements financiers et toutes structures d’appui aux PME/PMI, des produits financiers innovants et diversifiés sous forme de crédits d’investissement et d’exploitation à moyen et long termes et de fonds de bonification ; - offrir des produits non financiers sous forme d’un accompagnement à la création, à la formation, à l’information et à la gestion d’entreprise. Il est prévu qu’un décret pris en Conseil des ministres vienne préciser les attributions, l’organisation, la composition et le fonctionnement du Fonds de financement et de promotion des PME/PMI. La loi d’orientation n’a pas pour ambition de se substituer au code des investissements à travers des mesures incitatives ; elle se veut un cadre de référence pour tout investisseur désirant s’établir au Burkina Faso. Elle réaffirme l’attachement de notre pays aux valeurs de l’économie libérale à travers la garantie d’un certains nombre de droit tels que la liberté d’entreprise, le libre accès à la justice, le droit de propriété etc. Comme principale remarque que l’on peut faire sur la loi d’orientation de l’investissement par rapport au secteur agricole, c’est la consécration à l’article 42 d’un engagement de l’Etat burkinabé à élaborer un code agricole qui inclurait la législation foncière et traiterait de l’ensemble des questions rurales et plus particulièrement des terres à destination agricole, de l’énergie, des infrastructures, de la formation et de la recherche agricole, des agroindustries, du crédit agricole, des régimes douaniers, fiscal et parafiscal applicable au secteur. On peut cependant déplorer l’absence d’un mécanisme de suivi évaluation de la mise en œuvre de la loi. 16 IV. LES OPPORTUNITES D’INVESTISSEMENTS AU NIVEAU DES POLES DE CROISSANCE : LES POLES AGRO-PASTORAUX ET AGROINDUSTRIELS Les opportunités d’investissements, nombreuses et diversifiées, portent sur la réalisation et l’exploitation des grands aménagements hydro agricoles et agro-pastoraux existants ou en cours de réalisation. Dans la mise en œuvre de la SCADD, certains de ces aménagements ont été identifié comme des pôles de croissance, avec pour objectif la création et l’organisation de chaînes de valeur ajoutée autour des produits de rentes, des principaux produits vivriers, de l’élevage, de la pêche, de la sylviculture et de leurs sous-produits. On peut citer entre autres le pole de croissance de Bagré qui constitue une des priorités et le futur barrage hydraulique de Samandéni. IV.1. Le pôle de croissance de Bagré Le lac artificiel de Bagré, situé à un peu plus de 200 km au sud-est de Ouagadougou, a été formé par la construction d’un barrage hydroélectrique sur le Nakambé (Volta Blanche) en 1992. Cette zone a été identifiée pour abriter le premier des pôles de croissance4 définis par la stratégie gouvernementale (SCADD 2011-2015) et dont le développement représente le premier axe stratégique. Le Projet pôle de croissance de Bagré (PPCB), qui a débuté fin 2011 avec l’appui de la Banque mondiale, doit permettre de développer les investissements privés et de créer des emplois (avec un objectif de 30 000 emplois) dans le domaine agricole, notamment par le biais de partenariats public-privé. Le PPCB offre un potentiel d’irrigation de 50 000 hectares, dont 7 400 hectares irrigables par gravité, sur les deux rives du Nakambé en aval du barrage. Le projet prévoit la mise en place sur 15 000 hectares de canaux primaires d’irrigation, auxquels les producteurs peuvent relier leurs propres systèmes d’irrigation vers leurs parcelles. La retenue d’eau (1,7 milliard de mètres cubes) a permis de développer des activités piscicoles, dont le développement constitue un volet important du PPCB. Deux grandes zones pastorales contiguës au lac font également partie du projet. Il est prévu qu’une partie des infrastructures construites fasse l’objet de concessions avec appels d’offres auprès du secteur privé. De nombreux investisseurs privés ont déjà manifesté auprès des autorités le souhait de s’y implanter pour des projets de taille. IV.2 Les avantages du projet Bagrépôle au profit des investisseurs Comme avantages à accorder dans le projet ambitieux « pôle de croissance de Bagré » aux futurs investisseurs, l’Etat burkinabé vient d’adopter une loi au mois de mai 2013 portant « mesures incitatives en faveur des investisseurs de Bagrepôle » Ces avantages sont les suivants : a) Pendant la phase d’investissement - Droit de douane et taxe cumulé de 7,5% sur les biens importés et destinés à l’exploitation ; 4 Les pôles de croissance sont définis par la SCADD comme“ une combinaison d’entreprises et de centres de recherche publics ou privés sur un territoire donné ou une collectivité territoriale dont l’activité économique constitue un moteur de croissance économique”. 17 - Régime d’admission temporaire sous réserve du respect de la réglementation en vigueur pour les machines, véhicules et équipements professionnels ; exonération de la fiscalité intérieure sur les acquisitions de biens, services et travaux de toute nature destinés exclusivement à la réalisation du projet ; exonération pour les impôts indirects tels que : - de l’impôt sur les sociétés ; du Minimum forfaitaire de perception (MFP). de la Contribution des patentes ; de l’impôt sur les revenus des créances ; de la Taxe des biens de mainmorte (TBM) ; de la Taxe patronale d’apprentissage. Les investissements agréés doivent être réalisés dans un délai de trois (3) ans après notification de l’agrément. b) Pendant la phase d’exploitation - exonération totale des droits et taxes sur les biens et services produits ou transformés sur le site de Bagré ; exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant les sept premières années et au taux réduit de 12,5 % de la huitième à la douzième année ; exonération totale pendant les sept premières années : - du Minimum forfaitaire de perception (MFP) ; de la Contribution des patentes ; de la Taxe des biens de mainmorte (TBM) ; de la Taxe patronale d’apprentissage ; de l’impôt sur les revenues des valeurs mobilières. Cette loi n’est pas encore promulguée à notre connaissance. Nous suggérons que le futur code des investissements agricoles tout en tenant compte de ces différents textes, puisse définir clairement chaque activité agricole en prenant en compte ses besoins et spécificités pour pouvoir accorder les mesures incitatives appropriées. Quels sont les objectifs recherchés à travers les incitations de tout genre pour un pays comme le Burkina Faso? : A notre avis nous pouvons émettre les hypothèses suivantes : • • • S’il s’agit de développer les investissements dans les infrastructures agricoles (irrigation, barrage hydraulique, pesticide etc …) il faudra mettre l’accent sur les incitations sur la fiscalité de porte; S’il s’agit de développer les investissements au niveau des plantations agricoles, nous pensons que les incitations fiscales sont adaptées en plus de la promotion d’autres moyens comme les systèmes de micro crédit ; S’il s’agit de promouvoir les investissements en matière de transformations des produits agricoles (l’industrie manufacturière) il faudra cumuler les incitations fiscales et douanières ; 18 • Enfin s’il s’agit des investissements au niveau des services agricoles (R&D, label de qualité) il faudra mettre l’accent sur les incitations fiscales. De tout ce qui précède, nous pensons que pour gagner la bataille de la sécurité alimentaire il faut nécessairement une promotion soutenue du secteur agricole avec des mesures plus incitatives que celles déjà prévues par le code général des investissements, qui ne semble pas donner entière satisfaction aux promoteurs de ce secteur. On peut noter d’ailleurs que malgré les incitations accordées bon nombre d’entreprises n’arrivent pas à assurer la continuité de leur exploitation que ce soit pendant ou après la période d’exonération. V. NECESSITE D’UNE PROMOTION ACCRUE DU SECTEUR AGRICOLE. L’expérience a montré que si une bonne stratégie est développée autour d’un secteur, cela peut contribuer grandement à le booster. L’exemple typique au Burkina vient du secteur minier qui a pris son envol après les reformes opérées au début des années 2000 notamment l’adoption du code minier de 2003 beaucoup plus libéral. Si les investissements agricoles au Burkina Faso en principe sont éligibles au code des investissements, il n’en demeure pas moins que les incitations fiscales et douanières qui y sont prévues ne sont pas en mesure de répondre efficacement aux besoins de ce secteur. De plus, malgré la dérogation prévue par l’article 6 en matière de niveau d’investissement et de création d’emplois, une bonne partie des promoteurs du secteur agricole se trouve toujours exclue du code. Le secteur agricole est considéré comme un des piliers du développement économique. Tous les pays développés ont amorcé leur processus en assurant d’abord une sécurité alimentaire à leur population. Des études ont montré qu’après des années de négligence, l’agriculture est à nouveau à la mode5. Il y’ aurait une nouvelle vague d’investissement dans les terres agricoles et dans le domaine de l’eau, principalement en Afrique. La ruée des investisseurs a été déclenchée en réponse à l’essor des biocarburants à partir de 2003 et aux crises alimentaire et financière de 2008. De plus, en Janvier 2011, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avertissait d’un autre «choc des prix alimentaires» qui pourrait conduire à une crise alimentaire prolongée. L’indice des prix alimentaires ayant augmenté de 32 pour cent entre les mois de Juin et de Décembre 2010. Des émeutes causées par la situation alimentaire ont à nouveau éclaté dans quelques pays africains. En effet, les zones rurales et le secteur agricole ont désespérément besoin d’investissements car plus d’un milliard de personnes se couchent chaque soir le ventre vide principalement en Afrique. Soixante dix pour cent de ces personnes vivent dans les zones rurales et dépendent de l’agriculture pour leur subsistance. Par ailleurs, de nouvelles sources d’investissement privé pourraient soutenir l’engagement pris en 2003 par les chefs d’Etat africains dans la Déclaration de l’union africaine de Maputo, 5 Note publié par l’Institut International du Développement Durable sur « Comment investir efficacement en Afrique ? Le rôle des parlementaires » Carin Smaller Conseiller en Agriculture et Investissement (IIDD). 19 préconisant « l’affectation d’au moins 10 pour cent des ressources budgétaires nationales à la mise en œuvre des politiques agricoles et de développement rural dans les cinq ans. » Si le Burkina Faso veut donc engranger une part de ce renouveau des investissements dans le secteur agricole, il devra tout mettre en œuvre pour effectuer des reformes appropriées pour encourager et développer les investissements nationaux comme étrangers dans ce secteur. Pour ce qui concerne l’investissement étranger direct en particulier, il est largement reconnu aujourd’hui comme un apport potentiel important à la croissance et au développement. Il peut en effet apporter capital, technologie, savoir-faire et accès à de nouveaux marchés. Il est également plus stable et représente un engagement à plus long terme envers le pays hôte que d’autres formes de flux de capitaux. Tous les pays rivalisent d’ardeur aujourd’hui pour attirer ces IDE en ayant des codes d’investissements beaucoup plus libéraux et incitatifs. Aussi, le Burkina Faso ne saurait reste en marge de cette compétition. La Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement durable a inscrit le secteur agricole dans ses priorités. Egalement dans les actions de promotion de la croissance propauvre que la SCADD a définie, ce secteur vient également en tête6 . Pour tenir compte de ce vent nouveau qui souffle en faveur du secteur agricole, Le futur code des investissements agricoles devrait s’inscrire dans cette logique de libéralisation visà-vis des IDE. Elle devra accorder aux investisseurs nationaux comme étrangers un certain nombre de garanties juridiques qui puissent les rassurer dans leur choix d’investir au Burkina Faso. A ce niveau nous pouvons passer en revu les dispositions du code des investissements burkinabé de 1995 en ce qui concerne les droits reconnus aux investisseurs étrangers. V.1. Droits reconnus aux investisseurs étrangers D’une manière générale le code des investissements de 1995 reconnait un certain nombre de droit aux investisseurs étrangers régulièrement installés au Burkina Faso. IV.1.a. Principe de non discrimination Le premier alinéa de l’article 9 du code commence d’abord par reconnaitre la faculté aux investisseurs étrangers régulièrement installés un Burkina Faso d’acquérir des droits de toute nature utile à l’exercice de leurs activités tels que : - les droits immobiliers, fonciers, forestiers, industriels ; - les concessions ; - les autorisations et permis administratifs ; - la participation aux marchés publics. 6 La croissance pro-pauvres est définie comme une croissance qui réduit significativement la pauvreté. Cette croissance pro-pauvres visera à la fois l'accroissement du revenu et/ou du bien être des pauvres, la réduction de leur nombre ainsi que les inégalités entre eux et les non pauvres. 20 L’alinéa 2 précise quant à lui que ces investisseurs ne peuvent être soumis à des mesures discriminatoires de droit ou de fait dans le domaine de la législation et de la réglementation qui leur sont applicables quelle que soit leur nationalité. Les droits acquis de toute nature leur sont garantis. L’article 10 prône enfin le traitement national en faveur des investisseurs étrangers en matière de représentativité dans les assemblées consulaires. V.1.b. Droit au libre transfert des capitaux L’article 14 du code des investissements dispose que le droit au transfert des capitaux et leurs revenus est garanti aux personnes physiques ou morales étrangères qui effectuent au Burkina Faso un investissement financé par un apport de devises. L’alinéa 2 ajoute encore que les personnes étrangères qui ont procédé à des investissements ont le droit, sous réserve de la réglementation en matière de change, de transférer dans la devise cédée au moment de la constitution desdits investissements, les dividendes, les produits de toute nature des capitaux investis, les produits de la liquidation ou de la réalisation de leurs avoirs. Toujours dans le même registre l’article 15 reconnait aux personnes étrangères qui occupent un emploi dans une entreprise burkinabé le droit conformément à la réglementation en vigueur en matière de change, de transférer leurs salaires. V.1.c. Le droit de recours à l’arbitrage pour le Règlement des différends L’article 30 reconnait la justice transactionnelle comme mode de règlement des différends au Burkina Faso. Aussi dispose t-il que « Le règlement des différends résultant de l'application des dispositions du présent code aux entreprises agréées et la détermination de l'indemnité due par méconnaissance ou violation des obligations imposées, des engagements souscrits ou des garanties octroyées peut, indépendamment des voies de recours devant la juridiction administrative du Burkina Faso, faire l'objet d'une procédure d'arbitrage. » Cet arbitrage peut se faire devant le Centre International de Règlement des Différends relatifs aux Investissements parce que le Burkina Faso est partie prenante de la Convention de Washington de 1965. Avec la création récente du Centre d’Arbitrage de Médiation et de Conciliation de Ouagadougou (CAMC-O)7, il s’avère nécessaire de s’en référer dans le futur code des investissements agricoles parce que le code actuel n’en fait nullement cas. V.2 Perception générale des investisseurs sur le Burkina Faso 7 Le CAMC-O a été créé le 11 janvier 2005 et fonctionnel en 2007. Une démarche qui répond aux aspirations des acteurs économiques nationaux et non nationaux soucieux d’une gestion efficace et efficiente de leurs différends d’affaires et qui est en parfaite symbiose avec la volonté du législateur OHADA d’encourager la pratique de l’arbitrage, gage de sécurité et d’attractivité des investissements privés. 21 Suivant les enquêtes menées au cours de l’année 2011 par les experts de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement dans le cadre de l’élaboration du « Guide de l’Investissement du Burkina Faso »8 les investisseurs nationaux comme étrangers interrogés sur leurs perceptions sur l’environnement des affaires, montraient, de façon générale, une réelle satisfaction concernant la détermination affichée par les autorités pour améliorer le cadre de l’investissement du Burkina Faso. Quand on sait que le pays a hérité d’une période “révolutionnaire” (1983-1991)marquée par une économie très réglementée, protectrice et dominée par le secteur public, les mesures de libéralisation, de privatisation et de facilitation des affaires qui se sont accélérées au cours des dernières années sont donc à saluer à leur juste valeur. Cela a en effet rendu l’environnement légal et économique du pays beaucoup plus attractif. Les difficultés que les investisseurs soulèvent le plus souvent sont bien connues. Elles sont liées à l’enclavement du pays, au coût de l’énergie et aux insuffisances de certaines infrastructures de transport et de réseaux, la distance importante des côtes. Il est bien vrai que beaucoup reste cependant à faire, mais une dynamique est là et rien ne semble vouloir remettre cela en cause. La création de l’API-BF en 2013 constitue ainsi un tournant décisif dans la volonté des autorités du Burkina Faso de faire du pays une destination privilégiée des IDE. Le secteur agricole devrait sans aucun doute constituer un des principaux plats de résistance de cette Agence. Quelles sont les missions de l’API-BF ? Qu’est ce que le secteur agricole peut attendre d’elle ? C’est ce que nous allons tenter de développer dans le point suivant. VI. L’AGENCE DE PROMOTION DES INVESTISSEMENTS DU BURKINA FASO (API-BF) L’API-BF a été créée par décret n°2013-107/PRES/PM/ MICA/MEF du 07 mars 2013. Elle se présente comme un organisme public à caractère particulier, rattaché à la Présidence du Faso avec comme tutelle technique le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (MICA) et comme tutelle financière le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF). VI.1. Missions de l’API-BF L’API-BF a entre autres pour mission de : - la promotion du Burkina Faso comme destination privilégiée d’investissement ; - la mise en œuvre d’une stratégie proactive d’attraction des investissements étrangers directs et ceux des membres de la diaspora burkinabè ; - l’accueil, l’assistance et l’orientation des investisseurs étrangers et nationaux et la facilitation des démarches et formalités administratives relatives à la réalisation des projets d’investissements ; 8 Voir le rapport de la CNUCED sur Guide de l’investissement du Burkina Faso « opportunité et conditions » de 2012 publié par la CNUCED à la demande du gouvernement burkinabé 22 - la promotion des projets de partenariat et de joint venture entre les investisseurs nationaux et étrangers ; - le ciblage des investisseurs potentiels pour la réalisation des projets de partenariat public privé ; - la mise à disposition permanente d’informations économiques, commerciales et technologiques tant à l’intérieur du Burkina Faso qu’à l’étranger ; - le faire faire des infrastructures de support et de facilitation de l’investissement ; - la facilitation et le suivi de la réalisation des projets d’investissement identifiés et dignes d’intérêt. Le Conseil des Ministres du 03 juillet 2013 a procédé à la nomination des membres du Conseil d’administration représentant le secteur public. La première session de ce CA est prévue pour la deuxième quinzaine du mois de juillet 2013 et tout laisse à croire que lors de cette session les grandes orientations de l’API-BF seront définies pour son opérationnalisation. Au cours du processus de mise en place de l’Agence, l’idée était qu’il fallait donner à celle-ci un mandat fort qui lui permette de bien mener ses missions d’où son rattachement à la Présidence du Faso. La forme juridique a aussi fait l’objet de vives discussions parce que les différentes formes existantes au Burkina Faso ont montré de par le passé leurs limites et par conséquent étaient difficilement adaptables au mandat fort que l’on veut donner à l’API-BF. Aussi la notion d’organisme public à caractère particulier a été retenue. L’autre soucis et pas le moindre était la cohabitation de cette nouvelle structure avec d’autres déjà existantes qui font également de la promotion des investissements9. Fallait-il procéder à un réaménagement de certaines d’entre elles où les maintenir dans leur état actuel ? La solution adoptée a été de les maintenir en leur état et procéder à des correctifs au fur et à mesure de l’évolution de l’Agence. L’API-BF devrait en tout état de cause se focaliser principalement sur la promotion des IDE et des investissements nationaux de grand volume. Enfin la question des recettes propres à l’Agence s’était aussi posée avec acuité. Dans un premier temps il avait été préconisé que l’Agence puisse gérer des zones industrielles et autres infrastructures de facilitation des investissements pour générer ses recettes propres. 9 - Il existe plusieurs structures qui font de la promotion des investissements dont : la Maison de l’Entreprise et le Centre de Formalité des Entreprises Le Centre des guichets uniques ; L’Office National du Commerce Extérieur; La Chambre de Commerce et d’Industrie ; Le Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB) L’Office National du Tourisme du Burkina Le Conseil Burkinabé des Chargeurs ; Le Conseil Economique et Social ; Le Conseil Présidentiel pour l’Investissement ; La Commission Nationale des Investissements. L’Agence de Financement et de Promotion des PME. 23 Mais finalement cette idée a été abandonné au profit du « faire faire des infrastructures de facilitation des investissements ». Aussi les principales recettes de l’API-BF devraient provenir des rétributions versées par les bénéficiaires de services et autres prestations qu’elle aura fourni. VI. 2. Ressources humaines et financières de l’API-BF a) les ressources humaines Suivant les dispositions de l’article 29 des statuts particuliers de l’API-BF adoptés par le décret n°2013-165 /PRES/PM/MICA/MEF du 25 mars 2013 , le personnel de l’Agence se compose uniquement d’agents recrutés directement. Selon le rapport d’étude de la mise en œuvre de l’API-BF validé en décembre 2011, ce personnel devrait être au nombre d’une trentaine repartit suivant le tableau ci-dessous. Poste Nbre DIRECTION GENERALE Directeur Général 1 Assistante de Direction Multilingue 1 Informaticiens 2 Chauffeur 1 Agent de liaison-reprographe 1 DIRECTION DE LA COMMUNICTION, DU MARKETING ET DE LA PROMOTION Directeur de la Communication, du Marketing et de la Promotion 1 Chef du Service Communication, Documentation et Information 1 Chargé de Communication 1 Chargé du Filtrage 1 Chef du service Prospection et Ciblage des Investisseurs 1 Chargé de promotion/secteur 3 DIRECTION DE LA FACLITATION DES INVESTISSEMENTS Directeur de la Facilitation des Investissements 1 Chef du Service Assistance aux Investisseurs 1 Chargé de facilitation/secteur 3 Chef du Service du Suivi des investisseurs 1 24 Poste Nbre Chargé du suivi des investisseurs 2 DIRECTION DE LA VEILLE ET DE LA PROSPECTIVE Directeur de la Veille et de la Prospective 1 Chef de service veille sur le Climat des Investissements 1 Cadre chargé de la veille 2 Chef de service Etudes Prospectives 1 Chargés d’études 2 DIRECTION DE L’ADMINISTRATION ET DES FINANCES Directeur de l’Administration et des Finances 1 Chef de service financier et comptable 1 Comptable 1 Caissier-trésorier 1 Chef de service administratif et du personnel 1 Chargé des marchés 1 Agent administratif 1 b) Les ressources financières Selon l’article 21 des statuts particuliers de l’API-BF, Les ressources de cette dernière sont constituées par : - la subvention de l’Etat ; les ressources mises à sa disposition par les partenaires ; les rétributions versées par les bénéficiaires de services et autres prestations fournies par l’API-BF ; les revenus financiers ; les produits de l’aliénation des biens, fonds et valeurs ; les emprunts ; tout type de redevance dont le produit est affecté à l’API-BF ; les dons, legs et tout concours financier affectés à la réalisation des objectifs de l’API-BF et compatibles avec ses missions. VI.3. Défis de l’API- BF face au secteur agricole 25 L’agriculture en effet a toujours occupé une place prépondérante dans l’économie du Burkina Faso. Elle contribue chaque année à près de 18% (INSD) au produit intérieur brut (PIB) et emploie plus de 80% de la population. Aussi le développement de l’agriculture occupe donc une place de choix dans la stratégie de développement du Burkina Faso. Suivant l’étude réalisée par le Board of Investment de l’Ile Maurice10 dans le cadre de l’opérationnalisation de l’API-BF et validée en décembre 2012, il y ‘aurai de nombreuses opportunités d’investissements dans l’agriculture et l’élevage. L’API-BF devra s’employer à relever les projets agricoles les mieux aboutis pour les porter à la connaissance du monde des investisseurs pour susciter des intérêts. Elle devra pour cela disposer d’une banque de données de projets agricoles qui sera régulièrement mise à jour. Dans la mesure où l’organigramme de l’API-BF prévoit un chargé de facilitation des investissements agricoles, ce service devra travailler permanemment en étroite collaboration avec le Ministère de l’Agriculture pour un meilleur suivi de ces projets. Il est aujourd’hui unanimement reconnu l’importance des Partenariats Publics Privés dans le processus de développement d’un pays. Une des missions de l’API-BF sera d’dentifié les domaines ou les PPP pourront intervenir utilement et efficacement. Dans le secteur agricole il y’a de nombreuses opportunités dans ce domaine. VI.4. Défis face à l’investissement au niveau communautaire UEMOA/CEDEAO Le Burkina Faso est un marché trop limité pour pouvoir attirer à lui seul des IDE à la fois importants et diversifiés, en dehors de l’exploitation des ressources naturelles. Le renforcement de l’intégration régionale au sein de l’UEMOA se doit donc de figurer parmi les priorités du Gouvernement. L’intégration régionale est aussi un outil important de lutte contre les surcoûts imposés par l’enclavement. Le développement d’infrastructures intégrées au niveau régional (transport, électricité) offre également la possibilité de solutionner certaines contraintes structurelles. L’idée de la mise en œuvre d’un code communautaire des investissements au niveau de l’UEMOA qui a été lancée depuis une dizaine d’année connait actuellement une accélération de son processus avec la tenue de réunions périodiques entre experts des pays membres sur la question. L’article 2 du projet dudit code dispose ainsi en ce qui concerne sa nature et son champ d’application que « Le présent Code dénommé « Code Communautaire des Investissements des Etats membres de l’UEMOA » s’applique uniformément, sous réserve des dispositions de l’article 3 ci-après sur toute l’étendue du territoire de l’Union, à tout investisseur, quels que soient sa nationalité, la forme juridique de son entreprise et le secteur d’investissement devant permettre l’exercice de toute activité de production, de conservation, de transformation et de prestation de services. » Pour ce qui concerne la CEDEAO, on peut relever le cas du Schémas de libéralisation des échanges de la CEDEAO11 comme défis à relever pour le Burkina Faso. On remarque en 10 Dans le cadre de la mise en place de l’Agence de Promotion des investissements du Burkina Faso, le Gouvernement burkinabé a signer un protocole d’accord d’assistance technique avec le Board of Investment de l’Ile Maurice en 2011. 11 Selon l’article 3 du traité révisé de la CEDEAO, l’un des principaux objectifs de la CEDEAO est de promouvoir l’intégration économique de la région en créant un marché commun, entre autres. L’instrument créé à cet effet est le Schéma de Libéralisation des Echanges de la CEDEAO (SLE). Le SLE est un outil qui vise à la mise en place 26 effet, un très faible taux d’agrément des entreprises et produits burkinabé pour bénéficier des avantages de ce schéma. Par contre certains pays comme le Nigéria et le Ghana ont des milliers d’entreprises et produits agréés dans ce schéma. Par exemple au cours des cinq (5) dernières années à peine quatorze (14) entreprises et vingt deux (22) produits burkinabé ont été agréés au SLE dont près de 90% sont des produits de l’agro-industrie. Il est souhaitable que L’API-BF puisse tisser rapidement des partenariats dynamiques avec avec les différentes API de la sous région dans le domaine d’échange des informations sur les opportunités d’investissements existantes de part et d’autres dans l’espace sous régional. CONCLUSION GENERALE effective de la Zone de Libre Echange. Le mécanisme du SLE assure la libre circulation des marchandises sans le paiement des droits de douanes et des taxes d’effet équivalent à l’importation dans l’espace CEDEAO. De plus, il permet la mise en place de mesures pour réduire les nombreuses formalités aux frontières. 27 Dans la perspective de la relecture du code général des investissements en cours, il s’avère impérieux que le consultant qui sera commis pour l’élaboration du code des investissements agricoles puisse prendre cela en compte. Il devra aussi s’appuyer sur la loi n°025-2012/AN d u 04 juin 2012 portant institution d’un régime fiscal et douanier spécial applicable aux conventions d’investissement signées avec l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD). La loi d’orientation de l’investissement au Burkina Faso qui vient d’être adoptée par l’Assemblée Nationale en sa séance du 30 mai 2013 et promulguée par décret n°2013496/PRES du 03 juillet 2013, contient également des dispositions intéressantes en matière de garanties offertes aux investisseurs qui pourront utilement éclairer le consultant dans sa future tâche. Nous avons enfin le projet de loi portant sur les mesures fiscales en faveur des PME12 dont l’adoption est aujourd’hui d’actualité et qui s’inscrit également dans le registre de promotion des investissements au niveau des PME. Le risque est donc grand que l’on se retrouve en face d’une prolifération de textes incitatifs qui risque d’engendrer une confusion et être préjudiciable à l’administration fiscale et douanière. Dans la perspective de la tenue des Assises nationales sur la fiscalité sous l’égide de son Excellence Monsieur le Premier Ministre prévue au cours du deuxième semestre de l’année 2013, cela pourrait constituer une tribune pour discuter sur l’ensemble des différents textes incitatifs en cours actuellement. 12 L’avant projet de loi sur les mesures fiscales en faveur des PME fait suite au projet d’adoption d’une Charte Nationale des Pme qui est une recommandation de l’UEMOA, elle devra faire l’objet de discussions à la prochaine assise sur la fiscalité. 28 ANNEXES I REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 29 - Préparation des états généraux de l’industrie Burkinabè. L’industrie Burkinabè à la croisée des chemins. Rapport final de lancement du processus. CCIA B, GPI et MEB Aout 2006 ; - Document sur la Stratégie de Croissance Accélérée et du Développement Durable (SCADD) ; - Rapport sur l’industrie au Burkina Faso. DGDI 2003-2007 ; - Examen de la Politique d’Investissement du Burkina Faso CNUCED mars 2009; - Guide de l’Investissement du Burkina Faso : Opportunités et Conditions ; CNUCED décembre 2012 ; - Rapport d’étude du Board of Investment de l’Ile Maurice pour la mise en place d’une Agence de Promotion des Investissements ; - Note publié par l’Institut International du Développement Durable sur « Comment investir efficacement en Afrique ? Le rôle des parlementaires » Carin Smaller Conseiller en Agriculture et Investissement (IIDD) mai 2009 ; - Etude sur le cadre d’action pour l’investissement agricole au Burkina Faso, Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale, mars 2011 ; - Code des investissements du Burkina Faso ; - Loi n°025-2012/AN du 04 juin 2012 portant institut ion d’un régime fiscal et douanier spécial applicable aux conventions d’investissement signées avec l’Etat dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD). - Décret n°2013-107 /PRES/PM/MICA/MEF du 07 mars 201 3 portant création de l’Agence de Promotion des Investissements du Burkina Faso (API-BF). - Projet de Charte Nationale des PME du Burkina Faso ; SITES WEB : - http// www. Code des investissements du Sénégal ; - http//www. Code des investissements du Mali ; - http//www. Code des investissements de la Tunisie. 30 ANNEXES II (Listes des entreprises du secteur agricole agréés au Code des investissements de 2009 -2011) SITUATION AGREGEE DES ENTREPRISES DU SECTEUR AGRO ALIMENTAIRE AGREEES AU CODE DES INVESTISSEMENTS 2009 Tableau N°1 Secteurs d’activités I. Activités de Production Huileries B Boulangeries Production Concentré de tomate Transformation noix d’anacarde Egrenage de coton Transformation de mangues Production boissons alcoolisées Micro brasseries l Aliments de bétail Décorticage de riz TOTAL Ouaga LOCALISATION Bobo Autres Total Montant des Investissement s (1000 FCFA) Nombre d’emplois à créer Exonérations prévisionnelles sur 5 ans (1000 FCFA) Valeur Ajoutée (1000 FCFA) 2 8 1 1 2 - 1 4 1 1 1 1 4 1 1 - 4 16 1 1 1 1 1 1 2 1 5 771 056 4 039 122 9 168 986 2 089 799 29 242 749 892 542 264 071 367 223 1 990 905 357 955 159 476 75 189 75 175 7 43 115 35 3 738 031 2 757 796 719 782 699 503 20 644 212 887 978 2 121 363 402 141 2 669 603 569 632 15 167 827 10 121 899 4 600 892 4 239 882 73 691 924 3 818 145 7 237 848 2 952 650 3 293 327 2 438 369 14 8 7 29 54184408 1349 35210041 127562763 Source, Commission Nationale des Investissements SITUATION AGREGEE DES ENTREPRISES DU SECTEUR DE L’ AGROALIMENTAIRE AGREEES AU CODE DES INVESTISSEMENTS EN 2010 Tableau N°2 Secteurs d’activités I. Activités de Production H Huileries B Boulangeries E Ensachage d’eau de forage T Transformation de maïs en farine P Production de jus P Production boissons alcoolisées P Production de glace alimentaire D Décorticage de riz SOUS TOTAL 1 Ouaga LOCALISATION Bobo Autre Total s Montant des Investissement s (1000 FCFA) Nombre d’emplois à créer Exonérations prévisionnelles sur 5 ans (1000 FCFA) Valeur Ajoutée (1000 FCFA) 1 1 14 2 1 - 3 20 3 1 3 1 1 1 6 758 746 4 714 412 1 894 266 500 055 1 436 598 460 699 123 319 357 955 133 428 91 28 68 23 19 35 1 791 794 71 356 178 2 221 995 640 770 1 042 069 202 719 151 101 569 632 11 218 859 12 783 643 7 525 364 2 302 600 9 191 804 6 206 928 689 631 2 438 369 3 17 33 16246050 825 77976258 52357198 3 6 1 2 1 - - 13 1 SITUATION DES ENTREPRISES DE L’AGR0ALIMENTAIRE AGREEES AU CODE DES INVESTISSEMENTS DU 1er JANVIER AU 31 DECEMBRE 2011 Tableau N°3 N° d’ordre Promoteur Société de Transformation de Fruits et Légumes 1 (STFL) Société de Développement du Secteur Agricole 3 (SODESA SA) AGRITECH FASO 8 SA KOYAMGA 10 SERVICES SARL SAVANA PIZZA 12 SARL BURKINA PRIMEUR 18 SARL Capital social (1 000 FCFA) Objet Production de concentré de 800 000 tomate et de mangue 21 000 Montant des Lieu investissemen Nombre d'implantation ts d'emplois (1 000 FCFA) Loumbila Production d’huile à base 18 160 de jatropha 1 000 119 2 614 107 Valeur Ajoutée (1 000 FCFA) Ensachage d’eau de forage Boni 4 886 033 51 3 454 289 15 947 750 5 028 022 104 2 213 540 16 373 909 Ouagadougou 670 231 28 97 457 1 142 193 Ouagadougou 210 670 21 106 133 564 703 Ouagadougou 553 548 22 152 838 1 267 325 Patisseriepizzeria Production et 1 000 conservation d’oignons Réf. de l'arrêté d'agrément 2011-027 /MICPIPA/MEF/C 14 512 085 NI du 18 mars 2011 Production agricole Toussiana 1 000 11 127 183 Manque à gagner (1 000 FCFA) 2011-029 / MICPIPA/MEF/CN I du 18 mars 2011 2011-049 / MICPIPA/MEF/CN I du 4 avril 2011 2011-051 / MICPIPA/MEF/CN I du 4 avril 2011 20110092/MICA/MEF/ CNI du 20 juin 2011 20110099/MICA/MEF/ CNI du 22 juin 2011 Société de Fabrication d’Aliments pour Bétail 21 (SOFAB SA) OASIS AFRICA 24 SARL Société de Production de Produits Laitiers 25 (SOPROLAIT SA) Société de Transformation de Produits Agricoles (SOTRAPOAG 27 SARL) Société Burkinabé des Filières Alimentaires (SBFA 28 SA) Fabrication d’aliments 100 000 enrichis pour bétail Traitement et conditionnemen 2 000 000 t d’eau aromatisée 100 000 Koubri 5 239 935 55 1 162 056 Ouagadougou 1 502 651 57 2 144 622 Koubri 7 609 122 64 1 680 589 Production de produits laitiers Transformation 1 000 de l’anacarde Samagan Ensachage d’eau de 100 000 forage, d’eau aromatisée et de bissap 31 152 934 2 217 271 72 617 347 289 682 20 74 156 KOAMA INDUSTRIE 34 SARL Ensachage d’eau de forage 2 000 et d’eau aromatisée Bobo-Dioulasso 496 429 34 102 493 44 BOULANGERIE 1 000 Boulangerie 121 935 25 59 629 Monsieur YELKOUNI 32 Saïdou - Ensachage d’eau de forage Ouagadougou 1 071 049 TanghinDassouri Ouagadougou 201100109/MICA/MEF/ CNI du 18 juillet 24 302 559 2011 201100112/MICA/MEF/ CNI du 18 juillet 1 713 445 2011 201100113/MICA/MEF/ CNI du 18 juillet 23 003 945 2011 201100115/MICA/MEF/ CNI du 18 juillet 2 370 476 2011 201100125/MICA/MEF/ CNI du 11 août 4 897 289 2011 201100129/MICA/MEF/ CNI du 11 août 869 365 2011 201100131/MICA/MEF/ CNI du 11 août 3 442 902 2011 419 914 2011- FATIM’S SARL La Baguette du Faso 49 SARL 51 PRO-AGRO SARL SEEDROCK 55 BURKINA SARL HUILERIE KONSA 64 (HK SARL) BOULANGERIE 67 FATIM’S SARL 2 000 Boulangerie Ouagadougou Production de 3 000 maïs et de pomme de terre Production d’huile à base 1 000 de graine de tournesol Production d’huile 2 000 alimentaire et d’aliments de bétail 1 000 Bagré Léo 261 530 32 61 867 1 178 139 35 273 959 273 950 29 68 050 Bobo-Dioulasso 202 241 21 14 544 Ouagadougou 325 786 35 62 199 Boulangerie (secteur 23) TOTAL GENERAL 43265407 855 15112809 0164/MICA/MEF/ CNI du 30 septembre 2011 20110171/MICA/MEF/ CNI du 30 738 656 septembre 2011 20110173/MICA/MEF/ CNI du 30 2 181 804 septembre 2011 20110187/MICA/MEF/ CNI du 11 octobre 1 788 160 2011 20110218/MICA/MEF/ CNI du 29 1 384 279 novembre 2011 20110255/MICA/MEF/ CNI du 30 762 018 décembre 2011 117682777