Pax Christi International Déclaration concernant l`article 9 de la
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Pax Christi International Déclaration concernant l`article 9 de la
Pax Christi International Déclaration concernant l’article 9 de la constitution japonaise Pax Christi, le mouvement Catholique international pour la paix, regrette vivement la décision du 1er juillet 2014 du gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe par laquelle il approuve des changements à la politique de sécurité du Japon en vigueur depuis la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle approche sécuritaire peut en effet conduire les forces d’autodéfense à recourir à la force militaire lors des missions à l’étranger et permettrait aussi au Japon d’exercer le droit de légitime défense collectif. Pax Christi International et plusieurs de ses organisations affiliées, y compris le Conseil Catholique Justice et Paix (CCJP) du Japon, mènent depuis de longues années une campagne pour la préservation de la version originale de l’article 9 de la constitution qui se lit comme suit : « Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l'ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l'État ne sera pas reconnu. » A présent, avec les modifications quant à l’interprétation de l’article 9, un document approuvé par le gouvernement autorise l’usage de la force comme moyen de légitime défense non seulement lorsque le Japon est attaqué mais aussi quand un proche allié du Japon fait également l’objet d’une attaque. Cette nouvelle attitude de l’actuel gouvernement japonais constitue un tournant historique pour le Japon depuis la seconde guerre monde mondiale et un affaiblissement de son engagement constitutionnel pour la non-violence. Pax Christi International est très préoccupé par la décision visant à réviser l’article 9 de la constitution japonaise. En effet, l’article 9 demeure un signe d’espoir pour un monde en quête d’une paix profonde, inclusive et durable. Il a encouragé le dialogue et la diplomatie en aidant le Japon à devenir un facteur stabilisateur en Asie de l’Est plutôt qu’une menace pour les pays voisins. Nous exhortons vivement le gouvernement japonais à gérer les différends territoriaux dans l’esprit de l’article 9 plutôt que de procéder à la révision d’un article aussi important que visionnaire de la constitution japonaise. Des sondages récents ont montré que la majorité du peuple japonais souhaite garder la constitution pacifique dans sa version originale. Les leaders religieux et des personnalités éminentes des organisations de la société civile ont également haussé le ton et fait connaître leurs mécontentements quant aux amendements à l’article 9. Nous nous félicitons de la récente déclaration de la Conférence des évêques catholiques du Japon et apportons un appui à leur appel ferme à l’endroit du Premier ministre Abe et son gouvernement pour leur « lourde responsabilité à ne pas exposer le peuple japonais et les peuples des autres nations aux dangers de la guerre mais au contraire à léguer à nos enfants un monde en paix débarrassé de toute guerre ». Nous réaffirmons notre conviction selon laquelle amender l’article 9 de la constitution japonaise ou changer son interprétation porte atteinte à la volonté de la majorité du peuple japonais et serait en même temps un pas important dans la mauvaise direction. Au contraire l’engagement contenu dans l’article 9 visant à la mise en place de relations internationales pacifiques fondées sur la réconciliation, l’égalité et le respect mutuel doit représenter un modèle pour le monde. Pax Christi International s’associe à Global Article 9 Campaign et invite toutes ses organisations membres à signer et à distribuer la pétition internationale en ligne intitulée « Prime Minister Shinzo Abe: Save Japan's Peace Constitution ». Bruxelles, le 4 juillet 2014