ETUDE SUR LE CREDIT AGRICOLE

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ETUDE SUR LE CREDIT AGRICOLE
01 BP 2978 Ouagadougou 01
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ETUDE SUR LE
CREDIT
AGRICOLE
ET FINANCEMENT DES
EXPLOITATIONS FAMILIALES
Rapport provisoire
Octobre 2010
ETUDE SUR LE CREDIT AGRICOLE
ET FINANCEMENT DES
EXPLOITATIONS FAMILIALES
Par
Dr Gountiéni D. LANKOANDE & Mahamadou Diarra
Dans ce rapport, les termes utilisés et l’analyse des données qui y figurent n’impliquent
aucune prise de position de la Confédération Paysanne du Faso (CPF). La mention des
Institutions, les produits et offres diverses n’impliquent aucune approbation ni engagement de
la part de la CPF. Dans ce texte, les analyses faites, les opinions émises sont celles des auteur(s)
et ne représentent pas nécessairement celles de la CPF et de ses Partenaires techniques et
Financiers (CPF).
Tous droits réservés. Les données et informations contenues dans ce rapport ne peuvent être
reproduites à des fins commerciales sans autorisation préalable du détenteur des droits
d’auteur et à condition que la source des informations soit clairement indiquée.
© CPF novembre 2010
i
TABLES DES MATIERES
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................................... i
AVANT-PROPOS .................................................................................................................................. 1
REMERCIEMENTS ................................................................................................................................ 2
SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................................. 3
INTRODUCTION................................................................................................................................... 4
I.
CONTEXTES ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE ........................................................................ 7
1.1. Situation géographique et implications ...................................................................................... 7
1.2. Caractéristiques sociodémographiques....................................................................................... 7
1.3. Situation agricole ......................................................................................................................... 8
1.4. Caractéristiques du système bancaire ......................................................................................... 9
1.5. Contexte politique ....................................................................................................................... 9
1.6. Situation économique................................................................................................................ 10
II.
ETATS DES LIEUX SUR LE FINANCEMENT DE L’AGRICULTURE...................................... 10
2.1.
Les structures de financement ............................................................................................. 10
2.1.1
Les banques classiques .................................................................................................. 11
2.1.2
Le système financier décentralisé ................................................................................ 11
2.2.
Grands constats sur le financement agricole....................................................................... 15
2.2.1
Principaux constats sur l’offre de financement........................................................... 15
2.2.2
Analyse diagnostic de la demande de financement du secteur .................................. 24
III. SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS ............................................................................... 37
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................................ 41
ii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1:
Liste des banques classiques qui finance l’agriculture ................................................ 11
Tableau 2:
Liste des IMF membres de l’APIM-BF à jour au 30 avril 2010 .................................. 12
Tableau 3:
Utilisation des crédits déclarés à la centrale des risques............................................. 16
Tableau 4:
Part du financement de la BACB dans l’agriculture (millions de FCFA) .................. 17
Tableau 5:
Crédits bancaires au secteur agricole selon l’horizon temporel. ................................ 18
i
AVANT-PROPOS
A l’instar des autres pays de la sous région, la politique agricole (SDR1) du Burkina vise à
garantir la souveraineté alimentaire et à faire du secteur agricole le moteur de l’économie
nationale.
A l’heure actuelle, elle oscille entre promotion de l’agrobusiness et exploitation familiale
comme modèles pour favoriser l’émergence d’un secteur agricole structuré, compétitif, et
intégré à l’économie sous-régionale. Mais, pour la réalisation d’un tel objectif, le
financement reste une question fondamentale qui a encore du mal à trouver la forme
adéquate. Pourtant, le secteur agricole burkinabè est doté d’énormes potentialités non
encore mis suffisamment en valeur. La faible rentabilité et les risques élevés relatifs aux
filières agricoles rendent l’accès des producteurs agricoles au crédit très difficile de
manière générale et celui des petits producteurs en particulier.
Au regard de la place de l’agriculture dans l’économie burkinabè et de l’importance de
l’activité des petits producteurs dans le secteur, il est capital d’imaginer un dispositif
original de financement permettant une véritable promotion de l’exploitation familiale.
Une des orientations pourrait être de combiner mécanismes de marché et intervention
publique (interventions publiques visant à réduire les taux d’intérêts). Une solution
complémentaire pourrait être la constitution d’une base de fonds propres de départ des
organisations de producteurs ou l’alimentation de fonds de garantie.
Dans cette perspective et dans le cadre du regroupement régional, la constitution d’un
fonds régional d’orientation et de financement agricole pourrait être une piste sérieuse.
1
Stratégie de Développement Rural
1
REMERCIEMENTS
Nous formulons nos sincères remerciements à tous ceux qui, ont, d’une manière ou d’une
autre, apporté leur contribution à la réalisation de la présente étude. Nos remerciements
vont particulièrement:
Le président de la CPF pour sa disponibilité,
Le Secrétaire permanent, Monsieur Sanwidi Maurice,
Monsieur Ouandaogo Issiaka pour son appui technique et ses conseils,
Tout le personnel de la CPF et leurs partenaires techniques et financiers pour les
facilités accordées,
Tous les membres de la CPF, pour leur disponibilité à répondre à nos questions et
leur participation.
2
SIGLES ET ABREVIATIONS
CEDEAO
Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest
CEDRES
Centre d’Etudes, de Documentation et de Recherche Economiques et Sociales
CPF
Confédération Paysanne du Faso
OP
Organisation Paysanne
OSC
Organisation de la Société Civile
OXFAM
Comité d’Oxford de Lutte Contre la Famine
PTF
Partenaire Technique et Financier
SDR
Stratégie de Développement Rural
SPONG
Secrétariat Permanent des ONG
TDR
Termes de Référence
IMF
Institution de Microfinance
SFD
Système Financier Décentralisé
UEMOA
Union Economique et Monétaire Ouest Africaine
3
INTRODUCTION
Le secteur monétaire et financier est apparu à un moment donné, à l’instar du secteur des
infrastructures, comme un secteur prépondérant dans le développement économique
(Berthélémy, 1998 ; Dimitri, Germidis, Denis Kessler et Rachel Meghir, 1991). Il s’agissait
alors de mobiliser les ressources financières nationales et étrangères nécessaires à
l’investissement et d’offrir à toutes les catégories sociales un plus grand accès aux services
financiers (ELLSASSER, 1993). L’idée de base repose sur le fait qu’il existe un lien étroit
entre développement financier et développement économique (Schumpeter, 1911 ; Zeller
M. ; Von Braun J. ; John K. et Puetz D, 1994). Le développement apparaît alors comme
une promesse de l’accroissement des financements (Assidon, 1991).
Dans cette optique, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de l’UEMOA, a adopté au
début des années 90, un certain nombre de mesures et de politiques de libéralisation
financière. En mettant en place ces mesures, deux principaux résultats sont attendus :
l’accroissement des dépôts effectués auprès des banques et l’augmentation du volume des
crédits accordés (McKinon 1973, E.S. Shaw 1973, 1 cité par P. Moreira, Banque Mondiale
1989), l’objectif final étant d’accroître les revenus du plus grand nombre d’agents
économiques. Sur la base de ces différents arguments, les réformes financières adoptées
ont conduit finalement à la création ou à la délocalisation d’un nombre important de
Systèmes Financiers (SF) perçus alors comme des instruments plus adaptés au financement
du monde rural en général très pauvre (PNUD, depuis 1997). Aujourd’hui, malgré ce
boum du système financier burkinabè, le constat est que l’accès aux services financiers
reste une question préoccupante surtout pour le milieu rural.
Or, au cœur du développement du pays, ces populations rurales, pour la plupart
agriculteurs occupent une place de choix. L’agriculture occupe en effet près de 80% de la
population (PNUD, 2001). Avec l’élevage, elle constitue plus du tiers du PIB (environ
35% : INSD, 2008).
Compte tenu de l’importance de ce secteur, plusieurs milliards de FCFA sont
annuellement injectés dans l’agriculture burkinabè par l’Etat et les partenaires techniques
et financiers (PTF). Pour l’année 2008 par exemple, le Ministère de l’Agriculture, de
l’Hydraulique et des Ressources Halieutiques (MARH) à lui seul a absorbé 11,15% du
budget national avec 98 030 590 000 FCFA d’investissement (INSD, 2008).
Malheureusement, ces efforts combinés aux investissements privés et à l’offre du système
financier demeurent encore très insuffisants face aux besoins aussi bien sur le plan
quantitatif que qualitatif. En effet, la plupart des exploitants agricoles burkinabè sont
exclus du système de financement. Le désengagement de l’Etat des secteurs de production
qu’on a observé avec l’avènement des politiques de libéralisation a contribué à accentuer
l’exclusion du monde rural du système de financement.
Au départ, les IMF ont émergé surtout pour résorber le problème d’accès au crédit des
agents à faible capacité financière comme les petits exploitants. Malheureusement, les
4
produits et services proposés par ces Institutions ont tendance à s’écarter de ce premier
objectif. Une analyse de la situation montre qu’elles s’intéressent davantage et de plus en
plus aux marchés présentant une plus grande rentabilité et des risques dits acceptables.
Malgré le nombre important des IMF, la part destinée au financement du secteur de
l’agriculture reste très marginale. Par exemple, au niveau de la Caisse Populaire qui est
particulièrement la structure de proximité la plus représentative, le porte feuille de
crédits allant à l’agriculture est seulement d’environ 8%. Ce qui est paradoxale pour une
institution qui se veut proches des petits exploitants.
Le retrait progressif de l’État devait être compensé par des financements privés qui tardent
à se concrétiser. Face à cette situation, la Confédération Paysanne de Faso (CPF) en
relation avec ses partenaires œuvrent activement à trouver des pistes de solution pour
l’accroissement des financements alloués au secteur agricole et c’est dans ce contexte que
s’inscrit la présente étude.
Son objectif principal est de faire un diagnostic du système du crédit agricole en lien avec
les contraintes / modalités d’accès des producteurs et productrices organisés en
exploitation familiale telle que vue par la CPF. Elle ambitionne de dresser un état des
lieux sur les systèmes de financement existants ou s’adressant « au volet Agricole »
(agriculture + élevage). Il s’agit également de cerner les contraintes majeures qui limitent
l’accès des petits producteurs au crédit agricole en vue de la réalisation d’actions de
plaidoyer et à terme, la mise en place d’un mécanisme de financement adéquat et stable au
profit de ce secteur qui constitue la base de l’économie de notre pays.
De manière spécifique, l’étude vise à :
1) faire un état des lieux de la demande et de l’offre de crédit agricole aussi bien au
niveau du système bancaire classique que des structures de financement
décentralisées.
2) réaliser un bilan de toutes les actions déjà menées par la CPF et ses membres en
faveur de la facilitation de l’accès aux crédits au profit de ses membres et des
producteurs agricoles du Burkina ;
3) faire des propositions concrètes et précises pour des actions de plaidoyer pour un
accès accru des producteurs au crédit et/ou pour l’amélioration des conditions
générales d’accès au crédit.
Rappelons que ce document fait suite au soutien que la Confédération Paysanne du Faso
(CPF) a bénéficié de Intermon Oxfam et du Gouvernement de Extramurada en 2010.
L’objectif de cette aide est de renforcer les capacités des leaders centraux et locaux
(hommes et femmes) des Organisations paysannes membres de la CPF à travers des
formations, des ateliers, des accompagnements par des personnes ressources et
5
l’établissement d’alliance stratégique pour leur permettre de pouvoir suivre et évaluer les
politiques publiques.
Le rapport de l’étude est organisé comme suit : la première section présente le contexte de
l’étude. Une analyse diagnostic présentant les principaux constats relatifs au financement
du monde rural est abordée dans la deuxième section. Quant à la troisième et dernière
section, elle formule quelques recommandations de politiques qui peuvent contribuer à
améliorer le financement des exploitants agricoles.
6
I.
CONTEXTES ET JUSTIFICATION DE L’ETUDE
La politique de développement agricole du Burkina Faso, basée fondamentalement sur la
SDR et le PROSDRp a pour objectif principal de faire du secteur agricole le moteur de
l’économie nationale. Exprimée à travers le PNSR en cours de finalisation, cette politique
devrait s’appuyer sur la promotion et la modernisation de l’agriculture familiale et de
l’entreprise agricole en second lieu, pour favoriser l’émergence d’un secteur agricole
compétitif.
En référence au pacte signé le 22 juillet 2010 à Joly Hôtel (Ouaga 2000), on peut dire que
la politique agricole burkinabè est assez claire, en dépit de certains choix très clairs qui
doivent être encore exprimés de manière plus forte. Même si les questions de financement
y sont mentionnées, les OP doivent elles-mêmes réfléchir sur cette problématique, non
seulement en tant que premiers concernés, mais aussi dans l’optique d’apporter leur
contribution à la formulation de politiques publiques y relatives.
En ce qui concerne cette mission, il s’agit d’identifier les principaux obstacles au
financement pour la modernisation de l’exploitation familiale et à proposer des pistes de
solutions.
1.1. Situation géographique et implications
Pays de transition entre la région sudano-guinéenne et le Sahel, le Burkina Faso couvre
environ 274 000 km2. Il connaît un climat marqué par des pluies faibles et irrégulières. Il
dispose par ailleurs de peu de terres cultivables. La précarité de ces ressources offre une
base fragilisée pour un développement durable de l’agriculture et de l'élevage qui occupent
pourtant près de 88 % de la population active. À cela s’ajoute l’enclavement du pays qui
constitue non seulement une contrainte majeure pour les échanges extérieurs, mais aussi
un élément qui a tendance à renchérir les coûts des facteurs de production. Ainsi, les
coûts des importations et des exportations sont majorés du coût du transport depuis les
ports d’Abidjan, de Lomé et de Tema essentiellement. Le réseau routier limité et vétuste,
engendre des coûts de distribution des marchandises et des services élevés, y compris les
services financiers. Dans ce contexte, les technologies qui réduisent l’impact de la distance
physique (téléphone portable, ordinateur portable et Internet banking…) présentent un
intérêt certain.
1.2. Caractéristiques sociodémographiques
Au Burkina Faso, la croissance démographique est forte. Avec un taux de croissance
démographique de 3%, la population burkinabè est estimée à 15 millions environ. Cette croissance
démographique rapide explique en partie le problème de l’insécurité alimentaire et de la
7
malnutrition des enfants qui persiste. A certaines périodes de l’année, l’exode rural est très
important : Ouagadougou reste la ville qui a le taux d’urbanisation le plus élevé.
Cette urbanisation rapide génère inévitablement des tensions sociales et l’exclusion des
plus vulnérables. La modernisation de l’exploitation familiale qui assure le maintien des
jeunes dans leur terroir pourrait aider à résorber voir maîtriser ce phénomène.
Sur le plan social, certaines pressions qui occasionnent des dépenses (mariages, fête de la
Tabaski, baptêmes, etc.) conjuguées à la faiblesse des revenus des exploitations agricoles
familiales font que le remboursement des crédits n’est pas toujours une priorité.
Cela explique pourquoi les institutions financières sont extrêmement réticentes à faire du
crédit à l’agriculture si les deux conditions : existence d’une caution solidaire entre les
membres de la collectivité emprunteuse et maîtrise de la recette ne sont pas garanties.
Le taux de bancarisation de la population burkinabè est relativement faible (de l’ordre de
12,39%) et ce taux est encore plus faible si l’on considère le monde rural uniquement.
1.3. Situation agricole
Malgré toutes les difficultés inhérentes au secteur, le potentiel agricole du Burkina Faso
est considérable : terres arables, eau, jeunesse de la population agricole (15 ans). Du point
de vue technique, les pratiques agricoles sont restées plutôt traditionnelles. Sur le plan
gouvernance, le monde paysan montre une volonté ferme de s’organiser.
Malheureusement, on constate qu’il y a plus de structures de représentativité du monde
paysan que de structures ayant une véritable activité économique.
Un grand nombre d’organismes de développement et d’ONG sont présents au Burkina
Faso et ont mené des programmes souvent d’envergure très importante dans le domaine
agricole. Cela représente un acquis incommensurable qu’il convient de capitaliser.
Au regard de la multitude des programmes d’aide, une meilleure coordination des actions
entreprises permettrait d’en améliorer l’efficacité globale.
Sur le plan légal, la politique Burkinabè est encore hésitante en ce qui concerne la thèse de
l’agriculture familiale comme modèle de développement agricole. D’un autre côté
l’émergence des entreprises agro-industrielles est une réalité grandissante à travers tout le
pays notamment dans les régions les plus fertiles.
Le contraste est grand entre d’une part, ces quelques projets de grandes exploitations (10 à
00 ha) et le monde de l’exploitation familiale traditionnelle (1,5 ha en moyenne).
Sur ce point, il est important d’attirer l’attention sur le danger qu’il y aurait à laisser se
développer trop rapidement un capitalisme agraire Burkinabè ou international attiré par la
8
bonne rentabilité de la culture irriguée de céréales et/ou de graines oléagineuses, aux côtés
de la paysannerie familiale, qui pourrait se sentir ou être réellement et progressivement
exclue du système productif.
1.4. Caractéristiques du système bancaire
De nos jours, le franc CFA (FCFA) qui a une parité fixe avec l’euro subit toutes les
conséquences de la baisse de la valeur du dollar par rapport à l’euro.
Le Burkina Faso est doté d’un système bancaire développé et d’un réseau important de SF.
En ce qui concerne les banques du pays, une seule était tournée vers le développement
agricole, la BACB. Mais l’année dernière (2009), celle-ci a été rachetée par ECOBANK et
on ne sait pas encore très bien que sera la nouvelle position cette banque vis-à-vis du
financement de l’agriculture.
Au total, il existe 13 banques au Burkina Faso, ce qui est beaucoup, mais l’évolution des
exigences minimum de fonds propres (5 milliards en 2010 et 10 milliards en 2012) pourrait
entraîner une restructuration du secteur.
Le capital de ces banques provient de plus en plus d’origine privée ce qui réduit la capacité
d’influence du système politique sur le système bancaire.
Aujourd’hui, l’activité bancaire est davantage tournée vers le monde urbain que rural, on
ne trouve aucune banque ayant une activité directe en termes de financement du monde
rural. Le secteur bancaire ne connaît donc très peu ou pas le secteur agricole. Avec les
conditions de la BCEAO, les banques se refinancent à des taux élevés (6%). Ce qui fait
qu’elles ont des difficultés à trouver des ressources longues pour répondre aux besoins
d’investissement de l’agriculture.
Comme mentionné plus haut, il existe une centaine de SFD dont certaines sont de taille
significative et développent des approches intéressantes dans le domaine du crédit agricole
(les CP du RCPB). D’autres, de taille réduite, développent des méthodes très artisanales et
se caractérisent globalement par la faiblesse de leurs ressources et ne disposent
pratiquement d’aucune ressource longue, ce qui les empêche de répondre au besoin de
financement de l’équipement agricole. Les nouvelles exigences règlementaires en matière
de fonds propres devraient entraîner un mouvement de restructuration de ce secteur.
1.5. Contexte politique
Sur la base des recommandations des institutions de Bretton Woods, le pouvoir politique
affiche son attachement au désengagement de l’État de toutes les activités économiques.
Dans les discours, on note un grand écart entre les promesses faites au secteur agricole
reconnu comme moteur de l’économie burkinabè et les décisions et investissements réels
9
injectés dans le secteur. Cet écart s’observe par exemple entre la volonté affichée par l’Etat
d’associer le monde rural dans la définition de la future politique agricole (PNSR) et les
faits.
Enfin de compte, il existe encore de nombreuses incertitudes quant à la mise en place
d’une véritable politique agricole favorable aux petits exploitants qui constituent le pan le
plus important du tissu agricole burkinabè. Pourtant une politique fondée sur la
modernisation de l’existant (l’exploitation familiale) pourrait permettre d’atteindre très
rapidement des taux de croissance élevé dans la production.
1.6. Situation économique
L’économie du Burkina se caractérise par le secteur primaire qui représente 31,5% du PIB
et fournit en moyenne 38 % de la valeur ajoutée du pays répartie comme suit : 57 % pour
l’agriculture, 25 % pour l’élevage et 17 % pour la sylviculture, la pêche et la chasse
(MECV, 2007). Le coton baptisé "l’or blanc" était encore récemment le premier produit
d’exportation, suivi de loin par l’élevage (bovins, ovins, caprins et volaille), les fruits et
légumes (haricot vert et mangue) et les oléagineux (Jeanne Dromatouré, 2008). L’élevage
contribue pour 12% au PIB du pays et pour autant aux exportations (Bourdet, Y.
Thiombiano, T., 2009).
En termes d’emplois, l’agriculture, l’élevage et la foresterie mobilisent près de 85 % de la
population. Des données disponibles, il ressort que 60% des revenus des populations
dépendent de l’agriculture et de l’élevage (importante source de revenus pour près de 86 %
de la population).
Ainsi, le PIB provient principalement du secteur primaire. Aujourd’hui, la conjoncture des
prix est très favorable au secteur agricole avec une baisse temporaire par rapport au niveau
des prix des hydrocarbures connus antérieurement et une bonne tenue du prix du riz.
II.
ETATS DES LIEUX SUR LE FINANCEMENT DE L’AGRICULTURE
2.1.
Les structures de financement
A l’image des économies modernes, le système de financement du Burkina Faso est assez
diversifié. Il est composé de structures ou organismes qui interviennent dans le
financement de l’économie soit par la mobilisation de l’épargne, soit par l’octroi de crédit
ou soit par les deux activités à la fois. D’autres organismes interviennent également de
façon indirecte dans le financement de l’économie. Les principales composantes du
système financier national se présentent comme suit :
 le Trésor Public et les structures publiques de financement intervenant dans le
secteur privé
10




les banques et les établissements financiers ;
les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) ;
les compagnies d’assurance ;
les organismes de retraites (CNSS et CARFO).
Au système national de financement s’ajoute des instruments et mécanismes régionaux et
internationaux de financement dont peuvent tirer profit les entreprises privées nationales.
Il s’agit notamment de :
 la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM)
 les IDE.
Pour le cas spécifique de l’agriculture, trois types de structures participent au financement
des secteurs agriculture, élevage, pêche etc. il s’agit des banques classiques, du système
financier décentralisé et des associations et ONG.
2.1.1 Les banques classiques
Le tableau ci-dessous présente la liste des banques classiques qui interviennent dans le
financement de l’agriculture en général.
Tableau 1: Liste des banques classiques qui finance l’agriculture
Dénomination
1. ECOBANK (Ex
BACB)
2. UBA (BIB)
3. BOA
4. BCB
Observations
Mécanisme de financement aux IMF. Elle a transformé son
programme de microcrédit, Linkage, en une Société de
Financement pour les Petites Entreprises (SOFIPE).
Pas très sûr mais, elle a lancé un programme s’approchant de la
MF
La BOA refinance les IMF qui remplissent certains critères
La banque a lancé en 2003 un produit microfinance en vue de
répondre au besoin du secteur informel
5. BRS
2.1.2 Le système financier décentralisé
Les institutions de microfinance sont en général regroupées en réseau ou associations. On
dénombre une association et un réseau.
11
a) Association Professionnelle des Institutions de Microfinance au Burkina Faso
(APIM-BF)
L’Association Professionnelle des Institutions de Microfinance au Burkina Faso (APIMBF) est l’organisation faitière qui fédère un ensemble d’institutions de microfinance. Elle
compte cinquante (50) membres sur une soixantaine d’institutions de microfinance au
Burkina Faso.
Tableau 2: Liste des IMF membres de l’APIM-BF à jour au 30 avril 2010
N° SIGLE
1
ABF
2
ACFIME/CREDO
3
APRG
4
ASIENA
5
6
7
8
9
BTEC
Caisse Nabonswendé
CBM
CEC
CEC/SI
10
CECT/Tin Tua/ Buayaba
11
CODEC-Manga
12
CODEC-Ouaga
13
CODEC-Ouahigouya
14
15
16
17
COOPEC GALOR
CPB
CRS
CVECA Mouhoun/CIDR
18
CVECA Soum
19
20
ECLA
FAARF
21
22
FCPB
FICOD/CLECA
23
FINANCOM/ODE
LIBELLE
Association Base Fandiman
Agence Communautaire pour le Financement
de la Micro Entreprise
Association d’Appui et de Promotion Rural du
Gulmu
Association Inter Instituts « Ensemble et AVEC
»
Banque Traditionnelle d’Epargne et de Crédit
Caisse Nabonswendé
Coopérative Baïtoul Maal
Communauté Epargne et Crédit
Caisse D’Epargne et de Crédit du Secteur
Informel
Caisses d'Epargne et de Crédit Todiyaba de Tin
Tua
Coopérative Diocésaine d’Epargne et de Crédit
de Manga
Coopérative Diocésaine d’Epargne et de Crédit
de Ouagadougou
Coopérative Diocésaine d’Epargne et de Crédit
de Ouahigouya
Coopérative d’Epargne et de Crédit GALOR
Caisses des Producteurs du Burkina
Catholic Relief Services
Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédit
Autogérées de la boucle du Mouhoun
Caisses Villageoises d’Epargne et de Crédit
Autogérées du Soum
Etre Comme Les Autres
Fonds d’Appui aux Activités Rémunératrices
des Femmes
Fédération des Caisses Populaires du Burkina
Caisse Locale d’Epargne et de Crédit Autogérée
"Todima-Mani
FINANce COMmunautaire de l' Office de
12
SIEGE
Fada
Ouagadougou
Fada
Ouagadougou
Ouahigouya
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Fada
Manga
Ouagadougou
Ouahigouya
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Dédougou
Djibo
Ouahigouya
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
24
25
26
27
MEC/JOULIMANI
MEC/NESSA
MEC/Toma
MECAD/PO
28
MECAP/Burkina
29
30
31
32
MECP Laafi Sira
Kwieogo
MECRA
Micro-Finance Plus
MICRO AID
33
Micro Start/AFD
34
35
36
Microfi-SA
MUFEDE
PAMF
37
PRODIA-AC
38
SID
39
SOFIPE
40
SONG-TAABA
41
UCEC-SAHEL
42
UCVEC
43
URC/Nazinon
44
URCBAM
45
URCCOM
46
URCPSO
Développement des Eglises Evangéliques
Mutuelle d’Epargne et de Credit JOULIMANI
Mutuelle d’Epargne et de Crédit de la Nessa
Mutuelle d’Epargne et de Crédit de Toma
Mutuelle d’Epargne et de Crédit des Eglises des
Assemblées de Dieu de la Patte d’Oie
Mutuelle d’Epargne et de Crédit des Artisans et
Producteurs du Burkina
Mutuelle d’Epargne, de Crédit et Prévoyance «
Laafi Sira Kwieogo »
Mutelle d'Epargne et de Crédit de l'ASUDEC
Micro-Finance Plus
Institut Chrétienne Evangélique de
Microfinance
Micro Start Action des Femmes pour le
Developpement
Société Burkinabè de Microfinance
Mutualité Femmes et Développement
Première Agence de Microfinance du
BurkinaFaso
Promotion du Développement Industriel,
Artisanal et Agricole
Société d’Investissement et de Développement
(SID)
Société de Financement de la Petite Entreprise
(SOFIPE)
Mutuelle d’Epargne et de Crédit (SONG
TAABA)
Alliance des Caisses d’Epargne et de Crédit de
l’Oudalan
Union des Caisses Villageoises d’Epargne et de
Crédit
Union Régionale des Coopératives d'épargne et
de crédit du Nazinon
Union Régionale des Coopératives d'Epargne et
de Crédit du Bam
Union Régionale des Coopératives d’Épargne et
de Crédit du Centre Ouest et du Mouhoun
Union Régionale des Caisses Populaires du sud
ouest
Source : http://www.apim-burkina.bf, 2010
13
Ouagadougou
Ouagadougou
Toma
Ouagadougou
Ouahigouya
Ouagadougou
Ouagadougou
Banfora
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Ouagadougou
Gorom-Gorom
Saponé
Manga
Kongoussi
Tougan
Diébougou
b) Le Réseau des Caisses Populaires du Burkina
Le RCPB exerce dans le domaine de la microfinance. Aussi, son activité principale est la
collecte de l’épargne et sa rétrocession sous forme de crédits octroyés pour le financement
des activités des membres, en vue du développement économique du pays.
Dans un esprit de solidarité et de responsabilité individuelle et collective, en vue de
l’épanouissement de ses membres et de la communauté tout entière, le RCPB s’est assigné
une mission, tout en prônant des valeurs, et a pris des engagements qu’il est résolu à
respecter.
Le réseau des caisses populaires du Burkina contribue efficacement à l’amélioration des
conditions de vie des laborieuses populations du Burkina en collectant l’épargne des
adhérents, pour les redistribuer sous forme de crédits.
Avec plus de 35 ans d’années d’expérience au service des populations, le RCPB se
positionne de nos jours comme le leader incontesté du secteur de la microfinance au
Burkina.
Le RCPB mène ses activités sous la forme de coopérative. C’est donc une structure
mutualiste dont les membres sont copropriétaires ; elle constitue de ce fait un patrimoine
collectif dont la pérennité est tributaire de l’application des principes directeurs que sont :
la solidarité et la responsabilité individuelle et collective des membres.
 Produits et services offerts
Institution financière de proximité par excellence, les offres du RCPB s’adressent à toute
personne physique ou morale résidant en milieu rural ou urbain, ayant difficilement accès
aux services financiers des institutions financières conventionnelles, et désireuse de
prendre en main la clé de son développement.
Il s’agit notamment des commerçants, des agriculteurs, des éleveurs, des artisans, des
fonctionnaires et salariés du secteur privé, des entrepreneurs, des groupements et
associations, etc. Le Réseau offre une gamme de produits et services financiers accessibles,
en constante évolution et adaptés aux besoins des populations.
 Zones Couvertes
Le RCPB est présent dans 43 sur 45 Provinces du Burkina, et compte 103 Caisses
Populaires, 31 Point de Services, 4 Unions Régionales, 5 Antennes Techniques et une
Fédération.
14
Le RCPB est présent dans plusieurs provinces que compte le Burkina Faso. Cette large
couverture nationale est représentée par la carte ci-après (Seules les zones en orange ne
sont pas couvertes) :
Source : http://www.rcpb.bf
2.2.
Analyse diagnostic de l’offre de financement agricole
De l’analyse du contexte du Burkina Faso, de son système financier, des caractéristiques du
système et des producteurs agricoles, ont met en évidence une multitude de
préoccupations relatives à la question du financement du monde agricole. Ici on retiendra
les constats les plus marquants.
2.2.1 Principaux constats sur l’offre de financement
Présenté comme le moteur de développement de l’économie burkinabé, les secteurs de
l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement sont les plus mal desservis par l’offre de
produits et services du système de financement du privé. En effet, selon les résultats
préliminaires du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2006, la
population du Burkina Faso est estimée à 14 millions environ. La grande majorité de cette
population (79,7%) résident en milieu rural. L’agriculture (y compris le bétail) a contribué
18,9 % du PIB et 70 % (estimation) du montant total des recettes d’exportation (coton
15
principalement) en 2005, alors que plus de 80 % de la population vit d’une agriculture de
subsistance2.
Ainsi, malgré la contribution importante du secteur agricole dans le PIB et l’importance de
la population agricole, le secteur rural demeure l’un des secteurs d’activité qui bénéficient
de moins de financement. Le tableau n°1 (Cf. page suivante) présente l’évolution de la
répartition des crédits accordés par secteur.
Tableau 3: Utilisation des crédits déclarés à la centrale des risques
Décembre
2003
Décembre
2004
Décembre
2005
Décembre
2006
2%
4%
3%
1%
-
-
-
-
Industries manufacturières
17%
14%
15%
14%
Electricité, gaz et eau
2%
1%
1%
1%
Bâtiments, travaux publics
8%
7%
8%
8%
Commerces, restaurants, hôtels
52%
45%
51%
53%
Transports, entrepôts, communications
6%
11%
7%
9%
1%
2%
1%
1%
Services divers
12%
16%
14%
13%
Total
100%
100%
100%
100%
Secteurs d'activités
Agriculture, sylviculture et pêche,
Industries extractives
Assurances,
entreprises
immobilier,
services
aux
Source : Commission bancaire de l’UMOA, rapport annuel 2006
Il ressort de ce tableau que les concours bancaires sont concentrés. Les banques
concentrent principalement leurs efforts sur les grandes entreprises, les fonctionnaires, les
salariés et l’Etat. Les concours au secteur rural sont relativement marginaux. Sur la
période 2003 à 2006, les crédits au secteur agricole (agriculture, sylviculture et pêche) ont
évolué en dents de scie avec une tendance à la baisse entre 2004 et 2006. La part relative
des crédits bancaires agricoles est passée de 4% en 2004 à 1% des crédits bancaires en
2006.
Par ailleurs, on note que les financements vont majoritairement au secteur du commerce
qui se trouve être le secteur qui crée moins de valeur ajoutée. Le secteur rural reste très
marginalisé et les exploitations familiales sont en général exclues du système bancaire, de
par leur situation informelle, et le risque élevé lié à l’activité agricole. Pire les institutions
2
Profil de pays du Burkina Faso, Economist Intelligence Unit, 2006
16
financières manquent d’expertise en matière de financement des exploitations familiales.
En effet, dans les banques, l’activité agricole ne constitue pas un marché séparé et ne
dispose pas d’un département distinct.
En outre, si les banques s’intéressent au secteur agricole, elles ne sont actives que dans le
secteur cotonnier, alors qu’il existe de nombreuses filières porteuses telles que les fruits et
légumes, le sésame, les céréales, etc. Toutefois, seule la BACB finance la production de
coton, bien qu’elle soit devenue une banque commerciale à part entière. Le tableau cidessous présente la part des financements de la BACB destinés à l’agriculture. Les crédits à
l’agriculture constituaient 74 % de son portefeuille en 2005. Cependant, dans la mesure où
la BACB prévoit de diversifier ses activités, il est probable que la part de l’agriculture dans
son portefeuille diminuera. Du reste, le fait que la BACB soit phagocytée par le groupe
UBA pourrait diminuer sa propension à financer l’activité agricole.
Tableau 4: Part du financement de la BACB dans l’agriculture (millions de FCFA)
Secteur
2003
2004
2005
Agriculture
33 182
68 %
35 277
67 %
39 761
74 %
Elevage
1 469
3%
1 099
2%
969
2%
Agro-industrie
1 000
2%
3 210
6%
100
0%
Secteur manufacturier
500
1%
0
0%
9
0%
Artisanat
31
0%
20
0%
3
0%
Commerce et services
4 640
10 %
3 667
7%
4 457
8%
Autres
7 693
16 %
9 352
18 %
8 691
16 %
Total
48 515
52 624
53 990
Source : Banque Mondiale, revue du secteur financier du Burkina Faso, 2007
Les autres banques commerciales ne financent que la commercialisation du coton (c’est-àdire la SOFITEX, Faso Coton et la SOCOMA). Pour la récolte 2005/2006 par exemple, 9
banques commerciales ont participé au consortium local de banques, pour un montant
total de 80 milliards de FCFA reparti comme suit :




La BIB, la BACB et la BICIAB ont fourni chacune 16 % du financement ;
la SGBB, la BOA et Ecobank 12 % chacune ;
la BCB et la BSIC 6 % chacune ;
la Banque Atlantique, 4 %.
Quant aux Institutions de microfinance, elles assurent surtout le financement des activités
génératrices de revenus en zone rurale et de quelques activités agricoles (achats d’intrants
17
agricoles). Dans ce domaine, le Réseau des Caisses Populaires du Burkina est le plus
représentatif.
S’agissant de la structure des crédits au secteur agricole, les crédits à court terme
représentent en moyenne 94,5% des crédits bancaires déclarés à la centrale des risques.
Tableau 5: Crédits bancaires au secteur agricole selon l’horizon temporel.
Secteurs d'activités
2002
2003
2004
CREDITS A COURT TERME
Agriculture, sylviculture et pêche
9 342
5 100
11 156
Agriculture, chasse
9 342
5 100
11 156
Sylviculture, exploitation forestière,
pêche
CREDITS A MOYEN ET LONG TERMES
Agriculture, sylviculture et pêche
775
84
520
Agriculture, chasse
775
84
520
Sylviculture, exploitation forestière,
pêche
10 117
5 184
11 676
TOTAL
2005
2006
11 841
11 841
3 641
3 448
-
193
909
909
249
249
-
-
12 750
3 890
Source: BCEAO
Ici encore, il s’agit de crédits de campagne destinés essentiellement au financement du
coton, principale récolte d’exportation (70% des recettes d’exportations). Pourtant, il
existe d’autres filières porteuses pour le pays comme nous l’avons déjà mentionné plus
haut.
L’intérêt croissant pour le financement du secteur coton résulte de la bonne structuration
de la filière. En effet, Les agriculteurs du coton se sont regroupés en associations
d’agriculteurs, en Groupements Villageois. Ces associations reçoivent de la SOFITEX une
assistance concernant les techniques de culture du coton, par le biais, entre autres, des
« correspondants coton ».
De toutes ces données, il apparaît que l’accès limité du secteur agricole voire rural au
crédit bancaire peut être expliqué par :
 la faiblesse ou l’inexistence de services financiers en milieu rural comme l’attestent
le taux de bancarisation de 5,6% ;
 La spécificité de l’agriculture : un degré de risques élevé. En effet, des risques divers
sont associés à l’agriculture. Il s’agit essentiellement des risques météorologiques (le
Burkina Faso est particulièrement vulnérable à la sécheresse), des risques sanitaires
(qui comprennent les maladies des végétaux ou les animaux nuisibles) et des
risques économiques (fluctuations de prix ou difficulté de vente de la production).
En outre, les risques agricoles se caractérisent souvent par leur covariance : ils
18
frappent souvent tous les agriculteurs d’une région spécifique au même moment.
En raison de ces risques, et d’autres facteurs (état du sol, capacité technique), la
profitabilité des activités agricoles est variable et imprévisible ;
 La faiblesse voire le manque d’organisation des filières autres que celle du coton
constitue un obstacle considérable ;
 Le coût élevé de l’information et des transactions dû au mauvais état des
infrastructures (routes, télécommunications) et du manque de renseignements
disponibles au sujet de la clientèle (absence d’identification personnelle et de
registres d’actifs) ;
 Le manque de biens pouvant être offerts en sûreté dû à la mauvaise définition des
droits de propriété et d’utilisation des terres, au coût ou aux délais caractérisant les
procédures administratives d’inscription aux registres et au mauvais
fonctionnement du système judiciaire.
NB : Le secteur céréalier reçoit un financement limité par le biais du mécanisme de
financement du coton. La SOFITEX et les autres intervenants du secteur du coton ont
pris conscience du fait que les agriculteurs avaient tendance à garder pour d’autres
cultures une partie des intrants qu’ils avaient reçus pour le coton. À la suite de cette
constatation, un financement des intrants nécessaires aux céréales est désormais
disponible au moyen du mécanisme de financement du coton.
Encadré n°1 : Principaux obstacles aux services financiers en zone rurale
 La dispersion de la demande des services financiers en raison des faibles niveaux d’activité
économique et de densité de population





Le coût élevé de l’information et des transactions dû au mauvais état des infrastructures
(routes, télécommunications) et du manque de renseignements disponibles au sujet de la
clientèle (absence d’identification personnelle et de registres d’actifs)
La faible capacité institutionnelle des prestataires de services financiers en zone rurale associée
au manque de personnel instruit et bien formé dans les agglomérations rurales secondaires
L’impact défavorable des crédits subventionnés provenant des projets financés par le
Gouvernement ou les partenaires techniques et financiers
Le manque de biens pouvant être offerts en sûreté dû à la mauvaise définition des droits de
propriété et d’utilisation des terres, au coût ou aux délais caractérisant les procédures
administratives d’inscription aux registres et au mauvais fonctionnement du système judiciaire
Le caractère saisonnier d’un grand nombre d’activités agricoles et la longueur de la période de
maturation de certaines cultures, et donc le caractère variable de la demande d’épargne et de
crédit, l’irrégularité des flux de trésorerie et des délais entre le décaissement des prêts et le
remboursement
 Des risques associés spécifiquement à l’agriculture : variations de pluviosité, animaux nuisibles
et maladies, fluctuations des prix et accès limité aux intrants, à la formation/animation et aux
marchés
Source : CGAP, « Financial Services for the Rural Poor », Donor Information Resource Center in
Revue du Secteur Financier du Burkina Faso. Banque Mondiale. Novembre 2007
19
Compte tenu de cette situation et de toutes les contraintes et difficultés soulevées, des actions de
promotion et/ou de duplication de certaines bonnes pratiques ou expériences locales ou
internationales ont été dupliquées dans certains cas afin d’impulser le financement du secteur
agricole par le secteur financiers.
Au titre des bonnes pratiques, on peut citer les stratégies adoptées par certaines institutions
financières qui réussissent à offrir profitablement des prêts agricoles. Au-delà des institutions, on
s’intéresse aux stratégies qui réussissent et semblent liées, au regard de la littérature par dix
caractéristiques essentielles (Cf. Encadré n°2).
Encadré n°2 : Caractéristiques essentielles des prêteurs réussissant à offrir profitablement des prêts
dans le secteur de la microfinance agricole
Caractéristique 1 : Les remboursements ne sont pas liés à l’utilisation du prêt. Les prêteurs évaluent la
capacité de remboursement en examinant toutes les sources de revenus du foyer, et non pas uniquement
le revenu (tel que la vente de la récolte) généré par l’investissement des produits du prêt. Les emprunteurs
comprennent qu’ils sont dans l’obligation de rembourser, que leur utilisation du prêt connaisse la réussite
ou non.
Caractéristique 2 : Les prêteurs utilisent aussi bien des techniques de prêt basées sur le caractère que des
critères techniques pour sélectionner les emprunteurs, établir les conditions de prêt et garantir le
remboursement. Pour diminuer le risque de crédit, les microprêteurs réussissant à opérer profitablement
dans le secteur agricole ont mis en place des modèles de crédit associant recours aux mécanismes d’analyse
du caractère – tels que la garantie de groupe ou la réaction immédiate en cas de retards de paiement – et
connaissance des techniques de production agricole et des marchés de produits fermiers.
Caractéristique 3 : Ils fournissent des mécanismes d’épargne. Chaque fois que les institutions financières
rurales ont offert des comptes de dépôt aux ménages agricoles, pour les aider à épargner des capitaux pour
la période de soudure précédant la récolte, le nombre de ces comptes a rapidement excédé le nombre des
prêts.
Caractéristique 4 : Leur risque de portefeuille est fortement diversifié. Les institutions de microfinance
qui ont réussi leur expansion dans le crédit agricole, d’une manière générale, accordaient des prêts à une
gamme diversifiée de ménages agricoles, et notamment à des clients pratiquant plusieurs types de récoltes
ou élevant plusieurs sortes de bétails. Ce faisant, ils ont garanti que leur portefeuille de prêts et les
portefeuilles de leurs clients sont mieux protégés contre les risques agricoles et naturels échappant à leur
contrôle.
Caractéristique 5 : L’échéance et les conditions de prêt sont ajustées pour s’adapter aux flux de trésorerie
cycliques et aux investissements volumineux. Les flux de trésorerie des populations agricoles sont
fortement cycliques. Les microprêteurs réussissant à opérer profitablement dans le secteur agricole ont
modifié l’échéance et les conditions de prêt pour s’adapter à ces cycles de trésorerie, sans pour autant
abandonner le principe essentiel de l’obligation de remboursement, quel que soit le degré de succès de
chaque activité de production, y compris de celle pour laquelle le prêt a été utilisé.
Caractéristique 6 : Le cadre contractuel réduit le risque de prix, améliore la qualité de la production et
contribue à garantir le remboursement. Lorsque la qualité ou la quantité finale d’une récolte particulière
20
est une préoccupation essentielle, un cadre contractuel qui associe assistance technique et fourniture à
crédit des intrants spécifiques s’est montré bénéfique aussi bien pour les agriculteurs que pour
l’intermédiaire de marché.
Caractéristique 7 : La fourniture des services financiers est superposée à l’infrastructure institutionnelle
en place ou utilise de nouvelles technologies. Le fait d’associer la fourniture des services financiers aux
infrastructures déjà en place dans les régions rurales, souvent pour des raisons non financières, réduit les
coûts de transaction pour les prêteurs tout comme pour les emprunteurs et crée le potentiel de durabilité
pour les services financiers en zone rurale même dans les populations isolées. Différentes technologies
paraissent extrêmement prometteuses pour réduire le coût des services financiers en zone rurale,
notamment les guichets automatiques, les terminaux points de vente (TPV) associés à des « cartes à puce »,
et la présence de chargés de prêts équipés d’assistants numériques personnels.
Caractéristique 8 : Les associations composées de membres peuvent faciliter l’accès aux services financiers
en zone rurale et peuvent fonctionner durablement dans les régions isolées. En général, les prêteurs
encourent des coûts de transactions nettement inférieurs lorsqu’ils ont affaire à une association
d’agriculteurs, par opposition à un grand nombre d’individus ou d’agriculteurs dispersés, à condition que
l’association puisse gérer les prêts de façon efficace. Les organisations composées de membres peuvent
également se révéler elles-mêmes des prestataires de services profitables.
Caractéristique 9 : Les produits d’assurance basés sur les indices régionaux peuvent protéger contre les
risques liés au crédit agricole. Bien que les programmes d’assurance agricole commandités par l’État aient
rarement réussi, l’assurance basée sur des indices régionaux – dont les indemnités sont liées par exemple à
la pluviosité de la région ou aux cours des matières premières – semble plus prometteuse pour protéger les
prêteurs contre les risques liés au crédit agricole.
Caractéristique 10 : Pour connaître le succès, la microfinance agricole doit être isolée des ingérences
politiques. La microfinance agricole ne peut survivre à long terme que si elle est protégée des ingérences
politiques. Même les programmes les mieux conçus et les mieux gérés ne peuvent survivre si le
gouvernement ordonne un moratorium des remboursements ou autre mesure irréfléchie contraire au
fonctionnement d’un bon système de finance rurale.
Source : CGAP, Étude spéciale n° 11 : « Microfinance agricole : gérer les risques et concevoir des produits
adaptés — les caractéristiques d’un modèle émergent » août 2005.
Certaines des actions doivent être engagées par les institutions financières elles-mêmes
(méthodologie de crédit, conditionnalités et modalités de crédit, diversification du portefeuille),
tandis que les autres sont du ressort des bénéficiaires (associations ou groupements d’intérêt des
agriculteurs), de l’Etat (non ingérence du politique, infrastructure institutionnelle et services de
soutien à la production3, cadre contractuel) ou des partenaires techniques et financiers
(mécanismes de gestion des risques systémiques).
3
Environnement macroéconomique, irrigation, infrastructures (routes, marché, réseau électrique et
télécommunication), le conseil et les services techniques à l’agriculture
21
Au titre des expériences nationales, on peut mettre en exergue le fonds de Garantie APIPAC4 et
l’expérience Centre Financier aux Agriculteurs du Réseau des Caisses Populaires du Burkina
(RCPB).
L’expérience du fonds de garantie de l’APIPAC souligne la complexité des efforts d’expansion du
financement de l’agriculture. L’encadré ci-dessous décrit cette expérience plus en détail.
Encadré n°3 : L’expérience d’un fonds de garantie destiné au financement de l’agriculture Le fonds
de garantie de l’APIPAC
Ce fonds de garantie a été créé dans le contexte du Projet pilote de développement de l’irrigation. L’un des
buts de ce projet était d’améliorer l’accès aux services financiers pour les membres de l’APIPAC
(Association des Professionnels de l’Irrigation Privée et des Activités Connexes), dont les membres sont
des producteurs, des transformateurs de produits agricoles et des négociants de produits frais irrigués. La
phase de préparation du projet a permis de déterminer que ce groupe cible, qui se compose
principalement d’agriculteurs pauvres, a du mal à accéder au crédit traditionnel, en raison d’un manque
de biens à offrir en garantie. Le projet a donc décidé de tester l’approche du fonds de garantie.
Le fonds de garantie a commencé à fonctionner en avril 2002. Une évaluation rapide effectuée en 2004 a
révélé que l’effet de levier du fonds de garantie (défini comme le montant de prêts accordés sur le capital
du fonds de garantie) était très bas, ce qui remet donc en question l’efficacité du fonds. Une évaluation
plus compréhensive, en 20065, a souligné un certain nombre de carences dans l’administration du fonds de
garantie.
La performance décevante du fonds de garantie est le symptôme de problèmes plus importants :




Le manque d’intérêt des banques pour les prêts de petite taille (et donc plus coûteux),
L’éloignement d’une partie de la clientèle potentielle,
L’absence de garanties supplémentaires exigées par les banques (comme le fonds ne garantit au
maximum que 50 % du prêt, les banques exigent des garanties supplémentaires),
En outre, l’enthousiasme initial des emprunteurs potentiels pour le fonds de garantie pourrait avoir
diminué une fois qu’il est devenu clair qu’il était obligatoire de rembourser les prêts accordés avec le
soutien du fonds de garantie.
Les questions précédentes ne sont pas du ressort d’un fonds de garantie. En particulier :
 Un fonds de garantie ne peut renforcer l’intérêt des banques pour les prêts de petite taille et coûteux,
 Un fonds de garantie ne peut résoudre le problème de l’éloignement de la clientèle,
 Un fonds de garantie peut uniquement permettre un partage des risques. Un fonds de garantie ne
devrait pas endosser 100 % du risque. Un fonds de garantie ne peut donc pas entièrement résoudre les
problèmes de manque de garanties.
On pourrait par conséquent en conclure que la création d’un fonds de garantie peut ne pas avoir été la
réponse la plus appropriée aux problèmes rencontrés par les membres de l’APIPAC en termes d’accès aux
4
5
Association des Professionnels de l’Irrigation Privée et des Activités Connexes
Étude sur l’accès aux moyens de financement et le volet fonds de garantie aux filières
agricoles, HORUS, juillet 2006
22
services financiers. L’évaluation de 2006 entreprise par HORUS a fourni des recommandations au sujet
des changements institutionnels et opérationnels nécessaires pour assurer une plus grande efficacité du
fonds de garantie. Le rapport d’HORUS souligne que le fonds de garantie de l’APIPAC n’apporte qu’une
réponse partielle au problème du financement de l’agriculture, et qu’il est nécessaire d’adopter une
approche élargie, comprenant une variété d’institutions et de produits financiers.
Source : Documents du projet pilote de développement de l’irrigation in Revue du secteur financier du
Burkina Faso
Les principales conclusions en sont que (i) l’administration d’un fonds de garantie ciblant
l’agriculture est complexe et nécessite des compétences en finance, (ii) un fonds de garantie n’est
pas une panacée pour le financement de l’agriculture.
Au total, il ressort du diagnostic de l’offre des services financiers les éléments suivants :
-
-
-
-
-
Le secteur des IF notamment les IMF, qui s’est très fortement développé ces dernières
années, rencontre aujourd’hui des difficultés notamment dans le recouvrement des
crédits octroyés ;
Il y’a une assez faible diversification des produits financiers ;
La plupart des IMF connaissent des crises de croissance ;
Le crédit à l’agriculture est très peu développé et concerne principalement la filière
coton ;
D’une façon générale, le financement de l’investissement est très faible, la plupart des
crédits accordés par les IF qui visent le financement de l’agriculture sont de court
terme (85%) ;
Le secteur de la transformation est très peu développé
De manière générale, les taux d’intérêts pratiqués sur le marché sont nettement plus élevés que
le taux moyen de rentabilité interne de la plupart des activités agricoles ;
Au regard du niveau des revenus des exploitations familiales, les garanties exigées aux
producteurs sont inaccessible ;
Le principal risque des crédits à l’agriculture réside dans les aléas climatiques et la forte
volatilité des prix des produits agricoles ;
Les changements climatiques et les effets qui en découlent peuvent avoir des
répercussions négatives énormes sur les activités agricoles ;
Le faible niveau de connaissances du monde et du fonctionnement du système
financier joue négativement sur la qualité des dossiers de financement et donc l’accès
au crédit ;
Les montants accordés ne correspondent pas très souvent aux besoins des activités du
petits producteurs ;
Dans la plupart des cas, les périodes de mise à disposition des fonds alloués ne
correspondent pas aux cycles des activités des petits producteurs.
23
2.2.2 Analyse diagnostic de la demande de financement du secteur
L’analyse de la demande est basée sur méthodologie utilisant plusieurs approches. Avant donc
d’arriver aux résultats, il sied de présenter cette méthodologie.

METHODE D’ECHANTILLONNAGE
La constitution de l’échantillon s’est faite de façon stratifiée. En effet, à partir de la liste des
fédérations membres de la CPF, il a été retenu les régions le plus représentatives en termes de
nombre de fédérations et d’associations. A cet égard, les régions suivantes ont été retenues : le
Centre, le Centre-Est, le Centre-Nord l’Est, les Hauts Bassins et le Nord. Une fois les régions
identifiées, il a été demandé aux présidents régionaux des fédérations de désigner les associations
(au minimum 3 par fédération) pour l’interview. Le tableau ci-dessous présente la ventilation des
enquêtés par régions.
Tableau.1: Répartition des enquêtés par région
Ré gi on
Nb. cit .
Cen t re
Cen t re-N ord
Cen t re-ou st
Es t
Haut s Bass ins
Nor d
TO TAL O BS .

28
28
39
27
15
30
168
Fr éq.
16,7%
16,7%
23,2%
16,1%
8,9%
17,9%
CARACTERISTIQUE DE L’ECHANTILLON
Il s’agit de s’intéresser aux caractéristiques comme l’âge, la situation matrimoniale, le niveau
d’éducation et la taille du ménage des exploitants enquêtés.
Le tableau 2 ci-dessous présente la répartition des enquêtés par âge. On note que plus de 60% des
exploitants ont plus de 40 ans et l’âge moyen de l’échantillon est de 45,23 ans. Quand on
considère l’âge et la situation matrimoniale (tableau 3), on constate une forte majorité de mariés
(93% des enquêtés sont mariés) et un nombre limité de célibataires.
24
Pour ce qui est de la taille des ménages, l’enquête montre que près de la moitié des ménages
comptent entre cinq et dix personnes, la taille moyenne d’un ménage étant de onze personnes
(voir graphique 1).
En considérant le niveau d’éducation enfin, on note à travers graphique 1 ci-dessous que la
proportion des non scolarisés est élevée. Elle représente 41% des exploitants enquêtés contre 59%
de scolarisés. Parmi ces derniers c’est ceux qui se sont limités au niveau primaire qui sont les plus
nombreux, ils représentent 30% des enquêtés. Quant aux exploitants ayant un niveau secondaire
ou supérieur, ils représentent 29% des enquêtés avec 27% ayant le niveau secondaire et seulement
2% pour le supérieur.
Tableau.2: Répartition des enquêtés selon leur âge
Nb. cit .
Age
[15 ,20[
[20 ,30[
[30 ,40[
[40 ,50[
[50 ,60[
[60 ,+[
TO TAL O BS .
0
11
46
54
42
15
168
Fr éq.
0,0%
6,5%
27,4%
32,1%
25,0%
8,9%
100%
Tableau.3: situation matrimoniale selon l’âge. Selon l’âge, il ressort que
SM
Age
[15 ,20[
[20 ,30[
[30 ,40[
[40 ,50[
[50 ,60[
[60 ,+[
TOTAL
Céliba
taire
M arié(e)
Veuf/v
euve
0,0%
90,9%
91,3%
98,1%
92,9%
80,0%
92,9%
0,0%
0,0%
0,0%
1,9%
4,8%
20,0%
3,6%
0,0%
9,1%
8,7%
0,0%
2,4%
0,0%
3,6%
Divor
cé(e)
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
TOTAL
0,0%
100%
100%
100%
100%
100%
100%
Graphique 1: Taille des ménages
Taille de l'exploit at ion
[1,5[
9,8%
[5,10[
48,8%
[10,15[
25,6%
[15,20[
8,5%
[20,25[
2,4%
[25,30[
2,4%
[30,+[
2,4%
25
Graphique 2: Niveau d’éducation des ménages
Niveau d'éducation
Non alp habét isé
41,1%
Niveau primaire
30,4%
Niveau secondaire
Niveau supérieur

26,8%
1,8%
LES ACTIVITES ECONOMIQUES
Quatre principales activités sont exercées par les exploitants interrogés. Il s’agit de l’agriculture
proprement dite, de l’élevage, du commerce c’est-à-dire d’achat et de vente de produits agricoles
et/ou d’élevage et l’activité de transformation de ces mêmes produits.
Un même exploitant peut exercer ces quatre activités à la fois, mais en général, il existe une qui
est l’activité principale soit en termes de source de l’exploitant ou en termes de volume de travail
qu’il s’y consacre. A ce propos, l’enquête a permis d’établir que l’activité principale la plus
dominante est l’agriculture. Cette activité est citée par 49,2% des exploitants comme l’activité
principale. Elle est suivie par l’élevage qui est l’activité principale de 42,1% des exploitants
interrogés. Quant à la transformation et le commerce il s’agit d’activités marginales : elles occupent
principalement 5% et 4% des exploitants respectivement (Cf. graphique 3 ci-dessous)
Graphique 3: Activité principale
Activit é princip ale
4,9%
3,9%
Agricult ure
élevage
commerce(achat et revente)
transformation
49,2%
42,1%
26
Dans l’activité agricole les spéculations les pratiquées sont le niébé, le mil et le maïs comme
l’indique le graphique 4 ci-dessous. Dans ce graphique, il apparaît que les produits maraichers sont
les moins pratiqués. Seulement 4,2% des enquêtés en ont fait leur spéculation principale. Quant au
riz, elle est la spéculation principale d’environ 10% des enquêtés.
Graphique 4: Principales cultures
Principales cultures
niébé
19,1%
mil
18,9%
M ais
16,1%
Arachides
14,0%
sorgo
12,1%
riz
8,9%
produits maraichers
4,2%
autrs.
6,8%
Tableau.4: Cultures principales par région
Total
mil
Région
Total
sorgo
niébé
produits
sésame maraichers Arachides Autres
Centre
8
5
4
0
5
2
0
24
CentreNord
0
0
4
0
2
5
0
11
Centre-oust
1
2
9
2
0
9
0
23
Est
9
1
11
0
0
3
0
24
Hauts
Bassins
1
2
4
2
0
2
2
13
Nord
0
2
6
1
1
4
4
18
19
12
38
5
8
25
6
113
En tenant compte des spécificités régionales, on peut noter que l’importance d’une spéculation
dépend en grande partie de la région. Le tableau 4 ci-dessus permet d’observer par exemple qu’au
centre la principale culture est le mil tandis qu’au Nord la principale culture est le niébé.
Pour l’élevage, le graphique 5 ci-dessous présente l’importance des espèces élevées. Il ressort de ce
graphique que les bovins représentent l’espèce la plus élevée selon les exploitants interrogés. En
27
effet, l’élevage des bovins est la principale activité de 67% des exploitants. Il est suivi par l’élevage
des ovins (23%), par celui des caprins (5%) etc.
Graphique 5: Espèces les plus élevées
L’importance relative des différentes espèces semble uniforme pour l’ensemble des régions
couvertes par l’enquête. En effet, comme l’indique le tableau le bovin est l’espèce la plus élevées
dans toutes ces régions.
Tableau.5: Répartition des principales espèces élevées par région
Bovins
Centre
ovins
Caprins
Asins
volaille
Total
9
4
3
1
1
18
Centre-Nord
22
6
0
0
0
28
Centre-oust
12
6
0
0
1
19
Est
23
1
0
0
1
25
Hauts Bassins
10
0
0
0
1
11
Nord
10
13
4
0
1
28
86
30
7
1
5
129
Région
Total

DEMANDE DE CREDIT
Un des problèmes fondamentaux souvent évoqués par les acteurs en matière de promotion de
l’agriculture familiale est le faible accès des petits exploitants au financement. Ainsi, on a coutume
28
de dire que le système bancaire rechigne à financer le secteur agricole parce que ce dernier
présenterait de nombreux risques intrinsèquement liés à cette activité.
Cependant, il importe de nuancer ces affirmations dans la mesure où la faiblesse des financements
accordés aux exploitants agricoles peut résulter non pas d’un rationnement du crédit mais de
comportement de l’exploitant qui s’auto-exclut du financement. En effet, pour qu’on parle de
rationnement il faut d’abord qu’il ait eu demande. Or il se trouve que dans les plupart des cas, ce
sont des exploitants eux-mêmes qui ne formulent pas de demande de crédit.
Les données collectées semblent corroborée ce comportement d’auto-exclusion du système de
financement. En effet, comme on peut le voir sur le graphique 6, plus de 61% des exploitants
enquêtés affirment n’avoir jamais formulé une demande de crédit au cours des cinq dernières
années. Par conséquent, seulement 39% ont demandé du crédit.
Pourquoi un tel comportement d’auto-exclusion ? Le graphique 6 ci-dessous présente les raisons
avancées par les exploitants qui n’ont pas formulé de demande de financement. Il ressort de ce
graphique que c’est le manque d’information qui semble justifier le comportement d’autoexclusion du système de financement. En effet, plus de 65% des exploitants qui n’ont pas demandé
du crédit avance cette raison. On trouve également d’autres raisons telles que le coût du crédit
cités par 21% des exploitants, le fait que le crédit soit mal vu dans leur cadre social (8,5%).
Graphique 6: Proportion des exploitants qui ont demandé du crédit
Demande de crédit
non
61,3%
oui
38,7%
Graphique 7: Raisons de non demande de crédit
Raisons non demande credit
le manque d'informat ion
65,1%
le coût du crédit est élevé
le crédit est mal vu dans not re société
le coût du montage du dossier est élevé
autres
20,8%
8,5%
3,8%
1,9%
Au total, on note que le manque d’information sur le système financier justifie le comportement
d’auto-exclusion des exploitants agricoles dudit système. A cet égard, on pourrait penser que c’est
29
le faible niveau d’instruction qui justifie cet état de fait. Les données de l’enquête ne valident pas
clairement cette. En effet, on note à partir du tableau 6 que plus le niveau de scolarisation
augmente cela ne s’accompagne pas d’une amélioration significative de la propension de demande
de financement.
Tableau.6: Éducation et propension de demande de crédit
De mande de cré di t
Educ
Non alp habét isé
Niveau p rimaire
Niveau secondaire
Niveau sup érieur
TOTAL
oui
non
TOTAL
37,7%
23,5%
57,8%
33,3%
38,7%
62,3%
76,5%
42,2%
66,7%
61,3%
100%
100%
100%
100%
100%
Autre hypothèse que l’on pourrait avancer est celle selon laquelle l’activité détermine la
propension de demande de crédit. Les données du tableau 7 confirment cette hypothèse. En effet,
les enquêtés qui exercent le commerce comme activité principale sont les plus demandeurs de
crédit. Viennent ensuite par ordre d’importance les éleveurs, les agriculteurs et les
transformateurs.
Tableau.7: Activité principale et propension de demande de crédit
Demande de crédi t
Activi_pri ncip
Agriculture
élevage
commerce(achat et revente)
transformation
TOTAL
oui
non
TOTAL
38,2%
43,1%
66,7%
26,7%
38,7%
61,8%
56,9%
33,3%
73,3%
61,3%
100%
100%
100%
100%
100%
Pour les exploitants qui ont eu à formuler une demande de crédit, ils l’ont fait majoritairement
auprès des institutions de microcrédit avec près de 70% des citations comme le montre le
graphique 8 ci-dessous. Viennent ensuite les banques classiques (12%), les prêts entre particuliers
(10,6%) et les fonds public (7,6%). Ce choix discriminatoire des institutions financières se justifie
principalement par la proximité desdites institutions (Cf. figure 9)
30
Graphique 8: Type d’institutions
Typ e inst itution
7,6%
10,6%
instit ution de micro crédit
Banque classique
d'un part iculier
fonds p ublic
12,1%
69,7%
Graphique 9: Motifs du choix de l’institution
motif choix institution
entente,familiarité,rap idité et souplesse
43,5%
pas d'information sur les autres structures
15,9%
autres
13,0%
initiative de l'institution
Client de l'institution
11,6%
7,2%
conseil de l'encadreur
5,8%
Taille de l'exploitation
2,9%
Selon les exploitants enquêtés, on retient que plus de la moitié des demandeurs de crédit l’ont fait
pour résoudre les problèmes liés fonds de roulement. 57% des enquêtés avancent le fonds de
roulement comme motif de demande de crédit. La demande de crédit pour motif d’investissement
est citée par 39% des exploitants.
Graphique 10: Motifs de demande de crédit
M otif de demande de credit
4,1%
39,2%
56,8%
Fonds de roulement (intrants, salaires,conditionnement,consommation)
Investissement(matériel et équipement, animaux p our embouche)
autres
31
Y a-t-il rationnement du crédit ? Les données du graphique 11 permettent de répondre à cette
question. En effet, selon ce graphique près de 83% des demandes de crédit ont été satisfaits. Ce qui
incline à soutenir que le rationnement du crédit est un phénomène moins accentués dans les faits.
Seulement 17% des demandes de crédits sont non satisfaits. Toutefois, selon l’enquête, les raisons
de rejets des dossiers de demande de financement ne sont pas clairement expliquées aux porteurs
de projets. En effet, un exploitant sur deux dont la demande a été rejetée ignore les raisons du rejet
de son dossier. Il y a également la capacité de montage du projet qui semble justifier les rejets de
demande de financement. Il y a enfin le manque de collatéral qui est avancé par 16% des
exploitants comme raison de rejets de leur dossier de demande de financement.
Quant à la question de savoir si les montants sollicités ont été effectivement obtenus, il ressort du
graphique 13 que près de 86% des exploitants enquêtés ont obtenus le montant qu’ils ont sollicité.
Une forte proportion des demandes financement sont d’un montant inférieur à 200.000 FCFA
comme l’atteste le graphique 14 ci-dessous. Toutefois, on note une forte dispersion des montants
sollicités.
Graphique 11: Proportion de demandes de crédit satisfaites
Credit obtenu ?
oui
non
82,8%
17,2%
Graphique 12: Raisons de refus d’octroi du crédit
Raison de refus
raisons inconnues
50,0%
Le p rojet est mal monté
33,3%
manque de collat éral
16,7%
le mont ant du crédit sollicit é est élevé 0,0%
Graphique 13: Comparaison montant demandé et montant accordé
credit demandé et obtenu
Montant obtenu = montant démandé
Montant obtenu < montant démandé
81,5%
18,5%
32
Graphique 14: Montant de crédit demandé (en milliers de FCFA)
M ont ant du crédit
[1,200[
32,8%
[200,400[
14,1%
[400,600[
18,8%
[600,800[
[800,1000[
4,7%
0,0%
[1000,5000[
20,3%
[5000,10000[
3,1%
[10000,20000[
3,1%
[20000,50000[
3,1%
[50000,+[
0,0%
Au total, il importe de retenir que l’hypothèse d’un rationnement important du crédit
particulièrement en milieu ne pas validée. En revanche, l’hypothèse de comportement d’autoexclusion du système de financement qui justifie le faible niveau de financement accordé au
secteur agricole dans son ensemble est validée par les données de l’enquête.
Le comportement d’auto-exclusion semble expliquer d’ailleurs la forte proportion
d’autofinancement des activités en milieu rural. En effet selon l’enquête, près de 70% des
exploitants financent leur activité sur fonds propres. Quant aux autres modes de financement, on
trouve le crédit, les aides les appuis des fonds publics (Cf. graphique 15).
Graphique 15: Mode de financement des dépenses des exploitants
M ode de financement
2,5%
14,0%
Aut o-financement
Crédit
Aides
Subvent ions
21,6%
61,9%
La forte proportion incline à prédire l’existence d’une forte demande potentielle de financement
en milieu rural.
33

LES BESOINS DE FINANCEMENTS
Les besoins de financement exprimés par les exploitants sont repartis en financement de fonds de
roulement et en investissement prioritairement. En effet, comme l’indique le graphique 16, 56%
des besoins de crédit sont destinés à financer l’activité courante des exploitations et 41% de ces
besoins iront dans la formation du capital.
Quant aux montants souhaités, ils dépendent de l’activité principale comme l’indique le tableau 8
ci-dessous. Mais on note que pour le fonds de roulement les montants compris entre 100.000 et
200.000 FCFA sont les plus sollicités excepté dans l’activité d’achat vente où les montants les plus
sollicités oscillent entre 200.000 et 400.000 FCFA. Pour les besoins de financement de capital, les
montants sollicités sont un peu plus élevés comme l’indique le tableau 9.
Graphique 16: Type de crédit souhaité
ty pe credit
Fonds de roulement
55,8%
Investissement
autres.
41,4%
2,8%
Tableau.8: Montants souhaités pour le fonds de roulement par activité
Activi_pri ncip Agricult ur élevage commerc transform TOTAL
e
e(achat et
ation
revente)
Mont_cred_fonct
[100,200[
28,9%
29,2%
25,0%
40,0%
30,4%
[200,400[
16,4%
13,8%
33,3%
6,7%
16,1%
[400,600[
13,2%
10,0%
25,0%
33,3%
13,7%
[600,800[
4,6%
3,8%
0,0%
6,7%
4,2%
[800,1000[
2,6%
2,3%
0,0%
0,0%
2,4%
[1000,5000[
14,5%
17,7%
8,3%
0,0%
13,7%
[5000,10000[
2,0%
2,3%
0,0%
0,0%
1,8%
[10000,+[
1,3%
1,5%
0,0%
6,7%
1,8%
TOTAL
100%
100%
100%
100%
100%
34
Tableau.9: Montants souhaités pour l’investissement par activité
Activi_pri ncip Agricult ur élevage
e
cre dit i nvesti ssement
[100,200[
[200,400[
[400,600[
[600,800[
[800,1000[
[1000,5000[
[5000,10000[
[10000,+[
TOTAL
14,5%
17,8%
10,5%
5,3%
1,3%
7,9%
6,6%
3,9%
100%
16,2%
17,7%
10,8%
5,4%
1,5%
8,5%
6,9%
4,6%
100%
commerc transform TOTAL
e(achat et
ation
revente)
0,0%
25,0%
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
8,3%
0,0%
100%
0,0%
13,3%
0,0%
0,0%
0,0%
6,7%
0,0%
0,0%
100%
13,1%
17,9%
9,5%
4,8%
1,2%
7,7%
6,0%
3,6%
100%
Le désire de recourir au crédit des exploitants dépend toutefois du coût de financement. En effet,
pour le financement de leur fonds de roulement, plus de la moitié des exploitants soutient qu’elle
est prête à contracter un prêt au taux d’intérêt compris entre 1 et 5%. Pour le crédit
d’investissement, les exploitants qui sont prêts à accepter un taux d’intérêt compris entre 5 et 10%
sont aussi nombreux que qui se situent dans la tranche de 1à 5%. Dans tous les cas, ces intensions
sont en deçà des conditions financières actuelles. Ce qui incline à soutenir qu’une politique de
prêts à des taux d’intérêt bonifiés est nécessaire pour soutenir le financement du secteur.
Graphique 17: Taux d’intérêt souhaité sur le financement du fonds de roulement
Taux_int_fonct
0
6,3%
[1,5[
52,0%
[5,10[
[10,15[
37,0%
4,7%
Graphique 18: Taux d’intérêt souhaité pour le financement de l’investissement
Taux_int_invest
0
3,2%
[1,5[
44,1%
[5,10[
43,0%
[10,15[
[15,20[
7,5%
2,2%
35
2.3. APPRECIATION DU ROLE DE L’ETAT DANS LE FINANCEMENT DE L’AGRICULTURE
FAMILIALE
Le rôle de l’Etat dans le financement des exploitations familiales consiste le plus à la subvention
des intrants et à l’octroi de financement par l’intermédiaire des fonds publics. Dans l’échantillon
des exploitants enquêtés, il ressort que seulement 24% ont déjà bénéficié de ce type d’appui et ce
quelque soit la nature de l’activité exercée. Il n’y a pas de différence notable dans cette proportion
d’une activité à l’autre comme l’atteste le tableau 10 ci-dessous. Ces statistiques dénotent la
contribution limitée de l’Etat dans le financement du secteur rural. Ce qui fait que près de 58%
des exploitants enquêtés affirment qui ne sont pas satisfait du niveau d’implication de l’Etat dans le
financement de l’agriculture
En termes de la nature de l’appui, ce sont les subventions qui sont les plus citées. En effet, 56% des
exploitants enquêtés affirment avoir déjà bénéficié de la subvention tandis que pour les prêts ceux
qui en ont déjà bénéficié représentent 28% (Cf. graphique 19)
Tableau.10: Proportion des exploitants ayant déjà bénéficié d’un appui de l’Etat
Appui _Pu b
Activi_ pri ncip
Agricult ure
élevage
commerce(achat et revent e)
transformat ion
TOTAL
oui
non
TOTAL
25,0%
23,8%
25,0%
20,0%
23,8%
75,0%
76,2%
75,0%
80,0%
76,2%
100%
100%
100%
100%
100%
Graphique 19: Appuis de l’Etat au bénéfice des exploitants
Si oui, p réciser la nat ure de l'ap pui
Subvent ion
56,4%
prêt
28,2%
Aut res
15,4%
Graphique 20: Implication de l’Etat dans le financement de l’agriculture
Implicat ion de l'Et at dans le financement de l'agriculture
Pas du t out satisfait
34,8%
Plutôt p as satisfait
23,2%
Plutôt satisfait
T out à fait sat isfait
28,4%
13,5%
36
Au regard, des insuffisances relevées par les exploitants sur l’implication de l’Etat dans
l’agriculture, ils formulent les suggestions suivantes par ordre de priorité (voir graphique 21 cidessous) :

formuler une bonne politique de développement de l’agriculture ;

faciliter l’accès au crédit en temps opportun ;

mettre en place des systèmes de financement spécifiques à chaque sous-secteur ;

octroyer des équipements ;

renforcement l’encadrement et la formation ;

faciliter l’accès aux intrants.
suggestions
une bonne définition de la PA
26,3%
facilitation de l'accès au credit en temps opportun
17,5%
financement propre au secteur
12,0%
octroi d'équipement
10,6%
Encadrement
9,9%
disponibilité des intrants en quantitié
9,9%
formation
6,6%
baisse du taux d'intérêt
4,0%
suppression des garanties
3,3%
A terme, sur les bases des analyses des caractéristiques de l’offre et de la demande dans notre
constat, des propositions peuvent être faites.
III. SUGGESTIONS ET RECOMMANDATIONS
Au regard des constats ci-dessus faits, de manière générale, un certain nombre de
recommandations peuvent être formulées en suivant cinq (5) grands axes.
Axe 1: Créer et mettre en œuvre un instrument d’orientation et de financement du secteur
agricole fondé sur un véritable cadre politique, juridique et institutionnel au niveau
régional
37
Axe 2: Imaginer et mettre en œuvre un système d’assurance efficace et adapter aux
problèmes du petit exploita nt
A ce titre l’expérience malgache en matière de financement agricole en dit long. En effet,
l’expérience malgache en matière de crédit bail à l’agriculture est une alternative qui fait ses
preuves dans le domaine du financement de l’agriculture et qui gagerait à être promue ailleurs. En
effet, la Caisse d’Epargne et de Crédit Autogéré de Madagascar (CECAM) est un réseau mutuel
malgache qui a introduit le crédit-bail en 1993 pour financer les animaux de trait et le matériel
associé (charrues, herses), les petits moulins et presses, le petit équipement motorisé et les vaches
laitières. Le crédit-bail constituait environ 20 % du portefeuille total des encours. Seul un petit
nombre des emprunteurs a toutefois pu se voir accorder un prêt : tout juste 4 % de tous les
membres. Le taux de remboursement de la CECAM pour les contrats de crédit-bail s’est montré
satisfaisant, et il est supérieur au taux moyen de remboursement de l’ensemble des prêts de la
CECAM.
Cependant, les frais d’exploitation liés au crédit-bail sont le signe de coûts de transaction élevés
pour l’évaluation et la surveillance. La CECAM a bénéficié du soutien de bailleurs de fonds, sous la
forme de prêts à long terme accordés à des conditions de faveur, et d’une assistance technique.
Encadré n°4 : Les préceptes fondamentaux de la méthodologie de crédit-bail de la CECAM
La sélection du matériel
La sélection de l’actif est un critère déterminant, car c’est cet actif qui constitue la source de paiement
principale et qui représente la seule garantie pour la transaction (en l’absence de sûretés supplémentaires).
Les bailleurs préfèrent louer un matériel générant un flux de revenu régulier, pouvant facilement être
revendu, pouvant être utilisé de multiples façon au lieu d’une seule et doté d’un titre de propriété clair
pour une plus grande facilité de reprise et de liquidation.
L’évaluation du contrat de crédit-bail
La CECAM base l’évaluation principalement sur le flux de trésorerie progressif généré par le matériel,
puisqu’il s’agit de la principale source de paiements du contrat de crédit-bail. L’évaluation du crédit-bail
exige des compétences considérables, tout particulièrement dans le cas du matériel volumineux et haut de
gamme. L’agent de crédit doit avoir une connaissance technologique du matériel, ainsi que des
connaissances générales au sujet de l’économie agricole et des flux financiers associés. Cette évaluation
devrait prendre en compte l’intégralité des revenus dégagés par le foyer opérant la ferme, de façon à
identifier une source supplémentaire de paiements en cas d’échec de l’activité principale.
Conditions générales
L’échéance du contrat de crédit-bail de la CECAM est de trois ans, avec un taux d’intérêt de 30 %. En
outre, la CECAM adapte autant que possible le calendrier de paiements du contrat de crédit-bail aux
fluctuations de trésorerie de la ferme.
Surveillance et mesures prises en cas de défaut de paiement
La stratégie de surveillance de la CECAM consiste à utiliser les structures de proximité telles que les
38
membres du comité local de crédit ou des groupes offrant une garantie commune. Ces derniers peuvent
également faire pression pour assurer le paiement dans les délais. Il est important de réagir
immédiatement pour maintenir la crédibilité du prestataire auprès des bénéficiaires du contrat de créditbail et empêcher d’autres défauts de paiement.
Points essentiels
Pour le bailleur






Pour l’emprunteur

Le risque moral lié à l’actif objet du
contrat de crédit-bail ;
Les coûts de transaction élevés en raison
de la petite taille des clients ;
L’absence de sources de financement à
long terme ;
Les problèmes de reprise de l’actif en cas
de non-paiement, tout particulièrement
l’ignorance des autorités locales
concernant les questions juridiques à ce
sujet ;
Les difficultés de revente des actifs
repris ;
Le cadre fiscal inapproprié.



Les conditions strictes en termes d’acompte
et, dans certains cas, de sûreté réelle ;
Les critères de sélection rigoureux au sujet du
degré de compétence et de l’expérience
acquise ;
Les institutions financières hésitent à
accorder un crédit-bail pour un actif à
technologie peu coûteuse ou pour des actifs
d’occasion et
Les paiements sont plus élevés (par
comparaison avec un prêt à long terme) en
raison de la durée plus courte du contrat de
crédit-bail.
Source : « Financing Agricultural Term Investments, Agricultural Finance Revisited », n° 7, FAO & GTZ,
Frank Hollinger, janvier 2004 In Revue du Secteur Financier du Burkina Faso. 2007
Axe 3 : Sensibiliser et responsabiliser davantage le secteur bancaire sur la problématique
du financement de l’agriculture.
De façon spécifique, il s’agit de :
1. Promouvoir la responsabilité des Banques qui sont déjà engagées dans le domaine
du crédit agricole. Cela pourrait faire tâche d’huile
2. Favoriser la collecte d’épargne longue
3. Favoriser le renforcement du secteur des SFD et confier au FONDMA un rôle de
pilotage national de ce sous-secteur
4. Bonifier les taux d’intérêt des prêts à l’agriculture familiale
5. Assainir les conditions d’exercice de l’activité de banque d’entreprise afin de
favoriser l’investissement dans la transformation de produits agricoles.
Axe 4 : Instaurer une véritable communication entre les acteurs constituant la chaîne des
valeurs du secteur agricole
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1. Instituer des cadres de concertation par filière
2. Développer une nouvelle approche du crédit agricole
3. Former les agents de crédit des institutions financières aux caractéristiques des
filières agricoles
4. Former les responsables coopératifs agricoles à la manière de formuler leurs besoins
de financement
Axe 5 : Travailler à réduire les aléas et risques liés aux secteurs agricoles et qui exacerbent
1. Inciter les organisations paysannes à se regrouper en plus grandes structures comme les
Unions ou le Fédération
2. Inciter à la création d’unités et plus tard d’industries de transformation des produits
périssables
3. Accompagner les structures d’encadrement du monde paysan
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