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voyage
Cenon co-réalise des terrains
familiaux pour accueillir 12 familles
de la communauté des gens du
voyage
Inauguration le 30 septembre, 17h
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Dossier de presse – Septembre 2011
Contact presse : Dalinda Abid : 05 57 80 35 50 / 06 73 35 69 33 / Fax : 05 57 80 70 68
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Sommaire
P.3
Terrains familiaux : un bon compromis entre
sédentarisation et respect de la culture des
gens du voyage
P.4
Cenon pilote trois années de partenariat
pour une première en Aquitaine
P.5
Concertation et accompagnement, les clés
de la réussite
P.6 :
Témoignages des familles Jimenez-Berger
et Elfrik-Orne
« …Ca nous a fait plaisir d’être écoutés, sollicités, considérés… »
Contact :
Sabine Dupont : Conseillère municipale : 06 43 60 58 93
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Contact presse : Dalinda Abid : 05 57 80 35 50 / 06 73 35 69 33 / Fax : 05 57 80 70 68
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Terrains familiaux : un bon compromis entre sédentarisation
et respect de la culture des gens du voyage
Le 30 août dernier, la ville de Cenon remettait officiellement les clés de logements implantés sur des
terrains familiaux à 12 familles issues de la communauté des gens du voyage. Une démarche novatrice
et inédite en Aquitaine, riche d'enseignements, dont la réussite tient à l'investissement de nombreux
partenaires d’une part (agents et élus locaux de Cenon et d'Artigues, représentants de l’Etat, du Conseil
général, de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), , de la CAF, de l’Association départementale
des amis des voyageurs de la Gironde (ADAV33), du Fonds de Solidarité Logement (FSL), des familles
concernées, etc.), et à la concertation et l’accompagnement mis en place tout au long du processus
d’autre part.
Depuis l'année 2000, la loi Besson et le schéma départemental obligent les communes à se doter d'aires
d'accueil pour les gens du voyage. La ville de Cenon s'est elle orientée vers la création de terrain
familiaux afin de répondre aux besoins locatifs de familles, « établies » depuis une décennie sur des
terrains, - parking et bois -, communaux. Ainsi depuis trois ans, la Mairie accompagne les familles
Winterstein, Jimenez, Berger, Elfrik et Orne, composées de 12 foyers ; 53 personnes vivant en
caravanes, dans des conditions précaires.
Bâti, accompagnement, formation... ce programme a d'autant plus valeur d'exemple, que l'Etat, le 28
août 2010, révisait les schémas départementaux d'accueil des gens du voyage en incluant la possibilité
de création d'aires permanentes d'accueil.
Situés sur les hauteurs de La Blancherie, les terrains familiaux se divisent en douze parcelles délimitées.
Sur chaque lot, une maisonnette de 25 m2 constituée d'une pièce à vivre avec coin cuisine, d'une salle de
bain et de sanitaires. Le jardin est lui suffisant pour accueillir les caravanes servant de chambres.
Futurs locataires de la ville, les familles tirent une grande satisfaction de ce statut qui leur apporte un
confort sur les plans matériel et moral. Chauffage, eau, électricité vont considérablement améliorer les
conditions de vie. Mais aussi modifier les habitudes. Des formations dispensées par la CAF, le FSL,
l’INSUP les ont préparées à gérer ces contraintes du quotidien (factures, projet de convention,
réglementation, etc.) jusque là inconnues.
Plus largement, l'accompagnement reçu depuis près de 3 ans a transformé en profondeur leur rapport à
la cité et aux pouvoirs publics. Une évolution rendue possible grâce aux liens de confiance tissés entre
Sabine Dupont, la conseillère municipale désignée pour initier et porter le projet à son terme, et les
familles. Associées et sollicitées à chaque étape du projet, ces dernières se sentent pleinement
responsables de ce succès en devenir.
En innovant, la Mairie de Cenon amène progressivement dans le droit commun des familles qui vivaient
jusqu'alors à la marge. Une reconnaissance administrative essentielle aux projets de vie : scolarisation
des enfants, emplois, obtention d'aides de la CAF, renouvellement de cartes d'identité, etc. Mieux, le
règlement établi permet à certains de renouer avec le nomadisme (possibilité de s'absenter jusqu'à 4
mois consécutifs), car nombreux sont ceux qui n'osaient plus prendre la route, faute de retrouver à leur
retour une place sur les aires d'accueil existantes. Un gage de liberté de mouvement inhérente à leur
mode de vie.
Pas tout à fait sédentaires, mais prêtes à s’adapter aux règles de vie qui régissent la vie d’une cité, les
12 familles ont signé leur premier état des lieux le 30 août dernier. Un mois plus tard, le vendredi 30
septembre à 17h, au 6 rue Gay Lussac, elles accueilleront l’ensemble des partenaires du projet pour
l’inauguration officielle de leur nouveaux lieux de vie.
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Contact presse : Dalinda Abid : 05 57 80 35 50 / 06 73 35 69 33 / Fax : 05 57 80 70 68
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Cenon pilote trois années de partenariat
pour une première en Aquitaine
Initialement, la Mairie de Cenon souhaitait se mettre en conformité avec la législation (loi n°2000-614
du 5 juillet 2000) et bâtir une aire d'accueil pour les gens du voyage. Or des familles semi-sédentaires,
présentes sur la commune depuis une dizaine d'années, et par conséquent considérées par la ville comme
Cenonnaises, vivaient dans des conditions d'extrême précarité dans les secteurs Marègue et Blancherie.
Il fallait leur trouver en priorité une réponse adaptée ; ces deux groupes familiaux, les Jimenez – Berger
et Elfrik – Orne, étant composés de 53 individus aux âges, situations sociales, aspirations, très
différentes.
Détermination des institutions locales
La Mairie se tourne alors vers les services de l'État qui lui conseille la création de terrains familiaux, déjà
expérimentés dans d'autres régions. En Aquitaine, ce sera une première. Pour ce faire, Cenon reçoit une
dérogation exceptionnelle.
Le principe de terrains familiaux adopté en 2008, se pose alors le problème de l'implantation de ces 12
logements. En effet, la commune ne dispose d'aucun foncier suffisamment vaste. Il y a bien La Blancherie
dont Cenon est propriétaire, mais le site est domicilié à Artigues. Après accord, le projet sera monté
conjointement par les deux municipalités. Cenon reste propriétaire et maître des lieux ; les familles
deviendront à terme citoyens artiguais.
L'appel d'offre est lancé, le cabinet d'architecte recruté, quand le nouveau PLU (Plan local d'urbanisme)
rend le terrain non constructible. Cenon et Artigues entreprennent alors une révision simplifiée : les 27
conseils municipaux de la CUB doivent donner leur accord, puis le dossier repasser devant le conseil de
CUB. Ces 18 mois de procédure démontre la volonté des institutions (Conseil général et CUB au premier
plan) de mener à bien ce projet inédit. Plus profondément il marque aussi l’investissement de l’ensemble
des partenaires dans un projet où la dimension humaine a prévalu. Les relations étroites instaurées avec
les familles ont été un facteur supplémentaire dans la motivation et le souhait de relever un défi à haute
valeur ajoutée. Pourtant la solution des terrains familiaux répond avec pertinence à une problématique
largement partagée : la présence sur les communes de familles semi-sédentarisées dans 90% des cas, et
non de passage... D’ailleurs, le 28 août 2010, l'Etat révisait les schémas départementaux d'accueil des
gens du voyage en incluant la possibilité de création d'aires permanentes d'accueil.
Un coût modéré pour la Ville
Au-delà de la satisfaction pour la ville d’avoir pu et su trouver une solution durable en apportant un
confort moral et matériel à 53 personnes, la municipalité a été attentive à la gestion financière du
projet. Si son investissement s'élève à 290 000 €, à terme, il est bien inférieur au coût de fonctionnement
d'une aire d'accueil qui comprend l'entretien, la remise en état après chaque passage, le gardiennage,
etc. De plus, la Ville, avec les loyers perçus, récupèrera une partie de ses dépenses.
Le coût total de cette opération s'élève à 710 000€ HT. Les participations s'établissent comme suit :
État : 256 000 €
CG : 58 000 €
CUB : 76 000 €
CAF : 30 000 €
Ville de Cenon : 290 000 €.
Cabinet d’architecte : Cabinet Bouzou, architecte : Medam Mabsout
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Concertation et accompagnement : les clés de la réussite
Chaque étape du projet, - des appels d'offre à l'attribution des terrains-, a fait l'objet de commissions.
Autour de la table, un groupe social de travail réunissait des agents et des élus des villes de Cenon et
d'Artigues, des représentants des familles, de la CUB, du CG, de la CAF, de l'ADAV33, de la Direction
Départementale du Territoire et de la Mer, des CCAS de Cenon et d'Artigues.
Une réponse au plus près des besoins
Les groupes familiaux, ont désigné par élection démocratique avec urnes et isoloirs, leurs représentants.
Grâce à leur participation, leurs propositions et les conseils pertinents de l'ADAV33, les terrains familiaux
collent au plus près des besoins de vies, inscrites entre nomadisme et sédentarité.
Pour attribuer les terrains aux 12 foyers en présence, deux critères ont été retenus : l'existence de liens
familiaux entre habitants d'un même toit, et des origines familiales rattachées à la Rive Droite. Tout
départ de locataire entraîne pour la réattribution du logement vacant, une nouvelle étude de dossier.
Pas de transmission automatique donc.
Favoriser et accompagner l’intégration sociale
Cet accès à un logement sur mesure nécessitaient pour les familles Jimenez – Berger, Elfrik – Orne
d'accepter des contre-parties. Par ailleurs, les partenaires, soucieux d’amener les familles dans un
dispositif d’intégration sociale et citoyenne, ont élaboré un diagnostic recensant les besoins et les
demandes des familles. La ville de Cenon a alors fait appel à l’INSUP chargé d’accompagner de 2009
à 2011 environ 14 adultes sur un parcours alliant alphabétisation, insertion économique et accès aux
droit commun. A partir des fondamentaux, apprendre à compter, lire et écrire, les formateurs de l’Insup
ont amené les bénéficiaires, par le biais de séances adaptées, à appréhender les notions de gestion
(économique, temps, espace et territoire…), de citoyenneté, d’informatique… Comprendre l’intérêt de
mettre en place et respecter un règlement intérieur, être sensibilisé au fonctionnement des institutions, de
la démocratie, savoir lire une facture, un contrat de bail… les formateurs ont travaillé de manière
transversale afin de faciliter l’intégration des familles sur les terrains familiaux. L’insertion par l’économie
était aussi au programme. Avec notamment la découverte de métiers par le biais de rencontres avec des
entreprises et des associations, telles la Ressourcerie. Parmi les réussites les plus emblématiques à mettre
au profit de cet accompagnement : la création d'une auto-entreprise et l'obtention d'un permis de
conduire.
Pendant près de 3 ans, les voyageurs sont restés mobilisé, les fiches de présence attestant de leur
assiduité. Tous y ont gagné en assurance et expliquent avec fierté la possibilité de suivre désormais les
devoirs de leurs enfants, scolarisés depuis 2008, dans les écoles de Cenon et Artigues..
Locataires attentifs et investis
Les terrains familiaux se divisent en douze parcelles délimitées. Sur chaque lot, une maisonnette de 25
m2 constituée d'une pièce à vivre équipée d'un évier, d'une salle de bain et de sanitaires. Le jardin est lui
suffisant pour accueillir les caravanes servant de chambres.
Le 30 août 2011, pour la remise des clefs, chaque famille a été reçue dans sa maison par un élu, un
agent de la ville et un représentant de l'ADAV33, afin d'effectuer l'état des lieux, puis signer la
convention d'occupation et le règlement intérieur. Ce dernier leur a été soumis et expliqué précédemment
en commission : aucune nuisance, respect des voisins, pas de bouteille de gaz à l'intérieur des maisons,
interdiction de sous-louer les lieux, accueil d'un visiteur limité à un mois, etc.
Le montant du loyer s'établit quant à lui à 250€, soit la valeur de l'allocation logement que la CAF
versera directement au propriétaire, à savoir la Ville de Cenon. Chauffage, eau, électricité vont
considérablement améliorer les conditions de vie. Choix a été fait d'équiper les lieux d'un poêle à bois
(avec petit four incorporé). Chaque foyer sera abonné individuellement à EDF et accompagné par un
groupe social.
Les familles n'ayant pas l'habitude des factures, elles ont au préalable reçu des cours de sensibilisation
dispensés par la CAF et le FSL) pour, par exemple, connaître la dépense énergétique des appareils
ménagers. Pour l'eau, des sous-compteurs ont été installés afin de mieux contrôler les consommations.
Dépenses fixées : pas plus de 10€ par mois.
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Témoignages des familles Jimenez-Berger et Elfrik-Orne
Voici une décennie que les familles Jimenez – Berger et Elfrik – Orne ont installé leurs foyers sur la
commune de Cenon. 53 personnes aux âges, situations sociales, aspirations, très différentes. Rencontre
avec Bruno Berger, son épouse Monique, et Sabrina Orne.
Si Bruno Berger est originaire de La Loire, son épouse a elle grandi à Langon. « Nous nous sommes
rencontrés en 1988, sur un terrain derrière l'ancienne station service du Pont Saint-Jean », confie-t-elle.
«Nous nous sommes mariés, puis, mes parents devenus âgés, ont choisi de se sédentariser à Cenon. » Dès
lors, la famille gravite autour de la commune. « Nos cinq enfants ont grandi en région bordelaise ; le
dernier est d'ailleurs née à Cenon », précise-t-elle. « Depuis neuf ans, nous avions une simple autorisation
orale de M. le Maire Alain David. Le projet des terrains familiaux est la première trace écrite que nous
possédons », poursuit Bruno Berger. « Longtemps, nous nous sommes sentis seulement tolérés. Ce sentiment
a changé lorsqu'en 2005 mon beau-frère a décroché un CDI à la station essence de La Morlette, et que
nous avons demandé et obtenu un emplacement fixe. » La famille gagne alors le parking de La
Blancherie. Un premier pas vers la sédentarisation ? « Qu'une partie de la famille se sédentarise ne me
pose aucun problème. Mais ce n'est pas mon cas. Je passe ici une bonne partie de l'année, environ huit
mois ; le reste du temps, je me déplace par goût et par nécessité. Rempailleur de chaises, je travaille de
manière itinérante sur les marchés. Aux beaux jours, je pars visiter ma famille dans la Loire. »
« Ca nous a fait plaisir d'être écoutés, sollicités, considérés »
Le groupe familial Elfrik – Orne a en quelque sorte emboité le pas de Sabrina. « Nous changions
beaucoup d'emplacement », se souvient-elle. « Or je suivais une formation professionnelle à Ambarès.
Afin de réduire mes déplacements, j'ai demandé à rencontrer le Maire de Cenon pour qu'il nous autorise
à rester dans le quartier de La Marègue. » Plus tard, les Elfrik – Orne rejoindront les hauteurs et le bois
de La Blancherie. Tout comme Bruno Berger, Sabrina Orne a été désignée par les siens représentante de
la communauté. Dans le cadre des terrains familiaux, elle a suivi les commissions de travail et développé
une relation de confiance avec l'élue locale, Sabine Dupont. « Ca nous a fait plaisir d'être écoutés,
sollicités, considérés. Tout ce que l'on a suggéré a été pris en compte. A notre demande, des ralentisseurs
ont même été ajoutés... Encore aujourd'hui, après quatre années de démarches, la Mairie reste à l'écoute
et disponible. » Cet hiver, des vents violents et des pluies abondantes ont nécessité une intervention
d'urgence des services municipaux afin de stabiliser le site mis à leur disposition. « Depuis cet événement,
nous étions encore plus impatients d'emménager aux terrains familiaux. Etre à l'abri, au chaud, au sec,
chacun chez soi, se sentir en sécurité en cas de tempête, est un soulagement. » Bruno et Monique Berger
abondent : « L'été nous pouvons nous installer un peu partout. L'hiver, il faut un emplacement en dur, à
cause de l'eau et de la boue. La pièce à vivre est un véritable confort supplémentaire qui nous permettra
de conserver en bon état les caravanes plus longtemps. Nous en changeons tous les dix ans en
moyenne. »
De mai à septembre, M et Mme Berger ont donc repris la route. Faute de véhicules appropriés, Sabrina
Orne et les siens se sont contentés durant l'été, de rejoindre ponctuellement quelques missions. Depuis
quelques jours, ils ont désormais la satisfaction de se sentir pleinement chez eux, tout en ayant la
possibilité de s'absenter jusqu'à 4 mois durant, en accord avec leur culture nomade.
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