On s`est tous levé pour Kila - Festival Interceltique de Lorient
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On s`est tous levé pour Kila - Festival Interceltique de Lorient
N° 6 « Le Festival a retrouvé sa vitesse de croisière », ai-je lu. Vitesse ? Oui mais quelle vitesse ? Depuis hier j’ai constaté que de ce côté-là il n’y avait pas beaucoup d’excès. J’ai pu croiser quelques bénévoles et pas mal de festivaliers qui commençaient à traîner la patte. Les mollets durcis par les milliers de pas ont acquis une densité de plomb et sont à la limite de la crampe. Ils arrachent des grimaces de douleurs. J’ai aussi croisé des bénévoles qui se cramponnent et gardent le sourire à l’idée qu’ils vont retrouver un lit. Et nous n’en sommes qu’à la moitié du Festival. Il paraît que lorsqu’on a passé le mercredi on ne sent plus la douleur physique. Les muscles se sont adaptés. C’est ce que vivent les marathoniens. Il paraît aussi que pour éviter les douleurs dans les jambes, il faut boire,beaucoup d’eau. Tiens, ça vaut, peut-être, le coup d’essayer! En attendant, bonne continuation ! Louis Bourguet Programme = 14h | Breizh Stade : concours de boule bretonne et jeux bretons. = 14h30 | Espace Marine : Musiques et Danses des Pays celtes, avec le bagad de Lann-Bihoué... = 15h | Palais des Congrès : Après-midi Folk (Écosse, Galice). = 21h30 | Eglise St Louis : musiques sacrées de Cornouailles et de Galice. = 21h30 | Palais des Congrès : ciné-concert, «The Manxman», avec Alain Pennec Band. = 21h30 / Salle Carnot : fest noz. = 22h | Espace Marine : Danù (Irlande), Shooglenifty (Écosse) et The Dhol Drummers of Rajasthan (Inde). = 22h | Stade du Moustoir : Nuit Interceltique n°4. = 22h | Quai de la Bretagne : «La Bretagne invite», avec Skolvan et ses invités, Hamon Martin Quintet... Concert On s’est tous levé pour Kila ! Omar Taleb A mi-parcours Rónán Ó Snodaigh et son bodrhan ont réveillé l’Espace Marine. S ous la conduite de Rónán Ó Snodaigh, Kila a réussi à bouger un Espace Marine pourtant bien maigrement investi par les spectateurs ce mardi soir. Si le public a un peu boudé cette soirée, c’est que l’affiche n’était sans doute pas la plus attrayante de la semaine : en première partie, les jeunes Gallois du groupe Calan, certes talentueux - ils ont remporté le trophée Loïc Raison - mais un peu perdus sur la vaste scène ; puis Kila qui n’est sans doute pas le groupe le plus «vendeur» de la culture irlandaise. Eh bien les absents ont eu tort et devront regretter d’avoir choisi de bouder ce spectacle. Kila, c’est bien sûr toute la gamme des instruments que l’on retrouve dans la musique irlandaise, bodhran, mandoline, violon, uilleann pipe, des textes chantés en gaëlique... Mais rien ne fonctionne comme d’habitude. On se sent plus proche de l’Orient ou des Antilles que des falaises de Moher. Les percussions, jambé, woodblock, batterie, sont omniprésentes, et les thèmes musicaux issus de la tradition irlandaise tournent en ritournelle hors des codes traditionnels. Le chanteur-guitariste-percussionniste déploie une énergie extraordinaire, passant avec virtuosité de la guitare au stick de bodhran. Derrière lui, le uilleann pipe et le violon s’orientalisent. Et le public réagit, se lève, se met à danser, investit les allées, finit debout au bord de la scène, entraîné par un groupe de jeunes fans irlandais aux anges devant leurs idoles. Bruno Le Gars Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /1/ Concert Galicien, gaëlique, breton : des langues qui enchantent François-Gaël Rios C hanter dans des langues interceltiques n’a en soi rien d’exceptionnel. En revanche, aboutir à une création et programmer un concert, l’idée est originale. Elle s’est concrétisée hier soir dans le Grand Théâtre avec le galicien, le gaëlique et le breton. Rosa Cedron, la chanteuse galicienne, a ouvert le concert de sa voix à donner des frissons. Accompagnée d’un piano et d’un violon, elle a assuré cette première partie en faisant découvrir la mélodie de la langue galicienne. En deuxième partie, «Aon TeangaUn Chengey», qui désigne une union gaëlique. Avec un Irlandais, Eoghan O Ceannabhàin, une Ecossaise, Ann Kennedy, et une Manxoise, Ruth Keggin, pour les voix, et des musiciens au violon, à la gui- tare, au piano, à la contrebasse. Le répertoire quelque peu mélancolique est typique des cultures de ces pays et il insiste sur leur union par la langue. Une performance réussie pour leur première présentation sur scène. Pour finir en beauté, Rozen Tallec accompagnée à l’accordéon par Yannig Noguet. Ils se sont bien trouvés et forment un couple détonnant. En plus de sa voix dont elle use de façon magique, elle développe et transmet une extraordinaire énergie. Louis Bourguet Concert La cantate «Promesa» : standing ovation 2 1H30, dans l’église SaintLouis pleine à craquer, une musique résonne. Le public, surpris, regarde partout puis enfin lève la tête. On devine le bout d’une bombarde. L’orgue lui répond pour une suite de mélodies du Pays Vannetais interprétées par Fabrice Lothodé et Michel Jézo. Certaines d’entre elles étaient déjà chantées au début du XXème siècle, telle « Me zo ganet e kreiz ar mor », du poète groisillon Yann-Ber Kalloc’h. Elles ont été sources d’inspiration pour la cantate qui va suivre : «Promesa». Commandée par l’Académie de Musique et d’Arts Sacrés d’Auray à Nicolas Saint-Georges (livret) et Richard Quesnel (musique), sur une idée originale de Philippe Le Ferrand, «Promesa» commémore la participation des soldats bretons à la première guerre mondiale. Deux frères, Armel et Morgan, se font une promesse. Ils partent au front mais reviendront vite et si l’un des deux venait à être tué, l’autre ramènerait son corps. Leur espoir, rentrer pour continuer à rendre hommage aux sept saints de Bretagne. Deux ténors, huit musiciens et plus de soixante-dix chanteurs nous font partager avec brio les horreurs de cette guerre et le retour sur l’île natale. Moyenne d’âge des interprètes, guère plus de 15 ans, car il s’agit de collégiens et lycéens de la maîtrise de Sainte-Anne d’Auray, qui suivent un cursus centré sur le chant et la pratique en chœur. Le public, ravi, leur a fait une standing ovation. Créée à Lorient avec le soutien du FIL, «Promesa» sera reprise le 13 août à Saint-Malo, dans le cadre du Festival de musique sacrée. Catherine Delalande /2/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015 Bénévoles Brehonegourion a youl-vat er festival E skipailh ar Festicelte e vez kavet brehonegourien ingal, peder ar bloaz-mañ, ur Gerneveurez en o zouez : Morwenna Jenkin. Bout zo ivez div gelennerez kastilhaneg evit an degemer hag ar C’hoariva. E radio ar festival ha radio bro Gwened, setu daou labourer all : Alan Herve ha Roderik. Alan, war e leve, a zo mouezh ar festival : klevet e pep lec’h e straedoù an Oriant e-pad ar festival o kelaouiñ an dud e brehoneg gant roll abadennoù an deiz, heuliet gant he wreg a lâr ar program en galleg. Plas ar brehoneg er festival ? Gwelloc’h eo eget a-raok, bochad digoroc’h eo Lisardo, asturianeger ha digor d’ar yezhoù. Evit Roderik, studier c’hoazh, buhezour radio eo micher ar vakansoù : dec’h gant Lors Landat e oa o lakaat fent forzh pegement en abadenn, un doare « Stephane Guillon » brezhoneger eo. Gouest d’ober mouezhioù kanerien Arvest, Kris Menn, hag ur bern tud all. Beudjon, startijenn, gwenedeg flour gant ar paotr bet e Diwan an Oriant, e skolaj privez katolik, hag e lise divyezhek Lann Alan, la voix bretonnante de la radio du festival, à la retraite, et Roderic, étudiant bénévole lorientais, heureux de faire des blagues en breton, en imitant les chanteurs de kan ha diskan comme Yves Jégo et Krismenn… er Stêr. Avel fresk ha yaouank e bed Lakaat Bleu Breizh Izel e lec’h Radio ar brezhoneg gant ur paotr fentus, Bro Gwened, ha tostaat ouzh kae an dra sur. Kountant e vefe labourat Breizh vefe bourrabl dezhañ… pelloc’h eus ar privezoù sec’h, « n’eo ket mat evit an awen ». Un huñvre ? Fanny Chauffin Bénévoles Enora et Romain, partis pour une grande carrière au festival ? C ’est leur premier festival dans l’équipe des bénévoles. Après des années de présence en tant que festivaliers, ces jeunes gens du pays de Lorient sont conquis par l’ambiance de la fête. Cette année, afin de vivre davantage la fête de l’intérieur, ils ont décidé de s’impliquer comme bénévoles sur le site. Cet hiver, ils ont postulé au siège du FIL afin d’être acteur de la fête. Enora, étudiante en logistique, et Romain, électricien, consacrent 10 jours sur divers postes. Ils ont débuté dès le premier jour par la mise en place des stands, les affichages, les montages de tentes au Jardin des Luthiers. Tous les jours, ils sont disponibles et au service de l’organisation sur le marché Interceltique, à l’Espace Paroles, au Quai des Livres et pour bien d’autres animations. Ce qui leur plaît, c’est l’esprit convivial et les rencontres avec le public, les musiciens et les acteurs du festival, et bien sûr retrouver leur amis. Ces jeunes gens sont ambitieux, et ils ont raison. En effet, pour Enora, étudiante, c’est aussi un atout pour l’avenir, une façon de montrer son implication dans la vie associative et son énergie. La relève est décidément assurée pour cette grande fête interceltique, tant dans le domaine musical que pour les équipes de bénévoles. Stéphanie Menec Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /3/ Mode Pascal Jaouen vit son art en noir et blancc Omar Taleb I ncontestable succès hier pour le couturier breton Pascal Jaouen. A deux reprises l’amphithéâtre du Palais des congrès a fait le plein de spectateurs enthousiastes. Sur le thème du Gwen-a-du, 45 modèles en noir et blanc - ainsi que dans toutes les nuances de gris - ont fasciné le public par leur originalité, la richesse des matières, les références au meilleur de la tradition. L’apparente simplicité et la bonhomie de l’événement masquaient habilement le niveau d’exigence de l’artiste. Ceux qui ont côtoyé le couturier savent pourtant que Pascal Jaouen ne laisse rien au hasard. Le choix du tissu – drap de laine, toile damassée, satin de soie, résille et autre dentelle – est mûrement réfléchi. Le couturier connaît le tombé, la coupe en biais, l’art de plisser ou de draper chaque matière. La fluidité ou la rigidité d’une matière est toujours utilisée à bon escient. Quant à ceux qui ont suivi ses cours de broderie, ils ont pu constater combien Pascal Jaouen est impitoyable sur la rigueur et la précision de l’aiguille. A voir les rubans, les cabochons, le rafia, le mica, le métal et autres perles, on mesure les heures passées dans les ateliers de Quimper avec les dix brodeuses venues en renfort pour la nouvelle collection de Jaouen. Quoi qu’il en soit, le résultat est somptueux. Si on peut préférer les robes à crinolines – surtout lorsqu’elles se portent coquines sans le tissu - aux robes-fourreaux (ou inversement), impossible de rester insensible à la beauté des modèles et au charme des mannequins. Comme il a choisi de jouer sur la gamme du noir et blanc, Pascal Jaouen a aussi opté pour un défilé mixte parfois très sexy et avec quelques petites touches « cuir ». Les hommes y portent des vêtements sobres, pantalon ou jupe, et des gilets rebrodés. Chez les femmes, la robe n’est pas obligatoire. A côté de la beauté fatale, de la femme sensuelle vêtue de transparences, de la coquine exhibant un joli popotin, le tailleur et le smoking décolleté se portent avec charme. Que dire encore de ce défilé : qu’il s’agit d’un bel hommage à la Bretagne, à sa musique, aux costumes bretons et enfin hommage aux « Bretons de cœur ». Au sonneur Erwan Ropars décédé l’an dernier. Et aux frères Yannick Martin et Tanguy Josset, à qui certains esprits obtus avaient reproché leur couleur de peau. Lisa Kermel Humour Andy Wilson remporte la Kitchen Music D ans une ambiance «Festival de Cannes» – bénévoles en costard et noeud pap et tapis rouge – le concours de Kitchen Music a réuni huit candidats sous l’égide de Nicolas Radin, responsable du concours. Des candiats parfois eux aussi costumés. Cha- cun a pu reconnaître la grenouille, cette année masquée, déjà vainqueur trois fois du concours. Parmi les candidats en lice, un Néo-Zélandais, un Ecossais et deux solistes irlandais, mais aussi des représentants du bagad de Quimper et de Locoal-Mendon. Deux règles, ex- 1er prix : Andy Wilson (Irlande) 2 eme prix : Romain Toulliou 3 eme prix : William Row ( Nouvelle-Zélande ) 4 eme prix : Brad Mac Millun (Ecosse) 5 eme prix : William Cotet 6 eme prix ex-aequo : Gwénaël Dage Laetitia Autret Jan Bolhuis ( Ecosse) /4/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015 plique Nicolas : jouer de la cornemuse... et ne pas jouer « Amazing Grace », au risque de se faire huer par le public... Ce public est rentré dans le jeu et a largement soutenu les candidats qui se sont succédé sur la scène du Quai de la Bretagne. Paul Pen Off Toxic Frogs : du punk celtique... au féminin ! V ous arrive t-il souvent de croiser des groupes de rock exclusivement composés de filles? Les musiciennes de Toxic Frogs, originaires de Lyon, forment vraisemblablement le seul groupe féminin en France à jouer du punk-rock celtique. Mais de cette exclusivité, elle font un atout, en brisant les stéréotypes masculins dont regorge ce milieu. Toxic Frogs est composé d’Ella, chanteuse violoniste, Elvina, bassiste et violoniste également, Lucianne, guitariste, Lydie, batteuse, et Perrine violoniste soliste (momentanément absente du FIL). Les musiciennes originaires de Lyon ne se connaissent que depuis un an mais font déjà preuve d’un jeu de scène remarquable : avec leurs tatouages, leurs mini-jupes aux motifs écossais, leurs collants déchirés, elles n’hésitent pas à se casser la voix pour faire danser et sauter dans tous les sens les festivaliers ! Musiciennes polyvalentes, elles sont capables de s’échanger guitare, basse et violons et d’assurer des solos entraînants inspirés (entre autres) des Dropkick Murphys. Leurs compositions sont influencées par les airs traditionnels irlandais, qui se marient à une rythmique ponctuée de breaks à la Rage Against the Machine. Présentes tous les soirs de la semaine sous les arcades, le long de la place Jules-Ferry, les Toxic Frogs sont aussi agréables à écouter qu’à admirer. Lise Froger «L’AUTOMNE» ROBARD Y CARSALAGH MANXOIS Biljyn ooyl messoil – Pluggey, goaill bolgum, jeeaghyn : Lieh-chrooag er-mayrn. BRETON Gwez avaloù leun O tastum, o tanvañ, o sellet Hanter ar preñv a chom. FRANCAIS Des pommiers prodigues Ramasser, goûter, regarder La moitié des vers qui reste Festivalier Mauro, un Italien à la découverte des pays celtes O riginiare d’Alghero, en Sardaigne, et actuellement professeur de français à Florence ,en Italie, Mauro est passionné de culture celtique. Il a parcouru l’Irlande, l’Ecosse et la Bretagne de nombreuses années afin de chercher matière pour l’écriture de son mémoire sur «L’influence celtique dans la musique bretonne». Il s’est ainsi retrouvé dans les festivals celtiques, et notamment en Bretagne, où il a tissé des liens amicaux lors de rencontres avec des Bretons. Il revient chaque été en Bretagne et notamment sur le pays de Quimper, au festival de Cornouailles, et sur Lorient, pour le stage de danse bretonne à Amzer Nevez, début août. Et les danses bretonnes, il aime. ça! Il danse tous les soirs au Quai de la Bretagne. Il en a également profité cette année pour découvrir les chants et choeurs gallois, et surtout s’intéresser de plus près aux invités d’honneur du festival, Cornouailles et l’ïle de Man. Il trouve beaucoup de similitudes entre les cultures bretonne et sarde, les costumes et notamment les danses, comme l’hanter-dro qui ressemble beaucoup à une des danses de son île natale. L’an prochain, il reviendra à l’incontournable FIL, et aimerait assister à d’autres festivals bretons comme le Kan al Loar, la fête de la St Loup, et d’autres encore. Kenavo et à l’an prochain, Mauro ! Stéphanie Menec Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /5/ Conférence « Princes, maîtrisez votre parole… » I l fait chaud, très chaud au dernier étage de la Chambre de Commerce, quai des Indes. Les derniers arrivés sont refoulés : c’est complet ! Philippe Jouet, professeur de l’École Pratique des Hautes Études et auteur du «Dictionnaire de la mythologie et de la religion celtiques», étonne par ses connaissances des Mabinogi, récits en moyen gallois, et ses réponses concises à chaque question. Mais comment traiter d’un sujet aussi vaste que les « grands axes des conceptions religieuses et mythologiques celtiques » ? Pour montrer l’évolution de tribus qui vivaient il y a quatre mille ans sans l’usage de l’écriture, il prend appui sur les Mabinogi, récits irlandais, qui apparaissent très longtemps après les premiers récits oraux (premiers textes celtiques écrits : IXe siècle). Le travail du chercheur est de reconstruire le prototype, en passant par la Rome antique, les apologues grecs ou les textes germaniques. Brigitte, la Berc’hed bretonne, a le même nom qu’une déesse indienne, Ouchas, « Celle qui a en elle l’énergie et qui la fait briller ». Dagda et Ogmé prolongent deux divinités européennes, c’est le dieu scandinave, ou germanique. Le dieu nson Cha Un nombreux public à la CCI. Manawidan est un dieu polytechnicien, dieu majeur chez les Gallois. Les Celtes « charpentent » la parole et il n’y a pas de hiérarchie entre les arts: «Que nul n’entre ici s’il ne possède un art». Charpentier, polisseur d’épées, poète : l’esprit d’exactitude, de rigueur, le travail bien fait, c’est ce qui importe. Le récit suivant est à l’usage des princes, et donc d’une société organisée politiquement. Il existe trois fléaux : les nains captateurs de l’information qu’il faut neutraliser avec une décoction, preuve de la subtilité du combat contre la perversion de la parole par des gens extérieurs au royaume. Le deuxième fléau, ce sont les deux dragons, le blanc et le rouge que l’on va enivrer puis enterrer sous le Yr Wedffa (le point culminant) au Pays de Galles. Mais le dragon rouge écrasera quand même le blanc. Refuser une guerre qui ne peut aboutir qu’à dévaster un territoire, alors qu’il faut privilégier la fertilité, doit mener la politique du prince. Le troisième fléau, c’est l’affreux magicien qui s’empare de la force et qui empêche la reproduction des biens, contre lequel on va lutter, la nuit. Il faudra s’aventurer dans le monde souterrain et le prince devra faire preuve de courage. Tout repose sur la parole. Et que dire aujourd’hui, de la crédibilité de nos princes celtiques de 2015 ? Et de leur sagesse ? Quels récits mythiques les guident ? Fanny Chauffin Y’a cor’ dix filles à Lorient Le choix de Tanguy (Traditionnel) Y’a cor’ dix filles à Lorient Qui font chalouper leur amants (Bis) Elles font wouip elles font woup Elles font chavirer la chaloupe (Bis) Y’a plus qu’une fille à Lorient Qui fait chalouper ses amants (Bis) Elles font wouip elles font woup Elles font chavirer la chaloupe (Bis) Y’a cor’ huit filles à Lorient ... Y’a cor’ sept filles à Lorient ... Y’a cor’ six filles à Lorient ... Y’a cor’ cinq filles à Lorient ... Y’a cor’ quatre filles à Lorient ... Y’a cor’ trois filles à Lorient ... Y’a cor’ deux filles à Lorient ... Elle fait wouip elles font woup Elle fait chavirer la chaloupe (Bis) Y’a cor’ neuf filles à Lorient Qui font chalouper leur amants (Bis) /6/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015 Gastronomie Manger au festival : poulpe, buritos ou burger made in Tuk Tuk ? A près cinq jours de festival, on ne sait plus trop quoi avaler : des frites, du poulpe galicien avec des piments verts frits ? Des buritos de carne ? Un pâté qui tue ? Un apéridouille ? Des kippers manxois ou des scones de l’île de Man ? À moins que… des toasts avec des algues ? Une soupe de fraises au basilic dans le bus anglais du Breizh stade «où l’on wok, où l’on mijote, où l’on émince et l’on cisèle» ? Et pourquoi pas un burger made in Tuk Tuk ? Et pour les fatigués des fritures, des crêpes et galettes et cochonnades en tous genres, on rêve d’un petit marché de produits bios au Village Solidaire, avec les maraîchers qui se battent en pays de Lorient pour faire vivre des produits locaux et solidaires, justement… Fanny Chauffin L’embarras du choix... Livres Marie, semeuse d’histoires T out au bout du Quai du Livre, Marie attend petits et grands avec ses livres et ses pinceaux. Elle présente ici un des ouvrages qu’elle a illustrés, « Les orangers de Tahiti », édité chez Balivernes. Originaire de Saint-Etienne, arrivée en Bretagne par hasard (et par amour) en 2007, elle s’est très vite intéressée à la culture et à la langue bretonnes. Enfant de la diaspora espagnole, elle porte un intérêt tout particulier aux doubles cultures et aux cultures dites minoritaires. A l’origine illustratrice et auteur, elle apprécie tout particulièrement les échanges et in- Retrouvez Marie Diaz jusqu’à jeudi soir sur le stand des Editions Balivernes, au bout du Quai du Livre. tervient très régulièrement dans des établissements scolaires, des médiathèques… Elle a d’ailleurs illustré deux livres en breton pour les éditions Tess : « Unan Daou Tri, rimadelloù a ri » et «Olf, Nina hag avel ar ar C’hreisteiz ». Un de ses derniers livres, « l’Invisible », un conte lié à la culture micmac amérindienne du Canada, lui a permis d’être invitée en Calédonie où elle a reçu le Prix «Livre mon ami». Les votants sont des enfants et le gagnant passe deux semaines à aller les rencontrer dans les écoles. Depuis quelques mois, suite à une formation avec la conteuse Fiona McLeod, Marie transmet ses histoires sous une autre forme. Seule ou au sein du duo « Et Si ? », avec Aurélien Danielo, elle propose des voyages en conte et musique, mêlant chants en breton, culture sépharade, arabo-andalouse… Catherine Delalande Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /7/ Le Festival en images «On a tiré au sort celui qui gardait le matériel»... e lagu La b ur o du j Comment appellet-on une jolie fille qui est au bras d’un sonneur breton ? Réponse : un tatouage «J’ai mis des lunettes de soleil pour ne tierst apple pas être reconnu : ma mère croit que je suis en «colo»... » Dasn notre rubrique «coquetterie bretonne»... FIL ! Le Festival Interceltique, ça se passe aussi sur internet. Pour que jamais vous n’ayez à avoir le regret de manquer un concert ou une animation, une équipe de caméramen arpente les allées du festival chaque jour. Les vidéos sont ensuite publiées sur le site internet à la rubrique « Multimédia ». Ainsi vous ne manquerez plus une miette de notre cher festival ! À noter que votre canard celte préféré, le bien-nommé « Festicelte », y est aussi disponible et téléchargeable. Toute l’année le FIL à portée de clic, c’est pas le bonheur, ça ? Armel /8/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015 Photos Omar Taleb NE MANQUEZ PLUS RIEN DU