On s`est tous levé pour Kila - Festival Interceltique de Lorient

Transcription

On s`est tous levé pour Kila - Festival Interceltique de Lorient
N° 6
« Le Festival a retrouvé sa vitesse
de croisière », ai-je lu. Vitesse ?
Oui mais quelle vitesse ? Depuis
hier j’ai constaté que de ce
côté-là il n’y avait pas beaucoup
d’excès. J’ai pu croiser quelques
bénévoles et pas mal de festivaliers qui commençaient à traîner
la patte. Les mollets durcis par
les milliers de pas ont acquis une
densité de plomb et sont à la
limite de la crampe. Ils arrachent
des grimaces de douleurs.
J’ai aussi croisé des bénévoles qui
se cramponnent et gardent le sourire à l’idée qu’ils vont retrouver
un lit. Et nous n’en sommes qu’à
la moitié du Festival. Il paraît que
lorsqu’on a passé le mercredi on
ne sent plus la douleur physique.
Les muscles se sont adaptés. C’est
ce que vivent les marathoniens.
Il paraît aussi que pour éviter les
douleurs dans les jambes, il faut
boire,beaucoup d’eau. Tiens, ça
vaut, peut-être, le coup d’essayer!
En attendant, bonne continuation !
Louis Bourguet
Programme
= 14h | Breizh Stade : concours de boule
bretonne et jeux bretons.
= 14h30 | Espace Marine : Musiques et
Danses des Pays celtes, avec le bagad de
Lann-Bihoué...
= 15h | Palais des Congrès : Après-midi Folk
(Écosse, Galice).
= 21h30 | Eglise St Louis : musiques sacrées
de Cornouailles et de Galice.
= 21h30 | Palais des Congrès : ciné-concert,
«The Manxman», avec Alain Pennec Band.
= 21h30 / Salle Carnot : fest noz.
= 22h | Espace Marine : Danù (Irlande),
Shooglenifty (Écosse) et The Dhol
Drummers of Rajasthan (Inde).
= 22h | Stade du Moustoir : Nuit Interceltique n°4.
= 22h | Quai de la Bretagne : «La Bretagne
invite», avec Skolvan et ses invités, Hamon
Martin Quintet...
Concert
On s’est tous levé pour Kila !
Omar Taleb
A mi-parcours
Rónán Ó Snodaigh et son bodrhan ont réveillé l’Espace Marine.
S
ous la conduite de Rónán Ó
Snodaigh, Kila a réussi à bouger un Espace Marine pourtant bien maigrement investi par les
spectateurs ce mardi soir. Si le public
a un peu boudé cette soirée, c’est
que l’affiche n’était sans doute pas
la plus attrayante de la semaine : en
première partie, les jeunes Gallois
du groupe Calan, certes talentueux
- ils ont remporté le trophée Loïc
Raison - mais un peu perdus sur la
vaste scène ; puis Kila qui n’est sans
doute pas le groupe le plus «vendeur» de la culture irlandaise.
Eh bien les absents ont eu tort et
devront regretter d’avoir choisi de
bouder ce spectacle.
Kila, c’est bien sûr toute la gamme
des instruments que l’on retrouve
dans la musique irlandaise, bodhran,
mandoline, violon, uilleann pipe,
des textes chantés en gaëlique...
Mais rien ne fonctionne comme
d’habitude. On se sent plus proche
de l’Orient ou des Antilles que des
falaises de Moher. Les percussions,
jambé, woodblock, batterie, sont
omniprésentes, et les thèmes musicaux issus de la tradition irlandaise
tournent en ritournelle hors des
codes traditionnels.
Le chanteur-guitariste-percussionniste déploie une énergie extraordinaire, passant avec virtuosité de
la guitare au stick de bodhran. Derrière lui, le uilleann pipe et le violon
s’orientalisent.
Et le public réagit, se lève, se met à
danser, investit les allées, finit debout au bord de la scène, entraîné
par un groupe de jeunes fans irlandais aux anges devant leurs idoles.
Bruno Le Gars
Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /1/
Concert
Galicien, gaëlique, breton : des langues
qui enchantent
François-Gaël Rios
C
hanter dans des langues
interceltiques n’a en soi
rien d’exceptionnel. En revanche, aboutir à une création et
programmer un concert, l’idée est
originale.
Elle s’est concrétisée hier soir dans
le Grand Théâtre avec le galicien, le
gaëlique et le breton.
Rosa Cedron, la chanteuse galicienne, a ouvert le concert de sa
voix à donner des frissons. Accompagnée d’un piano et d’un violon,
elle a assuré cette première partie
en faisant découvrir la mélodie de
la langue galicienne.
En deuxième partie, «Aon TeangaUn Chengey», qui désigne une
union gaëlique. Avec un Irlandais,
Eoghan O Ceannabhàin, une Ecossaise, Ann Kennedy, et une Manxoise, Ruth Keggin, pour les voix,
et des musiciens au violon, à la gui-
tare, au piano, à la contrebasse.
Le répertoire quelque peu mélancolique est typique des cultures de
ces pays et il insiste sur leur union
par la langue. Une performance
réussie pour leur première présentation sur scène.
Pour finir en beauté, Rozen Tallec
accompagnée à l’accordéon par
Yannig Noguet. Ils se sont bien
trouvés et forment un couple détonnant. En plus de sa voix dont
elle use de façon magique, elle
développe et transmet une extraordinaire énergie.
Louis Bourguet
Concert
La cantate «Promesa» : standing ovation
2
1H30, dans l’église SaintLouis pleine à craquer, une
musique résonne. Le public,
surpris, regarde partout puis enfin lève la tête. On devine le bout
d’une bombarde. L’orgue lui répond
pour une suite de mélodies du Pays
Vannetais interprétées par Fabrice
Lothodé et Michel Jézo. Certaines
d’entre elles étaient déjà chantées au
début du XXème siècle, telle « Me
zo ganet e kreiz ar mor », du poète
groisillon Yann-Ber Kalloc’h. Elles
ont été sources d’inspiration pour la
cantate qui va suivre : «Promesa».
Commandée par l’Académie de
Musique et d’Arts Sacrés d’Auray
à Nicolas Saint-Georges (livret) et
Richard Quesnel (musique), sur
une idée originale de Philippe Le
Ferrand, «Promesa» commémore la
participation des soldats bretons à
la première guerre mondiale. Deux
frères, Armel et Morgan, se font
une promesse. Ils partent au front
mais reviendront vite et si l’un des
deux venait à être tué, l’autre ramènerait son corps. Leur espoir, rentrer pour continuer à rendre hommage aux sept saints de Bretagne.
Deux ténors, huit musiciens et plus
de soixante-dix chanteurs nous font
partager avec brio les horreurs de
cette guerre et le retour sur l’île natale. Moyenne d’âge des interprètes,
guère plus de 15 ans, car il s’agit de
collégiens et lycéens de la maîtrise
de Sainte-Anne d’Auray, qui suivent
un cursus centré sur le chant et la
pratique en chœur. Le public, ravi,
leur a fait une standing ovation.
Créée à Lorient avec le soutien du
FIL, «Promesa» sera reprise le 13
août à Saint-Malo, dans le cadre du
Festival de musique sacrée.
Catherine Delalande
/2/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015
Bénévoles
Brehonegourion a youl-vat er festival
E
skipailh ar Festicelte e vez kavet
brehonegourien ingal, peder ar
bloaz-mañ, ur Gerneveurez en
o zouez : Morwenna Jenkin. Bout zo
ivez div gelennerez kastilhaneg evit
an degemer hag ar C’hoariva. E radio
ar festival ha radio bro Gwened, setu
daou labourer all : Alan Herve ha
Roderik.
Alan, war e leve, a zo mouezh ar festival : klevet e pep lec’h e straedoù an
Oriant e-pad ar festival o kelaouiñ an
dud e brehoneg gant roll abadennoù
an deiz, heuliet gant he wreg a lâr ar
program en galleg. Plas ar brehoneg
er festival ? Gwelloc’h eo eget a-raok,
bochad digoroc’h eo Lisardo, asturianeger ha digor d’ar yezhoù.
Evit Roderik, studier c’hoazh, buhezour radio eo micher ar vakansoù :
dec’h gant Lors Landat e oa o lakaat
fent forzh pegement en abadenn, un
doare « Stephane Guillon » brezhoneger eo. Gouest d’ober mouezhioù
kanerien Arvest, Kris Menn, hag ur
bern tud all. Beudjon, startijenn,
gwenedeg flour gant ar paotr bet
e Diwan an Oriant, e skolaj privez
katolik, hag e lise divyezhek Lann
Alan, la voix bretonnante de la radio du festival, à la retraite, et Roderic,
étudiant bénévole lorientais, heureux de faire des blagues en breton, en
imitant les chanteurs de kan ha diskan comme Yves Jégo et Krismenn…
er Stêr. Avel fresk ha yaouank e bed Lakaat Bleu Breizh Izel e lec’h Radio
ar brezhoneg gant ur paotr fentus, Bro Gwened, ha tostaat ouzh kae
an dra sur. Kountant e vefe labourat Breizh vefe bourrabl dezhañ…
pelloc’h eus ar privezoù sec’h, « n’eo
ket mat evit an awen ». Un huñvre ?
Fanny Chauffin
Bénévoles
Enora et Romain, partis pour une grande
carrière au festival ?
C
’est leur premier festival
dans l’équipe des bénévoles. Après des années de
présence en tant que festivaliers,
ces jeunes gens du pays de Lorient
sont conquis par l’ambiance de
la fête. Cette année, afin de vivre
davantage la fête de l’intérieur, ils
ont décidé de s’impliquer comme
bénévoles sur le site. Cet hiver, ils
ont postulé au siège du FIL afin
d’être acteur de la fête.
Enora, étudiante en logistique, et
Romain, électricien, consacrent
10 jours sur divers postes. Ils ont
débuté dès le premier jour par la
mise en place des stands, les affichages, les montages de tentes au
Jardin des Luthiers. Tous les jours,
ils sont disponibles et au service
de l’organisation sur le marché
Interceltique, à l’Espace Paroles,
au Quai des Livres et pour bien
d’autres animations. Ce qui leur
plaît, c’est l’esprit convivial et les
rencontres avec le public, les musiciens et les acteurs du festival, et
bien sûr retrouver leur amis.
Ces jeunes gens sont ambitieux, et
ils ont raison. En effet, pour Enora,
étudiante, c’est aussi un atout pour
l’avenir, une façon de montrer son
implication dans la vie associative et son énergie. La relève est
décidément assurée pour cette
grande fête interceltique, tant dans
le domaine musical que pour les
équipes de bénévoles.
Stéphanie Menec
Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /3/
Mode
Pascal Jaouen vit son art en noir et blancc
Omar Taleb
I
ncontestable succès hier pour le
couturier breton Pascal Jaouen. A
deux reprises l’amphithéâtre du
Palais des congrès a fait le plein de
spectateurs enthousiastes.
Sur le thème du Gwen-a-du, 45 modèles en noir et blanc - ainsi que dans
toutes les nuances de gris - ont fasciné le public par leur originalité, la
richesse des matières, les références
au meilleur de la tradition. L’apparente simplicité et la bonhomie de
l’événement masquaient habilement
le niveau d’exigence de l’artiste.
Ceux qui ont côtoyé le couturier
savent pourtant que Pascal Jaouen
ne laisse rien au hasard. Le choix du
tissu – drap de laine, toile damassée,
satin de soie, résille et autre dentelle
– est mûrement réfléchi. Le couturier
connaît le tombé, la coupe en biais,
l’art de plisser ou de draper chaque
matière. La fluidité ou la rigidité
d’une matière est toujours utilisée à
bon escient.
Quant à ceux qui ont suivi ses cours
de broderie, ils ont pu constater
combien Pascal Jaouen est impitoyable sur la rigueur et la précision
de l’aiguille. A voir les rubans, les
cabochons, le rafia, le mica, le métal
et autres perles, on mesure les heures
passées dans les ateliers de Quimper
avec les dix brodeuses venues en
renfort pour la nouvelle collection
de Jaouen.
Quoi qu’il en soit, le résultat est
somptueux. Si on peut préférer
les robes à crinolines – surtout
lorsqu’elles se portent coquines sans
le tissu - aux robes-fourreaux (ou
inversement), impossible de rester
insensible à la beauté des modèles et
au charme des mannequins. Comme
il a choisi de jouer sur la gamme du
noir et blanc, Pascal Jaouen a aussi
opté pour un défilé mixte parfois très
sexy et avec quelques petites touches
« cuir ». Les hommes y portent des
vêtements sobres, pantalon ou jupe,
et des gilets rebrodés.
Chez les femmes, la robe n’est pas
obligatoire. A côté de la beauté fatale, de la femme sensuelle vêtue de
transparences, de la coquine exhibant un joli popotin, le tailleur et le
smoking décolleté se portent avec
charme.
Que dire encore de ce défilé : qu’il
s’agit d’un bel hommage à la Bretagne, à sa musique, aux costumes
bretons et enfin hommage aux
« Bretons de cœur ». Au sonneur
Erwan Ropars décédé l’an dernier. Et
aux frères Yannick Martin et Tanguy
Josset, à qui certains esprits obtus
avaient reproché leur couleur de
peau.
Lisa Kermel
Humour
Andy Wilson remporte la Kitchen Music
D
ans une ambiance «Festival
de Cannes» – bénévoles en
costard et noeud pap et tapis rouge – le concours de Kitchen
Music a réuni huit candidats sous
l’égide de Nicolas Radin, responsable du concours. Des candiats
parfois eux aussi costumés. Cha-
cun a pu reconnaître la grenouille,
cette année masquée, déjà vainqueur trois fois du concours. Parmi
les candidats en lice, un Néo-Zélandais, un Ecossais et deux solistes
irlandais, mais aussi des représentants du bagad de Quimper et de
Locoal-Mendon. Deux règles, ex-
1er prix : Andy Wilson (Irlande)
2 eme prix : Romain Toulliou
3 eme prix : William Row ( Nouvelle-Zélande )
4 eme prix :
Brad Mac Millun (Ecosse)
5 eme prix : William Cotet
6 eme prix ex-aequo : Gwénaël Dage
Laetitia Autret
Jan Bolhuis ( Ecosse)
/4/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015
plique Nicolas : jouer de la cornemuse... et ne pas jouer « Amazing
Grace », au risque de se faire huer
par le public... Ce public est rentré
dans le jeu et a largement soutenu
les candidats qui se sont succédé
sur la scène du Quai de la Bretagne.
Paul Pen
Off
Toxic Frogs : du punk
celtique... au féminin !
V
ous arrive t-il souvent de
croiser des groupes de rock
exclusivement
composés
de filles? Les musiciennes de Toxic
Frogs, originaires de Lyon, forment
vraisemblablement le seul groupe
féminin en France à jouer du
punk-rock celtique. Mais de cette
exclusivité, elle font un atout, en
brisant les stéréotypes masculins
dont regorge ce milieu.
Toxic Frogs est composé d’Ella,
chanteuse violoniste, Elvina, bassiste et violoniste également,
Lucianne, guitariste, Lydie, batteuse, et Perrine violoniste soliste
(momentanément absente du FIL).
Les musiciennes originaires de
Lyon ne se connaissent que depuis
un an mais font déjà preuve d’un
jeu de scène remarquable : avec
leurs tatouages, leurs mini-jupes
aux motifs écossais, leurs collants
déchirés, elles n’hésitent pas à se
casser la voix pour faire danser et
sauter dans tous les sens les festivaliers ! Musiciennes polyvalentes,
elles sont capables de s’échanger
guitare, basse et violons et d’assurer des solos entraînants inspirés
(entre autres) des Dropkick Murphys.
Leurs compositions sont influencées par les airs traditionnels irlandais, qui se marient à une rythmique ponctuée de breaks à la
Rage Against the Machine.
Présentes tous les soirs de la semaine sous les arcades, le long de
la place Jules-Ferry, les Toxic Frogs
sont aussi agréables à écouter qu’à
admirer.
Lise Froger
«L’AUTOMNE»
ROBARD Y CARSALAGH
MANXOIS
Biljyn ooyl messoil –
Pluggey, goaill bolgum, jeeaghyn :
Lieh-chrooag er-mayrn.
BRETON
Gwez avaloù leun
O tastum, o tanvañ, o sellet
Hanter ar preñv a chom.
FRANCAIS
Des pommiers prodigues
Ramasser, goûter, regarder
La moitié des vers qui reste
Festivalier
Mauro, un Italien
à la découverte des pays celtes
O
riginiare d’Alghero, en
Sardaigne, et actuellement
professeur de français à
Florence ,en Italie, Mauro est passionné de culture celtique. Il a parcouru l’Irlande, l’Ecosse et la Bretagne de nombreuses années afin de
chercher matière pour l’écriture de
son mémoire sur «L’influence celtique dans la musique bretonne».
Il s’est ainsi retrouvé dans les festivals celtiques, et notamment en Bretagne, où il a tissé des liens amicaux
lors de rencontres avec des Bretons.
Il revient chaque été en Bretagne et
notamment sur le pays de Quimper,
au festival de Cornouailles, et sur
Lorient, pour le stage de danse bretonne à Amzer Nevez, début août.
Et les danses bretonnes, il aime. ça!
Il danse tous les soirs au Quai de
la Bretagne. Il en a également profité cette année pour découvrir les
chants et choeurs gallois, et surtout
s’intéresser de plus près aux invités
d’honneur du festival, Cornouailles
et l’ïle de Man. Il trouve beaucoup
de similitudes entre les cultures bretonne et sarde, les costumes et notamment les danses, comme l’hanter-dro qui ressemble beaucoup à
une des danses de son île natale.
L’an prochain, il reviendra à l’incontournable FIL, et aimerait assister à d’autres festivals bretons
comme le Kan al Loar, la fête de
la St Loup, et d’autres encore. Kenavo et à l’an prochain, Mauro !
Stéphanie Menec
Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /5/
Conférence
« Princes, maîtrisez votre parole… »
I
l fait chaud, très chaud au dernier étage de la Chambre de
Commerce, quai des Indes. Les
derniers arrivés sont refoulés : c’est
complet !
Philippe Jouet, professeur de l’École
Pratique des Hautes Études et auteur
du «Dictionnaire de la mythologie
et de la religion celtiques», étonne
par ses connaissances des Mabinogi, récits en moyen gallois, et ses réponses concises à chaque question.
Mais comment traiter d’un sujet
aussi vaste que les « grands axes des
conceptions religieuses et mythologiques celtiques » ? Pour montrer
l’évolution de tribus qui vivaient il
y a quatre mille ans sans l’usage
de l’écriture, il prend appui sur les
Mabinogi, récits irlandais, qui apparaissent très longtemps après les premiers récits oraux (premiers textes
celtiques écrits : IXe siècle). Le travail du chercheur est de reconstruire
le prototype, en passant par la Rome
antique, les apologues grecs ou les
textes germaniques.
Brigitte, la Berc’hed bretonne, a le
même nom qu’une déesse indienne,
Ouchas, « Celle qui a en elle l’énergie et qui la fait briller ». Dagda et
Ogmé prolongent deux divinités
européennes, c’est le dieu scandinave, ou germanique. Le dieu
nson
Cha
Un nombreux
public à la CCI.
Manawidan est un dieu polytechnicien, dieu majeur chez les Gallois.
Les Celtes « charpentent » la parole
et il n’y a pas de hiérarchie entre
les arts: «Que nul n’entre ici s’il ne
possède un art». Charpentier, polisseur d’épées, poète : l’esprit d’exactitude, de rigueur, le travail bien fait,
c’est ce qui importe.
Le récit suivant est à l’usage des
princes, et donc d’une société organisée politiquement. Il existe trois
fléaux : les nains captateurs de l’information qu’il faut neutraliser avec
une décoction, preuve de la subtilité
du combat contre la perversion de
la parole par des gens extérieurs au
royaume.
Le deuxième fléau, ce sont les deux
dragons, le blanc et le rouge que
l’on va enivrer puis enterrer sous le
Yr Wedffa (le point culminant) au
Pays de Galles. Mais le dragon rouge
écrasera quand même le blanc. Refuser une guerre qui ne peut aboutir qu’à dévaster un territoire, alors
qu’il faut privilégier la fertilité, doit
mener la politique du prince.
Le troisième fléau, c’est l’affreux
magicien qui s’empare de la force
et qui empêche la reproduction des
biens, contre lequel on va lutter, la
nuit. Il faudra s’aventurer dans le
monde souterrain et le prince devra
faire preuve de courage.
Tout repose sur la parole. Et que dire
aujourd’hui, de la crédibilité de nos
princes celtiques de 2015 ? Et de leur
sagesse ? Quels récits mythiques les
guident ?
Fanny Chauffin
Y’a cor’ dix filles à Lorient
Le choix de Tanguy
(Traditionnel)
Y’a cor’ dix filles à Lorient
Qui font chalouper leur amants
(Bis)
Elles font wouip elles font woup
Elles font chavirer la chaloupe
(Bis)
Y’a plus qu’une fille à Lorient
Qui fait chalouper ses amants
(Bis)
Elles font wouip elles font woup
Elles font chavirer la chaloupe
(Bis)
Y’a cor’ huit filles à Lorient ...
Y’a cor’ sept filles à Lorient ...
Y’a cor’ six filles à Lorient ...
Y’a cor’ cinq filles à Lorient ...
Y’a cor’ quatre filles à Lorient ...
Y’a cor’ trois filles à Lorient ...
Y’a cor’ deux filles à Lorient ...
Elle fait wouip elles font woup
Elle fait chavirer la chaloupe
(Bis)
Y’a cor’ neuf filles à Lorient
Qui font chalouper leur amants
(Bis)
/6/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015
Gastronomie
Manger au festival : poulpe, buritos ou burger
made in Tuk Tuk ?
A
près cinq jours de festival, on
ne sait plus trop quoi avaler :
des frites, du poulpe galicien
avec des piments verts frits ? Des
buritos de carne ? Un pâté qui tue ?
Un apéridouille ? Des kippers manxois ou des scones de l’île de Man ?
À moins que… des toasts avec des
algues ? Une soupe de fraises au
basilic dans le bus anglais du Breizh
stade «où l’on wok, où l’on mijote, où
l’on émince et l’on cisèle» ? Et pourquoi pas un burger made in Tuk Tuk ?
Et pour les fatigués des fritures, des
crêpes et galettes et cochonnades en
tous genres, on rêve d’un petit marché
de produits bios au Village Solidaire,
avec les maraîchers qui se battent en
pays de Lorient pour faire vivre des
produits locaux et solidaires, justement…
Fanny Chauffin
L’embarras
du choix...
Livres
Marie, semeuse d’histoires
T
out au bout du Quai du Livre,
Marie attend petits et grands
avec ses livres et ses pinceaux.
Elle présente ici un des ouvrages
qu’elle a illustrés, « Les orangers de
Tahiti », édité chez Balivernes. Originaire de Saint-Etienne, arrivée en
Bretagne par hasard (et par amour)
en 2007, elle s’est très vite intéressée
à la culture et à la langue bretonnes.
Enfant de la diaspora espagnole,
elle porte un intérêt tout particulier
aux doubles cultures et aux cultures
dites minoritaires. A l’origine illustratrice et auteur, elle apprécie tout
particulièrement les échanges et in-
Retrouvez Marie Diaz jusqu’à
jeudi soir
sur le stand
des Editions
Balivernes, au
bout du Quai
du Livre.
tervient très régulièrement dans des
établissements scolaires, des médiathèques… Elle a d’ailleurs illustré
deux livres en breton pour les éditions Tess : « Unan Daou Tri, rimadelloù a ri » et «Olf, Nina hag avel ar
ar C’hreisteiz ». Un de ses derniers
livres, « l’Invisible », un conte lié à
la culture micmac amérindienne du
Canada, lui a permis d’être invitée
en Calédonie où elle a reçu le Prix
«Livre mon ami». Les votants sont des
enfants et le gagnant passe deux semaines à aller les rencontrer dans les
écoles. Depuis quelques mois, suite
à une formation avec la conteuse
Fiona McLeod, Marie transmet
ses histoires sous une autre forme.
Seule ou au sein du duo « Et Si ? »,
avec Aurélien Danielo, elle propose
des voyages en conte et musique,
mêlant chants en breton, culture
sépharade,
arabo-andalouse…
Catherine Delalande
Mercredi 12 août 2015 LE FESTICELTE /7/
Le Festival en images
«On a tiré au
sort celui qui
gardait le matériel»...
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lagu
La b ur
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du j
Comment appellet-on une jolie fille
qui est au bras d’un
sonneur breton ?
Réponse : un tatouage
«J’ai mis des lunettes de soleil pour ne
tierst apple
pas être reconnu : ma mère croit que
je suis en «colo»... »
Dasn notre rubrique «coquetterie bretonne»...
FIL !
Le Festival Interceltique, ça se passe aussi sur internet.
Pour que jamais vous n’ayez à avoir le regret de manquer un concert
ou une animation, une équipe de caméramen arpente les allées du
festival chaque jour. Les vidéos sont ensuite publiées sur le site internet à la rubrique « Multimédia ». Ainsi vous ne manquerez plus une
miette de notre cher festival !
À noter que votre canard celte préféré, le bien-nommé « Festicelte »,
y est aussi disponible et téléchargeable.
Toute l’année le FIL à portée de clic, c’est pas le bonheur, ça ?
Armel
/8/ LE FESTICELTE Mercredi 12 août 2015
Photos Omar Taleb
NE MANQUEZ PLUS RIEN DU