par la Police Municipale
Transcription
par la Police Municipale
« La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 « Ce projet constitue une base de travail : La liste des réponses adoptées ici est non exhaustive » SOMMAIRE Page 2 et 3 : Introduction Page 4: Le policier Municipal Lillois Page 5 : Le CLSPD et convention de coordination Page 7 : « Choisir son armement c’est faire le choix de ses missions » Page 8 : Le Bâton télescopique Page 10 : Le Flash Ball Page 11 : Le Taser Page 13 : « Des caméras piétons pour sécuriser les policiers municipaux » Page 14 : Utilisation des caméras piétons par la Police Municipale Page 14 : Une méthodologie rigoureuse et concertée Page 16 : Conclusion 1 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 INTRODUCTION Pour le bien de nos agents, pour le bien de nos administrés… Au lendemain des évènements qui se sont déroulés le vendredi 13 novembre 2015, le Syndicat Autonome membre de l'UNSA a été saisi, par de nombreux agents de la Mairie de LILLE. En demande d’aide pour gérer la panique à laquelle ils devaient faire face dans leur service respectif, une table ronde a été organisée l’après-midi même et a débouché sur des propositions adressées à l’autorité : « * Rassurer les agents en les réunissant au travers un discours fédérateur établi par notre autorité : - - En rappelant aux agents leurs obligations de neutralité et de collaboration dans les décisions prises pour l’intérêt collectif (coopération ouverture des sacs à vue des agents). La mise en place d’une procédure « attentat » qui doit naître très rapidement au niveau local (transposée au niveau national). *La sécurité est le problème de tous, chaque structure doit réfléchir à sa propre sécurité. - - - Apporter une attention particulière pour les agents revêtant un uniforme et les agents exerçant leur activité dans les sites représentants l’état et les loisirs. Sécuriser les sites municipaux en : - Obligation de cartes professionnelles pour tous les fonctionnaires de la Collectivité. - Revoir le filtrage sur les différents sites d’accueil du public : portique de sécurité en fonctionnement avec détecteur de métaux, développer les filtrages. - La mise en place d’un registre d’accueil afin de prévenir tout repérage. - Gestion de l’accueil des visiteurs par la remise d’une carte visiteur en échange d’une pièce d’identité, remisées à la sortie du visiteur. Mise en place de procédures d’alerte et d’évacuation en cas d’attentat. (Procédures différentes d’une alerte incendie.) Réactualiser la convention de coordination entre la Police nationale et la Police Municipale Secteur Masséna-Solférino encadré également par la police nationale, actuellement seule la police municipale occupe le terrain. 2 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 - Un plan communal de sauvegarde réactualisé avec le risque attentat. Une vidéo protection dans tous les lieux de regroupement de la commune, lieux à forte fréquentation. Sur certaine mission imaginer les patrouilles mixtes Chaque mesure prononcée doit faire l’objet d’un suivi et d’un sérieux » Très vite la question de l’armement a été évoquée par des policiers municipaux. La position du Syndicat Autonome membre de l'UNSA est claire : c’est un refus catégorique de recourir aux armes. « Voix du nord le 27/11/2015 : « Autre syndicat important au sein de la police municipale, l’UNSA n’est pas sur la même ligne. « Nous sommes contre les armes à feu, mais aussi les flashs-balls ou tasers. Je ne pense d’ailleurs pas que la majorité des policiers municipaux en veulent », souligne Dalila Medhi, secrétaire générale de l’UNSA des mairies de Lille, Lomme et Hellemmes. « On n’est pas là pour faire du maintien de l’ordre » Selon elle, l’armement n’est pas dans la mentalité lilloise. « Ici, on est dans un esprit de police de proximité. On n’est pas là pour faire du maintien de l’ordre. C’est le travail de la police nationale. À chacun son métier. » Dalila Medhi préfère d’autres types de protection : « On revendique une brigade cynophile. Les chiens, c’est très dissuasif ». Martine Aubry a récemment annoncé la création de cette unité, courant 2016. » Ainsi nous sommes convaincus que le meilleur moyen de protéger nos agents, est de les limiter à leurs missions de policier MUNICIPAL et non le transformer en policier national. A chacun son métier. Néanmoins, les demandes de nos collègues doivent être entendues et nous vous présentons donc, tout en restant fidèle à nos valeurs le projet « la Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA »… 3 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA» - 30/11/2015 LE POLICIER MUNICIPAL LILLOIS Accueil des administrés, îlotage, sécurisation des entrées et des sorties d’école, encadrement des manifestations publiques, police des marchés ou des cimetières, urbanisme, lutte contre le bruit, défense de l’environnement, code de la route, régulation de la circulation routière, interpellations sur flagrant délit, surveillance des bâtiments communaux etc… : Chaque collectivité définit ses axes d’intervention prioritaires. N’oublions pas que la Police Municipale est sous l’autorité du Maire. C’est l’autorité, par principe, compétente pour exercer le pouvoir de police générale dans la commune dans le respect des lois et règlements existants (art. L 2212-1 CGCT « Le maire est chargé (…) de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs »). Version douce ou version dure, c’est au pluriel qu’il faut donc parler des polices municipales. Leurs activités se conjuguent localement, différemment selon les spécificités des territoires et les objectifs fixés par les élus. Si les missions sont à l’évidence conditionnées par l’environnement social, elles ne sont pas seulement fonction des problèmes locaux, mais aussi de la lecture que les maires en font et du rôle qu’ils donnent à jouer à leur police municipale. De droit, c’est à eux qu’il revient de déterminer la doctrine d’emploi. Un Policier CANNOIS n’est un policier LILLOIS : S’ils portent les mêmes tenues, ils n’exercent pas les mêmes missions. Pour autant, le maire est et reste le « patron » de la police municipale. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler que c’est lui qui décide d’armer ou non les agents, de les faire ou non travailler la nuit, de les doter ou non de radars permettant d’effectuer des contrôles routiers de vitesse, etc De ce fait, le choix d’un armement est un élément caractéristique des missions confiées à un agent de Police Municipale. Le policier municipal lillois est avant tout source de lien social. La ville de Lille dispose d’un service de police municipal Jour/Nuit. Au total, ce sont 103 agents, formant des équipes intergénérationnelles et de tous horizons, qui se rendent au contact des habitants de chaque quartier de Lille afin de créer ou recréer le « lien social ». Le Policier Municipal apporte une réponse à la dégradation du lien social à la source de l’augmentation des différentes formes de violences et d’exclusion, d’incivilités. Sans préjudice de ses pouvoirs judiciaires qui interviennent à partir du moment où il constate une infraction. 4 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 Il a pour lourde tâche de réduire le fossé entre les citoyens et les institutions en restaurant la confiance et en redonnant un sens concret à l’action publique locale de jour comme de nuit. Il lutte contre la banalisation des faits de violence sur les espaces publics, il doit assurer une présence humaine rassurante et garantir la réappropriation de l’espace public, par les acteurs publics, dans les espaces les plus fragiles de jour comme de nuit. Cette facette du métier de Policier Municipal est aujourd’hui essentielle, au lendemain des attentats perpétrés sur notre territoire national. La population Française a besoin de repères, d’être rassurée. Ainsi la dotation d’arme létale des policiers municipaux au lendemain des vagues d’attentat en France et sans doute la démonstration d’un grand danger pour la population. L’effet est pervers, à défaut de croire que cet armement apaise la population par la présence sur la voie publique de policiers municipaux armés. Il a l’effet inverse, par le constat d’un choix conditionné par l’élévation de la dangerosité sur l’espace public. LE CLSPD et LA CONVENTION DE COORDINATION Pour comprendre les logiques d’action des polices municipales, il faut élargir l’analyse et s’interroger sur les mécanismes de « coproduction » de la sécurité à l’échelle locale, sur la répartition des rôles entre les différentes polices et leurs jeux de positionnement respectifs. La coordination de la sécurité sur les territoires est devenue un enjeu majeur de la réussite des politiques publiques de sécurité. Pierre angulaire de la co-production de sécurité entre les forces de sécurité de l’État d'une part et les maires et leurs polices municipales d’autre part. La signature d’une convention de coordination entre une police municipale et les forces de sécurité intérieure de l’État est obligatoire dès lors que le service de police municipale compte au moins cinq agents relevant des cadres d’emplois de la filière de la police municipale. Le calcul du nombre d’agents tient compte de tous les agents recrutés à des emplois permanents à temps complet ou non complet (sans cumuler les temps non complets : 2 emplois à temps non complet comptent pour 2 agents) et des agents éventuellement mis à la disposition de la commune par un établissement public de coopération intercommunale. 5 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 L’établissement d’une convention de coordination est une condition préalable obligatoire pour armer une police municipale ou intercommunale et pour lui permettre de travailler entre 23h00 et 06h00 (hors exceptions légales : gardes statiques des bâtiments communaux,surveillance des cérémonies, fêtes et réjouissances organisées par lacommune). Le contenu d’une convention de coordination est étroitement lié aux prérogatives de police détenues par le maire, mais surtout de l’orientation qu’il souhaite donner à sa politique de prévention et de sécurité. A travers la lecture de cette convention de coordination, il apparait que le champ d’intervention des policiers municipaux de Lille est bien défini : Quels que soient les choix municipaux opérés pour orienter l’activité des services, le cœur de métier de la police municipale est, et doit demeurer, la préservation de la tranquillité publique. La préservation de la tranquillité publique associe généralement une mission de médiation et se réalise avec une police proche de la population, par la présence d’îlotiers dans les différents secteurs de la commune, avec des patrouilles et des modes de déplacements adaptés aux secteurs (équipages pédestres, vélo ou scooter). Une police municipale qui grâce à sa bonne connaissance de la population, sera capable d’anticiper d’éventuels troubles à l’ordre public et d’alerter les élus sur des problèmes naissants. Corollaire de cette mission de prévention, et aux fins exclusives de dissuasion, les policiers municipaux peuvent être conduits à constater des actes inciviques ou contraires à une norme en vigueur et à y appliquer une sanction par le biais d’un procès-verbal. Mais également de mettre à disposition à l’Officier de Police judiciaire des individus pris en flagrant délit de délits ou de crimes. Le maire peut aussi favoriser la mise en place d’actions de prévention spécifiques : A Lille, intervention en milieu scolaire sur le thème de la sécurité routière. La Police Municipale ne doit-elle pas rester, en premier lieu, une police de tranquillité qui contribue à la qualité de vie dans la ville et dont l’utilité s’évalue à la mesure des réponses apportées aux attentes émanant de la collectivité ? La Police Municipale ne doit pas être qu’une police d’intervention, puisque ce champ est déjà pris par la Police Nationale. 6 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 La proximité, l’ancrage territorial et la densité des réseaux tissés avec les populations locales, voilà ce qui fait la force des polices municipales. CHOISIR SON ARMEMENT : C’EST FAIRE LE CHOIX DE SES MISSIONS A Lille, c’est soit le bâton de défense ou le bâton de police à poignée latérale (le TONFA) En France, le tonfa est une arme classée en catégorie D. Son port est interdit sans autorisation administrative. Son transport est réglementé et ne peut se faire sans motif légitime. Le décret no 2000-276 du 24 mars 2000 relatif à l'armement des agents de police municipale autorise ceux-ci à porter des matraques de type « bâton de défense » ou « Tonfa ». Les matraques télescopiques sont d'abord restées interdites, le décret de 2000 n'autorisant pas le port d'armes dissimulées par la police municipale, mais ont été autorisées en 2013. Au sein de la police, il est dénommé « Bâton de Défense type Tonfa », sauf chez les CRS et les membres de la BAC, où il est dénommé « BPPL » pour « Bâton de Police à Poignée Latérale » (BPPL, traduction de l'anglais « SideHandle Police Bâton »). Également employé dans la gendarmerie sous la dénomination de « Bâton de Protection à Poignée Latérale », le BPPL n’équipe que certaines unités de gendarmerie mobile, les gendarmes départementaux disposant individuellement d'un « Bâton de Protection Télescopique » (BPT). A Lille, le policier municipal a poursuivi une formation de 30 heures, diplômée par une habilitation de types bâton(s) de défense. Il a ensuite satisfait à la condition d’agreement du port de l’arme correspondant à sa formation. Il participe à un entrainement régulier des gestes techniques et postures d’intervention (effectif jour : 2h/Semaine, effectif Nuit 2h/Mois). Cette formation est dispensée par un formateur de la Police Nationale. Actuellement, cette formation n’est plus dispensée aux effectifs de jour, faute de créneau disponible d’occupation des salles de sport. La fréquence est trop faible pour les effectifs de nuit. Nous le rappelons c’est la répétition de 7 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 la manipulation qui permet à l’agent d’acquérir l’automaticité suffisante afin, qu’en situation réelle sur la voie publique, il soit uniquement concentré sur la situation qui se déroule devant lui. Nous avons dans notre service de Police Municipale des compétences en la matière. Nous sommes capables de dispenser la formation GTPI, en interne. Valorisons cet agent en s’appuyant sur sa connaissance de l’art martial (ceinture noire 4ème Dan, enseigne le karaté depuis des années sur le territoire communal), c’est valoriser notre police municipale. Ce dispositif est possible depuis l’année 2015 au CNFPT, après avoir poursuivi une formation de 3 semaines, cet agent pourrait être diplômé en GTPI et pourra assurer la formation de nos policiers municipaux Lillois. Cette formation GTPI existe au stade de la formation initiale d’application (FIA) des agents, durant une trentaine d’heures et de la formation continue obligatoire (FCO). Un référentiel technique comprenant des fiches indiquant la marche à suivre pour intervenir sur la voie publique, élaboré au premier semestre 2013, est mis aujourd’hui en application dans toutes les délégations. Il est obligatoirement présenté à tous les intervenants GTPI qui doivent s’y référer. Des rappels sont donnés sur le cadre réglementaire d’intervention du policier municipal, puis mis en application dans des cas pratiques. Ils sont entre autres basé sur l'apprentissage des différentes gardes (passives et actives), des défenses sur des attaques à mains nues ou à mains armées, des défenses sur des menaces diverses (saisies, etc...), des moyens d'amener, des techniques d'intimidations, et bien d'autres techniques professionnelles. Cet exercice associe le GTPI avec l’usage de l’arme LE BATON TELESCOPIQUE DE DEFENSE : LE CHOIX DE LA DISCRETION Il s'agit d'un bon compromis entre les moyens de défense naturels tels que les pieds et les poings, et l'utilisation d'une arme létale. Il présente de nombreux avantages car il n'y a pas besoin d'être un expert pour que cet outil de protection se révèle comme étant un recours idéal pour se sortir de multiples situations compromettantes. Outre son utilisation naturelle, la matraque permet de travailler à distance, ce qui n'est pas le cas des autres instruments qui imposent un contact direct avec l'agresseur. C'est là un point fondamental ! Le meilleur moyen d'éviter les coups est d'en rester éloigné ; c'est tout l'intérêt de la 8 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 matraque. La dureté de son acier fait qu'un seul coup peut suffire à neutraliser le plus robuste des assaillants. Il n'est même pas besoin d'ajuster sa frappe ou de viser un endroit particulier. Quel que soit le point d'impact, la douleur est immédiate et fulgurante ; elle est généralement suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en faire plus. Dans une situation de défense, elle se révèle d'une efficacité sans pareille. Les agents de sécurité et différents corps de police du monde entier, de par leur fonction et la volonté déterminante de se perfectionner à l'aide de moyens et de techniques les plus efficaces, utilisent le bâton télescopique. Pour finir, c'est une arme discrète qui peut se dissimuler facilement et se porter en toute circonstance. Les matraques et tonfas télescopiques ont l’avantage d’être particulièrement adaptés aux brigades cyclistes et équestres. Pour tous les agents à scooter, à VTT ou véhiculés, cela évite d’avoir une gêne sur le côté car les tonfas sont encombrants. La plupart des gendarmes ont d’ailleurs adopté les tonfas télescopiques car cela leur permet de se déplacer plus facilement. Sans oublier la facilité d’emploi dans le cadre d’intervention dans les milieux confinés : établissements recevant du public, véhicules, pallier d’immeuble, escaliers. La réglementation oblige le policier municipal à un port apparent de l’armement, n’empêchant pas pour autant le port discret. Ce choix de la discrétion n’est pas sans résultat vis-à-vis de la population Cette proposition émane d’un groupe de travail, à laquelle nos représentants ont participé, soucieux de l’amélioration de leurs conditions de travail. Il est important de préciser que certains des agents de la Police Municipale bénéficient déjà de cette habilitation (20 agents) obtenue en 2014. L’acquisition d’un Bâton de défense est aussi onéreuse que celle d’un TONFA. 9 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 L’OPPOSITION AU LANCEUR DE BALLE DEFENSIVE (ou flash ball) Le Lanceur de Balle défensive Flash-Ball est une arme dite non létale faisant partie de la dotation du policier municipal. Il est principalement destiné aux forces de police, aux CRS durant des émeutes et les violences. Sa forme se situe entre le pistolet et le fusil à canons sciés, cette arme, relativement peu encombrante, ressemble à un jouet ou à un fusil à eau à première vue. L’arme flash-ball peut utiliser des projectiles variés, le plus courant étant une balle de caoutchouc dur. Le projectile tiré par un Flash-Ball est normalement sans danger de mort pour la victime. Néanmoins il peut entrainer de sévères blessures, en particulier s’il atteint la tête. On recense de nombreux cas où des personnes ont subi de sérieux dommages corporels après avoir reçu une balle de FlashBall au niveau de la tempe, entrainant parfois un éborgnement chez la personne victime de cette arme. Une balle en caoutchouc de Flash-Ball est potentiellement aussi mortelle que n’importe quel projectile, si elle atteint des zones sensibles ou encore si le tir est porté trop près de la cible. Une arme telle le Flash-Ball, bien qu’étant à létalité atténuée, reste donc capable de blesser voir de tuer une personne. Le Flash Ball, censé provoquer l’équivalent d’un KO selon l’armurier qui le fabrique, tire une balle à 360 km/h. La distance réglementaire de tir minimale est de sept mètres. Utilisé depuis 1995 pour disperser des attroupements et répondre immédiatement à une agression, cette arme est aujourd’hui «dépassée » de l’aveu même de l’inspection générale de la police nationale. Elle est également moins utilisée qu’auparavant par les fonctionnaires qui ont tiré en 2014 à 556 reprises contre 662 en 2013. Comment peut-on garder la même posture avec un tel matériel dans la dotation du policier municipal lillois ? Cette image ne reflète pas l’idée d’une police de proximité. Les administrés ne verraient plus leur police municipale du même regard. De sérieuses blessures, incapacitantes ont poussé le défenseur des droits à solliciter la suspension de son usage par la Police Nationale. Qu’en est-il de la formation obligatoire pour ce lanceur de balle si imprécis ? La formation prévue par le législateur est d’une durée de trois heures. 10 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 30 heures pour l’utilisation d’un bâton de défense et 3 heures pour un flash ballLa formation obligatoire prévue pour le policier municipal n’est que de 3 heures !!!!!! L’OPPOSITION AU PISTOLET A IMPULSION ELECTRIQUE (Taser) Les armes à impulsion électrique ont cherché à fonder leur légitimité sur un continent nord-américain réputé pour en user souvent, on peut d’ailleurs concevoir que la recherche d’alternatives permettant de neutraliser sans risquer de tuer soit le reflet d’une prise de conscience intéressante. Il est préférable d’arrêter un individu hostile en minimisant les risques pour lui, pour les policiers et pour les tiers, plutôt que d’user d’une arme à feu à son encontre lorsque cela n’est pas totalement indispensable. Il est de même compréhensible que les technologies soient envisagées pour assurer une plus grande sécurité des policiers lors des interventions contre des individus hostiles au contact physique desquels il est nécessaire d’aller lorsque le recours à l’arme à feu n’est pas toléré par la loi. Il s’agit donc ici, d’un armement complémentaire à l’arme à feu. Que ferait un agent de Police Municipale Lillois avec ce genre d’outil ? Ce « gadget » de la sécurité est très controversé et décrié à travers le monde. Associé à la marque Taser et qualifiée de non létale par ceux qui la commercialisent, l’arme suscite la polémique du fait qu’elle semble pouvoir causer la mort de personnes fragiles. De nombreux cas de décès sont occasionnés par l’utilisation d’arme à impulsion électrique. Les orientations données à la police municipale s’inscrivent dans une politique globale et partenariale axée sur la gestion urbaine de proximité. Dans le prolongement, il y a un travail de proximité qui, dans nos quartiers est nécessaire et que c’est à la police municipale qu’il revient de l’accomplir, dans les limites de ses prérogatives, sur fond de désengagement de la police nationale. Effectivement, il est difficile de définir les missions des policiers municipaux sans parler du désengagement de la Police Nationale. Pour cela, il est impératif d’appliquer scrupuleusement la convention de coordination, de l’évaluer fréquemment afin d’atteindre une cohérence entre la pratique et la théorie. 11 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 Afin de prévenir d’un basculement des missions de la Police Municipale et afin d’expliquer aux nouvelles recrues de la Police Municipale Lilloise, nous proposons la création d’un livret à destination des agents lui rappelant le champ d’intervention, les objectifs définis par l’autorité. Le livret de présentation remis à chaque nouvelle recrue précise notamment qu’il s’agit de remplir toutes les missions relevant du cadre législatif et réglementaire des policiers municipaux, sans aucune restriction puisque la démarche de proximité n’exclut pas la verbalisation et les interpellations. En d’autres termes, il est attendu des agents qu’ils s’investissent dans les quartiers, qu’ils soient proches de la population et des autres acteurs de terrain, qu’ils traitent les demandes, anticipent les problèmes, répondent aux besoins et répriment si nécessaire. Concernant l’armement, le Syndicat Autonome membre de l' UNSA est favorable à un armement qui ne diffère pas de celui qui est en dotation actuellement pour les policiers municipaux lillois. En effet, comme nous l’avons démontré, c’est en faisant le choix de ses armes que l’on définit notre position et nos missions. Cependant, l’UNSA n’est pas figé et propose pour des raisons de discrétion et d’adaptation le bâton télescopique de défense. 12 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 L’utilisation des « caméras-piétons » par la Police Municipale Le travail de la Police Municipale demande des moyens d’intervention nécessitant de s’adapter aux évolutions de la délinquance, tout en assurant une sécurité plus importante des agents qui interviennent sur le terrain au quotidien. Lors de leurs échanges quotidiens avec les citoyens et lors de la constatation de certaines infractions (regroupements, rodéos, …), les policiers municipaux sont de plus en plus souvent victimes de menaces, d’insultes ou d’outrages. Ils rencontrent également, dans l’exercice de leurs missions, des difficultés pour établir des éléments de preuve pouvant être utilisés dans le cadre d’une procédure pénale (dépôt de plainte notamment). La Police Nationale et la Gendarmerie ont développé l’utilisation de « caméras-piétons » (type « GO-PRO »), notamment dans la métropole lilloise pour certaines équipes d’intervention de la Police Nationale. Des « caméras-piétons » pour sécuriser les policiers municipaux Afin de renforcer la sécurité des policiers municipaux, une dizaine de villes françaises (la première étant Chelles en 2012) ont également décidé de doter leurs polices municipales de cet équipement, avec des retours d’expériences aujourd’hui très positifs, selon les responsables des PM concernés : - constat que les personnes étaient plus calmes lors des rencontres avec la police, - disparition ou forte baisse des outrages ou agressions verbales ; Ainsi, une « caméra-piéton » doit être considéré comme un équipement de protection individuelle. Son port sécurise les agents, car la présence d’une caméra-piéton, même si elle n’est pas activée, permet de faire baisser les tensions, mais sécurise également juridiquement les interventions en apportant des éléments non contestables. Les polices municipales qui utilisent ces caméras-piétons ont fait le choix non pas de filmer en continu, mais de déclencher uniquement en cas de nécessité, en prévenant obligatoirement leur interlocuteur qu’il va être filmé. Les images filmées ne peuvent plus être effacées ou « manipulées » par leur utilisateur, une fois l’enregistrement réalisé. 13 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 Toutefois, la question de cette dotation s’appuie sur un cadre juridique encore peu précis, voire en cours d’élaboration, et un projet d’arrêté-cadre relatif au dispositif des caméras est en préparation. La CNIL refuse également de se prononcer sur ce dispositif. Une méthodologie de mise en place rigoureuse et concertée RIGOUREUSE… Il est indispensable que les règles d’utilisation soient particulièrement rigoureuses et précises, car le cadre juridique reste encore assez peu précis. Il conviendra de rédiger une charte précise d’utilisation, tant sur l’éthique et la déontologie, que sur les conditions d’usage, d’enregistrement et d’exploitation. Le matériel doit être stocké dans un local sécurisé, avec notification de retrait dans un registre avec un enregistrement répondant à toutes les conditions de traçabilité et de destruction. En effet, toute personne filmée peut avoir accès aux images. Les dernières communes ayant développé ce dispositif ont consulté le Procureur de la République et la Police Nationale. A titre d’exemple, la ville de Narbonne, sur les conseils du Parquet et de la Police Nationale, a décidé de conserver les images dans un serveur sécurisé et ces dernières sont détruites au bout de 5 jours ou mises à la disposition des enquêteurs, le cas échéant. Autre exemple, la ville de Saint-Etienne utilise des caméras qui enregistrent sous un format qui ne peut être lu que par un logiciel spécifique, et qui rend impossible la modification des images. Elle est portée sur le torse grâce à des harnais spécifiques, uniquement par l’agent désigné chef de patrouille. Ces images ont le même cadre juridique que toutes celles filmées par un citoyen relatant un acte délictueux avec son téléphone portable ; elles ne sont utilisables que comme élément de preuve en « appui » d’une procédure juridique ou pénale (dépôt de plainte, …) lancée par la victime. De plus, la caméra ne peut pas être utilisée dans les espaces privés. Au moment où il l'allume, l'agent doit avertir son interlocuteur ; les usagers filmés ont le droit de visionner les images. 14 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 CONCERTEE La démarche doit être partagée et concertée, et pourrait être accompagnée par 2 instances : - le Comité Technique, qui sera chargé de la validation des conditions d’utilisation de ce nouvel outil, et de la validation de son utilisation dans des conditions écrites très précises ; - un groupe de travail spécifique, composé par moitié de policiers municipaux (direction et un représentant par grade par exemple) et l’autre moitié d’experts qui pourront accompagner la réussite de cette action, experts internes (RH, juriste, ergonome, …) et externes (représentant de la Police Nationale, du Parquet, …). Avant le lancement du dispositif « caméras-piétons » Il serait opportun qu’un groupe de travail spécifique soit mis en place au préalable pour définir une charte de déontologie, mais aussi des règles d’utilisation très précises qui correspondent très scrupuleusement à un cadre légal qui pourrait être conjointement défini avec le Parquet.. La composition de ce groupe comprendrait un représentant du Parquet, un représentant de la Police Nationale, l’élu en charge de la sécurité, un psychologue du travail, un ergonome, 4 policiers municipaux désignés par leurs pairs … . La proposition d’utilisation des « caméras-piétons » par ce groupe de travail sera validée par le Comité Technique pour une période de 1 an. La première année d’utilisation du dispositif. Si le choix de cet équipement est retenu, le groupe de travail continue à se réunir ponctuellement pour devenir un groupe de suivi afin d’en étudier le dit suivi, et notamment accompagner les utilisateurs dans les difficultés rencontrées. Au bout d’un an, ce groupe de suivi rendra un bilan argumenté sous forme de rapport qui sera adressé à Madame le Maire pour avis. Au bout d’un an. Si Madame le Maire valide l’opportunité de poursuite l’utilisation après lecture de ce rapport, ce dernier sera transmis au Comité Technique qui le validera définitivement. Pour information, le coût d’une « caméra-piéton » correspondant à l’usage des policiers municipaux se situe dans une fourchette entre 1.000 et 1.200 €. 15 « La Police Municipale regardée par le Syndicat Autonome membre de l'UNSA » - 30/11/2015 CONCLUSION En tant qu’organisation Syndicale, il nous est impossible de faire endosser la responsabilité d’un poids tel que l’arme létale à nos collègues. Il existe tout un arsenal de solutions alternatives qu’il est facilement envisageable de mettre en place. L’une de nos priorités est de maintenir et protéger la fonction du policier municipal sans glisser vers le métier, bien différent, qu’est celui du policier national. En armant le policier municipal, on désengagerait l’Etat et on tuerait le métier. Sans occulter le fait que la responsabilité pénale des collectivités territoriales resterait engagée en cas d’incident ou d’accident. Le Syndicat Autonome membre de l'UNSA reste persuadé que la police municipale doit rester complémentaire de la Police Nationale Comme l’affirme, le sociologue Laurent Micchielli, dans la gazette des Communes en date du 7 septembre 2015, « l’état renforce l’encadrement juridique et négocie avec les syndicats sur des questions techniques annexes tel que l’armement. On est loin de l’essentiel. Ce n’est pas l’arme qui fait le bon policier. Ni simplement sa connaissance du code de procédure pénale. Il nous manque une doctrine à la police municipale en France »... 16