Fête du Christ-Roi 2016 – Le Roi de justice et de miséricorde
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Fête du Christ-Roi 2016 – Le Roi de justice et de miséricorde
Fête du Christ-Roi 2016 – Le Roi de justice et de miséricorde Aujourd’hui, dernier dimanche avant le temps de l’Avent, nous fêtons donc le Christ Jésus comme Roi. C’est en quelque sorte le “couronnement” de l’année qui s’achève ; après avoir parcouru toute la vie de Jésus, depuis sa naissance jusqu’à sa mort et sa Résurrection, après avoir pris conscience de l’Esprit saint qui nous est envoyé, nous demandons une dernière fois au Seigneur Jésus de vivre en nous, de « régner sur nous ». Il faut nous rendre compte que la plupart du temps, l’image du Roi est assez négative de nos jours dans notre République (sauf dans les journaux people !). Un roi, c’est quelqu’un qui a une autorité arbitraire, qui fait ce qu’il veut, qui exerce une « monarchie absolue » sur ses sujets… Pourtant, la Bible nous montre une figure un peu différente du roi. Bien sûr, les rois d’Israël ne sont pas parfaits ! Mais le Roi (particulièrement David, qui est une figure du Christ qui va venir), c’est celui qui « mène le peuple en campagne » (première lecture), c’est le « berger d’Israël », celui qui guide le peuple. Un peuple seul se disperse : le Roi, c’est celui qui lui donne une cohésion, une orientation commune. Qui est donc le vrai Roi ? Celui qui nous le montre, c’est un condamné à mort, un crucifié avec Jésus. « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume », dit ce criminel. Il a compris que Jésus était le seul Roi ; il a même compris quelque chose d’incroyable : le trône royal de Jésus, c’est sa Croix ! Sur la Croix, Jésus est pleinement Roi d’amour, car Il offre sa vie par amour. Il est Roi de Miséricorde, et nous nous en souvenons en ce dimanche qui est le dernier jour de l’Année sainte de la Miséricorde. Nous ne savons pas comment cet homme a compris qui était Jésus. Mais nous, nous pouvons nous demander ce que signifie pour nous que Jésus est Roi. Qu’attendons-nous d’un roi ? La première chose à laquelle on peut penser, c’est la justice : comme David, comme Salomon, un roi doit être juste. Il doit savoir être impartial, sans préjugés, sans favoriser telle ou telle personne (et même de nos jours, nous voyons que la justice est parfois faussée). Le compagnon de Jésus sur la croix reconnaît d’ailleurs cette justice : « Pour nous, c’est juste, nous avons ce que nous méritons ». Mais un vrai roi, nous le sentons bien, doit aller plus loin que la simple justice. Le Roi doit s’attacher à rendre leur dignité aux plus pauvres ; il doit être en même temps juste et miséricordieux. Jésus s’est fait proche de ceux qui pleurent ; Il a rendu leur dignité à ceux qui étaient considérés comme moins que des hommes : les esclaves, les malades, les possédés, les pécheurs et les prostituées… Ainsi, Il a été le vrai Roi de justice, Celui qui rappelle aux hommes que l’amour fraternel est un devoir de justice, et qu’il est profondément injuste de mépriser un homme créé à l’image de Dieu. Le Trône royal de Jésus, c’est sa Croix : cela veut dire que sa Royauté consiste à partager le sort des derniers, des méprisés. En montant sur la Croix, Jésus, notre Roi, a redonné leur dignité aux plus pauvres. Mais si Jésus est Roi, c’est aussi pour nous faire participer à sa Royauté. Nous héritons donc, nous baptisés, de la même mission que Jésus ! Le Roi de Miséricorde est pour nous la seule source de Miséricorde, dans ce monde parfois si dur et si impitoyable. Demander que Jésus règne sur nous, et même qu’Il règne sur nos sociétés humaines (comme l’a demandé le pape Pie XI en 1925, en établissant cette fête du Christ-Roi), ce n’est pas s’opposer à la laïcité… c’est en fait le seul moyen pour que les petits, les pauvres, ceux qui n’ont pas de voix pour se faire entendre, soient traités humainement. Si nous accueillons Jésus comme notre Roi, Il fait de nous des rois à sa suite, dont les “trônes” ne servent qu’à aimer et venir en aide à ceux qui en ont besoin. Mais une communauté humaine qui n’accueille pas Jésus comme seul Roi, finit par se composer de “petits rois” qui sont en fait des tyrans ; ce qui domine alors, c’est l’égoïsme, le “chacun pour soi”… Saint Paul nous a dit tout à l’heure que Jésus était « la tête du corps, la tête de l’Église », qu’Il réconciliait tout par sa Croix ; nous ne pouvons pas aimer si nous ne vivons pas avec Jésus, le Roi d’amour. Il est au-dessus de tout, « premier-né de toute créature » : non pas pour nous dominer arbitrairement, mais pour nous entraîner dans sa victoire contre le mal. Lui seul, Roi de Miséricorde, peut enseigner à nos sociétés à vivre de la Miséricorde. Qu’Il règne partout dans le monde !