février - mars 2011
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février - mars 2011
NOTRE SELECTION DE FEVRIER- MARS 2011 : • BANDES DESSINEES : Plus cool, tu meurs / Alec Robinson, 2009. Andy Wicks, un esprit cartésien, tente l'hypnose pour arrêter de fumer et cette séance va le replonger dans son corps d'adolescent, au lycée (son pire cauchemar...) . Va-t-il refaire ses erreurs du passé ou saisir cette opportunité pour faire enfin les bons choix? La fameuse question "si c'était à refaire" est traitée de façon originale, dans une histoire pleine de philosophie par l'auteur de "De mal en pis". Alex Robinson, non dépourvu d’humour, plonge un personnage, riche de son vécu d'adulte, dans le monde de l'adolescence des années 70. Il porte un regard sensible ou cruel mais très drôle sur cette période de sa vie et ses drames universels. Le dénouement est une réussite remarquable, préparez les mouchoirs ! (Mathieu) L’Afrique de papa / Hippolyte, 2010. Jusqu’en 1980, Saly était un village de pêcheurs au sud de Dakar… c’est aujourd’hui le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest où, en haute saison, plus de 20000 personnes viennent chercher le soleil à peu de frais. Parmi eux, des retraités européens, dont le père de l’auteur, Hippolyte. « Elle est pas belle, la vie ? » demande le père à son fils, venu lui rendre visite. Le fils ne répond pas : il dessine « L’Afrique de Papa » et photographie « son Afrique ». Un état des lieux sans complaisance. (Béatrice) • DOCUMENTAIRES ADULTES : Européens & Japonais : traité sur les contradictions & différences de mœurs / Par le R.P. Luis Frois au Japon, an 1585. Luis Frois (1532-1597), jésuite portugais, a écrit ce texte en 1585. Par points successifs, Luis Frois expose en une phrase ce qui se pratique en Europe et le pendant dans la culture japonaise à la même époque. En voici un exemple : "51- En Europe, ce sont ordinairement les femmes qui préparent à manger ; au Japon, les hommes et même les gentilshommes mettent un point d'honneur à faire la cuisine." Ainsi, ce sont des centaines de comparaisons, concises, qui nous sont livrées ici, mettant en valeur une certaine symétrie entre les cultures européenne et japonaise et ce qui les unit par de-là leurs différences. Les notes explicatives de l'éditeur sont réduites à l'essentiel et le plaisir de lecture tient surtout à la découverte de la vision d'un Occidental sur la culture japonaise, totalement inédite en Europe au XVIe siècle. Une manière très facile de découvrir les moeurs de l'époque. (Florence) Jusqu’au bout de leurs rêves / Olivier et Patrick Poivre d’Arvor, 2010. Un beau livre illustré écrit à quatre mains consacré aux aventuriers célèbres. Des documents et de nombreuses photographies d’époque nous dévoilent la vie passionnée de trente explorateurs, poètes, archéologues, aviateurs ou missionnaires. Une courte biographie nous rappelle ou nous fait découvrir ces personnages qui ont défié le monde. En effet, ces incroyables héros ont exploré terres et mers et ont souvent sacrifié leur vie pour assouvir leurs rêves. (Patricia) "La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit" (Oscar Wilde) Une histoire des parents d’écrivain : de Balzac à Marguerite Duras / Anne Boquel & Etienne Kern, 2010. Après une Histoire des haines d’écrivains, Anne Boquel et Etienne Kern récidivent et poursuivent l’exploration de l’histoire littéraire anecdotique. Dans cet ouvrage, ils relatent avec la même verve croustillante les réactions de parents d’écrivains du 19ème et du 20ème face à la vocation de leurs rejetons. Franche hostilité, rejet total, reconnaissance absolue, admiration sans vergogne ou bien hantise d’une déchéance sociale, ces hommes et femmes de lettres en herbe déclinent chez leurs ascendants tout un panel de sentiments qui n’ont pas fini de faire couler de l’encre. Enquête sociologique, récit de vie intimiste, Anne Boquel et Etienne Kern ont puisé leurs sources dans les correspondances et les journaux pour nous permettre d’entrer par la petite porte dans l’histoire de la grande littérature. (Karine) Plantes interdites : une histoire des plantes politiquement incorrectes / JeanMichel Groult, 2010. Un titre provocateur pour un ouvrage qui rappelle que l’évolution des interdits et des plantes prohibées suit souvent l’évolution de notre société, de nos croyances, de l’Histoire et la raison économique. L’ouvrage très documenté consigne anecdotes et données scientifiques et permet d’apprendre quantité d’informations. Il est enrichi d’une iconographie surprenante composée de photographies d’herbier de ces « plantes interdites », d’affiches de cinéma illustrant ces plantes ou de films montrant leur consommation, de campagnes de publicité et de cartes postales d’époque … Les nombreuses illustrations qui complètent les textes reflètent les évolutions comportementales et législatives autour de ces « plantes politiquement incorrectes ». Un beau livre passionnant qui permet de faire le point dans un débat souvent encore explosif ! (Stéphanie) • DOCUMENTAIRES JEUNESSE : Comment parler de politique aux enfants / Sophie Lamoureux, 2010. Un livre qui cherche à transmettre le goût de la politique aux enfants. Il contient des fiches thématiques où chacune d’elles s’appuie sur une illustration servant d’accroche pour les plus jeunes. Elles sont conçues sous la forme de questionsréponses par tranches d’âges, 5-7 ans, 8-10 ans et 11-13 ans, des plus simples aux plus pointues, réussissant à formuler ce que les enfants pourraient bien eux-mêmes demander à leur entourage. Bien que s’adressant aux enfants de prime abord ce livre ne manque pas d’intérêt pour les plus grands, car des questions telles que « la justice peut-elle être injuste ?», « quelle est la différence entre la dictature et le totalitarisme ? »,… sont également susceptibles d’éveiller leur curiosité. (Franck) • CD MUSIQUE : La superbe / Benjamin Biolay, 2009. Auteur, compositeur, interprète, Benjamin Biolay est aussi esthète et poète. Reconnu tant par le public que par les professionnels (2 victoires de la musique 2010, Prix de l’Académie Charles Cros, Prix Rolf-Marbot attribué par la SACEM), « La Superbe » marqué par la mélancolie, les désillusions et l’amour est quoiqu’on en dise une ode à la vie. Ne dit-on pas lorsque tout s’écroule que seule la superbe permet de rester digne. Ce double album nous entraîne au plus profond de nous-même et nous donne à découvrir notre côté sombre. « La Superbe » est tout simplement magnifique et touchant, pour ne rien gâcher l’homme reste modeste et plein d’humilité. Encore merci et bravo M. Biolay. (Célia) Hypernuit / Bertrand Belin, 2010. Le feu de cette « maison brûlée » d’Hypernuit, c’est aussi celui qui irradie notre cortex émotionnel à l’écoute de cet album qui porte la Grâce en lui. Au fil des titres d’une élégance rare, la poésie de cet album se dévoile : la voix et les percussions de Tatiana Mladénovitch, la douceur de la basse de Thibaut Frisoni, la grâce de Bertrand Belin ! D’une musicalité rare, la voix de ce musicien-interprête laisse s’écouler le texte, suggérant avec délicatesse mots, images et sens. Il sera bien sûr difficile de proposer une signification toute faite à cet album tout en ellipses, mais il est question de dignité, de souvenirs cruels, de l’Homme, de coups bas, de famille et de pas dans la neige. Des petits aperçus de paysages, que notre regard invente, le soir, dans un train trop rapide ou des images volées à regarder par le trou d’une serrure. Un petit bijou. (Anne) Afrocubism / World Circuit, 2010. Un savant mélange de musique du Mali et des musiques cubaines. Encore un de ces disques qui mélange les cultures avec plus ou moins de bonheur ? Mais là, non ; tout coule de source, tout est magique, on se balade de l’Afrique au Cuba et inversement. Cela parait si naturel. On se demande si les instruments du Mali ne sont pas cubains et si la rythmique cubaine ne vient pas d’Afrique. Tout s’imbrique à merveille, interprété par de talentueux artistes cubains et Maliens comme Eliades Ochoa (figure emblématique du Buena Vista ) ou Toumani Diabaté pour la kora et bien d’autres (Bassekou Kouyaté, Kassé Mady Diabaté…). Pour la petite histoire, en 1996, le producteur du label World Circuit devait déjà enregistrer avec les musiciens cubains et maliens. A cause de passeports bloqués, cela n’a pas pu se faire, et le disque a été enregistré alors à la Havane avec les seuls papys cubains. Ne boudons pas notre plaisir, cela donna le « Buena Vista Social Club »! 15 ans après les voila enfin réunis, ces musiciens africains et cubains, cela a pris du temps mais cela en valait la peine. Richesses sonores, complicité des musiciens, voila un magnifique album qui nous offre une belle passerelle entre le Mali et Cuba, le pendant métissé du Buena Vista Social Club. (Thierry) • POESIE : Sac à dos : une anthologie de poésie contemporaine pour lecteurs en herbe / Introduction de Jean- Michel Espitallier, 2009. Le propre d’une anthologie est bien de donner envie aux lecteurs d’aller plus loin dans la découverte des auteurs et de leurs textes. Les éditions « Le Mot et Le Reste » ont travaillé sur une large sélection de textes afin de présenter la richesse de la poésie contemporaine. Cette poésie là se joue des clivages de genre (roman, théâtre…). « Sac à dos » fait la part belle aux poètes, à leurs textes mais aussi aux petites maisons d’éditions qui travaillent à la découverte et à la publication de nouveaux écrits. Pour clore l’ensemble, des liens Internet sont proposés pour poursuivre l’aventure poétique sur la toile. De très belles rencontres vous attendent au fil des pages alors n’hésitez plus et réservez dès maintenant cette anthologie destinée aux « lecteurs en herbe ». (Célia) • ROMANS : Comment (bien) rater ses vacances / Anne Percin, 2010. Cet été, Maxime a décidé de passer ses vacances loin de ses parents et de sa petite sœur. À 17 ans, l’adolescent préfère de loin rester chez sa grand-mère, en banlieue, au Kremlin-Bicêtre, où il peut librement passer ses journées devant son ordinateur. Sauf qu’un événement inattendu va perturber les projets de l’adolescent qui vivra un été très mouvementé… Décapant, ce roman humoristique, riche en rebondissements, est un excellent remède contre les dépressions hivernales. Si vous ressentez le moindre symptôme, n’hésitez pas et plongez vous de toute urgence dans la lecture de cette histoire vitaminée et survoltée. À lire entre 12 et 90 ans. (Karine) Le roi, sa femme et le petit prince / Marc Villard, 2010. Alex, guitariste et mordu de rock, n pince pour Guigui, sa petite sœur… Tous deux sont élevés par Papa Rousse dans une ferme isolée de l’Aveyron. Quand le besoin de fraîche se fait sentir, père et fils pillent les banques de la région. Lors d’un braquage, Papa Rousse est mortellement blessé. Avant de rendre son dernier soupir, il révèle à Alex qu’il n’est pas son père biologique, surprenante et paradoxale bonne nouvelle – Guigui n’est plus sa soeur de sang ! Son véritable géniteur serait le chanteur Sly Baker, un rocker mythique qui eut son heure de gloire dans les années soixante. Alex se met en quête. C’est parti pour 182 pages d’une frénétique course à l’abîme. Road movie entre Aveyron et banlieue parisienne, de braquages en hôpitaux « psy », le rythme ne faiblit jamais. De l’amour, de l’humour, de la musique, du sang et des larmes, une sombre et magnifique plongée dans l’univers rock’n’roll. Vif et rageur comme un riff de Gretsch, un roman que l’on ne lâche pas. (Jean-Pierre) A écouter pendant ou après, la B.O. du livre : It serves you right to suffer / John Lee Hooker, 1999. Live, 1975- 1985 / Bruce Springsteen, 1986- 2002. In- a- gadda- da- vida / Iron Butterfly, 1968. Natural Boogie / Hound Dog Taylor; HouseRockers, 1989. Barclay sessions, vol.1 / Vince Taylor & ses Play- boys, 2000. • JEUNESSE: Hello monsieur Hulot / David Merveille, 2010. L’auteur nous propose ici une série de 22 histoires (2 pages chacune) sous forme de mini BD sans parole. On entre au cœur de l’univers de Jacques Tati, avec tout ce qu’il contient d’humour, de poésie, d’impertinence. Les illustrations fourmillent de détails, de références au cinéma, à l’art, à la littérature, et les chutes sont parfaites ! Les aventures de Monsieur Hulot plairont à coup sûr à toutes les générations, qui auront certainement envie d’aller voir ou revoir les films de Jacques Tati. A regarder en famille et à offrir sans retenue. Dès 7 ans. (Gaëlle)