Violence conjugale - Département de Médecine de famille et
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Violence conjugale - Département de Médecine de famille et
MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 IOLENCE CONJUGALE Selon Statistique Canada, entre 1995 et 1999, plus d’un million de femmes et d’hommes ont fait l’objet d’une quelconque violence de la part de leur conjoint/conjointe. Même si la proportion de femmes et d’hommes qui ont dénoncé la violence conjugale est pratiquement la même (respectivement 8% et 7%), les femmes font face à des formes d’abus plus violentes — elles ont besoin de soins médicaux après un incident violent cinq fois plus souvent que les hommes et sont exposées à un plus grand risque d’homicide par leur conjoint1. En dépit de la prévalence élevée de la violence conjugale, beaucoup de médecins reconnaissent qu’ils sous-estiment réellement le problème chez leurs propres patients 2. Plusieurs obstacles peuvent limiter l’habileté des médecins à détecter une situation de violence conjugale — le temps de consultation limité, la peur d’offenser leur patient et le sentiment d’impuissance à aider efficacement les patients aux prises avec une relation de couple abusive. Les médecins peuvent aussi avoir été victimes d’abus dans leur propre relation conjugale ce qui rend difficile la tâche d’aborder la violence conjugale avec leurs patients. Ce module résumera les connaissances les plus récentes au sujet de la violence conjugale et mettra l’accent sur le développement de stratégies pour faciliter l’identification et les interventions auprès des patients aux prises avec une relation abusive. Il existe très peu d’information fiable au sujet de l’abus des hommes par les femmes. De plus, comme nous l’avons souligné un peu plus haut, les femmes font face à des abus plus violents et requièrent beaucoup plus souvent des soins médicaux pour leurs blessures. Le module portera donc surtout sur la violence faite aux femmes même si plusieurs stratégies de dépistage et de traitements peuvent aussi s’appliquer aux hommes. Un prochain module portera sur la violence faite aux enfants. MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 Une fois que le mari de Mme Y. a quitté la salle d’examen, elle mentionne, à contre coeur, que son mari l’a frappée. Elle explique qu’il a récemment perdu son emploi et qu’il a tendance à passer son agressivité et ses frustrations sur elle. Elle dit qu’elle l’aime mais qu’elle est de plus en plus effrayée non seulement pour elle mais aussi pour ses deux enfants. HISTOIRES DE CAS Cas numéro 1: Mme Carole J., 28 ans Première partie Carole J., une femme mariée, vient à votre bureau pour un examen médical périodique. Le temps est venu pour elle de passer un cytologie et elle croit être enceinte. Ses dernières menstruations normales remontent à six semaines. Elle a passé un test à la pharmacie, il y deux jours qui a confirmé la grossesse. Carole est votre patiente depuis trois ans et elle ne vient pas souvent vous consulter. Quelques mois après qu’elle ait intégré votre pratique, vous avez procédé à une examen complet majeur qui n’a rien révélé d’anormal à l’histoire et à l’examen. L’année dernière, en plus de sa cytologie annuelle, Carole a consulté à deux reprises seulement — une fois l’hiver dernier pour une bronchite et une seconde fois, il y a deux mois, parce qu’elle avait de la difficulté à dormir. Vous ne pouviez identifier aucune raison à son insomnie même si vous songiez alors à un début de dépression. Aujourd’hui, vous remarquez que ses yeux sont cernés et qu’elle semble assez fatiguée. Que pourriez-vous répondre suite aux confidences de Mme Y.? Quelles considérations culturelles devriez-vous aborder dans ce contexte? Comment allez-vous agir avec les enfants de Mme Y.? RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX 1. La violence conjugale constitue un problème social important et une source potentielle de problèmes de santé graves. Il a été démontré qu’elle affecte la santé des victimes de plusieurs façons en leur causant des blessures, des maladies et parfois la mort 3. Feriez-vous un dépistage de routine de violence conjugale chez des patientes comme Carole? Comment dépisteriez-vous Carole aujourd’hui? 2. Même si la violence conjugale la plus prévalente et la plus courante est celle dirigée contre les femmes par leur conjoint masculin, la violence est aussi présente dans les relations hétérosexuelles (où les victimes sont des hommes) et dans les relations de partenaires de même sexe 4. a. La société, en général, ne reconnaît pas la violence faite aux hommes. Les hommes sont plus hésitants à demander de l’aide professionnelle et ont peur du constat d’échec s’ils admettent être victimes d’abus5. b. L’aveu de violence conjugale chez les patients homosexuels et lesbiennes semble encore plus difficile à cause de la peur de l’homophobie chez ces patients 6. Les problèmes liés au contrôle de pouvoir et à l’autonomie chez les couples de lesbiennes peuvent jouer un rôle similaire que la dynamique des couples hétérosexuels 5 . Même s’il existe très peu de publications sur la violence faite aux lesbiennes, il en existe encore moins au sujet des relations homosexuelles mâles 7. Deuxième partie À sa deuxième visite prénatale, Carole vous avoue qu’il y a quelques jours, son mari l’a poussée par terre et lui a donné un coup de pied. L’examen physique révèle un hématome à l’abdomen et un hématome plus marqué et de la douleur au niveau des côtes inférieures droites. Quel genre d’aide pourriez-vous offrir à Carole? Cas numéro 2: Mme Lyda Y., 38 ans Première partie Mme Lyda Y., une femme d’origine asiatique, est votre patiente depuis deux ans. Elle se présente à votre bureau avec une histoire de six mois de troubles du sommeil, de perte d’appétit et de poids. Son mari l’accompagne comme à chaque visite puisqu’il agit à titre de traducteur. Même si elle comprend maintenant assez bien le français, son discours est plutôt limité. Elle a deux enfants de cinq et sept ans. La revue des systèmes, à l’exception des symptômes pour lesquels elle se présente, est tout à fait normale. Lorsque vous relevez sa manche pour vérifier sa tension artérielle, vous constatez plusieurs hématomes sur son bras. 3. L’abus a plusieurs facettes et peut comprendre: 8 • l’abus psychologique — les injures, les paroles dégradantes, la manipulation • la violence environnementale — lancer des objets, maltraiter les animaux, rouler à tombeau ouvert • l’abus social — refuser l’accès aux amis/à la famille (l’isolement), dicter les comportements, se moquer des croyances • l’exploitation financière — retenir l’argent, Comment pourriez-vous aborder le sujet de la violence conjugale avec Mme Y.?. Deuxième partie 2 MODULE DE FORMATION • • Vol. 9(5), avril 2001 empêcher la recherche d’emploi la violence physique — donner des coups de pied, des coups de poing, frapper, prendre à la gorge l’abus sexuel — obliger à une relation sexuelle non désirée, se comporter de façon rude, critiquer la performance sexuelle. irritabilité, débordements d’agressivité, difficulté à se concentrer, absentéisme scolaire C des faibles résultats scolaires et peu d’habiletés sociales. b. Les garçons qui ont été témoins de violence conjugale ont plus de chances, à l’âge adulte, d’avoir des comportements violents envers leur amie/conjointe/partenaire. Les filles ont plus de chance d’être abusées dans leurs relations à l’âge adulte 12,13. c. Le processus pour passer du rôle de témoin (durant l’enfance) à celui d’acteur (en tant qu’adulte) est complexe et semble lié à tout un ensemble de facteurs en cascades et interreliés tels que les influences culturelles encourageant la violence (p.ex. à la télévision ou dans les films), l’incapacité à aborder les conséquences sociales/économiques de mettre fin à une relation abusive et la pénurie à appliquer dans les écoles, à grande échelle, des stratégies pour briser la dynamique agresseur/victime14. 4. Plusieurs facteurs peuvent prédisposer une personne à devenir abusive (violente) comme, par exemple, des antécédents de relations conjugales violentes, une dynamique familiale dysfonctionnelle (modèles familiaux rigides ou conflictuels). Le niveau de la violence peut augmenter en présence de facteurs tels que l’alcoolisme/la toxicomanie, le stress (les difficultés financières, le stress au travail ou la perte d’emploi), les handicaps physiques ou mentaux dans la famille et l’isolement social 4. 5. L’abus commence souvent ou s’aggrave durant la grossesse — 21% des femmes qui ont été abusées par leur partenaire l’ont été durant leur grossesse 9. Deux études canadiennes 10,11 ont montré que cinq à sept pour cent des patientes sont victimes d’abus pendant leur grossesse et que dans 95 pour cent des cas, cela se passe durant le premier trimestre. Le dépistage 7. Les femmes victimes de violence conjugale n’ont pas toujours le portrait type de la femme battue, c’est pourquoi il est judicieux de faire un dépistage de Le routine chez toutes les femmes 15,16. questionnaire de routine portant sur une histoire d’abus a montré une augmentation de la détection de plus de 60 pour cent 17, en plus de faire passer le message que la violence familiale fait partie du bilan de santé et constitue aussi un risque qui peut toucher tout le monde 18. Le dépistage de la violence conjugale peut se faire à différents moments comme lors d’un examen médical périodique ou d’une visite prénatale. La violence conjugale peut avoir des répercussions directes ou indirectes sur la grossesse:9 a. Les coups à l’abdomen de la mère peuvent provoquer des complications de grossesse, par exemple, le décollement placentaire , le travail et l’accouchement prématurés, une hémorragie féto-maternelle et le décès du foetus. b. La violence conjugale peut influencer le comportement des femmes enceintes face à leur santé — dont fumer, consommer de l’alcool ou des drogues, avoir une mauvaise alimentation maternelle et prolonger le délai à consulter pour le suivi prénatal. 8. L’outil de dépistage de l’abus envers les femmes (WAST - Women Abuse Screening Tool - voir l’annexe 1) a été développé à partir d’une étude regroupant 48 femmes 19. Le questionnaire comprend sept questions avec un choix de réponses. a. Les deux premières questions du dépistage rapide WAST (voir l’encadré ci-dessous) permettent dans 91,7% des cas de bien identifier les femmes victimes d’abus et dans 100% des cas les femmes qui ne le sont pas 19 . Les auteurs suggèrent que ces deux questions sont faciles et discrètes pour faire le dépistage de routine pendant les consultations. b. Une étude subséquente a montré qu’autant les patients que les médecins sont confortables avec le test complet de dépistage WAST en dépit du fait que les questions deviennent de plus en plus délicates au fur et à mesure que l’on avance dans 6. Au moins un enfant sur dix au Canada (moyenne de 11 à 23%) est témoin d’une quelconque forme de violence envers sa mère à la maison. 12. Les conséquences chez les enfants sont profondes et complexes et leur traitement exige des interventions soutenues, à plusieurs niveaux et multidisciplinaires. a. Les enfants qui sont témoins de violence entre leurs parents peuvent avoir: 12 C un plus haut taux de problèmes psychologiques — dépression, repli sur soimême, faible estime de soi et difficulté à se séparer de la mère C un plus haut taux de problèmes de comportement — agressif, indiscipliné, problèmes sociaux avec ses camarades C des symptômes de stress post-traumatique — troubles du sommeil, cauchemars, 3 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 le test 20 . associés aux témoins de violence familiale (voir la section Renseignements généraux, point 6), il peut être possible qu’ils aient été les témoins directs des abus subis par leur mère. a. Les médecins peuvent demander à la patiente si les enfants ont été témoins d’un quelconque abus, comment ils ont réagi et si elle s’inquiète qu’il puissent devenir victimes à leur tour 12. Bien que les recherches ont démontré que beaucoup de parents croient que leurs enfants ne s’aperçoivent pas qu’il y a de la violence familiale; lorsqu’on interroge les enfants, la plupart fournissent une description détaillée des comportements violents 23. b. L’alternative est que les enfants peuvent aussi faire l’objet d’un dépistage de violence en posant quelques questions: 12 • Qu’est-ce qui se passe lorsque ta mère et ton père/ton beau-père/son ami ne sont pas d’accord? • Les as-tu déjà vu se battre et se frapper? Qu’est -ce que tu fais quand ils commencent à se battre? • As-tu déjà eu peur que toi/ta mère/tes frères, soeurs soient blessés? • As-tu déjà été blessé? • Est-ce que d’autres personnes sont au courant ou est-ce un secret de famille? Comment te sentirais-tu si j’en parlais à ta mère? Outil de dépistage rapide - WAST* 1. De manière générale, comment décririez-vous votre relation avec votre partenaire? • très tendue • parfois tendue • tout à fait détendue 2. Comment votre partenaire et vous réglez-vous vos différends? • avec beaucoup de difficultés • avec parfois des difficultés • sans difficultés Ce dépistage donne un résultat positif si à l’une ou l’autre des questions, la réponse est «très tendue» ou «avec beaucoup de difficultés». Si c’est le cas de votre patiente, des questions plus élaborées (voir annexe 1) aideront à mieux définir la nature et l’étendue de l’abus. *Brown JB, Lent B, Brett PJ, et al. Development of the Woman Abuse Screening Tool for use in family practice. Fam Med 1996;28(6):422-8. Reprinted with permission of Family Medicine, published by The Society of Teachers of Family Medicine, www.stfm.org Remarque: L’outil WAST peut aussi être utile pour le dépistage chez les hommes même s’il n’a pas fait l’objet d’étude particulière pour ce groupe d’individus. L’évaluation (en plus du dépistage) 9. La façon dont vous posez les questions de dépistage ainsi qu’un environnement sécuritaire ont des répercussions importantes sur l’information donnée par les patientes 6. a. Idéalement, les questions de dépistage sont demandées d’un ton neutre et dénué de jugement. Il demeure aussi important que le contexte assure la confidentialité 17. b. Le dépistage des patients seuls (sans la présence du conjoint/partenaire) peut faciliter le dévoilement de tout genre d’abus qui a pû survenir et peut aider à assurer la sécurité de la patiente. Les experts croient que le dépistage peut se faire présence d’enfant à la phase préverbale puisque les enfants en âge de parler peuvent rapporter la conversation au conjoint/partenaire violent 21 ou mal réagir et être affectés par les questions et les réponses. c. Encouragez la patiente à répondre aux questions mais n’exercez aucune pression. Il est primordial de faire passer le message que vous êtes disponible et souhaitez en parler si la patiente demande de l’aide un peu plus tard 22. 11. En pratique médicale, les abus envers une personne peuvent se manifester de bien des façons. Lorsque des personnes se présentent avec des symptômes vagues ou chroniques pour lesquels vous n’avez pas de bonnes explications, il est alors important de vérifier le contexte psychosocial de ces symptômes en utilisant un outil de dépistage comme le WAST (voir l’annexe 1). Les autres signes cliniques ou symptômes qui peuvent augmenter les soupçons que le patient vit une relation abusive incluent: 17,22 • l’emploi fréquent de tranquillisants mineurs ou d’analgésiques • des symptômes psychologiques tels que l’anxiété ou la dépression • la consommation excessive d’alcool ou de drogues • les signes comportementaux — le conjoint/partenaire qui prend les rendez-vous du patient ou vérifie les rendez-vous; le conjoint/partenaire qui assiste à la consultation et répond à la place de la patiente; la patiente peut être réticente à parler devant son conjoint/partenaire • les blessures apparentes sur le corps; les dents cassées ou les cheveux arrachés; des blessures 10. Si les enfants de la patiente présentent des symptômes psychologiques ou comportementaux 4 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 à plusieurs localisations (souvent bilatérales). Remarque: Les blessures peuvent être cachées par les vêtements. Dans les cas de violence suspectée ou confirmée, les médecins peuvent envisager les étapes suivantes 8. • Soyez dénué de jugement de valeur et faites savoir aux patientes que vous croyez ce qu’elles vous disent. • Assurez aux patientes l’entière confidentialité. • Si la patiente le souhaite, vous pouvez travailler avec elle jusqu’à ce qu’elle soit prête à utiliser d’autres ressources. Mettez au point une explication qu’elle pourra donner à son partenaire pour justifier ses rendez-vous — comme une série d’évaluations médicales requises. • Aidez la patiente à trouver et à communiquer avec les ressources dont elle aura besoin. Un refuge pour femmes battues de votre localité sera une source inestimable de conseils et d’hébergement. (Les numéros de téléphone des refuges pour femmes sont, habituellement, dans la sections des numéros d’urgence des annuaires de pages blanches.) • Ne prenez jamais le contrôle ou ne prenez jamais de décision pour la patiente, et ne jamais organiser une rencontre à moins qu’elle ne soit d’accord au départ. • Bien étayer votre dossier (voir la section Renseignements généraux, point 21). • Soyez conscient que la patiente peut être dans une situation beaucoup dangereuse qu’elle ne l’a avouée. La plupart des femmes minimisent la violence à laquelle elle font face. Le traitement 12. Le travail dans une équipe multidisciplinaire fournit un important réseau de soutien. Les médecins peuvent trouver plus facile d’aborder la violence s’ils savent, par exemple, qu’ils peuvent avoir un avis légal au sujet de la documentation à remplir ou une référence en soins de santé mentale qui a les habiletés pour intervenir auprès des victimes de traumatismes 6. Les refuges pour femmes battues de votre localité constituent une grande source d’information et d’aide autant pour les médecins que pour les patientes. La plupart des refuges offriront de l’aide que la patiente soit résidente ou non. Les refuges fournissent de l’aide téléphonique et peuvent aussi offrir des thérapies individuelles ou de groupe aux femmes et aux enfants. 13. Après une dévoilement, il est important d’offrir une visite de suivi rapide pour travailler avec la patiente et l’aider à réaliser que la violence sous toutes ses formes est inacceptable et que personne ne devrait avoir à la supporter 24. Cet objectif peut être difficile à atteindre car, comme l’a montré un récent sondage, 30 pour cent des médecins ont une attitude de «condamnation de la victime» face aux victimes de violence de la part de leur conjoint/partenaire.25. 14. Vous pouvez envisager d’adopter une approche semblable chez les hommes victimes d’abus. Il existe peu de services spécialisés disponibles pour les hommes, toutefois, certains refuges d’urgence peuvent être ouverts autant pour les femmes que pour les hommes. Des groupes d’entraide pour les hommes victimes de violence existent à travers le Canada, surtout dans les grands centres urbains. La plupart des Services à la famille offrent du counselling 5 . • Peu importe les craintes pour la sécurité de la femme, vous ne pouvez signaler le problème à la police sans son consentement. Vous pouvez conseiller à la patiente de communiquer avec la police et lui offrir de l’aider si elle le désire. Par ailleurs, la patiente a toujours le droit de refuser 26 . Remarque: Précisez vos limites et référez la patiente à un autre professionnel, au besoin. 15. Le fait de placer les feuillets d’information sur l’abus dans les toilettes ou dans les salles d’examen peut être utile 27 car les patients peuvent hésiter à prendre ce genre de dépliant dans une salle d’attente publique. Avant d’offrir personnellement de l’information écrite, vérifier avec la patiente s’il est sécuritaire d’apporter des dépliants à la maison. Sinon, l’information (p.ex. les numéros de téléphone) peut être inscrite sur du papier régulier ou sur une feuille de prescription 4. 16. Il est important d’envisager comment le personnel de 5 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 la peur), apprendre qu’il existe des alternatives à la violence dans les relations de couple, et que la violence est inacceptable. Chez ces enfants, les interventions peuvent prendre la forme de thérapie individuelle ou de groupe 12. b. On doit signaler à la police les enfants victimes d’abus même si les législations provinciales varient pour les enfants témoins d’abus chez leur mère. Il est important que le médecin se familiarise avec la législation en vigueur dans sa région et de signaler, si requis, les cas d’enfants témoins de violence familiale 12. votre bureau va communiquer avec vos patients qui vivent des situation abusives. a. Évitez de laisser des messages concernant les heures des rendez-vous ou des tests au conjoint/partenaire ou sur les répondeurs/boîtes vocales à la maison 27. b. Si un appel du bureau médical éveille les soupçons de l’agresseur, vous pouvez convenir d’un code (par exemple, dites que l’appel vient d’un commerçant local). En second lieu, vous pouvez demander le nom d’un ami avec lequel vous pouvez communiquer pour rejoindre la patiente, au besoin 4 . Les répercussions de l’origine ethnique 20. Les publications portant sur la violence conjugale révèlent que le traitement est moins efficace dans certains groupes ethniques ou culturels 28. La communication entre le dispensateur de soins et les patients peut être entravée par les barrières linguistiques, les différences entre les normes culturelles/sociales, les différentes croyances religieuses et les rôles traditionnels à l’intérieur de la famille 29. Il est essentiel d’améliorer nos connaissances de ces facteurs afin de fournir un traitement approprié à ces femmes. L’approche pour composer avec la violence dans de telles situations peut inclure un réseau de consultants qui ont l’expérience des communautés ethniques, obtenir de l’information sur la manière de fournir les services adéquats et avoir au moins un conseiller bilingue ou un interprète disponible 28. 17. Beaucoup de médecins éprouvent de la frustration si leurs patientes sont hésitantes à changer leur situation. Mais il existe de nombreuses raisons pour lesquelles une femme peut choisir de continuer à vivre dans une relation abusive. En réalité, le moment le plus dangereux est souvent quand une femme quitte finalement son conjoint/partenaire violent 8. 18. Si vous suivez les deux conjoints/partenaires dans votre pratique, les récentes lignes directrices 27 recommandent au médecin de s’occuper séparément des besoins de l’homme et de la femme. a. Le sujet de la violence conjugale peut être abordé avec l’homme mais seulement avec la permission de la femme et après lui avoir expliqué les conséquences possibles d’une telle divulgation. Il peut être indiqué d’élaborer un plan de mesures de sécurité (voir le feuillet pour les patients, page 14). b. On ne recommande pas le counselling conjugal à moins que la violence ait cessé, que les deux patients sont d’accord et que le médecin ou un autre conseiller a l’expertise pour ce genre de thérapie. c. Il est important que les médecins éduquent et collaborent avec l’agresseur mais ils ne doivent pas être sympathiques à l’agresseur ni justifier son comportement violent. d. Il est rare que les agresseurs soient violents envers leur médecin traitant; par contre, si cela se produit, les médecins doivent évaluer leur propre risque et élaborer leurs propres mesures de sécurité. La tenue des dossiers 21. Une tenue de dossier rigoureuse est essentielle dans l’identification et le suivi d’abus conjugal. C’est aussi important d’un point de vue légal. Les dossiers médicaux sont admissibles aux poursuites civiles et criminelles et peuvent constituer la seule preuve objective qui peut corroborer les assertions de mauvais traitements de la victime. Les médecins peuvent être appelés à soumettre leur dossier et à le défendre en cour 30. (Voir l’annexe 2 pour la liste détaillé des renseignements à inclure dans le dossier médical.) 22. Les médecins peuvent remettre l’information médicale à un avocat uniquement si la patiente y consent. Une demande de la police ou une lettre d’avocat ne constitue pas une autorisation suffisante pour remettre le dossier d’un patient. Les médecins doivent remettre l’information si la police présente un mandat, une assignation ou tout autre ordre de cour sans égard au consentement du patient 31. 19. Les enfants témoins de violence envers leurs mères ont besoin de traitement et de soutien. a. Les enfants doivent comprendre qu’ils ne sont pas responsables de la situation abusive (même s’ils ont entendu, lors des conflits, qu’on parlait d’eux ou de leurs troubles de comportement). Ils ont besoin d’aide pour développer des stratégies d’adaptation pour faire face aux symptômes issus du traumatisme (c.-à-d. l’irritabilité, l’agressivité et 6 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 8). Le fait de poser les questions de dépistage d’un ton neutre dénué de jugement dans un contexte qui assure la confidentialité peut favoriser le dévoilement (voir la section Renseignements généraux, point 9). Vous pouvez être plus à l’aise en posant les questions du WAST d’une façon ouverte (p.ex., «Existe-t-il des tensions dans votre couple?» Avez-vous des difficultés à discuter et régler vos différends avec votre partenaire?»), même si l’efficacité de cette approche n’a pas fait l’objet d’étude. LES ÉLÉMENTS CLÉS • • • • • Même si l’idéal est de faire un dépistage de violence conjugale chez tous les adultes de votre pratique, essayez au moins de cibler un dépistage chez les groupes à risque et chez les patients présentant des symptômes vagues ou suspects. Développer une approche personnalisée pour chaque patient. Soyez plus familier avec le réseau de soutien de votre communauté et ayez les numéros de téléphone accessibles pour référence appropriée. Établissez votre réseau de professionnels pertinents que vous pourrez appeler au besoin. Tenez des dossiers rigoureux et précis de tous les cas de violence conjugale. Les dossiers médicaux peuvent être transmis à un tiers uniquement si la patiente consent ou si la loi vous y oblige. Assurer la confidentialité à la patiente. Si le dépistage de Carole est positif avec le WAST rapide, des questions plus détaillées du WAST complet (Voir l’annexe 1) pourront donner un meilleur portrait de la situation d’abus. Si Carole ne dévoile pas qu’elle est en situation de violence conjugale, faites lui savoir que vous êtes disponible pour en reparler plus tard et qu’il y a des feuillets d’information dans la salle de toilettes (voir la section Renseignements généraux, point 15). Dites-lui aussi que les numéros de téléphone de tous les refuges pour femmes battues sont listés dans la section des numéros d’urgence sur la première page blanche de l’annuaire téléphonique. COMMENTAIRES DES HISTOIRES DE CAS Deuxième partie Cas numéro 1: Mme Carole J., 28 ans Quel aide pourriez-vous offrir à Carole? Première partie La violence chez les femmes enceintes peut avoir des répercussions négatives sur la grossesse (voir la section Renseignements généraux, point 5). Il est vital d’offrir de l’aide immédiate et du support pour protéger Carole et son bébé. Vous pourriez commencer en lui offrant de la mettre en communication avec les ressources dont elle a besoin — la référence à un refuge pour femmes battues constitue une bonne première étape même si elle n’envisage pas de se séparer pour le moment. Partagez vos inquiétudes face à sa sécurité et à celle du bébé tout en évitant de donner un message trop direct du genre «vous devriez quitter votre conjoint». Carole est-elle le genre de patiente chez qui vous feriez un dépistage systématique de la violence conjugale? L’histoire médicale de Carole J. peut ne pas donner lieu à des soupçons en matière d’abus quoique votre suspicion d’un début de dépression (suggérée par l’insomnie) est une trouvaille médicale associée avec la violence conjugale (voir la section Renseignements généraux, point 11). De plus, Carole est enceinte. Les femmes enceintes sont plus à risque d’abus (voir la section Renseignements généraux, point 5) et on recommande que le dépistage systématique de la violence fasse partie des soins prénataux standard. (Dans certaines provinces, ce dépistage fait maintenant partie des formulaires d’un examen prénatal standard). En faisant le dépistage dans le cas de Carole, vous pouvez découvrir qu’elle est réellement en situation d’abus et l’aider à éviter d’autres blessures chez elle ou chez son enfant. Vous pouvez aussi envisager une série de visites pour vérifier la condition de Carole et de son bébé. Un suivi fréquent est important. Vous aurez l’occasion de la voir à chacune de ses visites prénatales mais vous pouvez aussi lui donner des rendez-vous plus fréquents. À cause des nombreuses blessures de Carole et la possibilité que ces événements violents se répètent, il est peut-être approprié de discuter avec elle d’un plan de mesures de sécurité. Vous pouvez utiliser un plan de sécurité déjà préparé (voir le feuillet pour les patients de la page 14). Feriez-vous un dépistage chez Carole aujourd’hui? Le WAST est un outil rapide facile mais efficace qui vous permet de faire le dépistage de cette patiente de façon discrète (voir la section Renseignement généraux, point Cas numéro 2: Mme Lyda Y., 38 ans 7 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 (page 14) pour assurer sa sécurité et celle de ses enfants. Une tenue de dossier minutieuse d’un cas de violence conjugale confirmée est primordial (voir la section Renseignements généraux, point 21). Première partie Comment pourriez-vous aborder le sujet de la violence conjugale avec Mme Y.? Quelles différences culturelles considérer dans ce contexte? Dans ce scénario, il serait important d’essayer de parler à Mme Y. seule, sans la présence de son mari car elle risque d’être réticente à dévoiler l’abus en sa présence (voir la section Renseignements généraux, point 9). Vous pouvez faire diversion en demandant au mari de compléter des documents nécessaires (p.ex. la mise à jour ou la vérification de leur adresse, des numéros de téléphone, les numéros d’assurance-santé, etc.) devriez-vous Le traitement peut être moins efficace chez vos patientes d’origines ethniques (voir la section Renseignements généraux, point 20). Si ce service est disponible, vous pourriez travailler avec un conseiller qui possède un expérience particulière avec cette communauté ethnique. Si la langue constitue un obstacle, faites preuve de prudence en présence des interprètes parce qu’ils n’ont pas nécessairement les connaissances ou l’expérience pour traduire toutes les subtilités de vos questions. Avant d’utiliser une nouvelle interprète, vous pouvez prendre quelques minutes avec elle avant de rencontrer Mme Y. Pendant ce temps, vous pourrez revoir les questions que vous voulez qu’elle traduise et même pratiquer à quelques reprises jusqu’à ce que vous constatiez qu’elle sera suffisamment subtile et délicate pour questionner la patiente et qu’elle pourra bien faire passer le message face à vos inquiétudes. Conseils pratiques pour la discussion — le dépistage de la patiente seule Si le conjoint/partenaire qui accompagne est réticent à vous laisser seul avec la patiente, vous pourriez dire: • «Je vais maintenant procéder à l’examen physique de votre conjointe/partenaire. Pourriezvous, s’il-vous-plaît, attendre dans la salle d’attente jusqu’à ce que j’ai fini». • «Pour la suite de l’examen, je préférerais que vous attendiez à l’extérieur. Cela ne prendra que quelques minutes». • «Nous avons besoin d’un échantillon d’urine pour faire des tests». (Ayez un système en place pour que vous [ou votre infirmière] puissiez accompagner la patiente à la toilette et faire un dépistage rapide de la violence conjugale.) • «Mon infirmière sera présente durant l’examen pendant que vous attendrez à l’extérieur». (Cette stratégie peut être utile pour les médecins mâles qui font face à un mari qui refuse de laisser sa femme seule avec un autre homme.) Mme Y. pourrait s’inquiéter de la confidentialité et(ou) se sentir gênée si une autre femme de son groupe ethnique apprenait sa situation. Comment pourriez-vous aborder la violence envers les enfants de Mme Y.? Comment pourriez-vous répondre au dévoilement de Mme Y.? Mme Y. a ouvert la porte pour une discussion plus poussée en vous mentionnant qu’elle craignait pour sa santé et celle de ses enfants. Il est primordial que vous l’aidiez à bien comprendre qu’il peut y avoir des répercussions considérables chez les enfants témoins de violence conjugale (voir la section Renseignements généraux, point 6). Vous pouvez lui demander si ses enfants ont été témoins ou sont au courant des comportements violents de leur père, et si oui, comment ils ont réagi. Considérez aussi la possibilité que Mme Y. ne sache pas que ses enfants ont été témoins ou même ont conscience de l’abus familial (voir la section Renseignements généraux, point 10). Il est important d’expliquer à Mme Y. que peu importe la pression que son mari doit subir, tout genre d’abus est inacceptable (voir la section Renseignements généraux, point 13). Si Mme Y. le souhaite, vous pouvez envisager une série de rendez-vous; ainsi, vous pourrez continuer de travailler de concert avec Mme Y. jusqu’à ce qu’elle se sente prête à utiliser d’autres ressources. Aidez Mme Y. à obtenir l’aide dont elle a besoin — un refuge pour femmes battues constitue une source inestimable d’assistance. Vous pouvez aussi lui donner un feuillet d’information pour les patients et des mesures d’urgence Si ses enfants ont été témoins de la violence familiale, la référence pour une thérapie individuelle ou de groupe peut être indiquée (voir la section Renseignements généraux, point 19). La plupart des enfants se sentiront mieux s’ils ont l’occasion d’en parler avec un adulte sympathique et s’ils savent que des adultes leur offrent du soutien ainsi qu’à leur mère, et ils seront soulagés (du moins temporairement) de leur sentiment de culpabilité et de responsabilité. Par contre, beaucoup d’enfants continueront à s’en faire, à expérimenter des conflits de loyauté et auront des problèmes psycho-logiques et Deuxième partie 8 MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 comportementaux. Hamilton, Ontario En fonction de la province ou vous exercez, vous aurez l’obligation ou non de signaler à la police que les enfants de Mme Y. ont été témoins de violence familiale (voir la section Renseignements généraux, point 19). Dre Inderpal Saluja Hamilton, Ontario Réviseures: Lorraine E. Ferris, PhD, CPsych Associate Professor, Department of Public Health Sciences, Faculty of Medicine, University of Toronto; Senior Scientist, Clinical Epidemiology Unit, Sunnybrook and Women’s College Health Sciences Centre; Senior Scientist, Institute for Clinical Evaluative Sciences Toronto, Ontario i Nous vous encourageons à faire parvenir vos questions et vos commentaires directement au groupe de discussion clinique sur notre site Web: www.pbsg.org Même si le plus grand soin a été apporté à la préparation des informations contenues dans ce module, le Programme ne peut en garantir la pertinence dans des cas cliniques particuliers ou chez certains patients. Les médecins et les autres professionnels de la santé doivent utiliser leur propre jugement clinique, fondé sur les circonstances particulières de chaque cas, pour décider de la prise en charge et du traitement de leur patient. Quiconque utilise ces renseignements, le fait à ses risques, et ne peut tenir pour responsable la Fondation pour l’éducation médicale continue ni le Programme d’apprentissage en petit groupe basé sur la pratique d’aucun incident ou dommage qui pourrait découler de cet usage. Lenore Lukasik-Foss Co-director, Good Shepherd Women’s Services Hamilton, Ontario Dre M. Ruth Pickering, FRCP(C) Child Psychiatrist; Retired Associate Clinical Professor, Department of Psychiatry, McMaster University Hamilton, Ontario © La Fondation pour l’éducation médicale continue, volume 9(5):1-9, avril 2001 Rédacteurs en chef: Dr Richard Russek, CCFP Médecin de famille Cambridge, Ontario Dre Jacqueline Wakefield, CCFP Médecin de famille Hamilton, Ontario Rédactrice médicale: Traduction: Auteures: Dre Sumit Agrawal London, Ontario Dre Fionnella Crombie, CCFP médecin de famille Hamilton, Ontario Dre Sari Lubelsky Toronto, Ontario Dre Shelley Rechner, CCFP médecin de famille 9 Lynda Cranston, BA (Hons) Hamilton, Ontario Biograph MODULE DE FORMATION Vol. 9(5), avril 2001 RÉFÉRENCES 1. Statistics Canada. Family violence in Canada: A statistical profile. 2000 (85 -224 -XIE) Available online at www.statcan.ca 2. Ferris LE. Canadian family physicians' and general practitioners' perceptions of their effectiveness in identifying and treating wife abuse. 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De manière générale, comment décririez-vous votre relation avec votre partenaire? • très tendue • parfois tendue • tout à fait détendue 2. Comment votre partenaire et vous réglez-vous vos différends? • avec beaucoup de difficultés • avec parfois des difficultés • sans difficultés 3. Après une dispute, vous êtes vous déjà sentie déprimée ou dévalorisée? 4. Lors d’une dispute, avez-vous déjà été frappée à coup de poing, à coup de pied ou poussée? 5. Avez-vous peur de ce que votre partenaire dit ou fait? 6. Votre partenaire a-t-il déjà utilisé la violence physique contre vous? 7. Votre partenaire a-t-il déjà utilisé l’abus psychologique contre vous? Choix de réponses pour les questions 3 à 7 • souvent • parfois • jamais * Brown JB, Lent B, Brett PJ, et al. Development of the Woman Abuse Screening Tool for use in family practice. Fam Med 1996;28(6):422-8. Reprinted with permission of Family Medicine, published by The Society of Teachers of Family Medicine, www.stfm.org 12 Annexe 2 Pour documenter la violence conjugale Dans tous les cas de violence conjugale suspectée ou alléguée, les renseignements suivants doivent être inclus dans le dossier médical *: • Qui était présent lors la consultation ou de l’examen. • Le problème présenté par la patiente et une description détaillée (dans les termes de la patiente) de la façon dont les blessures ont été infligées. • L’histoire médicale pertinente. • Une description détaillée de toutes les blessures physiques — le genre de blessure, la localisation, la longueur, la largeur, la forme, la couleur, la profondeur, le degré de cicatrisation et tout détail pertinent. • L’abus sexuel suspecté ou confirmé. • Une description détaillée du comportement psychologique de la patiente tels que la gestuelle et l’expression faciale. • La violence envers les enfants suspectée ou dévoilée et quand les responsables des services sociaux ont été appelés. • Si possible, un diagramme corporel montrant toutes les blessures et cicatrices visibles. Indiquez toutes les parties du corps blessées en mentionnant si elles fonctionnaient normalement ou étaient affectés par la blessure ou une maladie avant l’abus. • Les résultats de tous les tests diagnostiques et de laboratoire. • Le traitement médical requis. • Si une hospitalisation a été nécessaire, les progrès de la patiente à l’hôpital et son état au moment du congé. • Toute information écrite ou verbale donnée à la patiente. • Les références (p.ex., à un centre pour femmes ou en counselling) et le plan de suivi. • Des photographies (si possible et approprié) et un consentement écrit de la patiente pour la prise de photos. • La collecte et l’entreposage de tout échantillon. Assurez-vous que les preuves sont conservées dans de bonnes conditions — contenants originaux de prélèvement scellés avec une bande pour en assurer l’intégrité et entreposés dans une endroit sécuritaire. Familiarisez-vous avec la bonne façon de procéder pour prélever et conserver des preuves. * «Documenting wife abuse: a guide for physicians» — Reproduit avec la permission de l’éditeur, CMAJ 1997;156(7):1015-22.©1997 Canadian Medical Association www.cma.ca FEUILLET POUR LES PATIENTES 13 MESURES DE SÉCURITÉ Si vous craignez pour votre sécurité ou celle de vos enfants... Emballez les items suivants et entreposez-les chez un ami de confiance ou un voisin: • des vêtements de rechange pour vous et vos enfants • les médicaments requis • de l’argent, des chèques et les livrets de compte, des clés supplémentaires de la maison et de l’auto • les papiers d’identité, les certificats de naissance, les cartes d’assurance sociale, le permis de conduire et les dossiers financiers comme les papiers d’hypothèque et les reçus de loyer (si disponible) • un objet ou un jouet préféré pour chaque enfant (p.ex un ourson en peluche) • la liste des numéros de téléphone d’urgence — l’hôpital, les lignes de support téléphonique, d’un avocat, de la famille et des amis ainsi que l’adresse des refuges les plus près. Les numéros de téléphone des refuges pour femmes sont habituellement dans la section des numéros d’urgence des pages blanches de l’annuaire téléphonique. Établissez un plan d’évacuation d’urgence et d’un endroit ou aller, peu importe l’heure du jour. Cela peut être la maison d’un ami ou d’un membre de la famille ou encore, un refuge pour femmes et enfants victimes de violence conjugale. Apprenez à vos enfants à composer le 911 et répéter ce qu’ils devraient faire s’ils craignent pour vous et pour eux. Adapté de: Violence Against Women, SOGC Policy Statement March 1996. No 46. Ferris LE, Norton PG, Dunn EV, Gort EH, Degani N. Guidelines for managing domestic abuse when male and female partners are patients of the same physician. The Delphi Panel and the Consulting Group. JAMA 1997;278(10):851-7. VOUS POUVEZ FAIRE DES COPIES DE CE FEUILLET 14