ÉVALUATION DU DISPOSITIF DE CONSEIL EN ÉNERGIE
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ÉVALUATION DU DISPOSITIF DE CONSEIL EN ÉNERGIE
ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ÉVALUATION DU DISPOSITIF DE CONSEIL EN ÉNERGIE PARTAGÉ DE RENNES METROPOLE Rennes Métropole s’est engagé dans une démarche pluriannuelle d’évaluation de ses politiques publiques dont les enjeux et les modalités sont définis dans une Charte de l’évaluation. L’évaluation du dispositif de Conseil en Energie Partagé (CEP) réalisée courant 2014 s’est inscrite dans une démarche co-construite et participative qui a associé tout du long l’ensemble des acteurs et parties prenantes du dispositif CEP, notamment l’Agence Locale de l’Energie et du Climat du Pays de Rennes (ALEc) en charge du dispositif. Ces acteurs ont été regroupés au sein d’une équipe projet et d’un comité d’évaluation, et ont réfléchi ensemble aux moyens de rendre le dispositif plus efficace, plus pertinent au regard des besoins des communes et de leurs projets, mais également plus cohérent avec les autres interventions présentes sur le territoire en matière Qu’est-ce que le CEP ? Pour sensibiliser les communes et renforcer la prise en compte de la maîtrise énergétique dans la gestion du patrimoine communal, les élus de Rennes Métropole et l’ADEME ont souhaité mettre e place en 1997 le « Conseil en Energie Partagé ». Les communes de Rennes Métropole peuvent ainsi bénéficier auprès de l’ALEc de ce service. Elles adhèrent au CEP moyennant cotisation et bénéficient d’un nombre de jours d’intervention des «CEPistes» (techniciens CEP de l’ALEc). Dans un souci de solidarité intercommunale, les petites communes se voient dotées d’un nombre de jours majoré tandis que de maîtrise énergétique. Au total, une quarantaine de personnes, Alec, communes (élus et techniciens), partenaires institutionnels et experts, a été rencontrée afin d’apporter à cette étude des données inédites qui sont venues enrichir le traitement quantitatif et qualitatif. Un groupement de prestataires extérieurs, Pluricité et Stratergie, a par ailleurs été retenu pour mener à bien cette mission et apporter un regard neuf et extérieur au dispositif. L’étude étant achevée, cette synthèse présente les différentes questions évaluatives posées en amont de l’étude, ainsi que les principales conclusions et recommandations afférentes. Rennes Métropole travaille désormais, en lien avec ses partenaires, sur les quatre grandes thématiques mises en avant dans la phase recommandations de l’étude. celui des communes de plus grande taille est légèrement minoré. Les interventions des techniciens relèvent de missions de base, communes à toutes les collectivités adhérentes, ou optionnelles, fonction du nombre de jours alloués à la commune et des actions demandées. Missions de base : état des lieux du parc bâti existant, de l’éclairage public, de la flotte de véhicules existants; définition des priorités d’intervention; suivi régulier des consommations (rapport annuel de consommation d’énergie), avec propositions sur les postes surconsommateurs ; Missions optionnelles : sensibilisation-formation des techniciens, re- CHAMP DE L’ÉVALUATION L’évaluation commandée a porté sur le dispositif du CEP mis en place sur le territoire de Rennes Métropole en portant un regard à la fois sur les missions de l’ALEc (missions de base et optionnelles relatives à l’amélioration de la performance énergétique du patrimoine municipal) mais également sur l’appropriation du dispositif par les communes. Plus précisément, il s’agissait d’évaluer : •le contenu du CEP : les prestations de l’ALEc pour faciliter le «passage à l’acte» des communes, les actions engagées par les communes et leurs effets sur le patrimoine; •les modalités du CEP : les partenariats, les moyens mobilisés et les modalités d’intervention négociation des contrats d’approvisionnement en énergie, passage de caméra thermique, accompagnement de projet neuf, mise en place de matériel de suivi fin… La Convention des Maires : la plupart des communes de l’agglomération sont signataires de la Convention des Maires (démarche européenne), c’est-à-dire qu’elles se sont engagées à réduire de 20% les consommations d’énergie et les gaz à effet de serre (GES) du territoire. Elles ont, dans ce cadre, élaboré des Plan d’Action pour l’Energie Durable (PAED) qui intègrent différentes actions. Celle du CEP s’inscrit dans cette dynamique. SYNTHÈSE ÉFFICACITÉ PERTINENCE COHÉRENCE Dans quelle mesure la prestation de CEP contribue-t-elle à l’engagement des communes dans la bonne gestion de leur consommation énergétique patrimoniale ? En quoi le CEP est en adéquation avec les besoins des communes en matière de maîtrise d’énergie ? Une évaluation du CEP menée en 2007 par l’ALEc a mis en avant un certain nombre de dysfonctionnements. Afin d’améliorer la pertinence du dispositif, des mesures correctives avaient été apportées notamment la mise en place d’un quota de jours d’intervention par commune ou encore la différenciation des missions (de base et optionnelles). Et si le CEP répond aujourd’hui globalement au besoin principal des communes qui est de disposer d’une connaissance de leurs consommations énergétiques, certaines d’entre elles et notamment les plus anciennes, expriment le besoin de disposer d’un accompagnement plus approfondi dans la mise en œuvre des préconisations. L’évaluation met en effet en avant l’émergence de deux typologies de communes : d’une part, les communes les plus anciennes, et généralement les mieux dotées, qui ont des attentes de plus en plus importantes vis-à-vis du service rendu (accompagnement à la rédaction de cahiers des charges, suivi des consultations, mise en place d’une stratégie pluriannuelle…). D’autre part, les communes plus récentes dans le dispositif et moins bien dotées qui se «satisfont» des prestations proposées. Cette distinction de plus en plus nette entre communes «actives» et communes «passives» amène à réinterroger l’intervention même du CEP et son nécessaire recalibrage afin de répondre au mieux aux besoins des communes. Comment le CEP s’articule avec les autres interventions de l’ALEc sur le territoire, des communes et de Rennes Métropole ? Les communes ont très bien compris et assimilé le fonctionnement du CEP, ce qui renforce son utilité. Les actions de l’ALEc à destination des communes s’enrichissent mutuellement : le CEP est enrichi par les petits déjeuners, toutes les communes peuvent bénéficient de l’agrégation des CEE… Les actions de sensibilisation (Display, Espace Info Energie …) sont également étroitement imbriquées avec le CEP dans certaines Depuis sa création en 1997, le CEP a connu un nombre croissant d’adhésions de communes. Le CEP compte actuellement 32 communes adhérentes à l’échelle de Rennes Métropole et 45 à l’échelle du Pays de Rennes. L’évaluation met en avant une efficacité globale du dispositif à deux niveaux. Une efficacité directe : les communes adhérentes au CEP sont également les plus vertueuses (baisse de 15% de la consommation énergétique/habitant entre 2006 et 2012). Une efficacité également indirecte : l’action du CEP s’inscrit dans la dynamique globale portée par Rennes Métropole notamment dans le cadre de la Convention des Maires et participe à la diffusion d’une culture commune de la performance énergétique sur le territoire. important effet de levier et génère, au-delà, un «effet masse» de par le nombre important de communes que le dispositif regroupe. La mise en place d’une offre différenciée en direction des communes a également favorisé l’efficacité du dispositif : la distinction missions de base/ missions optionnelles apparaît alors indispensable pour faciliter le positionnement de la commune, pour prioriser les actions (en lien avec son projet politique) et pour renforcer l’adéquation offre-demande. En revanche, si les préconisations émises par les CEPistes apparaissent adaptées et opérationnelles, l’évaluation révèle qu’elles sont parfois difficiles à mettre en œuvre et ce pour deux raisons principales. D’une part, certaines communes n’ont pas les compétences techniques en interne pour les réaliser. D’autre part, certaines préconisations apparaissent trop coûteuses compte tenu des moyens budgétaires parfois restreints de certaines communes. La participation financière de Rennes Métropole à hauteur de 40% du coût de l’adhésion constitue par ailleurs un BALADE THERMIQUE communes qui agglomèrent un « service rendu par l’ALEc ». Contrepartie de cette articulation, la lisibilité du CEP « pur » est affaiblie. L’évaluation met également en évidence le manque de relations et d’opérations conjointes entre les quatre acteurs de «suivi de patrimoine communal» sur le territoire (Ville de Rennes, Rennes Métropole, CEP, communes hors CEP). Seule la réalisation de quelques actions ouvertes à tous permettent de créer un lien (par exemple certaines actions de la convention entre Rennes Métropole et l’ALEc : organisation de visites, de conférences…). CENTRALE PHOTOVOLTAIQUE À CESSON-SÉVIGNÉ BORNE ÉLECTRIQUE RECOMMANDATIONS © Photos : D. Gouray et J. Mignot Réalisation et impression : service imprimerie Rennes Métropole / réf. 15_63479 Les recommandations de l’évaluation s’articulent autour de quatre grandes thématiques : •Le financement du CEP •Les relations Rennes Métropole/communes •Le périmètre, l’offre du CEP et les besoins des communes •Le métier de CEPiste Le financement du CEP Le déficit structurel auquel est confronté le CEP depuis plusieurs années oblige à réinterroger ses modalités de financement et notamment l’intégration des coûts de structure du dispositif aux coûts refacturés aux communes dans le cadre de leur adhésion. La répartition du financement entre Rennes Métropole et les autres EPCI du Pays devra également être révisée. Au-delà des modalités, de nouvelles sources de financement pourront être étudiées, soit en renforçant des missions déjà existantes au sein de l’ALEc (certificats d’économie d’énergie par exemple), soit en développant de nouvelles compétences auprès d’autres gestionnaires de patrimoine (collèges/EHPAD…) > Au regard de ces éléments contextuels, il convient de clarifier et de revoir les modalités de financement du service via l’organisation par l’ALEc d’une conférence des financeurs Les relations Rennes Métropole/communes Rennes Métropole doit poursuivre son rôle de fédérateur sur territoire afin de favoriser «le passage à l’acte» des communes. Le financement qu’elle offre aujourd’hui doit s’envisager en lien les actions engagées par les communes. > Au regard de ces éléments, il convient de réfléchir à l’évolution des conventions financières entre Rennes Métropole et les communes en y intégrant une dimension de suivi et d’application des préconisations. Le périmètre, l’offre du CEP et les besoins des communes L’évaluation recommande de maintenir l’intervention du CEP sur le seul patrimoine du bloc communal (patrimoine propriété de la commune) de même que le principe de missions de base/missions optionnelles, adapté aux petites communes comme aux mieux outillées. Cette différenciation permet également d’allier une fonction de suivi de l’engagement politique en matière d’énergie et de climat, et une mission d’assistance, permettant d’agir concrètement et au quotidien dans la gestion du patrimoine public. Par ailleurs, l’offre du CEP devra mieux s’articuler aux besoins des communes. Une étude approfondie de leurs besoins individuels et collectifs sera ainsi engagée afin que le CEP puisse répondre de manière optimale aux attentes et problématiques de chacune en matière de maîtrise énergétique. > Au regard de ces éléments, il apparaît nécessaire d’étudier de manière approfondi les besoins individuels et collectifs des communes afin de mieux calibrer dans l’avenir l’intervention du CEP. Le métier de CEPiste L’évaluation a souligné l’importance de l’ancrage du CEPiste sur le terrain communal. Cela passe par un renforcement des liens avec les techniciens communaux et les élus ainsi que par un renforcement de leur proactivité envers les utilisateurs du service. Le temps «technique» doit être privilégié au détriment du temps «administratif» parfois trop invasif dans le quotidien des CEPistes. > Au regard de ces éléments, il convient de réfléchir à l’évolution du métier de CEPiste, de ses missions et de ses compétences notamment en lien avec les besoins identifiés des communes. Le Comité d’Évaluation constitué pour assurer le pilotage de cette mission a pris acte de l’ensemble des recommandations formulées par les prestataires. Ces recommandations feront l’objet d’un travail approfondi lors des groupes de travail qui seront mis en place sur les quatre thématiques au premier semestre 2015. Contact Rennes Métropole : [email protected] (service prospective, évaluation et développement durable)