EUZ…BY BAT - Revue de Médecine Vétérinaire

Transcription

EUZ…BY BAT - Revue de Médecine Vétérinaire
FORMATION PERMANENTE
Les genres Riemerella et Coenonia :
une brève revue
J.P. EUZÉBY
Laboratoire de Bactériologie, École Nationale Vétérinaire, 23, chemin des Capelles, F-31076 Toulouse Cedex 3
RÉSUMÉ
SUMMARY
Les espèces des genres Riemerella et Coenonia sont importantes en
pathologie aviaire et cet article se propose de faire rapidement le point sur
ces bactéries.
The genera Riemerella and Coenonia: a short review. By J.P. EUZÉBY.
The species of the genera Riemerella and Coenonia are important poultry
pathogens. This paper proposes a short review on these bacteria.
MOTS-CLÉS : Riemerella anatipestifer - Riemerella
columbina - Coenonia anatina - volailles.
KEY-WORDS : Riemerella anatipestifer - Riemerella
columbina - Coenonia anatina - poultry.
Introduction
Manual of Determinative Bacteriology et sous le nom de
"Pfeifferella anatipestifer" dans la 8ème édition du même
ouvrage. En 1980, les Approved Lists of Bacterial Names ne
retiennent ni le genre "Pfeifferella" ni l'espèce "Pasteurella
anatipestifer" et l’agent de la sérosite infectieuse aviaire y
figure sous la dénomination de Moraxella anatipestifer.
Riemerella anatipestifer est une bactérie bien connue des
vétérinaires sous le nom de “Pasteurella anatipestifer”. Au
cours de l’année 1999, une nouvelle espèce du genre du
Riemerella a été décrite et des bactéries qualifiées de
“Riemerella anatipestifer-like taxon 1502” ont été classées
dans le nouveau genre Coenonia. Cette courte revue présente
ces bactéries en mettant l’accent sur leurs caractères bactériologiques.
1. Systématique
Riemerella anatipestifer, espèce type du genre Riemerella,
est responsable d’une maladie épizootique connue sous le
nom de septicémie du canard ou de sérosite infectieuse
aviaire. Cette infection, décrite en 1904 par RIEMER, a été
redécouverte, 28 ans plus tard, par HENDRICKSON et
HILBERT. Ces auteurs isolent l’agent étiologique et l’appellent "Pfeifferella anatipestifer". En 1954, BRUNER et
FABRICANT, en raison de similitudes morphologiques avec
les moraxelles, placent ce germe dans le genre Moraxella.
Toutefois, cette bactérie est décrite sous le nom de
"Pasteurella anatipestifer" dans la 7ème édition du Bergey’s
Revue Méd. Vét., 2000, 151, 1, 63-68
Un début de solution aux problèmes taxonomiques est
venu des travaux de PIECHULLA et al. qui, en se basant sur
l’absence de flagelle, sur l’absence d’acidification des sucres,
sur la production d’enzymes hydrolytiques, sur la valeur du
G + C p. cent et sur la présence de ménaquinones et d’acides
gras ramifiés, rapprochent cette bactérie du groupe
Flavobacterium - Cytophaga. Ultérieurement, cette filiation
a été confirmée par des études d’hybridation ADN - ARNr.
En 1993, en tenant compte des résultats antérieurs et des
résultats d’une étude combinée portant sur les caractères
génotypiques (détermination du G + C p. cent, hybridation
ADN - ARNr) et sur les caractères phénotypiques (analyse
électrophorétique des protéines, analyse des acides gras),
SEGERS et al. montrent que ce micro-organisme doit être
placé dans un genre distinct de la superfamille V pour lequel
ils proposent la nomenclature de Riemerella. Les travaux de
BERNARDET et al. ont montré que le genre Riemerella
appartient à la famille des Flavobacteriaceae et qu'il est phy-
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EUZÉBY (J.P.)
logénétiquement proche des genres Chryseobacterium et
Bergeyella.
En 1999, VANCANNEYT et al. décrivent une nouvelle
espèce du genre Riemerella, Riemerella columbina. L'individualisation de cette espèce repose sur l'analyse des acides
gras, sur l'analyse du profil électrophorétique des protéines
cellulaires, sur les résultats des hybridations ADN - ADN
(12 % d'homologie entre la souche type de Riemerella columbina et la souche type de Riemerella anatipestifer) et sur la
valeur du G + C p. cent (36 pour la souche type de Riemerella
columbina et 35 pour celle de Riemerella anatipestifer).
En 1998, HINZ et al. étudient les caractères phénotypiques
de 200 souches de Riemerella anatipestifer et ces auteurs
décrivent l'existence de variants phénotypiques. Parmi ces
variants, 64 souches dénommées "Riemerella anatipestiferlike taxon 1502" semblaient constituer un nouveau genre
proche du genre Capnocytophaga. Douze souches de "Riemerella anatipestifer-like taxon 1502", choisies au hasard,
ont fait l'objet d'une étude approfondie (VANDAMME et al.
1999). L'analyse des protéines et des acides gras cellulaires,
les hybridations ADN - ADN et les résultats des études biochimiques montrent que ces souches forment un taxon homogène. L'étude de la séquence de l'ARNr 16S, effectuée sur la
souche 1502-91 = LMG 14382, révèle une parenté phylogénétique avec les espèces du phylum des "CytophagaFlexibacter-Bacteroides" et, notamment, avec les espèces du
genre Capnocytophaga. Les auteurs de cette étude en
concluent que les souches de "Riemerella anatipestifer-like
taxon 1502" forment une nouvelle espèce qui doit être placée
dans un nouveau genre et ils proposent la nomenclature de
Coenonia anatina.
2. Caractères bactériologiques
A) ESPÈCES DU GENRE RIEMERELLA
Les bactéries du genre Riemerella sont des bacilles à Gram
négatif, de 0,2 à 0,5 mm de diamètre sur 1,0 à 2,5 mm de longueur, immobiles, non sporulés, oxydase positive, catalase
positive.
Sauf indications contraires, les caractères bactériologiques
présentés ci-dessous sont obtenus en utilisant des galeries
API 20NE, API ZYM et API ID32E.
Une réponse positive est obtenue pour les tests gélatinase
(gélose nutritive "Merck standard I nutrient agar" contenant
0,4 % de gélatine "Serva"), alpha-glucosidase, alpha-maltosidase, phosphatase alcaline, phosphatase acide, estérase lipase
(C8), estérase (C4), naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, leucine arylamidase, valine arylamidase, cystine arylamidase,
L-acide aspartique arylamidase.
Une réponse négative est notée pour les tests réduction des
nitrates ("nitrate broth Merck"), ODC (technique de Møller),
LDC (technique de Møller), N-acétyl-bêta-glucosaminidase,
bêta-galactosidase, bêta-glucuronidase, alpha-mannosidase,
alpha-fucosidase, acidification (quelle que soit la technique
utilisée) du lactose, du D-galactose, de la N-acétyl-D-glucosamine, du lactulose, du tréhalose, du saccharose, du D-mannitol, du L-arabinose, du myo-inositol, du D-sorbitol, du Dxylose, du dulcitol, de la salicine et de l'adonitol.
En galerie API 20NE, le D-glucose, le L-arabinose, le Dmannose, le D-mannitol, la N-acétylglucosamine, le maltose,
le D-gluconate, le caprate, l'adipate, le L-malate, le citrate et
le phényl-acétate ne sont pas assimilés.
En galerie API ID32E, le D-arabitol, le L-arabitol, le galacturonate, le 5-céto-gluconate, le rouge de phénol, le D-mannitol, le maltose, l'adonitol, le palatinose, le saccharose, le Larabinose, le tréhalose, le rhamnose, l'inositol, le sorbitol et le
cellobiose ne sont pas acidifiés.
Un caractère variable selon les souches est observé pour les
tests VP (caractère généralement positif lorsqu'il est recherché selon une technique classique en tube), uréase
("Christensen urea agar Merck"), chymotrypsine, trypsine,
ADH (technique de Møller), indole, hydrolyse de l'esculine
et acidification du glucose en eau peptonée (caractère généralement négatif).
En utilisant une galerie API ID32E, la bêta-glucosidase,
l'alpha-galactosidase et la lipase peuvent être positives alors
que ces caractères sont négatifs en galerie API ZYM.
En étudiant l'acidification des sucres dans le milieu BBS
(voir annexe 1), une réponse positive est parfois notée pour le
D-glucose, le maltose, le D-mannose ou la dextrine et une
réponse faiblement positive peut être obtenue pour le D-fructose, le L-sorbose et le tréhalose.
Toutes les souches cultivent dans une atmosphère microaérophile (5 % d'oxygène, 3,5 % de gaz carbonique, 7,5 %
d'hydrogène et 84 % d'azote), la plupart cultive en aérobiose
sur gélose au sang et certaines souches sont capables de
croître en anaérobiose à 37 °C. Aucune culture n'est obtenue
sur gélose de MacConkey mais certaines souches de Riemerella anatipestifer poussent sur LL Agar (Litmus Lactose
Agar : 10,0 g, lactose : 10,0 g, peptone de viande : 5,0 g,
extraits de viande de bœuf : 3,0 g, teinture de tournesol :
1,0 g).
Sur gélose Columbia contenant 7 % de sang de mouton
défibriné et incubée dans une atmosphère micro-aérophile,
les colonies sont lisses et elles peuvent être hémolytiques.
Les colonies de Riemerella anatipestifer sont non pigmentées
alors que, les colonies de Riemerella columbina prennent une
coloration allant du gris/blanc au beige.
Au sein de l'espèce Riemerella anatipestifer, la production
d'indole permet de reconnaître deux biovars et, par des tests
d'agglutination en tubes ou par des tests de précipitation en
milieu gélifié, il est possible de reconnaître 21 sérovars.
HINZ et al. ont également décrit deux souches (souches
158-87 et 62-83) qualifiées de Riemerella anatipestifer-like.
Leurs caractères bactériologiques sont ceux de Riemerella
anatipestifer biovar indole négatif mais, la souche 158-87 est
alpha-D-glucosidase négative et la souche 62-83 est pigmentée en jaune.
B) COENONIA
Coenonia anatina se présente sous la forme de bacilles à
Gram négatif, non sporulés, immobiles et dépourvus de flagelle, de 0,2 à 0,4 mm de diamètre sur 1,25 à 2,5 mm de longueur. Certaines cellules se groupent en courtes chaînes et
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LES GENRES RIEMERELLA ET COENONIA : UNE BRÈVE REVUE
présentent un renflement sphérique ce qui leur confère un
aspect en épingle ou en citron. Ce sont des bactéries microaérophiles, capnophiles, oxydase et catalase positives, nitrate
réductase négative.
Une réponse positive est obtenue pour les tests hydrolyse
de l'esculine (galerie API 20 NE), VP, acidification (milieu
BSS) de la N-acétylglucosamine, de la dextrine, du D-fructose, du D-galactose, du D-glucose, du lactose, du lactulose,
du maltose et du D-mannose. En utilisant une galerie API ID
32E seule l'acidification du glucose est observée.
Un résultat négatif est noté pour les tests uréase, gélatinase
(galerie API 20 NE), ADH (galerie API 20 NE), LDC, ODC,
phénylalanine désaminase, indole (galerie API 20 NE), assimilation des substrats présents dans une galerie API 20 NE,
acidification (milieu BSS) de l'adonitol, du L-arabinose, du
dulcitol, du myo-inositol, du D-mannitol, du saccharose, de la
salicine, du D-sorbitol, du sorbose, du tréhalose et du Dxylose.
Les résultats des activités enzymatiques varient selon les
kits utilisés.
• En galerie API ZYM, une activité enzymatique est détectée pour la phosphatase alcaline, la phosphatase acide, l'estérase (C4), l'estérase lipase (C8), la leucine arylamidase, le
naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, la N-acétyl-bêta-glucosaminidase et la trypsine. Un résultat négatif est obtenu pour la
lipase (C14), l'alpha-chymotrypsine, la bêta-glucuronidase,
la bêta-glucosidase et l'alpha-mannosidase. La réponse est
variable pour la valine arylamidase (10 souches positives sur
12 étudiées), la cystine arylamidase (6 souches positives sur
12 étudiées), l'alpha-galactosidase (1 souche positive sur
12 étudiées), la bêta-galactosidase (8 souches positives sur
12 étudiées), l'alpha-glucosidase (11 souches positives sur
12 étudiées) et l'alpha-fucosidase (11 souches positives sur
12 étudiées).
• En galerie API ID 32E, l'alpha-glucosidase, l'alpha-galactosidase, la bêta-galactosidase, l'alpha-maltosidase, la lipase
et la L-acide aspartique arylamidase sont toujours positives.
La N-acétyl-bêta-glucosaminidase et la bêta-glucosidase
donnent une réponse variable selon les souches et la bêta-glucuronidase est négative.
La culture ne nécessite pas de facteurs de croissance particuliers et elle peut être obtenue sur une gélose trypticase soja.
La croissance optimale est obtenue à 37 °C, dans une atmosphère micro-aérophile enrichie en CO2 (5 % d'oxygène,
3,5 % de dioxyde de carbone, 7,5 % d'hydrogène et 84 %
d'azote). La croissance est faible en anaérobiose et nulle en
aérobiose.
Sur gélose au sang de mouton, les colonies sont non hémolytiques, plates ou légèrement convexes, circulaires, non pigmentées, à contour régulier et d'aspect lisse. Aucune culture
n'est obtenue sur gélose de MacConkey, sur une gélose au
citrate de Simmons ou sur gélose LLA.
Quelques caractères permettant de distinguer Riemerella
anatipestifer, Riemerella columbina et Coenonia anatina
figurent dans le tableau I.
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3. Habitat et pouvoir pathogène
A) RIEMERELLA ANATIPESTIFER
Riemerella anatipestifer est isolée de différentes espèces
d’oiseaux domestiques ou sauvages et 3 souches ont pu être
isolées de poumons de porcs atteints de pneumonie exsudative. Cette bactérie est principalement responsable d'une
maladie connue sous le nom de sérosite infectieuse aviaire ou
de septicémie du canard ou de "septicemia anserum exsudativa". Les infections ont été décrites chez de nombreux
oiseaux : cailles, faisans, cygnes, poulets, perdrix mais les
dindons et les palmipèdes (notamment les canards) sont les
espèces les plus sensibles.
Le pouvoir pathogène semble lié aux souches (les sérovars
1, 2 et 5 sont isolés dans environ 95 % des cas) ainsi qu’à
l’âge des animaux (sensibilité maximale chez les jeunes de
1 à 8 semaines) et il est exacerbé par le parasitisme. La voie
de pénétration est transcutanée et se réalise à la faveur de
lésions ou par l’intermédiaire d’arthropodes piqueurs.
Expérimentalement, des moustiques du genre Culex, capturés en zone d’endémie, sont aptes à infecter des dindons.
L’éclosion de la maladie est liée à de mauvaises conditions
d’élevage (atmosphère confinée et humide, forte densité,
litière ou sol vulnérant, refroidissement) ou à des "stress" de
toute nature (transport, intervention vaccinale, gavage) et elle
semble plus fréquente pendant les mois chauds et humides.
L’infection peut se révéler par une mortalité brutale sans
symptôme mais le plus souvent elle se traduit par une prostration marquée, une anorexie, une diarrhée, une incoordination motrice, des tremblements de la tête et du cou, un affaissement des animaux sur leurs membres, des chutes sur le dos,
des arthrites et des signes respiratoires (dyspnée, écoulement
nasal et oculaire). Les troubles locomoteurs observés chez les
oiseaux pourraient être dus à une infection des vertèbres et au
développement d’une spondylite (une spondylite a été observée chez des dindes inoculées par voie intraveineuse).
Les lésions sont de 2 types : 1) des lésions congestives des
muscles, de l’intestin, du foie, de la rate et du cerveau ; 2) des
lésions sérofibrineuses fines, transparentes et sèches, siégeant sur les séreuses et provoquant des péricardites, des
périhépatites, des synovites, des aérosacculites ou des méningites.
B) RIEMERELLA COLUMBINA
Les souches de Riemerella columbina sont isolées des sacs
aériens, des poumons, de la fente palatine, de la trachée ou du
cerveau de pigeons souffrant d'aérosacculite, de pneumonie
ou d'hépatite. Ce germe est également isolé de pigeons présentant des lésions similaires à celles observées lors de sérosite infectieuse aviaire. L’importance de facteurs associés
(mauvaises conditions d'élevages, stress, ...) qui jouent un
rôle majeur dans l'expression clinique des infections à
Riemerella anatipestifer, n'est pas connue.
C) COENONIA ANATINA
Coenonia anatina a été isolée en culture pure de l'appareil
respiratoire (poumons, sacs aériens), du péricarde et du cer-
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Notes
:
- Toutes ces espèces sont oxydase et phosphatase positives et elles donnent une réponse négative aux tests mobilité, réduction des
nitrates et croissance sur gélose de MacConkey.
- Les caractères bactériologiques des deux souches de Riemerella anatipestifer-like caractérisées par HINZ et al. ne figurent pas sur ce
tableau. Leurs caractères bactériologiques sont ceux de Riemerella anatipestifer biovar indole négatif mais, la souche 158-87 est alphaD-glucosidase négative et la souche 62-83 est pigmentée en jaune.
+/- : Plus de 50 p. cent des souches donnent une réponse positive.
-/+ : Plus de 50 p. cent des souches donnent une réponse négative.
* : Caractère étudié en plaque API 20 NE.
** : VAN EMPEL et al. observent que quelques souches donnent un résultat positif en plaque API 20E.
*** : Caractère étudié en plaque API ZYM.
TABLEAU I. — Principaux caractères bactériologiques permettant de différencier Riemerella anatipestifer, Riemerella columbina,
Coenonia anatina et Ornithobacterium rhinotracheale.
D’après :
• HINZ K.H., RYLL M., KÖHLER B. et GLÜNDER G. : Phenotypic characteristics of Riemerella anatipestifer and similar microorganisms from various hosts. Avian Pathol., 1998, 27, 33-42.
• VANCANNEYT M., VANDAMME P., SEGERS P., TORCK U., COOPMAN R., KERSTERS K. et HINZ K.H. : Riemerella
columbina sp. nov., a bacterium associated with respiratory disease in pigeons. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 289-295.
• VANDAMME P., VANCANNEYT M., SEGERS P., RYLL M., KÖHLER B., LUDWIG W. et HINZ K.H. : Coenonia anatina gen.
nov., sp. nov., a novel bacterium associated with respiratory disease in ducks and geese. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49,
867-874.
veau de canards et d'oies malades. Son pouvoir pathogène est
comparable à celui de Riemerella anatipestifer et cette bactérie provoque des sérosites infectieuses et des septicémies
("septicemia anserum exsudativa").
Durant les années 1994 et 1995, Coenonia anatina a été
rendue responsable de 30 % des cas de septicémie observés
dans les élevages de canards du Nord de l'Allemagne.
Un vaccin inactivé semble apte à conférer une protection.
4. Diagnostic bactériologique
L’isolement de ces bactéries est généralement effectué sur
une gélose au sang incubée sous CO2.
En microbiologie vétérinaire, il est important de distinguer
les espèces Riemerella anatipestifer, Coenonia anatina et
Ornithobacterium rhinotracheale car ces bactéries possèdent
la même niche écologique et présentent des caractères bactériologiques proches. Le tableau I présente quelques caractères utiles pour le diagnostic différentiel.
Revue Méd. Vét., 2000, 151, 1, 63-68
LES GENRES RIEMERELLA ET COENONIA : UNE BRÈVE REVUE
Riemerella columbina, présente uniquement chez le
pigeon, a un habitat qui diffère de celui de Coenonia anatina
et de Riemerella anatipestifer. Les principaux caractères permettant de différencier Riemerella columbina d'autres bactéries à Gram négatif isolées chez le pigeon figurent dans le
tableau II.
5. Sensibilité aux antibiotiques
Riemerella anatipestifer est généralement sensible aux
tétracyclines, à l’ampicilline, à la streptomycine, à la néomycine, à la lincomycine et à l’association triméthoprime-sulfaméthoxazole. Une résistance a été constatée vis-à-vis de la
pénicilline, de la fosfomycine, de la bacitracine et de l’érythromycine.
Une étude fait état de la sensibilité aux antibiotiques de
Riemerella columbina. La sensibilité a été étudiée à l'aide de
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disques de marque Oxoid, déposés sur une gélose enrichie de
5 % de sang de mouton et incubée à 37 °C en atmosphère
micro-aérophile. Une zone d'inhibition de plus de 1 mm
autour des disques est interprétée comme une sensibilité. En
retenant ces critères, les 6 souches testées sont résistantes à la
nitrofurantoïne, à la gentamicine, à la néomycine et aux sulfamides. En revanche, elles sont sensibles à la pénicilline G,
à l'ampicilline et à l'érythromycine. Une sensibilité variable
selon les souches est notée pour l'oxytétracycline.
A la connaissance de l’auteur, la sensibilité aux antibiotiques de Coenonia anatina n’a pas été étudiée.
Orientation bibliographique
BROGDEN K.A. : Pasteurella anatipestifer infection. In : Pasteurella and
pasteurellosis. C. ADLAM et J.M. RUTTER ed., Academic Press,
London, 1989, p. 115-129.
* : Caractère étudié en plaque API 20 NE.
** : Caractère étudié en utilisant la technique BBS.
TABLEAU II. — Principaux caractères permettant de différencier Riemerella columbina d’autres bactéries isolées du pigeon.
Modifié d’après :
• VANCANNEYT M., VANDAMME P., SEGERS P., TORCK U., COOPMAN R., KERSTERS K. et HINZ K.H. : Riemerella columbina sp. nov., a bacterium associated with respiratory disease in pigeons. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 289-295.
• VANDAMME P., SEGERS P., RYLL M., HOMMEZ J., VANCANNEYT M., COOPMAN R., DE BAERE R., VAN DE PEER Y.,
KERSTERS K., DE WACHTER R. et HINZ K.H. : Pelistega europaea gen. nov., sp. nov., a bacterium associated with respiratory
disease in pigeons: taxonomic structure and phylogenetic allocation. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 431-440.
• VANDAMME P., VANCANNEYT M., SEGERS P., RYLL M., KÖHLER B., LUDWIG W. et HINZ K.H. : Coenonia anatina gen.
nov., sp. nov., a novel bacterium associated with respiratory disease in ducks and geese. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 867-874.
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BRUNER D.W. et FABRICANT J. : A strain of Moraxella anatipestifer
Pfeifferella anatipestifer isolated from ducks. Cornell Vet., 1954, 44,
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EUZÉBY J.P. : Dictionnaire de bactériologie vétérinaire mise à jour janvier
2000. http://www-sv.cict.fr/bacterio/bacdico/garde.html
HENDRICKSON J.M. et HILBERT K.F. : A new and serious septicemic
disease of young ducks with a description of the causative organism,
Pfeifferella anatipestifer, N. S. Cornell Vet., 1932, 22, 239-252.
HINZ K.H., RYLL M., KÖHLER B. et GLÜNDER G. : Phenotypic characteristics of Riemerella anatipestifer and similar micro-organisms from
various hosts. Avian Pathol., 1998, 27, 33-42.
PIECHULA K., POHL S. et MANNHEIM W. : Phenotypic and genetic relationships of so-called Moraxella Pasteurella anatipestifer to the Flavobacterium/Cytophaga group. Vet. Microbiol., 1986, 11, 261-270.
SEGERS P., MANNHEIM W., VANCANNEYT M., DE BRANDT K.,
HINZ K.H., KERSTERS K. et VANDAMME P. : Riemerella anatipestifer gen. nov., comb. nov., the causative agent of septicemia anserum exsudativa, and its phylogenic affiliation within the Flavobacterium Cytophaga rRNA homolgy group. Int. J. Syst. Bacteriol., 1993, 43,
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VANCANNEYT M., VANDAMME P., SEGERS P., TORCK U., COOPMAN R., KERSTERS K. et HINZ K.H. : Riemerella columbina sp. nov.,
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Bacteriol., 1999, 49, 289-295.
VANDAMME P., VANCANNEYT M., SEGERS P., RYLL M., KÖHLER
B., LUDWIG W. and HINZ K.H. : Coenonia anatina gen. nov., sp. nov.,
a novel bacterium associated with respiratory disease in ducks and geese.
Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 867-874.
ANNEXE 1. — Recherche de l'acidification des sucres dans le milieu BSS (Buffered Single
Substrate) :
La recherche de l'acidification des sucres nécessite l'utilisation de techniques particulières car
l'acidification est souvent faible et, dans un milieu peptoné, elle est souvent masquée par l'alcalinisation résultant du métabolisme protéique.
La technique utilisée par VANCANNEYT et al. (1999) est la suivante :
• Préparer une solution tampon (KH2PO4 : 0,1 % ; K2HPO4 : 0,1 % ; NaCl : 0,5 % ; pH : 7,6).
• Ajouter le sucre à étudier à la concentration de 2 % et du rouge de phénol à la concentration
finale de 1/50 000.
• Placer 0,5 mL de la solution tampon contenant le sucre et l'indicateur de pH dans un tube de
7 mm de diamètre.
• Mettre en suspension 400 mg de culture bactérienne dans 2 ml d'une solution de NaCl 0,15 M ;
utiliser 100 µL de cette suspension pour ensemencer les tubes.
• Réaliser en parallèle 2 tubes témoins, l'un sans inoculum bactérien, l'autre sans sucre.
• Placer les tubes dans un bain marie à 37 °C et rechercher une acidification après 6 heures et
24 heures d'incubation.
• La réaction est notée faiblement positive si l'indicateur de pH vire à l'orange (pH compris
entre 6,9 et 7,1) et positive si le rouge de phénol vire au jaune (pH inférieur ou égal à 6,8).
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