Format PDF

Transcription

Format PDF
Sociologie
N°4, vol. 3 | 2012
Varia
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
Samuel Julhe et Marina Honta
Éditeur
Presses universitaires de France
Édition électronique
URL : http://sociologie.revues.org/1428
ISSN : 2108-6915
Édition imprimée
Date de publication : 30 novembre 2012
ISSN : 2108-8845
Référence électronique
Samuel Julhe et Marina Honta, « Annexe 6 : Entretien avec Valérie », Sociologie [En ligne], N°4, vol. 3 |
2012, mis en ligne le 26 novembre 2012, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://
sociologie.revues.org/1428
Ce document a été généré automatiquement le 30 septembre 2016.
© tous droits réservés
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
Samuel Julhe et Marina Honta
1
Cette annexe présente une transcription de l’entretien avec Valérie. Née en 1970,
ancienne sportive de haut niveau et CTS depuis 1994, Valérie présente le cas d’un souhait
de reconversion professionnelle. Cet entretien illustre la manière dont les effets
conjugués de l’androcentrisme professionnel, de la maternité et l’absence de soutien du
conjoint, viennent progressivement éroder la vocation pour le métier de CTS.
2
*
3
Je vais commencer par vous demander euh de m’expliquer quelles sont les missions
que vous assumez en tant que cadre technique, ce que vous avez comme missions
dominantes dans votre de mission pour le dire…formellement et ce que vous
mettriez plutôt dans les missions plutôt périphériques voilà ?
4
Alors en ce moment euh…alors je vais peut-être commencer par un préambule c’est que
euh je suis sur le point d’arrêter mon activité…voilà donc euh j’ai décidé de prendre ma
retraite, avec la possibilité de partir avec les trois enfants et 15 ans d’ancienneté, j’ai 17
ans d’ancienneté euh à jeunesse et sports et donc euh, donc voilà c’est des conditions un
peu particulières mais enfin bon je peux parler de ma lettre de mission de cette année en
tout cas
5
Oui
6
Qui évolue au fil du temps hein euh mon collègue qui travaille à la gym aussi a plus de
stabilité que, que moi, il est un peu plus âgé parce que lui il a l’âge raisonnable de prendre
sa retraite donc du coup voilà une lettre de missions moins fluctuante, la mienne a bougé
un petit aussi par euh par des choix hein donc cette année ma mettre de mission
principale est axée sur le développement de la pré filière…que ça soit au niveau régional
et au niveau interrégional donc qui couvre euh l’Aquitaine, Midi-Pyrénées et LanguedocRoussillon sachant qu’on a un pôle espoir qui est basé à Montpellier et donc avec lequel je
travaille en partenariat pour le développement de cette pré filière et d’accessibilité au
haut niveau…donc depuis de nombreuses années on a mis en place un plan de
développement qui, qui oriente les clubs et euh la dynamique vers le pôle sachant qu’on a
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
1
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
usé d’une stratégie qui œuvre aussi bien sur la formation de cadres que sur la détection
des talents et on fait un travail de transfert entre les deux qui laisse l’opportunité
justement d’avoir un terrain d’habitation pour euh avoir une meilleure formation, une
réflexion sur la pédagogie, sur la technique, sur l’observation euh voilà donc un volant
assez large quand on dit pré filière c’est pas juste rechercher des talents et faire des
mesures c’est aussi euh c’est aussi aller au contact de l’humain, les aider à prendre des
décisions, les aider à mieux connaître le, le, le terrain du haut niveau, savoir que c’est à
l’autre bout de la zone pour nous, on est repartit en zone donc là c’est quand même à une
certaine distance, que c’est travailler avec les entraîneurs euh pour euh voilà pour qu’ils
arrivent à mieux identifier les, les, les gymnastes qui airaient du potentiel et aussi que le,
qu’ils parviennent à les accompagner vers le haut niveau mais pas seulement, vers une
pratique qui soit euh…raisonné, raisonnable euh, consciente euh voilà donc grosso modo
voilà sur la pré filière et aussi euh donc depuis deux ans maintenant j’ai pris en main un
groupe d’entrainement qui se situe sur ce niveau de pratique don ce sont des petites qui
sont euh âgées entre 8 et 10 ans, que je réunis une fois par semaine euh pour un
entraînement de 3h et euh qui viennent de différents clubs alors vu la, la situation
géographique de l’Aquitaine donc euh et le développement de la GR qui est, qui était
principalement développée sur Bordeaux, on s’est situé sur Bordeaux sachant que ça
défavorise forcement euh les gens qui sont à une plus grande distance donc euh par
exemple les filles de Pau je, je pourrai jamais les, les, les avoir euh l’année dernière y’a
une petite de Dax qui est venue mais euh parce que les moyens, les parents aveint les
moyens financiers et matériel pour, pour se déplacer donc bon on perçoit les limites de,
d’un engagement comme celui-là maintenant moi pour moi c’était important parce que ça
faisait 10 ans que j’avais quitté l’entrainement…
7
Oui
8
Sachant que quand on se remet dans la formation de cadres, la crédibilité elle est bien
meilleure quand on est euh, quand on applique et en plus de ça pour euh, pour soi-même
aussi euh pouvoir éprouver un petit peu euh le fil conducteur de, de sa pensée et de, des,
de solutions qu’on est en train de chercher euh c’est quand même beaucoup plus
raisonnable en tout vas d’être confronté à ça directement, de pouvoir essayer dès qu’on a
une idée euh de se dire j’essaie, je hein bon ça marche pas et ben c’est une autre piste qu’il
faut chercher donc voilà sur la pré filière ça a été depuis en fait tout le, tout le long de ma
carrière quelque chose qui m’a tenu à cœur parce que je suis issue du haut niveau, j’ai été
entraîneur national assistante des entraînements nationaux sur les équipes de France
espoir, junior euh et senior et donc je suis arrivée en Aquitaine y’a un peu plus de 10 ans
avec une centaine expérience et une pratique du haut niveau donc euh…voilà ici
l’Aquitaine a une histoire de la, en gymnastique rythmique qui est assez euh récente on
va dire et donc du coup qui a tout à faire en terme de développement et qui du coup a, se
disperse un petit peu dans ses, dans ses démarches et à vouloir trop faire ne fait
finalement plus rien d’efficace et voilà donc moi j’ai été un guide…en ce sens, à travailler
euh, à essayer de moduler un peu euh et à conduire le bateau un peu en fonction des
besoins et de réajuster pour être rapidement et se ressourcer en fait hein…donc euh, donc
la pré filière c’est quelque chose qui a toujours été euh qui a été un engagement pour moi
sachant que j’étais responsable au niveau national pendant de longues années sur ce
secteur là donc euh c’est moi qui ai construit les programmes de formation des gymnastes
et des entraineurs et euh donc euh pendant 8 ans j’ai été responsable de, de cette
commission donc à coordonner et piloter euh une commission d’une 15aine de personnes
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
2
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
pour construire les programmes euh voilà et puis réunir des gymnastes et puis voilà, donc
ça ça allait dans le sens en fait dans le sens en fait hein de ce qui est, de ce que, de ce que
j’avais mis en place depuis longtemps bon c’est voilà c’est un terrain sur lequel j’ai une
grosse expérience voilà. ensuite en 2ème mission euh c’est la formation des cadres dans la
continuité de la pré filière mais aussi en dehors de ça c'est-à-dire de la formation initiale
avec la mise en place de ce que nous on appelle les animateur initiateurs et moniteurs
donc j’interviens, le moniteur à la fédération française de gym me, à chaque niveau un
degré de responsabilité c'est-à-dire que animateur c’est plutôt de l’ordre de la
responsabilité de, des départements, l’initiateur de la responsabilité des régions, le
moniteur de l’inter région et l’entraîneur qui est le grade au dessus qui est plus sur de la
responsabilité euh au niveau national euh comme on est peu de cadres techniques à la
fédération française de gym euh moi je suis la seule hein sur la zone et euh j’étais, on était
trois jusqu’à y’a deux ans à être encore en région, toutes les autres sont en pôle ou en
responsabilité nationale ce qui fait que ben on est pas beaucoup à se partager le travail
(sourire) et que là depuis deux ans je suis toute seule, je suis la dernière à être encore en
région et que voilà donc ben du coup par la force des choses hein plus ou moins j’ai pas
été contrainte et forcée mais euh j’ai été obligée d’endosser ce dossier de la formation des
cadres euh parce que y’avait une nécessité hein aussi hein donc voilà c’était vraiment là
quelque chose où j’avais beaucoup moins d’expérience et il a fallu en fait euh voilà se
lancer euh pour autant j’y ai pris gout parce que j’ai euh voilà j’ai appris pleins de choses,
j’ai réfléchi les choses autrement aussi euh et euh du coup on a pu étoffer aussi uen
équipe de formateurs et euh et du coup travailler en équipe beaucoup plus…et euh et
voilà quoi donc pendant, pendant 10 ans on a développé différents projets successivement
parce qu’on est quand même peu nombreuses à…à se retrousser les manches et donc
euh…et donc voilà donc on a mis ça en place euh alternativement quoi, puisque y’avait
euh peu de, peu de candidates à la GRS est développé ici en Aquitaine, on a à peu près 900
licenciés donc y’a beaucoup à faire pour peu de personnes donc ça rend les choses d’un
point de vue économique euh difficile d’équilibrer les budgets néanmoins c’est nécessaire
de le faire parce que si on le fait pas on développe pas fin voilà c’est un cercle…ensuite
euh…comme, comme autre mission euh…du développement et de l’accompagnement de
nouveaux clubs et ça je vais dire c’est, c’est fluctuant et euh ça peut être euh, je peux
prévoir des choses en début de saison et puis voir qu’elles se mettent pas du tout en place
et au contraire ne rien prévoir et que tout d’un coup euh y’ai de grosses choses à faire qui
déboulent parce qu’il y’a des projets, des opportunités, des gens qui contactent, qui
prennent contact euh donc ça c’est vraiment une part qui est très aléatoire euh et du fait
du fonctionnement maintenant où on n’a plus de frais de placements et euh ou des choses
bon au niveau des moyens de fonctionnement sont, deviennent un peu plus compliqué,
couvrir le territoire entier de l’Aquitaine ça devient chose, mission carrément impossible
donc moi je fais beaucoup d’accompagnement par téléphone ou par mail pour fournir des
documents, mettre les gens en relation, les uns avec les autres euh si c’est nécessaire je
me déplace euh moi j’avais émis la, le souhait que les Pyrénées-Atlantiques puissent se
développer, qu’il y avait plusieurs opportunités qui me semblaient pouvoir se combiner
avec des gens qui arrivaient d’autres régions qui allaient chercher à prendre contact avec
des clubs qui n’existaient pas et puis les clubs se sont montés et puis finalement et moi je
m’étais proposé pour monter un plan de développement, les comités, le comité
départemental a jamais donné signe de vie ce qui fait que ça s’est jamais mis en œuvre
vraiment et du coup ça se développe un peu par la force des choses come ça mais un petit
peu de manière anarchique quoi et pas du tout accompagnée donc euh donc voilà mais
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
3
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
après y’a un club qui s’est monté en Dordogne complètement isolé c’était une file qui
avait peu de vécu en GR qui venait plutôt de la gym euh bon là par contre y’a eu un gros
accompagnement euh fréquent où elle posait des questions euh régulièrement, elle s’est
monté son emploi toute seule avec son association qu’elle s’est montée, elle a trouvé son
matériel fin voilà quand don a des gens qui déborde d’énergie comme ça et qui sont
extrêmement volontaire euh on peut pas se passer d’être avec quoi forcement c’est et
puis en plus ça moi d’un point de vue personnel et professionnel j’ai absolument besoin
d’être en lien avec les gens et c’est, c’est une des choses qui me manque maintenant dans
mon travail, c’est un petit peu ce qui me fait partir voilà pas seulement mais en tout cas
c’est euh moi je trouve qu’on est trop en retrait du terrain et qu’on est euh…voilà on, on
travaille sur des projets, on est derrière sur son ordinateur, on a du coup aussi cette
étiquette là hein qui euh ah ben c’est bien facile quand vous êtes dans vos bureaux nana
donc c’est très, ça devient très administratif et euh et qu’au final et ben soit on y perd
réellement de la cohérence en tout cas de la crédibilité ça c’est sûr donc euh…donc voilà
c’est, c’est ce qui est, c’est ce qui est vraiment gênant dans, moi ce que j’ai perçu dans
l’évolution de mon travail qui euh, qui a évolué parce que j’ai changé de, de site
géographique aussi hein euh mais euh voilà pour euh ah si si j’ai encore d’autres choses
que (léger rire) non ce qui est plus périphérique on va dire mais qui est quand même assez
important c’est que la pour cette année euh j’ai été sollicité au niveau national, j’avais
demandé à la, à ce que ce volet national soit restreinte parce que, parce que ça faisait déjà
beaucoup de choses à faire déjà et que moins je suis présente sur la région, moins mon
président régional …est conciliant…et donc du coup voilà ça fait parti, ça fait partie des
choses auxquelles il faut veiller où j’ai pas toujours veiller euh pour différentes rasions
hein mais euh et puis bon parce que c’est compliqué euh familialement euh voilà de, de
s’extraire mais bon je me rend compte que les weekends travaillés même si ils sont sur
Bordeaux je suis de toute façon absente de la maison donc ça change pas grand-chose que
je sois à Bordeaux ou à Valencienne euh bon y’a le temps de trajet bien sûr mais en même
temps eh aux résultats final pour la, pour mes enfants c’est, je suis de toute façon pas là
dans, dans le foyer quoi…donc euh comme euh activités annexes euh je suis sollicitée de
temps en temps pour les équipes de France pour monter des, des chorégraphies, donc soit
d’un point de vie technique, soit d’un point de vue chorégraphique ou artistique ou euh
voilà donc ça c’est quelque chose qui est fluctuant en fonction des années, en fonction de
leurs besoins, ça peut être différent, ça peut être ponctuel, ça peut être plus récurrent
euh…et moi j’y vois pas toujours de cohérence parce que c’est pas, c’est pas dans un suivi,
c’est pas dans une continuité, c’est beaucoup politique, c’est beaucoup aussi pour euh la
cohésion des différents dirigeants et groupes et entraîneurs bon euh moi je m’y retrouve
pas toujours voilà…et euh ensuite donc par contre ça ça a été quelque chose de beaucoup
plus régulier parce que j’avais uen collègue avec laquelle je m’entendais vraiment très
bien euh professionnellement on avait vraiment des, des démarches qui n’étaient
vraiment pas les mêmes mais qui étaient complémentaires et du coup ça faisait du bien de
travailler ensemble sur un projet et de le concrétiser, de le mener à bien chaque année
parce qu’on a monté des opérations de formation de, c’est des stages de perfectionnement
et euh où on définissait des thèmes voilà qui nous préoccupaient nous ou que, où y’avait
une vraie demande qui était identifiée euh et donc généralement ces stages de
perfectionnement durent trois jours et euh s’inscrit qui veut et donc euh les, pendant
quelques années la fédération nous laissait l’opportunité de nous réunir pour travailler,
pour préparer donc là on travaille généralement, on est deux à coordonner et après on
fait appel à des, des gens qui sont, qui n’ont pas le même statut que nous et euh qui sont,
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
4
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
qui sont rémunérés juste pour la tâche et euh du coup on travaille à une équipe de euh de
2 à 5 personnes donc pour monter l’opération donc là c’est à nous, nous ça nous fait
prendre de l’ampleur parce qu’on fait un, on a un échange intellectuel riche et important
et euh c’est assez satisfaisant en fait ces échanges sont satisfaisants intellectuellement en
tout cas, nous ça nous rassure, ça nous permet d’avancer, ça nous permet d’aller chercher
d’autres pistes, d’apprendre aussi euh de continuer à évoluer et euh ça a été vraiment des
expériences, on a commencé en 2005 la dernière c’était euh l’année dernière en 2010 et
vraiment ça, ça a été porteur pour nous en tout cas et euh la, bon y’a eu du un franc
succès parce qu’on a eu entre euh 80 et 100 personnes chaque année qui sont venues
s’inscrire avec des échanges très riches, des publics très diversifiés, très variés, ça allait de
l’ancienne entraîneur nationale à la meilleure gymnaste française à la maman qui vient
filer un coup de main euh dans un club fin donc ça nous demande une capacité
d’adaptation euh l’année dernière on était beaucoup moins nombreuses à intervenir, on
était plus que deux et là euh on sent bien la limite euh pas tant dans la préparation mais
dans la limite physique au moment de l’intervention où en fait pendant trois jours on est
sollicité, les gens nous sollicitent sans arrêt, on mène les débats, il faut gérer l’intendance,
il faut tout gérer à la fois, là…euh faut avoir les conditions physiques et intellectuelles euh
fortes mais bon malgré tout toujours très positif euh même si y’a des choses qui marche
pas en tout cas les échanges entre, entre nous à essayer de trouver des pistes pour
transmettre euh un discours, une passion euh un geste technique fin ça peut être très très
large hein euh du coup euh bon moi je sais que c’est quelque chose qui, qui me manquera
dans ce que je ne pourrais plus faire quoi par exemple euh…voilà et ensuite après ben
donc en fonction des besoins de la fédération ben différentes choses quoi, donc euh là
c’est, par contre là c’est euh être convoquée pour euh s’occuper du déroulement d’une
compétition nationale euh être convoquée pour participer à une réunion sur les
calendrier de l’activité des équipes de France, être convoquée sur quand ils veulent
regrouper des, un certain type de professionnels donc nous on travaille avec des profs de
danse classique et donc j’ai été amené à fa ire un travail d’observation sur euh sur une
compétition internationale, monter des vidéos euh donc faire un travail qui permettait de
d’illustrer un discours et euh faire normalement un travail de formation et d’échanges
entre les, les professeurs de danse et la caractéristiques de la fédération française de gym
en tout cas c’est de bon de lancer des choses sans jamais les faire aboutir bon donc euh du
coup moi je sais que c’est aussi ce qui me, ce qui me gêne dans tout ça outre le fait de plus
être en contact c’est de faire beaucoup de travail administratif qui n’aboutit pas…sans
qu’il y ai un avis, dans qu’il y ait voilà on lance des choses, on fait 1, 2, 3 réunions et puis
euh et puis après les choses s’arrêtent voilà…donc euh voilà un sentiment de manque
d’efficacité pour quelque chose qui peut être stimulant au départ donc du coup surtout
quand on prend des initiatives comme ça, chercher euh intellectuellement un fil
conducteur, quelque chose qui permet de débrouiller ça mobilise beaucoup d’énergie, en
tout cas moi je sais que tant que j’ai quelque chose dans la tête ça m’occupe, ça m’occupe
beaucoup voilà jusqu’à ce que je me débrouille, que je vois euh que ça marche ou ça
marche pas et après je peux l’effacer de, de mon disque dur (sourire) et passer à autre
chose mais tant que, tant que, tant que la chose reste, reste en cours ben je sais que ça me,
ça me préoccupe voilà…et je pense avoir fait le tour, si plus quand même bon qui est
inhérent à ma fonction du fait que je suis cadre technique régional j’ai euh une fonction
euh qui est de conseil euh en vers les élus et tout ça donc présence sur différentes
réunions de comité et de bureau, y’a pas trop de réunions de travail euh préalable en tout
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
5
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
cas pas, moi j’y suis pas sollicité parce que je suis pas coordonatrice sur le comité régional
et euh parce que je suis pas non plus complètement intégrée au…fonctionnement
9
A l’ETR
10
Si je suis intégrée à l’ETR mais pas euh le, le rôle de conseil auprès du président régional
euh…il est très accessoire pour ma part donc je suis présente et à disposition mais je ne
suis pas forcement sollicitée voilà…et voilà
11
D’accord, alors effectivement vous avez dit euh beaucoup de choses et je vais
revenir sur euh beaucoup de ces choses mais comme je ne connais pas euh le milieu
de la, de la gym en tout cas beaucoup moins que d’autres milieux vous avez dit à un
moment donné que vous étiez peu de CTS dans la fédé
12
Oui
13
Euh pour que je comprenne bien les choses, vous êtes peu de CTS en GR ou en gym
tout court ?
14
Non en gym, en gym on est 88 je crois
15
Oui
16
Ce qui est quand même pas mal et en GR on doit être maintenant euh rendu au chiffre
de…alors si je compte les cadres fédéraux parce que euh
17
Oui
18
Y’a maintenant cette nouvelle donne, on doit être rendu à 10
19
Voilà donc c’était, c’est vraiment le, la GR qu’est, qui est très peu
20
Sachant que les cadres fédéraux euh sont des emplois avec une lettre de mission la
plupart du temps pour l’instant en tout cas qui est orientée sur la, la préparation des
équipes de France
21
Oui
22
Et donc après charge au reste des cadres techniques
23
Oui
24
Le reste des activités donc euh…réellement quand je disais tout à l’heure on était trois en
région ça veut dire que seules celles qui sont en région ont la charge de certaines choses,
notamment euh la formation des cadres, l’animation euh être en contact avec les clubs,
celles qui sont en pôle pour certaines en tout cas elles ne sont considèrent que sur la
partie en, entrainement de leur groupe
25
Oui
26
Voilà donc en fait y’a pas moyen d’avoir un échange réel de compétence quoi, en tout cas,
en tout cas c’est pas souhaité et c’est pas, c’est pas fait quoi donc euh…donc du coup ben
ça limite quand même un petit peu le, la, le champ parce que euh parce que quand on est
pas suffisamment à échanger, que pour certaines bon moi j’ai réussi au bout de, au bout
de quelques années à avoir une équipe pour travailler du coup mais des répercussions qui
viennent assez euh même si c’est laborieux au bout d’un certain temps il y a une certaine
démarche et une dynamique qui se, qui se met en œuvre et qui euh, qui aboutit, ça
apporte, forcement hein d’avoir un cadre technique en région euh…moi je vois la région
Aquitaine s’est initiée à mettre en place des choses que d’autres régions qui n’ont pas de
cadres techniques seraient incapables de, de mettre en place parce que, parce que je, j’ai
cette fonction quoi hein donc heureusement que ça apporte ça quoi hein…seulement
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
6
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
euh…on serait plus nombreuses, on arriverait à échanger et à se repartir un petit peu les
tâches pour s’aider, pour s’aider dans la démarche, moi je sais que ici en Aquitaine, au
niveau local euh les quelques unes avec lesquelles je travaille elles sont salariées de leur
structure, elles sont salariées donc bon euh elles sont salariées pour leur structure, pour
leur club et tout ça donc après …c’est, ces clubs là ils ont bien compris que le fait qu’elles
soient intégrées dans une équipe technique ça les faut échanger, ça les rend dynamique,
ça les sort de l’isolement mais en même temps ça leur, les oblige à les libérer à certains
moments donc moi c’est pas des gens que j’ai à ma disposition euh mais c’est des gens
avec lesquels je peux échanger mais de manière quand même mesurée…parce que faut
pas non plus euh les envahir et euh cet isolement il est, moi je sais que j’ai vraiment eu du
mal à le gérer…même si ça ait pas très longtemps en fait que je me sens si isolée c’est que
la, mes collègues avec lesquelles je travaillais sur la formation des cadres euh vu qu’on
travaillait bien en amont, du coup ça, ça nous prenait bien 6 mois à l’avance pour qu’on
commence à réfléchir sur le, parce qu’on avait pleins d’autres choses à faire en même
temps donc euh voilà. Là…depuis, depuis deux ans que mes deux collègues sont parties
euh ben cet isolement il, je le perçois pleinement quoi hein donc les échanges euh
professionnels quand on a un questionnement, quand on a une idée, quand on a rien que
aussi ce, se sortir de la solitude pas seulement pour travailler mais aussi rien sue pour
prendre des nouvelles, avoir quelqu’un au téléphone et euh et pas simplement répondre
euh être à disposition euh…ben c’est lourd euh c’est lourd et euh…et voilà quoi donc euh
donc c’est vrai que le fait d’être devenue seule en France à être en région euh…ben ça m’a
encore plus isolée euh du reste parce que les groupes d’entraineurs qui sont, qui sont
constitués dans les pôles et tout ça, elles travaillent déjà dans une équipe, y’a un prof de
danse, d’autres collègues euh un préparateur physique et tout à ça, elles sont forcement
au sein d’une équipe après quand y’a des réunions nationales elles se reconnaissent les
unes entre les autres en fonction de leurs résultats et tout ça alors elles se reconnaissent
et se déchirent hein donc c’est (léger rire) voilà mais euh du coup moi je sais que j’arrivais
avec une vision peut-être un petit plus euh un peu plus large, avec beaucoup plus de
recul, l’expérience de ce qu’elles avaient vécu aussi mais pas le crédit non plus parce que
plus sur le terrain donc has been euh tout ce qu’on veut mais en même temps avec, avec
parfois l’impression d’être toujours le, l’impression de tourner en rond et de toujours ça
lalala mais vous avez oublié que dans les clubs non ils ont école ah mais avez oublié que
euh les gens ils ont un boulot dans la vie et qu’ils font ça en plus et euh et donc d’avoir
l’impression d’être toujours à sonner la cloche comme ça et euh voilà et donc du coup
être un peu euh marqué de rouge…euh bon voilà quoi hein donc cet isolement quand
même marqué euh sachant qu’en plus ici en Aquitaine on a assez peu l’occasion entre
collègues cadres techniques de se retrouver, les quelques fois où on se retrouve c’est
souvent pris comme une contrainte euh parce qu’on est réunit par le directeur, qu’on
vient écouter la messe euh qu’est pas toujours très pertinente, pas toujours bien
préparée, pas euh…voilà euh y’a des fois c’est parce que traditionnellement on se réunit à
telle date mais que y’a pas forcement quelque chose à, à nous transmettre donc euh du
coup c’est pas…voilà bon…(rire)mais euh bon après avec une bonne ambiance entre
collègues malgré tout euh bon des groupes qui se, qui se constituent pas forcement euh
sexués c'est-à-dire euh mais quand même à certains moments si y’a eu des moments où
on s’est senti un peu pas en danger mais euh…on observait de la part de la direction des,
de la direction régionale des comportements différents euh en vers les femmes, je sais pas
si mes c collègues elles le, elles confirmeront ça mais y’en a une qui devraient le faire
parce que en réunion elle s’est fait prendre à partie et euh elle en a souffert longtemps
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
7
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
quoi hein…mais euh…bon c’est vrai que la tête de direction est quand même très
important dans le comportement qu’il y a vis-à-vis des femmes avec certains qui vont
reconnaître une, une capacité de travail et des compétences et d’autres qui vont…mettre
en avant euh le côté esthétique, la…la présentation euh voilà et s’entouré de, de jolies
femmes qui présentent bien autour de lui et voilà, d’avoir des super secrétaires euh qui
sont des cadres A quand même (rire) donc euh voilà y’a eu, y’a eu cette tendance avec
aussi des blagues salace qui sont racontées de la part du directeur devant l’ensemble des
cadres techniques et quand on est, parce quand on est 12 en fait en réunion on peut se
trouver tout seul…donc parfois pas non plus toujours très euh bon on sourit hein mais
euh voilà mais bon ça va bien quoi, à l’inverse moi je me trouve dans un milieu
exclusivement féminin et euh avec, avec ses travers aussi hein et ses dérives du coup euh
à certains moments pas me retrouver du tout dans les échanges qui, qui pour moi étaient
lois d’être professionnels ou euh ça reste très superficiel sur le dernier magazine machin,
le vernis à ongles et tout ça moi je…je revendiquais vraiment la (léger rire) un…un statut
de cadre technique et pédagogique et pas euh voilà simplement euh des, des exécutantes
et euh bon…euh…voilà…
27
Euh j’aimerais revenir sur euh, sur beaucoup de points et euh sur ces 17 ans de
carrière de CTS puisque dans ce que vous avez dit et sauf erreur de ma part j’ai
entendu globalement deux temps. Euh les 7 premières années et les 10 années euh
en région Aquitaine, les 7 premières années euh elles me paraissent euh bien
différentes du point de vue des responsabilités etcetera euh vous êtes sur des
missions nationales, entraineur fin euh…d’équipe de France etcetera euh ce sont
des missions, comment vous l’analysez aujourd’hui, ce sont des missions qui vous
ont immédiatement été confiées après votre carrière de haut niveau ?
28
Alors euh j’ai eu en fait…euh donc j’ai donc j’ai arrêté ma carrière en 87 et euh ensuite je,
je suis rentrée en formation d’entraineur
29
Oui
30
Tout de suite
31
BE, le classique
32
Oui BE1, BE2
33
Oui
34
Pour ensuite bifurquer sur le professorat de sport
35
Oui
36
Parce qu’à l’époque donc j’ai pas passé de bac euh j’ai arrêté mes études en seconde et
euh…et j’ai tenté euh un examen dont j’ai oublié le nom mais qui permettait de rentrer
dans les, un cursus paramédical qui était équivalent au bac et euh cette année de
préparation on nous a annoncé fin normalement c’était deux années de préparation, on
nous a annoncé à la fin de la première année que cet examen était remis en question, qu’il
fallait le passer immédiatement ce que j’ai fait, j’ai échoué et euh donc du coup j’ai passé
mon BE1 que j’ai eu et euh j’ai enchainé sur BE2 euh là j’ai changé d’endroit parce que
j’étais partie à Strasbourg m’entraîner, là je suis rentrée à l’INSEP
37
Oui
38
Et en étant à l’INSEP euh je suis, j’ai pris un poste de maitre d’internat
39
Oui
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
8
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
40
Au centre national de GR et euh je m’occupais des, des gymnastes, du suivi des devoirs
euh de les accompagner euh voilà et euh de leur faire à manger puisqu’il y avait pas de,
pas de repas le weekend euh de, d’en entraîner certaines alors pas directement celles que
j’avais en internat mais des plus petites et donc euh en fait je me faisais la, la formation
directe sur le terrain avec des toutes petites où il fallait que je, je les remette à niveau
pour leur 1ère année d’entrée en pôle, sur cette, sur cette structure là y’avait un, un sport
étude primaire donc moi j’étais beaucoup avec les primaires aussi et j’étais au contact des
deux entraîneurs nationaux qui étaient, qui étaient en responsabilité à l’époque et donc je
faisais euh l’aller retour entre l’INSEP et le centre national et euh le soir voilà ça faisait
des bonnes journées, des bonnes semaines et donc euh là j’ai passé mon BE2 puis un 1 er
professorat de sport euh auquel j’ai échoué et euh là j’ai quitté le centre national pour
euh parce que j’avais entendu dire qu’on cherchait un entraineur pas très loin de là et
donc la mairie de Tielle me proposait de, un emploi assimilé fonctionnaire avec une
équipe d’entraîneur euh, une roumaine et une bulgare et j’étais en responsabilité euh
technique complète sur le club mais il fallait le structurer, il fallait, ils avaient en cours
des projets pour un sport étude, un grand gymnase de salle spécialisée fin voilà beaucoup
de choses en cours et euh…et moi qui débarquait avec quand euh à l’entretien
d’embauche moi je leur ai précisé que je comptais passé le professorat de sport de toute
façon et que, et que voilà donc je l’ai passé, ils m’ont aidé à le passer parce que ils m’ont
aménagé mon emploi du temps, ils m’ont donné de la liberté pour pouvoir réviser euh j’ai
continué à toucher mon salaire euh fin ils ont été vraiment euh fin dans un contexte
vraiment une grande confiance qui m’a surprise et choquée même un peu parce que bon
j’avais rien fait de particulier, très peu d’expérience et d’être tout de suite comme ça en
responsabilité euh je trouvais ça un peu euh comment dire osé (rire) bon en même temps
j’étais flattée mais inquiète de ce, de ce que, d’être à la hauteur de la confiance qu’ils me
confiaient quoi et donc j’ai eu le professorat de sport donc euh j’ai quitté ce poste et là
j’étais en , j’ai été nommée en tant que stagiaire à la DR de Lille euh sur un emploi CAS
41
D’accord
42
Et euh alors que on m’avait dit que je serai sen poste sur le centre national nouveau qui
était à Calais donc c’était la bonne direction régionale mais c’était pas le poste dont, mon
poste
43
Oui
44
Donc euh ils m’avaient dit ne t’installe pas tu es, faudra que tu prennes un appart à Calais
bon euh j’ai fait une année complète, toute mon année de stage euh à jongler parce que
j’avais donc un groupe d’entrainement qui avait constitué pour que je, je puisse arriver ce
qui fait que ce groupe est passé de main en main comme ça moi de temps en temps je les
reprenais enfin bon ça a été complètement chaotique euh…cette 1ère année et puis euh
donc après une fois titularisée j’ai été titularisée sur un poste de cadre technique euh
régionale et donc nommé à Calais sur le centre national avec en responsabilités le groupe
national junior euh qui se préparait pour le championnat d’Europe et euh une
responsabilité un petit plus large sur les espoirs et donc tous les regroupements
nationaux euh sur une saison donc qui permettait d’avoir un, un lien vu qu’il y avait les
entraineurs nationaux seniors qui étaient euh dans le même gymnase que moi, de pouvoir
avoir un lien depuis espoir junior et puis ensuite euh passer le relai quand elles passaient
senior quoi…pardon j’assurais une responsabilité euh fin un, quand elles s’absentaient
pour les compétitions et qu’elles restaient, qu’elles laissaient quelques gymnastes euh sur
place à l’entraînement c’est moi qui les récupérais et donc bon on travaillait un peu
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
9
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
ensemble, pas trop trop non plus mais un peu ensemble on va dire et euh en fait là-bas ça
s’est pas très bien passé avec la, la direction du, du pôle de Calais parce que, parce que je
suis une forte tête (rire) et que il se trouve que euh la dame qui, qui pilotait le, le pôle était
la mère d’une de mes concurrentes directes
45
Ah concurrente, concurrente en tant que CTS
46
En tant que gymnaste
47
Gymnaste
48
Puis en tant que professionnelle, elle était pas CTS, elle avait pas ce statut là, elle avait
décroché un, un contrat avec la fédé pour entraîner les ensembles et euh bon en tant
qu’équipe de France elle avait jamais eu de classes de 1ère classe, elle avait fait partie des
groupes mais euh bon voilà euh et par contre moi j’avais été championne de France, j’ai
fait les Jeux Olympiques, j’ai fait les championnats du monde et tout ça, elle est restée
cette dame qu’était mère et entraineur avec beaucoup de rancœur euh donc la 1ère
semaine quand je suis arrivée elle avait mis les choses au point en me disant que de toute
façon elle contestait toute ma carrière que machin bon voilà, elle m’a déballée tout son,
tout son truc bon
49
Etat des faits
50
Ouais (rire) et donc du coup ça a été un petit peu, un petit peu difficile parce que cette
dame euh menait d’une main de fer le, le pôle et comme c’était une grande, une
entreprise familiale euh y’avait beaucoup de favoritisme, beaucoup de euh de petites
mesquineries, de machin bon c’était malsain en plus la vie à Calais euh pff moi je trouvais
ça extrêmement oppressant et j’avais du mal à m’épanouir là-bas pourtant j’avais ait
connaissance avec du monde, j’étais intégrée mais malgré tout culturellement j’étais en
manque et vraiment j’avais eu beau cherché à, des pistes aussi bien sur Boulogne, Lille
euh Dunkerque euh bon malgré tout Calais euh c’est pas ce que c’est maintenant mais bon
voilà c’était trop dur (rire) puis dans ce contexte là bon moi je, les gens étaient vraiemnt
refermes sur eux-mêmes et du coup euh un microcosme euh moi je trouvais pesant,
vraiment pesant psychologiquement euh voilà des conditions de travail extraordinaire
par contre mais euh c’est pas suffisant quoi donc là j’ai annoncé à la fédération que j’avais
l’intention de, de partir, que je voulais quitter sauf que comme on est pas nombreuses
hein c’est le jeu des chaises tournantes et que là ben pour partir euh c’est pas si facile, il
se trouve qu’en plus de ça quand je suis arrivée sur Calais, j’ai rencontré le monsieur qui
est maintenant mon mari, qui habite Bordeaux, qui habitait déjà Bordeaux et on a vécu
comme ça pendant quatre ans et demi à distance euh…l’un de l’autre à se voir comme je
partais en compétition internationales hein du coup à ce moment là donc on se voyait une
fois toutes les 5 semaines et que euh pff c’était, c’était pesant quoi hein euh, ça l’aurait
pas été si c’était une aventure comme ça, ça l’est un peu plus quand on se dit qu’on ferait
bien sa vie avec
51
Tout à fait
52
Là ça devient pas possible euh lui était en train de passer son CAPEPS euh aussi il était, il
était stagiaire et euh voilà quoi donc euh un peu compliqué à comme début…euh là je finis
par obtenir par un jeu de chances et de, et de comment dire on a tiré les ficelles au niveau
du syndicat et tout ça et donc j’ai réussi contre la volonté du DTN à quitter quand même
Calais et à aller à Orléans qui est la ville, ma ville natale et euh où j’ai commencé la GRS et
où j’avais encore mes parents sur place, c’était pas Bordeaux, mais c’était quand même un
peu plus près avec comme projet avec mon mari de fin qui était pas mon mari à l’époque
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
10
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
euh de euh prendre le temps de réfléchir à un lieu qui pourrait nous être neutre à l’un et
à l’autre et pouvoir ben construire une vie ensemble sauf que ça a pas été possible (rire)
lui intellectuellement tout ce qu’il avait fait pour être nommé à Bordeaux et euh devoir,
devoir postuler sur un autre poste au Nord ça le, il, il le voyait avec beaucoup de
difficultés…donc euh voilà j’ai passé un an et demi à Orléans donc ça c’est, ça c’est bien
passé, en même temps un an et demi c’est quand même assez court, il a fallu que je
m’intègre à une équipe d’entraînement euh où cette fois ci les conditions de travail
étaient compliquées matérielles, étaient pas très…usuelles on va dire, en terme d’espace
c’était très très restreint, ils se sont retrouvés à récupérer des responsabilités de, que
Calais avait quitté parce qu’il y avait plus d’entraîneur qui voulait y travailler non plus
euh un peu pour les raisons que j’avais quitté aussi, bref Orléans se retrouve à déborder
avec des responsabilités diverses et variées, avec des échéances à court terme et euh voilà
un peu de panique à bord et du coup moi m’intégrer dans une équipe où là j’ai retrouvé
une bulgare aussi euh dans l’équipe et avec beaucoup plus de difficultés à m’intégrer
parce que…euh parce que leurs méthodes étaient pas les miennes voilà donc là du coup
c’était, c’était compliqué parce qu’il fallait jouer politiquement, j’arrivais avec certaines
gymnastes qui m’avaient suivies de calais euh qui se faisaient un peu démolir
psychologiquement euh ou euh voilà on essayait de modifier, de les faire tendre vers
certaines méthodes de travail fin bon c’était un petit peu compliqué, mon mari qui venait,
qui voulait toujours pas se déplacer bon mon directeur de l’époque je ne sais pas
comment il a su mais en tout cas il me convoque dans son bureau il me dit y’a quelque
chose qui va pas…alors au début je me suis dit bon qu’est ce que j’ai fait, j’ai dû faire un
truc…et puis il me fait non mais je vois que, je vois que vous êtes triste y’a un truc, je veux
savoir ce qu’il en est euh…on n’est pas, vous êtes pas dans le bureau du directeur là…donc
je lui ai expliqué…euh pas très à l’aise parce que bon euh ça faisait pas très longtemps que
j’étais là, je le connaissais pas très bien, c’était un monsieur qui, qui avait beaucoup de
prestance euh voilà on n’était pas proche plus que ça, je l’avais rencontré deux fois donc
je lui ai expliqué, je lui ai dit bon je pose tout sur la table hein voilà…et euh il m’a dit mais
je vais vous aider, bon…alors il fait bon euh moi je suis, je suis partant de toute façon j’ai
un, un point très épineux euh parce que là je suis arrivé en fait on s’est retrouvé deux
cadres techniques à travailler sur la même direction régionale, de la même discipline, on
s’est retrouvée exceptionnellement, deux cadres GR ensemble et cette dame était mon
entraîneur de, de club donc du coup un peu compliqué quand même tout ça (rire) et euh
moi il me dit là c’est cette situation c’est un peu complexe bon je sais, il me dit Helene elle
partira pas, il faut qu’elle finisse sa carrière là donc euh toi si tu as envie de partir euh
peut-être que nous ça peut nous arranger euh on prépare euh, on prépare quelqu’un pour
reprendre le poste mais cette fois ci en gym artistique euh donc, donc moi si la fédé
s’engage à me remettre un cadre technique, un poste de cadre technique je veux bien
laisser partir le poste avec toi alors là le coup de bol d’avoir rencontrer quelqu’un comme
ça euh vraiemnt…donc euh en quatre lois c’était fait donc hors mouvement euh hors tout,
je viens ici avec mon poste euh je débarque comme un cheveu sur la soupe et donc ici
alors que j’avais fait des démarches pour essayer de venir auprès du comité régional eux
ils m’avaient dit nous ça nous intéresse pas, un poste de cadre technique GR pff, on n’en a
rien à faire c’est une…une discipline qu’est très peu développée bon euh du coup je
débarque quand même sans leur volonté
53
Ouais
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
11
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
54
Sans machin, sans nanin donc du coup hum voilà (rire) bon en même temps je prenais pas
la place de quelqu’un d’autre parce que euh voilà c’était
55
Bien parti
56
Parce que ici y’avait eu deux postes de cadres techniques à un moment euh un en GAM
qui est toujours ici et un GAF qui est, est gymnastique artistique masculine et
gymnastique artistique féminine…cette, cette dame est décédée d’un cancer y’a, y’a
quelques années déjà, j’allais dire dix ans mais ça doit faire plus que ça puisque bon 15 ans
je crois et son poste est resté vacant pendant très longtemps et quand moi j’ai voulu
postuler dessus en fait, il avait disparu, on ne sait pas par quel biais voilà donc du coup
euh personne, plus personne ne savait vraiment ce qu’il était devenu, où est ce qu’il était
parti, comment le DTN avait fait bref bon du coup quand ils m’ont récupéré ils ont dit
ben, ben on est à nouveau à deux mais on n’est pas à deux comme on aurait voulu quoi
bon…donc là ça a été un petit peu compliqué parce que comme ça s’est fait en cours
d’année ce changement et tout ça j’ai gardé des missions sur Orléans tout en étant ici sur
Bordeaux donc j’étais beaucoup partie et là j’avais fait le calcul au bout d’un moment euh
j’étais partie la moitié de l’année réellement hors du territoire aquitain donc euh…euh là
c’était vraiment compliqué euh bon en même temps euh on appréciait avec mon mari euh
le fait d’être enfin réunit…on subissait la distance mais en même temps ça servait de
transition (rire) à vivre ensemble complètement mais euh bon pour moi ça a été
éprouvant parce que en fait y’a des moments où je me demandais où j’habitais quand
même, parce que là euh on essayait de mettre ensemble quelque chose et de construire
quelque chose mais en même temps jamais présente bon lui il avait gardé un peu le
rythme de vie qu’il avait auparavant où il faisait de la musique et etcetera donc euh…bon
voilà ça a été une période où on a eu du mal à se retrouver mais en même temps c’était
nécessaire quoi sauf que quand euh bon les choses ont commencé à se concrétiser
vraiment, on a dit on va se marier, on va faire des enfants et out ça moi là j’ai dit ouf ça va
être, ça va être compliqué et euh donc du coup ben la transition ben on a essayé de faire
glisser un petit plus sur le, mes missions sur la région sauf que ce que j’ai lâché c'est-àdire les gymnastes que j’entrainais sur, sur les équipes de France plus ou moins arrivaient
en fin de carrière ou alors changeaient d’entraineur et étaient passés dans d’autres ( ?)
donc du coup euh voilà ça se faisait, j’avais garder les entrainements des gymnastes
espoir et junior en regroupement en on m’a donné la, la détection, le, tout ce qui est pré
filière et donc là malgré tout à, en faisant les sas euh ça faisait malgré tout 50% ici et 50%
là-bas voir pas tout à fait comme ça hein, peut-être un 120% plus qu’un 100% parce que
c’est toujours plus difficile hein d’évaluer surtout quand on travaille pour plusieurs à la
fois, donc là c’est…euh donc toujours un peu de déplacements, toujours euh toujours,
toujours beaucoup de choses euh, nait ma 1ère fille et euh donc là bon il a fallu arrêter
certaines choses pendant, pendant au moins le congé de maternité, j’étais arrêté tôt parce
que j’avais des problèmes de santé et elle aussi la petite donc du coup euh bon euh voilà
pendant 6 mois absente à devoir tout rattrapé, pas de remplacement pendant le congé
maternité, pas de relai, rien du tout, voilà donc là la charge de travail on la récupère
après hein donc là par contre ça a été euh vraiment à partir de l’arrivée des enfants
compliqué à gérer, compliqué à gérer pour les absences, compliqué à gérer pour ces
choix qu’on fait aussi soi-même parce que pas envie de sacrifier non plus ça et du coup on
se, moi je sais que j’ai eu l’impression et je l’ai toujours cette impression de sacrifier
complètement parmi tout, tout ça quoi, de pas vouloir sacrifier son enfant euh moi je
voulais allaiter donc elle m’a suivi en stage euh voilà j’avais une babysitteur avec moi
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
12
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
euh…le DTN il avait écrit euh sur mon front que j’étais payé à élevé mes enfants tout ça
fin voilà et on était beaucoup au sein de la fédération euh en tant que femme à vouloir pas
trop quand les stages étaient longs, pas non plus mettre trop de distance et en même
temps faire le choix d’amener la famille au sein des stages et qu’en fait nus on s’y
retrouve pas non plus quoi parce que c’est extrêmement sollicitant les stages…et qu’en
fait on n’est ni là ni là et que euh et que c’est super compliqué quoi donc bon donc voilà
(rire) et puis euh donc deux ans plus tard après ma 1ère fille euh je fais toujours les mêmes
missions sur là y’a pas eu trop d’évolutions là par rapport à ça, ma 2ème fille qui est arrivée
et euh en fait euh juste l’année où j’ai accouché d’elle euh là on était en plein basculement
d’un nouveau cycle sur, sur la détection avec pleins de déplacements, travail en équipe
machin nanin et là euh ma fille a eu de pff un révolte à un an euh parce qu’elle a fait de
l’anorexie…donc j’ai été arrêté et comme c’était un moment où euh au niveau du boulot je
devais euh défendre les projets, argumenter parce que y’avait du changement, y’avais des
vrais, des vrais fondements qui, qui changeaient ben là montrer du doigt par tout le
monde, personne qui prenait la mesure en fait de la, du contexte dans lequel je me
trouvais et du coup à, avec certains qui étaient contre ben les, les nouveaux programmes,
mettre ne place une propagande contre moi euh comme quoi je travaillais pas assez,
comme quoi c’était pas euh je me défilais, comme quoi euh nanin etcetera fin bon tout ce
qu’on a pu dire, que j’étais à nouveau payé pour élever mes enfants, que…parce que là j’ai
été du coup arrêté pendant un mois le temps de stabiliser les choses avec, avec la petite
et, et bon là euh une période vraiment compliquée euh compliquée pour moi parce que
dans des conflits, dans des conflits de personnes au sein de la fédération , dans des
batailles euh auxquelles je comprenais rien plus après déchirée complètement parce que,
parce que c’était compliqué de gérer les deux petites euh y’en avait une qui était pas
encore rentré à l’école mais qui était en passe de rentrer et euh et l’autre qu’était, qu’était
tout bébé quoi donc bon …pas simple (sourire) pas simple ici non plus, pas simple au
niveau national, pas simple à la maison fin bref voilà un petit peu tout ça perturbant bon
moi j’ai entamé une psychothérapie à ce moment parce que, parce que là c’était plus
possible (sourire)…et puis euh, et puis bon les années passant bon j’ai fini par prendre un
eu de recul aussi euh me retirer aussi de, non je suis tombé enceinte à nouveau (rire) et là
et là pour moi revirement personnel en fait parce que ce 3ème enfant c’était euh une
revendication personnelle où moi j’en avais vraiment très envie euh envie d’une certaine
manière aussi et euh envie de reprendre le dessus dans, dans les décisions et pas de subir
et alors que voilà depuis plusieurs années je me sentais en train de subir, de subir, d’avoir
dû venir là, de subir, de devoir travailler comme ça, subir de, et donc j’ai repris un petit
peu les choses en main euh et euh au moment de mon congé de 3ème, mon 3ème congé de
maternité euh on m’a retiré mes missions de, de, de détection pendant que j’étais absente,
je l’ai su pendant euh voilà un petit coup de fil de quelqu’un complètement périphérique
à tout ça qui m’annonce que je, que quelqu’un d’autre avait repris les missions bon…bon
sur le coup un peu vexée euh et…en colère que ça se passe comme ça et finalement je me
dis c’est peut-être une bonne chose que ça s’arrête comme ça euh de toute façon là où moi
j’étais fâchée c’est que de ne pas pouvoir avoir pu finir de mettre en place, je me suis dit,
est ce qu’on finit jamais quelque chose, c’est pas grave après tout et euh ça me laissera un
peu plus de liberté, j’avais pleins de jours sur mon compte épargne temps et je m’étais dit
ben euh j’ai 75 jours ça fait 25 jours de congés par an déjà avec les 47 et ben grosso modo
ça me fait, je vais faire un, un trois quart temps en étant payé à plein temps pendant trois
ans, le temps que la petite rentre à l’école, que, pouvoir poser un peu plus les choses…et
puis euh du coup à pouvoir me réinvestir un peu plus au niveau de la région et euh
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
13
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
travailler sur le fond, pouvoir prendre, prendre des initiatives, lancer des choses un peu
plus profondes bon euh et euh…du coup je me, là j’ai pas très bien mesuré en fait ce sur
quoi je me lançais et euh les 25 jours qui était mon objectif euh j’ai réussi que 13 (rire)
mais ça c’était la 1ère année, la 2ème année j’ai réussi que 4
57
(Rire)
58
Et euh et voilà donc en fait petit à petit euh voilà je laisse et ça je sais que c’est un
problème chez moi et, et que j’ai bien identifié maintenant et euh je sais que je
retrouverais certainement dans ma future profession et voilà c’est quelque chose où
quand je suis enthousiaste et que y’a quelque chose qui me motive je suis, je prends pas
forcement bien la mesure de ce sur quoi je m’engage en tout cas dans la quantité de
travail et que je ne calcule pas…voilà donc euh j’aime les choses qui soient abouties et
finies et donc du coup (léger rire) ça entraîne des fois des voilà des glissements un peu, un
peu graves mais euh bon pour autant voilà c’est, c’est ce qui fait avancer un petit peu la
machine, moi j’aime bien, j’aime bien brasser les choses, chercher, chercher des solutions
et justement l’arrivée de ma 3ème fille, j’avais un fort besoin de, de formation, d’aller
chercher des solutions, de, de me sentir aussi un petit peu ressourcer donc euh j’avais
envisagé un, le diplôme de l’INSEP, j’ai dit c’est vraiment trop c’est à nouveau des
absences et donc j’ai dit non euh j’avais un sujet qui m’aurait permis de développer un
BE3…mais je me suis dit euh ça m’apportera pas plus de reconnaissance de mes pairs, pas
plus de stabilité, pas plus d’argent, pas plus, qu’est ce que ça va m’apporter finalement
bon beaucoup de boulot pour euh, pour la (sourire) aucune (rire) aucun piédestal donc bon
et puis euh je, je retourne sur des bouquins que j’avais feuilleté quand j’étais euh
étudiante, des bouquins sur de l’analyse de l’anatomie fonctionnelle et euh des, des
bouquins de Blandine Callet Germain je sais pas si
59
Non pas du tout
60
Qui est une dame qui est euh qui est danseuse, qui a été danseuse, qui a été euh
professeur de danse puis euh kiné Mézières et qui est formatrice maintenant sur tout ce
qui est anatomie fonctionnelle mais aussi euh bon elle a ouvert un petit peu euh ses
champs de compétences elle aussi quoi donc je re feuillète ses bouquins en me disant c’est
une dame qui est morte, je vois pas du tout fin voilà j’avais que ces bouquins avec des très
jolis dessins d’illustrations de, d’anatomie mais dans le mouvement, dans le mouvement
dansé hein et puis euh je recherche sur internet pof je tombe sur un site, un numéro de
téléphone, je téléphone euh je passe commande d’un livre euh et puis je tombe je fait euh
sur euh celui cette dame et puis on commence à échanger euh à discuter de mon parcours
et tout ça et puis elle me dit faut vraiment, faut vraiment que vous veniez en stage, je fais
mon dernière stage d’analyse parce qu’en fait c’est aussi une dame qui a 62 ans et euh
d’analyse fonctionnelle c’est le dernier que je vais encadrer parce que elle fait bon
maintenant je passe le relai c’est le dernier que je vais encadrer parce que elle fait bon
maintenant je passe le relai, j’ai d’autres formateurs et euh c’est le dernier que je vais
faire…bon je m’inscris et là euh j’ai trouvé super sa manière de transmettre euh un, une
réflexion pédagogique euh vers les adultes mais de manière générale pour transmettre le,
la prise de conscience qu’est, que j’ai trouvé énorme quoi donc je venais autant pour le
contenu que pour la forme euh que j’ai trouvé vraiment génial quoi, une, c’est une
révélation (rire) une révélation pour moi et puis j’ai fait connaissance avec d’autres gens
qui étaient de, vraiment de milieux très divers et variés qui ouvraient un champ euh et ça
m’a fait du bien parce que c’est, je me suis rappelé que quand j’étais en sport études je
fuyais les gens de mon, de mon milieu et que vraiment j’avais apprécié le plus c’était les
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
14
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
mais où j’étais pas euh en classe sport étude avec les sport études, j’avais, parce que
j’avais fait un choix de langues qu’était différent des autres, du coup j’étais pas avec les
autres et j’avais besoin de cette ouverture quoi et là je me suis sentie ressourcée avec
plein d’envie , un réflexion profonde sur mon, sur mon métier, sur euh ce que j’avis envie
de faire, comment j’avais envie de le faire euh voilà bon, je me suis inscrite à d’autres
stages avec elle où elle travaille, elle fait un travail sur les abdominaux euh qu’est
particulier et qui respecte le corps des femmes etcetera qui euh et là euh pareil euh 25
personnes de pays divers et variés, y’avait des espagnols, des italiens euh une de
l’Uruguay, Nouvelle-Zélande, des français aussi (sourire) et euh et des gens qui allait du
cirque au yoga à la danse à , au taekwondo euh voilà bon et du coup là je me suis vraiment
senti euh, ça m’a fait du bien, ça m’a fait du bien et euh…et le contenu qu’elle développait,
je me suis dit avec tous les abdominaux qu’on fait faire nous aux gamines et euh en fait
tout, tout, tout ce qu’on fait mal et que euh pour autant ce qu’elle dit ça a pas l’air d’être
si nouveau quoi de considérer le périnée de, de faire comme ça, de, et moi ça a vraiment,
j’ai remis en question vraiment beaucoup ce qu’on, ce qu’on fait faire euh, ce qu’on fait
faire aux enfants et ce que je faisais faire moi aussi et du coup comme je prenais en main
la, un groupe d’entrainement on m’avait autorisé à prendre un créneau euh, à réunir ses
petites et tout ça, je me dis je veux en profiter pour leur transmettre, elles ont 9 ans et
pour autant pourquoi elles ne se=auraient pas ce que c’est un périnée et pourquoi elle
sentiraient pas leur corps et aller essayer de mettre en application en l’adaptant euh donc
du coup je me suis vu faire des cours d’anatomie avec les, les petites avec une poupée
Barbie articulée, à leur faire sentir, à leur faire euh onduler, j’ai un bonhomme O Cedar, à
travailler sur des différents modèles, à les faire dessiner, faire du coloriage euh et donc là
ça fait deux ans que je lance un cycle sur les abdominaux avec une part d’anatomie et de
prise de conscience auquel j’invite les parents euh pour qu’ils fassent les exercices c’est
pas qu’ils assistent à la séance mais pour que, je me suis dit euh quand je vais leur, les
gamines elles vont dire à la maison qu’elles savent où est leur périnée y’en a qui vont se
demander ce que, ce que la prof elle est en train de faire donc j’ai dit le mieux c’est
d’ouvrir
61
La séance aux parents
62
Voilà alors y’a des mamans qui venaient me dire ah c’est vraiment super et tout ça euh
ceux qui n’ont pas osé la 1ère année venir, y’en a qui, y’en a une qui a écouté dans le
couloir, j’avais dit que je voulais que si les gens venaient c’était vraiment pour participer,
c’était pas en tant qu’observateur, c’était les gamines et les parents au même niveau et
tout le monde faisait des coloriages, tout le monde faisait les exercices, tout le monde
faisait machin fin vraiment voilà, c’était à titre d’information aussi personnel qu’ils
venaient, c’était pas que voilà et cette année j’ai eu un papi, deux mamans, un papa qui
sont, qui sont venus euh participer aux ateliers d’anatomie donc c’est une phase qui est
en fin d’entraînement qui se situe grosso modo ça fait quatre fois une demi heure ou
j’introduis le travail de, d’abdominaux euh le travail sur le périnée, le diaphragme euh et
euh donc prise de conscience du corps avec euh voilà et euh…j’ai vu une efficacité, j’ai été
bluffée complètement par le, par le résultat avec certaines gamines qui vraiment
pigeaient, au début je me disais comment je vais voir si elles le font vraiment parce que
comment on fait pour voir que quelqu’un sert son périnée ou pas euh sans toucher, sans
rien et justement euh la, la formatrice que, qu’on avait eu nous manipulait jamais…ne
touchait pas et euh je me suis rendue compte en fait bon il a fallu quand même que je
touche mais quand on touche la hanche come ça et que la fille elle sert son périnée y’a
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
15
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
forcement un engagement un petit peu plus large, y’a pas que le périnée y’a aussi les
abdominaux mais tout d’un coup on sent une, une solidité, une, une immobilisation en
fait hein de tout le tronc moi qui m’a, qui m’a bluffé et je me suis dit en plus c’est efficace,
c’est pas simplement euh des convictions personnelles en tant que femme et euh pour,
pour le respect futur de, de futures femmes mais c’est aussi parce que ça a une efficacité
pour l’entraînement et donc ça se justifie d’autant plus que je le fasse voilà, j’avais besoin
d’un argumentaire (rire) et euh et voilà et bon donc je suis assez contente parce que
j’essaie, j’avais, j’avais prévenu les parents hein j’ai dit j’essaie on voit ce que ça donne et
tout ça mais au-delà de ça ça permis d’introduire ben tout le travail sur l’anatomie euh, la
prise de conscience sur le schéma corporel etcetera et on va au-delà de, de ça quoi et que
du coup ces entrainements moi j’avais dit c’est l’occasion pour moi d’interpeller les
entraineurs des clubs et que maintenant on fait de la formation continue euh ben c’est un
groupe d’application, dire ah ben tiens on a fait ça avec les filles et puis euh sous le mode
de la conversation ben tien s je te passerais un document et puis on transmet et que cette
formation là moi je rend compte que même si elle est difficile à apprécier pour voir les,
les, les comment les gens se l’approprie et, et les répercute malgré tout moi je le vois sur
les filles, si c’est pas fait ou si c’est fait donc euh je vois ce que je fais moi et je vois après
ce que je demande en complément et ce qui, ce qui est déficient ou pas quoi donc pour
l’instant je crois que les gens ils, ils…ils prennent, ils me demandent moi aussi des choses
mais pour l’instant je sais que ce que je leur demande moi ils le font pas vraiment donc
euh ça a une efficacité relative de toute façon quand on fait de la formation de cadres, moi
je dis les gens ils en garde 10% à peu près de ce qu’on leur transmet euh…bon là c’est aussi
le cas, même si c’est quelque chose qui est très pratique, que j’essaie de distiller euh le
plus possible en faisant des petites fiches pratiques…bon malgré tout je crois que les gens
ils ont tellement dans leur, dans leur truc, pris par le temps, pris par plains de choses que
euh sauf quand on tombe sur quelqu’un qui est particulièrement éveillé et qu’a envie de,
de, d’apprendre euh sinon c’est difficile de, de s’approprier comme ça des, des contenus
qu’on n’a pas demandé quoi hein…Voilà
63
D’accord
64
(Rire)
65
En vous écoutant euh bien évidemment sans faire une psychologie à 2€ on sent deux
choses, on sent que vous êtes encore totalement passionnée par votre métier hein
euh que pour peu qu’un projet soit partagé, vous questionne euh vous demandez
pas mieux que de le finaliser mais que d’un autre coté vous êtes désenchantée par le
système, épuisée euh est ce que cela vous, est ce que c’est assez…c’est assez fort
cette contradiction, j’aime encore mon métier
66
Oui mais c’est assez, c’est d’autant plus vrai que ayant dû prendre la décision de partir et
qu’il y avait cette échéance là avec euh, avec la disparition de cette possibilité de partir
avec, après 15 ans d’ancienneté et trois enfants euh l’impératif s’imposait à moi hein pour
autant la, la situation, ma situation professionnelle était devenue un peu plus confortable
qu’elle ne l’avait été
67
Oui
68
Et que euh j’arrivais à me satisfaire avec les différents échanges et à avoir des choses qui
me passionnaient comme le groupe d’entraînement comme bon voilà y’avait pleins de
choses que j’appréciais vraiment de faire pour autant ce qui me fait partir c’est euh la
peur de l’avenir avec une perspective qui se situe à 4 ou 5 ans, les glissements du
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
16
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
ministère et moi bon euh déjà par deux fois la, la fédération m’a demandé de rejoindre le
pôle de Montpellier parce qu’il y avait plus d’entraineur euh c’est un pôle qui m’aurait
intéressé parce que je travaille souvent avec eux, je connais très bien les équipes là-bas,
c’est pas mal Montpellier hein, y’a pire, Calais c’est quand même nettement moins sympa
sauf que mon mari voulait pas bouger hein, on en est toujours là ce qui fait que moi, chez
moi ça a été vraiment euh quand je dis l’arrivée de ma 3ème fille a, a été euh vraiment un
tournant pour moi c’est que déjà y’a eu cette histoire avec Montpellier et que pour moi ça
a été l’occasion de me rendre compte aussi euh à quel moment était considéré ma
situation à moi, au sein du couple, c’est que je savais quel sacrifice je devais faire en
venant à Bordeaux où c’était vraiment un région qu’était très peu développée dans ma
discipline et ma spécialité, que pour autant euh j’avais du mal à envisager vraiment de
partir dans une autre discipline ou dans, revenir en CAS parce que je me sentais inadaptée
à ce mode de fonctionnement et que euh…et que…et que voilà donc du coup pour moi ça a
été vraiment un moment euh très difficile de prendre conscience qu’en fait euh je me suis
dit mais à quel moment j’existe, je suis là pour ramasser les culottes, els chaussettes et
machin, donner à manger euh prévoir, anticiper euh travailler, faire, exécuter euh être
disponible pour mon mari mais euh moi, moi, moi, moi en tant que personne, moi en tant
que qu’est ce qui m’ouvre, qu’est ce que je vis en dehors de ça parce que là depuis
toujours et qu’est, c’est un de mes 2ème points sur lesquels il faut que je me surveille c’est
que à force de m’investir comme ça pleinement du coup euh j’ai peu de choses sur
lesquelles j’existe à l’extérieur c'est-à-dire que je n’ai pas d’activités sportives, j’ai pas ni
d’activités culturelles externes, quelque chose de régulier en tout cas et que euh et que du
coup en fait je suis tout le temps dans le faire, je fais à manger, je fais le ménage, je fais
machin, je fais mon travail, je mais jamais un peu dans la contemplation, jamais dans la
réflexion, jamais dans un truc et vraiment ça a été un moment pour moi où euh…où euh
je me suis révoltée et j’ai repris mon combat (sourire) de féministe
69
(Sourire)
70
Vraiment et de, et de femme engagée à me dire là je suis en train de glisser pourtant mon
mari qui est quand même quelqu’un qui est ouvert, qui participe aux taches, qui est plutôt
euh aussi engagé dans sa, dans cette, dans cette démarche ben malgré tout euh
insidieusement on se laisse glisser et que bon là je me suis rendu compte que si moi je
réagissais pas y’a personne qui le ferait, personne qui le ferait pour moi, c’est pas mon
mari qui allait me dire ben attends bouge pas ben la machine ce matin c’est moi qui vais
l’étendre non c’est pas comme ça que ça se passe, même si on a un partage des taches qui
est complètement atypique par rapport à d’autres couples, des voisins et des amis, où on
s’est repartit en disant y’en a un qui fait les repas une semaine et l’autre fera les repas de
la semaine d’après, ce qui est déjà pas mal hein pour certains couples euh on a pris une
femme de ménage on a voté en touche (rire), on n’a pas de machine à laver la vaisselle
donc il faut faire la vaisselle, on est 5 et euh j’ai deux enfants allergiques donc il faut
fournir tous les repas du midi aussi donc voilà ça simplifie tout ça euh mais malgré tout
voilà moi ça a été un moment où vraiment je me suis euh battue, battue contre moimême, battue contre mon mari, battue à vouloir ...reprendre vraiment la main, la main
sur ça en me disant maintenant j’ai 40 ballets euh voilà ça va bien et il faut que aussi je me
fasse plaisir quoi, il faut que, il faut que je fasses des choses qui me plaisent pas
seulement sous la contrainte quoi…et donc euh donc ce groupe d’entrainement est aussi
un petit peu l’opportunité qui fait que même si j’y croyais pas en fait quand je la, un club
là qui m’a appelé en me disant y’a un créneau qu’on veut plus utiliser euh parce que c’est
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
17
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
le nerf de la guerre quand même sur Bordeaux y’a pas d’installations sportives du coup
quand on fait de la GRS euh dehors c’est pas très (sourire) et euh j’avis dit ouais ouais bon
en me disant y’aura bien un truc qui va faire que ça se mettre pas en place, j’y croyais
même pas quoi bon ça se met en place et puis du coup euh ça m’a permis moi de me
retrouver, de reprendre du plaisir à et retrouver du sens à ce que, ce pourquoi j’avais fait
ce métier et du coup en étant un peu mieux, un peu plus équilibrée, retrouver du contact
avec les enfants, retrouver un contact régulier avec les parents, els adultes voilà euh
permettre d’équilibrer un peu les choses et euh…et voilà de, de, de rester moins centré
sur quelque chose qui n’existerait pas dans le, à regretter, à ne faire que regretter…
quand, quand cet impératif s’est, s’est présenter euh j’ai dit c’est dommage parce que en
même temps là ça va mieux euh voilà qu’est ce qu’il faut faire
71
Oui
72
En même temps je me disais là Montpellier ça fait quand même deux fois qu’on me le
propose c’est un poste qui est super intéressant, qui me correspondrait en terme de profil
euh directrice du pôle des sports de Montpellier euh avec une collègue qui elle, plus jeune
qui aurait des ambitions pour aller vers la haute performance et du coup moi pour me
mettre dans le stade de, qu’il y ait de la formation des jeunes gymnastes qui est plutôt
maintenant je sais plutôt ma tasse maintenant euh…voilà ça s’emboitait bien, ça pouvait,
on pouvait l’imaginer mais en même temps un crédit sur le dos, une maison, des enfants
euh bon voilà pff je me suis dit remettre les pieds dans l’entraînement autant ça veut dire
se faire happer aussi un petit peu, le risque de ça…et mon mari de toute façon impossible
de l’envisager même pas à vouloir regarder si il y avait des postes pour lui ou pas parce
qu’il est prof d’EPS donc bon on aurait pu se dire voilà est ce que un double fin une
mutation avec voilà est ce que c’est possible et puis bon, même pas, même pas possible de
l’envisager bon…et quand cet, je me suis dit en refusant ce poste qu’est ce que je vais
devoir accepter du coup, pour rester ici à Bordeaux et les seules possibilités qu’il y avait
c’était le poste que mon collègue occupe comme coordonateur et il fait
l’accompagnement lui exclusif d’adultes, d’adultes, d’élus euh ou euh le poste de, de DTZ
qui fait de la représentation en compétition et qui est tout le temps en compet’ en fait
voilà qu’elle passe de disciplines en disciplines, de l’aérobic au trampoline, à la gym
artistique, à la GR euh…et donc travail exclusivement les weekends et là j’ai dit ben je
trouve que j’en fais déjà assez le weekend, trois weekends par mois euh c’est déjà plus que
ce qu’on doit subir donc bon j’ai dit…le point se fait assez vite quoi, c’est vrai que ça me
faisait plaisir euh c’est vrai qu’il y a des choses qui me passionnent que j’ai retrouvé gout
à ma discipline après un moment où ça a été vraiment difficile de faire le point…mais
qu’en même temps je me dis euh je suis qu’au milieu de, qu’au milieu de mon, mon
parcours professionnel et que du coup ben c’est pas très, c’est pas très grave euh fin c’est
pas très grave euh qu’au milieu du coup ça laisse euh une possibilité de dire on envisage
autre chose aussi après quoi, j’avais déjà postulé sur des postes au CREPS ou à la DR qui
n’ont jamais abouti parce que c’est toujours des postes fléchés ou quand on part de sport
et femme justement le directeur de l’époque m’avait répondu c’était sur le poste de, qui
gère les, les athlètes de haut niveau, le suivi scolaire et tout ça (sonnette) excusez-moi, et
donc euh et donc euh… le directeur de l’époque m’avait dit vous savez madame euh vous
n’aurez pas vos mercredis hein c’est un poste pour lequel je ne, je ne délivre jamais
d’emploi à temps partiel euh…et je lui avais dit mais pourquoi vous me dites ça, vous
savez je suis cadre technique, je travaille le samedi, le dimanche, les soirées, le mercredi
euh voilà donc j’aimerais comprendre, moi j’aimerais avoir mes mercredi de pris
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
18
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
effectivement mais tout le reste de libre voilà et euh cet, cette manière de faire que voilà
y’a beaucoup d’à priori euh voilà ça me…c’est fort déplaisant quoi, se dire que du coup on
n’a pas euh la possibilité d’accéder à autre chose que, que le poste sur lequel on est ou à
un poste je sais pas, accessoire ou euh de super secrétaire ou voilà…donc du coup au final
je me suis dit y’a assez peu de perspectives possibles…à envisager donc euh le mieux c’est
de partir, de profiter de cette possibilité encore tant qu’il est temps euh…de toucher la
retraite qui permet aussi d’envisager ben de travailler pas forcement à plein temps tant
que les filles elles ont encore besoin de moi et puis après de moduler en fonction des
besoins quand elles feront des études qui coutera plus cher et, et où il faudra les
accompagner quoi, donc là mon projet euh…
73
De reconversion
74
De reconversion du coup euh je suis en cours de préparation parce que euh là je prépare
un examen qui devrai t me permettre de rentrer en 2ème année de psychomotricité et qui
va en fait dans le sens un petit peu de (rire) de ce que j’avais commencé à aire, alors c’est
marrant parce que c’est après coup qu’on sait que y’a des décisions qui se prennent bien
en amont sans qu’on en prenne conscience et que voilà y’a, le, le 1er fin le dernier
trimestre 2010 a été difficile pour moi parce qu’il a fallu que j’arrive à assumer euh mon
choix euh de l’accepter et de l’affronter parce que je me souviens parce que ça date de y’a
pas si longtemps euh avoir autant eu, avoir autant de difficultés à passer le professorat et
l’avoir parce que j’ai bien fait de le repasser deux fois euh quand on a un niveau 2 nde,
niveau scolaire forcement hein c’est un petit peu…il me manque un bout quand même et
euh et de se dire que ben là voilà on l’arrête après aussi peu avoir…profité hein entre
guillemets de, du travail fourni bon voilà ça a été beaucoup de questions par rapport à ça
surtout qu’on a un statut, on a un statut, on n’a pas besoin d’aller négocier son, son
salaire voilà on fait bon…ça a été difficile là-dessus, avec mon mari aussi euh voilà (léger
rire) et euh…bon pareil hein, pareil que pour la décision pour Montpellier c’est arriver à,
arriver à avoir le débat vraiment voilà, l’échange qui euh, qui est compliqué et euh bon au
final où il admet mes arguments où il comprends, il ne fait pas que les comprendre il les
admet parce que et là où moi c’était surprise c’était qu’en fait à chaque fois que j’en
parlais à différentes personnes, à renvoyer à eux-mêmes, à leur propre situation les
mêmes arguments, à me dire ben oui effectivement les glissements, els adaptations, les
machins, la mobilité euh le, les techniques de management un peu particulières euh et en
fait en partageant et en échangeant avec pleins de gens, y’en a pleins qui se retrouvent
aussi dans les mêmes argumentaires que moi, mêmes schémas et qui euh…pensent plutôt
à eux quand on échange qu’à, qu’à soi-même, avec d’autres personnes où c’est marrant
parce qu’on sentait un peu de distance et finalement partage, ça interroge qu’est ce que je
vais faire et tout ça bon des comportements très très différents les uns des autres,
d’autres qui sont euh jaloux un peu agressifs que cette possibilité me soit offerte de
pouvoir partir…bon voilà après moi j’ai l’impression d’avoir fait euh le cheminement de,
de quitter la fédération, de quitter la GR, de quitter euh mon statut avec sérénité alors
c’est peut-être qu’une impression apparente
75
Vous ne paraissez pas finalement en avoir eu vraiment envie quoi
76
De partir
77
Ouais
78
Euh
79
Tout parce que… pas penser à, à, à… adorer votre métier
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
19
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
80
Fin oui oui
81
Voilà
82
Mais je me suis dit aussi que c’est, c’est, le discours que j’ai eu auprès du DTN hein quand
je lui ai annoncé de, de partir, lui il est arrivé y’a un an et demi
83
Oui
84
Donc je lui ai dit moi ma, mon histoire avec la fédération a commencé y’a 32 ans
85
Oui
86
Donc euh y’a, j’ai eu à subir aussi beaucoup de choses euh pas toujours faciles, que ces
gens sont toujours là, que c’est un milieu qui est extrêmement dur et euh et que quand je
fais le tour des différentes personnes y’a des gens qui vont me manquer hein mais c’est,
ces personnes là si on a été aussi proches je pense qu’on le restera
87
Oui
88
Bien sûr la GR me proposait cette opportunité de se retrouver et d’avoir un…un prétexte à
échanger, c’est ce qui nous a réunit et c’est, mais pour autant euh…je me dis que même en
étant psychomotricienne pourquoi ça m’éloignerait autant de la discipline par contre ça
me laissera le choix, le choix de refuser ou d’accepter et de ne faire que ce qui me plait,
voilà. Que là en ayant le statut de fonctionnaire de, d’avoir l’impression de subir
énormément de choses et que là avoir un petit peu les différents glissements et tout ce
qui, tout ce qui était euh transmis dans les différents discours, les inquiétudes et tout ça,
avoir l’impression que le corps des cadres techniques va disparaître ou fondre, que à la
fédération on va passer de 88 à 56 en quatre ans, que, je me dis déjà que j’ai l’impression
de faire que des paperasses ou beaucoup nous extraire en fait de, du terrain, à 56 on va
faire que de la coordination euh bon moi je vois y’en a certains ça fait 20ans qu’ils font de
la coordination ben ils sont complètement déconnectés des réalités de terrain euh c’est
des managers intransigeants qui n’ont rien dans la vie euh et voilà moi j’ai pas envie de
ressembler à ça, j’ai pas envie de faire ça, c’est pas ça qui m’intéresse, c’est pas qui m’a fait
venir pour ce métier là et je pense que le métier pour lequel je me suis formé n’existe
plus…en tout cas pas dans ce contexte là, mes exigences elles sont telles que être à
Bordeaux et pouvoir faire de l’entraînement ou de la formation de jeunes gymnastes et de
la formation d’entraineur ben c’est peut-être possible mais bon il faut en aire beaucoup
de concessions, les entraînements que je fais le mercredi c’est plus ou moins euh…c’est
plus ou moins bénévole, ça se rajoute à ma lettre de mission euh ça n’y serait pas, je
n’aurai pas d’autre chose qui, qui viendrait se rajouter par contre ben je sais comme
sacrifice pour moi ça a été de ne pas passer le mercredi avec les, mes enfants qui était la
journée privilégies parce que j’étais pas là le samedi, pas là le dimanche, j’étais pas là en
soirée pas souvent euh ben du coup le mercredi jusque y’a deux ans c’est le jour que je
passais vraiment complètement avec les filles quoi bon euh voilà c’est un grand sacrifice
aussi quoi, ça me fait plaisir, en même temps je sais ce que je sacrifie derrière quoi hein
bon mais euh…je suis euh, je pense être dans, dans la situation où je pars quand même
sans regret parce que j’ai fait quand même beaucoup de choses, j’ai fait le tour, je suis pas
sûre de pouvoir espérer, pouvoir faire d’autres trucs vraiment très stimulant quoi voilà
alors le DTN quand, quand je lui avais dit que j’étais sur, en train de réfléchir à cette
possibilité là euh…bon…je pense qu’il l’a pris un peu comme une…une alerte mais sans
plsu quoi et quand deux mois plus tard il m’appelle pour euh me proposer de changer ma
lettre de mission et me proposer d’autres responsabilités parce que bon quand on s’était
rencontré à son arrivée on avait eu une assez bonne approche parce que l’ancien DTN on
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
20
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
l’a eu 23 ans et je m’entendais pas du tout avec lui et il avait euh sa petite porte autour de
lui, nanin, une fois qu’on est pas dans les bons papiers euh on e paie un moment
89
Ouais
90
Bon lui il s’est trouvé qu’on a eu une discussion en plus de ça comme j’étais dans une tat
d’esprit un peu particulier avec ce questionnement qui était pour, à ce moment là en tout
cas qui me perturbait euh parce que elle me faisait peur parce que, parce que, parce que
je sentais que pour l’instant mon mari pas trop partisan et je me sentais euh seule voilà…
avec des collègues qui étaient déjà parties bon euh et euh donc fin novembre quand il m’a
appelé pour me proposer d’autres missions là j’ai réalisé à quel point en fait mon
cheminement était déjà abouti, en fait euh j’avais déjà pris la décision et que, et que je me
voyais pas rester, y’a des choses que je veux plus faire, y’a des choses ça me fatigue, ça me
lasse, ça me saoule voilà bon c’est trop, trop récurrent, trop redondant, trop inutile euh
voilà et que tant qu’à y passer du temps autant que ça serve à quelque chose quoi, voilà
les, les réunions de bureau et de comité où on attend allez je suis restée des fois 5h…sur la
scène à faire juste acte de présence sans jamais à aucun moment être sollicitée et euh
voilà y’a le président régional qui ne fait que son petit euh, montre son PowerPoint, ses
statistiques et tout ça y’a pas de travail euh de fond parce que des fois on oublie qu’on est
là pour la gym euh oui y’a du, y’a des chiffres, y’a des choses euh la gestion et bon voilà
quoi et pas toujours pouvoir s’extraire de ces, de ces moments là et pas pouvoir justifier
d’être absente euh pas pouvoir voilà quoi bon donc moi je sais que la charge de travail est
quand même assez importante et euh bon quand en plus y’a ces moments là c’est dur
quoi, c’est lourd…donc euh donc voilà moi par rapport à la discipline c’est vrai que j’y ai
retrouvé gout et y’a des choses qui me, qui m’interpelle et qui me stimule et tout ça pour
autant euh bon je pense que quand même le parcours est fait quoi, 32 ans, ça fait les ¾ de
ma vie (rire)
91
J’ai bien entendu
92
(Rire)
93
Et retenu
94
Ouais non mais voilà c’est ce que je me dis, y’a des choses où je sais que j’ai plus rien à
espérer en tout cas dans les changements à la fédération, dans voilà bon c’est, c’est hyper
politisé, c’est des jeux de pouvoirs, c’est la cour bon…vous auriez des toilettes à proximité
95
Pas de problèmes (coupure). Dans vos propos, vous avez évoqué une ou deux
anecdotes sur euh parfois la, le, la nature des relations en tout cas des, quelques
remarques qui pouvaient ici ou là dans certaines réunions auxquelles vous assistez
se révéler plutôt machistes vis-à-vis euh de la gente féminine occupant ces
fonctions, est ce que ce type de, de comportement euh est quelques chose que vous
avez perçu comme étant fréquent en 17 ans de carrière mais quelque soit
l’interlocuteur hein que ce soit des dirigeants de clubs euh des directeurs régionaux
euh des DTN plutôt homme ou d’autre pairs CTS
96
Oui
97
Est-ce que ce sont des choses
98
Oui c’est fréquent euh après on…bon moi je sais dans mes collègues ceux qui sont
habitués à ça, y’en a un qui a eu un procès pour harcèlement moral…sur, sur une de mes
collègues donc bon euh après bon c’est vrai que moi j’avais une, une autre attitude que
ma collègue pour réagir bon on sourit bon voilà et puis ça passe, ce qui est plus choquant
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
21
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
c’est quand ça vient de la part d’un directeur régional…euh quand ça vient de collègues et
qu’ils sont en majorité voilà de toute façon, pas trop, pas trop le choix mais c’est vrai que
c’est assez euh, ça arrive assez régulièrement amis à l’inverse j’ai eu une formation à
mettre en place là au début de l’année euh y’avait que des femmes stagiaires euh des
femmes de mon âge et un peu plus âgées et des plus jeunes et j’avais fait venir un
intervenant homme plutôt, plutôt mignon bon pareil il a eu des réflexions lui aussi
99
(Léger rire)
100
Donc bon on se dit finalement voilà c’est parce que les contextes s’y prêtent bon euh
j’étais gênée pour lui parce que je le connaissais pas beaucoup
101
(Léger rire)
102
Je l’avais sollicité, j’étais son interlocutrice et tout ça donc je me dis bon c’est pas possible
bon après euh peut-être que lui il le prend de manière, c’est peut-être plutôt flatter et
dans le sens moi je sais fin j’en sais rien mais ça, je me suis ait cette réflexion que
finalement
103
Oui dans les deux sens
104
Oui, on réagissait exactement pareil que les hommes quoi mais oui oui ça arrive, ça arrive
souvent euh
105
Comment vous l’expliquez, c’est quoi la compétence euh des femmes qui est, qui est
pas nécessairement euh, qui doit être prouvée systématiquement ou qui est
106
Ben là dans ce genre, non là dans ce genre de cas c’est pas, c’est pas ça c’est plus
107
Grossier
108
Histoire de dire
109
Oui
110
Histoire de fanfaronner euh voilà, de s’affirmer
111
Oui
112
Voilà, là dans ce, dans ce type de situation oui c’est plus euh présentation sociale (rire) le
directeur régional aussi c’est pour se mettre, c’est pour se mettre à al portée de ses agents
en même temps je sais que un des directeurs moi j’avais, que j’avais vu euh, qu’était
plutôt guindé, un peu pincé euh lui a eu, avait eu une autre attitude que j’avais trouvé
assez euh, assez juste, je sais pas si il l’avait calculé mais en tout cas on fête un départ en
retraite d’un collègue bon ça commence plutôt gentil, quelques chansons, y’en avait qui
avait sorti al guitare et tout ça et puis la soirée avançant ça a commencé un petit peu à, à
glisser vers plus paillard voilà et euh le directeur régional a attendu un petit moment
voilà tout le monde a souri, lui aussi, tout le onde regardait comment réagissait le
directeur régional puis au bout d’un moment il s’est éclipsé et a laissé le reste de ses
troupes continuer, je pense que c’était la bonne attitude dans, dans ce contexte là, en
même temps c’est resté bon enfant euh bon c’est ce qu’on peut entendre dans les soirées
étudiantes voilà…
113
Oui
114
Mais euh…quand ça vient d’un directeur régional bon la, ma collègue il lui avait, il avait
commencé à parler de promesse, promotion canapé devant toute l’assemblées des cadres
techniques en la regardant elle spécifiquement et s’est trouvé tout le temps où il a été
directeur régional complètement gênée de, de, de son regard et tout le temps à chercher à
se mettre derrière et il se trouve qu’on nous confond tout le temps toutes les deux…on
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
22
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
est pas pareille du tout physiquement et euh mais bon euh je, je vais pas vous dire quelle
spécialité elle a mais
115
Non non
116
(rire) mais euh voilà même dans nos collègues on nous confond, donc je sais qu’on s’était
rapproché à ce moment là parce que moi le jour où le directeur régional était intervenu
j’avais pas plus relevé que ça et c’est elle qui s’est senti particulièrement gênée parce
qu’elle était au 1ere rang et qui il l’a, il l’a regardé avec, de manière insistante et que du
coup mais complètement perturbée euh affolée hein moi je sais que elle venait se
refugier, elle venait auprès des filles, elle cherchait du secours hein vraiment et euh…bon,
je peux comprendre, je peux comprendre après moi j’en ai pas fait l’objet directement
donc et je peux comprendre, je sais que bon nous comité régional là y’a, y’a, y’en a un qui,
un des vies-président qui est là très souvent, qui boit beaucoup et euh bon qu’a la main
baladeuse alors surtout avec les secrétaires donc elles veulent absolument éviter d’être
isolées euh quand il est présent donc euh on essaie de finir toutes, toutes en même temps,
y’en a une qui se laisse pas embêter mais dans les plus jeunes elles sont…elles ont
demander à ce que, à ce que ça puisse ne plus se passer quoi…bon avec moi c’est un peu,
un peu différent, je sais pas, je suis moins là aussi quoi, je fais aussi moins en sorte de pas
être là à 7h le soir…
117
Le monde de la GR encadrement hein CTS plus dirigeants c’est un monde masculin ?
118
Non (sourire) que féminin, ça a pas été toujours le cas mais que féminin depuis maintenant
un petit, un petit bout de temps sauf le DTN mais sinon et si y’a, y’a un CTN qui…qui
manœuvre et qui manigance autour de ces dames et euh qui, qui joue les vieux beau et qui
voilà…
119
C’est pas nécessairement plus simple que ce soit uniquement un monde féminin
120
Non
121
Plus facile par rapport aux femmes nécessairement
122
Je connais pas, je connais pas suffisamment de milieux bien mixtes euh bien équilibrés
dans la mixité c'est-à-dire que c’est
123
Pas suffisamment de milieux
124
Ben parce que c’est ou très fort euh strictement masculinisé
125
Ouais
126
Ou très fortement féminisé mais euh des vrais milieux équilibrés euh j’en connais pas, j’en
connais pas vraiment donc, donc du coup c’est difficile de dire comment ça serait si euh
voilà nous on a, on a un peu, y’a quelques hommes quand même hein qui circulent dedans
entre les cours de danse, avant à mon époque y’avait des pianistes euh quelques
dirigeants bon mais à la, au sien de la fédération pour ce qui est du secteur GR ce sont que
des femmes et euh…c’est pas les plus tendres non plus hein
127
Oui oui
128
Parce que y’en a certaines qui ont sacrifié leur vie personnelle dons du coup elles
comprennent pas pourquoi on ferait pas pareil euh et puis qui, comment on est dans un
rapport qui est compliqué hein entre bénévole et, et euh, et, et fonctionnaires c’est même
pas salarié, ils aimeraient qu’on soit salarié et qu’on se comporte comme des salariés
soumis à leur
129
Oui à leur rythme, à leur
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
23
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
130
Oui et puis surtout à leur bon vouloir donc là le grand jeu l à pour le secteur Gr c’est de,
c’est d’arriver à soumettre les cadres techniques à leur volonté et euh qu’on fasse ce
qu’on nous demande, ce qu’on a besoin donc la plupart du temps c’est faire des
photocopies, classer des papiers, machin et donc euh j’ai encore, j’ai encore sorti ma
pancarte cadre technique et pédagogique, dis moi si je suis convoquée en compétition, je
veux bien faire de l’analyse, de la recherche, de la formation euh faire les photocopies si
c’est vraiment nécessaire mais je pense qu’il y en a d’autres qui ont des compétences,
quand on est plus que 6 en France je pense que voilà quoi, donc à un moment c’était de
tenir le micro en compétition, c’était des choses comme ça et bon on s’y est opposé, on a
été plusieurs bon mais du coup on a été mise au banc aussi quoi, on a les conséquences de
nos revendications (rire) et euh non c’est un milieu qui est super dur euh, y’a pas de pitié
et euh, et là moi je, depuis que je suis un peu plus en retrait bon du coup euh voilà quoi
hein j’ai pas pris partie non plus, j’ai pas, mais en même temps je vois deux collègues
jeunes qui sont en train de se faire broyées bon…je me dis, ça me rappelle des trucs…euh
et qu’en même temps bon euh voilà quand je peux dire quelque chose parce que ça me
semble euh pouvoir apporter je le dis maintenant bon euh les gens qui sont montés au
créneau quand moi j’étais en difficulté…y’en a peu…y compris quand c’est pour raisons
médicales et que on a une fille qui est, voilà qui mange plus, qui boit plus où c’est et puis
même vraiment y’avait personne hein, personne donc euh pff voilà bon après moi je dis
les, mes combats ils sont ailleurs je pense
131
Oui
132
Voilà donc j’ai envie, j’ai envie de me battre pour, pour d’autres choses qu’il me semble
plus importantes finalement qu’est ce que c’est que la GRS dans tout ça bon voilà quoi, ça
peut être l’objet, prétexte à faire certaines choses, ça après si on peut pas les faire…c’est
pas très grave quoi, on les fera ailleurs…ben maintenant là où j’en suis c’est euh, j’ai peur
de pas être à la hauteur de ce que je me suis fixée pour après
133
L’objectif
134
Voilà (rire) parce que bon euh là cette, cette possibilité de passer l’examen de, de fin de 1
année c’est parce que je suis professeur de sport
ère
135
Oui
136
Ca veut dire que derrière il me reste deux ans de formation, il faut arriver à le décrocher
cet examen et bon voilà la barre est haute, là je continue à travailler, je révise en même
temps, je suis mère de famille tout ça donc à nouveau voilà…euh et puis je sens que j’avais
besoin aussi euh, j’aurai eu besoin de me reposer
137
Oui
138
(Rire)De poser
139
De se ressourcer
140
Oui et euh…là je me dis que si jamais je parviens, je réussi l’examen, que je rentre à
nouveau en formation avec les gamins qui ont 20 ans et tout ça, je vais me retrouver…bon
voilà je pense que y’a des moments je vais un peu halluciner quand même euh bon ça me
fait, ça me fait as peur parce que j’ai envie, je suis intéressée, je suis intéressée, là même
en travaillant toute seule y’a des choses qui me euh que je retrouve de ce que j’ai cherché
comme solutions quand j’étais entraineur et tout ça parce que je me rend compte que
c’est vraiment un domaine qui m’intéresse euh c’est, c’est bête de dire ça hein (léger rire)
voilà j’en suis curieuse voilà donc voilà ça, ça a cet attrait là, après c’est la peur de, de pas
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
24
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
en avoir la capacité et intellectuelle et euh voilà et de se dire que peut-être y’a des fois on,
on se met dans la panade (léger rire) bon j’espère que non hein euh je me, je veux rester
confiante mais bon je suis inquiète quoi, c’est clair
141
Est-ce quand on est maman CTS euh y’a une pression sociale du style euh j’en sais
rien moi le regard de la maitresse qui peut reprocher que la maman ne soit pas
nécessairement tout le temps là à 16h30 parce qu’elle travaille, le regard à la
crèche, le regard de la belle-mère, des parents fin est ce qu’il y a une pression
sociale ?
142
Y’a une pression sociale et y’a une pression sociale d’autant plus quand euh ouais y’a un
enfant à problèmes
143
Ouais
144
Donc voilà la petite qui a fait de l’anorexie à un an et demi euh il se trouve qu’on est
toujours en difficulté avec elle depuis euh depuis ce moment là, pas tout le temps, pas, pas
permanent et sans qu’on arrive vraiment à trouver ce qu’il y a, ce qu’il y a vraiment donc
euh…donc là c’est compliqué oui quand ben la, là la semaine dernière j’ai eu droit à tout
ce qu’ils l’ont encadrer pendant une semaine, à chaque fois convoqué et voilà quoi…c’est,
c’est difficile pas seulement parce qu’on est cadre technique mais pare qu’on est maman
et que on porte, on porte tout hein, on porte toutes les responsabilités du monde euh…
moi quand, quand elle a fait son anorexie le pédiatre voilà j’ai eu l’impression qu’il me
faisait culpabiliser à mort…et forcement déjà je pense naturellement une maman nana
donc euh pff du coup c’est pas, c’est pas forcement très simple à gérer euh…y compris
quand on n’est pas cadre technique je pense bon après je sais pas, je suis cadre technique
(léger rire) mais bon…c’est clair que…c’est clair que c’est jamais simple voilà mais c’est, je
pense pas que ça soit simplement dû au fait, que d’être cadre technique, après bon
chacun, chacun se, se, se fait porter sa, sa propre culpabilité aussi quoi hein bon euh moi
je sais que la période où euh quand j’ai repris mon, mon boulot là après, après ma 2 ème
fille euh y’avait des moments j’aurai eu envie de lever le pied quoi hein
145
Ouais
146
C’est clair et que bon c’était pas possible et pas possible de se dégager de quoi que ce soit
donc vraiment euh et là euh…là on se dit que des fois y’a vraiment un manque de
conjonction entre les, entre les différentes (léger rire) choses, on n’arrive pas à aménager
euh tout et qu’il faudrait pouvoir euh…mener de front tout y compris les congés de
maternité, les absences et out ça euh sans que n’y paraisse rien
147
Oui oui
148
Donc euh on en a discuté longtemps avec une collègue hein parce qu’on s’est rendu
compte on a comparé avec les autres qui étaient passé en formation, professorat en même
temps que nous, bon on était pas au même échelon hein, alors toutes les deux on s’est
tenu toujours mais elle a trois enfants, on est pas passé aux mêmes notes administratives
en même temps mais bon grosso modo on s’est suivi quoi et euh on a dit quelque part on
en pâti et donc pour le 2ème congé de maternité j’avais demandé à avoir euh, à pouvoir
obtenir des vacations et que je disais je ne comprends pas pourquoi, n’importe quel autre
salarié pourrait être remplacé en congé de maternité et que moi en étant fonctionnaire ça
n’est pas possible donc j’avais, on avait réussi à obtenir quelques vacations pour euh, pour
une fille avec laquelle je travaillais sur le secteur de la formation et pour le 3 ème congé de
maternité ce, ce processus là a été terminé, plus de possibilités d’avoir des vacations et
euh je me dis c’est quand même incroyable…donc euh donc du coup ça fait porter entre
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
25
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
collègues, parce que mon collègue récupérait aussi euh certains dossiers euh moi j’en
récupérais d’autres, on en ventilait, on laissait tomber des trucs donc on porte quand
même euh et une culpabilité soi-même mais le regard des autres sur lesquels on met un
peu plus de pression parce qu’on leur demande une charge de travail euh ben qui est
inhérente au, au truc bon euh voilà c’est, ça nous met dans des situations où c’est pas
normal quoi, pour le 3ème congé de maternité là j’avais anticipé les choses un eptit peu
différemment parce que comme j’accouchais au mois d’Avril, je savais que c’était au plus
gros de la saison et que du coup j’avais arrêté de chercher à jongler entre les trucs, j’avais
dit ça on fera pas, ça on fera pas, ça on fera pas, ça on fera pas, ça on fera pas…j’avais pris
les devant euh bien en amont en sachant que comme les deux 1er congés de maternité
j’avais été arrêté à 6 mois, je savais que fallait arrêté de rêver euh d’être arrêté à 7 mois et
demi, que avec un, des trajets et puis bon ben j’ai des problèmes de sante qui me
permettaient pas de toute façon de, de poursuivre le, le travail jusqu’à, jusqu’à une date
normale de congé de maternité donc euh voilà j’avais pris les choses beaucoup plus
sereinement mais c’est vrai que je les avais prises un peu plus en main donc je pense que
ça correspond aussi à voilà à mon évolution personnelle euh dans la vie où j’ai réalisé que
bon si le 3ème enfant je le voulais, il fallait que voilà je mette toutes les chances de mon
côté et que…mais euh…mais c’est vrai qu’on se laisse un eu se débrouiller, moi j’en ai
discuter avec une collègue qui a mis son 2ème enfant pareil on voit, on voit les, les femmes
se mettre dans la panade complète sans qu’elles soient accompagnées, sans qu’à à aucun
moment on leur dise mais tu as droit à ça, tu peux faire ça et euh…et voilà on sait se
débrouiller toutes seules avec nos travers à nous euh qui, qui sont pas de la pression des
uns et des autres de vouloir assumer, d’être forte voilà, on peut tout faire, on est des
wonderwomens ben non…c’est pas comme ça que ça se passe quoi et bon ça euh après
chaque femme est différente mais en même temps bon pour la plupart celles qui
m’entourent euh on a toute ce côté-là, le sens du sacrifice un peu trop développé quoi,
bon voilà mais bon c’est de notre faute aussi, y’a des fois on, on se met toute seule des
pièges hein…
149
Je voudrais pour terminer revenir sur euh les 15 ans de carrière sportive puisque 32
ans y’a de la carrière sportive là-dedans ; vous êtes tombée comment à la GR ?
150
Je suis tombée euh devant la télé avec (sourire) Comaneci
151
(Rire) oui
152
Sur vraiment la génération voilà opportune euh même si du coup ça m’a fait commencé
tard la gym mais euh ben tard pour euh une carrière internationale parce que j’ai
commencé, j’avais 9 ans et euh j’ai fait de la gym d’abord jusqu’à ce que je, je sois un peut
grande (léger rire)
153
(Léger rire)
154
Et que y’ai un entraîneur euh une traineur de GR qui passe par là, c’était pas du tout
connu, moi j’ai, je connaissais même pas, j’avais même pas vu qu’il y avait une autre
discipline dans le même gymnase et puis euh…elle faisait le tour des (sonnette) elle faisait
le tour des, des, des euh des groupes pour faire sa petite sélection et choisir euh et donc
euh elle a demandé à rencontrer ma mère et euh l’année d’après que fon d’essayer en fin
d’année euh et puis l’année d’après de, que je m’inscrive pour la GR, ils e trouve que cette
dame c’était une roumaine euh qu’était arrivée quelques années avant et qui était en
train de construire en fait une école de, de, de jeunes gymnastes donc avant moi y’en a
avait, y’avait quelques modèles euh…qui commençaient à faire des compétitions
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
26
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
internationales, qui étaient un peu plus âgées euh et avec lesquelles je pouvais avoir un
échange et euh voilà qui du coup m’ont tiré vers, vers le haut et avec euh…donc autant
celle qui était, celle qui était avant avait de la concurrence, commençait juste à rentrer en
équipe de France, moi je suis arrivée avec euh presque que 14 ans d’écart avec, avec celles
qui étaient précédemment championnes de France, elle avait 28ans la dernière
championne de France et moi je suis arrivée avec les 14 ans et puis du coup ben un
nouveau courant, un nouvelle dynamique, jeunesse, un nouveau travail et donc avec moi
ben toute une flopée de, d’autres, d’autres gym de cette école là et puis de l’école de
Calais…et donc euh voilà ben nouvelle guerre, nouvelle opposition etcetera bon voilà et
euh…donc y’en a quelques unes avant moi qui ont fait des compétitions internationales et
puis euh après ben quand j’ai été championne de France voilà j’ai eu l’occasion de faire un
e1ère compétition puis une autre et puis une autre et en fait euh assez vite elle a, elle m’a,
j’ai aps fait des compétitions tout de suite pendant un an et demi euh ou deux ans je suis
restée au sein du club alors que je voyais les autres faire des compet’
155
Pourquoi, pour vous protéger ?
156
Ben j’en sais rien, j’ai jamais eu l’explication moi je l’ai vécu comme une frustration à
cette époque
157
Oui j’imagine
158
Parce que les autres copines elles me faisaient voilà
159
Oui
160
Et euh donc du coup je suis, bon (sonnette) décidément, je vais vraiment l’éteindre…et euh
le…
161
Pas de compétitions
162
Pas de compétitions et euh donc j’ai commencé à 11 ans à faire mes premières
compétitions nationales et euh avec du succès tout de suite donc euh la facilité parce que
1ère partout à chaque fois que je me présentais jusqu’à ce que j’arrive en senior et voilà
donc euh faut croire qu’elle nous avait préparé fin en tout cas qu’elle m’avait préparé
correctement pour que j’arrive à sortir solide, déjà…et euh donc j’ai fait un championnat
d’Europe puis un championnat du monde et qui était qualificatif pour les Jeux, je me suis
qualifiée pour les Jeux et j’ai fait les Jeux Olympiques et euh donc là ben déjà à cette
époque déjà une, assise un peu à mon statut de, de 1ère française et voilà quoi euh.. .et là
les problèmes ont commencé (rire) parce que euh en tant qu’athlète avec mon entraîneur
j’avais vraiment du mal à, des problèmes relationnels parce qu’elle avait euh c’est
marrant parce que c’est un mot je me rends compte que je viens d’utiliser quand même
beaucoup la volonté de soumettre les gens et moi j’étais pas du tout, je suis une forte tête
163
Oui
164
(rire) et que en fait arrivé à un certain âge j’avais envie de pouvoir choisir ma musique,
mon justaucorps, la couleur du justaucorps et que ben elle me l’offrait pas et que du coup
on allait au conflit et que ça devenait vraiment très compliqué et que je sentais elle était
même à me sacrifier pour, puisque je n’étais plus, elle ne me reconnaissait plus comme
étant sa, sa chose quoi donc euh ben du coup euh j’ai eu la possibilité de partir, je suis
partie à Strasbourg euh où j’ai trouvé un autre entraineur et un autre mode de
fonctionnement du coup alors là déstabilisant parce que euh de la liberté mais du coup un
peu trop parce que pas suffisamment de guide dans le, le travail pas suffisamment de
sérieux donc du coup je, je m’y suis astreinte euh en me rendant que ben euh j’étais en
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
27
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
train de régresser, qu’il y avait des choses sur lesquelles j’avançais pas, j’étais pas en
réussite en compétition donc sur moi-même un gros travail de réflexion et d’observation
mais que j’avais déjà mené, j’ai retrouvé mes cahiers d’entraînement, là ça me fait peur
parce que on dit…je suis pas sûre qu’elle soit très équilibrée (léger rire) avec une
observation que je menais, des relations entraineurs – entraîné euh des autres gymnastes
parce que moi j’étais surprise que ben nous notre entraineur il était toujours dans la
négation, toujours très négatif euh…dans ses, dans ses corrections euh…et je voyais
d’autres entraîneurs très maternels avoir un contact physique avec euh, avec leur gym
euh on voyait qu’il y avait un échange, je voyais les gym parler à leurs entraineurs et tout
ça même les étrangères, je regardais et donc je prenais des notes (rire) et euh…donc ben
j’ai continué ce travail là en étant, en étant sur Strasbourg et en disant bon qu’est ce qui
marchait bien ( ?) qu’est ce qui me permettait d’avancer et donc d’arriver à se restructure
toute seule un peu mon entraînement euh profiter de la liberté mais en même temps euh
moi m’astreindre pour d’autres quoi et donc là j’ai continué 2ans, deux ans ma carrière et
puis euh j’avais pris beaucoup de poids, beaucoup grossi et euh…et bon là du coup on m’a
fait comprendre que j’avais plus ma place en équipe de France et comme j’avais
commencé un petit peu à entraîner des, des pelus jeunes et des, des filles qui étaient
concurrentes avec moi mais où j’avais commencé à faire des compositions, faire de la
recherche artistique et tout ça bon là du coup j’ai, je me suis mis là-dedans en me disant
que finalement avec toutes ces observations que j’avais fait euh, que j’avais acquis des
compétences euh mais que j’avais pas la capacité d’exploiter parce que j’en avais pas
euh…ni la possibilité, n iles capacités, j’étais assez consciente de mes limites, qu’il y avait
des choses que j’avais apprises mais que j’étais pas capable d’exploiter parce que, parce
que je manquais d’assurance, parce que bon pleins de choses, pleins de choses que j’étais
plus, pas capable de faire donc du coup je me suis dit autant en faire profiter les autres,
leur proposer des raccourcis plutôt que elles fassent le même cheminement que moi, pour
que je puise leur apporter euh voilà des choses
165
Ce goût pour l’entraînement il a émergé tôt chez vous
166
Oui il a, ouais tôt parce qu’en plus de ça avec la roumaine à Orléans euh comme y’avait
beaucoup de choses qu’elle ne nous apportait pas on avait pris l’habitude d’échanger
entre gymnastes et donc on s’apportait mutuellement des filles plus âgées et aussi des
partenaires d’entraînement et donc ces échanges là ont, on avait gardé l’habitude du coup
une, une capacité à observer euh et à, et à s’apporter mutuellement, se serrer les coudes
dans la, dans l’adversité (sourire) contre l’entraineur euh voilà donc euh je pense que c’est,
c’est aussi un bon moyen de, de, d’avancer en tant qu’athlète de, que de pouvoir analyser
sa pratique et celle des autres donc moi les filles que j’entraine j’essaie de les mettre, de
faire changer de position à certains moments, qu’elles soient en situation d’entraîneur
euh aussi à certain moment qu’elles puissent réaliser aussi en voyant les autres, ça
marche hein, de temps en temps surtout que bon là moi je, je le crée, je crée cette
situation…donc euh on arrive à la maitriser euh…voilà que, que bien entendre ce que les
gyms peuvent se dire aussi entre elles parce que des fois ça fait, elles peuvent ne pas être
tendres fin qu’il y ai des choses qui soient pas…pas bonnes à transmettre voilà
167
Et dans votre famille, c’était une famille de sportifs ? Vous sortez d’une famille
sportive ?
168
Non
169
Pas du tout
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
28
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
170
Pas du tout euh, pas de pratiquant en tout cas mais dans l’esprit sportif mais enfin mon
père a fait un peu de voile et euh…bon passionné de sports mécaniques
171
Oui
172
Mais après euh mon grand-père faisait de la voile aussi, du canoë, des choses comme ça
mais bon pas de, pas de sports en compétition, pas du tout quoi
173
Votre maman pas de sports non plus
174
Non
175
Compet’ ou pas
176
Non
177
Pas du tout, vous êtes fille unique
178
Non on est deux, ouais
179
La fin la, le frère ou la sœur
180
Non une sœur
181
Euh gym aussi ou…
182
Elle a fait beaucoup de choses, de la gym, du basket euh, de la natation euh un peu de tout
et un peu de rien, ben elle a jamais aboutit complètement…elle faisait deux ans euh deux
ans d’un truc et passait à autre chose quoi
183
Et votre réussite précoce à la gym ça a mobilisé la famille autour de
184
Ouais
185
Ouais
186
Trop (rire) trop du coup, du coup mes relations avec ma sœur en ont pâti euh forcement,
elle est plus âgées que moi de, de 4ans
187
C’est
188
Et euh…on a renoué nos relations que très récemment donc euh il s’est passé longtemps à
(sourire) avant que ça, ça n’arrive et oui oui ça a mobilisé, beaucoup mobilisé parce que
euh on habitait avec ma grand-mère, ma grand-mère était très fière de, de ce que j’avais
fait fin mes grands-parents d’une manière générale euh…ma grand-mère avait dit que
elle, elle me suivrai t aux Jeux Olympiques à Los Angeles bon elle est décédée quelques
mois avant mais euh parce qu’elle a, j’ai un oncle qui habite à San Francisco, elle avait dit
j’irai voir mon fils et euh j’irai voir ma petite fille aux Jeux Olympiques quand même, je
veux pas louper ça bon elle a, elle avait 60euh 76ans je crois, quelque chose comme ça, elle
venait de se faire opérer d’une hanche et elle a pas, elle a pas supporter la, l’opération
donc voilà mais euh oui ça, ça a beaucoup cristallisé autour de moi,, c’étant gênant parce
que ça occupait en fait de manière permanente les, les relations euh quand on recevait
des amis et les coupes et les médailles et les photos et les machins voilà
189
C’était mis en scène dans la salle à manger tout ça
190
Oui
191
Oui ok
192
Oui…donc euh mais c’était pas très mis en scène par rapport à ce que je peux voir moi
maintenant que, voilà mais euh malgré tout quelques coupes et médailles voilà qui
trainent toujours bon euh oui c’était là, mon père suivait aussi les compétitions, ma mère
un petit peu moins, elle elle suivait quand c’était euh des compétitions importantes et en
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
29
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
France mais sinon bon y’avait ma sœur à s’occuper aussi donc euh…donc euh donc euh
voilà puis c’était aussi après entre, entre mon père et moi souvent l’objet du, de nos
relations quoi voilà donc, quand j’ai arrêté du coup ça a été un moment où ça a beaucoup
mis en question tout ça quoi
193
Ouais
194
Mais bon y’a toujours un arrêt, à un moment, ça s’arrête toujours (sourire)…et euh voilà
quoi
195
Vous en avez fait combien de Jeux 84 Los Angeles
196
Un seul
197
Un seul
198
Un seul, un seul parce que bon on a des carrières courtes fin j’ai arrêté à 19 ans ce qui est
maintenant euh pour les générations de maintenant c’est, c’est tôt euh maintenant elles
peuvent continuer 24/25 ans euh pour celles qui sont déjà en réussite, pour celles qui
n’ont pas encore concrétiser leur projet sportif, généralement elles ont déjà arrêté à ce
moment là parce que y’a l’entrée à l’université, parce qu’il y a pleins de choses mais euh…
non à 19 ans parce que, parce que j’étais fatiguée et là où moi j’ai eu des échanges avec
des gens de la natation synchronisée là quand j’étais en, à l’INSEP et euh ce qu’elles me
disaient c’est que elles ont des carrières plus longues que les nôtres et qu’elles se, elles
acceptent que y’ai des moments euh d’interruption euh des parenthèses dans la vie, dans
leur carrière, dans, pour différentes raisons hein mais que ça puisse être 6 mois, 9mois de,
de stand-by qui permettent de se ressourcer avant de revenir et que y’ai pas, y’ai pas de
couperet définitif comme ça, moi je sais que la prise de poids pour moi elle était euh elle
était révélatrice dans je me sentais en danger de devoir porter je pense trop de choses
toute seule, de devoir créer mon propre timing d’entraînement, de voilà , c’est euh c’es
tune prise de risque à 18 ans de, de se, de s’entraine seule, de voilà moi je me sentais euh,
je me sentais en danger quoi, je pense que cette protection graisseuse (rire) elle était
physique et intellectuelle quoi hein donc…et euh…après bon moi je sais que quand j’ai
travaillé avec les équipes de France euh voilà je, j’essayais de faire prendre conscience
voilà de tout ces appels que les gymnastes peuvent avoir, que ce soit la blessure, la prise
de poids euh, la, la pas la dépression mais euh le surmenage, des choses comme ça ou euh
que les gens il fallait etre attentif et pas les laisser aller jusqu’au bout, pas se, pas les
laisser euh s’exprimer que par la blessure et euh voilà qu’il fallait pouvoir que ces
échanges ils existent pour ne pas arriver là quoi, mais euh…bon voilà quoi
199
Vis-à-vis de, de ce sujet qui nous, qui nous amène à nous rencontrer est ce que euh
vous avez l’impression que sur cette thématique femme et sport on va dire pour la
résumer très rapidement et notamment sur l’exercice du métier que vous faites, je
suis passé à côté d’un pan du questionnement important ou finalement on a fait le
tour ou est ce que y’a des choses…ai-je omis des, des, de vous demander des choses
importantes sur la manière avec laquelle vous avez vécu vos 17 ans de carrière de
CTS ou
200
Ben le, moi je pense que le regard qu’on porte sur nous euh en tant que femme
201
Oui
202
Que ça soit fin je veux pas faire de généralités mais on a du mal à trouver du crédit
203
Oui
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
30
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
204
Dans la pertinence, dans la compétence même si de temps en temps euh ils sont prêts à
l’admettre euh…un, un exemple tout bête hein là euh j’annonce que je pars mais que bon
voilà financièrement euh je vais peut être être en difficulté, que si jamais y’avait des
vacations à faire et tout ça et puis dans l’échange y’a une secrétaire qui vient d’accoucher,
elle a le bébé dans les bras elle le transmet à une autre secrétaire et je dis ah vous vous
préparez à un autre congé de maternité là comme ça quand les femmes commencent à se
passer les bébés nana, il fait ben on t’appellera…et là je me dis ben je suis encore de toute
façon vue que comme une super secrétaire…voilà et que euh les vrais conseillers
techniques, els vrais ben c’est pas à moi qu’on les demande, mon collègue il me regarde
pas tout à fait comme ça, il sait que les débats et les discussions qu’on peut avoir ont du,
ont du fond avec mon président régional pas une seule fois…voilà quoi hein ben du coup
je…les, les postes à responsabilités qui sont distribués au sein du comité régional euh c’est
la secrétaire générale, c’est, c’est une femme, ça a pu être un homme mais euh les, les
postes de vice-président c’est pas des vice-présidentes…voilà et pourtant bon on est
quand même une grosse grosse majorité de femme hein là dans cette fédération euh dans
la répartition hein on est à je pense euh pas loin de 80, 80/20 hein donc là c’est plutôt
rééquilibrer mais justement on a l’impression que ces messieurs ils se sentent en danger
un petit peu mais euh à la fédération justement ils sont trois, la plupart des postes, ils
sont soumis à al parité donc euh ils le font mais ils vont le faire de manière à non plus pas
être trop trop embêter quand même quoi voilà…principalement voilà moi ce que je vois et
puis aussi qu’on a un travail qui est contraignant, j’ai eu ce genre de discussions avec des
collègues où moi quand je pars pour trois jours, je suis obligé de ranger toute la maison,
de remplir les armoires pour que mon mari ils trouvent les culottes et tout ça et que tout
soit prévu et anticipé, mon mari quand il a à s’absenter il part et puis mes collègues ils
font pareil, ils prépare sa valise et encore et bon moi j’ai dit que je me refusait à, à avoir
ce rôle là et, et voilà donc nous on est, on a quand même en charge l’anticipation de out,
de notre planning, de celui des enfants, de voilà, de lui de son mari aussi que lui il a
conseil de classe euh c’est moi qui vais gérer euh son absence à lui, si moi je suis pas dispo
donc euh c’est, c’est une part du, du…du, du rôle de cadre technique euh le fait que, qu’on
est out le temps des programmes fluctuants fait que moi je sais que ça m’a fatigué ça, de
devoir gérer en plus euh mon programme qui est changeant en permanence et puis cette
non prise en charge au sein du foyer quoi et avec des choses qui sont pas forcement
réfléchies euh adaptées en tout cas à une fonction de mère en même temps…dans les,
dans la gestion des emplois du temps, des euh, des convocations euh voilà une
juxtaposition de, de dates où euh voilà quoi et puis pas du tout de solidarité quoi mais
alors pas du tout quoi, entre femmes pas du tout euh là les petites jeunes qui se trouvent
en difficulté à l’époque où elles étaient stagiaires et que nous on était décriées en étant
nananin bon euh personne, elle elles ont pas bougé plus que d’autres et maintenant elle
se trouvent exactement dans la même situation mère et…avec toutes les mêmes
difficultés…à gérer quoi et devoir même des fois prouver qu’on est capable de se séparer
de sa famille, simplement pour montrer qu’on en est capable…moi je trouve ça un peu
dingue, on est pas dans une société qui respecte en fait ça, je sais euh autant les enfants
sont un peu portés au nu et en même temps on, on attend que les mères sachent euh se
euh sacrifier leur relation à l’enfant et je suis sûre qu’il y a des compatibilités, y’a des
choses qui sont possibles d’envisager , simplement on se refuse de les faire, là comme le
fait de faciliter ou pas l’accès avec une nounou euh…voilà c’est plutôt que de dire c’est
n’importe quoi, on n’est pas à la crèche euh…voilà peut-être des fois c’est pas si, pas si
dérangeant que ça fin moi j’ai eu la chance d’être accueillie dans un CREPS, le CREPS d’Aix
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
31
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
en Provence où la, la directrice a, a très bien acceptée que je vienne avec la nounou, la
petite, on était toutes dans la même chambre voilà tout ça s’est géré euh..en aparté juste
entre nous sans que la fédération ai besoin de mettre son nez dedans mais en même
temps moi je sais que j’ai des collègues homme qui sont séparés de leurs femmes parce
que ils ont été beaucoup aussi absents fin par la force des choses et euh se retrouver à
avoir des gardes alternées et que ce soit pas compatible du tout avec euh donc là pareil
hein c’est mais voilà malgré tout le regard est différent, le, nous on nous d=fera toujours
dire que de toute façon on travaille pas, ou pas suffisamment ou pas, voilà, la charge est
importante…mais euh moi je sais que pendant le DTN d’avant il disait que de toute façon
els femmes étaient faites pour être cadres techniques hein c’était pas compatible…sauf si
elles adoptaient un mode de, masculin donc bon y’en a certaines hein qui sont dévouées
corps et âmes et qui sont prêtes à travailler à n’importe quelle heure, on peut les avoir à
toutes les heures de…du jour et de la nuit, elles font que ça, elles ont pas de vie de famille,
pas d’enfants, pas d’amants ou alors je sais pas, je sais pas comment elles font pour le,
pour le caser mais bon après euh elles le paient quoi fin après chacun fait son
205
Oui son choix de vie
206
Son choix de vie mais euh…en tout cas faut, faut pas être molle quoi pour faire (rire) faut,
faut être dégourdie, faut anticiper faut avoir de l’énergie, faut voilà, faut, faut, faut, faut,
faut (rire)
207
La maternité c’est, on y pense à deux fois avant de franchir le pas quand on est
CTS ?
208
Non (ire) si euh je, je pense que si j’avais réfléchi à tout peut-être, peut-être que j’en aurai
pas eu trois non plus mais en même temps depuis toujours euh quand, quand j’ai
commencé à entraîner, quand j’ai commencé à être cadre technique, quand j’étais à Calais
et tout ça j’avais l’impression d’avoir déjà passer beaucoup de ma vie pour la gym, d’y
avoir beaucoup sacrifier mon adolescence euh pas beaucoup de vie sociale ou une vie
sociale parallèle fin…et euh de parfois manquer d’intégration quand même et euh du coup
de m’être dit que si euh, si un jour je trouvais l’homme de ma vie euh de pas hésiter, de
pas hésiter quand même à, à…à ce qu’il y ai autre chose dans la vie que, que la gym et euh
qui m’a, qui m’a, qui m’avait absorbé déjà une grosse part et qui a continué à m’absorber
finalement beaucoup mais euh…non pour, pour la 1ère j’ai pas trop hésité, pour la 2ème non
plus euh et pour la 3ème euh non plus (rire)mais c’est vrai que là maintenant quand euh,
maintenant je me rends compte que c’est lourd quoi, c’est vraiment dur lourd et que y’a
des fois je me dis mais j’en suis pas capable et euh et que c’est vraiment dur de se dire ça
euh maintenant que la dernière elle est rentrée à l’école…malgré tout y’a, l’organisation
de notre société fait que euh on n’a pas qu’un rôle éducatif on a, on nous fait prendre part
aussi à…la scolarité, moi je vois la petite qui est en difficulté euh elle a mais bon même
pour les autres il faut qu’on soit présent pour suivre les devoirs, pour assister, pour
accompagner parce que on fait reposer je pense une forte responsabilité aussi eux
enseignants, on leur demande toujours plus et du coup ben ça déborde du cadre scolaire
et que sur les devoirs moi je vois la quantité de devoirs qu’il y a à faire mais c’est
impressionnant fin le temps qu’on y passe et si on n’était pas là…ben elle il se trouve
qu’elle est en difficulté mais euh ça arrive
209
C’est exact
210
Et que normalement l’école elle est censée être pur tous quoi et pas les laisser sur le bord
du chemin et ben là si on n’était pas là ça arrive, ça ne pourrait pas se passer et euh moi
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
32
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
ça m’affole un petit peu parce que là cette année il se trouve qu’on était là pour l’entrée à
l’école et pour la sortie à l’école de tous les jours, ça a pas été toujours le cas mais en tout
cas on avait réussi à alterner depuis deux ans avec mon mari et à être là à peu près à
chaque sortie d’école de temps en temps à l’accueil mais…c’était rare mais euh pour les
deux premières ça arrivait qu’elles aillent à l’accueil le matin euh à l’accueil le soir euh au
moins deux fois par semaine euh bon ben là maintenant que la plus grande elle est en
CM1 seulement en CM1, la dernière elle est en maternelle euh et je trouve ça déjà
compliqué quoi qu’est ce que ça va être quand ça va être le collège, alors ils gagnent en
autonomie
211
Oui voilà
212
Fin on l’espère
213
Mais les devoirs
214
Mais euh voilà quoi donc euh, donc du coup voilà ça, ça, c’est peu approprié en fait euh
d’être cadre technique (rire) parce que euh être à 16h30 autant quand ils sont tout bébé
être présente dans la journée c’est, c’est réalisable même si faut jongler, on y laisse un
départ de soi parce qu’on l’a fait avec la 1ère, on l’a pas fait avec les autres…et à l’époque
on avait pas trouvé de, de nounous, on était très loin de Bordeaux du coup les nous nous
qui la prenait ne la prenait que partiellement donc moi j’arrivais à jongler comme j’étais
de toute façon partie déjà beaucoup voilà mais euh…après être présent à 16h30 alors que
c’est à l’heure à laquelle on commence les activités quand on travaille avec le monde
associatif et ben voilà c’est quasiment impossible quoi ou alors on est là à 16h30 mais on
s’en va à 18h…donc euh donc euh c’est compliqué, c’est compliqué et c’est fatiguant
(sourire)…mais euh…après ça, ça, ça a des bons cotés hein mais bon c’est vrai que…je, je le
referais hein ce serait à faire je le referais (rire)
215
(Rire)
216
Mais euh bon en même temps c’est euh voilà…bon c’est et oui c’est sans regret que, que je
quitte quand même
217
Oui
218
Même si bon je sais pas trop vers quoi je vais hein parce que le, le métier de
psychomotricienne ça a ces contraintes aussi, j’espère que avec la retraite que j’aurai ça
me fera l’équivalent d’un mi-temps et que du coup moins de pression à m’engager
professionnellement
219
Parce que c’est ça que vous perdez comme traitement salarial
220
Oui, oui je vais toucher 45% de mon salaire
221
De votre salaire
222
Sans les primes…donc euh…bon en même temps voilà c’est déjà pas mal, y’en a qui touche
ça en travaillant à plein temps et en tirant la langue à chaque fin de mois et…j’ai pas de
plan b si jamais j’échouais à rentrer dans l’école (rire) c’est voilà bon après je me dis euh le
pire ce serait de recommencer à faire ce que je faisais en étant salariée de, d’une
association où j’aurai pas le euh les mêmes revenus où j’aurai même pas le même
confort…voilà la même indépendance voilà bon…on verra bien
223
Vous avez quel âge aujourd’hui ?
224
43…43 oui…
225
Avec euh de bonnes années pour un 2ème métier derrière
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
33
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
226
Oui oui encore euh ouais ouais c’est clair bon de toute façon voilà je pense que l’objet de,
des échanges un peu tendus avec mon mari c’était qu’il me voyait pas faire femme au
foyer quoi, il me voyait pas rester à la maison euh en imaginant qu’on n’est pas les, pas de
besoin financiers euh rester, rester à la maison euh…je pense que j’aurai du mal à, à ne
pas avoir de contact social, à avoir bon quelque chose qui me
227
La dimension relationnelle revient tout le temps dans vos propos
228
Oui, oui
229
Tout le temps
230
Oui. Donc euh après ben je sais que le métier de psychomotricienne justement c’est euh, à
défaut c’est l’isolement parce que les psychomotriciennes travaillent pas en équipe de
psychomotriciens mais au sein d’équipes d’autres corps de métiers bon c’est déjà, c’est
déjà des équipes quand même
231
Oui
232
Mais ils travaillent avec des psychologues, des médecins euh, des kinés euh…ou alors en
cabinet libéral
233
Aussi
234
Oui oui, oui oui, oui oui mais bon c’est quelque chose que j’ai lu en tout cas sur le métier
de psychomotricienne c’est que voilà y’en a qui, ils se mettent du coup beaucoup en
réseau, ya des, y’a des sites internet, ils font des conférences avec des échanges voilà donc
c’est quelque chose qui apparemment ressort…voilà
235
Bien
236
(Rire)
237
(Rire)
238
Beaucoup de choses, retracer une vie comme ça
239
Oui et puis euh, et puis euh…très, très pareil, très différent des trois premiers
240
Ah oui
241
Oui parce que déjà beaucoup plus de temps de, dans la carrière euh les deux
premières un an et demi hein
242
Oui
243
Stagiairisées fin titularisées donc bon voilà euh…la, la 3ème euh…pff…des
préoccupations identiques hein sur la conciliation euh vie pro – vie familiale, à quel
moment avoir euh un bébé fin euh…mais…des choix de, comment vous dire de…de
missions aussi, passer de missions on va dire euh hyper valorisante d’entraineur
national très vite et puis à des missions de plutôt régionales qui sont vécues quand
même comme un, un crève-cœur, une perte de crédit
244
Oui
245
De valorisation mais quand même quatre trajectoires hyper différentes, hyper
différent
246
Mais je pense que ça serait le cas aussi si on interrogeait des hommes euh on est tout
247
Voilà tout à fait
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
34
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
248
C’est la particularité, c’est là où c’est où on est d’autant plus insaisissable alors quand on
est cadre technique c’est qu’il y en a plains qui comprennent pas du tout ce qu’on est en
train de faire, qui voient pas du tout de quoi il s’agit
249
Complètement
250
QU’est ce qu’on fait ? Ou est ce qu’on le fait
251
Oui
252
Est-ce qu’on fait quelque chose finalement parce que quand on s’arrête de travailler
finalement il faut un certain temps avant qu’on se rende compte que on s’est arrêté
253
Oui
254
Euh voyez moi je suis en activité sans, sans l’être complètement, j’ai négocié un jour et
demi de, de travail par semaine pour ne garder qu’une seule mission jusqu’au, jusqu’au
mois de juin euh…que la pré filière en fait
255
Oui
256
A conserver que la mission prioritaire et euh…pour d’autres choses, pour la formation
pour l’instant personne s’est rendu compte que j’avais arrêté quelque chose parce que j’ai
mené euh la dernière action en Octobre, j’en ai fait une autre au mois de Mars, la
prochaine est fin aout, pour l’instant y’a pas, y’a personne qui reprend le truc donc y’a
que fin août où on se rendra compte et puis y’en a qui se diront oh ben au fait y’ pas eu de
stages d’initiateurs d’organisés et puis c’est l’année d’après quand euh y’aura beaucoup de
monde qui va postuler où ils se diront ben tiens c’est bizarre qui c’est qui s’ne occupait
avant voilà et il ce sera passé deux ans…bon euh c’est là où c’est un peu dommage et
frustrant parce qu’on se rend compte que on mobilise pas forcement euh
257
Oui
258
Parmi tous les acteurs qu’on rencontre et toutes les personnes avec lesquelles on travaille
quand on a un peut discours politique ou on les sensibilise à, à notre situation en leur
disant mais regardez voilà ce qu’on peut plus faire, on n’a plus de frais de déplacements,
on n’a plus ça, on n’a plus ça, on n’a plus machin…oh ben ouais comme eux ça représente
que ça euh ben pour eux c’est pas si important que ça et finalement ben la mobilisation
elle existe pas sauf ceux qui sont vraiment militant euh mais y’en a quand même très peu
quoi hein dans, dans le monde sportif bon voilà quoi hein et donc ben comme on est que
2.000 en France en même temps ben…(rire) on peut aller devant le ministère hein c’est,
c’est drôle, oui donc bon
259
Mais…ça c’est vrai hein y’a…pas de mobilisation du mouvement sportif euh…pour
défendre euh
260
Mais c’est, c’est
261
Les moyens
262
Ouais c’est le cas parce que
263
On est hyper originaux hein l’Europe enfin euh
264
Oui
265
Les fédés sans les CTS, ça tourne pas
266
Oui c’est sûr, oui mais sauf que c’est le cas parce que on est chiant hein et c’est quand
même parfois fin une sacrée épine dans le pied cadre technique, il vient foutre le bazar,
regarder euh, mettre le nez un peu dans les trucs qui doivent pas se faire et tout ça parce
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
35
Annexe 6 : Entretien avec Valérie
que faut, faut pas rêver qu’est ce qu’on observe quand on est au sein d’un comité régional
c’est le favoritisme de l’âge
267
Bien sûr
268
Voilà
269
Tout à fait
270
Et que du coup qui si c’est pas le care technique va dénoncer ça
271
Exact
272
Ben voilà quoi donc soit on…
Sociologie, N°4, vol. 3 | 2012
36