Mont Saint-Sauveur International (Mémoire)

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Mont Saint-Sauveur International (Mémoire)
Au cours de la dernière année, avez-vous noté, vous-mêmes ou des membres de votre organisation
ou de votre entreprise, des changements aux conditions posées pour obtenir ou maintenir des
prestations d’assurance-emploi ? Si oui, comment ces changements se sont-ils manifestés ?
Nous sommes témoins des récents changements au régime d’assurance emploi qui diminuent le
nombre de semaines de prestation et qui contraint les prestataires à accepter un emploi moins
rémunérateur et ce, à une distance pouvant aller jusqu’à 100km du lieu de résidence. Comme nous
sommes un employeur de plus de 1500 employés pour la grande majorité saisonniers, nous suivons
de très près l’évolution du dossier afin de savoir à quel degré les changements annoncés auront une
répercussion sur l’exploitation de notre entreprise.
Jusqu’à cette date, et sous toute réserve, certains de nos employés ont reçu une lettre de la part de
Service Canada les ordonnant de se présenter à des séances d’aide à la rédaction de curriculum vitae
et d’assistance à la recherche d’emploi. L’omission de se présenter à ces séances peut se traduire
par des démarches pouvant aller jusqu’à l’arrêt du versement des prestations d’assurance-emploi.
Nous observons aussi un plus grand contrôle par Service Canada auprès des employés saisonniers
qui deviennent prestataires quant à la justification de leur recherche d’emploi et nous notons une
augmentation des demandes de vérification des gains hebdomadaires de nos salariés auprès de
notre service des ressources humaines par Service Canada. Ce surplus se traduit par un
accroissement de la charge de travail, un ajout d’effectifs et des heures supplémentaires.
Croyez-vous que ces changements faciliteront le recrutement et la rétention de votre main
d’œuvre ?
Nos sommes d’opinion que les changements annoncés au régime d’assurance emploi compliqueront
le recrutement et la rétention de notre main d’œuvre. Considérant que la très grande majorité de
nos salariés sont saisonniers, nous anticipons que plusieurs d’entre eux pourraient opter pour un
emploi à temps complet lorsque leurs prestations s’épuiseront ou qu’ils doivent avoir recours à un
deuxième emploi en parallèle pour combler les semaines sans travail. Il en découlera donc un
recrutement continuel dont la difficulté augmentera au fur et à mesure que la saison estivale ou
hivernale progressera puisque les postulants préféreront appliquer sur un emploi qui offrira une
meilleure sécurité d’emploi. Si nous avons été capable de survivre au gré des saisons c’est en grande
partie grâce à ces employés saisonniers qui sont à notre service depuis de quinze, vingt parfois
même vint-cinq ans et qui, en assurant une continuité, transmettent leurs savoir aux travailleurs
d’une génération plus jeune.
Qui plus est, nous sommes sérieusement affecté par la découverte suivante : Service Canada nous a
informé qu’salarié qui laisse un emploi saisonnier au profit d’un emploi à temps complet et qui
préfère ensuite revenir travailler pour notre entreprise à titre de saisonnier verra sa demande de
prestation lui être refusé justement pour le motif qu’il a quitté un emploi à temps complet pour un
emploi saisonnier.
Croyez-vous que ces changements rendront au contraire plus difficile l’embauche d’employés ?
Nous croyons très certainement que ces changements rendront plus difficile l’embauche
d’employés. En vertu de notre opération qui est saisonnière, il nous est impossible de donner du
travail à tous nos employés saisonniers lorsque la saison se termine. Or, en sachant qu’ils s’exposent
volontairement saison après saison à la possibilité de ne pas trouver de travail avant l’expiration de
leur prestation d’assurance emploi ou qu’il soit contrait d’accepter un emploi à temps plein ailleurs,
nous croyons que cette situation va rendre plus difficile l’embauche non seulement de candidats
mais encore plus de candidats compétents et motivés.
Pensez-vous que les changements récents apportés sont susceptibles de nuire à votre secteur
d’activités ou à l’économie de votre région ?
Oui, ces changements nuiront définitivement à notre secteur d’activité et à l’économie de notre
région. Le travailleur de notre secteur d’activité est surtout saisonnier. Ce dernier est directement
touché par la météo car elle influence le comportement de notre clientèle et notre offre de service.
Or, plus la météo est favorable, meilleur est la réponse de notre clientèle et plus grande est notre
offre de service. Considérant que le travailleur saisonnier doit déjà composer avec cette incertitude
qui affecte ses gains, s’il doit en plus se voir contraint d’accepter un emploi dans un rayon de 100km,
nous croyons que notre secteur d’activité déjà fragile, ne sera plus un pôle d’attraction pour la main
d’œuvre puisqu’il présentera désormais trop d’instabilité.
Considérant aussi que la grande région métropolitaine de Montréal est à l’intérieur de ce rayon de
100km de notre région et qu’elle présente une plus grande propension à offrir un plus grand nombre
d’emploi à temps complet, nous sommes d’opinion que cette nouvelle situation va engendrer la
désertion de l’industrie et qu’elle se traduira par une perte d’expérience dans les métiers de la
montagne. Notre entreprise en est une de service et de tourisme qui est saisonnière. Nous sommes
en affaire grâce à un notre nombre élevé de travailleur saisonniers. Si ce bassin d’employé ne nous
est plus accessible, cela deviendra un des enjeux pouvant affecter la pérennité de notre secteur
d’activité.
Notre secteur d’activité est déjà directement affecté par plusieurs éléments de la nature qui
génèrent à elle seules d’importantes dépenses. S’ajoutera à ça d’importantes sommes récurrentes
qu’il sera désormais impératif d’investir en formation de la main d’œuvre puisque nous anticipons
que cette dernière augmentera en volatilité.
Quelle suggestion souhaitez-vous adresser au gouvernement du Québec, afin qu’il intervienne
auprès du gouvernement fédéral à l’égard du régime de l’assurance-emploi ?
La bonne santé de notre secteur d’activité et la qualité de notre produit offert dépend en grande
partie de la possibilité pour un employeur de former et retenir ses ressources humaines. Puisque
notre activité est saisonnière, nous voudrions voir les travailleurs continuer à œuvrer dans les
métiers de notre industrie et à demeurer dans notre région et car ils en sont le moteur économique.
Pensons à un programme qui viendrait appareiller les industries saisonnières hivernales et estivales
entre-elles. Un programme qui baliserait les conditions aux gens désireux de travailler dans un
contexte saisonnier tout en respectant les deux entre-saisons pendant lesquelles ces travailleurs
pourraient légitimement demander des prestations puisque le travail se fait plus rare. Nous
recommanderions également que les différences régionales et le type d’industrie soient considérés
dans la difficulté qui existe de trouver un pareil travail ailleurs.