Photo ou illustration - Ambassade de France en Espagne

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Photo ou illustration - Ambassade de France en Espagne
Nouvelles d’Espagne
N°21 – du 31 mai au 6 juin 2016
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L’OCDE revoit ses prévisions de croissance à la hausse en 2016 (2,8 %) mais à la baisse en 2017 (2,3 %).
Les affiliations à la Sécurité sociale enregistrent une hausse de 1,1 % m/m au mois de mai.
Le déficit public atteint 0,8 % du PIB au T1 2016.
Indicateurs macro
Marchés financiers
Croissance PIB (t/t)
Croissance PIB (g.a)
+0,8 %
+3,4 %
T1 2016
Indice de Production Industrielle (g.a)
+2,8%
03/16
Dette (% du PIB) – estimation
100 %
Déficit public (% du PIB)
Cette semaine
Semaine précédente
IBEX 35
8801
9076
T1 2016
Rendement bon à 10 ans (%)
1,452
1,482
-0,8%
T1 2016
Prime de risque (pp)
1,388
1,314
Exportations (g.a)
+0,2 %
03/16
Importations (g.a)
-0,7 %
03/16
Inflation sous-jacente (g.a)
+0,7%
04/16
Emploi
Taux de chômage
Création d’emplois
trimestrielle (en milliers)
20,4%
T1 2016
174 200
T1 2016
Actualité Economique
MACROECONOMIE
L’OCDE revoit ses prévisions de croissance à la hausse en 2016 (2,8 %). L’organisation internationale a révisé à la hausse
ses prévisions de croissance pour 2016 (+2,8 % au lieu de +2,7 % au mois de novembre) mais à la baisse pour 2017 (+2,3 % au
lieu de +2,5 %). La même tendance se dessine selon l’AFI (Analistas Financieros Internacionales) qui révise également à la
hausse ses prévisions de croissance pour l’année 2016 à 3 % (contre 2,7 % précédemment) mais à la baisse pour 2017 à 2,2 %
(contre 2,3 % précédemment). Contrairement aux prévisions gouvernementales et à l’OCDE, l’AFI estime que le déficit public
espagnol ne redescendra pas sous la barre des 3 % en 2017.
Les affiliations à la Sécurité sociale enregistrent une hausse de 1,1 % m/m au mois de mai. Selon les données d'affiliation
auprès de la Sécurité sociale pour le mois de mai, le nombre de chômeurs est en baisse de 119 768 personnes et le nombre de
cotisants est orienté à la hausse (+198 000 personnes, soit +1,1 % par rapport au mois d’avril). Pour la première fois depuis août
2010, le nombre de chômeurs est inférieur à la barre symbolique des 4 millions de personnes pour atteindre 3,89 millions.
L’Espagne compte aujourd’hui 17,6 millions de personnes au travail ; 1,5 million d’emplois nets ont été créés depuis février
2013, après la destruction de 3,3 millions d’emplois pendant la crise. La grande majorité des nouvelles affiliations a été
enregistrée dans le commerce et l’hôtellerie. La Ministre de l’emploi et de la Sécurité sociale a rappelé l’objectif du Parti
Populaire d’atteindre 20 millions de personnes occupées d’ici la fin de la prochaine législature (2019).
FINANCES PUBLIQUES
Propositions fiscales des différents partis à un mois des élections. Mariano Rajoy promet une nouvelle baisse de l’impôt sur
le revenu (IRPF) dès janvier 2017, estimant qu’elle ne remettrait pas en cause l’objectif de réduction du déficit auquel il s’est
engagé avec la Commission européenne. Concrètement, il pourrait s’agir d’une baisse des taux marginaux d’imposition minimale
(de 19 % à 17 %) et maximale (de 45 % à 43 %). Les 3 autres grandes forces politiques estiment au contraire que « ce n’est pas
le moment » de relâcher la pression fiscale et que cette annonce électoraliste du PP n’est pas réaliste. Podemos propose au
contraire d’augmenter la fiscalité sur les hauts revenus et les gros patrimoines afin de financer la protection sociale tout en
protégeant les faibles revenus.
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- SERVICE ÉCONOMIQUE
Le déficit public atteint 0,8 % du PIB au T1 2016.
Solde budgétaire cumulé
Selon les données mensuelles de comptabilité
En % du PIB
T1 2016
nationale de l’IGAE (Intervención General de la
Administration centrale
-0,83
Administración del Estado), le déficit public atteint
8,9 Md€ au T1 2016. Malgré cette hausse de 2 % en
Communautés autonomes
-0,13
montants absolus par rapport au T1 2014, le ratio
Entités locales
0
déficit/PIB se stabilise en raison des bonnes
Fonds de Sécurité sociale
0,16
perspectives de croissance, à - 0,8 % du PIB au
Administrations publiques
-0,8
T1 2016 (au lieu de - 0,81 % au T1 2015). Les
mauvaises performances du solde budgétaire public
sur les 3 premiers mois de l’année résultent davantage
de l’insuffisance des recettes due à la réforme fiscale
que de l’augmentation des dépenses. Le produit de l’impôt sur les sociétés est en forte baisse, surtout pour les grandes entreprises
et les groupes de sociétés. La baisse des taux de l’impôt sur le revenu a entraîné une chute de 5,6 % g.a. des recettes de cet impôt.
Seul le produit de la TVA est orienté à la hausse (+3,7 % g.a.).
L’Etat décaisse la 1ère tranche du Fonds de Liquidité des Autonomies pour un montant de 505,4 M€. Ce décaissement au
titre du T1 2016 fait suite à l’accord du Conseil de politique budgétaire et financière, entériné début mai entre les administrations
centrale et régionales, portant sur les ajustements budgétaires additionnels des régions en 2017 et 2018. L’Etat assure avoir
obtenu un engagement de consolidation budgétaire de 1,5 Md€ de la part des communautés autonomes, ventilés en 800 M€
d’accords de non-disponibilité et 700 M€ de mesures de restrictions supplémentaires. Pour l’instant, 8 des 9 communautés
bénéficiaires du Fonds de liquidité des autonomies (FLA) ont reçu dans leur ensemble 505,4 M€ ; la communauté de Valence
doit encore présenter un plan d’ajustement avant de pouvoir percevoir un quelconque financement. La Catalogne arrive en tête
des attributaires et reçoit ainsi 34 % de l’enveloppe (soit 172 Md€), suivie de l’Andalousie (164 Md€).
ENTREPRISES
Rencontre sino-espagnole en matière de coopération agricole. La ministre espagnole de l’agriculture, de l’alimentation et de
l’environnement, Isabel García Tejerina, a rencontré son homologue chinois, Han Chanfu, juste avant la réunion du G20 des
ministres de l’agriculture à Xian, pour évoquer les différents domaines de coopération agricole et agroalimentaire entre l’Espagne
et la Chine : questions sanitaires, R&D et transferts de technologies, systèmes assuranciels, techniques d’irrigation économes en
eau (pour lesquels l’Espagne est leader mondial). Un protocole sera signé pour renforcer les actions de coopération bilatérale à
venir. Isabel García Tejerina et Han Chanfu ont salué les excellentes relations commerciales agroalimentaires entre les 2 pays,
la Chine devenant en 2015 le second client hors UE de l’Espagne qui lui a vendu pour plus d’un milliard d’euros de produits
agricoles, derrière les Etats-Unis.
Fortes émissions obligataires de la part des entreprises espagnoles depuis l’annonce de la politique de rachat de la BCE.
En mars dernier, la BCE avait annoncé l’élargissement de son programme de quantitative easing aux obligations d’entreprises.
Si cette opération ne débutera qu’en juin, les entreprises espagnoles se préparent à accueillir ce nouvel investisseur via l’émission
massive d’obligations. Depuis l’annonce 2,7 Md€ ont été émis par Telefonica ; 1,1 Md€ par Abertis ; 1 Md€ par Mapfre et
Iberdrola respectivement.
Nouveau rebondissement dans l’affaire de la sortie en bourse de Bankia. Après les petits investisseurs, c’est au tour
d’Iberdrola de saisir la justice des conditions de la sortie en bourse de Bankia en 2011, pour avoir été mal informée. En effet,
Iberdrola a investi près de 55 M€ lors de la sortie en bourse de 2011 et demande 12,4 M€ de dédommagements, soit le montant
équivalent à ce qu’elle aurait perdu lors de cette opération. Cette réclamation pourrait être rapidement reprise par les autres
investisseurs institutionnels tels que Mapfre (investissement de 282 M€ lors de la sortie en Bourse), Santander (157 M€),
CaixaBank (100 M€) ou encore Barclays (85 M€). Selon Bankia, les réclamations de la part des investisseurs institutionnels
s’élèveraient au maximum à 600 M€. Pour rappel, l’arrêt du Tribunal Suprême du 3 février 2016, qui avait permis le
remboursement des petits investisseurs, distinguait ces derniers des investisseurs institutionnels qui « peuvent avoir accès à des
informations complémentaires ».
Le Tribunal Suprême rejette les recours du secteur des énergies renouvelables. Le gouvernement espagnol avait entériné
une réforme du secteur énergétique en 2013 pour maîtriser le déficit tarifaire, prévoyant entre autres une refonte du modèle de
rétribution pour l’énergie électrique produite à partir de sources renouvelables. Le décret-loi d’application adopté en juin 2014,
qui encadrait les modalités de ce changement, a entraîné de facto une baisse de 1,7 Md€ des aides accordées au secteur des
énergies renouvelables. Environ 300 recours avaient été portés devant le Tribunal, qui n’en a pas remis en cause la légalité, par
la décision qu’il a prise cette semaine.
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- SERVICE ÉCONOMIQUE
Grifols investirait 1,2 Md€ d’ici 2020. Lors d’une rencontre organisée avec ses investisseurs, le groupe médical espagnol a
annoncé vouloir investir près d’1,2 Md€ d’ici 2020, destinés principalement à ses activités de biosciences. Il prévoit ainsi la
construction de nouvelles usines de production pour son activité principale de produits plasmatiques dérivés.
Actualité Financière
SECTEUR BANCAIRE
Le secteur bancaire développe les crédits à taux fixe ainsi qu’une clause de compensation pour « risque de taux d’intérêt »
afin de contrer la politique de quantitative easing de la BCE. Pour répondre aux exigences de rentabilité des investisseurs
dans un environnement de taux bas, les banques espagnoles désirent développer l’octroi de prêts immobiliers à taux fixe dans un
pays où le crédit à taux variable est hégémonique : 93,7 % des nouveaux crédits immobiliers consentis en 2015 l’ont été à taux
variable. Néanmoins, lors de l’octroi de crédits immobiliers à taux fixe, la majorité des banques incluent dorénavant une clause
de compensation pour « risque de taux d’intérêt » qui leur permet de se couvrir en cas de baisse des taux directeurs. Ce type de
clause, qui n’est pas sans rappeler l’affaire des clausulas suelos, est reconnu par le cadre normatif. En effet, la circulaire 5/2012
de la Banque d’Espagne stipule qu’« en cas de pertes par la banque, celle-ci doit décider d’une commission pour compenser le
risque de taux d’intérêt ».
Entité
Taux
d’intérêt
nominal
Durée
du
crédit
Commission
d’ouverture
Commission d’annulation
Commission
d’amortissement
Compensation pour risque de
taux d’intérêt
Santander
2,4 %
20
0,5 %
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
Non
Jusqu’à 5 % de l’encours de
crédit restant lors de l’annulation
BBVA
De 1,9 % à
2,75 %
30
Non
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
Jusqu’à 1 % de l’encours de
crédit restant lors de l’annulation
Sabadell
2,5 %
20
1%
Non
Non
Non
CaixaBank
2,5 % en
moyenne
30
négociable
négociable
négociable
Oui, mais négociable
Bankia
De 2,2 % à
2,75 %
30
0,9 %
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
Non
Bankinter
De 1,75 %
à 2,3 %
30
1%
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
0,5 % les 5 premières
années ; 0,25 % ensuite
0,75 % de l’encours de crédit
restant lors de l’annulation
La Banque d’Espagne explicite le fonctionnement du nouveau Fonds de garantie des dépôts. Dans une circulaire publiée
cette semaine, la Banque centrale détaille les modalités de contribution des entités financières au nouveau Fonds de garantie des
dépôts (FDG), déterminées en fonction de leurs niveaux de solvabilité, de la qualité de leurs actifs et de leur modèle d’activité.
Aux trois fonds prévalant antérieurement (pour les établissements bancaires, les caisses d’épargne et les coopératives de crédit)
sera substitué un seul fonds chargé de garantir les comptes de dépôts jusqu’à 100 000€. Jusqu’à présent, la contribution des
entités financières correspondait à un pourcentage fixe des dépôts collectés (0,2 %). La nouvelle règle de calcul est désormais
individualisée et s’appuie sur 5 critères (capital, liquidités et financements, qualité des actifs, modèle d’activité et de gestion,
risques et pertes potentielles pour le FDG) qui donnent davantage de poids au profil de risque que présente chaque entité.
Parallèlement à leur contribution au FDG, les entités financières devront également participer à son équivalent européen, le
Mécanisme de résolution unique.
Les agences de notation soutiennent l’augmentation de capital de Banco Popular. Fitch, Moody’s, S&P et DBRS soulignent
l’intérêt de cette opération pour renforcer la solvabilité de la banque ainsi que les efforts auxquels s’est engagée Popular pour se
séparer de ses actifs toxiques. Fitch maintient la speculative grade de Popular à BB- avec une perspective positive. Standard &
Poor’s a également confirmé son rating B+ avec une perspective positive pour la banque espagnole.
La BCE maintient la pression sur le secteur bancaire espagnol. 6 banques espagnoles sont concernées par les tests de
résistance lancés en février par l’Autorité bancaire européenne (ABE), à savoir : Santander, BBVA, CaixaBank, Bankia, Sabadell
et Popular. Cette semaine sera celle du 3ème et dernier tour d’horizon approfondi sur la capacité de résilience du secteur bancaire
(qualité des actifs, fonds propres, profil de risque, etc) dans un environnement de croissance mondiale faible et de taux d’intérêt
bas. Contrairement au stress test de 2014, cet examen du superviseur européen est purement informatif, il n’entraînera aucune
sanction ou demande impérative d’ajustements aux banques. Les résultats nourriront néanmoins les discussions bilatérales que
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l’ABE entamera avec chacune des entités participantes sur les niveaux adéquats de capital et de solvabilité. Initialement
confiantes, les banques espagnoles ont dû faire face à une modification des scénarii de stress, notamment un maintien prolongé
des taux d’intérêt bas et une hausse des provisions au titre des clauses planchers ; affectant négativement leurs résultats.
Samsung lance son service de paiement mobile en Espagne. L’entreprise sud-coréenne a choisi l’Espagne pour proposer en
avant-première sur le marché européen son service de paiement par téléphone, via la technologie contactless. Les clients de
CaixaBank et ImaginBank peuvent déjà utiliser leur smartphone pour régler leurs achats en boutiques ; ils devraient être suivis
prochainement par ceux de Sabadell et Abanca. L’utilisation de ce service est gratuite, Samsung ne chargeant aucun commission
lors du paiement. L’entreprise compte bien étendre son service de paiement mobile au commerce on-line et faire du smartphone
une « carte de crédit virtuelle ». L’entreprise sud-coréenne a ainsi devancé son concurrent américain Apple, qui compte lancer
un service équivalent dans le courant de l’année en Espagne. Pour rappel, Samsung représente 40 % des smartphones utilisés en
Espagne.
En bref
Le Conseil des Ministres débloque 100 M€ d’aides pour la recherche en entreprise. Ce montant sera versé dans le cadre du
« programme stratégique pour les consortia de recherche en entreprise », afin de soutenir les projets de R&D et d’innovation.
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Auteur :
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Rédigé par : SER Madrid
Revu par : J-F. Collin
Version du 6 juin 2016
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