Maroc-Afrique : La concrétisation du partenariat Sud

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Maroc-Afrique : La concrétisation du partenariat Sud
Maroc-Afrique : La concrétisation du partenariat Sud-Sud agissant et solidaire - Institut Amadeus
Abidjan, le 3 juin 2015, lieu et date qui matérialisent et concrétisent, plus que tout autres
symboles, les contours du partenariat Sud-Sud agissant et solidaire, proposé par le
Maroc à un certain nombre de pays subsahariens. Ce jour-là, SM le Roi Mohammed VI,
accompagné d’Alassane Ouattara, lance le projet de sauvegarde et de valorisation de la
Baie de Cocody d’une valeur de 170 millions USD. Financé en grande partie par les
banques marocaines, ce projet structurant a pour ambition de redynamiser la lagune de
la Baie de Cocody, à travers le traitement des eaux usées, l’aménagement de nouvelles
infrastructures et le développement d’un espace immobilier et foncier multiforme devant
être exploité dans différents projets d’investissement sur les années à venir.
Le projet de sauvegarde et de valorisation de la Baie de Cocody ainsi que le projet pour le
développement de « la cité des affaires de l'Afrique de l'Ouest » à Dakar, lancés lors de la
dernière Tournée Royale africaine, en mai et juin 2015 de SM le Roi Mohammed VI,
caractérisent l’engagement et l’investissement personnel du Souverain dans la politique
africaine du Royaume, porteuse de rapprochement Sud-Sud et de Co-développement. La
Vision africaine du Maroc est basée sur la particularité de la relation historique et religieuse
entre le Maroc et l’Afrique, et s’inscrit dans un schéma inédit construit autour des notions de
co-développement, de solidarité sud-sud renforcée et de forte dimension sociale.
La dernière Tournée Royale, la troisième en deux ans, dans quatre pays africains (Sénégal,
Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire et Gabon) a permis, à travers les 84 accords de coopération et
d’investissements signés (incluant des accords intergouvernementaux et des accords
public-privé), de renforcer le rôle de locomotive économique que joue le Maroc sur le continent,
et notamment en Afrique de l’Ouest. Elle a permis également d’institutionnaliser les
déplacements récurrents de SM le Roi Mohammed VI sur le continent, qui permettent
d’impulser et de suivre l’évolution et le développement des projets lancés et des accords
signés.
Les expériences multisectorielles du Maroc et l’expertise du Royaume en matière de
développement humain ont favorisé, à l’instar de l’accord de coopération maroco-gabonais en
matière de développement humain, signé en juin dernier, lors de la dernière Visite Royale au
Gabon, la mise en place d’un réel socle de partenariat Maroc-Afrique responsable et durable,
basé sur un véritable cadre de co-développement, où l’Humain et son mode de vie, est au
centre de la Vision Royale africaine. En effet, celle-ci est renforcée par des actions concrètes
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de solidarités, telles que l’annulation de la dette des pays les moins avancés du continent,
l’accueil des étudiants et des cadres africains dans les universités et les formations au Maroc,
la régularisation des subsahariens en situation irrégulière au Maroc, le financement de projets à
caractères socio-économiques, ou encore la formation d’imams et de morchidates à travers la
Fondation Mohammed VI des Oulémas africains.
Cette dynamique de coopération, portée au plus haut niveau par SM le Roi Mohammed VI, est
fortement accompagnée par le tissu économique national. En effet, les « champions nationaux
» sont implantés dans de nombreux pays d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest, dans le
secteur bancaire (Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire), dans les
télécommunications (Maroc Telecom), dans les assurances, dans l’énergie, dans
l’agroalimentaire ou dans l’immobilier. Le stock d’IDE marocains en Afrique totalise 10.5
milliards MAD en 2012 et sur la période 2008-2014, chaque année, ce sont environ 2 milliards
MAD qui ont été investis en Afrique subsaharienne.
Cependant, ces nombreuses « success story » marocaines ne doivent pas occulter le fait que
l’Afrique représente toujours une faible part des échanges commerciaux du Maroc : avec 4
milliards USD d’échanges commerciaux de marchandises en 2013, le Maroc est le 45ème
partenaire commercial de l’Afrique, derrière l’Algérie (41ème) et la Tunisie (38ème). Et
réciproquement, la répartition géographique des échanges commerciaux du Maroc avec
l’extérieur fait apparaître l’Afrique comme le 4ème partenaire commercial régional du Maroc,
avec une part de 6.4% du commerce extérieur total marocain en 2014. En excluant les pays
d’Afrique du Nord, la part des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne
est de seulement 2.4% pour un volume total d’échanges de 14.2 milliards MAD pour l’année
2014.
Bien qu’en progression constante - le volume des échanges a quasiment doublé sur la période
2009-2014, et ce grâce principalement à l’accroissement des exportations comme le montre le
taux de couverture des importations par les exportations qui est en augmentation constante et
avoisine les 450% en 2014 - le potentiel économique des relations commerciales entre le Maroc
et la région subsaharienne est encore largement sous-exploité. La réalité commerciale du
Maroc avec l’Afrique subsaharienne comprend dès lors deux visages : une forte augmentation
des exportations mais principalement sur des produits de base et/ou faiblement transformés
couplée à une croissance plus timide des flux d’IDE sur des produits à forte valeur ajoutée et
contenu technologique (banques, assurance, télécommunications, etc.) et ayant un impact
important sur la compétitivité des entreprises.
Par ailleurs, le Maroc souhaite tirer avantage de son emplacement géographique privilégié et
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de ses relations stratégiques avec ses partenaires commerciaux européens, américains, du
Golfe et méditerranéens pour se positionner désormais comme un hub économique et financier
vers le continent africain. Plusieurs initiatives en ce sens doivent être citées, et en particulier la
mise en place de la plate-forme financière, Casablanca Finance City Authority (CFCA) qui vise
à attirer les investisseurs internationaux et à leur fournir une infrastructure et des conditions
adaptées leur permettant d’optimiser la rentabilité de leurs investissements dans des projets en
Afrique du Nord, en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale. A travers ce rôle de facilitateur
dans les échanges commerciaux et financiers internationaux, le Maroc met l’accent sur la
coopération triangulaire - forme de partenariat innovant et complémentaire de la coopération
bilatérale - et s’inscrit dans le cadre d’une coopération à la fois Nord-Sud mais aussi Sud-Sud.
De par sa portée multidimensionnelle, le « modèle marocain » en Afrique, initié par SM le Roi
Mohammed VI, suscite l’intérêt croissant des pays du continent. Si la présence économique
marocaine en Afrique francophone et musulmane est une réalité vérifiée par tous, les
opérateurs économiques marocains ainsi que les promoteurs de la Vision marocaine en Afrique
devraient prendre conscience, aujourd’hui, de l’importance pour le Royaume d’aller au-delà de
cette zone « de confort » et « de confiance ». A titre d’illustration, l’UEMOA et la CEMAC,
composées respectivement de 8 et 6 pays, ne représentent uniquement que 6% du PIB
africain. En effet, des pays à très fort potentiels de croissance, qui ont pour la plupart des
positions politiques hostiles au Maroc, tels que l’Angola, le Mozambique, le Rwanda, le Kenya,
l’Ethiopie, le Nigéria, le Botswana, le Ghana, la Zambie, la Tanzanie ou encore l’Ouganda, ne
sauraient être écartés d’une stratégie Afrique globale, accompagnant la Vision Royale.
Il importe, dès lors de capitaliser sur les acquis réalisés et les bénéfices engrangés, en Afrique
de l’Ouest et Centrale, afin de rendre irréversible et pérenne la dynamique marocaine en
Afrique et ainsi la renforcer dans un environnement très compétitif. Pierre angulaire et principal
bénéficiaire de cette stratégie, le secteur privé, encouragé par les pouvoirs publics, doit
s’impliquer davantage dans l’investissement rentable en Afrique, pour pérenniser la présence
du Maroc et la rendre non dépendante des aléas politiques. Pour l’ensemble de ces
considérations, les entreprises marocaines présentes en Afrique, doivent pouvoir accompagner
la Vision Royale tout en évitant de poursuivre des actions « au coup par coup » ne répondant à
aucune coordination.
Le Maroc est un acteur important de l’économie africaine. La marque « Maroc », forte de
l’impact de la Vision Royale sur les populations africaines, est de plus en plus sollicitée par les
responsables politiques et les opérateurs économiques du continent, pour s’implanter dans des
pays qui ne possèdent pas de tradition de coopération avec le Royaume. Cependant la marge
de progression du Maroc pour occuper une place de référence sur le continent reste
importante. Certaines barrières doivent encore être levées pour libérer pleinement le potentiel
du partenariat économique Maroc-Afrique.
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Extrait de la Préface de l’ouvrage de l’Institut Amadeus « Le Maroc en Afrique : La Voie
Royale »
Brahim FASSI FIHRI
Président fondateur de l’Institut Amadeus
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