Synthèse: Un geste d`espoir: Améliorer la qualité de l`air intérieur à l

Transcription

Synthèse: Un geste d`espoir: Améliorer la qualité de l`air intérieur à l
Un geste
d’espoir :
Améliorer la
qualité de l’air
intérieur à l’aide
des plantes
dépolluantes
Joanne Langis et Jackie Kerry
Groupe Littoral et vie
Université de Moncton
2012
Un geste d’espoir : Améliorer la qualité de
l’air
intérieur
à
l’aide
des
plantes
dépolluantes
Tous droits réservés. 2012
Groupe de recherche Littoral et vie
Faculté des sciences de l’éducation
Université de Moncton
Moncton, NB E1A 3E9
Téléphone : (506) 858-4408
Courriel : [email protected]
La création de ce document a été rendue possible grâce à des fonds de la Fondation Hôpital
Dr-Georges-L.-Dumont (l’Arbre de l’espoir) et des Instituts de recherche en santé du
Canada.
1
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION.................................................................................................................3
LES POLLUANTS ...............................................................................................................4
AMÉLIORER LA QUALITÉ DE L’AIR INTÉRIEUR ..........................................................7
Ce qu'on peut faire ...........................................................................................................7
PHYTOREMÉDIATION ......................................................................................................8
LA PHYTOREMÉDIATION OU BIOÉPURATION PAR LES PLANTES D’INTÉRIEUR .. 8
COMMENT LES PLANTES DÉPOLLUENT-ELLES? ...................................................... 10
LES PLANTES DÉPOLLUANTES .................................................................................... 12
Choix des plantes ........................................................................................................... 12
ENTRETIEN DES PLANTES D’INTÉRIEUR ................................................................... 24
AUTRES BIENFAITS DES PLANTES D’INTÉRIEUR ..................................................... 26
RÉFÉRENCES ................................................................................................................... 28
2
Depuis longtemps, il est reconnu que l’environnement influence la santé et le bien-être des
gens. Heureusement, de plus en plus de personnes contribuent activement à créer pour
elles-mêmes et pour leurs proches un environnement qui favorise la santé.
Ce document présente des informations sur la qualité de l’air à l’intérieur de nos maisons
et de nos lieux de travail. On y discute ensuite des moyens que l’on peut prendre pour
améliorer son milieu et simultanément sa santé.
Dans
la première section du document, sur les plantes dépolluantes, on discute de divers
polluants et de leurs sources. On y explique aussi les mécanismes par lesquels les plantes
d’intérieur absorbent les polluants néfastes. Une liste de plantes dépolluantes est offerte,
ainsi que des conseils pour leur entretien. Une dernière section traite enfin des autres
bienfaits des plantes sur la santé.
Introduction
En réponse aux coûts élevés de production d’électricité ainsi qu’à notre désir de conserver
l’énergie, nos maisons sont devenues de plus en plus étanches. En plus d’augmenter la
composition de matériaux isolants, nous limitons les échanges d’air avec l’extérieur ce qui a
pour effet d’augmenter la concentration de substances toxiques à l’intérieur. L’air intérieur
est souvent plus pollué que l’air intérieur (Burchett, Torpy & Brennan, 2009). Comme nous
passons de 70 à 90% de notre temps à l’intérieur (Chaudet & Boixière-Asseray, 2010;
Kobayashi, Kaufman, Griffis & McConnell, 2007; Orwell, Wood, Burchett, Tarran & Torpy,
2006), nous sommes exposés à ces substances toxiques de façon prolongée. Puisque notre
odorat ne peut souvent pas détecter la présence des polluants, nous présumons que la
qualité de l’air est bonne. Nous respirons environ 15 000 litres d’air par jour ("La recherche
et…", s.d.), ce qui nous expose à une variété de polluants.
Les sources de polluants de l’air intérieur proviennent de l’air extérieur, des matériaux de
construction, d’isolation et d’aménagement (colles, tissus, tapis…) de notre maison et des
produits d’entretien personnels et ménagers. Parmi ces polluants, on retrouve les composés
organiques volatils (COV) dont plus de 900 ont été identifiés, aux États-Unis, dans l’air
intérieur, par l'Environmental Protection Agency (EPA) (Burchett, Torpy & Brennan,
2009). Ces composés organiques volatils (COV) sont reconnus comme étant les
contaminants les plus importants de l’air intérieur (Wolkoff, 2003 dans Aydogan &
Montoya, 2011). Le formaldéhyde, le benzène et le trichloréthylène sont des exemples de
COV. Les interactions entre les divers polluants en plus de la durée d’exposition pourraient
avoir un impact sur la santé des résidents (Laugier, 2009; Wolverton, Johnson & Bounds,
1989).
Certaines personnes exposées à des polluants intérieurs se plaignent d’allergies, d’asthme,
d’irritation des yeux, du nez et de la gorge, de somnolence, de nausées, de maux de tête, de
perte de concentration… (Burchett, Torpy & Brennan, 2009; Fjeld, Veiersted, Sandvik,
Riise, & Levy, 1998; La Roche, 2008; Storch, s.d.). À long terme, ces malaises peuvent
devenir chroniques (Burchett, Torpy & Brennan, 2009). D’après l’Organisation Mondiale de
la Santé (citée dans Laugier, 2009), le « syndrome des bâtiments malades » touche de 25 à
3
30% des personnes travaillant dans des bureaux. Ce syndrome est souvent caractérisé par
un ensemble de symptômes inexpliqués (maux de tête, irritation des yeux, du nez et de la
gorge, toux sèche, fatigue chronique…) associés à un lieu où l’on passe du temps et
disparaissent peu de temps après avoir quitté le lieu (WHO, 2008).
Comme les études sur les impacts de la pollution de l’air intérieur sur la santé humaine se
font de plus en plus nombreuses, il importe de trouver ou de communiquer un moyen simple
et efficace de réduire les polluants intérieurs.
Les polluants
Dans notre vie quotidienne, nous sommes exposés à différents polluants intérieurs que ce
soit à la maison, au bureau ou dans les classes. Parmi les polluants les plus présents à ces
endroits, on retrouve le formaldéhyde, le benzène et le trichloréthylène qui font tous partie
de la famille des composés organiques volatils (COV). Selon l’Observatoire de la qualité de
l’air (cité dans Chaudet & Boixière-Asseray, 2010), le formaldéhyde et le benzène se
classent parmi les substances les plus nocives pour la santé à court et moyen termes.
Le
formaldéhyde est présent dans plusieurs produits (mousses d’isolation, tissus
d’ameublement, agglomérés, peinture, colles…) en plus d’être dégagé lors de la combustion
de substances contenant du carbone (gaz d’échappement, fumée de cigarette…).
Le benzène est utilisé dans la production de médicaments, de plastiques, de parfums et de
tabac, et dans les produits d’ameublement comme les solvants, peintures, colles…
(LaRoche, 2008; Laugier, 2009; Storch, s.d.; Wolverton, Johnson & Bounds, 1989).
Le
trichloréthylène est principalement employé pour le dégraissage de pièces métalliques
et pour le nettoyage à sec. Il est aussi parfois présent dans certaines peintures, vernis et
colle pour tissus (Commission de la santé et de la sécurité du travail, 2000; Laugier, 2009,
Storch, s.d.). En plus d’avoir été identifiés comme des cancérigènes humains par le Centre
international de Recherche sur le Cancer (CIRC, cité dans Chaudet & Boixière-Asseray,
2010; LaRoche, 2008), le formaldéhyde et le benzène peuvent causer de l’irritation des yeux,
du nez et de la peau, des maux de tête, des problèmes respiratoires ainsi que d’autres
problèmes de santé (voir Tableau 1). Le trichloréthylène, classé comme cancérigène
probable par le CIRC, affecte le foie, les reins et les poumons (Laugier, 2009).
Le
tableau 1 présente ces trois derniers polluants ainsi que leurs principales sources et
impacts possibles sur la santé humaine.
4
Tableau 1. Les sources de trois polluants intérieurs et leurs impacts possibles sur
la santé humaine
Polluants
Formaldéhyde
Sources
gaz d’échappement des véhicules à
moteur,
mousse d’isolation,
laine de verre et de roche,
produits de calfeutrage,
certaines peintures, vernis,
vitrificateurs,
colles, colles pour planchers,
résines,
panneaux de bois aggloméré,
panneaux agglomérés de particules
(mélamine), contreplaqué,
papiers peints, tapis, certaines
moquettes, rideaux, tuiles de
plafond, meubles en tissu,
huile lubrifiante synthétique,
bougies, encens,
emballages, cartons, sacs d’épicerie,
papier ciré, papiers mouchoir,
papiers essuie-tout,
produits nettoyants (assouplissants,
certains tissus infroissables,
produits pour rendre le tissu
imperméable et ignifuge),
bombes dépoussiérantes,
fumée de cigarette,
produits cosmétiques (agents de
conservation de ces produits),
appareils électroniques,
certains désodorisants,
insecticides, fongicides,
détergents, désinfectants,
antiseptiques, additifs
antibactériens pour la conservation
des aliments,
produits de la combustion du bois
(ex : incendies de forêt), du charbon,
de l’essence, du gaz naturel, du
kérosène, des déchets et du tabac.
Impacts sur la santé
Irritation de la peau
Irritation des
muqueuses des yeux,
du nez et de la gorge
Toux
Respiration sifflante
Allergies
Asthme
Maux de tête
Forme rare du cancer
de la gorge
Cancers de la cavité
buccale, des fosses
nasales et des sinus
Syndrome des
bâtiments malades
CANCÉRIGÈNE
CERTAIN
5
Benzène
Trichloréthylène
fumée de cigarette,
parfums, bougies parfumées,
peintures, vernis,
matières plastiques, caoutchouc,
produits de bricolage,
produits de calfeutrage,
colles/adhésifs,
encres, teintures,
papiers peints,
revêtements de sols,
tuiles de plafond,
détergents,
essence, huile,
produits pharmaceutiques
produits de nettoyage à sec,
encres de photocopieurs et
d’imprimantes,
peintures, vernis, décapants,
dégraissants de métaux,
adhésifs,
pesticides,
tissus d’ameublement
Irritation des yeux
Irritation de la peau
Maux de tête
Perte d’appétit
Étourdissements
Vertiges
Anémie
Maladie de la moëlle
osseuse
Fatigue
Somnolence
Accélération du rythme
cardiaque
Troubles de vision
Tremblements
Confusion ou perte de
connaissance
CANCÉRIGÈNE
CERTAIN
Irritation de la peau,
du nez et des yeux
Maux de tête
Vertiges
Cancer du foie
CANCÉRIGÈNE
PROBABLE
* Aydogan & Montoya, 2011; Chaudet & Boixière-Asseray, 2010; Commission de la santé et de la
sécurité du travail, 2000; Kobayashi et coll., 2007; LaRoche, 2008; Laugier, 2009; Plants for People,
s.d.; WHO, 2008; Wolverton, Johnson & Bounds, 1989.
Selon Laugier
(2009), les principales sources de polluants sont :
la pollution extérieure et les gaz d’échappement,
les matériaux de construction et d’isolation,
les matériaux de décoration (bois traités, contreplaqués, peintures, colles, vernis,
tapis, tissus d’ameublement…)
les objets et accessoires en plastique et en PVC (ustensiles, jouets, tuyauterie…)
le chauffage et les appareils de cuisson
les produits ménagers et les désinfectants
les désodorisants, les pesticides et les insecticides
les produits cosmétiques et de toilette
la fumée de cigarette
les produits de bureau (photocopieurs, imprimantes…)
l’encre, les feutres et marqueurs
les appareils audiovisuels (télévisions, ordinateurs, sans fil…)
les bruits
6
Selon
la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec (2000), le
formaldéhyde est l’un des composés organiques volatils les plus utilisés par l’industrie
chimique, car il est très polyvalent. Comme on peut le voir dans le tableau 1, il est très
présent dans notre vie quotidienne et peut entraîner des impacts sur la santé des humains
qui y sont exposés. Les concentrations de formaldéhyde dans les maisons mobiles
construites à partir de contreplaqués et de panneaux de fibres de bois peuvent dépasser les
limites acceptables de formaldéhyde et provoquer une forme rare de cancer de la gorge chez
les personnes qui y sont exposées. Ceci est préoccupant quand on pense aux écoles qui
ajoutent des installations mobiles pour augmenter leur nombre de classes (Storch, s.d.).
Les
matériaux de construction naturels utilisés autrefois tel le bois non traité ont été
remplacés par des matériaux synthétiques composés de polluants (Kobayashi et coll., 2007)
par exemple la laine isolante, le bois pressé et les tapis. Les polluants peuvent être libérés
sous l’influence de l’humidité ou du chauffage (Chaudet & Boixière-Asseray, 2010). Ils
peuvent aussi être libérés soit durant leur utilisation (ex : cigarette, fournaise, produits
d’entretien, pesticides…), avec le temps ou lorsque le produit sèche (Kobayashi et coll.,
2007, USEPA/Office of Air and Radiation, s.d.). Les polluants peuvent aussi nous être
transmis par la poussière que nous respirons et qui retient des toxines nocives (Plants for
People, s.d.). Dans les matériaux de construction, l’ameublement et les produits d’entretien
tels que les désodorisants, les polluants peuvent être relâchés de façon plus ou moins
continue. Des concentrations élevées de ces polluants peuvent demeurer dans l’air
longtemps après leur utilisation (USEPA/Office of Air and Radiation, s.d.).
Améliorer la qualité de l’air intérieur
Ce qu’on peut faire
Nous devons tenter d’améliorer la qualité de l’air intérieur afin de réduire notre exposition
aux polluants et leurs impacts possibles sur notre santé. Il existe plusieurs façons
d’améliorer la qualité de l’air intérieur:
Réduire ou contrôler les sources de polluants (par exemple utiliser seulement des
produits de bois sans formaldéhyde ou à faibles émissions de formaldéhyde, éviter
l'emploi de produits d’entretien contenant ces polluants ou d'entreposer des produits
dangereux à l’intérieur de la maison… (Guo et coll., 2003 dans Liu, Mu, Zhu, Ding
& Arens, 2007; Kobayashi et coll., 2007);
Installer un système de ventilation dans la cuisine et la salle de bain afin d’éliminer
l’air contaminé (Guo et coll., 2003 dans Liu et coll., 2007; Kobayashi et coll., 2007);
Utiliser l’aspirateur au moins deux fois par semaine pour ramasser la poussière à
laquelle les polluants se sont accrochés (Chaudet & Boixière-Asseray, 2010);
Les appareils de chauffage (poêle à bois, gaz naturel…) devraient s’évacuer à
l’extérieur et être vérifiés, nettoyés et bien entretenus;
Ouvrir les fenêtres dans toutes les pièces de la maison au moins 10 minutes par jour
(Chaudet & Boixière-Asseray, 2010);
Nettoyer l’air contaminé. Cette nouvelle pratique, nommée phytoremédiation,
consiste à se servir de certaines plantes pour absorber les toxines de l’air (Liu et
coll., 2007).
7
Phytoremédiation
La phytoremédiation est
une nouvelle technologie qui utilise diverses plantes dans le but
de réduire, dégrader, extraire ou immobiliser des polluants du sol, de l’eau ou de l’air
(USEPA, 2000; Wikipedia1). Cette technique permet de traiter les sols contaminés par des
métaux, pesticides, solvants, explosifs, produits du pétrole, radionucléides et autres
contaminants. Elle sert aussi à décontaminer les eaux usées des métaux, des
hydrocarbures, des produits organochlorés et des pesticides qui s'y sont retrouvés. La
phytoremédiation permet aussi de réduire la concentration de polluants dans l’air intérieur
(Wikipedia3).
Ces
méthodes de dépollution ont déjà été utilisées à l’île aux Corbeaux, au Québec
(Canada) pour extraire du zinc et du manganèse d’un ancien site d’enfouissement de
batteries. De même, des plantations de tournesols aident à extraire le Césium-137 et le
Strontium à Tchernobyl sur le site de l'important accident nucléaire survenu il y a plus de
25 ans (La Pépinière aquatique, s.d.). Des recherches ont aussi démontré l’efficacité du
peuplier (genre Populus) dans la dégradation du trichloréthylène, du cadmium, du zinc, du
cuivre et du plomb (Bissonnette, St-Arnaud & Labrecque, 2010; Gordon et coll., 1997; La
Pépinière aquatique, s.d.; USEPA, 2000). D’autres plantes aussi reconnues comme étant
phytodégradantes, par exemple, le piment (Capsicum annuum) et la coriandre (Coriander
sativum) ont participé à l'élimination du Lindane (pesticide classé comme moyennement
dangereux par l’Organisation mondiale de la santé, Marcacci, 2004).
La phytoremédiation ou bioépuration par les plantes d’intérieur
Le premier chercheur à étudier le rôle des plantes dans la réduction ou l’immobilisation de
polluants dans l’air intérieur a été le Dr Bill Wolverton en 1974 (Chaudet & BoixièreAsseray, 2010, Wikipedia3). Ce dernier avait identifié
plusieurs sources de composés organiques volatils pouvant
polluer l’intérieur des navettes spatiales (Wikipedia3). Il a,
par la suite, été embauché par la NASA pour étudier la
qualité de l’air dans les navettes spatiales habitées. Il
recréa un habitat écologique fermé dans lequel était injecté
de l’air. Il y ajouta une plante dans un pot et de l’air pollué
afin de mesurer la quantité de polluants absorbés sur une
période de 24 heures. Wolverton étudia plusieurs variétés
de plantes d’intérieur et les exposa à différents polluants
(ammoniac, benzène, formaldéhyde, monoxyde de carbone, pentachlorophénol, toluène,
trichloréthylène, xylène…; Laugier, 2009). Par la suite, il continua ses études pour mesurer
l’absorption de plusieurs polluants par différentes plantes d’intérieur communes en
injectant des concentrations de polluants proches à celles retrouvées dans nos maisons.
Wolverton trouva que certaines plantes étaient plus efficaces que d’autres pour absorber
certains polluants (Wolverton, Johnson & Bounds, 1989). Il classifia environ 50 plantes sur
une échelle de 1 à 10 selon quatre critères :
capacité à éliminer les polluants,
facilité de croissance et d’entretien,
8
résistance aux insectes,
taux de transpiration (Wolverton, 2009).
Wolverton (1989)
a aussi identifié des microorganismes dans le terreau de plantes qui se
retrouvaient dans un pot depuis une longue période. D’après ses recherches, ces
microorganismes sont reconnus comme étant capables de biodégrader des polluants
toxiques (Wolverton, Johnson & Bounds, 1989).
À
partir des années 90, plusieurs pays ont commencé à s’intéresser à l’utilisation de
plantes pour améliorer la qualité de l’air intérieur. Des chercheurs canadiens ont fait des
essais dans un logement, la maison Novtec à Montréal. Une conférence a eu lieu aux PaysBas et il y a eu création du Clean Air Council aux États-Unis, de Plants for People aux
Pays-Bas et de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur en France ("La recherche
et…", s.d.; Plant’air Pur et Plants for People, s.d.)
Plusieurs
années plus tard (en 2002), le programme Phyt’Air a vu le jour en France. Ce
groupe de recherche a fait des études sur la capacité de trois espèces (Plante araignée Chlorophytum comosum, Dragonnier - Dracaena marginata et Pothos - Scindapsus aureus)
à dépolluer l’air dans un milieu fermé. Les polluants à l’étude étaient le toluène, le benzène,
le monoxyde de carbone et le formaldéhyde. Leurs études cherchaient à identifier le rôle des
différentes composantes du système plante-pot dans six différentes instances (Wikipedia3):
1.
2.
3.
4.
5.
6.
plantes avec sol, racines et microorganismes,
pots avec terre, racines et microorganismes,
plantes sans terre ni microorganismes,
plantes avec feuilles uniquement,
terre et microorganismes,
terre stérile.
D’après
les recherches de Phyt’Air, il y a eu diminution de la concentration de polluants,
quelle que soit la plante étudiée. Cette diminution de polluants est lente le premier jour et
s’accélère par la suite, ce qui laisse penser que la plante s’habitue à dépolluer ("La
recherche et…", s.d.; Wikipedia3). La configuration plante
avec sol, racines et microorganismes est la plus efficace
pour enlever les polluants de l’air (Wikipedia3). Quelques
années plus tard, une deuxième étude du programme
Phyt’Air a permis de confirmer ces résultats en plus de
nouvelles observations telles que :
la densité du feuillage a une influence sur la
capacité d’absorption des polluants;
l’hygrométrie et l’humidité du sol améliorent les
performances
d’épuration
du
formaldéhyde
(polluant à propriétés hydrophiles);
la lumière ne semble pas avoir d’influence sur les
performances d’épuration (Wikipedia3).
9
Des
chercheurs de l’Université de Technologie de Sydney en Australie ont étudié la
capacité dépolluante de trois espèces de plantes intérieures : palmier Kentia - Howea
forsteriana, le lys de la paix - Spathiphyllum wallisi et le Dracaena deremensis var. Janet
Craig. Le benzène et le n-hexane constituaient les polluants à l’étude puisqu’ils sont
présents dans nos espaces intérieurs. Les chercheurs ont trouvé que les trois espèces
étaient capables de diminuer les concentrations des deux polluants à l’étude (Burchett,
Torpy & Brennan, 2009).
Ces
mêmes chercheurs australiens ont décidé de continuer leurs recherches avec trois
autres espèces : lierre du diable – Epipremnum aureum, arbre ombrelle - Schefflera
actinophylla et lys de la paix - Spathiphyllum 'Sensation'.
Ils ont obtenu des résultats semblables. Les taux
d’élimination étaient lents au début, mais après 1 à 2
jours pour le benzène et 4 à 5 jours pour le n-hexane, ils
accéléraient même jusqu’à 10 fois les taux initiaux
(Burchett, Torpy & Brennan, 2009). Ceci suggère une
réponse au goût du polluant ou l’induction d’un système
biochimique au sein de la plante pour métaboliser le
polluant. Même en augmentant les doses de polluant,
l’élimination du polluant est maintenu, ce qui suggère
que les plantes s’améliorent à l’entraînement (Burchett,
Torpy & Brennan, 2009).
Les chercheurs de l’Université de technologie à Sydney ont aussi étudié différentes options
de dépollution (Burchett, Torpy & Brennan, 2009; "La recherche et…", s.d.). Ils ont conclu
que:
dans l’obscurité, l’activité de dépollution est maintenue.
le mélange de terreau dans les pots (après avoir enlevé les plantes) réussit à faire
disparaître les polluants à un taux légèrement plus faible qu’avec la plante. Ceci
démontre que les microorganismes du terreau participent à l’élimination dans le
système plante-pot. Par contre, le terreau seul ne peut pas continuer à éliminer les
polluants pendant plus de quelques semaines.
Après avoir enlevé le terreau des racines, le processus d’élimination des polluants a
continué, quoique plus faiblement, avec les plantes placées en culture hydroponique.
Ceci laisse supposer que les microorganismes sont attachés fermement aux racines
ou sont à l’intérieur de celles-ci.
Un terreau qui n’a jamais été utilisé pour faire pousser des plantes a absorbé
seulement la moitié des polluants et a semblé arriver à épuisement. Ceci suggère
que des microorganismes sont présents dans le terreau avant l’introduction de
plantes, mais que ces derniers ne survivront pas longtemps sans l’ajout d’une plante
pour leur offrir les nutriments nécessaires à leur survie ("La recherche et…", s.d.).
Comment les plantes dépolluent-elles?
La
photosynthèse est le processus qui permet aux plantes de vivre en fabriquant leur
propre nourriture et leur réserve d’énergie. Des échanges gazeux se produisent de façon
10
continue lors du processus et les gaz échangés sont le dioxyde de carbone, l’oxygène et la
vapeur d’eau. Les feuilles des plantes relâchent de la vapeur d’eau et de l’oxygène et
absorbent du dioxyde de carbone (Wolverton, 1986). La chlorophylle, qui donne la couleur
verte aux feuilles, capte la lumière du soleil et la transforme en énergie nécessaire à la
synthèse des substances absorbées (Laugier, 2009).
Les
plantes avec une superficie de feuilles plus élevée sont capables de capter plus de
lumière et donc d’augmenter la photosynthèse (Storch, s.d.). Les échanges entre la plante et
l’environnement se font grâce aux stomates et aux cuticules. Les stomates sont la partie de
la feuille à l’intérieur desquelles ont lieu les échanges gazeux
(Wikipedia4). Ce sont de petites ouvertures qui s’ouvrent et
se ferment selon la quantité de lumière disponible, la
concentration de dioxyde de carbone, le statut hydrique de la
plante et la température (Hopkins, 2003). Les stomates se
retrouvent généralement sur la face inférieure des feuilles
(Laugier, 2009). Sous des conditions de stress hydrique, les
stomates se ferment afin de limiter les échanges de vapeurs
d’eau et par conséquent les effets du dessèchement. Une
augmentation de température, provoque, quant à elle,
l’ouverture des stomates, mais ceci jusqu’à une certaine
limite. Des températures trop élevées ferment les stomates
pour minimiser les échanges gazeux (Hopkins, 2003).
En
plus de participer aux échanges de dioxyde de carbone,
d’oxygène et de vapeur d’eau, les stomates sont capables
d’absorber d’autres substances présentes dans l’air ambiant
(Wolverton, 1986), tels les polluants. Seuls les composés
organiques très volatils (de faible structure moléculaire) comme le formaldéhyde, le
benzène ou le toluène peuvent pénétrer les stomates (Laugier, 2009). Ils sont ensuite
envoyés dans les racines où des microorganismes transforment les polluants en nourriture
pour les plantes (Kobayashi et coll., 2007; Plant’airpur et Plants for People, s.d.).
La cuticule, quant à elle, est une fine couche cireuse qui protège la surface des feuilles. Les
polluants composés de molécules plus lourdes et plus volumineuses, qui ne peuvent entrer
par les stomates, restent sur les feuilles et sont synthétisés grâce à la cuticule (Laugier,
2009).
Des
microorganismes présents dans le terreau s’attachent aux racines des plantes.
Certains sont des bactéries qui vivent en symbiose avec les racines de la plante et qui
jouent un rôle de barrière contre les éléments pouvant nuire au sol et qui participent à
l’absorption des éléments nutritifs de la plante par les racines (Chaudet & BoixièreAsseray, 2010)
Des
recherches démontrent que les microorganismes présents dans le terreau jouent un
rôle important dans l’élimination des COV et que le rôle des plantes est plutôt d’établir et
de maintenir la communauté microbienne (Orwell et coll., 2006 ; Wolverton, Johnson &
Bounds, 1989). Godish et Guindon (1989, cités dans Orwell et coll., 2006) ont exposé des
11
plantes araignées (chlorophytum) au formaldéhyde dégagé par des panneaux de particules.
Suite à une défoliation complète, l’élimination du formaldéhyde se produisait encore. Ils ont
alors conclu que la dépollution était due à différents éléments du terreau tels que l’humidité
du sol, les racines de la plante, la surface du sol, les microorganismes ou une combinaison
de ces éléments (Orwell et coll., 2006).
Selon Kobayashi et coll. (2007), les plantes dégagent aussi de la vapeur d’eau par
transpiration ce qui augmente le taux d’humidité de la pièce. Cette transpiration crée un
courant de convection qui attire l’air pollué vers le terreau qui entoure les racines où des
microorganismes décomposent les polluants pour en faire de la nourriture et de l’énergie
(Kobayashi et coll., 2007). Chaque espèce de plante développe une communauté de
microorganismes vivant en symbiose avec elle. La plante distribue aux microorganismes de
25 à 45% des produits de la photosynthèse pour leur survie (Wood, Orwell, Tarran, &
Burchett, 2001/2002).
Dans
les plantes, les polluants peuvent être soit emmagasinés ou décomposés selon leur
composition et leur concentration (Storch, s.d.). De plus, puisque les microorganismes
augmentent dans le terreau avec le temps, les plantes deviennent de plus en plus efficaces
dans leur processus de dépollution et maintiennent leur efficacité (LaRoche, 2008 ; Wood et
coll., 2001/2002). Elles arrivent aussi à retirer de très faibles concentrations de COV (Wood,
R. et coll., 2001/2002).
Les plantes dépolluantes
Choix des plantes
Nous
pouvons donc décider d’assainir l’air intérieur de
nos maisons en y ajoutant des plantes. Il s’agit
Les plantes contribuent à
premièrement, d'étudier l’intérieur de notre maison et
augmenter le taux
nos activités quotidiennes afin d’identifier des sources
d’humidité de notre maison.
de polluants (matériaux de construction et d’isolation,
tapis, meubles en bois traité, meubles en tissu, peinture
fraîche, produits d’entretien, ordinateurs, télévisions…). Ces informations nous permettront
d’identifier les pièces qui ont le plus besoin des plantes dépolluantes et de choisir des
plantes en fonction des besoins.
Plusieurs ouvrages présentent des listes de plantes dépolluantes. Le tableau 2 s’inspire des
recherches de Wolverton (2009) qui a identifié près de 50 plantes ayant un impact
mesurable en matière d’assainissement de l’air. Dans le tableau, les plantes sont
présentées en ordre décroissant par rapport à leur efficacité, déterminée à l’aide des quatre
critères suivants :
capacité d’épuration de l’air en fonction des polluants courants,
facilité de culture et d’entretien des plantes,
résistance de la plante aux insectes,
taux de transpiration (La Roche, 2008; Wolverton, 2009).
12
Tableau 2. Liste de plantes dépolluantes
Polluants absorbés
-
-
Formaldéhyde
Toluène
Benzène
Xylène
Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne, sans soleil direct
(qui lui fait pâlir les feuilles)
Arrosage abondant sans laisser d’eau
stagnante
Aime les pièces humides (vaporiser les
feuilles)
Sensible aux araignées rouges - vaporiser
les feuilles d’eau pour prévenir
Bureau, salon, salle de bain, chambre,
véranda
Palmier d’Arec – aréca
(Golden cane palm ou
butterfly palm)
Chrysalidocarpus lutescens
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Benzène
Trichloréthylène
- Ammoniac
- Xylène
Conseils d’entretien
Croissance lente
Faible luminosité, sans soleil direct
Arrosage abondant en été
Sensible aux araignées rouges et aux
cochenilles - vaporiser les feuilles d’eau
pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, chambre, entrée,
atelier
Rhapis
(Lady Palm)
Rhapis excelsa
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Benzène
- Trichloréthylène
- Xylène
Conseils d’entretien
Faible à moyenne luminosité
Terre toujours humide l’été
Ajoute de l’humidité dans une pièce
Atelier, chambre
Palmier bambou
(Bamboo Palm)
Chamaedorea seifrizii
13
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Ammoniac
Toluène
Xylène
- Benzène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne, sans
trop de soleil direct
Arrosage régulier, laisser sécher entre
les arrosages
Perd ses feuilles en cas de manque de
lumière, courants d’air, excès d’eau (les
feuilles jaunissent avant de tomber).
Sensible aux
vaporiser les
prévenir
Caoutchouc-gommusier
(Rubber plant)
Ficus elastica
araignées rouges feuilles d’eau pour
Bureau, salon, entrée
Toxique
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Trichloréthylène
- Benzène
- Xylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à faible
Supporte bien la sécheresse, arrosages
espacés
Excès d’eau - brunissement des feuilles
Pas assez d’eau - pointes sèches
Bureau, pièces sombres
Dracaena ‘Janet Craig’
(‘Janet Craig Dracaena’)
Dracaena deremensis
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Benzène
- Xylène
- Trichloréthylène
Lierre commun
(Common ivy)
Hedera helix
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à intense
Arrosage modéré en laissant la terre
sécher entre les arrosages
Excès d’eau – jaunissement des feuilles
suivi de perte des feuilles sèches
Sensible aux acariens- vaporiser les
feuilles d’eau pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, entrée, véranda, atelier
Toxique
14
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Xylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à faible
Arrosage régulier et abondant sans laisser
d’eau stagnante
Sensible aux araignées rouges – vaporiser
d’eau souvent pour prévenir
Bureau, salon, entrée, véranda
Palmier dattier nain
(Dwarf date palm)
Phoenix roebelenii
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Ammoniac
Benzène
Trichloréthylène
- Toluène
- Xylène
Conseils d’entretien
Luminosité faible à moyenne, sans soleil
direct
Arrosage modéré, une fois par semaine
en laissant sécher entre les arrosages
Perd ses feuilles si excès d’eau, courant
d’air, baisse de température…
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, véranda
Ficus à feuilles de sabre
(Ficus alii)
Ficus binnendijkii alii
Feuilles toxiques par ingestion et sève
irritante
Polluants absorbés
-
Xylène
Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à intense, sans
soleil direct
Arrosage fréquent (par immersion)
surtout en été, terre toujours humide
Aime les pièces humides et chaudes
Fougère de Boston
(Boston fern)
Nephrolepis exaltata
‘Bostoniensis’
Vaporiser tous les jours, toute l’année
Bureau, salon, salle de bain, chambre,
entrée, véranda
15
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Benzène
Trichloréthylène
Xylène
Toluène
Ammoniac
- Acétone
- Alcool
Lys de la paix
Peace lily
Spathiphyllum wallissi
Conseils d’entretien
Faible luminosité (doit être exposé à la
lumière pour fleurir), sans soleil direct
Aime la chaleur
Arroser souvent, mais modérément,
terre doit toujours être humide
Ajoute de l’humidité à une pièce
Nettoyer les feuilles et les vaporiser
régulièrement
Chambre, salle de bain, bureau, salon,
entrée
Toxique et irritant
Polluants absorbés
-
Xylène
- Formaldéhyde
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne
Arrosages légers et espacés
Taches jaunâtres au milieu des feuilles –
trop d’eau
Bouts de feuilles marron – pas assez
d’eau (épointer feuilles avec ciseaux)
Chambre, salon, bureau
Dracaena fragrans
(Corn plant)
Draceana fragrans
‘Massangeana’
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Benzène
Monoxyde de
carbone
- Hexane
- Trichloréthylène
Pothos (lierre du diable)
(Devil’s Ivy)
Scindapsus aureus
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne, sans
soleil direct
Supporte sécheresses de courtes durées
Arrosage régulier, en laissant la terre
sécher entre les arrosages
Sensible aux araignées rouges –
vaporiser d’eau souvent pour prévenir
Bureau, salon, salle de bain, chambre
(sauf celle des enfants), atelier
Toxique, sève irritante pour la peau
16
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Ammoniac
Xylène
- Benzène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Aime lumière vive, mais doit être dans
le noir pour former des fleurs
Aime température fraîche la nuit (5 à
10oC) donc la mettre dehors si pas trop
froid
Arrosage régulier (par immersion) et
abondant sans laisser le terreau se
dessécher, ne pas mouiller les feuilles
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, entrée
Chrysanthème
(Chrysanthemum)
Chrysanthemum morifolium
Polluants absorbés
Gerbera
(Gerbera daisy)
Gerbera jamesonii
Formaldéhyde
Trichloréthylène
Benzène
Toluène
- Monoxyde de
carbone
Conseils d’entretien
Courte durée
dépolluante
de
vie,
mais
bonne
Luminosité intense, toute l’année
Arrosage
régulier,
terre
humide, éviter les excès d’eau
toujours
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, entrée, véranda, pièces où l’on
fume
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Benzène
Xylène
Toluène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense, sans soleil direct
Arrosage régulier
Rempoter tous les ans, au printemps
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, atelier
Dracéna ou dragonnier
Warneckei
(Warneck Dracaena)
Dracaena deremensis
'Warneckii'
17
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Xylène
Benzène
Trichloréthylène
- Monoxyde de
carbone
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne, plusieurs mètres de
la fenêtre ou derrière un rideau
Arrosage une ou deux fois par semaine,
n’aime pas les excès d’eau
Jaunissement des feuilles de la base –
vieillesse et non manque d’eau
Sensibilité aux acariens – vaporiser le
feuillage avec de l’eau pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre ou endroit où l’on fume
Dracaena ou
dragonnier marginata
(Striped dracaena)
Dracaena marginata
Polluants absorbés
-
-
Formaldéhyde
Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne, sans soleil direct
Arrosage régulier, en laissant la terre sécher
entre deux arrosages
Vaporiser de l’eau sur les feuilles en temps
chaud
Salon, entrée ou salle de bain
Philodendron rougissant
(Red-leaf philodendron)
Philodendron erubescens
Polluants absorbés
-
-
Xylène
Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne, sans soleil direct
Arrosage modéré, une fois par semaine
Sensible aux maladies – vaporiser d’eau
pour prévenir
Bureau, atelier, écoles (crayons feutres)
Sève irritante pour la peau
Syngonium nephthytis
(Arrowhead plant)
Syngonium podophyllum,
Nephthytis triphylla
18
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
- Xylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne sans soleil
direct
Aime pièce humide
Arrosage régulier (deux fois par semaine),
sans laisser l’eau stagner
Nettoyer les feuilles avec de l’eau
Bureau, salon, salle de bain, chambre
Toxique
Diffenbachia commun
(Diffenbachia)
Diffenbachia picta
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Ammoniac
Xylène
Benzène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne sans soleil
direct
Arrosage abondant, une ou deux fois par
semaine, sans laisser d’eau stagnante
Aime les pièces humides
Couper les vieilles feuilles qui jaunissent
Palmier nain doré
(Parlour palm)
Chamaedorea elegans,
Chamaedorea seifrizi
Sensible aux maladies – vaporiser d’eau
pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, entrée, atelier
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Xylène
Ammoniac
- Toluène
Ficus (figuier pleureur)
(Ficus tree)
Ficus benjamina
Conseils d’entretien
Luminosité intense, sans soleil direct
Arrosage modéré, une fois par semaine,
laisser sécher avant d’arroser à nouveau
Sensible aux cochenilles à carapace – taillez
la branche
Perd ses feuilles si excès d’eau, courant
d’air, baisse de température…
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, véranda
Toxique lors d’ingestion de feuilles ou tige,
irritant
19
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Xylène
Benzène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyen
Arrosage régulier, en laissant sécher la terre
entre les arrosages
Sensible aux maladies – vaporiser d’eau
pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, salle de bain
Schefflera
(Umbrella tree)
Schefflera actinophylla,
Schefflera arboricola
Toxique, sève irritante pour la peau
Polluants absorbés
- Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité intense sans soleil direct
Aime la chaleur
Arrosage régulier (aux deux ou trois jours)
en petites quantités, sans mouiller les
feuilles. Laisser la terre sécher entre deux
arrosages
Bégonia
(Begonia)
Begonia
Polluants absorbés
-
-
Formaldéhyde
Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne
Arrosage régulier en laissant sécher la terre
entre deux arrosages
Vaporiser les feuilles avec de l’eau
Augmente l’humidité d’une pièce
Entrée, salon
Philodendron de Sello,
philodendron
arborescent
(Lacy tree philodendron)
Philodendron Selloum
20
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à faible, sans soleil
direct
Aime les pièces humides
Arrosage régulier, une fois par semaine en
évitant l’eau stagnante et en laissant la
terre sécher entre les arrosages
Sensible
aux
araignées
rouges
et
cochenilles – vaporiser d’eau pour prévenir
Bureau, cuisine, salon, salle de bain, atelier
Philodendron grimpant
(Heart-leaf philodendron)
Philodendron scandens
Toxique par ingestion et irritant pour la
peau
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Benzène
Xylène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à faible (soleil quelques
heures par jour)
Arrosage régulier (tous les 15 jours), sans
laisser d’eau stagnante
Utiliser avec d’autres plantes dépolluantes
Ne respire presque pas le jour, dépollue la
nuit
Sansevière, langue de
belle-mère
(Snake plant or Mother-inlaw’s tongue)
Sansevieria trifasciata
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
chambre, entrée, véranda, atelier
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Toluène
Xylène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne, sans soleil direct
Arrosage régulier en gardant la terre
toujours un peu humide
Aime les pièces humides et chaudes
Bureau, cuisine, salon
Diffenbachia Camilla
(Dumb cane)
Diffenbachia Camilla
Toxique
21
Polluants absorbés
- Formaldéhyde
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à faible, sans soleil
direct
Arrosage moyen (en évitant que la terre se
dessèche entre deux arrosages), tout en
évitant l’eau stagnante
Vaporiser régulièrement les feuilles d’eau
Maranta – dormeuse
(Prayer plant)
Maranta leuconeura
Aime les pièces humides et chaudes (si l’air
est trop sec, les feuilles s’enroulent)
Nettoyer les feuilles
Salon, chambre
Polluants absorbés
- Formaldéhyde
- Trichloréthylène
Luminosité intense, sans soleil direct
Arroser régulièrement durant la floraison.
Arrosage faible, après la floraison
Pour initier la floraison, limiter la lumière à
moins de 12 heures par jour
Cactus de Noël
(Christmas Cactus)
Schlumbergera, Zygocactus
Bureau, cuisine, salon, salle de bain,
véranda
Polluants absorbés
Chlorophytum –
phalangère
(plante araignée)
(Spider plant)
Conseils d’entretien
Formaldéhyde
Monoxyde de
carbone
Ammoniac
Toluène
Xylène
Benzène
Conseils d’entretien
Luminosité intense à moyenne, sans soleil
direct
N’aime pas les fortes chaleurs
Arrosage fréquent et en grandes quantités
Trop d’eau – feuillage terne
Manque d’eau - roussir les feuilles
Cuisine, salon, salle de bain, chambre,
atelier
Chlorophytum comosum
22
Polluants absorbés
-
Toluène
- Benzène
- Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à faible
Arrosage régulier, en laissant sécher avant
prochain arrosage
Aime les pièces humides
Bureau, salon, salle de bain
Toxique
Aglaonéma
(Chinese evergreen)
Aglaonema commutatum
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
- Xylène
- Ammoniac
Conseils d’entretien
Luminosité intense, sans soleil direct
Arrosage abondant en été, sans excès
Aime pièces humides et chaudes (vaporiser
les feuilles avec de l’eau)
Cuisine, salon, salle de bain
Anthurium hybride
Toxique
(Green Anthurium or Midori
Anthurium)
Anthurium 'Waimea'
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Ammoniac
Xylène
- Benzène
- Trichloréthylène
Conseils d’entretien
Luminosité intense, sans soleil direct
Arrosage modéré, sans laisser l’eau stagner
Aime pièce humide
Sensible aux cochenilles et araignées rouges
– vaporiser les feuilles d’eau pour prévenir.
Croton
(Garden croton)
Codiaeum variegatum
Bureau, cuisine, salle de bain, véranda
Toxique
23
Polluants absorbés
-
Formaldéhyde
Conseils d’entretien
Luminosité moyenne à faible, sans soleil
direct
Arrosage régulier en évitant que la terre
sèche entre deux arrosages
Aime les pièces humides (vaporiser les
feuilles)
Calathéa
(Calatheas)
Calathea
Salon, chambre
Références : Chaudet & Boixière-Asseray, 2010; l’Ami des jardins, 2011; LaRoche, 2008; Laugier,
2009; Wolverton, Johnson & Bounds, 1989.
Entretien des plantes d’intérieur
Les
plantes dépendent de leurs conditions de culture et de leur environnement pour
grandir et dépolluer l’air intérieur. En effet, Laugier (2009) affirme que l’installation d’une
plante dépolluante doit tenir compte de la luminosité, de la température et de l’atmosphère
de la pièce avant de penser à la nature et à la quantité de polluants que l'on veut la voir
absorber. Les processus biomécaniques de la plante (respiration, transpiration, échanges
gazeux, transformation des molécules…)
doivent bien se produire pour arriver à de
bonnes capacités d’épuration (Laugier,
Même si les plantes respirent comme les
2009). Si une plante n’arrive pas à
humains en l'absence de lumière, la
s’adapter à son environnement ou que ses
quantité de dioxyde de carbone rejetée est
besoins fondamentaux ne sont pas
très petite. Certaines plantes comme le
satisfaits, elle perdra de ses capacités
gerbera et la sansevière rejettent de
dépolluantes. Une plante en bonne santé
l’oxygène la nuit et sont donc de bonnes
a une réelle action dépolluante (Chaudet
espèces pour les chambres à coucher. Par
& Boixière-Asseray, 2010).
Afin
d’offrir aux plantes les meilleures
conditions pour leur croissance, on doit
tenir compte des facteurs suivants :
contre, il faut quand même limiter le
nombre de plantes dans les chambres à
coucher.
Lumière : la majorité des plantes préfèrent un endroit lumineux sans exposition
directe au soleil qui pourrait brûler leurs feuilles. Plus la plante est loin d’une
fenêtre, plus l’intensité lumineuse diminue. La lumière est considérée comme
moyenne de chaque côté de la fenêtre (l’Ami des jardins et de la maison, 2011).
Température : les variations de température entre le jour et la nuit rythment le cycle
de vie des plantes et stimulent la floraison. Les températures idéales sont de 18o à
20oC le jour et de 15o à 17oC la nuit. L’hiver, comme les plantes sont au repos, elles
préfèrent des températures plus fraîches (Laugier, 2009).
Humidité : les plantes poussent mieux avec un taux d’humidité supérieur à 50%. Les
signes que le milieu n’est pas assez humide sont des feuilles qui jaunissent, des
extrémités brunes et cassantes ou des feuilles qui s’affaissent. Dans ces cas, il est
24
important de vaporiser la partie inférieure de la feuille afin d’augmenter le taux
d’humidité (Laugier, 2009).
Des signes de mauvaises conditions
Feuilles qui jaunissent et flétrissent : vérifier la terre. Si elle est desséchée, submerger la plante dans
un bassin d’eau. Si la terre est complètement mouillée, la laisser sécher ou même l’enlever du pot
environ un jour pour accélérer le séchage.
Marques brunes à l’extrémité des feuilles et la plante se flétrit : peut être dû à un courant froid.
Déplacer la plante dans un endroit protégé.
Feuilles qui jaunissent et tombent : la plante ne reçoit pas assez d’eau. Vaporiser la partie inférieure
du feuillage.
Feuilles qui pâlissent et qui ont des taches brunes : la plante est trop directement exposée au soleil.
Couper les feuilles mortes et déplacer la plante (l’Ami des jardins et de la maison, 2011; Laugier,
2009).
Des conditions de base pour la croissance idéale des plantes doivent aussi être comblées
(La Roche, 2008; Laugier, 2009) :
Le pot : choisir un pot qui n’est pas trop grand, car souvent, les plantes aiment se
sentir à l’étroit. Assurez-vous qu’il y ait quelques trous au fond du pot afin d’assurer
l’évacuation de l’eau.
Le terreau : ne pas utiliser le terreau universel de jardin, car il est souvent trop
lourd et à tendance à se tasser ce qui empêche le bon développement des racines et
risque d’asphyxier la plante. Utiliser plutôt un terreau contenant un tiers de tourbe
pour assurer l’humidité, du sable pour le drainage et des éléments nutritifs (par
exemple du fumier).
Le drainage : ajouter des billes d’argile ou de petits cailloux (non calcaires) au fond
du pot afin que l’excès d’eau puisse s’évacuer.
L’arrosage : s’assurer de respecter les besoins de chaque plante puisque ceux-ci
varient d’une espèce à l’autre. La température de la pièce, la saison et le taux
d’humidité sont aussi des éléments à surveiller. Un ou deux arrosages par semaine
en période de croissance et un arrosage par semaine en période de repos suffisent
pour la plupart des plantes. Attendre que la surface de la terre soit complètement
sèche, utiliser de l’eau à température ambiante et arroser au niveau du collet. Il est
mieux d’arroser en profondeur moins souvent que d’ajouter un peu d’eau à la plante
tous les jours. Les plantes aiment aussi qu’on vaporise de l’eau sur la face inférieure
de leurs feuilles sans toutefois faire ceci lorsque la plante est exposée au soleil. Ceci
fait aussi fuir les insectes nuisibles sensibles à l’humidité.
Le rempotage : en général, on peut rempoter une plante tous les ans ou aux 2 ans, au
début du printemps. Laisser la plante nouvellement rempotée à l’ombre pendant
quelques jours avant de la placer à son endroit habituel.
25
L’engrais : les engrais chimiques sont composés d’azote (qui stimule la production
des feuilles), de phosphore (qui favorise le bon développement des racines) et de
potassium (pour la floraison). Des engrais organiques sont aussi efficaces, mais leur
action est plus lente. Des engrais devraient seulement être utilisés pendant la
période de croissance de la plante soit de mars à septembre. S’assurer que la terre
soit humide avant d’y ajouter des engrais.
Afin de maximiser la dépollution de l’air par les plantes, il suffit de choisir des espèces avec
beaucoup de feuilles et de grosses feuilles (Laugier, 2009). Il est aussi important de nettoyer
régulièrement les feuilles avec de l’eau afin que la poussière ne s’y accumule pas puisque
cette dernière forme un écran opaque qui limite l’exposition à la lumière (l’Ami des jardins,
2011). De plus, il est bon de diversifier les espèces afin d’élargir les types de polluants qui
seront absorbés. Il est difficile de savoir exactement combien de plantes sont nécessaires
pour dépolluer une maison, mais selon plusieurs auteurs (Burchett, Torpy & Brennan,
2009; La Roche, 2008), le fait de placer une plante par 10 - 12 m2 serait suffisant.
Autres bienfaits des plantes
Des études archéologiques ont démontré que les humains placent des plantes à l’intérieur
depuis au moins 300 ans av. J.-C. Cette pratique ancestrale est répandue à travers le
monde, portant certains à conclure que les plantes sont d’une importance psychologique
fondamentale (Bringslimark, Hartig & Patil, 2009).
En effet, il semble que le fait d'apercevoir
la nature, même à travers une fenêtre, ait des
bienfaits psychologiques (Hartig, Evans, Jamner, Davis, & Garling, 2003; Kaplan, 2001), en
améliorant l’humeur, la santé et les comportements et en diminuant la fatigue mentale
(Faber Taylor, Kuo, & Sullivan, 2001; Wells, 2000). Une courte période en nature semble
libérer l’attention des gens et diminuer le stress psychophysiologique (Han, 2009). Des
études ont révélé que le contact avec la nature influence positivement l’affect, réduit les
symptômes psychophysiologiques et augmentent la concentration.
D’autres
effets bénéfiques des plantes sur la santé ont également été trouvés :
rétablissement plus rapide à la suite d’une maladie, meilleure gestion du stress, réduction
de la fatigue et diminution de l’intensité de la douleur (Diette, Lechtzin, Haponik, Devrotes
& Rubin, 2003; Fjeld et coll., 1998; Fjeld 2000; Kim & Mattson, 2002; Lohr, Pearson-Mims
& Goodwin, 1996; Park, Mattson & Kim, 2004). Les gens qui vivent proches des plantes, et
particulièrement des plantes à fleurs, sont également plus tolérants à la douleur (Lohr &
Pearson-Mims, 2000; Park et coll., 2004). En effet, des études sur l’impact des plantes sur la
perception de la douleur suggèrent que les plantes sont une distraction positive, qui
empêche les gens de fixer leur attention uniquement sur leur douleur (Lohr & PearsonMims, 2000; Park & Mattson, 2008, 2009; Park et coll., 2004).
L’exposition des patients à des éléments naturels peut être une façon efficace de diminuer
le stress lors d’une hospitalisation. Il semble que les plantes qui produisent des fleurs ont
un pouvoir particulier de réduction du stress (Kim & Mattson, 2002). Kim et Mattson
(2002) ont trouvé que les effets positifs des plantes à fleurs sont plus prononcés chez les
26
femmes ayant des niveaux élevés de stress. Ceci semble signifier que ceux qui bénéficient le
plus des plantes sont ceux qui ont le plus besoin de leurs bienfaits. Comme les hôpitaux
sont généralement construits dans des milieux urbains, l’apport d’éléments naturels,
comme des plantes, peut être une alternative pour réduire le stress et en conséquence aider
la guérison (Dijkstra, Pieterse & Pruyn, 2008). À cet égard, les résultats de Dijkstra,
Pieterse et Pruyn (2008) permettent de suggérer que la réduction du stress en milieu
hospitalier n’est pas directement lié à la présence des plantes, mais que ces dernières
permettent d’augmenter l’attrait de la chambre, ce qui, par conséquent, conduit à une
réduction du stress.
Par
ailleurs, les plantes diminuent l’anxiété relative à une intervention chirurgicale, en
plus de réduirela nécessité de prendre des analgésiques, la douleur, la fatigue et le temps
d’hospitalisation (Park, 2006; Park & Mattson, 2008, 2009). De plus, certaines recherches
font état de personnes qui sont convaincues que la présence de
plantes et du milieu naturel ont été un catalyseur
important, sinon essentiel, de leur guérison (Frumkin,
2001).
Les
pièces agrémentées de plantes sont décrites en termes
plus positifs, comparativement à des pièces sans verdure.
Les gens les trouvent joyeuses, calmantes et plaisantes
(Lohr & Pearson-Mims, 2000). Les pièces où des plantes à
fleurs sont présentes sont également perçues comme plus
attrayantes (Adachi, Rohde, & Kendle, 2000).
Dans
les bureaux, lorsqu’ils ont accès à des plantes et à des fenêtres, les employés
rapportent être moins fatigués (Fjeld et coll., 1998; Khan, Younis, Riaz, & Abbas, 2005) et
avoir moins de difficulté à se concentrer, et moins de maux de tête et de nausées (Fjeld et
coll., 1998). Ils disent préférer ces environnements (Dravigne, Waliczek, Lineberger, &
Zajicek, 2008; Kaplan, 2007). Une performance améliorée dans une tâche cognitive en
présence de plantes a aussi été trouvée (Shibata & Suzuki, 2002). De plus, les plantes
semblent augmenter la productivité (Shibata & Suzuki, 2001, 2004).
Selon
une synthèse effectuée par Bringslimark, Hartig et Patil (2009), les bienfaits
attribués aux plantes semblent cependant dépendre également de plusieurs autres facteurs.
En effet, la proéminence des plantes, c’est-à-dire le nombre de plantes et leur grosseur,
semble influencer les bienfaits qui en résultent. Par ailleurs, la localisation des plantes
dans le champ visuel semble aussi avoir un effet: une petite plante à proximité de la
personne et dans son angle visuel peut avoir plus d’effet qu’une plus grosse plante éloignée
et hors de vue. Il est également probable que la durée de l’exposition aux plantes et le
temps consacré à leur entretien a un impact sur les bienfaits qu’elles procurent. À cet
égard, un groupe de chercheurs soutient que plus la quantité de végétation visible est
grande, plus l’impact sur la réduction de l’anxiété est prononcé (Yu & Lin, 1999). De plus, la
lumière nécessaire à la survie des plantes peut également avoir un effet sur les personnes
placées à proximité (Knez & Kers, 2000).
27
Références
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