Et si un avion de chasse s`écrasait sur la ville de Sion? - ras-le

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Et si un avion de chasse s`écrasait sur la ville de Sion? - ras-le
http://www.lenouvelliste.ch/fr/valais/sion/et-si-un-jet-s-ecrasait-sur-la-capitale-490-431425
Le Nouvelliste – 16 avril 2012
Et si un avion de chasse s’écrasait sur la ville de
Sion?
Le récent crash d'un F/A-18 sur un quartier résidentiel aux Etats-Unis soulève des questions quant à la
sécurité des Sédunois en cas de problème avec un avion de chasse.
Le récent crash d'un F/A-18 sur un quartier résidentiel aux Etats-Unis soulève des questions quant
à la sécurité des Sédunois en cas de problème avec un avion de chasse. Le chef de la
communication des Forces aériennes suisses se veut rassurant.
Neuf personnes légèrement blessées dont les deux pilotes et un sauveteur. C’est le bilan –qualifié
de miraculeux par de nombreux médias américains- d’un accident d’avion survenu il y a une
dizaine de jours à Virginia Beach aux USA. Peu après son décollage, un F/A-18 Hornet s’est écrasé
sur un quartier résidentiel majoritairement habité par des personnes âgées. Les pilotes sont
parvenus à s’éjecter mais l’appareil a explosé au sol endommageant lourdement plusieurs
immeubles. Selon la chaîne de télévision ABC, c’est le troisième accident impliquant un avion
similaire depuis le début de l’année. Un avion connu des Valaisans puisque les forces aériennes
suisses possèdent exactement la même version.
Pas de survol en cas de doute
Que se passerait-il si un jet militaire connaissait des difficultés sur la capitale valaisanne? Surtout
que de nombreux immeubles sont situés dans l’axe de la piste. «Il n’y a jamais eu d’accident
impliquant l’un de nos avions à Sion», prévient d’emblée Jürg Nussbaum, chef de la communication
des Forces aériennes suisses. Si cela devait arriver, la procédure est bien rodée. «Le service de
piquet de l’aéroport est immédiatement alerté. Il dispose d’un service du feu et de véhicules de
secours. Le pilote de l’appareil incriminé est assisté par un autre pilote au sol, qui l’aide à prendre
une décision et à rechercher la cause du problème», explique le porte-parole avant d’insister sur un
point : «En cas de doute, le pilote ne survolera pas de zone à forte densité de population. Pour les
situations d’urgence, un aéroport de dégagement est toujours disponible, par exemple Payerne.»
Où s’éjecter ?
Dans le cas de l’accident aux USA, l’avion a largué du carburant afin de s’alléger et d’essayer
d’atteindre la piste, une telle procédure pourrait être possible à Sion et où? «En principe, en
survolant des zones inhabitées, dans la mesure du possible. En règle générale, il n’y a pas de vols
à pleine charge à partir de Sion». Et si le crash est inévitable, une zone d’éjection est-elle prévue?
«En Suisse, le terrain et la météo ne permettent pas de définir avec précision des zones d’éjection.
A ma connaissance, il n’est arrivé qu’une seule fois qu’un pilote soit obligé de s’éjecter
intentionnellement d’un Tiger. Cela s’est passé dans la région de la place de tir d’aviation d’Axalp.
L’endroit le plus indiqué pour s’éjecter doit être trouvé de manière individuelle. Dans ce cas
également, le pilote de l’appareil bénéficie d’une aide depuis le sol», relève Jürg Nussbaum qui
tient encore à préciser que si un avion devait s’écraser en dehors de la piste, «des coordinateurs de
la place d’accident sont désignés. Ils sont chargés de coordonner, en pareil cas, les activités de
sauvetage avec les organisations civiles. Des entraînements communs se déroulent d’ailleurs
régulièrement. Les Forces aériennes disposent de matériel préparé à cet effet, qui est entreposé
dans des conteneurs pouvant être déplacés. En outre, les Forces aériennes possèdent une
organisation de crise. Celle-ci coordonne également la coopération avec les organisations civiles.
D’une manière générale, on peut dire que la sécurité des systèmes s’est considérablement accrue
au cours de ces dernières années. Mais même si tout est fait pour assurer la sécurité, un accident
peut toujours se produire».
Commentaire de Michel Clavien envoyé au NF, publié le 16 avril 2012,
suite à l'article de David Vaquin, dans Le Nouvelliste du même jour.
Lorsque Jürg Nussbaum, chef de la communication des Forces aériennes suisses, explique
qu'il "n'y a jamais eu d’accident impliquant l’un de nos avions à Sion", il a raison. Il aurait pu
cependant préciser, pour garantir toute la transparence souhaitable, qu'un F/A-18 biplace
suisse s'était écrasé, non loin de Sion à vol d'oiseau, causant la mort des deux pilotes et des
dégâts importants. C'était le 7 avril 1998, sur l'alpage de Chetzeron, à quelque 2.100 m
d'altitude, au-dessus de Crans-Montana.
Ce grave accident avait engendré des dommages considérables aux cultures, à la forêt et aux
propriétés sur une surface de 8.000 m2, entraînant une quarantaine d'annonces de dommages.
Mais surtout, ce crash avait presque coûté la vie à René-Pierre Robyr, à l'époque président des
Remontées mécaniques du Haut-Plateau, qui, ayant vu l'explosion du F/A-18, s'était rendu sur
place pour aider les pompiers. Ce faisant, il avait été contaminé par un virus contracté par les
gaz toxiques qui s'étaient dégagés du jet de combat en feu. Durant de longs mois, René-Pierre
Robyr était demeuré entre la vie et la mort. Et ce n'est que grâce à la perspicacité d'un
médecin des HUG, le professeur Jean-Claude Chevrolet, à Genève, qu'il avait pu, in extremis,
être sauvé.
On n'ose penser aux conséquences que pourraient provoquer la chute et l'explosion d'un des
nombreux F/A-18 décollant/atterrissant à Sion ou survolant nos vallées quasi
quotidiennement. Cela, en dépit de toutes les "procédures bien rodées" ou autres mesures
prévues par les Forces aériennes.
La seule mesure véritablement valable et efficace pour prévenir un tel drame est bien
connue : c'est de mettre enfin un terme à l'exploitation d'un aérodrome de guerre
quasiment en pleine ville de Sion. Mais quels sont les responsables politiques qui oseront
s'attaquer à ce dossier ? Probablement pas ceux qui continuent à garder tout au fond de
leurs tiroirs les résultats de l'enquête qu'ils ont commandée à l'EPFL à Lausanne sur ce
dossier, il y a bien des mois.
Michel Clavien