carence affective

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carence affective
LA CARENCE AFFECTIVE
Véronique LEVER
La carence affective est un terme qui m’a interpellée il y a maintenant une quinzaine
d’année. C’était lors d’un premier contact avec des jeunes adultes handicapés
accueillis dans un foyer spécialisé. Les personnes accueillies étaient porteures de
handicaps différents allant de la trisomie, à la psychose et présentaient une
déficience intellectuelle plus ou moins légère, ainsi que des troubles du
comportement divers. Succinctement, il m’était expliqué qu’il s’agissait de causes
génétiques pour certains, des conséquences accidentelles lors de la grossesse ou de
l’accouchement pour d’autres et
aussi des jeunes porteurs de « carence
affective »avec des parcours familiaux difficiles. C’était alors la première fois que
j’entendais parler de «carence affective». Je me souviens avoir eu un sentiment
d’injustice, dans le sens de malchance pour eux et de chance pour moi, comme si je
l’avais «échappé belle» J’étais dans un grand étonnement devant les séquelles
qu’une carence affective pouvait engendrer. Il me paraissait incroyable que
l’évolution dans certain milieu familial psychosocial suffise pour déclencher des
comportements, parfois d’une forte violence. Alors quelques questions me viennent:
Mais la question qui me vient au fond est « pourquoi ai-je ressenti une telle
attirance, parfois une telle colère et de l' injustice devant le mal être de ces jeunes? »
Pour commencer je vais essayer de comprendre ce que l’on veut dire par affectif,
appelé aussi dans le langage psychologique attachement et affiliation. Le concept
de «l’attachement» élaboré par le psychiatre John Bowlby en 1940, me paraît
intéressant à développer. Je parlerai ensuite du développement sensoriel du foetus
et de l'enfant et surtout de l'interaction vitale entre le tout petit et l'objet
d'attachement qui s'accompagne de conséquences bonnes, moins bonnes mais aussi
désolantes suivant la façon dont ce petit être a été pensé et considéré avant, durant
et après sa naissance.
L'ATTACHEMENT
La signification la plus courante est celle du lien entre le nourrisson et le principal
fournisseur de soins, généralement la mère. Le concept de l’attachement met
l’accent sur les shèmes habituels des relations parents et nourrissons ainsi que sur
l’aspect qualitatif de ces relations. L’enfant développe de nombreux liens
d’attachement suivant un ordre d’importance, tout en privilégiant généralement la
relation avec sa mère. Il s’agit bien d’une relation intime et affectueuse dont
l’influence se fait sentir tout au long de la vie, il en découlera des effets durables
dans l’existence de la personne. Une figure parentale investie émotionnellement un
enfant en lui manifestant un intérêt actif, orienté vers son bien être. Il est donc
nécessaire que l'enfant soit considéré avec son identité propre. Il est objet de
projects personels positifs, respecté en tant qu'individu avec un avenir. Cela n'exclut
pas les projects négatifs, mais, l'important pour qu'un développement soit
harmonieux est que le positif l'emporte sur le négatif. Le concept freudien, selon
lequel «l’enfant s’attache à sa mère car elle satisfait ses besoins primaires:
alimentaires», est remis en cause. La théorie de l’attachement met en évidence le
besoin de contact social à la base de la relation d’attachement. L'attachement repose
sur un grand nombre d'intéractions entre un ou quelques adultes qui sont figures
parentales, biologiques ou adoptives ; les intéractions consistent en soins
d'alimentation en proximité et présence physique, en allaitant ou en tenant le bébé
dans ses bras lors du biberon (holding) ; d'hygiène ; d'échange de regards, de sons,
de paroles, de mimiques, de jeux. Ces adultes qui l'entourrent dans une affection
constante, par des comportements fiables, allant dans le sens d'un bon
développement, deviennent ses points de repère, sa source de sécurité et d'identité.
Cette stabilité affective correspond à un besoin fondamental de l'enfant du point de
vue de sa croissance, physique, émotionelle et mentale.
Le bébé a besoin de sécurité, lorsqu’il est confronté à une situation nouvelle, à une
personne ou un objet non familier. Il aura tendance à se réfugier auprès de sa mère
et à ne jamais trop s’en éloigner. Il ne prend pas le risque, vérifie régulièrement sa
présence, notamment dans des périodes où sa curiosité et son audace s’éveillent.
Afin de devenir indépendant dans son fonctionnement psychique et physique, la
confiance en sa mère doit être entière. C’est à partir de la proximité, puis de la
confiance en sa disponibilité que l’enfant va se sentir en sécurité. La mère
accompagne son enfant pour le libérer de l’angoisse et de la rage qui surgit quand
ses besoins physiques et affectifs sont insatisfaits. Elle lui donne la possibilitéde
développer un sentiment de bien être et d’identité pulsionnelle lui permettant
d’atteindre une certaine autonomie. Il pourra lâcher petit à petit son système
d’attachement pour laisser place à l’activation du système d’exploration de
l’environnement qui lui donnera la possibilité de développer ses capacités de façon
optimale. Le bébé a besoin de proximité psychologique et d’une maman capable de
capter correctement les signaux que lui envoie son enfant. Il a également besoin
qu’elle puisse s’accorder affectivement afin qu’il vive au mieux ses affects difficiles.
Une difficulté dans cet accordage mutuelle provoque chez le bébé un malaise.
En 1969, Bowlby introduit le concept «du modèle interne opérant: les MIO» pour
désigner les modèles de relation qu’a le bébé avec son entourage familial. L’enfant
retient l’effet sur les autres, en émettant des signaux d’attachement ou des
séquences d’interaction qu’il a eu avec ses proches. On dit de ces modèles qu’ils
sont opérants, dans le sens qu’ils influencent la perception que le bébé a de son
environnement affectif et en cela ils agissent sur son comportement.
Dés 3 à 4 mois les réactions visibles, montrent la présence de ces modèles internes
opérant. Ces MIO permettent à l’enfant de percevoir et d’anticiper les
événements,Ils aident en quelque sorte à la survie s’il y a danger. On peut donc
imaginer des anomalies comportementales lorsque l’environnement dans lequel
grandit l’enfant n’est pas celui auquel ses comportements d’attachement ont été
adaptés. La situation est d’autant plus problématique si elle a lieu durant la
première année de l’enfant. Il est en effet plus sensible alors aux soins qui lui sont
prodigués.
LA CARRENCE AFFECTIVE
Appelée également carence en soins maternels, on désigne ainsi des vécus avec une
insuffisance quantitative ou qualitative d’interaction dans le lien entre l’enfant et la
mère. Elle sera appelée précoce, lorsqu ‘elle est vécue dans les trois premières
années d’existence ; ultérieure, lorsque la carence des échanges affectifs et
relationnels avec son entourage est vécue chez l’enfant après ses trois ans ; socioéducative, quand les situations sont caractérisées par la pauvreté globale des
apports sociaux, éducatifs, culturels, de l’entourage, d’une défaillance dans les
modèles, d’un défaut d’encadrement, de l’absence de projet. Ces situations peuvent
concerner tous les milieux.
Pour qu’il y ait lien il doit y avoir rencontre, c'est-à-dire par définition « l’action
d’aller vers quelqu’un qui vient ». La rencontre est véritable si l’on décide de se
revoir, sinon il s’agirait d’un simple croisement.
A partir de quand la mère et l’enfant se rencontrent-ils ?
On peut dire aujourd’hui que le fœtus éprouve et sait traiter les sensations perçues
dans le ventre de sa mère. Lorsque la maman respire une odeur, le cœur du bébé
accélère dans l’utérus ou il change de position. A l’atmosphère olfactive de la mère
s’ajoute alors un parfum de circonstance, tout a fait agréable s’il s’agit de l’odeur
d’une bonne soupe de légumes, mais plutôt désagréable et voire néfaste s’il s’agit de
celle de la cigarette provoquant un arrêt notable des mouvements respiratoires du
fœtus. L’imagerie endo-utérine permet de visualiser certes, la biologie mais aussi
l’éveil des sens du bébé en intéraction avec sa mère. A la semaine 26 de la grossesse,
l’enfant est apte à traiter certaines informations privilégiées par sa sensorialité.
Grâce à des performances de mémoire à court terme il a pu se familiariser avec
certaines sensations. Le sommeil paradoxal est le rouage qui permet d’intégrer la
sensorialité diffuse du fœtus. En fait, ce dernier passe une bonne partie de son
temps à faire des rêves alimentés par les informations sensorielles perçues pendant
qu’il est en éveil. Des troubles de la relation mère enfant peuvent se mettre en place
très tôt à la naissance et même parfois avant. Des raisons parfois génétiques peuvent
engendrer une immaturité psychique, le petit n’a pas alors la possibilité de
reconnaître sa mère dans cette femme qui lui envoie des stimulations. Il ne les a pas
incorporées in utero et les juge étranges. Par conséquent le retard de la rencontre
avec la sensorialité maternelle n’est pas intégré. L’écologie physique compose alors
cette sensorialité. Mais, c’est surtout l’écologie affective de la mère, qui diverge
suivant son état psychologique, sa manière de réagir à certaines situations en
fonction de son histoire et son propre développement. D’ailleurs d’un fœtus à un
autre, l’adoption des comportements réactionnels varie, certains sucent leur pouce,
ou donnent des coups de pieds, d’autres sont plutôt calmes. Il est tout à fait
intéressant de voir l’apaisement chez le nouveau-né, devant l’odeur familière de la
femme dans laquelle il s’est développé, et de constater plutôt de la vigilance ou de
l’immobilité dans une toute autre odeur.
Extrait d'un rêve éveillé
j'ai grandi et je suis un foetus avec des mains, je veux me reposer, alors je donne des coup
dans la paume de la main, la main ainsi se ferme et je peux m'envelopper ou alors elle a
tellement mal au bras qu'elle tombe.
La naissance
Au moment de la naissance, l'attachement change de forme, il s'agit pour le bébé
d'un déménagement écologique avec ses premiers modes de communication, ses
canaux sensoriels qui ont permis de se familiariser dans l'utérus avec une
sensorialité sonore, odorante et caressante prodigué par le monde maternelle.
L'enfant passe d'un monde liquide à un monde aérien auquel il devra s'adapter.
Le premier sourire
Des chercheurs de laboratoir de physiologie du professeur Jouvet à Lyon, montrent
à travers un film les premiers sourires de l'enfant (24 nourrissons). Le premier
sourire du bébé endormi se fait sans stimulation extérieure, son visage entier sourit
lors du sommeil paradoxal. Un bébé sourit 32 fois pour 100 minutes de sommeil.
Ces indices chuttent si celui ci a des soucis métaboliques, mais également s'il est
touché par des phénomènes extérieures, comme une maladie chez sa mère, une
dépression, ou son absence.
Une mère répond toujours au sourirre de son enfant par l'interprétation qu'elle fait
de ce sourire ; interprétation qui vient de sa propre histoire et du sens qu'elle mets
sur le fait. Ce peut être: « ho ! il me reconnaît» en le prennant dans ses bras, en
l'installant dans une athmosphère d'intense sensorialité d'odeur, de sons, de contact
caressant et de chaleur. Elle peut aussi engendrer une athmosphère tout autre avec
une froideur sensorielle, si celle ci rencontre des dificultés dépressives. L'état
psychologique inconscient de la maman s'accompagne d'une attitude corporelle
différente. Elle se raidi et regarde l'enfant avec angoisse , elle éloigne ainsi de son
bébé les informations sensorielles émises par son corps (odeur, toucher, caresse).
Des chiffres indiquent que, 30 à 40% de mères donneraient assez radicamement des
interprétations anxieuses du style: «mon pauvre, il sourit pourtant dans quel monde
on vit!». Le sens que la mère donne au sourire a modifié le sens qui médiatise et
tisse le lien de l'attachement. Ce sourire interprété de telle ou telle façon se charge
d'histoire.
Il est aussi interessant de constater que l'interaction entre la mère et l'enfant qui
vient de naître diverge suivant son sexe. Lorsque l'enfant montre sa fatigue
pendant une intéraction avec sa mère, en tournant la tête, en cessant de répondre, et
bien la plupart des femmes continuent à le solliciter alors qu'il est repu, et ceci trois
fois plus chez les bébés filles que garçons.
Le bébé et les fantasmes de ses parents
Avant toute réalisation, l'enfant est tout d'abord imaginaire. Derrière le désir
d'enfant, il y a la nostalgie de se retrouver soi même le bébé qu'on a été avec sa
vulnérabilité des premiers jours. Les parents se font une représentation mentale de
leur enfant, on peut alors se demander de quoi l'enfant est issu:
- D'un mouvement passionnel de ses deux parents l'un envers l'autre.
- D'un désir de réparation du couple qui part en dérive.
- Montrer sa virilité en tant que père et sa féminité en tant que femme.
- De la création d'un nouvel être idéalisé qui correspond à l'idéal de l'un ou l'autre
de ses parents.
- De l'ennui
- D'une soirée trop arrosée...
- D'une erreur de contraception,
- Du désir de l'un ou de l'autre d'être chéri par un petit être,
celui qui est supposé tout accomplir, tout réparer, tout combler (solitude, deuil,
destin)
Et quand l’enfant arrive prématurément?
Il est aujourd'hui reconnu le besoin qu’a le nourrisson de vivre le contact physique
«maternel» pour se développer. La sophistication croissante du matériel, la
compétence du personnel pour qui la priorité est d'abord de sauver et dans un
second temps de s'occuper du bien être, en supportant de plus en plus difficilement
les cris de détresse de ces petits êtres en souffrance; on permis effectivement que
petits êtres en souffrance restent vivants., mais par contre ne grandissent pas ou
peu. C’est devant les exceptions constatées dans un hôpital, que des recherches se
sont développées. Une infirmière de nuit en ne supportant plus les cris de ces bébés
ne put s’empêcher de leur caresser le dos, par la suite, les voyant s’apaiser, avec
une assurance croissante, elle transgressa le protocole en les «maternant». Ces bébés
chanceux de rencontrer cette femme, étaient les exceptions du service, ils étaient les
seuls nourrissons à grandir, à se développer. Une expérience menée par le
pr.Schonberg et son équipe sur les bébés rats, en a conclu que chaque cellule de
l’organisme refusait de se développer sans contact physique, le corps entier entre
alors dans une espèce d’hibernation. Quelques caresses sur le dos des petites bêtes
suffisaient à ce que reprenne la fabrication des enzymes, c'est-à-dire la croissance.
Un bébé en bonne santé pleure, crie pour faire venir sa maman, pour que celle-ci
satisfasse ses besoins de tendresse, de sécurité, de bien être, de nourriture affective
et alimentaire. Sa maman répondra à sa demande, en lui parlant, en le touchant, en
le berçant, en lui donnant le sein ou le biberon. Le bébé en couveuse a peu de
réponses à ces demandes spontanées, «quasi vitales». Il n’est plus maître de son
rythme, il est contraint à s’adapter à celui du service des soins médicaux, d’hygiène,
alimentaire, des heures de visites. Même le respect de la distinction du rythme
nycthéméral n’est pas vraiment possible avec la continuité des bruits et de
l’éclairage. Le bébé en couveuse ne connaît pas le rythme habituel d’un autre bébé
pour ce qui est du sommeil, de la veille et de l’alimentation.
La chronologie du développement des fonctions sensorielles n’est plus également
respectée, allant d’une hyperstimulation à une hypostimulation:
L’auditif: les bruits du services: téléphone, les bips bips des appareils, les alarmes,
alors qu’in utero, il perçoit 40 à 60 décibels avec devenant familiers et donc
sécurisants.
La vision est soumise aux lumières hyper stimulantes du service.
L’odorat est soumis à des odeurs de produits hospitaliers plutôt qu’à l’odeur du
liquide amniotique.
Le tactile et le vestibulaire: la peau est une zone qui reçoit des contacts désagréables,
voire douloureux à l’inverse de caresse. Le corps devient objet souffrant de
manipulation, alors qu’il n’a ni la maturité, ni le tonus musculaire, le bébé est
soumis aux contraintes de la pesanteur. En même temps, ce bébé est hypo stimulé
dans l’apport des afférences tactile et le vestibulaire qu’un enfant «en bonne santé»
retrouve dans les bercements, les contacts avec différentes matières (vêtements,
peluches, eau du bain<), différentes températures, effleurement (vent,
respiration<). On retrouve alors la carence du toucher, indispensable à la
croissance. Lorsque la mère parle, la structure physique de sa parole se transforme
en toucher qui stimule le fœtus et déclenche un comportement exploratoire avec les
mains et la bouche. La peau du fœtus est en contact étroit avec la peau amniotique;
La moindre variation posturale ou un mouvement de la mère frotte le dos du bébé,
de véritables messages sur ce qui se passe pour elle sont alors reçus par le petit: ses
pleurs, ses colères, ses rires, ses chutes< On peut donc dire que ces deux vies, celle
de la mère et celle de l’enfant qu’elle porte sont liées.
Chez l’enfant prématuré, la vision et l’audition deviennent les premiers sens
stimulés alors qu’ils sont les derniers en fonction chez le fœtus.
L’évolution dans un environnement inadapté à l’enfant né prématurément et placé
en couveuse engendre de nombreuses conséquences physiologiques,
comportementales et motrices néfastes à court, moyen et long termes. Je citerai
quelques unes telles que la bradycardie, la tachycardie, l’apnée, irritabilité, une
perte de la vision, l’incapacité à s’auto consoler, des troubles du sommeil, un déficit
d’attention, et l’hyperactivité, et bien entendu des difficultés émotionnelles<.
Dés la naissance, le bébé est équipé pour échanger avec l’autre, la rencontre se créée
à condition que l’adulte qui lui fait face soit réceptif aux signaux qu’il émet. Que
celui ci y réponde efficacement, tout en lui procurant les soins attentifs et affectueux
qu’il réclame avec légitimité. Le bébé est capable d’établir un lien ente les différentes
expressions sensorielles prodiguées par sa mère, ce qui lui permet de se créer
l’image d’une mère rassurante. La répétition de ces actions lui permet de se former
un schème de relation avec les autres, l’entourage, son environnement et d’avoir un
comportement approprié pour obtenir telle ou telle réponse. Or, pour un bébé qui
vit une première séparation, physique, sensorielle, amplifiée ensuite par une
deuxième séparation en couveuse, puis dans une autre pièce, éventuellement dans
un autre hôpital, et au pire dans une autre ville, la rencontre n’est pas des plus
facile. L’accouchement est prématuré autant pour la mère que pour le bébé. Un
sentiment de culpabilité peut s’installer chez la maman, confirmant peut être la
crainte fantasmatique de ne pas être capable d’être parent ou celle d’avoir un
intérieur hostile, voire dangereux pour son bébé. Pour sa part le bébé peut lui-même
se voir considéré comme celui par qui le malheur arrive, alors que l’espoir était au
bonheur. Par avance, l’interaction peut se trouver très vite perturbée.
Les situations dans lesquelles la carence affective peut apparaître:
Elles sont aussi bien extra familiales qu’intra familiales:
Une mère absente, l’enfant est alors placée en institution où le substitut maternel
n’est pas adéquat, le maternage avec une personne privilégiée est insuffisant. On
parle alors de carence sévère si l’enfant n’a pas atteint ses 2 ans et que la durée de
placement ainsi vécue persiste. La carence sévère peut devenir psychopathogène et
génératrice d’inaffectivité. L'abandon maternel qui ne trouve pas de substitut
adéquat produit chez l'enfant des conséquences pouvant être perturbantes pour son
développement: des retards de postures ; un défaut de spatialisation ; un déficit
dans la connaissance du schémas corporel ; une hypersensibilité aux bruits ; au
toucher ; un mauvais ajustement dans les bras de l'adulte qui lui donne des soins ;
insomnie ; anorexie. Il me semble essentiel alors de parler du trouble de
«l’hospitalisme» ou «arriération affective» décrit par Spitz en 1945. Il s’agit de l’état
d’un enfant souffrant de carences affectives massives et prolongées provoquée par
un placement prolongé au plus jeune âge. Ce syndrome est essentiellement du à la
séparation d’avec la mère et se traduit:
- Des expressions somatiques telles que l’anorexie, la régurgitation (rumination des
aliments déglutis puis mastiqués sans arrêt); l’asthénie (affaiblissement général de
l’organisme avec une grande fatigue entraînant des insuffisances fonctionnelles
multiples et une fragilité physique).
- Des expressions comportementales, s’accompagnant d’un changement de
comportements chez le nourrisson, avec l’installation d’un désintérêt pour les jeux,
la relation <
- Un retard de développement psychomoteur plus ou moins réversibles apparaît au
bout de quelques semaines.
- Un appauvrissement intellectuel et linguistique, sûrement par un manque de
stimulations, et une curiosité éteinte, ce qui engendrerait un retard mental d’origine
affective.
- Des attitudes de revendication affective mal appropriées dues à un sentiment
d’insécurité avec une dévalorisation et des angoisses d’abandon.
- L’apparition de névroses, accompagné de troubles de comportements et de conflits
psychique sans altérer la personnalité. Aussi de psychoses, caractérisées par la perte
de contact avec le réel associée à une altération de la personnalité.
- Une répétition de la carence affective à la génération suivante, l’image parentale
disponible n’ayant pu être intériorisée sur le plan affectif.
La carence larvée: L’enfant souffre d’une discontinuité de soins maternels
(placements ou hospitalisation répétés de la mère ou de l’enfant). Je trouve
important de parler du processus d’adaptation en trois étapes de l’enfant au milieu
hospitalier étudié par Robertson. La connaissance de ce processus pourrait
permettre d’appréhender au mieux les troubles de l’enfant, notamment en évitant
une certaine banalisation de ceci. En effet, ces comportements d’adaptation
pourraient nous leurrer en les pensant rassurant, et bien pour le petit qui donne
l’impression de s’adapter plutôt bien à ce lieu et à ce qu’il est entrain de vivre.
La protestation: cette étape peut durer de quelques heures à quelques jours.
L’enfant cherche en hurlant à faire revenir sa mère lorsqu’il ne la voit pas; s’agite,
tressaille au moindre bruit lui faisant espérer qu’elle revient; il repousse les
consolations du personnel soignant.
Le désespoir: L’enfant est perdu. Il a pourtant toujours besoin de sa mère mais
devant la non efficacité de ses appels, il se décourage. Il se renferme sur lui-même,
ses cris deviennent des pleures monotones et intermittents: il est apathique dans son
lit. Ce stade dit «tranquille» est souvent interprété, par erreur, comme une
diminution de la détresse, et une adaptation au milieu. L’enfant relâche ses efforts
pour récupérer sa maman. Il semble d’ailleurs la tenir comme disparue
définitivement. Cette situation est à l’origine de contreverses sur le bien fait ou non
des visites: «Il était calme et la visite de sa mère le fait hurler de nouveau!»
Le détachement ou le refus: L’enfant s’accommode progressivement à la situation,
en acceptant les soins, en reprenant les jeux, en mangeant de nouveaux, l’intensité
de cette détresse n’étant plus supportable. Il réprime ses sentiments pour sa mère
qui n’a pas su voir et répondre à ses besoins. Il la regarde peu lors de ses visites, et
ne semble pas être affecté par son départ. A son retour à la maison, différents
troubles comme un refus de s’alimenter, l’énurésie, un mutisme, une dépression, un
attachement excessif ou au contraire un apparent détachement à la mère peuvent
apparaîtrent et développer une dépression. Il s'agira de situations entrainant
dearations et une difficulté pour la mère à s'investir affectivement auprés de son
enfant.
Une mère en difficulté s sép(financier, isolement, histoire personnelle, débordée..)
pour fournir un maternage adéquat malgré qu’ils vivent ensemble.
Une mère déprimée représente l’étiologie la plus fréquente. L’enfant est alors
soumis à un changement plus ou moins brutal dans la disponibilité affective de sa
mère. Le tableau dépressif n’est pas forcément manifeste, pouvant être latent chez
les mamans endeuillées ou déçues de leur vie affective, familiale et sociale. Elles se
plaignent de fatigue générale ou somatisent.
Les familles dans lesquelles le couple parental est en souffrance engendrant des
comportements violents, d’incohérences.
Une maladie congénitale ou acquise: Le bébé peut développer une dépression. Il
s’agira de situations entraînant des séparations et une difficulté pour la mère à
s’investir affectivement de son enfant.
Les pertes peuvent être réelles, prolongées, temporaires, répétées, définitives ou
fantasmatiques avec le sentiment de ne pas être aimé, pourtant sans évènements
dans la réalité. Le bébé répond à ces expériences de manque ou de perte de lien
affectif par la dépression. Il est marqué par un état d’impuissance, de désespoir et
de résignation face à une souffrance psychique. Souffrance psychique liée a ce qu’il
vit dans l’absence de l’objet aimé. Objet qui devrait lui prodiguer affection et bien
être. Après avoir vécu une bonne relation avec sa mère. Il est en état de frustration.
Spitz parle de dépression anaclitique, l’enfant ne peut plus se reposer sur sa mère,
sur l’objet d’attachement ou sur quelque chose qui en dépend. Les symptômes
ressemblent à ceux de la dépression chez l’adulte: Son appétit pour la vie s’altère
progressivement. L’évolution de l’enfant peut être convenable s’il retrouve de
bonnes relations dans les trois à cinq mois, sinon, le pronostic rejoint celui de
l’hospitalisme.
Plusieurs facteurs influencent l’étendue des dommages:
L’existence ou non d’un lien déjà établi avant la séparation. L’exemple d’un enfant
élevé en institution dans une attente d’adoption me paraît un de plus parlant. Dans
ce contexte, Il est quasiment impossible d’établir un lien d’attachement adapté aux
besoins de l’enfant, étant donné l’absence d’un substitut maternel fixe. Une fois
adopté, alors qu’il est pourtant aimé, choyé, il sera difficile pour l’enfant, voire
impossible de s’attacher. Dans une famille biologique, une naissance se prépare
psychologiquement par la grossesse, alliant lors de ce parcours des moments de
préoccupations, d’inquiétude maternelle permettent ainsi la formation d’un
attachement fort, celui d’un contexte de sécurité. Alors seulement, un certain
détachement tout à fait normal peut s’établir. Par contre lors d' une adoption,
l’établissement de l’attachement doit se faire rapidement. L’enfant, le plus souvent
effrayé, et peu rassuré se blottit dans les bras de sa nouvelle mère. La mère quant à
elle est déjà dans un attachement à son enfant plus avancé. L’enfant est
généralement dans une position de passivité traumatique face à une réaction
immédiate d’attachement de la mère adoptive. A l’âge de l’adolescence, ces enfants sont
capables de dire qu’il leur a manqué un temps de peau à peau, un temps de un temps de
contemplation réciproque pour vérifier la sincérité de l’affection. (p.55«l’enfant et la
souffrance de séparation»). Winnicott indique «qu’étant donné les conséquences des
carences physiques et psychiques précoces, les parents adoptifs peuvent être
appelés à fournir un traitement en plus d’une éducation.». Ces enfants ont une
question prédominante celle de la difficulté qu’ils éprouvent à penser leur origine,
ils sont confrontés tout d’abord à une séparation particulière qu’est l’abandon, pour
vivre ensuite l’adoption.
Chaque naissance devient alors une arrivée unique. Cette expérience, intérieure et
créatrice est unique et en même temps inspirée de connaissances, d’apprentissage
auprès d’autres modèles féminins. Ce modèle peut être la mère réelle, ou aussi un
modèle pris dans l’entourage, d’autant plus si la mère réelle ou en tout cas
l’identification a été défaillante.
La première grossesse est un évènement sans précédent qui peut déclencher des
mouvements psychiques imprévus. La période périnatale est un moment où les
souvenirs, les représentations inconscientes de la maman surgissent. L’enfant
nouveau-né est ainsi exposé aux représentations de sa mère ; il devient le lieu de
ses projections. Ces contenus psychiques risquent de peser sur l’enfant à venir. Et
ainsi engendrer difficultés et malaise dans les premières relations avec l’objet
d’attachement.
L’enfant est celui qui manque à l’appel de la mère qui, par plusieurs naissances, a
comblé son désir de procréation mais non son désir d’enfant. Imaginé, l’enfant est
supposé tout accomplir, tout combler, tout réparer: la solitude, les deuils. Il est le
lieu de passage d’un désir absolu. Lorsque l’enfant naît, il n’est pas à l’image du
désir qui l’a précédé.
Comment ces enfants se débrouillent ils?-
La prise en charge thérapeutique:
La carence affective ou encore les troubles de l'attachement ont un dénominateur
commun: le manque: de soins, de tendresse, d'accompagnement soutenu, de
sécurité. La difficulté thérapeutique est de doser la capacité d'acceuil de la personne
carencée affective. En effet devant une manifestation affective trop forte, la réaction
peut être négative. Car la personne est habituée à une certaine façon d'interagir avec
une dominante pour l'indifférence ou le rejet. Un autre aspect de la carence affective
est la quasi certitude qu'inconsciement, tout lien significatif, gratifiant, ou sur le
point de s'établir, finira par une brisure, une cassure, voire une rupture. Ce
mécanisme de rupture peut être tellement ancré qu'il s'opère comme un
automatisme. Le thérapeute aura donc intérêt à s'armer de patience, et de
disponibilité jusqu'à ce que s'installe un fort transfert parental, avec une phase de
dépendance indispensable à la reparentalisation. Cette étape de dépendance est
nécessaire afin d'établir un lien primaire solide qui a manqué (mère enfant). A
mesure que la thérapie avance, et que la personne prend conscience de la solidité et
de la durabilité de la relation thérapeutique, elle réalise aussi qu'elle est désireuse
d'autonomie. Ce mouvement à deux permet que la dépendance s'estompe.
Voici quelques extraits de rêves éveillés d'une patiente. Ceux ci ont permis une
reparentalisation progressive de la patiente avec ses parents intérieures.
Je vois une coccinelle, bien rouge, les antennes noires, ainsi que le visage et les pattes.
Derrière elle, il y a des collines, pleins de collines vertes. Elle regarde légèrement en haut. Je
ne sais pas ce qu’elle regarde, elle sourit, mais comme un masque crispé. Elle a quatre points
noirs, sur ceux de derrière il y a deux pics, ils sont de plus en plus gros. Elle continue à
regarder devant, elle appelle du regard, les pics deviennent comme des crayons et les mines
s’enfoncent dans le sol, elle ne peut même pas utiliser ses ailes, elles sont prises. Elle voudrait
appeler, c’est dur, HO? HO (très bas) elle a peur que la grande coccinelle tombe en arrière si
elle appelle trop fort. Elle ne pourrait pas se relever, la carapace est trop lourde et ses pattes
si petites et ses bras sont courts. La grande coccinelle est occupée à parler ailleurs, à
regarder ailleurs. Elle entend la petite coccinelle s’en ’approche, caresse le visage de la petite
coccinelle qui ne dit rien, elle n’a même pas vu les crayons de plus en plus gros, mais c’est
tellement bon les caresses. La grande repart, il n’y a personne d’autre….peut être un
bûcheron ? Pleins de petits bonhommes, montent sur son dos, des petits lutins, je les sens à
peine sur mon dos, ils scient les crayons, chantent, rient, ils tapent sur les mines pour que ça
ne pousse plus, ils tapent, tapent, celui de gauche me fait plus mal, ils repartent tous gais.
J’ai comme des bouchons dans les trous. Je pourrais bouger, mais je suis fatiguée, j’ai le
temps, je me repose, maintenant, je pourrais partir. Je veux dormir.
On peut imager l’enfance de cette patiente apeurée de faire du mal à sa mère, peur
qu’elle tombe si elle parle trop fort ou dérange, car sans doute fragile (déprimée?)
Une petite fille pas écoutée, ressentant très peu d’affection. Quand cela a lieu, elle se
délecte de ce moment, sa maman devient alors la meilleure du monde, pourtant la
souffrance est bien là. Les petits lutins sont peut-être toutes les parties que la
patiente a en elle et qui lui permettent de trouver la force de se libérer de cette
emprise maternelle qui l’empêchait d’avancer, de s’envoler. Cette fatigue est peut
être un contre coup de cette opération sans anesthésie, encore douloureuse, avec
quelques plaies qui se cicatrisent (bouchons).
Le serpent s’empale discrètement, doucement sans bruit sur le clocher de l’église du village,
le toit est en ardoise ou plutôt en peau écaillée, de là je peux voir le village, je suis au centre,
je vois les enfants jouer, faire la ronde , rire, je ne bouge pas. Tout doucement le serpent
s’endort, mais à l’intérieur quelque chose se décolle, c’est gluant, comme un litchi qui décolle
de sa peau, et il tombe à l’intérieur de l’église dans un couffin blanc, il est bébé maintenant,
souriant. Il y a papa avec sa grosse cravate, ses cheveux gris un peu long, il sourit, me
regarde. Il a envie de me prendre, j’ai envie qu’il me prenne, je bouge les bras, les pieds,
qu’est ce qu’il attend. De l’autre côté il y a maman, elle sourit avec ses dents blanches, bien
blanches, elle porte son tailleur bleu, ils sont là comme sur la photo, ils me regardent, ils ne
me prennent pas. Ce sont deux photos immobiles, ils sont loin l’un de l’autre. Je m’endors, et
redeviens litchi. A chaque extrémité , il y a un point marron, par celui du bas j’aspire la
dentelle, le drap blanc, j’aspire, c’est pas facile, et ça ressort par le haut, la tête, ça forme un
parachute ou non une montgolfière. Le panier est le couffin. La montgolfière défonce le
clocher pour sortir, le litchi dort, redevient bébé, grandi, écarte les bras, se lève et regarde en
bas, il y a le village, je ne me reconnais pas, je suis un garçon, mais je me transforme les
cheveux noir deviennent clair, je prends le volant de la montgolfière…
Dans ce rêve éveillé on voit la résignation de ce bébé, il appel, bouge pour qu’on le
prenne; Ses signaux ne sont pas décoder par ses parents, ou en tous cas le père
semble bloqué. On remarque le mécanisme de défense: l’idéalisation qu’a la patiente
devant ses parents, souriants et pourtant peu à l’écoute de la demande d’affection
de leur bébé. L’enfant s’endort, se résigne, survie. La force du rêve éveillé, avec le
regard et la prise en main par l’adulte permet de finir autrement l’histoire et à son
enfant intérieur de se reparentaliser, de prendre son envole, doté d’une énergie
restructurant.
Cette personne n'est pas placée en institution, pourtant son rêve éveillé nous montre
qu'il y a eu dans son enfance un certain déficit affectif. Dans la vie de tous les jours,
l'anxiété prédomine et fagilise la relation à autrui,. anxiété due a une sécurité
affective non acquise durant l'enfance. Une personne afffectivement déficitaire aura
des comportements d'attachement avec pour objectif d'obtenir ou de maintenir une
proximité vis à vis d'une personne, le plus souvent la mère. La relation entre
comportement d'attachement et capacité à devenir autonome est fondamentale.
Leur personnalité sera alors plutôt dépendante, se caractérisant par un besoin
général et excessif d'être prise en charge ; conduisant à un comportement soumis ,
voire collant accompagné d'une peur de la séparation. Je citerai quelques critères de
la personnalité dépendante :
Difficulté à prendre des décisions dans la vie courante sans les conseils d'autrui ou
d'être rassuré de manière excessive par autrui.
Besoin de faire assumer les responsabilités par autrui dans beaucoup de domaines
de sa vie.
Difficulté à exprimer un désaccord avec autrui de peur de perdre son soutien ou son
approbation.
Un manque de confiance certain en ses capacités ou en son jugement alors que la
motivation et l'énergie sont bien là. Cela entraine des difficultés à mettre en route
des projets ainsi qu'à les exécuter seul.
Recherche excesive de soutien de l'autre, quitte à se porter volontaire , pour des
choses désagréables.
Recherche urgente et impérieuse d'un nouveau soutien quand une relation proche
se termine.
Malaise ou inhibition dans des actions solitaires, par crainte excessive de ne pouvoir
se débrouiller. Accomapgné par une préoccupation irrationnelle et continue causée
par cette crainte.de devoir se débrouiller seul.
Un outil permet d'évaluer les représentations d'attachement. Le but est de
surprendre les sujets pendant les entretiens en traitant certaines questions sur leur
parents, les pertes ou séparations et les façons dont celles ci ont été traitées.Quatre
catégories d'individus se dégagent à la suite de ces entretiens:
- Les « sécures autonomes »: Le discourtest cohérent, concis et logique, y compris en
cas de vicissitudes du passé.
- Les « insécures détachés »: un discours pauvre en affects, peu élaboré. Ils éprouvent
des dificultés à exprimer des souvenirs et taisent leur sentiments. L'image parentale
est idéalisée et abstraite, malgré l'absence de souvenirs garantisant cette image;
- Les « insécures préoccupés »: Le discours est confus, chargé d'affect, colère, tristesse
ou ressentiment à l'évocation de certaines situations.
- Les « désorganisés »: Le discours est haché et brouillé. Celui-ci s'interrompe,
souvent, à l'évocation des traumatismes d'enfance.
Alors à mon questionnement premier « peut on parler mathématiquement de la
carence affective, en l’évaluant? Peut-on être carencé à 50%, à 90% ou pas carencé
du tout et quelles en sont les conséquences? A quel stade de carence ou déficience
affective il s’ensuit nécessairement des difficultés dans la vie future? Je répondrais
qu'il s'agit d'un traumatisme difficilement mesurable. Il s'enkiste petit à petit. A
comparer avec d'autres traumatismes , celui ci ne s'inscrit pas en une date précise,
mais se déroule dans le temps, micro trauma plus micro trauma est égale à traumatisme.
Maintenant si ce sujet m'interpelle, peut être est ce parce qu'il fait un peu partie de
moi, mais a quel pourcentage? L'important n'est-il pas de le reconnaître, de
reconnaître le vécu avec l'objet d'attachement, primaire, de revivre cette relation et
de la terminer autrement comme nous permet de faire le rêve éveillé.
Bibliographie:
« je rêve un enfant »de Monique Bydlowski
« L'enfant et la souffrance de la séparation » deMaurice Berger
« L'attachement au cours de la vie » de Raphaële Milijkovi
« Sous le signe du lien » de Boris Cyruknik
Avril 2008