evaluation du fonctionnement familial : état des

Transcription

evaluation du fonctionnement familial : état des
EVALUATION DU FONCTIONNEMENT FAMILIAL : ÉTAT DES
CONNAISSANCES
Robert Pauzé et Judith Petitpas
Médecine & Hygiène | Thérapie Familiale
2013/1 - Vol. 34
pages 11 à 37
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Article disponible en ligne à l'adresse:
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------http://www.cairn.info/revue-therapie-familiale-2013-1-page-11.htm
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pour citer cet article :
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Pauzé Robert et Petitpas Judith, « Evaluation du fonctionnement familial : état des connaissances »,
Thérapie Familiale, 2013/1 Vol. 34, p. 11-37. DOI : 10.3917/tf.131.0011
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Distribution électronique Cairn.info pour Médecine & Hygiène.
© Médecine & Hygiène. Tous droits réservés pour tous pays.
La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des
conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre
établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que
ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en
France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
ISSN 0250-4952
Thérapie familiale, Genève, 2013, 34, 1, 11-37
Evaluation du fonctionnement
familial : état des connaissances
Robert Pauzé Professeur à l’Université Laval et directeur scientifique au Centre jeunesse de Québec
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Judith Petitpas Travailleuse sociale et agente de planification, de programmation et de recherche
au Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, Québec, Canada
Résumé
Evaluation du fonctionnement familial : état des connaissances. – La nécessité d’amorcer une
intervention par l’évaluation du fonctionnement familial constitue une pratique incontournable chez les thérapeutes familiaux et les formateurs en thérapie familiale. Afin de soutenir
cette étape cruciale de l’intervention, des grilles et des modèles d’évaluation systématique
des familles ont été proposés par des cliniciens et des chercheurs au cours des trente dernières années. Le présent article vise, d’une part, à faire état des principales grilles ou modèles
d’évaluation recensés et, d’autre part, à identifier et à définir les principales dimensions du
fonctionnement familial qui sont à considérer lorsqu’on procède à l’évaluation du fonctionnement d’une famille.
Introduction
L’évaluation du fonctionnement familial lors des premières rencontres avec la
famille constitue une pratique incontournable chez les thérapeutes familiaux. Il
s’agit d’un geste éthique dont l’objectif est de colliger de façon efficiente auprès
de plusieurs individus, le plus de renseignements possible dans le but de mieux
cibler les besoins de la famille et de développer un plan d’intervention conforme
aux standards élevés de compétence (25). D’ailleurs, la précision et la justesse
de l’évaluation de même que l’ajustement des interventions aux besoins de la
famille dans le moment constituent des ingrédients essentiels d’une pratique
probante en thérapie familiale (30).
Bray (5) propose d’utiliser une procédure d’évaluation la plus globale possible
afin de s’assurer que le thérapeute ne néglige pas certaines facettes de la réalité
familiale qui peuvent avoir un impact important sur les problèmes à l’origine de la
demande. Selon lui, une évaluation globale de la famille peut guider l’intervenant
lors de l’élaboration d’une hypothèse initiale à propos des problèmes présentés,
11
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
– Institut universitaire, Québec, Canada
1
Nous avons regroupé sous la rubrique « modèle théorique d’évaluation » les textes dans
lesquels les auteurs proposent un modèle explicatif du fonctionnement de la famille.
2
Nous avons regroupé sous la rubrique «grille d’évaluation» les textes dans lesquels les
auteurs proposent une liste de dimensions à considérer lors de l’évaluation d’une famille.
12
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
de leurs causes possibles, des ressources et des compétences de la famille. Par
ailleurs, Favez (14) estime qu’une évaluation globale de la famille peut contribuer
à prévenir le risque de certains biais chez les thérapeutes notamment les heuristiques cognitives (le fait que le thérapeute choisisse, parmi plusieurs explications, celle qui lui est familière ou celle qu’il a apprise en dernier), les stéréotypes
(les idées préconçues du thérapeute qui peuvent l’empêcher de voir l’évalué
autrement qu’en fonction de l’idée qu’il s’en est déjà fait), le biais confirmatoire
(le fait que le thérapeute porte un jugement sur la famille et ne porte ensuite attention qu’aux renseignements qui confirment son jugement initial, en ne prêtant
pas attention ou en minimisant toute information qui le contredit) et l’effet de clémence (le fait que le thérapeute tende à surestimer les attributs positifs ou les
ressources du patient et à sous-estimer les attributs négatifs ou les difficultés).
Afin de soutenir cette étape cruciale de l’intervention, différents modèles théoriques ou grilles d’évaluation du fonctionnement des familles ont été proposés au
cours des trente dernières années par les chercheurs et les cliniciens du domaine
de la thérapie familiale. Bien qu’ils présentent tous un certain intérêt, les modèles
théoriques et grilles recensés comportent certaines limites. D’abord, on note que
les concepteurs proposent généralement un nombre limité de dimensions à considérer lors de l’évaluation ce qui ne permet pas de rendre compte de la complexité
du fonctionnement familial dans son ensemble. Ensuite, on constate une diversité
de concepts pour désigner des dimensions souvent proches parentes (cohésion
vs bienveillance émotionnelle ; organisation familiale vs adaptabilité ou flexibilité
familiale ; communication vs expression de soi dans la famille). Ce manque de
consensus entre les auteurs sur le vocable à utiliser pour désigner une même
dimension peut contribuer à l’émergence de certains malentendus entre les thérapeutes au cours de leurs échanges mais surtout limite les comparaisons possibles entre des études portant sur le fonctionnement de la famille, nuisant ainsi
au développement de la connaissance dans le domaine de la thérapie familiale.
Enfin, on remarque que certains concepteurs proposent une longue liste de dimensions à investiguer lors de l’évaluation du fonctionnement familial sans discuter
de leur importance relative, sans montrer comment ces dimensions sont interreliées ni comment elles peuvent s’influencer. Conséquemment, il devient difficile, lors de l’élaboration d’un plan d’intervention, de cibler les dimensions à prioriser afin de maximiser l’efficience de l’intervention, comme le proposent Pinsof
et Wynne (27).
Le présent article vise à pallier ces lacunes. Dans l’ordre, nous présentons
les principaux modèles théoriques1 ou grilles2 d’évaluation que nous avons recensés dans les écrits cliniques et scientifiques dans le but de faire état de la grande
diversité des dimensions proposées par les auteurs pour évaluer le fonctionnement d’une famille. A la suite à cette présentation, nous rendons compte du travail
que nous avons fait pour tenter de regrouper ces multiples dimensions par
catégories de dimensions plus générales du fonctionnement familial.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Pour atteindre cet objectif, nous avons d’abord procédé à une recension des écrits
sur les modèles et grilles d’évaluation du fonctionnement familial. Différentes bases
de données ont été interrogées : Google Scholar, PsycINFO, Social Services Abstracts
Medline et Ariane 2.0 Bêta, recherche d’articles. Les mots-clés utilisés sont les suivants : Family Evaluation, Model Family Evaluation, Model Family Functioning,
Model Family Functioning Evaluation et Model Family Functioning Assessment.
Cette recension des écrits a permis d’identifier douze modèles théoriques ou
grilles d’évaluation du fonctionnement familial. Différents critères ont été utilisés
pour sélectionner les textes : 1) l’objectif principal du texte visait à proposer un
modèle ou une grille d’évaluation de la famille, 2) ceux-ci ne devaient pas être
associés à une école de thérapie familiale en particulier et 3) devaient s’appuyer
sur une perspective multidimensionnelle ou multifactorielle du fonctionnement
de la famille. Nous sommes bien sûr conscients de ne pas avoir recensé tous les
modèles et grilles d’évaluation existants dans le domaine de la thérapie familiale. Nous croyons cependant que les modèles théoriques et les grilles recensés permettent d’avoir un bon aperçu de ce qui a été publié dans le domaine.
Les modèles théoriques d’évaluation du fonctionnement familial que nous
avons retenus pour le présent article sont les suivants :
• le modèle des compétences familiales de Beavers (2) ;
• le modèle circomplexe d’Olson (22, 24) ;
• le modèle McMaster du fonctionnement familial d’Epstein (12, 13) ;
• le modèle du fonctionnement familial de Holman (17) ;
• le modèle familial FIRO de Doherty et Colangelo (9) ;
• le modèle du processus du fonctionnement familial de Steinhauer (31) ;
• le modèle de l’adaptation familiale de McCubbin (20).
Les grilles d’évaluation du fonctionnement familial retenues sont les suivantes :
• la grille d’évaluation des interactions familiales de Loader (19) ;
• la grille d’évaluation familiale Darlington de Wilkinson (35, 36) ;
• la grille d’évaluation systématique de la famille de Seywert (29) ;
• la grille d’évaluation familiale de Bray (4, 5) ;
• l’évaluation clinique de la famille de Favez (14).
Présentation des grilles d’évaluation et des modèles explicatifs
Chacun des modèles théoriques et grilles d’évaluation retenus sont présentés
sommairement dans cette section3. L’ordre de présentation est fonction de leur
date de publication, du plus ancien au plus récent.
3
Les sous-sections portant sur le modèle des compétences familiales, le modèle circomplexe
et le modèle de McMaster s’inspirent en partie des chapitres 4, 5 et 6 du livre de Favez
(2010) intitulé L’examen clinique de la famille.
13
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Partie 1 : Recension d’écrits sur les grilles
et modèles pour évaluer le fonctionnement familial
Présentation des modèles explicatifs
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle des compétences familiales (Beavers Systems Model of Family Functioning) a été développé par Beavers, Blumberg, Timken et Weiner (2) au cours
des années 1960. Ce modèle s’appuie sur deux concepts principaux : la compétence et le style familial. Ce modèle partage plusieurs similitudes avec le modèle
circomplexe d’Olson présenté au point suivant.
La compétence familiale est définie comme étant la capacité de la famille à
accomplir les tâches principales qui lui sont dévolues (par exemple, s’organiser et gérer son fonctionnement). Elle est mesurée à l’aide de deux indicateurs :
la structure (organisation des responsabilités dans le sous-système coparental
et la hiérarchie intergénérationnelle) et le degré de confiance et d’estime de soi
en lien avec la capacité à communiquer clairement, à accepter la différence et à
résoudre les conflits.
Le style familial peut se caractériser par deux tendances opposées : le style
centripète et le style centrifuge. Selon ce modèle, une famille centripète est une
famille unie, dans laquelle les satisfactions relationnelles intrafamiliales sont
élevées, recherchées et valorisées. Les émotions négatives sont atténuées,
voire déniées, au profit d’un accent sur les émotions positives et la solidarité.
Dans sa forme extrême, toute autonomisation peut être vue comme une trahison et l’individuation est entravée par une pression à être conforme aux
attentes de la famille. Les membres de ces familles ont plutôt tendance à développer des troubles dits intériorisés (par exemple, troubles anxieux, troubles
de l’humeur). À l’inverse, une famille centrifuge est une famille dans laquelle les
satisfactions relationnelles sont recherchées principalement en dehors de la
vie familiale. Il existe une certaine méfiance à l’égard des émotions positives et
des gestes d’affection ; les conflits sont exprimés rapidement et peuvent être
intenses. Dans sa forme extrême, on peut observer un encouragement à la séparation qui peut excéder les capacités d’autonomie des individus. Ces familles
ont davantage tendance à développer des troubles dits extériorisés (par
exemple, agressivité, troubles du comportement).
Le croisement des compétences familiales et des styles familiaux permet de
dresser une carte typologique des familles. Selon les auteurs, plus la compétence familiale est faible, plus la famille présente un style de fonctionnement
proche de l’un des extrêmes. Le modèle présente une typologie des familles à
cinq catégories : optimale, adéquate, moyenne, limite et sévèrement dysfonctionnelle.
Le modèle des compétences familiales peut être utilisé pour déterminer
quel type de thérapie sera approprié pour la famille ou pour dépister les
familles difficiles ou à risque de « rupture thérapeutique ».
Le modèle circomplexe
Le modèle circomplexe (Circumplex Model ) a été développé par Olson à la fin
des années 1970 (24). Il s’agit d’un des premiers modèles explicatifs de la famille
à être basé sur des données empiriques. Ce modèle est conçu pour permettre
de poser un « diagnostic relationnel » à partir de trois dimensions fondamentales
14
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle des compétences familiales
1. les familles équilibrées vont en général être mieux adaptées, vont mieux fonctionner et mieux gérer les transitions associées au passage d’une phase développementale à une autre ;
2. des aptitudes communicatives permettent à la famille d’adapter et de changer
son niveau de cohésion et de flexibilité quand cela s’avère nécessaire, puis de
retourner à un état d’équilibre par la suite ;
3. les familles modifient leur niveau de cohésion et de flexibilité pour répondre
à des situations de stress et pour franchir les étapes du cycle de la vie familiale (Family Life Cycle) (6). Ces changements dynamiques sont bénéfiques
pour le système familial.
Le modèle McMaster du fonctionnement familial
Le modèle McMaster du fonctionnement familial (McMaster Approach to Families)
a été développé par Epstein (12, 33). Basé sur le concept de « santé », ce modèle
cherche à déterminer quelles dimensions du fonctionnement familial ont un impact
sur la santé ou le dysfonctionnement familial. Epstein définit la famille comme
étant un cadre qui permet le développement et l’entretien de ses membres sur
les plans biologique, social et psychologique. Pour accomplir cette fonction, la
famille doit faire face à un certain nombre de tâches dans trois domaines principaux : 1) les tâches de base (l’ensemble des tâches instrumentales, comme fournir de la nourriture, un abri), 2) les tâches développementales (liées aux étapes
du cycle de la vie familiale) et 3) les tâches « accidentelles » (hazardous) (l’ensemble
des événements majeurs de vie qui peuvent infléchir la trajectoire développementale de la famille comme les maladies, les pertes de travail, un décès).
Le modèle vise ainsi à expliquer comment la famille remplit cet ensemble de
tâches et pour quelles raisons certaines familles ont des difficultés. Six dimensions sont proposées pour expliquer le fonctionnement familial : la résolution de
problèmes, la communication, la répartition des rôles, la réponse affective, l’implication affective et le contrôle du comportement.
15
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
du fonctionnement familial, soit la cohésion, la flexibilité et la communication.
Ce modèle présente plusieurs similitudes avec le modèle précédent (2).
Olson (22) définit la cohésion comme étant le lien émotionnel entre les
membres de la famille. Cette dimension se situe sur un continuum : à une extrémité, on retrouve le désengagement, à l’autre, l’intrication relationnelle et au
centre, la cohésion balancée. La dimension de la flexibilité fait référence à la qualité et à l’expression du leadership et de l’organisation, des rôles, des règles et de
la négociation. Cette dimension se situe également sur un continuum : à une extrémité, le fonctionnement rigide, à l’autre, le fonctionnement chaotique et au centre,
la flexibilité balancée. La communication, quant à elle, fait référence aux habiletés
de communication du couple et des membres de la famille. Cette dimension est
considérée comme une dimension facilitatrice à travers laquelle la famille peut
modifier son niveau de cohésion et de flexibilité. Selon ce modèle, une communication ouverte et positive permet à la famille de passer d’un niveau à un autre et,
surtout, de retourner à un niveau équilibré après un passage par un extrême en
raison d’événements stressants. Ces dimensions peuvent être évaluées à l’aide du
FACES IV, un questionnaire conçu par Olson et ses collaborateurs (23).
Le modèle circomplexe est organisé autour de trois hypothèses :
Le modèle du fonctionnement familial
Le modèle du fonctionnement familial (17) a été diffusé au début des années 1980.
Holman, le concepteur de ce modèle, identifie quatre dimensions principales
16
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La résolution de problèmes est la capacité de la famille à résoudre les problèmes (instrumentaux et affectifs) qui se présentent, tout en maintenant un fonctionnement efficace. Selon Epstein, les familles se différencient avant tout par
leur capacité à résoudre les problèmes et non en fonction du nombre de problèmes
qu’elles ont à résoudre. Meilleur est le fonctionnement, moins on y trouve de
problèmes non résolus.
Selon les concepteurs de ce modèle, la communication est à évaluer selon
deux dimensions : sa clarté (est-ce que le message est formulé de façon claire, non
ambiguë ou vague, camouflée) et sa direction (est-ce que le message est adressé
directement à la personne concernée ou transmis par une autre personne). Dans
les familles qui fonctionnent bien, la communication est claire et directe. À l’inverse,
dans les familles en difficulté, la communication est masquée et indirecte.
Une autre dimension du modèle McMaster du fonctionnement familial est la
répartition des rôles. L’évaluation du fonctionnement familial, selon les auteurs,
tient compte de la façon dont les fonctions sont remplies, mais aussi par qui et
comment elles sont distribuées et quels en sont les organes de contrôle. Les
familles qui fonctionnent bien ont une répartition des rôles saine et les personnes
peuvent, dans une certaine mesure, se substituer les unes aux autres.
Le modèle McMaster du fonctionnement familial inclut également la réponse
affective, c’est-à-dire la capacité de la famille à réagir à un stimulus donné dans
des proportions émotionnelles adéquates, à la fois qualitativement et quantitativement. L’évaluation porte sur deux aspects : la palette émotionnelle (nombre
d’émotions différentes qui peuvent être exprimées) et l’adéquation entre l’émotion et le stimulus. Dans une famille fonctionnelle, toutes les émotions peuvent
être ressenties sur un continuum d’intensité et une durée adéquate par rapport
à la situation.
L’implication affective est, quant à elle, définie comme étant l’intérêt que les
membres de la famille montrent les uns envers les autres. Elle se décline de six
manières différentes : l’absence d’intérêt manifeste pour les autres, l’intérêt
surtout intellectuel sans implication émotionnelle, l’implication narcissique,
l’implication empathique, la sur-implication et l’implication symbiotique. Les
familles fonctionnelles montrent de l’implication empathique.
Une autre dimension est le contrôle du comportement. Il peut être exercé de
quatre manières : de façon rigide, flexible, laisser-faire ou chaotique. Les familles
fonctionnelles exercent un contrôle flexible.
Malgré plusieurs modifications du modèle depuis sa conception, certaines
constatations demeurent : 1) les modes transactionnels de la famille sont des
variables plus fortes dans la prédiction des comportements individuels que les
variables intrapsychiques ; 2) une relation émotionnellement ouverte et chaleureuse entre les parents est indispensable pour la santé mentale des enfants,
quel que soit l’état mental individuel des parents ; 3) la relation entre les parents
est vue comme un « tampon » qui atténue l’effet possible d’une pathologie parentale sur l’enfant. Le Family Assessment Device (FAD), questionnaire construit par
Epstein et ses collaborateurs, permet d’évaluer ces différentes dimensions.
d’évaluation de la famille : le problème, la famille comme système, la famille et
son environnement ainsi que le cycle de la vie familiale.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La deuxième dimension touche à la famille comme système. Pour Holman, la
famille peut être vue comme un petit système social, composé d’individus liés
entre eux et partageant une forte affection les uns envers les autres ainsi que
des biens communs. Les membres y entrent par naissance, par adoption ou par
mariage et en sortent par la mort seulement (32). Ils peuvent aussi y entrer par
le biais d’un placement. Ainsi, la famille est abordée comme un système dynamique, constitué d’un ensemble d’éléments directement ou indirectement reliés
à la façon d’un réseau. Chaque élément est lié à l’autre de façon plus ou moins
stable au cours d’une période de temps définie.
Dans l’évaluation d’une famille, il est important de connaître toutes les interrelations entre les membres de la famille et d’évaluer les impacts de ces interrelations. Un changement dans un des sous-systèmes affecte les autres membres
et la famille comme un tout. Selon Holman, trois variables sont à considérer pour
bien cerner les interactions familiales : 1) les frontières (se situant sur un continuum
d’ouverture), 2) les patrons de communication (chaque famille a des patrons de
communication uniques dans lesquels les membres s’échangent des informations
tant verbales que non verbales. Un manque de clarté répété dans la communication peut contribuer à l’émergence de problèmes de fonctionnement importants) et 3) la structure familiale (c’est-à-dire la somme des rôles joués par les
membres de la famille).
Selon Holman, il importe de porter une attention sur l’environnement de la
famille. Elle définit l’environnement comme un ensemble complexe de forces en
interaction simultanée provenant de différentes directions et interagissant
avec l’ensemble complexe des forces au sein de la famille (16). Ainsi, l’environnement de la famille doit être vu dans un contexte large incluant des perspectives physiques (logement, sécurité, confort, salaire, école, établissement de
santé, etc.) et sociales (lien avec l’extérieur, identité ethnique, classe sociale,
culture, comportements et aspirations, etc.). Il s’agit de savoir à quel point l’unité
familiale est adaptée aux normes culturelles et aux attentes du système global (8).
Cette dimension inclut également le réseau social. Celui-ci réfère aux personnes
importantes dans l’environnement familial. Selon Holman, ces personnes représentent des moyens pour la famille d’entrer en contact, de s’identifier, de s’affirmer, de socialiser autour de systèmes de croyances, d’adhérer aux normes et
aux valeurs culturelles. Elles agissent aussi comme des aidantes naturelles sous
la forme d’un système d’aide mutuelle.
Enfin, la dernière dimension proposée par Holman est le cycle de la vie familiale.
L’auteure reprend l’évolution de ce concept depuis ses premières conceptuali17
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Selon elle, la première dimension à évaluer par le thérapeute est le problème :
la nature du problème, sa complexité, son émergence et sa durée (la durée est
une variable importante à évaluer puisque les problèmes chroniques sont plus difficiles à traiter que les crises circonstancielles ou les problèmes récents). L’auteure
propose de commencer par consulter les dossiers et les rapports ainsi que des
sources collatérales pour obtenir des renseignements au sujet de la famille.
Le modèle familial FIRO
Le modèle familial FIRO (Fundamental Interpersonal Relations Orientation) a été
développé par Doherty et Colangelo (9) afin de mieux comprendre les patrons
relationnels au sein des familles. Il est issu de la modification de la théorie FIRO
de Schutz (28) et basé sur l’organisation et l’interaction des familles autour des
besoins d’inclusion, de contrôle et d’intimité.
Le besoin d’inclusion réfère aux interactions existant au sein de la famille au
sujet de l’intégration et de l’organisation. Selon les auteurs, pour satisfaire ce
besoin, les familles doivent avoir une structure organisée (c’est-à-dire une façon
de composer avec les défis touchant les rôles et les frontières), des liens (c’est-àdire l’engagement des membres de la famille les uns envers les autres) ainsi qu’un
système de valeurs communes qui permet aux membres de la famille d’interagir
en fonction de valeurs communes et d’un point de vue partagé.
Le besoin de contrôle réfère aux processus interpersonnels familiaux révélant comment le pouvoir et l’influence agissent sur les conflits et la résolution de
conflits. Pour satisfaire ce besoin, les familles utilisent des processus basés sur
la domination, sur la réaction ou sur la collaboration. La gestion des éléments
tels que la discipline, la négociation des rôles et la résolution de problèmes
donne un aperçu de la façon dont ce besoin est comblé.
Enfin, le besoin d’intimité est comblé par des interactions permettant aux
membres de la famille d’exprimer leurs émotions et leurs vulnérabilités entre
eux. La satisfaction de ce besoin est possible avec une intimité émotionnelle et
mutuelle.
Selon ce modèle, les soucis émergeant de situations particulières ou faisant
partie du cycle de la vie familiale peuvent amener une famille à se concentrer plus
intensément sur l’un des besoins en particulier (10). Ainsi, tant que les membres
de la famille n’auront pas comblé leurs besoins dans un domaine (par exemple
l’inclusion), des dissonances continuelles seront présentes au sujet des autres
besoins, rendant les membres de la famille moins aptes à combler leurs besoins
relationnels.
18
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
sations par Duvall (11) dans les années 1950. À cette époque, Duvall recensait
huit stades de la vie familiale : 1) le couple marié (sans enfant), 2) l’arrivée du
premier enfant (de sa naissance à 30 mois), 3) les familles avec des enfants d’âge
préscolaire (le plus âgé a entre 2 ans et demi et 6 ans), 4) les familles avec des
enfants d’âge scolaire (le plus âgé a entre 6 et 13 ans), 5) les familles avec des
adolescents (le plus âgé a entre 13 et 20 ans), 6) les familles en période de départ
(du premier enfant à partir au dernier), 7) les parents dans l’âge moyen (du
« nid vide » à la retraite) et 8) les conjoints vieillissants (de la retraite à la mort des
deux conjoints). Selon cette perspective développementale, les normes familiales changent à mesure que les besoins de la famille se modifient. Un comportement accepté durant un stade peut ne plus l’être à un stade différent. Selon
Holman, il importe donc d’évaluer la synchronisation entre les attentes propres
à un stade et l’ajustement de la famille à ce stade. Connaître le cycle de la vie
familiale facilite l’évaluation de la famille en permettant au professionnel d’anticiper les stresseurs et de reconnaître si les normes et les comportements de la
famille sont appropriés au stade de la vie familiale dans lequel elle se trouve.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle du processus du fonctionnement familial (Process Model of Family Functioning) a été développé par Steinhauer, Santa-Barbara et Skinner (32). Ce modèle
et le modèle McMaster du fonctionnement familial s’inspirent de la même base :
le Family Categories Schema (13). Le Family Assessment Measure (questionnaire
qui découle de ce modèle) a été construit à partir des sept concepts du modèle
du processus du fonctionnement familial.
Selon les auteurs, l’objectif général d’une famille est de réussir à passer au
travers d’une variété de tâches développementales de base et de crise. Chacune
de ces tâches génère des défis que la famille doit relever, notamment le développement continu de tous les membres de la famille, le maintien d’un niveau de
sécurité raisonnable et l’assurance d’un minimum de cohésion pour maintenir
l’unité de la famille et lui permettre de fonctionner adéquatement en société.
L’accomplissement des tâches développementales inclut : la performance des
rôles, le processus de communication, l’expression affective, l’implication de chacun des membres, le contrôle ainsi que les valeurs et les normes.
La performance des rôles requiert trois opérations différentes : l’attribution
d’activités spécifiques à chacun des membres de la famille, l’acceptation du
membre à assumer les tâches désignées et l’actualisation des comportements
demandés.
Le processus de communication est essentiel à la réalisation des tâches développementales. Selon les auteurs, l’objectif d’une communication réussie est la
compréhension mutuelle (le fait que le message reçu soit le même que le message
envoyé). Une communication réussie implique que le receveur du message soit
disponible et ouvert à la communication.
L’expression affective est un élément vital du processus de communication qui
peut freiner ou faciliter différents aspects de l’accomplissement des tâches développementales. Les éléments critiques en sont le contenu, l’intensité et le moment
(timing). De plus, l’expression affective a plus de risque d’être bloquée ou tordue
en période de stress.
L’implication de chacun des membres peut aider ou nuire à l’accomplissement des tâches développementales. Ce concept réfère au degré et à la qualité
de l’implication, à l’habileté de la famille à combler les besoins émotionnels et
de sécurité de chacun et à la flexibilité qui permet le développement de l’autonomie de pensée et de fonction des membres.
Un autre concept du modèle est le contrôle défini comme étant le processus
par lequel les membres de la famille s’influencent entre eux. Une famille devrait
être en mesure de maintenir les fonctions de base tout en s’adaptant aux changements. Les aspects du contrôle incluent l’idée selon laquelle la famille est
prévisible ou imprévisible, constructive ou destructive et responsable ou irresponsable.
Enfin, le dernier concept du modèle réfère aux valeurs et aux normes. La
définition et l’exécution des tâches sont grandement influencées par les valeurs
et les normes sociales ainsi que la culture de chacune des familles. Les valeurs
et les normes fournissent une toile à travers laquelle les processus doivent être
considérés. Les questions à explorer sont les suivantes : est-ce que les règles familiales sont explicites ou implicites, est-ce que chaque membre a la latitude nécessaire pour développer ses propres attitudes et comportements et est-ce que les
règles familiales sont cohérentes avec le contexte culturel général ?
19
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle du processus du fonctionnement familial
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle de la théorie de l’adaptation familiale (Family Adaptation Theory) a été
développée par McCubbin et McCubbin (20) afin d’expliquer comment s’adapte
la famille confrontée à un stress chronique. Selon ces auteurs, trois dimensions
permettent de comprendre le fonctionnement des familles : la « regénérativité »
(regenerativity), la résilience et la « rythmicité ».
Selon ce modèle, une famille « régénérative » est à la fois cohérente (c’est-àdire ayant un niveau familial sain d’acceptation, de loyauté, de fierté, de confiance,
de foi, de respect, d’attention et des valeurs partagées dans la gestion des tensions et des défis) et robuste (c’est-à-dire ayant un sentiment de contrôle partagé par les membres de la famille par rapport à une situation, d’utilité commune,
de motivation à apprendre et à explorer de nouvelles idées et expériences). Une
famille résiliente est flexible (c’est-à-dire qu’elle a une habileté à accepter les changements de règles, de frontières et de rôles pour composer avec les demandes
en situation de stress) et liée par des relations interpersonnelles sécurisantes
(c’est-à-dire un degré de lien émotionnel élevé dans une unité familiale intentionnelle et intégrée). Enfin, la « rythmicité » fait référence à la tendance d’une famille
à adopter et à valoriser des schémas prévisibles.
Selon ces auteurs, ce modèle peut être utilisé par les cliniciens pour tracer
un portrait du fonctionnement familial et développer des cibles d’intervention,
pour guider les stratégies thérapeutiques, pour recadrer le problème au cœur
d’un contexte systémique (ce qui contribue à diminuer le blâme individuel et
la recherche d’un coupable) ou pour aider à établir un soutien émotionnel au
sein de la famille ainsi que des frontières et des rôles moins rigides. L’évaluation fournit une carte des forces et des vulnérabilités de la famille. Les interventions sont ensuite construites pour promouvoir les forces de la famille et
réduire ses vulnérabilités.
Présentation des grilles d’évaluation
Le Family Interaction Summary Format
Le Family Interaction Summary Format a été développé par Loader et ses collaborateurs durant les années 1980 (19). Cette grille d’évaluation considère la totalité du système familial et se concentre sur les interactions familiales dans l’ici
et maintenant. Selon les auteurs, la grille d’évaluation requiert que les cliniciens
considèrent la famille comme un tout, ne décrivent que ce qu’ils voient, minimisent les interprétations, soient brefs et précis et évitent les répétitions.
Selon cette grille, l’évaluation du fonctionnement familial se fait sur la base de
huit dimensions : l’atmosphère, la communication, le statut affectif, les frontières,
les opérations familiales, les alliances, la fonction parentale et les relations avec
l’environnement.
L’atmosphère inclut l’humeur familiale (la sensation de sécurité et de chaleur ou de danger et de froideur) et le ton de la famille (incluant le degré de
confort et de tension, et défini comme étant la qualité du confort social). Le clinicien évalue s’il y a présence d’un sens de l’humour et d’une qualité d’inter­
20
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le modèle de la théorie de l’adaptation familiale
actions. Il évalue également la nature des interactions familiales et le contexte
familial global.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le statut affectif s’appuie sur l’idée que la famille a une vie émotionnelle.
L’émotion peut être individuelle, mais elle régule et est régulée par les interactions entre les membres de la famille. Le statut affectif prend en considération
l’étendue des émotions exprimées, l’expression de l’expérience et la reconnaissance et la valorisation de l’expérience au sein de la famille.
Les frontières réfèrent au degré de séparation et de connexion du système
familial. Les auteurs reconnaissent trois types de frontières : autour de la famille
(sur un continuum allant de trop flexibles à trop rigides ; elles peuvent varier en
fonction du stade développemental de la famille), au sein de la famille (danger de
parentification d’un enfant ou d’infantilisation d’un parent) et autour de chaque
individu (différenciation interpersonnelle de chacun).
Les opérations familiales, quant à elles, incluent les tâches de base suivantes :
la résolution de conflits (l’habileté à reconnaître et à résoudre les différences
inévitables entre les membres de la famille), la prise de décision (incluant trois
aspects : les participants, le processus et l’implantation de la décision), la résolution de problèmes (l’habileté à gérer les difficultés liées à des comportements
individuels, des relations interpersonnelles et des demandes environnementales ou des stress) et les difficultés liées au cycle de la vie familiale (certains
symptômes peuvent être un signe que la famille a de la difficulté à compléter un
stade développemental ou à changer de stade).
Les alliances entre les membres de la famille sont également incluses dans
cette grille. Selon les auteurs, il est essentiel de regarder les différents sous-systèmes (dyades et triades), et ce, de deux façons : en examinant les patrons globaux et en examinant chacun des sous-systèmes. Les auteurs invitent les thérapeutes à porter attention à la triangulation (définie comme étant l’inclusion d’une
troisième personne pour réduire la tension entre deux membres de la famille)
et à l’émergence d’un bouc émissaire (le fait de rejeter tout ce qui est mauvais
sur la même personne, de façon continue). Pour ces auteurs, la dyade conjugale inclut l’affection, le soutien, la maturité et l’équilibre dans l’affirmation.
La fonction parentale réfère à la façon dont les conjoints interagissent entre
eux en tant que parents, à la façon dont ils accomplissent les tâches de soins et
de socialisation des enfants et à la façon dont ils comblent les besoins émotifs
des enfants. Il s’agit du « comment les parents se répartissent les tâches entre
eux » et du « comment ils arrivent à négocier leurs désaccords ». La fonction
21
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La communication est une dimension majeure de cette grille. Elle réfère aux
échanges verbaux directement observables, aux indicateurs paraverbaux (par
exemple, le ton de la voix) et aux indices non verbaux (par exemple, les mouvements corporels). Elle est évaluée sous l’angle des patrons globaux (niveau de
bruit, style conversationnel et équité de participation), à l’expression et à la
réception des messages (la clarté des messages est cruciale) et à la nature prédominante de ces messages (liberté et spontanéité dans l’expression des messages, présence d’ordres, de demandes, etc.).
parentale inclut les interactions entre les parents (partage et division des soins,
accord sur l’éducation des enfants, soutien et coopération entre eux) et les tâches
parentales (spontanéité et plaisir avec l’enfant, imposition de routines, constance
dans les relations et les attentes, adaptation aux besoins de l’enfant, discipline
et contrôle, attentes envers l’enfant et anticipation des besoins physiques).
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La grille d’évaluation familiale de Darlington
La grille d’évaluation familiale de Darlington (Darlington Family Assessment System) a été développée et utilisée dans le domaine de la santé mentale chez les
enfants par Wilkinson et ses collègues vers la fin des années 1980 (36). L’objectif
des auteurs n’était pas de créer une nouvelle théorie, mais plutôt de combiner
et d’intégrer les idées existantes relevant des meilleures pratiques. Quatre perspectives ont été considérées dans l’élaboration de cette grille : la perspective
de l’enfant, la perspective des parents, la perspective parent-enfant et la perspective de la famille entière. La logique qui sous-tend la conception de cette grille
réfère au fait qu’il est important de considérer autant les individus qui composent
la famille que la dynamique au sein de celle-ci.
Une série de facteurs sont proposés pour évaluer chacune des quatre perspectives de cette grille. Concernant la perspective de l’enfant, les auteurs proposent d’évaluer la santé physique de l’enfant (en particulier les maladies chroniques et les handicaps), le développement de l’enfant (l’autonomie, la
communication et l’indépendance), les perturbations émotionnelles (l’humeur
et ses conséquences), les relations interpersonnelles (à l’intérieur et à l’extérieur de la famille), le comportement à l’égard des autres et les événements de
vie négatifs (les deuils, les séparations ou les traumatismes). La perspective
des parents est évaluée en fonction des paramètres suivants : la santé physique
des parents (en particulier les maladies et les handicaps), la santé psychologique des parents (en particulier les troubles psychiatriques), les relations
conjugales et leurs conséquences sur la famille ainsi que les habiletés parentales, l’histoire parentale et le réseau social. Les interactions entre les parents
et les enfants sont évaluées en fonction des paramètres suivants : les soins (du
surinvestissement à la négligence) et le contrôle (du manque de contrôle à l’excès). Enfin, la perspective du fonctionnement familial est évaluée en documentant la proximité et la distance (les processus d’attachement au sein de la
famille), les hiérarchies de pouvoir (les responsabilités et la domination), l’atmosphère émotionnelle et les règles (les processus d’expression émotionnelle),
les stresseurs contextuels (les conditions de vie, la pauvreté, la stigmatisation)
et le sommaire du développement familial (l’analyse des problèmes dans un
contexte du cycle de la vie familiale).
22
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La dernière composante de cette grille d’évaluation concerne les relations
avec l’environnement. Les auteurs identifient trois types de relation avec le monde
extérieur : les relations avec les proches, les relations avec des personnes en dehors
du cercle familial (incluant le thérapeute) et les relations avec le voisinage et les
institutions.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La grille d’évaluation systématique de la famille, développée par Seywert au
début des années 1990 (29), met l’accent sur deux aspects du fonctionnement
familial soit le contexte social et le groupe familial. Concernant le contexte
social, Seywert considère la famille comme un système vivant et ouvert, en interaction avec le système socioculturel environnant selon un principe d’emboîtement hiérarchique : le système socioculturel est en position hiérarchique supérieure par rapport à la famille du fait qu’il modifie moins souvent sa structure.
L’évolution de la famille dépend fortement de son degré d’ouverture aux informations provenant de l’environnement et de sa façon de traiter celles-ci à travers le jeu dynamique des feedbacks. Ainsi, pour Seywert, une des fonctions de
la famille est la médiation entre les besoins de ses membres et les impératifs
socioculturels. La famille trie et gère les informations qui entrent et qui sortent,
facilite et freine les échanges directs entre ses membres et la société. C’est ainsi
qu’une certaine fermeture est nécessaire pour assurer l’appartenance des
membres, leur identité et leur continuité. Inversement, une certaine ouverture
est nécessaire au développement de la famille. En d’autres mots, la famille doit
disposer d’une frontière garantissant à la fois le maintien de son autonomie
relative et des échanges sélectifs avec son milieu social. L’évaluation du contexte
social devrait porter sur les affiliations culturelles et religieuses de la famille, sa
situation socioéconomique, la quantité et la qualité des échanges qu’elle a avec
la communauté locale et le degré d’ouverture des frontières de la famille avec
l’environnement extérieur.
Concernant le fonctionnement du groupe familial comme tel, Seywert attire
notre attention sur l’importance de distinguer « l’action de surface » (le scénario
familial se déroulant sous nos yeux) et la « structure de fond » (la culture, les
modèles, les croyances, les loyautés qui sous-tendent la réalité phénoménale,
immédiatement perceptible par tout un chacun) (18). Pour lui, les variables à
prendre en considération lors de l’évaluation de la famille sont les suivantes :
la qualité de la communication, le climat affectif, les mythes familiaux, la clarté
et la distribution des rôles, les frontières et les règles, les zones de tension et
d’équilibre ainsi que les changements et le potentiel morphogénétique de la
famille.
La qualité de la communication est, selon lui, une variable essentielle pour
caractériser une famille. L’évaluation doit inclure la structure et la signification du
langage verbal et les conduites non verbales (gestes, attitudes posturales, régulation de la distance, mimiques, rires, pleurs, soupirs, rythmes et intonation des
mots, inflexions de la voix, silence, immobilité, absence de réaction).
Le deuxième élément concerne le climat affectif qui règne dans la famille. Il
affirme que les liens affectifs sont un des meilleurs garants de la cohésion du
groupe familial. Ils sont cependant difficiles à évaluer du fait qu’il faut prendre
en considération des facteurs complexes (contingences culturelles et situationnelles, interrelations avec d’autres variables, difficulté de quantifier les émotions,
etc.) pour bien les apprécier. Pour mieux documenter cette dimension, Seywert
propose d’explorer les échanges affectifs familiaux lors d’un ou de plusieurs entretiens en ayant en tête les points suivants : gamme des affects, mode d’expression,
23
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La grille d’évaluation systématique de la famille
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Un autre aspect du fonctionnement à prendre en considération est la question des mythes familiaux. Ce concept fait référence à « l’ensemble des croyances
et des convictions fondamentales, partagées, sans contestation possible et
sans élaboration supplémentaire, par tous les membres au sujet de leurs rôles
respectifs dans la famille et de la nature de leurs relations » (29, p. 73). De nombreux auteurs soulignent la force stabilisante considérable des mythes. Ils ont
pour effet de « préserver les relations familiales en maintenant intacte l’image
que ce groupe se fait de lui-même » (29, p. 73). Trois types de mythes familiaux
seraient à prendre en compte, soit les mythes de l’unité harmonieuse, les mythes
de déculpabilisation et de réparation ainsi que les mythes de salut. Dans les familles
dysfonctionnelles, les mythes seraient plus nombreux, plus rigidement incrustés
et plus étouffants.
Seywert recommande également de porter notre attention sur la clarté et la
distribution des rôles dans la famille. Il définit le concept de rôle comme étant
des « patterns comportementaux attendus dans l’exercice d’une fonction familiale donnée » (29, p. 75). Dans la famille, les rôles peuvent être perçus et reconnus par tous ou être flous, cachés ou niés. Ils peuvent être nuancés et souples
ou stéréotypés et rigides. Ils peuvent évoluer dans le temps ou devenir anachroniques. La distribution des rôles dans la famille dépend de facteurs culturels, de critères biologiques (âge, sexe) et d’éléments idiosyncrasiques. Ainsi, dans
chaque culture prévaut un modèle de la famille. Il considère néanmoins que,
dans une famille fonctionnelle, les rôles peuvent être interchangeables selon les
besoins. En outre, il affirme que, dans une famille dysfonctionnelle, le leadership
est parfois attribué de façon masquée à un enfant qui doit pendant une période
prolongée assumer des fonctions au-dessus de ses compétences (ce qu’on nomme
la parentification).
Un autre élément à considérer serait celui des frontières qui caractérisent
l’organisation de la famille. Il définit ce concept comme étant les délimitations
entre les différents sous-systèmes familiaux (parental, conjugal, enfants). Idéalement, ces limites sont clairement définies, c’est-à-dire suffisamment étanches
pour garantir la différenciation de la territorialité et la protection contre les ingérences, et suffisamment perméables pour permettre des contacts intrafamiliaux. La nécessité de poser des limites intergénérationnelles claires envers les
membres des familles d’origine s’avère essentielle. Cette frontière doit favoriser des contacts vivants et réguliers avec la famille d’origine tout en prévenant
l’envahissement répété du territoire de la famille nucléaire. Selon Seywert, on peut
mesurer le degré d’individuation des membres de la famille en tenant compte
de leur capacité d’exprimer leurs propres pensées, d’assumer la responsabilité
de leurs actes et de respecter les différences de l’autre.
Dans ce contexte, la prise en compte d’un ensemble de règles s’avère essentielle. Selon Seywert, toute famille est régie par des règles qui lui sont propres
et qui délimitent de façon relativement contraignante le répertoire des comportements admissibles de ses membres. Ainsi, plus une famille dispose d’un éventail de règles nuancé, plus elle est adaptée et stable.
24
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
implication affective, concordance ou non-congruence entre émotions exprimées et contenu du dialogue ainsi que tonalité du climat émotionnel de base.
Le dernier aspect identifié par Seywert est la question des changements et le
potentiel morphogénétique de la famille. Selon ce point de vue, chaque famille
doit parcourir des étapes successives qui jalonnent son cycle de la vie familiale
(6, 15). Dans chacune de ces phases, elle doit s’adapter de façon flexible aux
conditions internes et externes changeantes et elle doit chercher des solutions
nouvelles aux modifications. Seywert affirme que beaucoup de familles traversent
ces crises sans devoir recourir à une aide extérieure ; elles feraient donc preuve
d’un bon potentiel morphogénétique.
Le Family Assessment
Bray (4, 5) reprend l’essentiel des repères proposés dans les modèles d’évaluation qu’il a recensés et propose un cadre d’analyse intégrateur du fonctionnement des familles comprenant six dimensions : 1) la structure ou le type de
famille (famille intacte, recomposée ou monoparentale) et la composition familiale (les personnes qui composent la famille), 2) la diversité familiale (l’ethnicité, l’orientation sexuelle des parents, le statut socioéconomique de la famille
et la religion), 3) les patrons relationnels (les séquences d’interaction entre les
membres de la famille), 4) l’expression des émotions entre les membres de la
famille, 5) l’organisation familiale (les règles, les rôles, les frontières, la hiérarchie dans les prises de décision, la distribution des tâches et le soutien émotionnel entre les membres de la famille) et 6) les opérations familiales (la résolution des conflits, des problèmes et des tâches développementales auxquelles
la famille est confrontée). Outre ces dimensions, Bray (4, 5) propose également
de prendre en considération le stade développemental actuel de la famille (la
naissance des enfants, l’entrée des enfants dans l’adolescence, le départ des
enfants de la famille, la retraite des parents) puisqu’à chaque stade sont associés des défis développementaux différents à résoudre. Enfin, il insiste sur l’importance de bien connaître l’histoire développementale de la famille dans le
but d’identifier les tâches développementales non résolues qui ont pu contribuer à augmenter la vulnérabilité de la famille par rapport à la résolution de
nouvelles tâches développementales.
25
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Seywert invite également à porter une attention aux zones de tension et d’équilibre dans la famille. Selon lui, la façon dont la famille fait face aux divergences
d’opinions et aux attentes incompatibles des différents membres nous renseigne
sur son seuil de tolérance aux conflits, sa capacité de négociation et d’ajustement,
son potentiel de trouver des issues satisfaisantes. Dans les familles fonctionnelles,
le conflit est correctement identifié et localisé, son existence est confirmée par
verbalisation, les personnes impliquées sont capables d’élaborer et de maintenir avec souplesse un focus, chacun s’exprimant clairement, s’engageant fortement, tout en faisant preuve d’écoute envers l’autre. Dans les familles dysfonctionnelles, on décèle les difficultés suivantes : conflit mis en suspens, incapacité
à prendre une décision, problème camouflé derrière un pseudo-conflit, déni, conflit
projeté dans le monde extrafamilial, bouc émissaire, impasse, intellectualisation
du problème, éparpillement, etc.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dans son livre traitant des modèles et des instruments d’évaluation de la famille,
Favez (14) propose un méta-modèle théorique du fonctionnement familial : l’évaluation clinique de la famille. Selon lui, bien que le vocabulaire utilisé soit très
variable d’un modèle à l’autre, le nombre de processus relationnels auxquels
les différents concepts proposés réfèrent est relativement restreint. Il en relève
cinq : 1) la distance émotionnelle entre les membres de la famille (suffisante pour
permettre l’autonomie de chacun et pas trop restreinte ou excessive pour empêcher la réalisation de la personnalité ou risquer de distendre les liens familiaux),
2) la flexibilité (équilibre entre stabilité et changement, visant à garantir la pérennité du système familial et sa modification aux demandes de l’environnement),
3) la communication (capacité de produire des réponses adaptées et échange
d’informations claires et sans ambiguïté), 4) la bienveillance émotionnelle (incluant
la chaleur, l’empathie, la compréhension et l’acceptation des émotions ressenties
et exprimées par chacun) et 5) l’organisation temporelle (succession des événements du quotidien et des événements marquants dans la vie d’une famille).
Partie 2 : Regroupement et définition
des dimensions retenues
A la suite de la recension de ces modèles théoriques et grilles d’évaluation du
fonctionnement familial, nous avons dressé la liste de toutes les dimensions du
fonctionnement familial identifiées dans les textes recensés (tableau 1). Au
total, quatre-vingt-quinze dimensions différentes ont été recensées. L’étape suivante a consisté à regrouper ces dimensions à l’intérieur de dimensions plus
générales du fonctionnement familial. Par exemple, le terme « regénérativité »
proposé par McCubin et McCubin (20) (terme singulier qui n’est utilisé que par
ces auteurs) a été amalgamé à la dimension « cohésion familiale » (terme partagé par plusieurs auteurs, plus familier et plus englobant). De même, le terme
« résilience familiale », utilisé aussi par McCubin et McCubin (20), a été incorporé à la dimension « flexibilité familiale » (terme partagé par plusieurs auteurs).
Ce regroupement nous a permis de réduire le nombre de dimensions à investiguer dans une évaluation du fonctionnement familial à seize. Le choix des seize
dimensions s’est fait sur la base de leur capacité à inclure le plus grand nombre
de termes différents, et ce, en vue de proposer une définition inclusive de ces
dimensions. Le tableau qui suit permet d’avoir un aperçu de notre travail de
regroupement des termes recensés.
26
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
L’évaluation clinique de la famille
Tableau 1. Regroupement des termes utilisés par les auteurs
Termes utilisés
Auteurs
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Structure familiale
Type de famille
Bray (2009)
Composition de la famille
Diversité familiale
Orientation sexuelle
Contexte social
Religion
Ethnicité Valeurs et normes sociales
Steinhauer et coll. (1984)
Contexte social
Seywert (1990)
Cumul de problèmes
non résolus
Problèmes non résolus
Epstein et coll. (1978)
Cumul de tâches
développementales
non résolues
Tâches développementales
non résolues par la famille
au fil de son histoire
Bray (2009)
Bray (2009)
Cumul d’événements
Cumul d’événements
stressantsstressants
Wilkinson et coll. (1988)
Stress chroniques McCubbin et coll. (1989)
Stress contextuels
Wilkinson et coll. (1988)
Tâches « accidentelles »
Epstein et coll. (1978)
Organisation temporelle
Favez (2010)
Ressources sociales
Ressources économiques et économiques
Bray (2009)
Wilkinson et coll. (1988)
Pauvreté
Wilkinson et coll. (1988)
Soutien social
Influence des familles
Qualité des relations avec
d’origine
les parents des familles
d’origine
Wilkinson et coll. (1988)
Qualité des relations entre
les parents des familles
d’origine
Caractéristiques
personnelles des parents
Caractéristiques
personnelles des enfants
Santé physique
Wilkinson et coll. (1988)
Santé psychologique
Santé physique
Wilkinson et coll. (1988)
Santé psychologique
27
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dimensions
du fonctionnement familial
Termes utilisés
Dynamique du couple
Qualité des relations
fondateur
conjugales
Auteurs
Wilkinson et coll. (1988)
Epstein et coll. (1978)
Loader et coll. 1982)
Négociation des désaccords Loader et coll. (1982)
Fonction parentale
Loader et coll. (1982)
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Communication
Communication
Olson et coll. (2006)
Favez (2010)
Loader et coll. (1982)
Seywert (1990)
Holman (1983)
Clarté de la communication
Favez (2010)
Beavers et coll. (1965)
Epstein et coll. (1978)
Direction de la
Epstein et coll. (1978)
communication
Adéquation de la réponse
Epstein et coll. (1978)
émotionnelle
Qualité de la communication Bray (2009)
Olson et coll. (2006)
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Favez (2010)
Loader et coll. 1982)
Réponses adaptées
Favez (2010)
Réponse affective
(palette émotionnelle)
Epstein et coll. (1978)
Expression des émotions
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Wilkinson et coll. (1988)
Bray (2009)
Loader et coll. 1982)
Statut affectif
Loader et coll. 1982)
Cohésion
Climat relationnel
Loader et coll. (1982)
Climat affectif
Wilkinson et coll. (1988)
Seywert (1990)
Relations interpersonnelles
sécurisantes
McCubbin et coll. (1989)
Cohésion
Olson et coll. (2006)
Steinhauer et coll. (1984)
Bray (2009)
28
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dimensions
du fonctionnement familial
Termes utilisés
Auteurs
Cohésion (suite)
Bienveillance émotionnelle
Favez (2010)
Confiance
Beavers et coll. (1965)
Proximité et distance
Wilkinson et coll. (1988)
Distance émotionnelle
Favez (2010)
Engagement entre les
membres de la famille
Doherty et coll. (1984)
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Implication affective
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Soutien émotionnel
Bray (2009)
Processus d’attachement
Wilkinson et coll. (1988)
Regénérativité cohérente
et robuste
McCubbin et coll. (1989)
Qualité des relations
interpersonnelles
McCubbin et coll. (1989)
Wilkinson et coll. (1988)
Alliance entre les membres
de la famille
Loader et coll. (1982)
Atmosphère familiale
Loader et coll. (1982)
Wilkinson et coll. (1988)
Intensité émotionnelle
et mutuelle
Doherty et coll. (1984)
Liens
Doherty et coll. (1984)
Flexibilité
Structure organisée
Doherty et coll. (1984)
Organisation familiale
Olson et coll. (2006)
Bray (2009)
Loader et coll. (1982)
Holman (1983)
Contrôle des comportements Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Wilkinson et coll. (1988)
Flexibilité Favez (2010)
Olson et coll. (2006)
Frontières
Doherty et coll. (1984)
Bray (2009)
Loader et coll. (1982)
Seywert (1990)
Holman (1983)
Hiérarchie
Beavers et coll. (1965)
intergénérationnelle
Wilkinson et coll. (1988)
Bray (2009)
29
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dimensions
du fonctionnement familial
Dimensions
du fonctionnement familial
Flexibilité (suite)
Termes utilisés
Exercice du leadership
Organisation des
responsabilités
Auteurs
Olson et coll. (2006)
Beavers et coll. (1965)
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Répartition des rôles
Olson et coll. (2006)
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Doherty et coll. (1984)
Bray (2009)
Seywert (1990)
Holman (1983)
Structures familiales
Beavers et coll. (1965)
Pouvoir
Doherty et coll. (1984)
Wilkinson et coll. (1988)
Distribution des tâches
Bray (2009)
Patrons relationnels
Résilience et rythmicité
McCubbin et coll. (1989)
Épistémologie familiale
Clé cognitive
McCubbin et coll. (1989)
Construction du monde
Croyances
Mythes familiaux
Seywert (1990)
Normes familiales
Steinhauer et coll. (1984)
Valeurs familiales communes Steinhauer et coll. (1984)
Doherty et coll. (1984)
Capacités de résolution
Résolution de problèmes
Bray (2009)
de problèmes
Beavers et coll. (1965)
Loader et coll. (1982)
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Doherty et coll. (1984)
Holman (1983)
30
Zones de tension
et d’équilibre
Seywert (1990)
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Règles Olson et coll. (2006)
Wilkinson et coll. (1988)
Bray (2009)
Seywert (1990)
Opérations familiales
Termes utilisés
Opérations familiales
Auteurs
Loader et coll. (1982)
Résolution des tâches
développementales
Bray (2009)
Doherty et coll. (1984)
Loader et coll. (1982)
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Wilkinson et coll. (1988)
Holman (1983)
Cycle de vie familiale
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Exercice des pratiques
Loader et coll. (1982)
éducatives
Résolution de conflits
Bray (2009)
Beavers et coll. (1965)
Loader et coll. (1982)
Doherty et coll. (1984)
Seywert (1990)
Prise de décision
Loader et coll. (1982)
Epstein et coll. (1978)
Steinhauer et coll. (1984)
Tâches instrumentales
Epstein et coll. (1978)
Tâches accidentelles
Epstein et coll. (1978)
Demandes de
l’environnement
Loader et coll. (1982)
Holman (1983)
Gestion des difficultés liées
à des comportements
individuels
Loader et coll. (1982)
Accomplissement des tâches Beavers et coll. (1965)
Soins
Contrôle des comportements Wilkinson et coll. (1988)
Soutien au développement
de ses membres
Steinhauer et coll. (1984)
Wilkinson et coll. (1988)
Assurer la sécurité
Steinhauer et coll. (1984)
Assurer la cohésion et l’unité
familiale
Wilkinson et coll. (1988)
Steinhauer et coll. (1984)
Santé physique des membres Wilkinson et coll. (1988)
Besoins d’inclusion dans la
famille, de contrôle
et d’intimité
Doherty et coll. (1984)
31
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dimensions
du fonctionnement familial
Définition des dimensions du fonctionnement familial retenues
Une fois les dimensions identifiées, nous les avons regroupées en sept catégories,
soit les dimensions personnelles et contextuelles, la communication, la dynamique
du couple fondateur, la structure familiale, la dynamique des relations familiales, la
dynamique des opérations familiales et l’histoire développementale de la famille.
Cette étape franchie, nous avons élaboré une définition opérationnelle de chacune
de ces dimensions en nous inspirant des définitions proposées par les auteurs.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Les dimensions personnelles et contextuelles ne font pas partie à proprement
parler du fonctionnement familial comme tel mais ont une influence directe sur
celui-ci. Dans cette catégorie sont inclus les caractéristiques personnelles des
parents et des enfants, l’influence des familles d’origine, les ressources sociales
et économiques dont dispose la famille et le contexte social.
Le terme caractéristiques personnelles des parents fait référence à la santé
physique (en particulier les maladies et les handicaps) et psychologique des
parents (en particulier la présence de troubles mentaux), leur histoire personnelle et leur style d’attachement (35, 36).
Le terme caractéristiques personnelles des enfants fait référence à la santé
physique de l’enfant (en particulier les maladies chroniques et les handicaps),
son développement, son style d’attachement, les perturbations émotionnelles
et les événements de vie négatifs auxquels il a été confronté (les deuils, les
séparations ou les traumatismes), les relations interpersonnelles qu’il a su établir (à l’intérieur et à l’extérieur de la famille) et son comportement à l’égard
des autres (35, 36).
Le terme influence des familles d’origine fait référence aux relations et aux
événements vécus par les parents dans leur propre famille d’origine, aux
influences de ces familles d’origine sur le fonctionnement actuel des parents et
de la famille et à la qualité de la relation entretenue par les parents et les autres
membres de la famille avec les familles d’origine.
Le terme ressources sociales et économiques fait référence à la qualité du
soutien social dont dispose la famille, aux conditions de travail des parents, au
revenu familial annuel et au niveau d’endettement de la famille.
Le terme contexte social fait référence à l’ethnicité de la famille, à ses affiliations culturelles et religieuses, à la quantité et à la qualité des échanges qu’elle
a avec la communauté locale et au degré d’ouverture des frontières de la famille
avec l’environnement extérieur (29).
La communication
La communication est une variable centrale et transversale qui influence l’ensemble
du fonctionnement familial (29). Elle fait référence à la clarté, à la direction, à la
diversité, à l’ouverture et à la qualité des échanges entre les membres de la
famille (19). Elle désigne également l’expression des émotions (5), la palette émotionnelle (19) et la capacité à produire des réponses adaptées (12, 14). La communication est une dimension facilitatrice dans la dynamique du couple et des
32
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Dimensions personnelles et contextuelles
relations entre les membres de la famille. Elle permet de modifier le niveau de
cohésion et de flexibilité de la famille (23) et est essentielle à la gestion des opérations familiales. En contrepartie, elle peut être à l’origine de multiples problèmes de fonctionnement (17).
La dynamique du couple fondateur
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
La structure familiale
Le terme structure familiale réfère au type de famille (intacte, recomposée, monoparentale), à la composition familiale (qui sont les membres qui composent la
famille) et à l’orientation sexuelle des parents (5).
La dynamique des relations familiales
La catégorie de la dynamique des relations familiales inclut deux dimensions fondamentales du fonctionnement familial : la cohésion et la flexibilité familiales.
Le terme cohésion fait référence au climat affectif qui règne dans la famille
(29). Il désigne l’intérêt que les membres de la famille démontrent les uns envers
les autres et leur implication (12, 31), la qualité des liens émotionnels (confiance,
bienveillance émotionnelle) (5), le degré d’engagement relationnel (implication
affective) (23), le niveau de distance émotionnelle (5), le degré de différenciation
entre les membres de la famille, l’acceptation des différences, le confort dans
les relations, la sécurité et la chaleur des uns envers les autres (19).
Le terme flexibilité fait référence à l’organisation de la famille (5) et des soussystèmes, aux frontières (17, 19, 29), à la qualité du leadership (répartition des
pouvoirs) (23), à la répartition, à la souplesse et à la prévisibilité dans la manière
de remplir les rôles (5, 12, 17, 29, 31), à la définition des règles qui régissent les
inter­actions et au contrôle plus ou moins rigide des comportements (12).
La dynamique des opérations familiales
Dans la catégorie des opérations familiales sont incluses les dimensions : résolution des problèmes, épistémologie familiale et opérations familiales.
Le terme résolution des problèmes fait référence à la prise de décision (19),
à la capacité des familles à résoudre les problèmes instrumentaux et affectifs
tout en maintenant un fonctionnement efficace (12). Il fait également référence
à la capacité de négociation et d’ajustement de la famille et à son potentiel de
trouver des solutions satisfaisantes (29). La capacité de résolution de problèmes
est influencée par la tolérance de la famille face aux conflits (29).
33
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le terme dynamique du couple fondateur fait référence à la fonction conjugale
et parentale. Elle désigne la qualité de la relation conjugale (intimité, complicité,
engagement), la capacité des parents à composer avec leurs désaccords (12) et
la manière dont ils assument les fonctions parentales (19).
L’histoire développementale de la famille
Cette catégorie fait référence au cumul de tâches développementales non résolues par la famille, au cumul de problèmes non résolus dans l’histoire de la
famille et au cumul d’événements stressants vécus par la famille au fil du temps.
Le terme cumul de tâches développementales non résolues fait référence
au fait que certaines familles rencontrent à un moment ou l’autre de leur histoire des difficultés à résoudre une ou des tâches développementales. La nonrésolution de certaines tâches développementales rend la famille plus vulnérable
face à de nouvelles tâches. En outre, on note qu’un cumul de tâches développementales non résolues est associé à une vulnérabilité familiale croissante et à
une probabilité plus élevée que la famille soit confrontée à des pathologies et à
des crises familiales sévères et récurrentes (3, 5).
Le terme cumul de problèmes non résolus fait référence au fait que la nonrésolution de problèmes auxquels la famille a été confrontée au cours de son
histoire est associée à une vulnérabilité croissante de la famille et à une probabilité plus élevée que la famille soit confrontée à des pathologies et à des crises
familiales sévères et récurrentes (12).
Le terme cumul d’événements stressants fait référence aux nombreux stress,
événements de la vie quotidienne et perturbations prévisibles ou non auxquels
la famille est actuellement confrontée ou a été confrontée récemment. Comme
le souligne Bateson (1), un cumul d’événements stressants et de perturbations
peut contribuer à altérer l’économie de souplesse du système familial, c’est-àdire les ressources adaptatives dont dispose la famille à un moment donné.
Conclusion
Ce travail de recension des modèles d’évaluation du fonctionnent familial a permis d’identifier les principales dimensions à considérer lors de l’évaluation
d’une famille et de la planification d’un devis de recherche lorsque l’objectif du
chercheur est de rendre compte du fonctionnement de familles. Bien que pro34
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Le terme épistémologie familiale fait référence aux valeurs, aux normes
sociales et à la culture de chacune des familles (19). Il fait aussi référence aux
connaissances, aux croyances, à la construction du monde des membres de la
famille qui influencent les comportements, les choix et les décisions de la famille
et les mythes familiaux (l’ensemble des croyances et des convictions fondamentales, partagées, sans contestation possible et sans élaboration supplémentaire,
par tous les membres au sujet de leurs rôles respectifs dans la famille et de la
nature de leurs relations) (29).
Le terme opérations familiales fait référence aux différents besoins auxquels
la famille doit répondre (inclusion, contrôle, intimité, sécurité, santé et soutien
au développement), aux différentes tâches qu’elle doit assumer (instrumentales,
accidentelles, éducation des enfants et pratiques éducatives) et aux défis qu’elle
doit relever (résolution de tâches développementales, demandes de l’environnement, résolution de conflits (19) ou de problèmes) afin de maintenir un fonctionnement équilibré (5, 12, 29). La manière pour la famille de remplir les opérations
familiales est influencée par les autres dimensions du fonctionnement familial.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Correspondance :
Robert Pauzé
2915, avenue du Bourg-Royal
Québec (Québec) G1C 3S2
Canada
[email protected]
Bibliographie
1. Bateson G., 1980. Vers une écologie de l’esprit (tome 2). Éditions du Seuil, Paris .
2. Beavers W.R., et coll.,1965. Communication patterns of mothers of schizophrenics.
Family Process, 4,1, 95-104.
3. Bradley M.F., Pauzé R., 2009. Étude sur la résolution des tâches développementales chez
les familles d’adolescentes présentant une dysfonction alimentaire. Thérapie familiale,
30, 3, 353-377.
4. Bray J.H., 1995. Family assessment : Current issues in evaluating families. Family Relations,
44, 4, 469-477.
5. Bray J.H., 2009. Couple and family assessment. In J.H. Bray et M. Stanton (dir.), The WileyBlackwell Handbook of Family Psychology (p. 151-164). Wiley-Blackwell, United Kingdom.
6. Carter E.A., Mc Goldrick M., 1980. The Family Life Cycle : A Framework for Family Therapy.
Gardner Press, New York.
7. Combrinck-Graham L., 1985. A developmental model for family systems. Family Process, 24,
139-150.
8. Compton B.R., Galaway B., 1979. Social Work Processes. Dorsey Press, Homewood, IL.
9. Doherty W.J., Colangelo N., 1984. The Family FIRO Model : A modest proposal for organizing family treatment. Journal of Marital and Family Therapy, 10, 1, 19-29.
10. Doherty W.J., Colangelo N., Hovander D., 1991. Priority setting in family change and clinical practice : The Family FIRO Model. Family Process, 30, 2, 227-240.
11. Duvall E.M., 1977. Marriage and Family Development. J.B. Lippincott, Philadelphia.
12. Epstein N.B., Bishop D.S., Levin S., 1978. The McMaster model of family functioning. Journal
of Marital and Family Therapy, 4, 4, 19-31.
13. Epstein N.B., Rakoff V., Sigal J., 1968. The Family Categories Schema. Jewish General Hospital, Department of Psychiatry, Montréal.
14. Favez N., 2010. L’examen clinique de la famille. Modèles et instruments d’évaluation. Éditions, Mardaga, Belgique.
15. Fleck S., 1983. A holistic approach to family typology and the axes of DSM III. Archives of
General Psychiatry, 40, 901-906.
35
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
metteuse, cette première étape de notre travail présente comme principale
limite de proposer une liste de dimensions sans discuter de leur poids relatif,
sans montrer comment ces dimensions sont interreliées et comment elles
peuvent s’influencer réciproquement. Afin de combler ces lacunes, nous proposerons, dans un prochain article, un modèle multidimensionnel et intégrateur
du fonctionnement de la famille qui inclut chacune des dimensions identifiées
et les interrelations telles que pressenties par les auteurs. Ce modèle explicatif
du fonctionnement familial est basé sur la théorie des contraintes développée à
l’origine par Bateson (1) et reprise par la suite par des chefs de file dans le
domaine de la thérapie familiale, dont White (34) et Pinsof (26).
16. Hollis F., 1972. Casework : A Psychosocial Therapy. Random House, New York.
17. Holman A., 1983. Family Assessment. Tools for understanding and intervention. SAGE Publications, California.
18. Kinston W., Bentovim A., 1985. Construire une formulation focale et une hypothèse en thérapie familiale. Psychotherapy, 3, 163-176.
19. Loader P., Burck C., Kinston W., Bentovim A., 1982. A method for organizing the clinical description of family interaction : The family interaction summary format. In F.W. Kaslow (dir.),
The International Book of Family Therapy (p. 148-167). Brunner Mazel, New York.
20. McCubbin M.A., McCubbin H.I., 1989. Theoretical orientations to family stress and coping.
In C.R. Figley (dir.), Treating stress in families. Brunner/Mazel, New York.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
22. Olson D.H., 2011. FACES IV and the circumplex model : Validation study. Journal of Marital
and Family Therapy, 37, 1, 64-80.
23. Olson D.H., Gorall D.M., 2006. FACES IV & the Circumplex Model, de http://ebookbrowse.
com/faces-iv-the-circumplex-model-d-olson-2006-pdf-d58690773, page consultée le 9 juillet
2012.
24. Olson D.H., Sprenkle D.H, Russell C.S., 1979. Circumplex model of marital and family systems : I. Cohesion and adaptability dimensions, family types, and clinical applications.
Family Process, 18, 1, 3-28.
25. Patterson T., 2009. Ethical and Legal Considerations in family Psychology : The Special
Issue of Competence. In J.H. Bray et M. Stanton (dir.), The Wiley-Blackwell Handbook of
Family Psychology (p. 183-197). Wiley-Blackwell, United Kingdom.
26. Pinsof W.M., 1995. Integrative Problem-centered Therapy : A Synthesis of Family, Individual
and Biological Therapies. Basic Books, New York, NY, US.
27. Pinsof W.M., Wynne L.C., 2000. Toward progress research : Closing the gap between family
therapy practice and research. Journal of Marital and Family Therapy, 26, 1, 1-8.
28. Schutz W., 1958. FIRO : A three dimensional theory of interpersonal behavior. Holt, Rinehart
and Winston, New York.
29. Seywert F., 1990. L’évaluation systémique de la famille. Presses universitaires de France,
Paris.
30. Sparks J.A., Duncan D.L., 2010. Common Factors in Couple and Family Therapy : Must All
Have Prizes ? In Duncan, Miller, Wampold, Hubble (Eds). The Heart and Soul of Change,
Second Edition : Delivering What Works in Therapy (pp.357-391). American Psychological
Association, Washington.
31. Steinhauer P.D., Santa-Barbara J., Skinner H., 1984. The process model of family functioning. The Canadian Journal of Psychiatry/La Revue canadienne de psychiatrie, 29, 2, 77-88.
32. Terkelsen K.G., 1980. Theory of the family life cycle. In E.A. Carter et M. McGoldrick (dir.),
The Family Life Cycle : A Framework for Family Therapy. Gardner Press, New York.
33. Westley W.A., Epstein N.B., 1969. The Silent Majority : Families of Emotionally Healthy College Students. Jossey-Bass, San Francisco.
34. White M., 1986. Negative explanation, restraint and double description : A template for
family therapy. Family Process, 25, 2, 169-185.
35. Wilkinson I., 2000. The Darlington Family Assessment System : Clinical guidelines for practitioners. Journal of Family Therapy, 22, 2, 211-224.
36. Wilkinson I., Barnett M. B., Delf L., Pirie V., 1988. Family assessment : Developing a formal
assessment system in clinical practice. Journal of Family Therapy, 10, 1, 17-32.
36
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
21. Nation M., Crusto C., Wandersman A., Kumpfer K. L., Seybolt D., Morrissey-Kane E. et coll.,
2003. What works in prevention : Principles of effective prevention programs. American
Psychologist, 58, 6-7, 449-456.
Abstract
A Model of Family Functioning. State of Knowledge. – The need for launching an intervention
by assessing the family situation has always been an essential practice among family therapists and trainers in family therapy. To support this crucial stage of the intervention, systematic grids and models of family evaluation have been proposed over the last thirty years.
This article aims to report key models and grids and to identify and define the dimensions of
family functioning to be considered while evaluating a family.
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Un modelo de funcionamiento de la familia. Estado del conocimiento. – La necesidad de iniciar una intervención por la evaluación de la situación familiar siempre ha sido una práctica
esencial entre los terapeutas familiares y los formadores en terapia familiar. Para apoyar
esta etapa crucial de la intervención, redes y modelos de evaluación sistemáticos de las
familias se han propuesto en los últimos treinta años. Este artículo tiene como objetivo
informar sobre los principales modelos y redes y identificar y definir las dimensiones del
funcionamiento familiar que pueda ser considerada cuando se evalúa el funcionamiento de
una familia.
37
Document téléchargé depuis www.cairn.info - Université de Laval - - 132.203.181.44 - 18/06/2013 20h34. © Médecine & Hygiène
Resumen