I am your spy
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I am your spy
http://revel.unice.fr Pour citer cet article : Mordechai Vanunu, " I am your spy ", Alliage, n°40 - Septembre 1999, , mis en ligne le 06 septembre 2012. URL : http://revel.unice.fr/alliage/index.html?id=3957 Voir l'article en ligne AVERTISSEMENT Les publications du site REVEL sont protégées par les dispositions générales du Code de la propriété intellectuelle. Conditions d'utilisation - respect du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle L'accès aux références bibliographiques et au texte intégral, aux outils de recherche ou au feuilletage de l'ensemble des revues est libre, cependant article, recension et autre contribution sont couvertes par le droit d'auteur et sont la propriété de leurs auteurs. Les utilisateurs doivent toujours associer à toute unité documentaire les éléments bibliographiques permettant de l'identifier correctement et notamment toujours faire mention du nom de l'auteur, du titre de l'article, de la revue et du site Revel. 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Enlevé de façon rocambolesque à Rome en septembre 1986 par les services spéciaux israéliens, il fut traduit en justice dans le plus grand secret, condamné à dix-huit ans de prison, et fit l’objet d’une campagne de diffamation dans son pays — sa conversion au christianisme n’arrangeant rien à cet égard. Tenu dans le plus complet isolement jusqu’à tout récemment, sa santé mentale a montré des signes de fragilité. Rien n’a pu jusqu’à présent fléchir les autorités israéliennes et les convaincre de mettre fin à la détention de Vanunu, bien qu’il ne détienne évidemment plus aucune information susceptible de mettre en péril la sécurité de l’État d’Israël. Dans un temps où, malgré tous les obstacles, progresse la paix au Moyen-Orient, la mise en liberté de Vanunu serait une preuve de bonne volonté appréciable. Pour toute information et protestation, on peut s’adresser à : The Campaign to free Vanunu and for a Nuclear-Free Middle East, 88 Borough High Street, London SE1 1NL, tel/fax : +44 171 3789324. Voici le texte d’un poème écrit par Vanunu dans sa prison. I am the clerk, the technician, the mechanic, the driver, whom they told, do this or do that. Don’t look to the right, to the left, don’t eye the page. Don’t look at the whole machine. You are responsible for one bolt only. You are responsible for just one rubber stamp. Concern yourself with one matter only. Don’t bother with things that are above you. Don’t think for us. keep going. On. On. The great, the wise, the futurists, thought: There is nothing to worry about. No fear. Everything works, clicks. Our little clerk is a diligent worker. He’s a simple technician. He’s the little guy. Like all low-ranking clerks, ears have they, but they hear not, eyes have they but they see not. We have a head; not the little guys. Answer them, he thought to himself — just between him and himself — the little citizen. But the man with the head is not little. Who is the boss here, who knows where the train is headed? Where is their head? I’ve got a head too. Why do I see the entire machine, Why do I see the abyss, Does this train have an engineer? The clerk-driver-technician-mechanic raised his head. He took one step back, saw a monster Unbelieving, he rubbed his eyes and indeed — It’s OK, I’m OK. I really do see a monster. I am a part of the system. I signed this form. And only now am I reading the text. This bolt is part of a bomb. This bolt is me. How did I not see and how do others go on bolt-tightening. Who else knows. Who saw, who heard. The emperor is indeed naked. I see him. Why me. This is not for me. It’s too big for me. Arise and cry out. Arise and tell this people. You can. I the bolt, the mechanic, the technician. Yes you. You are the secret agent of this nation. You are the eyes of the state. Spy-agent, reveal what you’ve seen. Reveal to us what the knowing, the wise, are hiding from us. If not for you, the abyss awaits us. A holocaust awaits us. You and only you sit at the wheel and see the abyss. I have no choice. I am a little guy, a citizen, an ordinary fellow, but I will do my duty. I have heard the voice of my conscience. And there’s nowhere to run. It’s a small world. Small against Big Brother. Here I am at your service. Here I am doing my job. Take it away from me. Come and judge. Lighten my load. Bear it with me. Carry on my work. Stop the train. Get off the train. The next stop is nuclear holocaust. The next book, the next machine, no. There is no such thing.