Evaluation du câble de conversion USB
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Evaluation du câble de conversion USB
AFDERS Confidences N°103 1 _______________________________________________________________________________________ Evaluation du câble de conversion USB-S/PDIF Halide Design Bridge Il n'est pas vraiment utile de rappeler que l'avenir est à la musique dématérialisée, avec tous les avantages et inconvénients qui s'y attachent, chaque avantage ayant son inconvénient correspondant. Avantages ? On peut faire tenir plusieurs milliers de CD dans un disque dur qui tient dans la poche. Inconvénient ? On se fait dérober plus facilement un disque dur qu'une armoire de CD… sans compter le fait qu'une fausse manipulation peut aisément en effacer le contenu, sans compter un "crash", par exemple dû à une simple chute. Il faut alors multiplier les sauvegardes de sécurité et changer de supports en fonction de l'évolution de la technologie. Avantages ? On peut lire l'information à partir de la mémoire vive après un enregistrement bit à bit de qualité informatique, qui permet d'oublier tous les inconvénients liés à une lecture de disque optique en temps réel avec son cortège de corrections et interpolations. Inconvénient ? Les convertisseurs internes à l'ordinateur ne sont pas vraiment "Hi-Fi" et sont par ailleurs pollués par les multiples opérations autres, auxquelles l'ordinateur donne la priorité. Il convient donc d'utiliser des logiciels optimisés pour l'audio, qui gèrent les priorités du processeur, et de faire appel à des convertisseurs numérique/analogique extérieurs, parfois tout simplement celui du lecteur de CD dont on dispose déjà, si son constructeur a eu l'intelligence de le munir d'une entrée numérique1. Ces entrées sont généralement au standard S/PDIF (Comme Sony/Philips Digital InterFace) c'est à dire au standard mis en place par les sociétés Sony et Philips au lancement du CD. L'ordinateur, lui, dispose généralement de sorties USB (Universal Serial Bus), mais ces sorties ne sont pas réellement conçues pour envoyer un train d'informations à intervalle régulier. Le processeur va pouvoir gérer un disque dur externe (par exemple celui sur lequel vous avez stocké vos CD), la souris, le clavier, et accessoirement votre flux d'informations musicales. Il va donc falloir faire le "pont" entre l'entrée du convertisseur au standard S/PDIF et la sortie de l'ordinateur au standard USB, afin de faire dialoguer les deux appareils et reconstituer un flux d'informations aussi régulier que possible. LE CABLE HALIDE DESIGN BRIDGE "Pont" se traduit par "Bridge" en anglais. C'est justement le nom que la société américaine Halide Design2 a donné à son câble, qui comporte une prise USB à une extrémité, et une fiche RCA à l'autre. Entre les deux, un tube d'environ 1cm de diamètre et de moins de 10cm de long comporte l'électronique, alimentée par les 5V délivrés par la prise USB de l'ordinateur. L'objectif de cet adaptateur est de transmettre le nombre de bits qui va bien, avec le timing le plus régulier possible, c'est à dire sans "jitter". 1 : On en déduira que tout lecteur de CD mis sur le marché en 2011 sans une telle entrée ne mérite pas l'intérêt de l'audiophile. 2 : Pour plus d'informations, consulter le site www.halidedesign.com. Ce câble a été approvisionné directement chez le fabricant. 2 AFDERS Confidences N°103 ______________________________________________________________________________________ Les sources de jitter, c'est à dire d'irrégularités de temps dans la transmission de l'information, sont multiples: imprécisions d'horloge, erreurs déjà présentes dans le signal encodé, bruits dans le circuit de transmission, etc. Dans la configuration évoquée ci-dessus, une source de jitter évidente est l'imprécision de l'horloge de l'ordinateur, qui n'a pas été optimisée pour cela, et les modalités de transmission de l'information selon le standard USB. Deux type d'approches existent: le mode USB Adaptatif et le mode USB Asynchrone. Avec le mode USB Adaptatif, c’est l’ordinateur qui dicte sa loi en matière d’horloge. Et ce signal d’horloge fourni par l’ordinateur peut s’avérer instable, variable, ce qui accroît le jitter. Aussi, des marques ont équipé leur DAC USB d'un traitement du jitter. Une approche possible est de faire appel à une mémoire tampon et à un circuit de re-synchronisation des données. C’est le cas du DAC Benchmark qui a déjà été présenté à l'association et qui fait partie des éléments évalués au cours de la présente séance. Avec le mode USB Asynchrone, c’est le convertisseur qui gère l’horloge et s’il détecte des variations de timing, il pilote l’ordinateur et le transfert de données en conséquence. Ainsi, le risque de jitter est immanquablement réduit. L’implantation du mode USB Asynchrone est exigeante : autant l’implantation de la très répandue USB Adaptative est économique, autant le mode Asynchrone a nécessité le développement d’un code (par la société Wavelength) mobilisant plusieurs années de R&D et une puce spécifique. C'est l'approche retenue dans le câble Halide Design Bridge. Le câble peut gérer les fréquences d'échantillonnage de 44.1, 48, 88.2, ou 96 kHz. Pour cela, l'électronique comporte deux horloges séparées, l'une pour 44.1 et 88.2kHz, l'autre pour 48 et 96kHz. Il ne nécessite pas d'installation de "driver", et est compatible avec un codage pouvant aller jusqu'à 24 bits. L'alimentation fait appel à la source de tension de 5V disponible sur la prise USB. Toutefois, la tension fournie par l'ordinateur n'étant pas jugée très "propre", elle est tout d'abord filtrée par un filtre en π, éliminant les parasites à haute fréquence, et ensuite régulée à 3,3V pour l'électronique numérique et à 3V, de manière séparée, pour l'alimentation de l'horloge. Par ailleurs, afin d'isoler la sortie de la terre potentiellement bruitée de l'ordinateur, et pour éviter les boucles de masse, un mini-transformateur de haute qualité est employé. L'électronique est intégrée dans un petit cylindre en aluminium et le connecteur de sortie peut être choisi au standard RCA (fiche argent Eichmann) ou BCN dorée. AFDERS Confidences N°103 3 _______________________________________________________________________________________ ECOUTES Afin de juger de l'apport du câble "BRIDGE", il a été inséré dans une chaîne "point de repère" comportant un ordinateur portable Toshiba, le câble Bridge, un préampli Benchmark PRE avec entrée S/PDIF et USB adaptative, et enfin l'amplificateur multicanal de l'AFDERS, alimentant les enceintes Dynaudio BM5. Il a donc été possible de comparer: - le câble Bridge branché sur l'entrée S/PDIF du Benchmark, suivi de l'amplificateur (configuration A), - le préampli Benchmark alimenté directement sur son entrée USB, suivi de l'amplificateur (configuration B), - le câble Bridge branché directement sur l'entrée S/PDIF de l'amplificateur multicanal (configuration C). Les premières écoutes sont effectuées en aveugle (comparaison de type ABA, puis BAB). La configuration C est évaluée dans un deuxième temps. Les impressions d'écoute furent partagées, comme on peut le constater dans ce qui suit. La configuration A apparaît un peu plus dégraissée, plus incisive et transparente (on entend mieux la table d'harmonie du piano de Brendel) que la configuration B, qui est un peu plus douce, moins claire et transparente. L'équilibre de B est toutefois bon et certains auditeurs préfèrent cette écoute sur le plan des timbres. Une auditrice juge que l'émotion passait avec la configuration A et que la configuration B lui donnait envie que ça s'arrête. Sur le morceau de Jazz du Quintette Stertzel, enregistré à l'AFDERS, l'équilibre de B est jugé bon, avec un son un peu plus plein, mais moins analytique. Le son est assez joli et bien timbré. La configuration A est plus claire et transparente, les timbres sont plus diversifiés; c'est également un peu plus naturel et dynamique. L'avis général est que le câble est un peu plus lumineux, mais qu'il met un peu plus en avant le haut du spectre, le bas médium étant un peu plus présent avec l'entrée USB du Benchmark. Le câble reflète davantage l'enregistrement effectué par Claude Ollivier; on retrouve davantage le cuivre de la trompette. Le Benchmark seul est un peu plus "mou", avec un peu moins d'attaque. Il restait à comparer le Benchmark (B) et l'entrée directe sur l'amplificateur (C), le câble Bridge étant utilisé dans les deux cas, puisque l'amplificateur ne comporte pas de prise USB. Si la configuration C manque de bas-médium et de grave et "claironne" un peu à haut niveau, les cuivres ont été jugés meilleurs, ainsi que le piano. Cette configuration semble simplifier et dégraisser le message. On notera cependant qu'elle fait intervenir une variable supplémentaire: la suppression de certains étages et celle des câbles analogiques entre convertisseur et amplificateur. Cette comparaison ne permet pas de juger le Bridge luimême, mais démontre qu'il est dorénavant simple de relier un ordinateur à un amplificateur. CONCLUSION La conclusion la plus honnête est celle qui conduit à "voter avec son argent". En l'occurrence, constatant en pratique une utilisation systématique du Benchmark PRE avec le câble Halide design plutôt qu'avec son entrée USB intégrée, j'ai déplacé le Benchmark dans la maison de campagne, où il est utilisé avec son entrée USB intégrée et j'ai approvisionné d'occasion à vil prix un second Benchmark, mais cette fois-ci sans entrée USB, pour l'utiliser avec le câble Bridge en utilisation principale. Ce câble peut donc donner une nouvelle vie à un convertisseur ancien, voire permettre de connecter en direct un ordinateur avec les amplificateurs audio-vidéo grand public. JM. Grandemange.