Café théo
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Café théo
CAFE THEO du Mercredi 12 Octobre 2016 Au Tag Bar Gallery 48 Rue de la République à Fontenay-le Comte. De 20h à 22h. thème : Quand s’habiller nous dévoile -Vêtement de marque ou marque de vêtement ? -L’habit fait-il le moine ? A l’initiative des communautés catholique et protestante du Pays de Fontenay. 25 personnes sont présentes ce soir-là dans la salle à l’étage du café La soirée commence par un accueil fait aux fidèles du Café Théo et à ceux qui viennent pour la première fois. Christian Etier et Armelle présentent le thème de la rencontre « Quand s’habiller nous dévoile » en précisant que cette phrase est d’un absent qui va nous rejoindre François Bidaud. Les deux animateurs nous présentent ce sujet d’actualité , ils auraient souhaité faire au préalable un historique du sujet mais faute de temps et de crédits, la présentation sera faite oralement à deux voix. (cf. doc des animateurs). Le programme est présenté : -un premier temps de 40 minutes : qu’est ce que ça signifie ? Qu’est ce que ça dévoile ? Avec la proposition d’échanger en petits groupes pendant 10 minutes puis de mettre en commun. -Une pause de 10 minutes. -Un deuxième temps plus « théologique » sur l’aspect « vêtement et religion ». Dans un des petits groupes : Le vêtement marque une place dans la société, une fonction, un métier (cadre dans une banque différent d’ouvrier du bâtiment). Par rapport à l’uniforme, différentes positions : -nous sommes tous singuliers, l’uniforme aliène cette singularité. L’identification est plus importante que le reste. -C’est une façon d’atténuer les différences (uniforme scolaire, professionnel…) ça introduit un peu d’égalité. -ça traduit une appartenance à un groupe ( les jeunes et les codes vestimentaires). Le vêtement, c’est l’expression du corps : on le montre, on le cache (chez les adolescentes, ajusté ou large pour montrer ou cacher la féminité). J’existe ou je me cache. Il y a aussi par le vêtement le rapport à l’argent. Des réactions par rapport au burkini : Nous sommes des êtres de relation mais une relation ne peut s’établir quand on est camouflé. Il faut qu’il y ait une identification réciproque. Si je ne vois pas le visage de mon interlocuteur, je suis mal à l’aise. Importance de la relation homme/femme : dans la religion musulmane …vêtement choisi ou imposé ? Mise en commun : L’uniforme ? Pour les enfants, il est important qu’il y ait un habit qui permette d’uniformiser. Pour les adultes, chacun devrait être libre de s’habiller comme il veut. Pour les enfants « peut-être pas l’uniforme strict que j’ai connu, je ne voudrais pas y revenir » précise une participante. On a parlé de : La mode des marques l’adaptation au climat (différence nord /sud) l’uniforme comme appartenance à un groupe (militaires, magistrats…) Une question, on s’habille pour soi ou pour les autres ? En fonction d’une appartenance sociale ? religieuse ? Le costume change aussi beaucoup en fonction des périodes (port des bijoux pour les hommes à la cour). Lien avec la condition féminine, de la gestion du corps des femmes (politique, religion). -A propos de l’uniforme qui sert à singulariser ou à laminer les différences, est ce qu’on peut aller plus loin ? -Une autre dimension, l’habillement peut être un outil de séduction, un symbole plutôt qu’une révélation de soi-même. -Un moyen de se faire accepter dans un groupe (phénomène de bande) -L’habit a transformé les jeunes en hommes sandwichs : autrefois, on payait les personnes pour exhiber les marques et maintenant on paie pour avoir des marques, ça rentre dans un aspect commercial, nous sommes des hommes sandwichs. -A Dreux, nous étions dans une compagnie, tous pareils, il n’y avait plus de classes sociales. -Dans le vêtement ou dans la marque il y a la notion de plaisir. Le code vestimentaire pour les jeunes…chaque génération a son code vestimentaire…je ne m’habille pas comme mon père, mes enfants ne s’habillent pas comme moi. -L’appartenance à un groupe , c’est aussi une équipe de supporters. -Le vêtement symbole, le drapeau français porté par trois femmes une en bleu, une en blanc, une en rouge. -Les vêtements de marque, ils nous font plaisir mais la publicité nous donne aussi la notion du plaisir. -Pour beaucoup d’entre nous, le vêtement est ce que nous avons envie d’être aux yeux des autres. -Il y a la mode du jeunisme, beaucoup de personnes d’un certain âge portent des jeans. Avant les filles s’habillaient comme leur mères maintenant c’est l’inverse. C’est intéressant comme formatage des esprits et idéologies. -Est-ce que ce sont des phénomènes récents ? Est-ce que ça va durer, disparaître ? -Le vêtement n’est jamais neutre, il ne faut pas le figer. C’est le produit d’une pensée, il faut la réfléchir. -C’est un appel et un rejet. Après mai 68, il était à la mode de porter des vestes de charbonniers. -Le vêtement montre et cache, il peut être acheté, récupéré…Est-il toujours choisi ? On est dans un monde où tout est mêlé. -En Chine, j’ai vu un cycliste qui livrait du charbon en chemise blanche. Les femmes étaient élégantes , l’apparence était importante, il ne fallait pas se laisser aller à quelque chose de très fonctionnel. -Le vêtement, c’est un mode d’expression et de dissimulation mais c’est une liberté. Mais, est-on réellement libre ? Aujourd’hui, j’essaie de cacher mes rondeurs parce que les gros on n’en veut pas. -La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. Après une pause de 10 minutes durant laquelle les échanges se poursuivent en petits groupes, la deuxième partie est proposée : « vêtement et religion ». Armelle nous fait la lecture de la première lettre aux Corinthiens de Paul (verset 2 à 16) Ça peut nous surprendre aujourd’hui mais Paul dit aussi dans la deuxième lettre « la lettre tue, l’Esprit vivifie » -Il s’agit de religions monothéistes. Toutes les religions ne réagissent pas identiquement. Ce que dit Paul montre bien qu’il était encore juif. Il reprend toutes les traditions. Il faut reprendre la deuxième lettre sinon on tombe dans les fondamentalismes qui sont abominables. -Je suis religieuse, mon institut premier date de trois siècles. Les personnes rentrées à ce moment-là étaient habillées comme les femmes du milieu où elles vivaient. Puis on a été habillé avec un habit. Puis une certaine année…dans le milieu où on est, c’est mieux de prendre l’habit comme les autres pour être acceptées. Pour moi, l’habit ne fait pas le moine : ça n’est pas l’habit qui est consacré, c’est la personne. Vivre en profondeur, c’est autre chose que l’apparence. Que je sois habillée n’importe comment, je suis toujours la même personne. Il faut penser aux personnes avec lesquelles on chemine. Merci, c’est un beau témoignage. -Le respect des autres est important : lorsque nous choisissons nos vêtements en famille, nous faisons attention aux étiquettes. On ne peut pas faire travailler des petites mains d’enfants ou de femmes exploitées. -On a déjà une amorce dans le monothéisme du contrôle du corps des femmes..la femme doit donc se couvrir, dans le judaïsme, la même chose dans le Coran. Et de plus en plus un contrôle strict sur le corps des femmes et un malentendu développé et maintenu concernant le voile. On nous fait croire que ce vêtement était un signe religieux, ce qui est totalement faux. C’est pour cacher les femmes aux hommes qui ne sont pas de leur famille. Un certain nombre de femmes qui se sont mises à porter le voile sont aussi joliment fardées et en jeans moulants. Il y a une contradiction. Ce qui est à respecter, c’est la personne qui est en dessous mais respecter le voile sous prétexte que c’est un signe religieux, c’est faux. -En préparant, j’ai regardé un certain nombre de textes…au moment où Mahomet a dit de cacher ses femmes c’est parce qu’elles étaient trop regardées par les autres hommes. -Le voile, c’est aussi le voile qui sépare l’espace des femmes et l’espace des hommes. -Je suis profondément humilié par ce qu’on dit, qu’on habille la femme pour empêcher l’homme de s’exciter. Les hommes sont bestiaux. On devrait mettre un bandeau aux hommes ou des lunettes noires. -Le voile des femmes signifie aussi que les femmes ne sont pas désirantes. -Tout est amené à évoluer. Ce qui est important c’est l’esprit. Que l’habit soit civil ou religieux, il y a l’être ou le paraître et l’important, c’est l’être. -Quand on regarde les infos…attaques de policiers… C’est l’uniforme qui donne un statut qui est quelquefois dangereux. -Quelles ont été les conséquences pour les prêtres lors des changements de Vatican II ? -Après ce texte concernant St Paul, je le trouve étonnant. L’homme et la femme sont des êtres égaux. Je ne ferai pas de ce texte une référence même si je me dis un peu chrétien. Est-ce qu’on a perdu les repères ? Les choses ont évolué. -Le vêtement c’est quelque chose qui s’inscrit dans un mouvement. L’enfant qui naît est nu. -On naît nu et on meurt nu. De toute façon, Dieu lit dans les cœurs. Dans la relation à Dieu, on n’a pas besoin de tous ces artifices. Dans la Bible, il y a les choses universelles qui traversent le temps et d’autres culturelles, pour moi, moins intéressantes. -Quand on voit des femmes complètement recouvertes sans identification réciproque, comment peut-on porter un voile dans le contact avec les autres ? -C’est une question typiquement occidentale. Dans certains pays, il n’est pas question qu’une femme ait des relations avec quelqu’un qui ne soit pas de sa famille. La question ne se pose que dans la modernité et la mixité. Il faut tout resituer dans son contexte et ne pas transférer nos modes de pensée. Il y a tout un apprentissage de la liberté. -J’ai un souvenir..quand Bourguiba s’approche d’une femme et lui dénoue son voile…ça a été une ouverture au monde. Il y a la moitié de la population exclue de l’espace public. -Ce type de débat est fait pour ça. D’une société archaïque à une société moderne, il y a du temps à passer. -On a mis l’accent sur Paul ce soir mais ce sont les interprétations des textes. On avait envie de partager avec vous le chapitre 4 (verset 4) de « vie de la sagesse et du cœur » d’André Chouraqui (cf.animateurs) -Je ne m’attendais pas à un débat homme/femme et on parle de Jésus dans ce texte. Ce que j’ai partagé tout à l’heure sur l’étiquette et le travail des enfants. Si nous pensons à eux ces enfants, que ce choix soit digne.