Newsletter 22 - Mai 2012
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Newsletter 22 - Mai 2012
NEWSLETTER n°22 Mai 2012 Chaque trimestre, Energie7 vous propose une sélection d’informations sur la Chine (économie, société, international…), sur les entreprises chinoises, sur les entreprises françaises et étrangères en Chine Tél. : +33 (0)1 47 86 89 77 Fax : +33 (0)1 47 85 37 15 Mail : [email protected] Web : www.energie7.com 69 rue Edouard Colonne F-92000 Nanterre ÉDITORIAL La Chine dans l’obligation de se réinventer ! En dehors des soubresauts qui ont récemment agité la classe politique chinoise avec l’affaire BO Xilai, la Chine, avec la probable arrivée du tandem XI Jinping et LI Kejiang, doit se doter d’une vision à long terme pour s’adapter aux nouvelles donnes auxquelles elle sera nécessairement confrontée. L’actuel Premier Ministre WEN Jiabao ne s’y est d’ailleurs pas trompé en se fixant tout récemment trois objectifs : maîtriser la croissance, favoriser les réformes et contenir la pression sociale. Et d’ajouter : Il nous faut aller de l’avant à la fois dans nos réformes structurelles économiques et politiques, en particulier la réforme du système de gouvernance de notre parti et de notre pays. Comme le souligne la Banque Mondiale, la Chine est entrée dans une nouvelle problématique : se préparer à ce que sa croissance diminue de moitié en 20 ans pour atteindre des taux annuels de l’ordre de 5 à 6 % au lieu des 10 % atteints en moyenne chaque année sur près de 30 ans. Dès cette année, le taux de croissance attendu pour le PIB est passé de 9 % à 8 % et pourrait s’établir aux alentours de 7,5 % fin 2012, conformément à l’objectif fixé par le gouvernement chinois. Le vice-président XI Jiping s’en félicite : Cette diminution du PIB nous aidera à alléger la pression en termes d’inflation, d’énergie, de ressources et d’environnement. C’est la raison pour laquelle la Chine souhaite sortir le plus vite possible de son statut d’usine du monde pour favoriser la consommation intérieure, et compenser ainsi le ralentissement des ventes à l’étranger. Il lui faudra pour ce faire accepter de ne plus mettre en avant les seuls aspects quantitatifs mais promouvoir aussi les aspects qualitatifs impliquant immanquablement des résonnances sociales. Dans ce contexte difficile, le gouvernement chinois s’est fixé plusieurs tâches prioritaires : Encourager les capitaux privés à entrer dans les chemins de fer, la finance, l’énergie, les télécommunications, l’enseignement et les soins médicaux, tout en se donnant des moyens pour briser les monopoles. Maîtriser l’inflation, qui après avoir culminé à 6,5 %, est redescendue en fin d’année 2011 à 4,1 %. Continuer à réguler les prix de l’immobilier qui s’étaient envolés de manière irrationnelle et limiter la spéculation effrénée qui s’était développée. Créer des emplois, dont 9 millions pour le seul milieu urbain. Conforter la paix sociale dans les campagnes secouées par des révoltes contre des expropriations : les droits des paysans à leur terre sont des droits conférés par la loi et E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 personne ne peut les violer a rappelé le Premier Ministre chinois. Augmenter de 21,9 % l’aide à la protection sociale et de 16,4 % l’aide à l’éducation. Accroître le déficit budgétaire à 1,5 % pour stimuler la consommation des ménages. En dehors de ces recommandations générales, examinons les premiers signes des tendances observées dans les domaines économique, social et financier. En matière économique : poussée vers une économie de l’innovation avec la R&D et les brevets : le montant investi en R&D a été multiplié par 6,6 entre 2000 et 2010 (700 GҰ) et le nombre de chercheurs en 2009 atteignait 1,74 millions contre 1,43 aux États-Unis ; simultanément, la Chine est passée, pour les publications scientifiques, du 5ème rang mondial en 2005 au 2ème en 2011 avec 12 % de celles-ci, juste derrière les États-Unis avec 16 %. En matière sociale : comme l’a souligné SHI Yinhong, politologue à l’Université du Peuple de Pékin, le plus grand défi pour la Chine est maintenant social. Il convient de trouver un équilibre entre riches et pauvres et entre urbains et ruraux. Ainsi les hausses de salaires, longtemps supposées impensables, sont en pleine accélération et le salaire moyen annuel en 2010 se situe à 5 500 $ : le salaire minimal a augmenté cette année de 8 à 36 % et le taux horaire de 8 à 38 %, selon les métiers et les régions. Les principales grandes villes chinoises, où les salaires minimaux sont les plus élevés (1 450 à 1 500 Ұ/mois), affichent les augmentations les plus modérées, de 8% à 12%. Elles sont suivies de près par les provinces limitrophes (Shandong, Shanxi, Shaanxi) : +12 % à +20 %. Les records de hausse : Ningxia, Gansu, Sichuan, Jiangxi, et Guangxi, provinces plus excentrées, voient leurs salaires minimaux augmenter de 21 % à 36%. Parallèlement, les avantages en nature (protection sociale, congés payés, congés maladie, bonus...) se multiplient pour fidéliser la main d'œuvre. Est-ce la fin du low-cost à tout crin ? Probablement, à terme, mais encore à petits pas, se traduisant surtout par le transfert des activités à faible valeur ajoutée, comme le textile et l’habillement, vers le Vietnam ou le Bangladesh. Se pose concomitamment le problème des travailleurs migrants moins attirés par les villes mais à qui le gouvernement chinois, pour éviter les révoltes paysannes, a promis la possibilité de se faire rembourser leurs frais médicaux dans les villes où ils viennent travailler. Page 2 / 20 En matière financière, les choses évoluent aussi très rapidement et la question de la parité du yuan est de plus en plus évoquée, de même que sa convertibilité par rapport aux grandes monnaies occidentales. Dès septembre 2009, l’ancien conseiller du Président Kennedy, Henry Kissinger déclarait : Pékin se dessine un monde sans dollar avec influence du yuan dans le système financier mondial ! En réponse, le gouvernement chinois affirme que le yuan s’est apprécié de 30 % depuis 2005 par rapport à la devise américaine et le 16 avril dernier, Pékin annonçait que la marge de fluctuation de sa devise par rapport au dollar serait élargie de 0,5 % à 1 %. Subissant cependant de plein fouet les conséquences de la crise européenne (l’Europe est son premier client !) la Chine doit se montrer prudente, selon ses dirigeants. Toutefois, la Chine se doit de répondre aux besoins financiers croissants de sa propre économie, et notamment aux Chinois qui se plaignent d’une rémunération de leur épargne inférieure à la hausse des prix, ou aux PME qui n’arrivent pas à emprunter pour assurer leur développement, du fait du « siphonage » régulier des crédits par les très grandes sociétés étatiques chinoises. Le président du régulateur boursier chinois (la CSRC) a engagé plusieurs réformes, dont les effets tangibles se manifestent : arrivée de plusieurs banques chinoises aux États-Unis ; HSBC lance à Londres la première obligation en yuan hors de la Chine, permettant aux autorités anglaises de positionner la City pour les produits financiers en monnaie chinoise. Autre ressort : les investissements à l’étranger et notamment chez son premier partenaire. Malgré les dénégations de ses dirigeants, selon lesquels la Chine n’a pas l’intention ni les capacités d’acheter l’Europe en crise, on doit pourtant constater que les investissements de la Chine en Europe ont doublé en 2011 pour atteindre près de 10 G$, encore loin cependant de ceux des États-Unis ou du Japon. Suivant surtout des critères de rentabilité, les entreprises chinoises ont orienté leurs achats dans des secteurs très variés, tels que l’adduction d’eau à Londres (Thames Water), la production d’électricité au Portugal (Energias de Portugal), la chimie en Norvège (Elkem), les engins de BTP en Allemagne (Putzmeister, fleuron de sa spécialité) et même les yachts de luxe en Italie (Ferreti) ! Rappelons enfin que Cosco, déjà présent sur le port du Pirée, envisage d’autres investissements dans la Grèce au bord de la faillite. Il est à noter que les achats chinois ont été facilités par des emprunts à faible taux d’intérêt octroyés par les banques d’État. Cet afflux de capitaux en Europe représente 34 % des fusions-acquisitions étrangères chinoises en 2011, devant l’Asie avec 27 % et l’Amérique du Nord avec 21 %. Les investisseurs chinois recherchent manifestement de la valeur ajoutée : industries de pointe, marques et distribution. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Parallèlement la Chine, ainsi qu’illustré au sommet de New Delhi, a voulu tirer profit du tremplin qu’offrent les Brics pour proposer des prêts libellés en yuan et accroître son influence au travers de ces nouveaux « fers de lance » économiques que sont ses quatre partenaires. Comme on l’a vu plus haut, la partie qu’engageront les nouveaux maîtres de la Chine n’est pas des plus faciles et demandera créativité et imagination, pour d’abord convaincre et rallier un peuple, plus moderne donc plus exigeant, tout en modifiant sa stratégie d’un pays d’exportations massives vers un pays de consommation intérieure. Pour gagner cet enjeu, la Chine aura de toute manière l’obligation de se réinventer ! Pierre DHOMPS Président-Directeur Général ENERGIE 7 International ENERGIE 7 International en bref… Ce que nous sommes en Chine : 29 ans de présence permanente 3 implantations (Pékin, Nankin et Shanghai) 1 Business Center à Shanghai des Agents-Relais dans les villes principales et des Experts par grands secteurs d’activité le représentant officiel en Chine de la Fédération des Industries Mécaniques (FIM) et des alliances avec certaines régions économiques françaises. Ce que nous vous offrons : La validation de votre projet et des conseils stratégiques, L’organisation de votre mission individuelle, Notre appui aux négociations, Le suivi personnalisé de votre projet, Notre assistance à votre implantation, Notre aide au recrutement et au coaching interculturel, Notre expérience en sourcing, L’organisation de séminaires, de cycles de formation et de conférences …une solution personnalisée dans votre développement en Chine ! Rédacteur en chef : Patrick LÉGER Directeur de la publication : Pierre DHOMPS Page 3 / 20 NOS SPONSORS – NOS PARTENAIRES – NOS SOUTIENS – NOS ALLIÉS dances de l’industrie ferroviaire dans le monde. Cet exposé a été précédé par les interventions de 3 correspondants FIM opérant en Asie : Milko Papazoff pour les pays de l’ASEAN, Aaron Le Pierres pour l’Inde et Pierre Dhomps pour la Chine. Le Salon de l’Industrie à Paris Nos actions régionales Dans le cadre d’une politique ciblée, ENERGIE 7 International, en direct ou en relation avec ses sponsors régionaux (actuels et parfois anciens), accompagne des entreprises d’Alsace, d’Aquitaine, de Bretagne, de Champagne-Ardenne, de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées dans leurs projets sur le territoire chinois. D’autres régions donnent aussi lieu à des actions spécifiques, notamment dans le cadre de la représentation E7 de la FIM en Chine. Outre ces missions classiques de découverte et d’étude de marché, E7 se tourne de plus en plus vers des actions à plus forte valeur ajoutée, comme l’aide à l’implantation commerciale ou industrielle, l’hébergement et le coaching de représentants d’entreprises dans son Business Center de Shanghai, le recrutement des cadres de direction d’une JV ou d’une WFOE et l’optimisation des investissements d’entreprises déjà installées en Chine mais désireuses d’avoir une croissance plus forte et plus profitable. Comme chaque année, la FIM participe activement au salon de l’industrie. L’événement 2012 a été organisé dans un stand beaucoup plus grand et attractif, favorisant les relations avec les différents syndicats professionnels concernés et permettant des rencontres fructueuses avec de nombreux clients potentiels ou déjà fidélisés. Conférences du MEDEF Hauts-de-Seine Notons les conférences très intéressantes organisées par le MEDEF des Hauts-de-Seine : 24 mai : Corruption, je t'aime moi non plus... (petit déjeuner à Nanterre à 8h15) 30 mai : Délais de paiement, un outil juridique pour une bonne marche financière (petit déjeuner à Nanterre à 8h15 avec les experts de SVP) 31 mai : Le réseau du grand Paris Express, axe de développement pour les entreprises du 92 ? (déjeuner à Nanterre à 12h15) 6 juin : Commission École – Entreprise (petit déjeuner à Nanterre à 8h15) 13 juin : Club des Décideurs sur l’actualité sociale (petit déjeuner à 8h15) Séminaire ferroviaire sur l’Asie Organisé par Évelyne Cholet, directeur international de la FIM, avec l’assistance de Kathy Ledin, en charge des correspondants à l’étranger, ce séminaire a permis en particulier à Jean-Pierre Loubinoux, directeur général d’International Union of Railways (UIC), de présenter un exposé remarquable et documenté sur les grandes tenE7 Newsletter n°22 – Mai 2012 19 juin : Le Carré avec Ernest-Antoine Seillière (déjeuner) 21 juin : Gourmandise littéraire avec des écrivains adhérents (18h à 20h à la Bananeraie de Boulogne) 27 au 29 juin : Séminaire MEDEF International à Carnac Page 4 / 20 Les Lundis de l’Intelligence Économique Les Jeudis de l’Export du Club des exportateurs Languedoc-Roussillon à Montpellier sur le thème : Comment aborder la Chine de l’aprèscrise ? Les conférences de la Commission Intelligence Économique sont organisées dans le grand amphi du siège du MEDEF IdF, 10 rue du Débarcadère, 75017 Paris, près de la porte Maillot dans l’immeuble de la Fédération du BTP 4 juin : L’IAM (Identity Access Management) avec Guy de Felcourt (CCP-France et Président de l’atelier d’identité numérique de Forum Atena). 17 sept. : Les marchés noirs de la cybercriminalité avec Nicolas Caproni et Barbara Louis-Sidney, CEIS 15 oct. : Les normes ISO 27000, gestion de la sécurité de l’information, avec Perrine Diligent (Byward) Projet « Université Paris Lumières » NOTA : toutes ces conférences font l’objet d’un compterendu précis de notre ami Gérard Peliks, brillant Expert Sécurité chez Cassidian (EADS). Le nouveau Président de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Jean-François Balaudé, souhaite réaliser des rapprochements avec certains autres établissements, comme l’Université Vincennes – SaintDenis. L’ambition est de créer conjointement un pôle de recherche et d’enseignement supérieur, sous l’appellation « Université Paris Lumières » afin de concevoir en commun et de mettre en œuvre un ensemble diversifié, cohérent et original de formations et de projets de recherche pluri et interdisciplinaires. Il se traduira par la diffusion du savoir sur les transformations sociales, politiques, technologiques, économiques et culturelles contemporaines. Il devrait avoir en plus une forte dimension internationale sur le plan scientifique et pédagogique. Conférences– Séminaires- Colloques Rappelons pour mémoire que Pierre Dhomps siège au Conseil d’Administration de l’Université comme représentant du MEDEF. 19 novembre : Grand Colloque sur le thème Mieux partager – Alliances de conquête Comment créer des alliances d’entreprises, notamment PME, pour obtenir de nouveaux contrats ? Date à retenir ! 3 décembre : La veille d’opinion, Analyse des influenceurs, La rumeur par François Laurent (Adetem) Outre plusieurs exposés intra ou interentreprises, Pierre Dhomps est intervenu pour : traiter le sujet Le rôle de l’interculturel dans la pratique des affaires en Chine au Groupe ISEG (Paris) lors de la conférence-débat La Place des pays émergents dans l’interculturel, durant sa Semaine Internationale E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 5 / 20 Focus sur une ETI française ayant particulièrement bien réussi en Chine : Velan France Velan Inc est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de robinetterie industrielle de haute performance, dans les domaines de l’énergie nucléaire et conventionnelle, de la cryogénie, des gaz liquéfiés, de la marine… Le succès de l’entreprise est fondé sur ses compétences et son savoirfaire, la sûreté et la qualité de ses produits, sa réactivité et sa capacité à satisfaire les demandes souvent complexes de ses clients. Créée en 1974 à La Baule comme co-entreprise du groupe canadien Velan Inc et d’Alsthom, Velan SAS est lyonnaise depuis 1989 et filiale à 100 % de Velan depuis 1999. Leader mondial de la robinetterie nucléaire, elle emploie 170 salariés hautement qualifiés dont 30 au service technique, dans une usine récente de 15 000 m². Cette force en recherche et développement permet à l’entreprise de produire une robinetterie à la pointe de la technologie. Ses produits ont été retenus pour équiper 70 % des centrales nucléaires au monde, dont toutes les tranches françaises, canadiennes ou coréennes et 90 % des centrales américaines. an depuis 2006, qui impose de s’adapter pour rester proche des clients chinois. Une proximité qui remonte à 1972, date de la rencontre de A.K. Velan, fondateur du groupe, avec Zhou Enlai, alors Premier ministre. Michel Monier, Directeur des Projets Nucléaires pour le groupe Velan, souligne l’investissement soutenu de l’entreprise en Chine pour convaincre ses partenaires chinois de l’excellence de sa technologie et de son savoirfaire dans la robinetterie industrielle haute performance. S’appuyant sur la stabilité de son actionnariat familial, Velan est reconnu comme l’expert en robinetterie forgée dans le nucléaire. «Après Fukushima, l’expertise de fournisseurs maitrisant la conception, la fabrication et disposant d’un portefeuille de qualifications en situations nucléaires accidentelles constitue un avantage décisif. Les Chinois apprécient beaucoup notre réactivité et notre soutien technique», indique-t-il. Outre le bureau de Pékin, Velan SAS a mis en place en 2011 une structure locale de maintenance, en prévision; d’ici quelques années, de réaliser une partie de la production localement pour le marché chinois. Chiffres clés de Velan SAS (Lyon) : CA 2011 : 80 M€, dont 70 % à l’export. Au cœur du centre d’affaires chinois, le nouveau « Velan Nuclear China Office » propose sur 200 m² à ses clients un support technique idéal : avec une ingénieure chinoise experte assistée d’une équipe locale, Velan s’affirme comme un des acteurs majeurs du Nucléaire Chinois, en fort développement : le gouvernement a annoncé en 2005 la construction de 30 tranches sur 15 ans, et d’ici 2020, 20 à 30 nouvelles tranches devraient être programmées. Usine (site industriel et bâtiments administratifs) : 20 000 m2 sur un terrain de 54 000 m². Effectif : Passé en 4 ans de 150 à 250 personnes. Velan a été retenu pour équiper 41 tranches chinoises, dont 30 en moins de 5 ans : une progression de 20 % par E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 6 / 20 CHINE – INFORMATIONS GÉNÉRALES Chiffres La Chine a importé 3,84 Mt de céréales et farines de céréales au 1er trimestre 2012, près de 6 fois plus que l’an dernier. La Chine a produit en 2011 1,13 milliards d’objets « mobiles » (téléphones, tablettes et smartphones), dont 455 millions de téléphones mobiles. Le commerce électronique chinois a dépassé le « téradollar » en 2011, en hausse de 45 % sur 2010. La Chine continue d’investir en Afrique : 1,7 G$ en 2011 Plus de 16 000 entreprises chinoises sont implantées à l’étranger, et les Chinois suivent : 5,5 millions de personnes en 2011 à comparer à 3,5 millions en 2005. Le commerce extérieur chinois a augmenté de plus de 20 % en 2011 : +20,3 % pour les exportations (1,9 T$) et même +24.9 % pour les importations (1,75 T$). Économie chinoise Chine-Recettes fiscales au record de 1 600 G$ en 2011 Le fisc chinois a enregistré en 2011 des rentrées de 1 370 GҰ (1 265 G€), en augmentation de 25 % pour l’impôt sur le revenu et de plus de 30 % pour l’impôt sur les sociétés. Le déficit budgétaire est ainsi ramené de 900 à 519 GҰ, soit 1,1 % du PIB. Les investissements de la Chine à l’étranger se tournent vers l’Europe D’après une étude du fond de capital-risque A Capital, les investissements directs à l’étranger (IDE) de la Chine vers l’Europe (6,7 G$ en 2011) ont dépassé ceux réalisés vers l’Asie et l’Amérique. Comme dans d’autres domaines, la Chine, qui détient 3 200 G$ de réserves de change dont 550 G$ de dette européenne, développe ses IDE à pas de géant : leur cumul représente 5,3 % du PIB (2,6 % en 2001), à comparer avec une moyenne OCDE de 27 %. Les ressources naturelles, qui représentaient les ¾ de ces IDE en 2010 n’en représentent plus que la moitié en 2011. Corrélativement, la part des entreprises augmente de 17 % en 2010 à 28 % en 2011. Il est vrai que compte tenu des difficultés économiques et financières en Europe, il y a des affaires à faire… E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Le PIB par tête plus fort à Shanghai, Pékin et Tianjin En 2011, les régions de Chine les mieux classées pour le PIB par personne ont été Shanghai (PIB 232 G€, +8%, 9 980 € par habitant), Pékin (9 850 € par hab.) et Tianjin (PIB 135 G€, +16%, 9 700 € par hab.). Comparées à d’autres régions développées du monde, le revenu distribué y est pourtant assez faible : un Pékinois jouit en moyenne d’un revenu disponible de 4 000 € par an, seulement 40% de ce PIB par tête, soit, compte tenu du coût de l’immobilier, moins de 3 m² de logement. Après ce groupe de tête, on trouve 6 régions-provinces de la côte est (Jiangsu, Zhejiang, Guangdong, Liaoning, Fujian et Shandong), avec la région autonome de Mongolie intérieure (productrice de charbon), dans lesquelles le PIB par tête est compris entre 5 500 et 7 500 €. L’État chinois pourrait mettre au régime le secteur public L’État chinois pourrait bientôt engager une cure d’amaigrissement de son secteur public : les grandes entreprises d’État, parfois qualifiées de "mammouths" ou de "porte-avions", sont maintenant reconnues comme des obstacles au développement économique. Le poids et la puissance de ces groupes couvrant de nombreux secteurs stratégiques (énergie, sidérurgie, aéronautique, défense, mais aussi télécommunication et banque) n’a cessé d’augmenter depuis 10 ans, d’autant qu’ils ont été bien servis par plan de relance de 2008 et que, souvent dirigés par de hauts cadres du parti, ils bénéficient de privilèges et de monopoles. Tous également actifs dans l’immobilier, leurs actifs représentent plus de 60 % du PIB chinois. Le rapport Chine 2030, établi par la Banque mondiale et un think-tank chinois proche du pouvoir, recommande de ramener la part de ces groupes étatiques à 10 % du PIB, pour mieux maîtriser l’atterrissage de la croissance, qui devrait diminuer de moitié dans les années qui viennent, pour accéder au statut d’économie de marché, refusé par l’Union européenne en partie en raison des privilèges des entreprises d’État, et surtout pour permettre aux entreprises privées, les PME en premier lieu, d’accéder plus équitablement au crédit : celui-ci étant aujourd’hui phagocyté par le secteur public, les PME sont souvent contraintes de se financer par des circuits parallèles, à des taux quelques fois usuraires. Page 7 / 20 Vers une internationalisation du Yuan Pénurie de talents ? La Chine a suggéré à ses partenaires des « Brics » (Brésil, Russie, Inde et Afrique du Sud) de proposer des prêts dans leurs propres devises, comme elle s’apprête à le faire avec le yuan (elle prêtait jusqu’à présent en dollars). Quand ils pensent développement, les Chinois pensent principalement Russie (87 %), Brésil (83 %) et Inde (79 %). Il est vrai que les Brics devraient représenter 37 % de la croissance mondiale d’ici 2016. De nombreuses entreprises chinoises peinent à trouver les managers pour assurer leur développement… et à les retenir plus de 12 mois ! Les hauts potentiels parlant chinois et anglais sont particulièrement recherchés, et changent tellement souvent qu’ils montent dans la hiérarchie sans toujours acquérir une véritable expérience. En ce qui concerne la convertibilité, les choses pourraient aussi évoluer : les autorités constatent en effet que la nonconvertibilité en devises étrangères des capitaux investis en yuan peut être un frein aux acquisitions "opportunistes" des sociétés chinoises à l’étranger, où les valorisations d’entreprises sont actuellement faibles (14 fois les bénéfices aux États-Unis et 10 fois en Europe). L’ouverture de comptes en capitaux par la banque centrale chinoise serait proche. La Chine, qui dépassait allègrement ces dernières années son objectif de croissance de 8 % par an depuis 2005, a décidé de le fixer à 7,5 % pour 2012, en ligne avec le 12ème plan quinquennal qui vise 7 % en moyenne sur 20112015. Cette décision tient compte de la situation économique de ses principaux clients (États-Unis, Europe…), et vise à soulager les contraintes d’inflation, de consommation d’énergie et de ressources, et d’environnement. Le chiffre du 1er trimestre s’est établi à 8,1 %. Dans le même esprit, le gouvernement chinois devrait bientôt autoriser les résidents de Wenzhou (ville de la côte Est connue pour ses entrepreneurs et ses prêts parallèles) à investir à l’étranger. D’abord expérimental, ce dispositif pourrait être ensuite étendu, pour encourager les sorties de capitaux et réduire ainsi l’excès des entrées. Le déficit budgétaire serait porté à 1,5 % du PIB, et la croissance du commerce extérieur serait réduite de moitié : objectif 10 % pour 2012, quand les exportations ont crû de 20 % en 2011 et les importations de 25 % ! Chine : La ruée vers l’Ouest Les provinces côtières du Guangdong et du Zhejiang (autour des villes de Canton et Shanghai) ont du mal à retenir usines et ouvriers, malgré des salaires plus élevés. Il est vrai que les nouvelles usines ont tendance à s’implanter plus à l’Ouest, notamment dans les provinces du Henan et du Sichuan, et que nombre d’ouvriers sont heureux de se rapprocher de leurs provinces d’origine. [carte : ACTE International] Chine : vers un ralentissement de la croissance Les réformes économiques de fond sont appelées à se poursuivre, avec le découpage et la privatisation partielle des grands monopoles (chemins de fer, finance, énergie…), l’assainissement de l’immobilier et la maîtrise de l’inflation, l’amélioration de la protection sociale et la normalisation du statut des « mingong » (travailleurs migrants). Il s’agit de développer la consommation intérieure, d’améliorer la confiance dans l’avenir pour réduire le taux d’épargne et d’éviter l’instabilité sociale à l’approche de la relève des dirigeants à l’automne 2012. Le salaire moyen en Chine, environ 1 000 $/an en 2000, a été multiplié par 5 en 10 ans : il dépasse actuellement 5 500 $/an. De la production à l'innovation Quatre entreprises du « top 500 » mondial se seraient implantées au premier trimestre dans le Sichuan, où plus d’un tiers des grands groupes sont déjà présents. Il s’agirait de Danone, de PSA Peugeot Citroën, du chimiste allemand Evonik Degussa et de son concurrent américain Dow Chemical. Le magazine Fortune organisera l’édition 2013 de son forum Fortune Global à Chengdu, capitale de la province du Sichuan. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Signe de sa volonté de dépasser son « statut d’usine du monde », la Chine investit de plus en plus dans la recherche et le développement (R&D) : quand elle ne représentait que 0,73 % du PIB il y a 20 ans, la dépense de R&D (environ 1 G€) approche aujourd’hui de 2 % du PIB (1,75 % en 2010) et vise 2,5 % en 2020. Une forte proportion est apporté par le secteur privé (70 %, plus qu’en France), montrant l’accent sur la recherche appliquée. Le nombre de chercheurs, maintenant proche de 2 millions, a déjà dépassé celui des États-Unis ou, de l’Europe, même s’il reste proportionnellement 4 à 5 fois plus faible que dans les pays les plus développés. Page 8 / 20 Au titre du programme Torch, le MOST (Ministère de la Science et de la Technologie) a mis en place 88 parcs technologiques nationaux. L’Académie des Sciences opère 97 instituts de recherche dans un large spectre de domaines (hors sciences humaines), complétés par une dizaine d’autres académies (médecine, agriculture…). L’un des parcs technologiques, celui de Suzhou (province du Jiangsu) devient une zone pilote pour la propriété intellectuelle. Près de 8 000 demandes de brevets y ont été déposées en 2011, environ 4 000 acceptées, dont 15 à 20 % de brevets chinois d'invention et d'innovation. Ces chiffres sont confirmés par les demandes enregistrées par l’Office européen des brevets (EPO). Wang Shu : premier « Nobel de l’architecture » pour un Chinois L’architecte chinois Wang Shu (48 ans) et son atelier ont obtenu le prix Pritzker, comparable à un prix Nobel pour l’architecture. Ses études à Nankin et Shanghai conclues par un doctorat d’architecture en 2000, il exerce à Hangzhou (capitale de la province du Zhejiang) depuis 1998 et y dirige depuis 2003 le département d’architecture de l’École des beaux-arts. [graphique : Le Figaro] "Ceramic House" conçue par l'architecte chinois Wang Shu, lauréat du Pritzker Prize 2012.AP/LV HENGZHONG Tassement des investissements étrangers Adepte des techniques traditionnelles et durables, il utilise la ventilation naturelle, le béton comme le bois, mais aussi les matériaux de récupération. Plus attiré par la qualité de l’architecture que par le gigantisme des millions de m², il a par exemple construit les musées des Beaux-arts et d’Histoire de Ningbo, important port de cette province. Les investissements directs étrangers (IDE) en Chine se sont élevés à 29,48 G$ au premier trimestre, en baisse de 2,8 % par rapport à la même période de 2011. La baisse de plus de 30 % des IDE de l’Europe, 1,414 G$, n’est pas compensée par la hausse de 10 % de ceux des États-Unis, 893 M$. Mais la grande majorité des IDE proviennent d’Asie (Japon, Corée du Sud, Hong Kong, Macao, Taiwan, Singapour, Malaisie, Thaïlande, Philippines et Indonésie). Les IDE de la Chine ont été presque doublés au premier trimestre, 16,55 G$, +94,5 %. Société chinoise Musée d'histoire de Ningbo, par l'architecte chinois Wang Shu. LV HENGZHONG Des hôpitaux très chargés La transhumance du Nouvel An chinois Le ministère de la Santé prend des mesures pour éviter les altercations entre patients et personnel soignant dans les hôpitaux, et surtout les empêcher de dégénérer en agressions. Le nouvel an chinois (23 janvier en 2012) est aussi l’occasion de vacances pouvant s’étaler jusqu’à mifévrier et de déplacements nombreux : plus de 3 milliards de déplacements individuels, en hausse de près de 10% par rapport à 2011. Avec quelque 6 milliards de visites par an, la capacité d’accueil est soumise à rude épreuve. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 9 / 20 Les coûts de la pollution en Chine Selon l'Académie Chinoise de Protection de l'Environnement, le coût des dommages environnementaux et écologiques représente près de 4 % du PIB (1 400 GҰ en 2009, environ 170 G€). C’est en partie lié au faible rendement énergétique, notamment dans les provinces occidentales moins développées : près de 10 fois plus d’énergie consommée pour produire la même valeur que dans les économies développées. En Chine, l’épouse du président chante… L’épouse de Xi Jinping, qui succédera d’ici quelques mois comme président chinois à Hu Jintao, s’appelle Peng Liyuan et conduit discrètement sa carrière de soprano (et générale de l’armée), pour ne pas gêner celle de son mari. mars, après une rébellion des habitants contre des apparatchiks corrompus. Une démocratisation progressive au niveau local pourrait suivre cette expérience, et éventuellement endiguer une corruption endémique. Le Parti communiste chinois prépare son XVIIIème Congrès Après 10 ans d’exercice du pouvoir, le Président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao vont céder la place à l’automne à une nouvelle génération de dirigeants : Xi Jinping et Li Keqiang. Mais ce congrès du parti va aussi arrêter les grandes orientations pour les 5 années qui viennent. Il réunira pendant une semaine plus de 2 000 délégués des provinces, y compris désormais Hong-Kong et Macao, mais aussi des organisations centrales du Parti, des ministères, des entreprises d’État, des banques, de l’armée ou de la police. La disgrâce de Bo Xilai Peng Liyuan chante pour le 10ème anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, le 30 juin 2007. Crédits photo : TED ALJIBE/AFP Elle a renoncé depuis 2008 à se produire au traditionnel gala télévisé du Nouvel An chinois, mais a accepté depuis l'an dernier de devenir ambassadrice de l'Organisation mondiale de la Santé pour la lutte contre la tuberculose et le sida. Vers des réformes politiques Chef du Parti communiste chinois (PCC) de la villeprovince de Chongqing, 33 millions d’habitants, Bo Xiali, proche de l’ancien président Jiang Zemin et membre du Politburo, été démis de ses fonctions en mars. Figure en vue de l’aile « néo-maoïste » du parti, son éviction peut avoir des origines locales (sa lutte contre la mafia aurait donné lieu à des bavures, à des tortures d’entrepreneurs locaux et à leur spoliation) et nationales (affrontements entre anciens et modernes en prologue au XVIIIème congrès du PCC). Sur les 9 membres du comité permanent du Bureau politique, seuls Xi Jinping et Li Keqiang, successeurs probables respectifs du président Hu Jintao et du Premier ministre Wen Jiabao, devraient être maintenus à l’automne, et les différentes tendances au sein du PCC s’affrontent en coulisse pour y être représentées. Le limogeage de Bo Xilai renforcerait le clan de la « réforme » au détriment des « conservateurs ». Son avenir est d’autant plus compromis, qu’outre les accusations de corruption qui sont portées contre lui, son épouse Gu Kailai serait visée par des enquêtes en matière criminelle. La Chine intensifie la lutte contre la tuberculose Wen Jiabao.AP/Alexander F. Yuan Le premier ministre Wen Jiabao affiche la nécessité de réformes politiques au sein de l’État et du parti, en parallèle avec les réformes économiques entreprises. Un scrutin municipal à Wukan (sud du pays) s’est déroulé en E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Compte tenu de sa population, il n’est guère surprenant que la Chine soit au deuxième rang mondial, juste après l’Inde, pour le nombre de tuberculeux : 5 millions. Malgré des progrès importants en prévention et en traitement de cette maladie, plus de 40 % des gens ignorent encore les connaissances de base pour sa prévention. Page 10 / 20 120 millions de Chinois de plus de 65 ans La Chine aide l'Europe, mais… La Chine, dont 9 % de la population, soit 120 millions de personnes, ont plus de 65 ans, s’efforce de mieux faire face aux problèmes de santé liés à ce vieillissement. D’ici 2015, 1,4 million de lits seront créés pour elles. Sollicitée pour aider l’Europe à résoudre sa crise de la dette, la Chine ne dit pas « non », plutôt « oui, mais… » ! Au nombre de ces « mais » pourrait figurer l’arrêt d’enquêtes anti-dumping et anti-subventions demandées par l’UE à l’OMC concernant des aciers revêtus de matière organique en provenance de Chine. Les riches prospèrent à l’Est D’après le « Wealth Report 2012 », le nombre de détenteurs d’une fortune de plus de 100 M$ était l’an dernier de 63 000 et devrait progresser de 37 % à 86 000 d’ici 2016. Leurs actifs représenteraient quelque 40 T$, soit une moyenne de plus de 600 M$ par personne, se répartissant pratiquement par quarts entre immobilier, actions, obligations et or/devises. La Chine souhaite également que l’UE lui reconnaisse avant 2016 (date stipulée dans son accord d’adhésion à l’OMC) le statut d’économie de marché, sans lequel l’UE peut fixer des droits anti-dumping élevés en apportant des preuves plus succinctes. Ces très riches sont déjà plus nombreux en ExtrêmeOrient (dont Chine et Japon) qu’en Amérique du Nord, et l’écart devrait se creuser dans les prochaines années. Avec une croissance qui ne semble pas fléchir de son budget de défense de 15 % par an depuis 20 ans, la Chine, qui avoue y avoir consacré 91,5 G$ en 2011, a clairement le deuxième budget de défense au monde, loin de celui des Extrême-Orient États-Unis mais loin devant tous les autres pays. Et un Amérique du Nord budget de la sécurité intérieure dépassant celui de la défense. 2011 Extrême-Orient 2016 Amérique du Nord Europe occidentale Amérique latine Asie centrale Europe de l’Est Moyen-Orient Afrique Chine – États-Unis : les deux superpuissances Europe occidentale La Chine élargit son concept d’intérêt vital à des espaces maritimes qu’elle souhaiterait contrôler, inquiétant ses Asie centrale voisins d’Asie orientale, et poussant à la hausse les budgets de défense du continent, notamment celui de Europe de l’Est l’Inde. Pourtant, la Chine semble toujours plutôt adepte Moyen-Orient du « soft power »… Amérique latine Afrique Chine – International Le Comité France-Chine à Pékin À l’initiative de son président Jean-Pascal Tricoire, le Comité France-Chine a réuni à Pékin 15 patrons français et 25 chinois, pour cultiver le « réseau », essentiel en Chine. Emmené par Jean-Pierre Raffarin, la délégation a pu rencontrer de hautes autorités chinoises, dont le vicePremier ministre Wang Qishan. [graphique : Les Echos] Chine : visite de Xi Jinping aux États-Unis Xi Jinping, qui devrait devenir l’an prochain Président chinois, a été reçu avec faste à Washington en février, où il a appelé de ses vœux un « nouveau départ historique » pour la relation sino-américaine, qu’il a comparée à une rivière qui suit son cours malgré les méandres. Il s’est ensuite rendu à Muscatine dans l’Iowa, où il avait effectué un voyage de jeunesse en 1985. Europe centrale et orientale : tête de pont chinoise ? En avril s’est tenu à Varsovie le 2ème Forum économique Chine-Europe centrale et orientale (ECO), réunissant 17 chefs de gouvernement, 450 entrepreneurs d'ECO et 300 venus de Chine. Wen Jiabao, le premier ministre chinois, a ouvert en même temps que le forum une ligne de crédit de 10 G$ (7,7 G€) pour des projets de coopération et lancé un fonds d’investissement « sinocentreuropéen » doté de 500 M$. Sans avoir une croissance « à la chinoise », la Pologne est un peu le moteur de la zone (4,3 % en 2011 et 3,5 % attendus en 2012), et son commerce avec la Chine approchait les 15 G€ l’an passé, presque autant que les autres pays d’ECO réunis. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 11 / 20 INDUSTRIE AUTOMOBILE Entreprises chinoises L’automobile haut de gamme cible la Chine L’investissement de l’étranger dans l’automobile chinoise continue Bien que la croissance vertigineuse du marché automobile chinois fléchisse légèrement, les prévisions tablent cependant sur 30 à 40 millions de véhicules en 2020, après 18 millions en 2011. Et bien que les cortèges officiels doivent maintenant les bouder, les ventes de véhicules haut de gamme devraient croître plus vite (15 à 20 %) encore que la moyenne du marché, ce qui sourit à des marques comme BMW, Audi, Mercedes ou Cadillac ! Bien que le gouvernement chinois ait limité récemment le soutien aux investissements étrangers et favorise plus nettement les constructeurs locaux (une enveloppe de près de 600 M€ leur est destinée), les constructeurs étrangers vont poursuivre leurs investissements sur le premier marché mondial : peut-être un peu moins, sans doute un peu mieux (investissements plus ciblés), pour un profit vraisemblablement réduit. Même avec une croissance de 8% seulement, un marché de 20 millions de véhicules… Les cortèges officiels chinois ne rouleront plus Audi ou Mercedes Depuis mars 2012, les parcs de véhicules publics ne peuvent plus se fournir en véhicules que sur une liste limitée : les principales autorités, qui roulaient fréquemment Audi A6 et Mercedes Classe E, devront se rabattre sur la nouvelle limousine FAW Hongqi H7 (développée sur une base Toyota Crown). Cette éviction pourrait concerner 5 à 10 % du marché chinois, environ 10 G€, voire près de 20 % pour Audi ! Les constructeurs chinois roulent vers l’Europe Après Geely, qui a récemment commencé de commercialiser au Royaume-Uni, c’est maintenant Great Wall qui démarre en Bulgarie (Bahovitsa) l’assemblage de deux véhicules avec Litex Motors comme partenaire local. Avec 150 personnes, le site va assembler dans un premier temps 4 000 véhicules par an à partir de pièces chinoises, une citadine Voleex C10 et un pick-up Steed 5 entre 8 200 € et 12 800 €, mais espère développer rapidement sa production à 50 000 par an et élargir sa gamme dès cette année à d’autres modèles. Même si les véhicules chinois n’atteignent pas encore la qualité des véhicules européens, ils obtiennent maintenant des notes très convenables aux crash-tests et leurs exportations explosent : environ 850 000 unités en 2011, en hausse de 50 % environ par rapport à 2010, la même progression étant attendue pour 2012. D’autres constructeurs chinois s’intéressent à l’Europe : Chery va assembler ses modèles en Sicile en partenariat avec DR Motor, et projette une nouvelle marque, Ooros, produite en Chine mais visant l’Europe. SAIC également, propriétaire de la marque MG Rover, produit une MG 6 au Royaume-Uni. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 PSA a présenté au salon de Pékin la berline Citroën DS qu’il lancera fin juin en Chine, espérant en vendre 200 000 par an d’ici 4 ans. D’ici 3 ou 4 ans, les ventes de Cadillac en Chine devraient dépasser celles réalisées aux États-Unis. Mercedes devrait ouvrir des concessions dans la centaine de villes de plus d’un million d’habitants qui n’en ont pas encore (187 sont déjà pourvues…), BMW et Audi ne sont pas prêts à laisser leurs parts, et Infiniti, le modèle de luxe de Nissan, devrait être produit en Chine d’ici 2 ans. Entreprises françaises Renault « s’électrise » pour la Chine Comme les autorités chinoises le demandent, la gamme des véhicules que Renault produira et commercialisera en Chine (à partir de 2014 ou 2015, avec ses partenaires Nissan et Dongfeng) comprendra au moins un modèle électrique et un 4x4. Espérant cette année l’aval des autorités chinoises pour son implantation, Renault a nommé Katsumi Nakamura, un ancien de Nissan, pour conduire les opérations en Chine. En Chine, Valeo se porte bien Comme Faurecia, l’équipementier Valeo se développe rapidement en Chine, suivant ses clients constructeurs, français et allemands en particulier. Présent en Chine depuis 1994, Valeo y avait 15 usines en 2010. Il vient d’inaugurer la 22ème, sans compter une douzaine de centres de recherche et de développement. Le chiffre d’affaires d’environ 750 M€ réalisé actuellement avec 10 000 personnes devrait doubler d’ici 2015 puis encore pour atteindre 3 G€ vers 2020. Pour ce faire, Valeo compte investir plusieurs centaines de millions d’euros et embaucher 5 000 personnes dans les 5 ans. Page 12 / 20 Si le groupe Volkswagen est le premier client de Valeo en Chine, l’équipementier réalise déjà 20 % de ses ventes avec les constructeurs chinois, et cette part est appelée à croître. Il les accompagne en effet dans leur démarche d’amélioration de la qualité et de montée en gamme de leurs modèles, et même dans leurs efforts à l’export, comme Chery au Brésil. Autres Entreprises Jaguar Land Rover et Chery Automobile se rapprochent Jaguar Land Rover, détenue par l’Indien Tata Motors, a conclu un accord de JV avec le Chinois Chery Automobiles portant sur 2,78 G$, afin de fabriquer et commercialiser les marques d’origine britannique en Chine. BMW reste en tête des voitures de luxe BMW a enregistré 1,67 millions de véhicules vendus en 2011, en hausse de 14,2 % par rapport à 2010. Ses principaux marchés sont les États-Unis (305 418 véhicules) et l’Allemagne (297 483), mais la Chine en hausse de 37,6 % à près de 232 600 unités pourrait les dépasser avant longtemps. Un Chinois prend les clés chez Kiekert Le groupe chinois Lingyun, sous-traitant automobile de 10 000 salariés pour un CA dépassant 700 M€, rachète l'équipementier automobile allemand Kiekert, inventeur du verrouillage centralisé. Détenant 850 brevets, la société a réalisé plus de 500 M€ en 2011 avec 4 000 personnes employées en Allemagne, mais aussi en République tchèque, aux États-Unis, au Mexique et en Chine. Volvo-Geely : un mariage heureux ? Il y a maintenant 2 ans que Geely a racheté Volvo au groupe Ford (2010). Les syndicats du constructeur suédois craignaient alors une délocalisation massive de leurs usines vers la Chine. Au contraire, Geely a beaucoup investi, laisse le management local opérer et l’entreprise a retrouvé le chemin de la croissance, alors que Ford pilotait fortement depuis Detroit, licenciait et négligeait la marque. Résultat : + 23 % pour les ventes 2011. Et l’ambition de doubler la production européenne d’ici 2020 à 800 000 véhicules et quadrupler la production chinoise à 200 000. Dans cette optique, Volvo dispose maintenant d’un centre de recherche à Shanghai et inaugurera en 2013 une nouvelle usine à Chengdu. MACHINES ET ÉQUIPEMENTS, AUTRES MATÉRIELS DE TRANSPORT Entreprises chinoises l’espace si elle est sélectionnée pour l’équipage de cette mission. Les Chinois investissent en Allemagne Selon l’agence allemande « Germany Trade & Invest », les Chinois (158 projets) sont les premiers investisseurs en Allemagne en 2011, devant les États-Unis (110), la Suisse (91) et la France (53). 20% des projets concernent l’automobile ou la machine-outil, 13 % les nouvelles technologies et 6 % les énergies renouvelables. Entreprises françaises Une Chinoise dans l'espace en 2012 ? Sur un marché asiatique qui devrait progresser de 40 % dans les cinq ans qui viennent, le premier hélicoptériste mondial réfléchit à une implantation industrielle (usine d’assemblage pour l’Écureuil ou l’EC 135) en Chine. Il reste à déterminer avec quel(s) partenaire(s). Avic, déjà partenaire commercial, est possible mais pas le seul. La Chine prévoit cet été d’envoyer 3 taïkonautes pour réaliser l’arrimage en orbite de leur véhicule Shenzhou 9 avec le vaisseau spatial Tiangong 1. Deux femmes pilotes de chasse font partie des taïkonautes à l’entrainement, et l’une d’elle pourrait devenir la première Chinoise de E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Une base chinoise pour Eurocopter ? Page 13 / 20 Autres Entreprises Riva devient chinois Le groupe public chinois SHIG-Weichai rachète la célèbre marque italienne de yachting Riva (et 75 % de son propriétaire Ferretti) pour 374 millions d’euros.Le marché nautique chinois commence seulement à balbutier. Les milliardaires chinois pourraient booster les ventes de yachts comme ils le font pour les voitures de luxe. 900 françaises. Ce n’est pas seulement vrai dans l’automobile, où le groupe Volkswagen représente à lui seul 20 % du marché, mais pour l’ensemble des productions, puisque l’Allemagne est à l’origine de la moitié des exportations européennes vers la Chine. Des produits chers et de qualité, mais aussi les machines-outils et la chimie dont « l’usine du monde » à besoin. Une organisation solide à l’export et le soutien des banques régionales (les Landesbanken) y contribuent aussi. Les PME trouvent à Pékin ou à Shanghai des bureaux immédiatement disponibles pour s’installer, entourées de compatriotes. Daikin construit en Chine sa plus grande usine Le modèle allemand sur le marché chinois Il est bien connu que les entreprises allemandes « chassent en meute » à l’export. C’est particulièrement vrai en Chine, où elles sont près de 5 000 contre seulement Le groupe japonais Daikin Industries, spécialiste de la climatisation, va ouvrir à Suzhou sa plus grande usine pour le marché des particuliers et du tertiaire, capable de produire 1,5 million de climatiseurs par an, pour un investissement de 153 M€. AUTRES INDUSTRIES MANUFACTURIÈRES, DONT ÉLECTRICITÉ, ÉLECTRONIQUE, INFORMATIQUE, OPTIQUE Entreprises chinoises conde), il devrait être utilisé pour l’océanographie, la pharmacie, et la prédiction financière. Lenovo en forte croissance Beaucoup de « geeks » en Chine Dans une conjoncture pourtant difficile, un marché des PC stable par rapport à 2010, Lenovo accroit ses parts de marché mondiales de 10,3 à 14 % et même 35,3 % en Chine. Le CA monde s’établit à 8,4 G$ (dont 3,5 en Chine), en hausse de 44 %, et le résultat net à 153 M$, en hausse de 54 %. Parmi les nouveautés attendues ces prochains mois : ordinateurs portables professionnels et grand public, machines Android… Démarrage du supercalculateur Bluelight Le supercalculateur chinois Bluelight, le premier réalisé à partir de puces chinoises, a été mis en service en janvier à Jinan (province du Shandong). D’une puissance de calcul de 1 pétaflop (1015 opérations virgule flottante par seE7 Newsletter n°22 – Mai 2012 En février, le nombre de smartphones et de tablettes activés en Chine a dépassé celui des États-Unis. Il y a déjà en Chine 2 fois plus de ces appareils qu’au Royaume-Uni. La Chine est aussi le 2ème marché du monde pour les applications destinées à ces appareils. La Chine fabrique Apple, et en achète de plus en plus Beaucoup d’appareils Apple sont fabriqués en Chine, mais une proportion de plus en plus importante est aussi vendue en Chine : au premier trimestre 2012, Apple a vendu pour près de 8 G$ en Chine, près de 3 fois plus qu’il y a un an ; les ventes d’iPhone ont même quintuplé sur cette période ! Ces équipements, marqueurs de réussite sociale en Chine, ont fait de ce pays le deuxième marché pour Apple derrière les Etats-Unis, mais sans doute très prochainement le premier. Page 14 / 20 Entreprises françaises Autres Entreprises Gemalto primé en Chine Samsung va investir 7 G$ en Chine Gemalto, spécialiste mondial de la sécurité numérique, a remporté le Prix 2011 « Choix du rédacteur en termes d'excellents produits de l'industrie des paiements » pour sa solution Allynis Trusted Service Manager (TSM) attribué par PayNews, le portail de l'industrie chinoise des paiements. La solution Dexxis Instant Issuance a aussi reçu le Prix « Excellente solution pour l'industrie financière » décerné par le magazine Financial Computerizing de la Banque Populaire de Chine. Samsung Electronics va construire à Xi’an (province de Shaanxi) sa deuxième plus grande usine pour produire des chips mémoire, pour un investissement de 7 G$. Pour les Chinois, iPad n’est pas Apple Le gouvernement chinois reconnaît la société taïwanaise Proview comme propriétaire de la marque iPad et invite Apple à négocier avec elle un accord amiable. Proview a vendu entre 1998 et 2009 un ordinateur de bureau baptisé iPAD, lancé sensiblement en même temps que l’iMac d’Apple. Même si l’iPAD n’a été écoulé qu’à quelques dizaines de milliers d’exemplaires, il faisait partie d’une « iFamily » avec iNote, iClient et iPDA… Entre 2004 et 2006, Apple et Proview se sont opposées sur la propriété de la marque iPod. Le litige actuel a une importance existentielle pour Proview, endettée de 65 M$ environ, et qui réclame… 1,6 G$ à Apple ! MINES, ÉNERGIE, EAU, ENVIRONNEMENT, BTP Entreprises chinoises Chine : la surchauffe immobilière tempérée ? Les ventes de logements en 2011 (5 910 GҰ = 714 G€) n’ont augmenté « que » de 12,1 % par rapport à 2010, contre 18,9 % l’année précédente. L’investissement immobilier (6 170 GҰ = 745 G€) a quant à lui progressé de 27,9 % au lieu de 33,2 % en 2010. C’est sans doute une conséquence des mesures mises en œuvre (restrictions sur les crédits…) et l’un des éléments qui contribuent au léger ralentissement de la croissance du PIB chinois. La Chine prévoit aussi d’investir environ 100 G€ par an sur les 5 prochaines années dans le logement social (construction ou rénovation de 36 millions d’appartements). Chine : la ruée vers l’or ? d’échange sur la construction et l’énergie "vertes". 60 % de la surface du site sera végétalisée. Les producteurs de terres rares s’associent Le gouvernement chinois a annoncé que 155 de ses producteurs de terres rares se regroupaient en une association pour assurer un « développement sain du secteur, mettre de l’ordre dans l’industrie et renforcer la protection de l’environnement ». La Chine extrait 95 % de ces 17 minéraux stratégiques, pour lesquels elle a reconduit en 2012 à 30 000 t le contingentement des exportations. Ce sujet sensible a conduit récemment les États-Unis, le Japon et l’Europe à déposer une plainte à l’OMC. Autres Entreprises BTP : un groupe chinois achète Putzmeister Avec 770 t en 2011, la demande chinoise pour le métal précieux n’est plus très loin de celle de l’Inde, 900 t. Un bâtiment "zéro carbone" à Hong Kong Le premier bâtiment sans émission de CO2 sera inauguré cette année à Hong-Kong. Sur un terrain de près de 1,4 ha, le bâtiment de 3 étages sera un lieu d’exposition et E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Sany Heavy Industries, spécialiste chinois des machines pour le BTP, acquiert l’allemand Putzmeister, son principal concurrent européen pour un montant qui serait de l’ordre de 500 M€. Page 15 / 20 AGROALIMENTAIRE, COMMERCE, DISTRIBUTION Entreprises chinoises La Chine achète du maïs, du soja et du blé Même si la politique de l’enfant unique doit conduire à un plafonnement de la population chinoise autour de 1,4 millions de personnes, la structure démographique et les habitudes de consommation évoluent, pesant sur les besoins en matières premières agricoles. L’urbanisation, déjà plus de 50 %, devrait passer à 70 % d’ici 2030. Elle va de pair avec un changement des modes d’alimentation, plus proches de ceux des occidentaux : une hausse de la consommation de viandes induit une forte hausse des besoins en céréales pour le bétail. L’autosuffisance en matières premières agricoles est donc de plus en plus difficile à atteindre, d’autant que l’agriculture est surtout praticable dans la partie Est de la Chine. Pour le soja, la Chine importe chaque année 56 Mt, près de 60 % du commerce mondial ; conservant un objectif d’autosuffisance pour le blé, elle détient un tiers des stocks mondiaux, 65 Mt, mais pourrait à l’avenir importer des blés fourragers ; pour le maïs, l’autosuffisance préservée jusqu’en 2009 cède à une consommation croissant plus vite que la production : les importations, 6 Mt en 2012, augmentent de 2 Mt chaque année, pesant de plus en plus sur un marché mondial de quelque 90 Mt. La Chine développe ses forêts Sur les 6 dernières années, la Chine a investi 460 GҰ (58 G€) dans la sylviculture, en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Ces montants ont notamment servi à planter des rideaux de protection contre le vent dans les provinces du Nord et au bord du fleuve Yangtsé ou contre les tempêtes de sable à Pékin et à Tianjin, à reboiser d’anciennes terres agricoles et à entretenir les forêts existantes. La couverture forestière a ainsi augmenté de 2 % en 5 ans, de 18,2 % en 2005 à 20,36 % en 2010, et devrait passer à 21,66 % en 2015, participant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. La Chine présente à Paris pour la Fashion week Lors de la semaine de la mode à Paris, créateurs, modèles et acheteurs chinois étaient largement représentés. Les couturiers considèrent avec attention ce pays, peut-être bientôt le premier du monde en nombre de milliardaires et pesant déjà 20 % du marché mondial du luxe, avec 27 G$. Certains créateurs chinois exposent leurs modèles, tentant de donner un label qualitatif au « made in China ». E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Les touristes Chinois achètent en France D’après les statistiques de la détaxe, les touristes étrangers en France ont dépensé 3,8 G€ en 2011, en augmentation de 26 %, avec un panier moyen de 984 € lui aussi en augmentation de 5 %. Les touristes chinois, les premiers acheteurs depuis 2009, comptent pour 26 % de ce marché, devant le reste de l’Asie (Hong Kong, Taiwan, Corée du Sud… hors Chine et Japon) avec21 %, la Russie (11 %), le Japon (7 %) et les États-Unis (5 %, en passe d’être rattrapés par le Brésil). Ces touristes achètent fréquemment des produits de luxe, souvent 30 % moins chers que chez eux, et préfèrent pour cela la France aux autres destinations européennes (Allemagne, Royaume Uni, Italie). Le marché des yachts et jets privés décolle Pour sa 3ème édition, le « Hainan Rendez-vous » a attiré en avril près de 21 500 visiteurs, en hausse de 40 % par rapport à 2011. Cet événement rassemblait sur 4 jours de plus de 200 grandes marques internationales de yachts, de jets privés, de voitures de grand luxe et d’autres produits pour millionnaires (bijoux, montres, immobilier…). 130 bateaux de luxe étaient présentés, 13 jets privés en exposition, sans compter les vols proposés à des clients potentiels choisis. Il semble que l’aviation d’affaire gagne en importance par rapport aux yachts, dont le marché va se développer moins vite. Les Chinois : un penchant pour la bouteille ? Les Chinois consomment de plus en plus de vin : 8,3 GL (environ 11 milliards de bouteilles) en 2011, représentant 70 GҰ de ventes, et la croissance est estimée à 18,5 % par an sur les prochaines années. Mais la croissance pour les vins d’importation est plus élevée : 68 %. La Chine prend la tête de l’art La Tefaf, la principale foire d’arts et d’antiquités du monde (The European Fine Arts Fair à Maastricht), qui fêtait ses 25 ans en mars 2012, a indiqué que la Chine, qui avait dépassé en 2011 la Grande-Bretagne (22 %) à la deuxième place avec 23 %, était devenue avec 30 % le plus grand marché pour l’art et les antiquités, dépossédant les États-Unis (29 %) de la première place qu’ils occupaient depuis des décennies. La France occupe avec 6 % la 4ème place. Page 16 / 20 Entreprises françaises Sonia Rykiel à 80 % chinoise ? Sonia Rykiel pourrait céder jusqu’à 80 % de son capital au fonds d’investissement chinois Fung Brands, afin d’assurer les moyens de son développement. Chinois, non seulement amateurs du liquide mais disposant de liquidités pour acheter du solide : le château Latour-Laguens le premier en 2008, le château du Grand Mouëys tout dernièrement. Ils évitent les très grands crus, qui seraient difficilement exportables en grosses quantités et peuvent coûter jusqu’à 20 fois plus cher à l’hectare, pour cibler des appellations intermédiaires… et des vins liquoreux, adaptés au goût chinois pour le sucré. LVMH et De Beers : des diamants pour la Chine LVMH prend 10 % du chinois Trendy Un fonds d’investissement lié à LVMH a pris une participation d’environ 10 % dans le groupe de prêt-à-porter chinois Trendy International Group, pour un montant estimé à 200 M$. Implanté à Canton, Trendy possède 300 enseignes en propre et franchise des centaines de boutiques. Vins & spiritueux : un bon cru 2011 à l’export Les exportations française de vins et spiritueux ont dépassé en 2011 la barre des 10 G€, en augmentation de 10,5 %. Les importations étant près de 7 fois inférieures, ce secteur pèse pour 8,6 G€ dans le bon plateau de la balance commerciale. Les vins de bordeaux, devant le cognac et le champagne, sont de plus en plus prisés à l’étranger. L’Europe reste en tête des débouchés (plus de 4 G€, ¾ de vin), l’Amérique (2 G€) et l’Asie (2,5 G€) venant ensuite, mais c’est l’Asie qui augmente le plus vite : + 29 %, pour la Chine + 50%. La Chine blanchit l’inox de Seb Certains médias locaux suggéraient que les articles culinaires en acier inoxydable, par exemple ceux de Supor, la filiale chinoise de SEB, pouvaient nuire à la santé par apport excessif de manganèse. Les tests effectués par le centre chinois d’évaluation des risques alimentaires confirment que ces articles sont sans danger pour la santé et qu’ils respectent les normes sur les taux de manganèse. Les Chinois achètent les châteaux bordelais, pas seulement en bouteilles… Une co-entreprise de LVMH et De Beers veut ouvrir cette année au moins 6 boutiques en Chine. Le goût du Chinois pour l’or est bien connu, la classe aisée souhaite y associer le diamant. La Chine achète aussi du bois brut La Chine a un double penchant, vers les produits de luxe mais aussi les matières premières. Elle achète ainsi de plus en plus de bois brut en France, qui revient pour une part en Europe sous forme de meubles. Ses achats en France représentent 12 % du bois de hêtre et 15 % du bois de chêne : 120 000 m3 au premier semestre 2011 au lieu de 30 000 m3 sur l’ensemble de 2008 ! Les prix s’en ressentent : + 15 % pour le hêtre, + 20 % pour le chêne. Shang Xia, le Hermès chinois, à Paris Hermès, le sellier de luxe qui avait lancé en septembre 2010 la marque Shang Xia (dessus-dessous) à Shanghai, prévoit d’ouvrir vers la fin de l’année une boutique de 80 m² à cette griffe à Saint-Germain-des-Prés, rue de Sèvres. Ce quartier est en effet très fréquenté par les Parisiens aisés comme par les touristes… notamment les Chinois, qui dépensent déjà 500 M€ par an en France. Shang Xia propose prêt-à-porter, bijoux, mobilier et arts de la table avec une touche chinoise et des prix moins élevés que les équivalents Hermès. Avec des ventes estimées à 2 M€ la 1ère année, la marque aurait dépassé ses objectifs et s’apprêterait à ouvrir une 2ème boutique en Chine, à Pékin. Si elle ne dégage pas de bénéfice dans l’immédiat, cette marque chinoise n’est pas une perte pour Hermès, mais un investissement. Les Chinois goûtent le vin de Bordeaux, et même de plus en plus : les exportations 2011 ont plus que doublé par rapport à 2010. Ces dernières années, au moins une quinzaine de châteaux du Bordelais ont été acquis par des E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 17 / 20 Autres Entreprises Nestlé construit une école laitière en Chine améliorer les connaissances des producteurs laitiers dans la gestion des fermes et dans les nouvelles technologies dans le secteur. Nestlé va construire à Shuangcheng (province de Heilongjiang, nord-est de la Chine) un centre de formation sur les produits laitiers. Nestlé et ses partenaires locaux investiront 2,5 GҰ (312 M€) dans ce projet destiné à SANTÉ, PHARMACIE, CHIMIE Entreprises chinoises Le café : un remède contre le diabète ? Outre son action excitante au réveil et en prophylaxie de la somnolence postprandiale, le café aurait d’autres bénéfices : éviter démence et Parkinson, limiter les troubles cardiaques, voire inhiber certains cancers. Une récente étude chinoise tendrait à confirmer qu’il peut aussi réduire les risques de diabète de type 2 : réduction de moitié à partir de 4 tasses par jour ! Des marqueurs chinois pour le cancer du pancréas Par une étude génomique sur près de 3 000 chinois dont 1/3 atteints d’un cancer du pancréas, des chercheurs de Pékin ont identifiés 5 marqueurs génétiques pour aider au diagnostic de ce cancer et donc améliorer le taux de survie. Une différence sur un de ces gènes signifie une faible augmentation du risque, mais un risque 6 fois plus élevé si les 5 gènes sont en anomalie. Entreprises françaises JV en Chine pour Aromatech Aromatech, spécialisée dans les arômes alimentaires bio et naturel, a créé une JV avec un des plus grands chinois du secteur, Apple Flavor & Fragrance. Un accélérateur de développement en Chine pour l’entreprise, implantée localement depuis 2003 avec une filiale à 100 %. Avec de bons contacts et une gamme de produits adaptée, cette filiale peinait néanmoins à atteindre la taille commerciale critique. Le rapprochement avec un des leaders chinois est mutuellement bénéfique : le Chinois profite de l’image de Grasse dans les arômes naturels ; Aromatech va de son côté pouvoir se développer fortement sur le marché chinois des produits laitiers, des boissons, des confiseries… SERVICES (FINANCE, IMMOBILIER, TRANSPORT…) Entreprises chinoises Une école d’ingénieurs ParisTech à Shanghai ParisTech, qui regroupe 12 prestigieux établissements d’enseignement supérieur dont l’X et HEC, a signé en janvier un accord avec l’Université Jiao Tong de Shanghai pour y développer une école d’ingénieurs SJTU-ParisTech. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Boom des hôtels de luxe en Chine De nombreux groupes hôteliers, chinois ou non, prévoient de construire de nouveaux hôtels de luxe (5 étoiles) dans plusieurs villes de Chine. Le marché se développe certes, mais d’autres facteurs entrent en compte : pour le promoteur, un hôtel de luxe permet de faire monter les prix de l’immobilier et des bureaux alentour ; pour le gouvernement local, c’est aussi un gage de l’attrait international de ses villes. Boom ou bulle ? Les taux d’occupation (environ 60 %) sont déjà largement inférieurs pour ces catégories à ceux des principales villes européennes (75 %), sans parler de Londres (85 %). Il est également difficile de recruter et fidéliser les personnels chinois maîtrisant l’anglais. Page 18 / 20 Dans le classement MKG Hospitality des groupes hôteliers mondiaux, le chinois Home Inns, qui ne figurait pas dans les 20 premiers en 2011, se glisse cette année à la 9ème place. Ce classement est toujours mené par l’anglais Intercontinental (4 480 hôtels, 658 348 chambres), devant les américains Hilton (633 238 chambres), Marriott (617 837) et Wyndham (613 126), suivis par le français Accor, qui compte ouvrir 65 hôtels Mercure d’ici 2015 et progresse mieux que ses concurrents, puis d’autres américains (Choice, Starwood, Best Western et Carlson, 10ème). Hyatt est chassé du Top 10 par l’arrivée de Home Inns, qui a racheté en 2011 Motel 168, étendant son parc à 1 426 hôtels dans 212 villes de Chine, pour un CA 2011 de 630 M$, en hausse de 25 %, qui ne devrait pas ralentir avec plus de 300 ouvertures par an. Vols de fret directs France-Sichuan Depuis début avril, des vols de fret directs sont réalisés 3 fois par semaine entre Paris-Vatry (près de Châlonsen-Champagne) et l’aéroport international de Chengdu (province du Sichuan). Ces vols, dont la fréquence pourrait très vite augmenter à 5 ou même 8 vols par semaine, sont en particulier destinés aux vins et aux produits de luxe vers la Chine, et aux produits électroniques dans l’autre sens (Dell, Foxconn…). Ils sont opérés par Yangtze River Express, filiale fret de Hainan Airlines (CA 30 G$), qui a aussi récemment pris une participation dans la compagnie privée française Aigle Azur. Des profits pour les banques chinoises Les banques chinoises ont publié des bénéfices 2011 en hausse de 18 à 25 %, pour un montant d’environ 90 G€, et des taux de prêts douteux inférieurs à 1,5 % et en baisse. Cela étonne certains analystes, qui remarquent qu’elles ont pourtant augmenté fortement leurs provisions et que 8 ou 9 % serait plus proche de la réalité. Il est vrai qu’avec le plan de relance de 2008, les gouvernements locaux ont financé les 2/3 du financement pour des projets d’infrastructures qui ne seront pas toutes viables. Et 80 % de la dette correspondante est actuellement détenue par ces banques. La Chine se met au capital-risque La Chine est-elle capitaliste ? En tout cas, le capitalrisque y prospère : 382 opérations en 2011 ont permis de lever 28,2 G$, plus du double du montant enregistré en 2010 et presque autant qu’en Europe. Mais très loin des E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 États-Unis, qui trustent près de 70 % des montants levés dans le monde. Entreprises françaises La prison de Cahors : un hôtel de luxe chinois ? La maison d’arrêt de Cahors, peut-être la plus vieille de France, fut au XIVème siècle un palais offrant une vue imprenable sur la vallée du Lot. Des Chinois auraient des vues sur cette prison, qui doit fermer cette année, pour en faire un palace. Retour aux sources ? La maîtrise du chinois, un atout pour l’emploi Au collège ou au lycée, 30 000 élèves apprennent le chinois. Ils n’étaient que 12 500 en 2005. Les grands groupes considèrent la maîtrise du mandarin comme un véritable atout, surtout dans la distribution des produits de luxe, mais aussi de plus en plus dans les autres fonctions managériales. S’ajoutent 5 000 étudiants en chinois ou en langues étrangères appliquées chinois-anglais, et environ 12 000 autres qui s’y initient (1 à 3 h par semaine). Lorsque près de 150 000 Chinois visitent Paris dans l’année, que ce chiffre augmente de plus de 20 % par an, il n’est pas négligeable que la pratique de la langue se développe dans les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme. Un projet franco-chinois en Moselle Le pôle d’affaires et d’activités technologiques TerraLorraine d’Illange-Bertrange (proche de Thionville) doit prochainement accueillir sur 130 ha une base avancée d’investisseurs chinois en Europe et des entreprises européennes désireuses d’exporter vers la Chine. Impliquant quelque 3 000 emplois dans une première phase, cette zone portuaire devrait héberger 2 000 entreprises sur près de 200 000 m² couverts. Accor : 65 hôtels Mercure en Chine d'ici à 2015 Le groupe Accor a ouvert à Shanghai son premier hôtel Meijue, un Mercure à la sauce chinoise et prévoit de créer ou passer sous cette marque 65 hôtels d’ici 2015. Les adaptations portent en particulier sur les installations « sociales » : salle de danse, salles-à-manger privées, salles de jeu… Le personnel féminin porte la qipao (robe traditionnelle) et les clients peuvent s’exercer au Taïchi. Page 19 / 20 Les 10 Mercure de Chine vont progressivement adopter la nouvelle marque. Accor compte 121 hôtels en Chine (avec Hong Kong, Macao et Taiwan) : 20 Sofitel, 13 Pullman et les marques MGallery et Novotel appartiennent à des propriétaires chinois mais sont gérés par Accor, qui possède directement en Chine les hôtels Ibis. « Elle » grandit en Chine L’hôtel Napoléon sous pavillon chinois ? Quatre hôtels de luxe parisiens en quête de repreneurs intéressent des investisseurs chinois. Il s’agirait de l’hôtel Napoléon (près de l’Arc de triomphe), et de l’hôtel du Louvre, du Concorde Lafayette ou du Concorde Saint-Lazare, ainsi que de 2 autres hôtels. Les orientaux affirment leur présence parisienne, avec les (ré)ouvertures récentes du Shangri La, du Mandarin oriental ou du Royal Monceau (Qatar). Oddo s’associe avec le courtier chinois Guosen La version chinoise du magazine féminin « Elle », cédée par Lagardère à Hearst (« Cosmopolitan ») en 2011 avec l’ensemble de sa presse magazine internationale, poursuit son développement. Premier magazine de mode étranger implanté en Chine dès 1988, c’est le plus fort tirage en Chine avec 1,3 millions de lectrices. Jusqu’ici mensuel comme les autres éditions internationales de « Elle », « Elle China » devient bimensuel en réduisant son prix et sa pagination de moitié, dans le but d’augmenter ses ventes (et ses recettes publicitaires !) de 20 % cette année. Mais il n’y a pas que le papier ! Le site Internet Ellechina.com approche les 2 millions d’utilisateurs enregistrés et les 700 000 visiteurs par jour. La carte de crédit « Elle », interdite aux hommes, dépasse le million d’utilisatrices… ce qui permet de mieux suivre leurs habitudes de consommation. Sans compter les applications « smartphone », « Elle TV », une boutique en ligne « Elleshop »… Oddo & Cie a conclu un accord avec Guosen Securities, l’une des plus importantes sociétés de bourse de Chine, originaire de Shenzhen et donc bien placée à Hong Kong. L’accord porte notamment sur la distribution et le conseil en gestion d’actifs et la banque d’affaires. Il s’agit du premier partenariat européen pour le Chinois, qui devrait distribuer en Chine un fonds chinois spécialisé sur les valeurs internationales du luxe, avec les conseils d’Oddo. Autres Entreprises Londres : première obligation en yuan hors de Chine Pour la première fois, une obligation libellée en yuan (Ұ) a été émise hors de Chine, par HSBC à Londres. Libellée à 3 ans, elle est cotée au LES (London Stock Exchange), qui devient la première place d’échange du Ұ et renforce ainsi sa position de 1ère place européenne devant Francfort. E7 Newsletter n°22 – Mai 2012 Page 20 / 20