filip good, directeur marketing emea gopro les 5 bonnes raisons

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filip good, directeur marketing emea gopro les 5 bonnes raisons
#076. AVRIL/MAI 2015. €5
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NEL BAC
TENDANCES : LONGBOARDS, SOLAIRES, SUP, SURFBOARDS
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FILIP GOOD, DIRECTEUR MARKETING EMEA GOPRO
LES 5 BONNES RAISONS POUR UN RETOUR DES 4 SAISONS
LES NOUVELLES TÊTES DU SNOWBOARD
PROFILS DE MARQUES, SCIENCE DES ACHATS
& ET BEAUCOUP PLUS ENCORE…
NOUS
Rédacteur en Chef Harry Mitchell Thompson
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Rédacteur Surf et Français Iker Aguirre
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Rédacteur Snowboard Rémi Forsans
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Rédacteur Skate Dirk Vogel
[email protected]
Rédacteur Allemand Anna Langer
[email protected]
Rédacteur SUP Robert Etienne
[email protected]
Design & Direction Artistique Owen Tozer
[email protected]
Assistant Design Roddy Bow
Manager Web et Réseaux Sociaux Denis Houillé
[email protected]
Relecture
Insa Muth, Marie-Laure Ducos, Sam Grant
Collaborateurs
Stefan Dongus, Jokin Arroyo, Benoît Brecq,
Gordon Way, Fabien Grisel, Franz Holler,
William Maddinson, Tom Wilson-North, Robert
Etienne, Anna Langer, Emma Humphreys,
Sam Grant, David Bianic, Robbie Morgan.
Publicité & Marketing
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Comptabilité
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Pour s’abonner
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22 Friars Street, Sudbury
Suffolk, CO10 2AA. UK
BIENVENUE #76
Il a suffi d’un trip à Tignes, fin mars, après une
chute intense de 70 cm de peuf, pour mettre à la
poubelle le premier brouillon de cet édito.
Ma première ébauche parlait d’un hiver que nous
étions contents d’engranger parmi nos souvenirs
(sauf si vous aviez le privilège de vivre au pied
des Pyrénées et de profiter d’un des plus hauts
niveaux d’enneigement au monde, cf Veille de
Marchés) mais, ces chutes tardives, juste à
temps cependant pour les vacances de Pâques,
apportaient une nouvelle dose de bonheur…et
mon édito était obsolète. Mais soyons francs, ces
chutes de fin de saison ne sont plus une exception.
Elles deviennent la norme depuis quelques années
et offrent une belle opportunité aux détaillants
de renflouer les caisses pendant les vacances de
Pâques. Chez Source, nous entendons souvent
les mêmes histoires : les détaillants veulent de
meilleures marges, des exclusivités, tandis que
les marques veulent que les revendeurs gardent la
tête haute sans succomber aux soldes. Espérons
que les chutes de fin de saison auront donné aux
deux parties de quoi respirer et se rassurer pour la
saison prochaine.
Les salons de cet hiver ont couvé un certain
optimisme avec l’émergence de nouvelles
marques de snowboard, comme le prouve notre
article p.48. C’est avec plaisir que nous nous
tournons alors vers ce nouveau printemps et ce
numéro d’avril/mai s’intéresse particulièrement
aux tendances du marché de la planche de
surf qui vit une mutation des modèles de
distribution et la consolidation des ventes de
planches hybrides performance. Notre rapport de
tendances SUP (p.43) vous offre aussi une vision
précise de ce marché alors qu’il entre dans sa
meilleure saison. Notre Interview Grand Ponte
de ce mois est consacré à Filip Good, Directeur
Marketing EMEA GoPro et nos présentations de
marque de ce numéro vous dévoilent les secrets
de Templeton, SUPERbrand et REKD. Le rapport
de tendances du marché de la solaire (p.29)
souligne l’importance accrue de la technologie
alors que celui du marché du longboard (p.55)
présente un segment du marché qui, bien géré,
peut être très profitable ou, au contraire, un
véritable gouffre.
Pour finir, suite à la demande générale, nous
avons décidé de reprendre nos bonnes et vieilles
habitudes : une couverture pour un membre de
notre industrie. Le héros de ce numéro n’est
autre que Jean Seb Estienne, Marketing Manager
Rip Curl. Découvrez sur internet toutes les
autres photos qui ont été présentées pour la
couverture de ce numéro.
Toujours de côté.
Harry Mitchell Thompson
Rédacteur en Chef
SOMMAIRE
P.08 NEWS
P.51 AMÉLIORER LES VENTES DE PLANCHES DE SURF
P.11 RETOURS SUR LES SALONS PROFESSIONNELS
P.53 LA SCIENCE DES ACHATS
P.14 JOURNÉES TEST SNOWBOARD
P.55 TENDANCES 2016 : LONGBOARD
P.16 DÉTAILLANT DU MOIS : RED SNAPPER
P.61 PROFIL DE MARQUE : REKD
P.19 LES RAISONS POUR UN RETOUR DES 4 SAISONS
P.63 PROFIL DE MARQUE : TEMPLETON
P.22 TENDANCES 2015 : SURFBOARDS
P.64 PROFIL DE MARQUE : SUPERBRAND
P.27 SURVIVRE AU CHOC DU FUTUR
P.66 LA LIGNE VERTE
P.29 TENDANCES 2015 : SOLAIRES
P.68 NOUVEAUX PRODUITS
P.38 INTERVIEW GRAND PONTE : FILIP GOOD
P.71 VEILLE DES MARCHÉS
P.40 RIDE O’METER
P.78 EVÈNEMENTS
P.43 ANALYSE DU MARCHÉ DU SUP EN 2015
P.81 L’ŒIL DU CYCLOPE
P.48 LES NOUVELLES TÊTES DU SNOWBOARD
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© ESB. Tous les droits sont réservés.
Sur la couverture: Jean-Seb Estienne, Rip Curl Marketing Manager - pic: Guillaume Bachet/Rip Curl
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expressed in this publication are not those necessarily held by the Publisher. ISSN # 1478-4777
7
EN BREF
BRIGHT DÉMÉNAGE PRÈS DE SEEK
Cet été, Bright déménage. Après trois éditions à succès dans un
ancien centre commercial, le Warenhaus Jandorf, Bright se rapproche
du salon Seek. Le nouvel espace d’accueil sera l’Arena Glauhaus,
qui offrira davantage d’espace aux exposants. Le salon couvrira une
surface de 3500 à 5000 m2 et dominera le fleuve Spree.
ROXY FÊTE SES 25 ANS
Roxy a 25 ans et, pour fêter ça, la marque de textile féminin rend
hommage à ses trois plus grandes athlètes : Lisa Andersen, Kelia Moniz
et Stéphanie Gilmore, avec une série de vidéos et promotions en ligne.
COLOUR WEAR INAUGURE SON QG
À GOTHENBURG, SUÈDE
Colour Wear a un nouveau QG en banlieue de Gothenburg, en Suède. La
marque suédoise s’est développée fortement grâce au style original de
son outerwear, inspiré de ses origines scandinaves. Ils ont transformé
une usine du 19ème pour pouvoir accueillir les exigences d’une marque
de textile européenne en pleine croissance. Les 500 m2 aménagés
accueilleront des bureaux, une cuisine, un showroom et un gymnase.
OBJECTIFS AMBITIEUX
POUR SURFSTITCH
SurfStitch vise son premier exercice profitable depuis trois ans. Les
fondateurs, Lex Pederson et Justin Cameron, ont récemment racheté
à Billabong une grande partie des actions de l’entreprise. Ils ont aussi
racheté à Billabong le détaillant en ligne américain Swell et la plateforme
européenne Surf Dome, à Quiksilver. L’entreprise anticipe une croissance
de 30 % cette année et un EBITDA qui passera d’une perte de 2,1 millions
d’AUD à un profit de 5,1 millions. La société pénétrera de nouveaux
marchés comme l’Asie, le Canada, l’Amérique du Sud, l’Espagne et l’Italie,
avec des sites multilingues et des synergies internes.
BLUE TOMATO POURSUIT
SON EXPANSION EN EUROPE
Blue Tomato souhaite désormais étendre son cercle d’influence au-delà
de son réseau actuel en Allemagne/Autriche. À long terme, l’objectif est
d’être présent - à la fois dans les boutiques physiques et en ligne - en
dehors de ces pays germanophones (à l’heure actuelle, les shops sont
répartis à 50-50 entre l’Allemagne et l’Autriche). On se souvient que
Zumiez avait racheté en juin 2012 la chaîne de magasins autrichienne
Blue Tomato pour quelques 59,5 millions d’euros, forte alors de 19
enseignes à travers l’Europe. “Notre vision sur l’avenir n’a pas changé
concernant Blue Tomato, à savoir un développement sur toute l’Europe, et
je suis convaincu que nous en avons les moyens”, a évoqué Rick Brooks,
directeur général de Zumiez Inc.
SMITH ET OUTDOOR TECH
PARTENAIRES DE BON TON
Smith et Outdoor Tech ont annoncé un partenariat qui visera à la
création de systèmes audio portables pour les casques Smith. Ces
systèmes seront vendus séparément et pourront s’installer facilement.
8
#76
ETIENNE PINON SALES MANAGER EMEA
POUR ELECTRIC
Electric a nommé Etienne Pinon Sales Manager EMEA. Etienne était
responsable des ventes en Europe de la marque Neff et, avant ça, il a
exercé chez Podium comme responsable des marques Matix, DVS et
Lakai. Pinon sera basé dans les locaux de la marque à Anglet, France.
L’USINE AUTRICHIENNE DE GST FERMERA
CET ÉTÉ 2015
L’usine GST Snowboard Factory cessera toute activité à partir du 31
Juillet 2015. Les 85 employés ont appris la nouvelle le 25 Février dernier.
L’importance des coûts de production en Autriche et l’érosion des prix sur le
marché sont les coupables de la fin de cette usine qui a enregistré 12 millions
d’euros de CA pour la saison 2014/2015 et 7 pour celle de 2015/2016.
BILLABONG RENOUE AVEC
LA CROISSANCE ET ENREGISTRE
DES PROFITS EN 2014
Le groupe australien de boardsoprts, propriétaire des marques Billabong,
Element, Plan B Skateboards, RVCA et Von Zipper, entre autres, a
navigué dans des eaux tumultueuses pendant quatre ans. L’ensemble
de l’industrie a suivi son évolution car cette major est un catalyseur de
l’état du marché. Et la tendance semble s’être officiellement inversée :
le 26 février 2015, Billabong Internation Limited a rapporté des résultats
financiers positifs pour le 1er semestre de son année fiscale, clôturé le
31 décembre, et ce, pour la première fois depuis 2011.
CARSON SCHUBERT
NOUVEAU MARKETING MANAGER
GLOBAL CHEZ RIDE
Ride a nommé Carson Schubert nouveau Marketing Manager Global de la
marque. Schubert était Marketing Manager chez High Cascade Snowboard
Camp. Carson travaillera avec Sean Tedore, Director Global, et Tanner
McCarty, Coordinateur Marketing.
NOUVEAU MARKETEUR CANAL ET
CONSOMMATION EMEA CHEZ ARC’TERYX
La marque de textile outdoor technique Arc’teryx a nommé Stéphane
Tenailleau au poste de Marketeur Canal et Consommation EMEA.
Tenailleau a dirigé la relance de la marque de textile féminin DDP après 9
ans chez Billabong Europe.
GIRL SKATEBOARDS AVEC ALTAMONT
Girl Skatebooards a conclu un accord de partenariat avec Altamont Capital
Partners. Ceci arrive peut de temps après le partenariat signé avec HUF
et Brixon, en plus des acquisitions de DaKine et Mervin Manufacturing.
Aucun détail n’a été révélé sur l’accord mais le PDG, Megan Baltimore, a dit
à Source qu’il aiderait à “restructure le bilan et à avoir plus de ressources
financières pour développer nos marques. Ceci veut dire plus de liberté dans
le développement produits et plus de support marketing pour nos rideurs et
nos détaillants”.
RIP CURL SIGNE UN ACCORD
DE PARTENARIAT MAJEUR
AVEC SURF SNOWDONIA
Surf Snowdonia, en Grande-Bretagne, sera la première vague artificielle
ouverte au public. Ils ont annoncé un accord de partenariat majeur avec
Rip Curl. Le centre, qui ouvrira cet été, accueillera une école de surf
pourvue de néoprène et de produits Rip Curl qui seront aussi en vente
dans le magasin du spot. Le centre annonce la capacité de générer des
vagues de plus de deux mètres linéaires et qui dérouleront sur plus de
150 mètres de long.
LA WSL INAUGURE
UN NOUVEAU QG DE 3000 M2
À SANTA MONICA
Après le kick off d’une nouvelle saison et le changement de nom de l’ASP,
devenue WSL, l’organe représentatif du surf professionnel a inauguré un
QG énorme à Santa Monica. Il couvrira 3000 m2 et il a été dessiné par
l’architecte éco Kevin Coczen. Il accueillera une unité de son professionnelle,
un gymnase et des bureaux pour 50 employés WSL.
PAUL E. HARRINGTON NOMMÉ
PDG DE FOX HEAD
Ancien PDG de Easton-Bell Sports, Paul E. Harrington prend la tête de Fox
Head. La société avait entamé une recapitalisation en décembre dernier
grâce l’arrivée d’Altamont Capital Partners et nommé Scott Olivet en
intérim à la direction. Harrington avait rejoint Altamont en 2013 et figurait
déjà aux conseils d’administration de DaKine et Mervin Manufacturing,
deux marques appartenant à Altamont.
DVS ANNONCE SON ARRIVÉE SUR LE
MARCHÉ DU MATÉRIEL À L’ISPO
Ventura Inc. a officialisé le lancement d’une gamme de matériels signée DVS
lors de l’ISPO en février dernier sur le stand de la marque de skateshoes. On
y trouvera des skates, des casques, des protections, des bonnets, ceintures
et sacs à dos. Également lors de l’ISPO, Ventura Inc. a annoncé quels seraient
les distributeurs de cette nouvelle gamme, dont certains avaient déjà en
charge les collections chaussures.
NEFF VENDRA EN DIRECT EN ITALIE
GRÂCE À FRESCO DISTRIBUTION
Neff fournira le marché italien en direct grâce à l’agence commerciale
Fresco. Neff rejoint ainsi DVS, Lakai, Makia, Color Wear, Diamond et
DGK dans le portefeuille Fresco.
PENNY SKATEBOARDS
EN DIRECT EN AUTRICHE
ET EN ALLEMAGNE
Absolute Board Co., propriétaire de Penny Skateboards, Z Flex, Seven et
Uppercut Deluxe, a nommé Steve Richter responsable du développement
de l’équipe commerciale en Allemagne et Autriche. L’entreprise vendra
ses produits en direct aux détaillants des deux pays.
MANAGEMENT BUYOUT CHEZ TKC
Le management de TKC Sales, en Grande-Bretagne, a conclu un accord
de rachat de l’entreprise. Le Directeur Marketing, Matt Woodruffe, et le
Directeur Financier, Paul Wearmouth, ont pu compter avec l’appui de la
Lloyds, tandis que les propriétaires originaux quitteront la structure après 25
ans. Woodruffe et son équipe ont doublé les ventes de l’entreprise en dix ans
et visent davantage de croissance. TKC Sales représente Nordica, Tecnica,
Mi-Pac, Element et de nombreuses autres marques vendues par plus de 1600
détaillants en Grande-Bretagne.
21GROUPSPORTS RACHÈTE
PLANET-SPORTS
Malgré la mise en liquidation de Puccini, filiale de Planet-Sports,
21groupsports est parvenue à trouver un terrain d’entente avec
l’administrateur pour racheter le groupe alors que la passation était déjà
en cours avant l’effondrement de Puccini. Jörg Mayer, fondateur et PDG
de 21groupsports, a pour objectif d’élargir la clientèle visée : “En dépit
de la situation économique délicate de la holding Puccini, Planet-Sports
jouit d’une grande réputation au sein du marché des action sports et est
à juste titre une des enseignes préférées de nombreux clients.”
CAPITA OUVRIRA UNE USINE
DE PRODUCTION EN AUTRICHE
CAPiTA a annoncé son objectif de créer The Mothership, la plus avantgardiste des usines de snowboard au monde. Ce sera cet automne. En 2012,
CAPiTA a racheté l’usine ELAN, la plus grande au monde mais, d’après le
Président de CAPiTA, Blue Montgomery, l’objectif de l’entreprise n’a jamais
été de gérer une usine aussi grande. The Mothership aura 0 % d’émissions
carbone et fonctionnera avec 100 % d’énergie solaire et hydraulique. L’usine
de Feistritz a.d. Gail, couvrira près de 20 000 m2 et aura une piste de test
produits de 1,2 km. Tous les employés garderont leur emploi.
MARIAN KAEDING,
RESPONSABLE EUROPE MERVIN
Mervin Manufacturing a nommé l’ancienne Directrice Marketing Europe Burton,
Marian Kaeding, responsable Europe. Elle sera basée dans le nouveau QG de
l’entreprise, à Munich, inauguré en automne de l’an dernier. Kaeding travaillera
en relation très proche avec le QG US, à Seattle.
PARTENARIAT DE CONTOUR CAMERA
AVEC ANTIX
Contour et Antix ont signé un accord de collaboration à ISPO. Les produits
Contour incluront la technologie autoédition d’Antix pour faciliter l’édition et
le partage des images.
NOUVEAU RESPONSABLE EUROPE POUR 37.5™
37.5™ a nommé le vétéran du textile technique, Edouard Liffran, nouveau
Responsable Europe. Liffran a plus de 20 ans d’expérience dans l’industrie
du textile, beaucoup d’entre elles à la tête de sa propre entreprise, Sourciva,
ou au sein des départements commerciaux de nombreuses marques.
9
salons professionnels
SALONS PROFESSIONNELS
ISPO, 26-29 JANVIER, MUNICH, ALLEMAGNE
C’est sous un manteau blanc que se sont ouvertes les portes de l’édition 2015
Ce fut également l’un des endroits les plus actifs du salon cette année,
d’ISPO Munich : une neige providentielle après un timide début d’hiver. Le salon à grands renforts de bruit, de bières et de longskate, pour un résultat
affichait complet et ce très tôt lors des réservations, avec pas moins de 2 585
très fructueux niveau affaires. Avec la présence de la rampe Volcom,
exposants répartis sur 104 940 mètres carrés de superficie, dont un nombre en
autant dire qu’il y régnait une belle pagaille comme savent en offrir les
forte hausse dans les secteurs de la santé et du fitness, ainsi que de l’outdoor
boardsports. Cela reflétait parfaitement l’essor offert au matériel de skate
(+ 40 exposants). Quant à la fréquentation, les chiffres se révèlent similaires
au sein du salon ces dernières années. À noter également, l’exposition
à ceux de l’an dernier, soit dans les 80 000 visiteurs, avec notamment une
de baskets The Onehundred présentée par Sneakerfreaker et sa frise
percée sensible des Chinois, Turcs, Britanniques et Américains. L’ISPO
chronologique revenant sur l’histoire de la basket. Nous sommes persuadés
demeure sans conteste le plus grand rendez-vous en Europe parmi les
que cela préfigure de la prochaine édition, avec davantage de marques
salons consacrés aux sports d’hiver, et il est le seul à jouir d’une telle aura
de skateshoes présentes, un essor qui va de pair avec la croissance du
internationale. Les boardsports continuent d’avoir la part belle dans les halls A1, nombre d’exposants de matériel skate. Plus loin dans le même hall, le
A2 et A3, répartis à travers des plateformes thématiques permettant de mieux
lancement de l’espace Cold Water Surfing (en collaboration avec EuroSIMA,
distinguer les intérêts de chacun, et aux marques de développer de nouvelles
Blue Magazine, Carve Magazine et Surf Nordic Magazine) a été couronné
zones commerciales. Au sein du hall A1, trônait comme à l’ordinaire les
de succès, fort de débats quotidiens très animés. Cette plateforme CWS
marques de matériel du snowboard. La fréquentation comme l’atmosphère qui
fournit ainsi un nouveau pilier sur lequel les marques de surf peuvent
y régnait reflétaient bien l’humeur maussade du secteur, victime d’une nouvelle
s’appuyer, tout comme elle a permis d’attirer de nouveaux exposants tels
saison difficile. Quelques marques manquaient à l’appel mais celles présentes
que Finisterre, Fomento Donostia, GlassyPro, Holysports et Xcel.
affirmaient que cela leur avait laissé davantage de latitude que lors des éditions
précédentes pour échanger avec les
Enfin, le hall A3 était animé par les
acheteurs importants du marché.
marques de freeski et de SUP, ainsi
Les boardsports continuent d’avoir la part belle
Les exposants absents étaient tout
que par la présence du collectif Camp
de même représentés en tant que
de Base d’OSV. Cet environnement
dans les halls A1, A2 et A3, répartis à travers des
visiteurs dans les allées, démontrant
thématique s’est révélé un lieu de
plateformes thématiques permettant de mieux
que, peu importe la santé de la
détente et de business particulièrement
distinguer les intérêts de chacun, et aux marques
demande, les marques-phares se
réussi, très fréquenté à l’heure du
doivent d’être présentes d’une façon
déjeuner. Quant au second ISPO Freeski
de développer de nouvelles zones commerciales.
ou d’une autre sur le salon. En parlant
Summit, il a permis de reprendre là où
de demande, il suffit de jeter un œil à
la précédente édition s’était arrêtée,
la taille des stands par famille de produits pour trouver quels sont les marchés
s’affirmant comme le point de rendez-vous des nouvelles marques. On
qui ont le vent en poupe. Il y a encore cinq ans, les stands rétrécissaient au
signalera également l’intérêt croissant porté au forum ISPO Textrends, alors
fur et à mesure que vous quittiez le hall A1 pour le hall A6 : aujourd’hui, c’est
que les responsables marketing et produits réalisent désormais qu’ils peuvent
l’inverse. Et cela aura probablement encore changé dans cinq ans... Un salon
rencontrer marques et fournisseurs sur un seul et même salon.
aussi diversifié que l’ISPO possède notamment le mérite d’apporter un socle
solide aux marques sur un marché en constante évolution, preuve que les
Terminons par les ISPO Awards et notamment le prix de l’ISPO Eco
orientations prises par le salon portent leurs fruits. L’espace freeride Tailgate
Product of the Year décerné au casque Hubber de Picture Organic. YES
faisait à nouveau le buzz cette année, à travers un savant mélange d’exposants
repart également avec la médaille d’or pour son modèle Powderhull 20/20,
et de rencontres d’experts, le tout s’achevant dans la bonne humeur lors des
tout comme Billabong pour son sac Apex Boa Pack et Furnace pour sa
soirées (précoces) qui ponctuaient chaque fermeture quotidienne. Relocalisé à
combinaison en carbone, ou encore Dragon avec le masque NFX, NOW et
l’extrémité du hall A1, l’ISPO Brandnew Village avait été intégralement relooké
ses fixations highback Carbon Ramie, Giro et son masque Contact et enfin
pour l’occasion, accueillant 50 nouveaux-venus, comme le fabricant de drones
Poc pour son casque Auric.
HEXO+, vainqueur d’un prix dans la catégorie Accessoires.
Le salon ISPO se fait ainsi le témoin d’une offre plus diversifiée que jamais
Dans le hall A2, les marques de vêtements techniques étaient à nouveau
avec, en figures de proue, le skate et le surf, auxquels viennent s’ajouter
regroupées avec celles de l’optique et du skate. Quant à la Longboard
les marchés traditionnels du sport d’hiver. Rendez-vous est pris pour l’an
Embassy, organisée par 40inch Longboard Magazine, l’espace abritait le
prochain ; notez d’ores et déjà les dates : du 24 au 27 janvier 2016, soit de
plus grand rassemblement de marques de longskate jamais vu en Europe.
nouveau du dimanche au mercredi.
11
salons professionnels
SALONS PROFESSIONNELS
BRIGHT, 19-21 JANVIER, BERLIN, ALLEMAGNE
Le site du Warenhaus Jandorf accueillait pour la dernière fois le salon
Bright, alors que la prochaine édition délaissera l’ancien grand magasin
pour se rapprocher du salon Seek. Ce Bright 2015 a tenté de faire bonne
figure lors de cette fashion week berlinoise alors que le salon BBB
est devenu de son côté un événement marginal, n’attirant plus qu’une
cinquantaine de marques. Mais c’est toute la fashion week qui a souffert
d’un manque de fréquentation ; la preuve, trouver un vol ou une chambre
d’hôtel à la dernière minute n’était pas un souci. Le Bright peut quant à lui
se targuer d’un nombre de visiteurs légèrement à la hausse par rapport
à l’an passé, et même d’avoir connu la plus forte affluence lors des deux
premiers jours. Pour le marché du streetwear et de la basket, Bright
demeure la plateforme européenne la plus importante de la saison, fort de
50 % de visiteurs étrangers. Les 300 marques exposantes reflétaient ainsi
un équilibre réussi entre sneakers, streetwear et skate. Le rez-de-chaussée
recensait en majeure partie les marques mode les plus innovantes, tandis
que le premier étage accueillait les exposants traditionnels du Bright et,
le second niveau (ouvert pour la première fois lors d’une édition d’hiver)
abritait des marques telles que Carhartt, The Hundreds et Undefeated.
Quant à la quatrième édition des Bright European Sakte Awards, en
association avec Vans, Budweiser et Red Bull, elle se tenait dans une
nouvelle House of Vans que l’année précédente. À la fois plus grosse
et mieux organisée, la soirée fut un succès. Parmi les récompensés, on
retiendra Madars Apse pour le prix du Kingpin European Skateboarder of
the Year. Polar Skate Co. repart avec le trophée de la Marque de l’année
pour la seconde fois consécutive et le shop belge Lockwood reçoit de son
côté le prix du Magasin de l’année.
Comme évoqué plus haut, la décision a été prise de se rapprocher du
salon Seek et le Bright posera donc ses valises dans l’Arena Glashaus qui
surplombe la rivière Spree, soit une extension de 1 500 m2 par rapport au
site actuel. Les dates de l’édition estivale : du 8 au 10 juillet 2015.
www.brighttradeshow.com
JACKET REQUIRED, 4-5 FÉVRIER 2015, LONDRES, GB
Rendez-vous traditionnel britannique de l’habillement hommes au
sein de The Old Truman Brewery, le salon a été cette année plus
actif que jamais, avec notamment une présence forte d’acheteurs
britanniques et internationaux sur les deux niveaux que compte
le Jacket Required. De la bouche des exposants, il semble que les
acheteurs anglais soient davantage attirés par un approvisionnement
de proximité en Grande-Bretagne. Cette tendance est due sans aucun
doute à la bonne santé économique du pays et à la perte de vitesse de
la fashion week berlinoise, entamée notamment par l’écroulement du
BBB. Les acheteurs internationaux étaient aussi de la partie, preuve
que Londres demeure the place to be pour les grands acteurs de la
scène streetwear en Europe. Parmi les 225 marques recensées, tout
le spectre du streetwear, footwear et des accessoires était représenté,
davantage même que lors des années précédentes : Addict, Deus Ex
Machina, Dickies, Element, Globe, Herschel Supply Co, Lightning Bolt,
MakeMake, Mipac, Navitas, Nixon, Poler Stuff, Raen Optics, RVCA, Santa
Cruz, Stance, Uppercut Deluxe, Volcom et WESC exposaient à Londres.
Le salon continue de miser essentiellement sur le produit, alors que,
pour seul décorum, les marques disposent de portants et rien de plus.
Pour qui cherche à étendre son influence sur le marché streetwear au
Royaume-Uni, le Jacket Required demeure une priorité. Les dates de
l’édition estivale : 29-30 juillet 2015.
www.jacket-required.com
SLIDE, 27-29 JANVIER, TELFORD, GB
Témoin du sursaut de l’économie britannique, cette édition du salon
Slide s’est révélée la plus solide depuis un certain nombre d’années. En
se positionnant avant l’ISPO cette année, le Slide était ainsi le premier
à exposer les nouveautés de l’hiver 2015/16 en snowboard, offrant aux
acheteurs tout le temps nécessaires pour faire leur sélection tout en
respectant les délais de commande et de fabrication. Les études réalisées
auprès des visiteurs montrent que 56 % d’entre eux déclaraient être
intéressés par les produits snowboard, une tendance sans aucun doute
boostée par les résultats britanniques dans la discipline aux derniers Jeux
Olympiques. Pour les marques de snowboard, le marché britannique est
d’ailleurs le fer de lance en Europe cette année. Malgré la superficie revue
à la hausse, le salon avait affiché très vite complet, comptant plus de 250
exposants. Parmi eux, des anciens et des nouveaux venus, tels que Penguin
Clothing, Marchon Eyewear, Peak Performance, Love Inc. Snowboarding,
Thule, Sinner, Columbia, O’Neill (textile et optique), Nutcase, Vans. Enfin, les
12
vainqueurs des Slide Awards (élus par les détaillants et la presse) étaient
Atomic en catégorie Matériel, pour leurs nouvelles chaussures de ski rando
Backland super légères. En catégorie Vêtements, c’est la Bountiful Jacket
de Dare 2b qui décroche le premier prix et, en Accessoires, le sac à dos
airbag Scott Alpride Pro 12 s’impose face à 16 autres produits sélectionnés.
Événement incontournable du secteur du snowboard en Grande-Bretagne,
le Slide est un rendez-vous de choix pour les détaillants. Un sondage
auprès des visiteurs montre qu’ils sont 75 % à décider de leurs achats lors
du salon. Cette édition était bel et bien à l’image d’un secteur des sports
d’hiver en pleine santé au Royaume-Uni. Alors que l’ISPO a annoncé des
dates avancées pour l’an prochain, il sera intéressant de voir quelles seront
celles du Slide en 2016...
www.slideuk.co.uk
journées test snowboard
ON SNOW DEMOS
PRO SHOP TEST, 25-27 JANVIER, ANDALO (TRENTINO), ITALIE
La 5ème Edition du Pro Shop Test est parvenue à susciter une vague
d’enthousiasme malgré le faible enneigement de cette saison. Le choix
d’Andalo comme nouveau lieu, entouré par la beauté majestueuse des
Dolomites de Brenta, fut un succès. Le village de test était situé sur le
parking du téléphérique et a accueilli 99 marques avec 1415 produits, qui
ont été présentés à 81 magasins et 233 personnels de magasins. Le samedi
avait lieu le premier Freeride Forum : une conférence exclusivement
dédiée aux professionnels, avec deux séminaires. Le premier, présenté par
Benedetto Sironi de Pointbreak, a exposé un panorama très intéressant du
marché européen et du marché italien, utilisant des données fournies par
Outdoor Sports Valley et le magazine Source. Le deuxième, présenté par
Günther Acherer de Panorama Diffusion, a couvert les sujets du freeride et
de la sécurité, puis a été suivi par un test pratique le jour suivant.
Le dimanche soir, ISPO a proposé l’apéritif de bienvenue pour les Snow Shop
Awards de cette année. Le ISPO Best Snowboard Shop award a été remporté
par le magasin Morgan Air Eupilio, le gagnant du prix Pointbreak Best Shop
Activity a été le magasin Sportmarket Cornuda pour son “Gite The Blast
Snowboard Club.” Le Source Lifetime Achievement a été présenté à Enzo
Bargagna de Hoasy Surf Shop Livorno, le tout premier shop de snowboard
en Italie. La prochaine édition du Pro Shop Test reviendra à Bardonecchia,
le lieu de l’année dernière, et le mardi, jour d’ouverture, seront invités des
instructeurs et des écoles de snowboard ainsi que des loueurs de snowboard.
www.proshoptest.com
SHOPS 1ST TRY, 25- 27 JANVIER ALPBACHTAL – WILDSCHÖNAU, AUTRICHE
Shops 1st Try s’est déroulé dans un nouveau lieu après cinq ans à
Landeck. Même s’il a neigé pendant les deux jours de l’événement,
le lieu était facile d’accès, à seulement 1h15 de Munich, 45 minutes
d’Innsbruck et 1h45 de Salzbourg. La zone d’exposition était installée
sur un parking, au pied du téléphérique, ce qui a rendu l’installation
et la désinstallation bien plus rapides et faciles. Le premier jour, le
temps était couvert, avec des petites chutes de neige. Mais, même si
la météo n’a pas été incroyable, les conditions étaient plutôt bonnes.
À la fin du premier jour de test, le premier dîner s’est déroulé dans le
centre des congrès d’Alpbach. Le buffet a été suivi par la présentation
du prix Source/Shops 1st Try pour la meilleure conception de board,
remporté pour la première fois par Capita, avec Gooboards à la
deuxième place et Nitro à la troisième. Puis le groupe SK Ambassadors,
avec Holunder et Demograffics, a animé la soirée. Le soleil a fait une
apparition le deuxième jour, qui s’est conclu par un diner à l’hôtel
Alphof. Le troisième jour, la météo s’est gâtée mais l’esprit business
était à son comble grâce aux chutes de neige. 50 marques ont exposé
leurs produits dont Slash by Gigi, Buddy Buddy, Now Bindings, 686 et
Stepchild pour la première fois. L’événement a reçu 139 shop, dont 89
indépendants, avec un total de 337 détaillants et 180 représentants.
Sur l’ensemble des trois jours, 1535 planches, 909 fixations, 485
boots et 188 accessoires ont été testés. Des chiffres intéressants ont été
récoltés par le système de tracking de produit Candy du Shops 1st Try.
Les résultats concernant les tests de planches sont les suivants : 49 %
all mountain, 31 % freestyle, 15 % freeride, 5 % jib, 1 % touring ; les profils
des planches testées étaient à 41 % hybride, 29 % cambre,13 % cambre
inversé et 16 % flat.
www.shops-1st-try.com
SNOW AVANT PREMIERE, 18-20 JANVIER, LA CLUSAZ, FRANCE
Le soleil a brillé haut et fort toute la journée lors du premier jour
de test de la 14ème édition du Snow Avant Première à La Clusaz. La
motivation était à son comble après deux journées de fortes chutes
de neige, et de la “fraîche” jusqu’aux genoux, offrant aux testeurs des
conditions parfaites pour essayer l’offre de matériels de snowboard
automne hiver 15/16.
Grâce à ce magnifique soleil et à cette poudreuse, le premier jour était
assez calme dans la zone de test. Alors que le ciel est devenu gris
le deuxième et le troisième jour, les marques et les revendeurs se
sont remis au travail. La démo a accueilli 821 personnels de vente de
328 shops, une augmentation de 3 % par rapport à l’année dernière.
Il y a eu 3534 tests de produits parmi les 50 marques exposées.
C’était la première fois que Signal participait à la démo, tandis que
Stepchild et Arbor étaient de nouveau présentes. 12,5 % des visiteurs
venaient d’autres pays : de Suisse, de Grande-Bretagne, de Belgique
et d’Allemagne. Cette année, pour la première fois, les marques ont
pu exposer leurs produits à l’intérieur d’un show-room de 450 m²
permettant aux revendeurs de voir rapidement les produits principaux
de chaque marque dans une ambiance chaleureuse.
www.sportair.fr
L’an prochain, ISPO étant avancé au 24 janvier, certaines démos On-Snow se dérouleront probablement aux
mêmes dates… Donc, chères marques, veuillez-vous assurer de prévoir assez d’échantillons.
14
détaillant du mois
RED SNAPPER
Vous aurez certainement remarqué, grâce aux articles récents de Source sur le Cold Water Surf et grâce à la plate-forme CWS à
ISPO, que c’est une tendance que les gens commencent vraiment à prendre au sérieux. Dans le Profil Revendeur de ce numéro,
Source a discuté avec notre ami de Nordic Surfers Mag pour essayer de voir quel est le shop qui tire le mieux son épingle du jeu
en Scandinavie. Voici Matthew Baxter, propriétaire de Red Snapper à Malmö en Suède, pour mieux comprendre le milieu de la
vente au détail dans le domaine du Cold Water Surf dans les pays du Nord.
Dressez-nous un bref historique de Red Snapper.
J’ai lancé le magasin en 2005 ici à Malmö, en Suède, je surfe ici depuis 1996 et je
voulais faciliter l’accès à des combis, des chaussons et des gants de bonne qualité.
La Scandinavie est de plus en plus attractive en termes de Cold Water
Surf et ça devient tendance, pourquoi ?
Je crois que la Norvège mérite une reconnaissance internationale pour ses
bonnes vagues et ses line-up déserts. La Suède a aussi de bons jours, mais
c’est plus rare. Nous sommes beaucoup plus connus pour nos belles filles,
pour IKEA et pour nos boulettes de viande !
Quelles sont les marques qui contribuent réellement au Cold Water Surf
de manière efficace ?
Elles se stimulent mutuellement, ce qui ne peut être que positif. Le niveau
des marques est simplement lié au niveau de leur dernière combi, leurs
derniers chaussons ou gants. Personnellement, j’utilise la Pyro 6/4 chez
O’Neill. Je crois que la conception est excellente, de même que son flex.
Les chaussons que j’utilise actuellement sont les Drylock RT 7 mm de chez
Xcel, quant à mes gants, ce sont des Drylock 5 mm à trois doigts de chez
Xcel. Ceci étant dit, je crois que Patagonia est sur la bonne voie avec ses
combinaisons écoresponsables et son Néoprène japonais de grande qualité.
Est-ce que les nouvelles marques représentent une part important de
votre offre produits ?
En ce qui concerne les combinaisons pour eau froide, je dirais que non.
Généralement, les clients savent ce qu’ils veulent. Si quelqu’un est fan de
sa combi, de ses chaussons ou de ses gants, il va le dire à ses potes. Par
exemple, la plupart du temps, les clients vont souvent nous dire que leur
ami est à fond sur le chausson Drylock 7 mm Round Toe et que c’est le seul
qui les intéresse ; il est donc difficile de percer pour les nouvelles marques.
En ce qui concerne les vêtements, c’est différent. Rhythm en est un bon
exemple. Je les ai référencés il y a deux ans et ça se vend très bien.
J’envoie un e-mail à certains clients lorsque le matériel arrive et ils se
pointent aussitôt pour le voir. Cet été, je prendrai Afends pour la première
fois, je suis sûr que ça va bien marcher. Si le style est cool et que la qualité
et au top, le client achète.
Quelles sont les différences en termes de besoins pour un surfeur
scandinave par rapport à ceux d’un surfeur au sud de l’Europe ?
Bien évidemment, pour les mois d’hiver, nous avons besoin de combinaisons
plus épaisses. Une cagoule intégrée est plus ou moins nécessaire. Si votre
matériel n’est pas au top, vous passez une demi-heure à l’eau et c’est fini.
En effet, une fois que les pieds et les mains deviennent insensibles, on ne
peut plus rien faire. Si vous faites une heure de route pour aller surfer,
vous allez vouloir rester à l’eau pendant 4 heures. En plus, il peut se passer
une semaine avant qu’il y ait à nouveau des vagues. C’est un peu comme
partout… Avec de bonnes prévisions météo, vous pouvez voir le surf arriver
presque une semaine à l’avance. Cela signifie que vous devez vous préparer,
parce que c’est souvent sur une petite période de temps que ça va être bon
et vous voudrez en profiter un maximum.
Quelles sont les tendances que vous voyez venir en termes de planches ?
Aujourd’hui, tout le monde ride des planches plus courtes, mais avec un peu
plus de volume. Le poids de la combinaison et le manque de sel dans l’eau
signifie que le volume est bienvenu. Quand vous ne surfez que trois ou quatre
fois par mois, c’est très important d’avoir la (ou les) bonne(s) planche(s).
Quels conseils donneriez-vous aux autres revendeurs indépendants qui
essaient de concurrencer les grandes enseignes ?
Focalisez-vous sur du matériel de qualité et assurez-vous que le client
est satisfait de son achat. Lorsque je commande des T-shirts ou des
boardshorts, j’inspecte tout comme un agent du FBI. Assurez-vous que le
matériel que vous achetez ne va pas se retrouver dans un grand magasin
près de vous, ni même ailleurs.
RED SNAPPER, MALMÖ, SUÈDE
16
combien : 2 ou 4 saisons?
LES 5 AVANTAGES DES CYCLES DE COMMANDES SUR 4 SAISONS
Serait-ce la fin des commandes mixtes “automne/hiver” et “printemps/été” ? Compte rendu par Dirk Vogel
Lorsque vous entendez “quatre saisons”, vous pensez tout de suite à une
délicieuse pizza, mais ce n’est pas seulement ça. Quatre saisons, c’est aussi la
stratégie de livraison de facto d’un nombre croissant de marques de l’industrie
des sports de glisse. Finie l’agrégation du printemps et de l’été, puis de
l’automne et de l’hiver, pour une livraison de produits deux-en-un. Aujourd’hui,
chaque saison bénéficie d’une commande particulière ainsi que d’une date de
livraison, avec ses propres modèles, ses lookbooks et ses numéros UGS.
Mais, attendez une minute. Dans cette période où l’industrie est encombrée
d’un stock incroyable, est-ce que le fait de commander des produits plus
souvent n’est pas simplement contre-productif ? Eh bien, chose peu
surprenante, certains distributeurs font état d’une certaine réticence des
revendeurs à transiter vers un modèle à quatre saisons.
“Bien évidemment, nous entendons toutes sortes d’excuses comme :
on ne passe pas de commandes pour l’été, ou bien : on ne fait que le
printemps et l’hiver”, indique Jörg Ludewig, copropriétaire de Urban
Supplies Distribution en Allemagne. Il ajoute : “Certains revendeurs ont
quelques difficultés à commander à l’avance, mais pour survivre dans
l’environnement actuel très hostile aux détaillants, vous devez apprendre à
faire des prévisions correctes.”
DU TRAVAIL SUPPLÉMENTAIRE DES DEUX CÔTÉS
Chaque personne interrogée pour cet article a été d’accord pour dire
que le fait de passer de deux à quatre saisons requiert certains efforts.
“Cela implique plus de travail pour les représentants, les acheteurs
et l’entrepôt. C’est la même chose pour les marques pour lesquelles
les équipes design, marketing et tout le reste, doivent travailler deux
fois plus”, indique Franz Josef Hoeller chez FRESCO Distribution.
“Évidemment, cela requiert plus de travail [pour les marques] qui doivent
concevoir quatre lignes au lieu de deux, mais il y a souvent beaucoup de
modèles reportés d’une saison à l’autre ou des modèles qui changent
simplement de couleur”, indique Jörg Ludewig.
Selon les marques dominantes et les distributeurs, le jeu en vaut la
chandelle, puisque les deux parties en récoltent les bénéfices. “Les
détaillants reçoivent de nouvelles offres de produits pour stimuler un peu
les ventes, plus de deux mois avant les soldes nationales [de fin d’année].
Les marques bénéficient, quant à elles, de cette visibilité supplémentaire
tous les trimestres grâce aux offres de produits saisonniers et aux
projets particuliers et elles profitent aussi des ventes trimestrielles
supplémentaires”, indique Antoine Soule, EMEA Product Line Manager du
Footwear chez DC Shoes Europe ; une marque qui a toujours maintenu son
modèle à quatre saisons en Europe.
Pour les revendeurs, passer le cap de cette transition boostera
potentiellement tous les aspects de leur business. “Passer des
commandes plus petites peut permettre de maintenir l’attrait de
“Nous conseillons d’avoir, pour chaque marque, un marketing impactant et complet ainsi qu’une
histoire concernant le design, ceci afin de proposer au consommateur final un objectif d’achat
clair et sympathique. Une histoire complète, c’est une histoire qui présente une vision, un plan et
une stratégie marketing complets, ainsi qu’une exécution de vente qui livre le bon produit à notre
consommateur final, de la vitrine au marketing visuel dans le shop même.”
Jean-Louis Rodrigues, directeur général Billabong Europe
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combien : 2 ou 4 saisons?
“Passer des commandes plus petites peut permettre de maintenir l’attrait de vos présentoirs avec beaucoup de
produits nouveaux ; les clients le remarqueront et l’apprécieront. En plus, votre trésorerie sera en meilleur état
puisque les paiements se diviseront en factures plus petites.” F.J. Hoeller chez FRESCO distribution
vos présentoirs avec beaucoup de produits nouveaux ; les clients le
remarqueront et l’apprécieront. En plus, votre trésorerie sera en meilleur
état puisque les paiements se diviseront en factures plus petites”, indique
F.J. Hoeller at FRESCO.
LE NOUVEAU STANDARD ?
Le directeur général Europe de chez Billabong, Jean-Louis Rodrigues,
remarque : “nous avons fait le choix d’une situation intermédiaire, puisqu’en
Europe nos distributeurs n’ont pas l’habitude d’acheter quatre saisons
complètes. Nous avons dorénavant deux grosses saisons et deux saisons
plus légères en été, et en hiver au moment des fêtes de fin d’année.”
À long terme, cette situation intermédiaire s’arrêtera probablement bientôt,
puisque remplir les bons de commandes quatre fois par an constituent déjà
le nouveau standard pour les acheteurs : “la plupart des shops proposent
effectivement quatre ou au moins trois saisons. Ceux qui n’en proposent
que deux sont soit plus petits soit satisfaits de ce qu’ils font. Mais les gros
acteurs principaux font quatre saisons et cela les aide beaucoup”, indique
Jörg Ludewig chez Urban Supplies Distribution en Allemagne.
Ceci étant dit, voici cinq raisons pour les revendeurs d’arrêter de s’inquiéter
et d’apprendre à apprécier les cycles de commandes sur quatre saisons.
1. CONTRÔLE DE L’INVENTAIRE
“L’avantage très net, ce sont des produits plus nouveaux et plus frais dans
les magasins. En plus, le magasin aura des factures réduites à couvrir,
puisqu’il fera plus souvent des commandes en plus petites quantités”,
indique F.J. Hoeller chez FRESCO. Le contrôle de l’inventaire améliore
aussi la situation pour les marques, indique Jörg Ludewig : “nos marques
doivent garder du stock pour les nouvelles commandes. Le fait d’avoir
quatre saisons permet donc de prévoir l’inventaire plus facilement.”
De nouvelles commandes plus fréquentes et plus stratégiques permettent
aussi de se focaliser sur le développement de certaines marques, indique
le directeur général de Billabong Europe, Jean-Louis Rodrigues : “Nous
conseillons d’avoir, pour chaque marque, un marketing impactant et
complet ainsi qu’une histoire concernant le design, ceci dans le but de
proposer au consommateur final un objectif d’achat clair et sympathique.
Une histoire complète, c’est une histoire qui présente une vision, un plan et
une stratégie marketing complets ainsi qu’une exécution de vente qui livre
le bon produit à notre consommateur final, de la vitrine au marketing visuel
dans le shop même.”
2. LES PRODUITS ADAPTÉS À LA SAISON
Les marques travaillent dur pour promouvoir leurs sorties saisonnières
afin que les shops restent des lieux attrayants. “La régularité des cycles
de commandes et des opérations de marketing et de vente sur une base
trimestrielle permet d’éduquer le consommateur sur le rafraîchissement
de l’offre des détaillants, en plus des livraisons bien connues du
printemps et de l’automne. En réalité, cela pousse plus de clients à
entrer dans les shops pour regarder les collections des deuxième et
quatrième trimestres”, ajoute Antoine Soule chez DC Shoes. Chez
Billabong, Jean-Louis Rodrigues est sur la même longueur d’onde :
“Nous proposons des produits plus frais aux revendeurs avec des
offres de produits de bonne qualité pour la saison ainsi que de jolies
collaborations, ce qui a pour effet de faire une véritable différence pour
les détaillants verticaux et pour notre concurrence directe.”
3. L’OPPORTUNITÉ D’AJOUTER DE NOUVELLES MARQUES
Lorsque les détaillants prennent l’habitude de commander de manière
plus spécifique, plus souvent, alors ils peuvent introduire plus facilement
de nouvelles marques. Regardez simplement l’histoire de la marque de
vêtements sur le montant Vissla, comme l’indique Derek O’Neill, président
de Vissla Europe : “Vissla est arrivée sur le marché européen en mai 2014,
sans commandes pour l’été ni pour l’hiver. Nos représentants sont arrivés à
la porte de certains des revendeurs les plus spécialisés d’Europe, avec une
marque inconnue. Le fait qu’ils aient pu obtenir de l’espace immédiatement
pour la saison intermédiaire montre bien que les revendeurs ont toujours
de la place pour de nouveaux produits.”
4. UNE RÉPONSE PLUS RAPIDE À LA TENDANCE
Bien que ce soit bien sûr la faute d’Internet, les tendances évoluent très
vite aujourd’hui. Et pour vous montrer simplement contre quoi se bat
notre industrie : l’énorme usine à gaz espagnole de la mode, Zara, est en
mesure de sortir 52 collections par an ! Adopter une attitude proactive est
tout simplement logique pour les marques comme Billabong, où JeanLouis indique qu’offrir “plus de fraîcheur en termes de produits rapproche
la marque des tendances et, par conséquent, la rapproche aussi de la
demande des consommateurs ; l’inventaire voit plus de rotation, quatre fois
ou plus par an.”
Selon Antoine chez DC Shoes, une réactivité plus importante bénéficie
aussi aux petits revendeurs : “tout particulièrement pour les revendeurs
indépendants, la collection trimestrielle apporte un peu de fraîcheur et
les aide à se différencier de la plupart des gros comptes qui placent leur
budget au niveau semestriel.” Cependant, beaucoup de travail reste à faire,
indique F.J. Hoeller chez FRESCO: “ce qu’aiment les magasins, ce sont
des gros coups sur l’année avec des designs particuliers, qui apportent de
la nouveauté, mais qui restent en édition limitée. Et, particulièrement en
Italie, les revendeurs ne sont pas tout à fait habitués à recevoir beaucoup
de livraisons au cours de l’année, ils apprécient deux ou trois grosses
livraisons de la part des marques.”
5. PERSONNE NE CONNAÎT L’AVENIR
Le judicieux Yoda l’a dit mieux que quiconque : “Difficile de voir. Toujours
en mouvement est le futur.” Pourquoi donc mettre tous vos œufs dans le
même panier et vous projeter six mois à l’avance alors que les nouvelles
tendances (voir n°4) jaillissent de partout et que les nouvelles marques
émergent (voir n°3) en quelques jours ? “Commander pour six mois à
l’avance est un véritable défi pour tout le monde, pour les marques comme
pour les revendeurs. Et, en tant que marque internationale, nous suivrons
l’approche de la multiplicité des saisons”, indique le président de Vissla
Europe, Derek O’Neill.
“À moins d’être diseuse de bonne aventure, prédire l’avenir sur trois mois
au lieu de six peut minimiser votre prise de risques et les chances de vous
tromper dans les achats en seront d’autant réduites”, indique Ludewig chez
Urban Supplies, et d’ajouter : “je sais bien que la plupart des revendeurs
détestent passer commande à l’avance mais, si vous voulez conduire
correctement vos affaires, comment faire autrement ?”
“Certains revendeurs ont quelques difficultés à commander à l’avance mais, pour survivre dans l’environnement
actuel très hostile aux détaillants, vous devez apprendre à faire des prévisions correctes.”
Jörg Ludewig, copropriétaire chez Urban Supplies Distribution
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tendances
tendances
“De plus en plus de surfshops développent leur offre vers le haut de gamme. C’est sûr que
la hausse du dollar ne va faire qu’augmenter ces tarifs mais, dans beaucoup de domaines,
le luxe n’est pas en crise !” Pierre-Bernard Gascogne, PDG de Surf System
“De plus en plus de surfshops développent leur offre vers le haut de gamme.
C’est sûr que la hausse du dollar ne va faire qu’augmenter ces tarifs mais,
dans beaucoup de domaines, le luxe n’est pas en crise !” À 1 euro pour 1,12
dollar, le cours de la devise demeure la grande inconnue de 2015.
photo: Firewire - Ben Thouard
ORIGINAUX VS COPIES
Cette offre haut de gamme est largement alimentée par le courant néorétro, avec des longboards classiques et shortboards hybrides aux finitions
classieuses (glass premium, résine teintée). Mais pas seulement, et c’est là
une des nouveautés alors que Surf System importe également du shortboard
high-performance signé Simon Anderson, Chilli, LSD, Aloha ou Webber, à
savoir des modèles déjà présents en Europe. Une partie de la clientèle ne
jure donc que par “the real thing”, des vraies planches fabriquées sur le site
originel, même si rarement de la main même du shaper en question…
DU PAIN SUR LA PLANCHE
Premier témoin de la bonne santé des hardgoods, les planches de surf se distinguent par une offre plus diversifiée que
jamais. Un casse-tête autant qu’une aubaine pour les détaillants. Par David Bianic
Au sein de ce secteur hétéroclite qu’est le marché des surfboards, seule
une ligne commune regroupe tous les acteurs : “the bottom-line”, la ligne
des comptes, alors que le chiffre du secteur n’en finit pas de croître. De
combien ? Impossible à dire car, à la différence de son pendant textile, le
marché des surfboards n’est que trop rarement sondé.
“Nous n’avons pas mené d’études sur les ventes de planches de surf
depuis 2008, mais je pense qu’aujourd’hui ce chiffre est supérieur de 20
à 30 % car le nombre de pratiquants est en hausse permanente”, pressent
Franck Laporte, directeur d’EuroSIMA. D’une estimation de 43 000
planches vendues entre 2008-2009, le chiffre dépasserait alors les 50 000
exemplaires par an. Plus qu’une simple croissance, une stabilité rassurante.
Beaucoup confirment une hausse identique des ventes, modeste mais
régulière, à l’image de UWL à La Rochelle, un des plus gros shapers
indépendants en France : “Nous avons enregistré une augmentation de 5 %.
On réalise une moyenne de 4 planches par jour sur 241 jours d’ouverture,
soit dans les 970 planches”, signalent Renaud et Thomas Cardinal.
VENTE DIRECTE : UN COURT-CIRCUIT SUR LE MARCHÉ
Le magasin n’a jamais été le canal exclusif de vente des planches de surf, entre
vente directe chez l’artisan et présence chez les détaillants au niveau local voire
international. Et, en l’occurrence, le détaillant ne cesse de perdre la main sur
22
ces ventes de planches, alors que même des producteurs “de masse” courtcircuitent le schéma traditionnel pour offrir de la vente directe. C’est le cas des
planches Quiver : “En 2015, elles sont uniquement disponibles en vente directe
depuis l’usine.” Un modèle qui s’affranchit des distances, alors que les planches
sont livrées partout en Europe en subventionnant un port à coût réduit, explique
Pani de Seabase, à la fois fabricant de planche et grossiste en matériaux
destinés aux shapers européens. Même Bic Sport s’y met doucement, pourtant
déjà présente en grandes surfaces de sport (Décathlon) : “Nous ne poussons
pas les ventes sur le site ; nous ne faisons ni réduction, ni promo et l’internaute
doit payer le port. Son activité commerciale est donc réduite. La vente en ligne
est plus un service pour tous ceux qui habitent loin des shops”, modère Benoît
Tréguilly, le responsable communication de la marque. Pour le nouveau venu
Shaper.fr, à la fois grossiste en matériaux pour les shapers, et surfshop “les
ventes en ligne représentent aujourd’hui 70 % de l’activité”, indique Jean-Marc
Raymond. De quoi faire paniquer le surfshop physique tel qu’on le connaissait ?
Les détaillants ont peu à peu migré vers une offre haut de gamme, voire
très haut de gamme, des planches à forte plus-value. Parmi ces modèles
dépassant parfois les 1000 ¤ pour un shortboard, l’import représente un
marché en plein essor. Ainsi, Pierre-Bernard Gascogne, PDG de Surf System
à Biarritz, a profondément revu son modèle économique, passant d’une
distribution historique de planches bon marché venues d’Asie, à l’import de
planches américaines signées Chris Christenson, Almond ou Bob Mitsven :
Une des alternatives est de convier ces shapers sur place, en Europe,
comme le fait tout au long de l’année UWL : des guest shapers qui se
nomment McCallum, Neal Purchase, Campbell Brothers, Elis Ericson… La
garantie d’une planche rare, et donc chère : “Les guest shapers sont très
exigeants sur la qualité et ne souhaitent pas faire n’importe quoi. Au final,
on acquiert avec le temps une reconnaissance mondiale qui commence à
payer”, se félicite Renaud Cardinal.
Le portrait de la scène shape en Europe n’a donc pas évolué depuis l’an
passé ou les années précédentes, avec un fossé important entre planches
premier prix et haut de gamme. Combler ce “gap” est sans aucun doute
un des enjeux des fabricants et détaillants. “L’écart entre bas de gamme
et haut de gamme est toujours énorme, alors que la majorité des planches
pour débutants sont importées de Chine”, rappelle Mark Carr, manager du
surfshop Down The Line à Hayle en Cornouailles anglaises, fort de son
stock permanent de 400 planches. “Nous essayons d’offrir une alternative
avec des planches shapées localement, très compétitives sans être
fabriquées en série.” À l’instar du succès rencontré par les plateaux de
skate siglés au nom de shops, une place est à prendre pour les détaillants.
“Il y a bel est bien un marché du milieu de gamme”, affirme Benoît Brecq,
directeur marketing chez Hoff Distribution. “VENON par exemple propose
des planches avec de très bons shapes et de très bons matériaux à des prix
plutôt attractifs au vu de la qualité de ces matériaux.”
Même les acteurs historiques du marché s’y mettent, comme nous le
confirme Xavier Barjou de Surf Odyssey (Simon Anderson, DHD, Eric
Arakawa, Maurice Cole…) dans les Landes : “Nous proposons une gamme
qualitative pour Rip Curl, commercialisée à moins de 500 ¤ prix public et
made in Capbreton.”
LADA ET BENTLEY DANS LA MÊME BOUTIQUE
Sur un marché sauvage, partagé entre des dealers qui ont pignon sur rue
et des backyard shapers aux charges allégées, le prix des planches “de
consommation courante” est difficile à tirer vers le haut : “Elles ne sont tout
simplement pas assez chères et je ne vois pas de changement en vue”, avoue
Pani de Seabase. Un avis que partage Darren Broadbridge d’Euroglass,
fabricant notamment de Quiksilver Surfboards : “Je dis toujours que vous
pouvez vous acheter une Lada pour 5000 ¤ mais qu’une Bentley vous en
coûtera 200 000, alors qu’un fish bas de gamme vaut 400 ¤ et un Retro
Twin Mark Richards avec polish et dérives fixes ne coûte que 850 ¤.” Ce
différentiel incohérent plombe la croissance et les revenus des fabricants.
Quant aux planches d’entrée de gamme et débutants, cette catégorie semble
définitivement acquise aux productions bon marché, venues d’usines parfois
très lointaines. “À mon avis la planche en plastique, qu’elle soit fabriquée à
Vannes ou chez Cobra en Thaïlande, garde de beaux jours devant elle car elle
répond à un réel besoin”, affirme Jean-Marc de Shaper.fr.
Bic incarne en effet l’alternative européenne sur ce secteur “entry-level”
alors que “la planche moulée est toujours dans le coup”, assure Benoît
Tréguilly, “le plus gros de nos ventes se fait sur la gamme Duratec, une
planche moulée”. “En attendant, la planche dite en plastique a révolutionné
le surf”, lance Benoît (Hoff) aux détracteurs, en désignant Surftech.
HIGH PERFORMANCE + RETRO = PERFORMANCE HYBRIDS
Ces données “macro-économiques” intégrées, reste à savoir quels sont les
shapes qui feront l’année 2015, ou plutôt les quelques mois qui constituent
le gros des ventes : “Les trois plus gros mois sont juillet, août et décembre
tandis que les trois plus faibles sont janvier, février et mars”, précise
Thomas Cardinal d’UWL. Un coup d’œil sur les best-sellers suffit à indiquer
que le shortboard high-performance résiste plutôt bien, alors que Mark,
chez Down The Line, chante un refrain bien connu chez les shops core :
“Channel Islands, JS Industries, Lost, Hayden, Pukas et Firewire demeurent
nos meilleures ventes. Les 10 % de surfeurs de très bon niveau s’éloignent
des planches courtes et larges pour revenir à des modèles plus agressifs,
similaires à ce qu’ils surfaient il y a quelques années encore, mais disons
1/4 à 1/2 pouce plus larges et 1 à 2 pouces plus courts.” Si Mark confirme
que les fish twin-fin, single et midlength se vendent toujours, leur part de
marché est aujourd’hui bien plus faible.
Mark Price de Firewire, un des poids lourds du marché, explique ce
recul par une prise de conscience des surfeurs : “Ils ont compris qu’ils
pouvaient retrouver la vitesse et la sensation de glisse des planches
rétro sur des modèles plus performants.” Le top des ventes d’UWL va
dans le même sens alors que leur #1 s’appelle la Legion, un shortboard
hybride à l’outline rond mais néanmoins agressif. “Plus compact, plus de
volume, voilà ce que recherchent les surfeurs... Même les surfeurs les
plus core cherchent des planches avec plus de confort”, affirme Renaud
Cardinal, le shaper en chef. Les shapes radicaux comme les rétro fish et
mini Simmons “s’essoufflent au profit de planches plus conventionnelles
dans leur outline et la répartition des volumes”, constate Jean-March
chez Shaper.fr, “mais qui gardent le mix plus court / plus large pour
privilégier confort et manœuvrabilité.” “En déclin apparent, la catégorie
high-performance pure demeure néanmoins celle qui connaît le plus gros
turnover”, rappelle Darren d’Euroglass, “car, dans cette niche destinée
aux surfeurs de bon niveau ou plus jeunes, le facteur performance est en
évolution constante. Et les planches suivent cette migration.”
LE CONSERVATISME AU POUVOIR
Si certaines marques comme Firewire ont brillé par l’innovation de leurs
constructions, “le PU (polyuréthane) demeure le standard de qualité et reste
la solution la plus économique pour proposer un tarif décent”, affirme Xavier
de Surf Odyssey. “Même si on observe un engouement ponctuel pour des
“Les guest shapers sont très exigeants sur la qualité et ne souhaitent pas faire n’importe quoi. Au
final, on acquiert avec le temps une reconnaissance mondiale qui commence à payer.”
Renaud Cardinal d’UWL
23
tendances
photo: Firewire - Dave Nelson
“L’écart entre bas de
gamme et haut de gamme
est toujours énorme,
alors que la majorité des
planches pour débutants
sont importées de Chine.”
Mark Carr, Manager de
Down The Line surf shop
dans les Cornouailles
anglaises.
imports asiatiques en EPS/époxy, les carences au niveau du SAV finissent
toujours pas tuer ce type de produits.” Conservateurs les surfeurs ?
“L’EPS/époxy a bien ses adeptes, mais rien ne vaut le PU/PE en terme de
polyvalence dans toutes les conditions. Nous avons déjà vu des nouveaux
modes de construction apparaître au fil des ans, mais tous finissent par
disparaître”, constate Mark depuis son shop anglais.
Pourtant les promesses de la planche “verte” avaient laissé augurer
d’une petite révolution écolo-centrée dans un monde du surf fait de belles
promesses environnementales. Engagé dans cette voie depuis 2010, le
Français NOTOX est le seul à se targuer d’un atelier 100 % propre et à
proposer des planches eco-friendly où le lin remplace la fibre de verre.
Seulement voilà, “les shapes NOTOX attirent plus par la performance et la
fiabilité que par le côté green, auquel les gens adhèrent, mais en second
plan”, reconnaît Benoît Rameix, fondateur du label. “Depuis 2011, nous
avons vendu 1200 planches en lin”, pour des ventes annuelles de l’ordre de
400 planches, principalement des modèles classiques donc…
LES FEMMES, DES SURFEURS COMME LES AUTRES
“Cherchez la femme” disait la chanson et, force est de constater qu’elle n’a
que peu sa place dans l’offre de surfboards. Non pas qu’elle ne représente
pas un marché digne d’intérêt, mais les solutions qui lui sont offertes
équivalent à celles d’un surfeur masculin de poids léger ! L’égalité, oui,
l’indifférence, non ! Si le marché féminin tourne toujours au ralenti, comme
l’indique Mark de Down The Line, c’est peut-être parce que les mêmes
modèles sont vendus aussi bien aux hommes qu’aux femmes !
Le décalage entre l’attention que prêtent les médias généralistes au surf
féminin et sa représentation dans les shops (en matériel s’entend) révèle là
encore une anomalie.
Effet d’optique ou faute grave de la part des fabricants ? “Je crois qu’il
y a moins de surfeuses dans le monde que le marché ne le suppose”,
suggère Mark Price, “même si elles constituent une catégorie importante”,
à laquelle Firewire répond par “une gamme large de planches sous-cotées
pour des surfeurs légers, qu’ils soient masculins ou féminins.”
Parmi les catégories délicates à accrocher chez les grandes marques, les
24
grommets figurent en tête de liste. En raison de la croissance très rapide des
kids, les parents rechignent à leur acheter une planche haut de gamme ou
se tournent vers le shaper local pour une planche sur mesure. Pour parer à
cette faille, Firewire a mis en place une politique de prix spécial Grom : “Nous
préférons prendre une marge plus faible pour réduire le prix de vente public.”
PERSPECTIVES : UN MARCHÉ PROTÉIFORME
Fidéliser les surfeurs, voilà un geste malin que même les “petits”
indépendants commencent à intégrer : “Nous venons tout juste de mettre
en place une carte pour récompenser les surfeurs qui nous commandent
des planches depuis des années”, explique Thomas d’UWL en France.
D’autres vont plus loin encore, avec des politiques plutôt vues dans le
textile jusqu’ici : “À travers notre nouvelle campagne Rip or return, nous
remplaçons la planche sans frais si les surfeurs ne sont pas satisfaits.”
Lancé fin janvier sur leur gamme E-Series, ce dispositif inédit démontre la
confiance du fabricant face à un SAV potentiellement très dangereux.
Au-delà des micro-tendances saisonnières, le surfeur moderne possède
donc un profil très éclectique, comme le résume Darren de chez Euroglass :
“On dénombre autant de types qui veulent sortir les dérives que d’autres qui
préfèrent un soul arch à l’ancienne. Et même le plus core des shops a besoin
de vendre et propose des planches pour débutants. Ils ont besoin de nouvelles
personnes à l’eau qui achèteront plus tard la planche de leurs rêves.” Sur un
marché aussi spécialisé en apparence que la planche de surf, l’offre généraliste
continue à être la solution la plus sage pour les détaillants.
LES TENDANCES EN 5 POINTS
•
Plus de performance hybrids (Firewire)
•
Vers une offre milieu de gamme qualité/prix
•
“Plus de planches compliquées : résine teintée,
finition polish ou super mat…” (UWL)
•
“Connaître le volume des planches” (Euroglass)
•
Des programmes de fidélisation
Survivre au choc du furtur par Dirk Vogel.
Tout s’accélère. Chaque jour apporte son lot de changements, de plus en
plus rapides. C’est impressionnant de voir comment, en tant qu’industrie,
nous nous sommes adaptés. A peine cinq ans en arrière, le marché des
boardsports était très différent : les magasins en dur dominaient la scène
et le marché européen du e-commerce ne pesait que 245 milliards par
an. Aujourd’hui, ce chiffre a presque doublé et les magasins traditionnels
souffrent de cette mutation. Quelles étaient les 5 marques principales du
marché du skate en 2010 ? Quelles sont-elles aujourd’hui ? Et que dire des
chiffres du textile ? On dirait que plus rien n’est comme avant.
Actuellement, nous sommes témoins “d’un courant de changements
tellement accéléré qu’il influence notre rapport au temps, qu’il transforme
le tempo de notre quotidien et affecte notre façon de ressentir le monde”,
écrit Alvin Toffler, auteur américain et futuriste, en 1970, dans son best
seller Future Shock. Le livre prédit un impact dévastateur sur les individus
des changements technologiques et sociétaux (trop de changements, trop
vite) : “Future Shock parle de la désorientation qu’impose l’arrivée trop
rapide du futur. Future Shock est un phénomène temporel, un produit du
changement hyper accéléré de la société”.
Ecrits il y a plus de 40 ans, ces mots dévoilent tout leur poids aujourd’hui,
avec les effets disruptifs de l’internet sur tous les versants de notre
vie. Des start-ups comme Uber et Airbnb renversent des monopoles
centenaires dans les industries du transport et de l’hôtellerie. Quand les
styles de vie sont menacés, les clashes sont inévitables. A Madrid, cinq
employés d’une entreprise de taxi, on pourchassé un chauffeur Uber
et l’on menacé de mort. “Des millions de personnes vont être de plus
en plus désorientées, rendues progressivement incapables de survivre
rationnellement dans leur environnement,”, prévoyait Toffler.
Le marché des boardsports n’est pas une exception. Tout allait bien il y a cinq
ans et maintenant nous devons faire face aux changements. Tout semble
flotter dans le vide spatial. Toffler parle de transience : “un état d’humeur, un
sentiment d’impermanence”. Les tendances flottent dans le vide spatial. Les
soldes explosent dans la stratosphère. Tout est soldé, tout le temps, à tout
moment, sur internet… -20%, -30%, -70%. Tout flotte dans le vide spatial. Où
allons-nous ? Allons-nous survivre à notre Future Shock ?
Le premier pas important est de se rendre compte que nous ne pouvons
pas contrôler ces changements. Mais nous pouvons contrôler leur façon
de nous affecter. Au lieu de nous rendre à la transience, qui épuise notre
énergie mentale, Toffler nous suggère de définir “consciencieusement notre
propre rythme de vie”. Alors que le changement est inévitable, notre qualité
de vie dépend d’un certain degré de permanence, de ces choses qui ne
changeront pas parmi toute cette confusion. Toffler les appelle des “zones
de stabilité personnelle”, des ancres permanentes sur la façon dont nous
nous sentons et nous appréhendons le monde qui nous entoure.
Sous cet angle, les boardsports sont une part importante de la solution,
pas du problème. Nos relations durables avec les boards et les gens
avec lesquels nous ridons sont de zones de stabilité de notre vie. Ce
sont des sources de relaxation, libres de toute distraction. Ce sont des
antidotes à la transience, des ancres sur notre propre réalité. Dans le
marché des boardsports, nous ne vendons pas de l’équipement, ni des
marques, ni de la technologie. Nous vendons des expériences. Des
expériences permanentes. Des souvenirs puissants, vrais, qui nous
suivront le restant de nos jours et forgeront qui nous sommes. Rien à
voir avec le pop corn friable et court-termiste de l’offre internet, gobé
en masse et sitôt oublié.
Depuis plusieurs décennies, les boardsports ont prouvé qu’ils sont bien
plus qu’une mode passagère. Ils ont prouvé qu’ils sont de véritables
cultures et styles de vie. La plupart des plateformes sur lesquelles nous
perdons notre temps aujourd’hui (les réseaux “sociaux”, les selfies, les
messageries instantanées, les ventes privées…) doivent encore passer le
test d’endurance. “Les vagues d’information codée deviennent des cassures
violentes, arrivent à des rythmes de plus en plus rapides, nous harcelant,
cherchant à entrer dans notre système nerveux,”, écrit Alvin Toffler dans
Future Shock.
Nous sommes les seuls à décider de ce qui pourra entrer dans notre
système nerveux et dans notre quotidien. Les boardsports nous
offrent une permanence dans cette époque de transience, un abri
pour la tempête qui s’abat sur nous. Tous les changements ne sont
pas forcement des progressions nécessaires, et le public réclame de
plus en plus une qualité de vie. Quels que soient les défis du futur,
les boardsports seront toujours là pour nous offrir une partie de la
solution…et non pas de la pollution (numérique).
27
photo: dragon
tendances
TENDANCES 2015 LES SOLAIRES
Peu gourmandes en superficie, avec un SAV quasi inexistant et sans saisonnalité particulière (Electric le prouve
avec ses nouvelles Winter Lens), les solaires représentent une catégorie d’accessoires idéale pour (la plupart) des shops.
Dans cet univers pléthorique, voici quelques pistes à suivre pour vos commandes. Par Anna Langer.
TENDANCES
La tendance à l’individualité dans la mode prévaut depuis un certain
temps déjà et l’optique n’y échappe pas. Au contraire, ce critère de
différenciation est d’autant plus important en l’espèce, l’approche
personnalisée des marques se révélant aussi cruciale que celle des clients.
“Il s’agit clairement d’avoir des parti-pris et d’affirmer son positionnement
spécifique sur le marché”, explique Mike Tobia de Dragon, et d’opter pour
“une esthétique unique” (Shred) qui va de pair avec des sous-cultures
émergentes, comme le fait remarquer Melon : “Les gens sont de plus
en plus intéressés par des shapes différents (en surf et snowboard) et
soutiennent des marques indépendantes”, indique le co-créateur de la
marque, James Pointer.
Neff a décidé d’associer les deux en se forgeant une identité propre à
travers une collection qui se veut “abordable et diversifiée”, permettant
aux clients “d’acquérir plusieurs montures différentes et ainsi de se créer
leur propre look, en fonction des jours”, raconte Kevin Dell, directeur du
merchandising.
Le retour aux sources vers l’identité originelle des marques se traduit
également par un accent mis sur la performance sportive, une tendance
lourde qui fait son retour et donne lieu à des collections distinctes des
gammes plus “lifestyle”. Chez Quiksilver et Roxy, on a travaillé à “une
nouvelle segmentation qui permet de proposer deux gammes à deux
typologies différentes de consommateurs : Performance et Lifestyle”,
proposées dans des points de vente correspondant à ces critères.
Oakley répond à cette problématique avec “une toute nouvelle collection
Sport Performance, incarnée par le modèle emblématique Jawbreaker
à monture intégrale”, dévoile Axel Bosch, brand manager Optics pour
la zone EMEA. Et ce n’est pas la seule marque à marquer un retour
vers ce type de montures enveloppantes : avec le Mudslinger, Electric
réalise un de ses modèles-phares de 2015. Quiksilver, Neff, Bushnell ou
Arnette optent également pour ces montures type “wrap”. Chez Nike SB,
c’est la collection dans son intégralité qui mise sur le positionnement
sport : “Nous sommes concentrés sur la performance sportive et c’est
ce qui définit notre style.”
“Des styles classiques aux formes plus naturelles et épurées.” - Spy
29
tendances
“Les personnes qui ont acheté du Quiksilver/
Roxy plus jeunes sont celles qui ont besoin
de lunettes de vue aujourd’hui. Malgré tout,
les ados et les kids demeurent notre cible
de choix car Quiksilver et Roxy parviennent
à rendre fun des accessoires médicaux à la
base, à l’aide de logos, de couleurs et de
nouveaux concepts.”
photo: dragon
polarisés et non-polarisés”, affirme-t-on chez VonZipper. “La Dragon
XP Cross Performance & Adaptative Technology se révèle des plus
fonctionnelles, capable de s’adapter aux conditions les plus exigeantes en
extérieur”, avance Mike Tobia de Dragon. Quant aux “verres incassables
Transformer” de Gloryfy et à la technologie PRIZM d’Oakley, voilà deux
exemples capables “d’améliorer la visibilité et les contrastes pour répondre
à des environnements et/ou usages spécifiques, le tout dans des conditions
difficiles”, résume Axel d’Oakley. Electric a fait le choix de verres en
mélanine synthétique qui s’appuient “sur les armes de défense naturelles
du corps humain pour lutter contre les effets nocifs du soleil”, explique Mike
Nelson, vice-président international Product & Design. Chez Shred, on met en
avant “la vue incomparable et la robustesse des verres grâce à la technologie
NXT NoDistorsionTM”, déjà éprouvée sur les masques”, nous explique
Federico Merle, directeur financier et marketing de la marque. D’autres ponts
similaires existent, comme la Happy Lens Technology de Spy, le ChromaPop
de Smith, ou les verres polarisés SINTEC et photochromiques Trans+ chez
Sinner, sans oublier la technologie Predator de Dragon, offrant une très
grande résistance aux impacts et “disponible dans des teintes spécifiques
capables d’améliorer la vision et d’assurer dans toutes les conditions.”
Du côté des gammes lifestyle, le vintage poursuit son chemin, visible à
travers de nombreuses “montures d’inspiration rétro” (Electric, Quiksilver,
Roxy, Melon, Carve, Otis, Raen), quand il ne s’agit pas de classiques revisités
(Filtrate, Gloryfy, Sabre) tels que les Wayfarer (Sinner, Neff, Urban Beach),
les lunettes Aviateur (Urban Beach, Animal, Bushnell) et les modèles type Cat
Eyes (Roxy, Urban Beach, Bushnell, Otis), ou encore de nouvelles variations
de modèles iconiques comme la collection Archive chez Smith.
En dehors de ces “styles classiques aux formes plus naturelles et épurées”
évoquées par Juliette Koh, chef de produit chez Spy, on retrouve une
kyrielle de micro sous-tendances qui prennent la forme de pont en trou
de serrure et autres doubles ponts, d’effets métal ou de touches colorées
à l’intérieur des montures (Neff, Quiksilver, Roxy, Proof). Chez Melon,
on opte pour “des montures carrées de grande taille” semblables “aux
formes géométriques et anguleuses” de Dirty Dog, Bushnell et D’Blanc, à
la différence près que cette dernière nuance “le côté anguleux avec des
verres plus ronds”. Les verres ronds sont d’ailleurs également présents
chez Melon, VonZipper, Oakley, Proof et Quiksilver.
INNOVATIONS
Le regain d’intérêt porté à la pratique sportive s’accompagne de son lot
d’innovations techniques, dont certaines déjà étrennées la saison dernière
ou piochées chez les masques de ski/snow. “Les efforts techniques se
concentrent sur les verres et il est nécessaire d’offrir à la fois des verres
“Il s’agit clairement d’avoir des parti-pris
et d’affirmer son positionnement spécifique
sur le marché.” - Dragon
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Electric s’est même offert le luxe de proposer des verres spécial hiver,
conçus pour les lumières plates, tandis que Roxy, Quiksilver et Dragon
continuent à miser sur l’été, à travers notamment davantage de montures
aux propriétés de flottaison dans leurs gammes lifestyle.
MATÉRIAUX
Si le plastique Grilamid® et le métal abondent toujours (Melon, Animal,
Bushnell, Carve, D’Banc, Electric, Nike SB, Roxy, Quiksilver), l’utilisation
d’acétate de cellulose augmente peu à peu (Urban Beach, Animal, Dragon,
D’Blanc, Shred, Electric, Filtrate, Melon, Roxy Quiksilver, Raen). De par son
origine naturelle, cette matière, à la fois robuste et légère, répond à une
exigence environnementale croissante tout en garantissant les meilleurs
standards de qualité. Shred y va de ses “acétates injectés et moulés à la
main” sur les montures utilisant la technologie NoWeightTM. De leur côté,
Electric et D’Blanc se reposent sur le savoir-faire italien pour des finitions
luxe. À côté de cela, on retrouve également du bambou chez Sinner par
exemple, tandis que Proof utilise des feuilles de bois exotique, et Shred
des branches en bois de rose et bambou sur certains modèles. Zeal pousse
encore plus loin l’approche écolo, produisant l’intégralité de sa gamme
avec des matériaux d’origine végétale, même les verres : ces derniers
“permettent de réduire le poids des lunettes et d’accroître la clarté des
verres”, explique Mike Lewis, directeur marketing digital.
THÉMATIQUES ET COLORIS
À l’introduction du bambou dans sa prochaine collection, Urban Beach
ajoute des effets de texture bois sur les modèles cat eyes, un choix qui
illustre le grand retour à des coloris plus neutres et doux en 2015. Tantôt
neutres (Electric), naturelles (Sinner) voire automnales (Filtrate, Gloryfy),
les couleurs se font “vintage, douces et translucides, avec des branches
contrastées” chez VonZipper, ou offrent “des touches urbaines” (Nike SB).
Chez Dirty Dog, Neff et Urban Beach, on trouve des montures transparentes
et claires, ou encore des “couleurs classiques et riches qui ajoutent une
photo: electric
tendances
plus-value” (D’Blanc) aux côtés de variantes mates et noir mat de toutes
sortes (Dragon, melon, Neff, Oakley, Carve, Filtrate, Otis, Raen), parfois même
avec des effets de texture douce au toucher (Quiksilver, Spy, Bushnell).
Chez Oakley, on n’hésite pas à associer mat et couleurs, des couleurs
d’ailleurs toujours très présentes, surtout sur les modèles sport. Les
contrastes de couleurs s’affichent sur les détails de finition et autres
incrustations, ainsi que sur les verres miroir ; des tendances que l’on
retrouve chez Dragon, Sinner, Quiksilver, Shred, Urban Beach, Smith,
Nike SB, Proof et Dirty Dog. Bushnell et Electric se dotent également de
solaires plus féminines, la seconde marque proposant des couleurs “rouge
cramoisi, or, rose et chair”, tandis que Carve et Roxy offrent des modèles
en métal. À signaler chez O’Neill, l’équilibre entre modèles flashy chez les
hommes et “tons sobres et nuancés, plus adultes, qui viennent trancher
avec l’approche girlie”, chez les femmes.
Les motifs hawaïens sont également présents (Dragon), tout comme
les imprimés multi-couleurs et vifs, ou encore des modèles trouvant
leur inspiration du côté de Rio (O’Neill), sans oublier des rappels aux
boardshorts et vêtements (Quiksilver, Neff), “des couleurs Havane aux
motifs psyché et Marijuana, ainsi que des imprimés Cassette” chez
Arnette ou encore le retour du fameux Fingerprint chez Oakley. Les
motifs écailles apparaissent également sous diverses variantes : “Vintage,
Mason Tiger Grey, Tiger Grey, Midnight Oil et Matte Spotted Tort” chez
Electric, ou encore “marron et vert” chez Quiksilver, quand ils ne sont pas
Pop chez Spy, ces derniers n’hésitant pas à associer montures écailles
et verres flashy SpectraTM. VonZipper, Melon, Neff, Roxy, Animal, Urban
Beach, Carve, Filtrate, Otis, Proof et Raen font le choix du motif écailles
traditionnel, même sur les montures acétate chez D’Blanc.
LUNETTES DE VUE
D’année en année, les solaires à verres correcteurs prennent de l’essor,
associant style et sport au quotidien pour les porteurs de lunettes de vue.
Pour Quiksilver et Roxy, ce marché se révèle “très important”, quel que soit
32
“Les motifs écailles apparaissent également
sous diverses variantes.” - Electric
l’âge. “Les personnes qui ont acheté du Quiksilver/Roxy plus jeunes sont
ceux qui ont besoin de lunettes de vue aujourd’hui. Malgré tout, les ados et
les kids demeurent notre cible de choix, car Quiksilver et Roxy parviennent
à rendre fun des accessoires médicaux à la base, à l’aide de logos, de
couleurs et de nouveaux concepts.”
Dragon, Smith, Spy, Animal, Arnette, Proof, Raen, VonZipper et Oakley
consacrent des collections spécifiques en ce sens, tandis que Sabre inaugure sa
collection Clear Times en 2015. Si Dirty Dog reconnaît qu’il s’agit “d’un marché
en croissance exponentielle”, la marque souligne les défis soulevés également
alors que “les montures enveloppantes et convexes des modèles sport limitent
les options en termes de verres correcteurs”, note Corrie Williams, Operations
Manager. Electric préfère contourner l’obstacle, laissant aux opticiens le souci de
monter les verres correcteurs, tandis que Carve, Gloryfy et Zeal proposent “une
large sélection de montures accueillant des verres correcteurs”, voire leur pose
dans leur propre labo pour la dernière marque citée.
LES TENDANCES EN 5 POINTS
•
Technicité vs. Lifestyle
•
Motifs écailles (traditionnel, mat et revisité)
•
Montures enveloppantes et verres ronds
•
Verres photochromiques
•
Montures fait-main en acétate et bambou
pictorial
LES SOLAIRES
ANIMAL / ANI 004
ANIMAL / ANI 013
ANIMAL / CHASED
BOLLÉ / KING
BOLLÉ / SHINY
BOLLÉ / SQUARE
CARVE / RESPLENDENT
CARVE / THE ISLAND
CARVE / BRONTE
D’BLANC / THE END CSL
D’BLANC / STAY TUNED CGG
D’BLANC / VAST MINORITY OGG
DIRTY DOG / STORM
DIRTY DOG / BOOM
DIRTY DOG / AXLE
DRAGON / DS2
DRAGON / THE JAM H2O
DRAGON / THE MOUNTAINEER X
ELECTRIC / TXOKO
ELECTRIC / MUDSLINGER
ELECTRIC / BENGAL
FILTRATE / PROPER II
FILTRATE / SUNDAY
FILTRATE / VERSE
GLORYFY / GI8
GLORYFY / GI10
GLORYFY / GI3
MELON / LAYBACK
MELON / TRIPPER
MELON / ANVIL
NEFF / DAILY
NEFF / BRODIE
NEFF / BRODIE
NIKE / RECOVER
NIKE / VOLANO
NIKE / ACHIEVE
35
pictorial
36
OAKLEY / JAWBREAKER
OAKLEY / RADAR
OAKLEY / TAILPIN
OTIS / SKINNY DIP
OTIS / TEST OF TIME
OTIS / MONA
PROOF / THE ADA
PROOF / THE ONTARIO PREMIUM
PROOF / THE ONTARIO PREMIUM
QUIKSILVER / BONELESS
QUIKSILVER / OFF ROAD
QUIKSILVER / DARK SIGNAL
RAEN / SUKO
RAEN / REMMY
RAEN / SUKO
ROXY / EMI
ROXY / GWEN
ROXY / ALLESSANDRA
SABRE / DOUBLE BARREL
SHRED / SHRED VANNA SHNERDWOOD
SHRED / SHRED BELUSHKI ROLLERWOOD
SHRED / SHRED PROVOCATOR, NOWEIGHT
SINNER / BEACH
SINNER / JALOU II
SINNER / KEVIN II
SMITH / LOWDOWN XL
SMITH / QUESTA
SMITH / REBEL
SPY / MALCOLM
SPY / DISCORD
SPY / DISCORD
URBAN BEACH / WOOD GRAIN CAT’S EYE
URBAN BEACH / STEEL POLARIZED AVIATOR
URBAN BEACH / REFLECTIVE WAYFARER
VONZIPPER / PYSHCWIG
VONZIPPER / POLY TORTOISE
VONZIPPER / DONMEGA
ZEAL / ELDORADO
ZEAL / EMERSON
ZEAL / IDYLLWILD
INTERVIEW GRAND PONTE
“Nous en étions arrivés à huit personnes pour trois bureaux, c’était devenu fou. Nous avions
l’impression de démarrer dans un garage, comme dans les histoires de start-up à succès ;
c’était très excitant.”
relations presse pour l’Europe) et nous avons alors dû embaucher quelque
chose comme une personne en plus tous les mois, seulement pour l’Europe.
Nous sommes parvenus à ajouter un second bureau puis un troisième
mais, très vite, nous avons dû déménager faute de place. Nous en étions
arrivés à huit personnes pour trois bureaux, c’était devenu fou. Nous avions
l’impression de démarrer dans un garage, comme dans les histoires de
start-up à succès ; c’était très excitant. Nous nous sommes rapidement
rapprochés d’un certain nombre de compétitions et événements, en montant
une équipe de production. Puis nous sommes passés au sponsoring de
sportifs et au développement de partenariats. Nous en étions aux prémices,
nous commencions tout juste à envisager notre politique marketing. Puis
récemment, nous avons investi les réseaux sociaux et le channel marketing.
Il vous a fallu tout mettre en place depuis le point zéro ?
Pas exactement. Au départ en Europe, oui, nous découvrions au fur et à
mesure, et d’ailleurs, même au stade international, le fonctionnement de
GoPro est très empirique. Il y a toujours un fil conducteur derrière tout ça,
mais ce n’est pas toujours la voie la plus directe qui est empruntée. Les
choses ont beaucoup changé depuis ces débuts et, désormais, nous nous
appuyons sur une stratégie rigoureuse et beaucoup de suivi.
FILIP GOOD
DIRECTEUR MARKETING EMEA DE GOPRO
La GoPro est venue bouleverser notre façon de regarder les action sports. De par sa taille et sa robustesse, cette caméra nous
a offert des images folles en vue subjective : des tubes béants, des faces enneigées verticales et autres angles insensés. Des
images qui semblaient impossibles à réaliser il y a encore dix ans. Pour cette interview Grand Ponte, le directeur marketing
EMEA de GoPro, Filip Good, évoque en notre compagnie les activités de la marque sur cette zone. Il nous fait part des similarités
entre son action chez Red Bull, en Irlande par le passé, et son travail pour GoPro désormais. C’est également l’occasion d’aborder
le rapport de la société aux enjeux de la retransmission en direct, et comment elle souhaite se positionner sur un maximum de
contenus possible. Par Harry Mitchell Thompson
SON PARCOURS
Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
J’ai grandi à Davos et débuté le ski à deux ans et demi. A la base, je suis
très attiré par la vie dans la nature. J’ai pratiqué le windsurf à un niveau
semi-professionnel et je me suis mis au snowboard en 1983. J’ai donc
pas mal roulé ma bosse dans le milieu. J’ai toujours préféré le windsurf et
le snowboard, je ne me suis mis au surf que plus tard. Je me suis même
lancé dans un tour du monde pour surfer durant un an et demi ; ça reste un
souvenir inoubliable. Malheureusement, GoPro n’existait pas encore et je
n’ai aucun moyen de faire partager ces bons moments passés.
Puis j’ai travaillé pour Red Bull durant sept années, au Royaume-Uni et en
Irlande. J’ai été responsable national pendant quatre ans et j’ai eu la tâche
de mettre en place toute la structure marketing, ce qui est très semblable
38
à mon travail aujourd’hui pour GoPro sur l’Europe. à un moment, j’ai même
monté ma propre agence d’événementiel, avant d’entrer chez GoPro, il y a
trois ans environ.
GOPRO ET L’EUROPE
Quelles évolutions avez-vous notées chez GoPro depuis que vous avez
intégré la société ?
J’ai pu observer des changements de grande ampleur. Quand j’ai rejoint
l’entreprise en 2012, il ne s’agissait encore que d’une petite structure en
Europe, avec des distributeurs un peu partout. Les chiffres de vente étaient
excellents, c’était la période de décollage, avec la mise sur le marché de la
GoPro Hero 2. Depuis, la croissance a été exponentielle. J’étais le premier
à l’œuvre, avec une ou deux personnes seulement. Dans les six ou huit
mois qui ont suivi, j’ai été rejoint par Isabel Palowski (senior manager des
Comment se déroule la collaboration entres les équipes européennes et
internationales ?
S’agissant de structuration, nous avons monté une équipe très similaire
à celle existante aux États-Unis, sur les bases d’une hiérarchie très
horizontale. Notre équipe est plus réduite en Europe et nous transmettons
ce que nous nommons des “rapports opérationnels” aux postes-clés en
Amérique. Cela signifie que nous sommes en étroite relation avec eux, avec
de nombreux échanges pour une vision stratégique à l’échelle mondiale.
Nous sommes 32 personnes ici, auxquelles il convient d’ajouter 10 autres
postes détachés en Europe.
Les contenus et les campagnes marketing sont-ils créés en Europe ou au
niveau international ?
Nous nous reposons sur une stratégie mondiale bien éprouvée, alors que
nous ne sommes présents en Europe que depuis peu. En huit années, il leur
a été possible d’observer ce qui fonctionnait ou pas ; il ne s’agit donc pas
de réinventer la roue. Nous retenons les meilleures solutions disponibles
pour les implémenter à notre niveau. Il nous suffit de piocher parmi ce qui
existe déjà et de l’adapter aux particularismes européens.
GOPRO ET LE MARCHÉ DE DÉTAIL
Qu’avez-vous à offrir aux magasins de détail du secteur des boardsports ?
Nous leur proposons régulièrement des formations et mettons vraiment
l’accent sur l’approfondissement de ces connaissances. Nos PLV et
présentoirs ont également beaucoup de succès de par leur esthétique
soignée et, évidemment, grâce aux images qui tournent en boucle sur
les écrans. Ils attirent vraiment la clientèle et se révèlent un véritable
atout pour les magasins. Nous sommes à l’écoute des détaillants et
tentons, tant que possible, de répondre à leurs questions et attentes. Nous
n’avions pas vraiment eu l’opportunité de le faire par le passé, tant nous
étions débordés. Désormais, nos effectifs nous permettent de travailler
individuellement avec chacun de nos détaillants. Nous avons la chance
de disposer de distributeurs réputés issus de ce milieu sportif. Parmi
eux, certains sont ainsi spécialisés dans le VTT ou le snowboard et
comprennent vraiment l’esprit de ces disciplines.
L’AVENIR DE GOPRO
GoPro souhaite sortir du simple giron de la caméra et devenir un
producteur de contenus à part entière, n’est-ce pas ?
Notre essor est en partie dû à nos contenus et nous sommes devenus
en quelque sorte un média, notamment grâce aux gens qui produisent
eux-mêmes leurs contenus et les partagent avec le tag #GoPro. Cela
pousse d’autres personnes à tester et acheter des caméras GoPro car
elles constatent à quel point c’est cool et facile de réaliser des contenus
dignes d’intérêt. Une sorte de “cercle vertueux” s’est ainsi instauré et a
fait notre succès. Nous sommes également à l’écoute de solutions pour
intégrer davantage le secteur des médias et envisager de nouveaux canaux
de diffusion. Les contenus sont tellement nombreux et, en face, on trouve
un grand nombre de diffuseurs et de chaînes web intéressés. Il nous faut
travailler à un accès de ces contenus vers de nouvelles plateformes, à
l’image de nos partenariats avec Xbox, LG ou Virgin Atlantic. Mais il est
encore un peu tôt pour savoir quelles orientations seront retenues.
Comment envisagez-vous l’avenir du marché de la caméra d’action dans
les années à venir ?
Je crois que nous sommes parvenus à pérenniser notre catégorie de
produit et ce que nous considérons comme très important est la facilité
d’utilisation de ce produit. C’est sur ce point que nous allons nous
démarquer dans les prochaines années. Et je ne parle pas que du produit
en lui-même mais aussi des moyens de partager les images sur ordinateur,
mobile ou dans le cloud, tout comme les solutions pour offrir un montage
encore plus aisé. Nous proposons déjà une application gratuite de montage,
GoPro Studio, qui facilite cette tâche et le partage des vidéos. C’est ce que
nous appelons “faire disparaître les zones douloureuses”, en faisant sauter
toutes les barrières entre la prise d’images et leur partage.
Notre prochaine grande étape est le lancement d’un dispositif de
retransmission en direct, en partenariat avec Vislink, et qui a déjà été testé
sur des matchs de la NHL et lors des X Games. Nous sommes encore en
phase de test et le système n’a pas été lancé officiellement, mais les images
sont dingues. Cela permet au spectateur de ne plus être un simple témoin,
mais d’être véritablement immergé dans l’action. Nous sommes convaincus
que cela va changer la façon dont les gens regardent du sport sur leurs
écrans. Il est aujourd’hui bien plus facile d’harnacher des caméras sur les
sportifs ; il ne s’agit plus d’artillerie lourde. Ça va tout changer et rendre les
sports encore plus captivants.
Quelques mots sur les drones GoPro ?
Nous n’avons pas fait part de programmes concernant les drones et il n’y a
rien à dire pour l’instant. Nous développons un grand nombre d’accessoires
et nos 300 ingénieurs travaillent sans relâche à l’amélioration des nos
produits, mais je ne peux rien confirmer s’agissant d’utilisation de drones.
“Il est aujourd’hui bien plus facile d’harnacher des caméras sur les sportifs ; il ne s’agit plus
d’artillerie lourde. Ça va tout changer et rendre les sports encore plus captivants.”
39
analysis
MEILLEURE PERFORMANCE SUR LES RESEAUX SOCIAUX
Gabriel Medina est entré dans une nouvelle dimension
“sociale” en devenant le premier brésilien à remporter
le titre de champion du monde en Décembre dernier, et
dépassant ainsi le seuil des 3 millions de fans cumulés
sur les 3 principales plateformes sociales.
Medina, second plus jeune champion du monde de surf,
sous les feux des projecteurs en fin d’année 2014 a
désormais passé un cap dans sa communication avec
ses fans sur les réseaux sociaux
Avec une
augmentation de 9% de ses followers, son activité sur
Instagram surpasse celle de la diva des réseaux sociaux
Alana Blanchard avec un impressionnant 155 738
“likes” par post en moyenne sur la période.
Media Facebook, Instagram, Twitter
Period Dec, Jan, Feb 2015
211 118 likes
7 729 comments / 10 546 shares
* monthly interactions is an average of all fans interactions
(likes / comments / shares) over the period.
SURF MEDIA ANALYTICS
RIDE O’METER
326 150 likes / 14 715 comments
monthly interactions between
december 2014 & january 2015
RIDE O’METER effectue une veille média au niveau international à travers la presse écrite, presse internet, les
vidéos en ligne et les réseaux sociaux. L’outil et son équipe vous proposent les faits marquants de la saison surf
2014 avec une sélection de données analytiques.
RANKING VIDEOS DES EVENTS WSL
Ce tableau présente le classement des événements
ASP/WSL selon l’audience des vidéos en ligne
associées. Les valeurs agrègent le nombre de vues des
différentes plateformes vidéos (Youtube, Vimeo,
DailyMotion, Surfline, Mpora and EpicTV) pour la
période de Janvier à Décembre 2014. Cette statistique
prend en compte toutes les vidéos disponibles en
ligne liées aux évènements, mais n’inclut pas les
données de live webcast. En tête du classement, on
retrouve de toute évidence les événements les plus
attendus de la saison; a savoir le Billabong Pipeline
Masters suivi par le Billabong Pro Tahiti, cumulant
chacun plus de 3 millions de vues.
TOP 5 SURF VIDEOS
40
Ce classement fait apparaitre les “videos de surf” les plus vues en 2014, cumulant 6 plateformes videos ( YouTube, Vimeo, DailyMotion, Surfline, Mpora
et EpicTV) entre les mois de Janvier et Décembre 2014. Trusté principalement par des vidéos grand public ; - du spot publicitaire VISA de dimension et
de production hollywoodiennes jusqu’au « short movie» de Samsung qui joue habilement avec les émotions du surf et du circuit WSL/ASP -, ce
classement démontre encore un fois combien le surf est porteur d’une image exploitée bien au delà de sa sphère de pratiquants. La pub VISA/Pizza Hut,
représentant Kolohe Andino en action atteint son pic de vue après seulement 6 semaines en ligne pour finir sa course proche des 10M de vues !
TOP POSTS
10 483 likes / 3 383 shares
PRINT COVER RANKING
Media Print
Period 01/01/2014 - 31/12/2014
Domain Surf
Region World
Voici le classement des 5 marques qui ont eu le plus de visibilité en couvertures de
magazines de surf en 2014. Effectué en fonction du nombre de couvertures et de
leurs valeurs d’équivalent publicitaire, ce classement couvre plus de 30 magazines
référents au niveau international. C’est Hurley que l’on retrouve en haut de
l’affiche, avec notamment les parutions remarquées de John John Florence et Nic
Von Rupp à Pipeline.
Une nouvelle approche a émergé sur les couvertures de magazine cette saison.
Dans la continuité du succès de GoPro, l’angle « POV » en aquashot a été porté par
de solides ambassadeurs. Bruce, Sancho et Shane pour n’en nommer que
quelques uns, qui ont tout de même encore besoin d’un valeureux photographe
prêt a relever le challenge et subir les conséquences.
41
photo: red paddle
tendances
TENDANCES PRINTEMPS-ÉTÉ 2015 : SUP
De la Gold Coast australienne aux lacs alpins en Suisse, le SUP a envahi à peu près tous les plans d’eau du monde.
Initié par quelques watermen inspirés à Maui, la discipline débuta sur de simples longboards auxquels ils avaient greffé des
pagaies de pirogue rallongées ; personne n’aurait pu prédire ce qu’ils avaient alors déclenché.
Créateurs de marques, brand managers, distributeurs et même un triple champion du monde ISA devenu entrepreneur,
tous s’accordent à dire que le secteur explose. Pas mal pour un marché qui n’existait pas il y a encore dix ans.
Par Robert Etienne.
LES CATÉGORIES À SUCCÈS
Alors que nous entrons dans la saison la plus propice aux ventes, les
marques de SUP redoublent d’efforts pour revitaliser leur offre. “Au niveau
des ventes, toutes les catégories loisirs se portent bien. Les planches
gonflables et modèles en composite connaissent de plus en plus de succès
un peu partout dans le monde, tout comme les ventes de pagaies sont
excellentes”, rapporte Michi Schweiger, product manager SUP/Windsurf/
Surf chez Naish. “Nous avons porté nos efforts sur des pagaies qui offrent
le meilleur au SUPeur occasionnel, en mettant l’accent notamment sur
notre gamme Vario (pagaies réglables).”
Pour John Hibbard, créateur de Red Paddle Co, le SUP “devrait, à terme,
devenir la plus grosse catégorie. Le démarrage est parfois un peu lent sur
certains marchés, mais le SUP se répand de façon exponentielle alors que
tout le monde est capable de ramer sur ce genre de planche. Les détaillants
les plus prospères sont ceux qui n’essayent pas à tout prix de vendre des
SUP à leur clientèle surf/windsurf/kite. La vérité est qu’il existe des millions
de personnes qui ne pratiquent pas ces sports et sont néanmoins des cibles
commerciales pour le SUP. Nous devons éviter de cataloguer le SUP et de le
faire obligatoirement rentrer parmi les autres sports de planche. Le SUP est
bien plus qu’un sport de niche, c’est un sport de masse.”
“Les planches les plus accessibles forment le gros des ventes. On trouve
également des tendances intéressantes comme le SUP yoga et le SUP en eaux
vives, qui bénéficient de beaucoup d’exposition, mais il me semble que le SUP
loisirs et familial demeure la catégorie la plus solide du secteur. Le résultat est
que nous vendons beaucoup de modèles soft top ST Cruiser et des modèles
surf de forte largeur”, évoque Byron Seeger, brand manager de Laird Standup.
Pour Benoît Tréguilly, responsable marketing et communication pour
Bic Sport, “le SUP est un élément crucial de l’offre de matériel, capable
d’attirer de nouvelles clientèles vers les sports d’eau et d’étendre les
usages : le surf dans les vagues, le windsurf et le kite par conditions
ventées, le SUP et le kayak pour la balade sur eau plate, sans oublier le
SUP dans les vagues, qui séduit une clientèle plus jeune et sportive.”
LA PLACE DU SUP SUR LE MARCHÉ DE DÉTAIL DES BOARDSPORTS
(SURF/WINDSURF, KITE)
Dernier arrivé sur le marché, le SUP ne doit pas nécessairement être
placé aux côtés des surfs, kites et windsurfs, alors qu’il attire une
clientèle plus grand public, dont les seules expériences aquatiques se
limitent souvent à la baignade estivale.
La vision de Raphaël Dutoit, brand manager SUP chez Nidecker, va encore plus
loin : “En dépit de la guéguerre entre SUP et surf, le fait est que le Stand Up
fait entrer un grand nombre de nouvelles personnes dans la famille du surf,
et ce constat est globalement positif pour le secteur. Et les surfeurs peuvent
notamment continuer à pratiquer lorsque les vagues sont toutes petites. Le
SUP permet également aux personnes qui n’ont pas le niveau, ou le temps
43
tendances
“Nous devons éviter de cataloguer le SUP et de
le faire obligatoirement rentrer parmi les autres
sports de planche. Le SUP est bien plus qu’un
sport de niche, c’est un sport de masse.”
Red Paddle Co’s Founder, John Hibbard
d’apprendre, de goûter au plaisir des vagues. Et - le plus important peut-être
- ces personnes se mettent à acheter un van VW, à porter du surfwear et à
partir en trip pour faire partie de la famille du surf elles-aussi. D’un point de
vue plus large, le SUP donne accès à la culture surf à un très grand nombre de
personnes, avec tous les aspects positifs que cela entraîne pour le secteur.”
Pour conclure sur ce point, Karin Gertenbach, directrice marketing international
pour Fanatic, explique que “si le surf est évidemment un sport très important
dans le monde, le SUP offre l’avantage d’être à la fois un sport de vagues et
d’eau plate. Il possède le potentiel de détrôner le surf en termes de planches
vendues.” Au niveau du marché de détail, de nombreux acteurs issus des
différents canaux de distribution (kite, windsurf, kayak, plaisance, vélo, fitness,
outdoor) se consacrent activement au SUP, tout comme le nombre de marques
ne fait qu’augmenter. À court comme à moyen terme, le SUP représente un fort
levier de croissance pour le secteur du détail dans les boardsports, sans jamais
oublier que l’accessibilité du sport demeure l’élément-clé de son succès,
à savoir attirer des personnes qui n’avaient peut-être jamais envisagé de
pratiquer un sport aquatique et ainsi de les mettre en contact avec des sports
comme le surf, le kite ou le windsurf par la même occasion.
Triple champion du monde ISA et cofondateur de la marque Bonz, Antoine
Delpero affirme “ne pas vraiment travailler avec les magasins situés en dehors
du littoral”, alors que plus de 90 % de leurs points de vente se trouvent sur
les côtes françaises. “L’explication vient de notre image très centrée autour
du surf et de nos team rideurs, même si une grande partie des magasins
où nous sommes présents se trouvent en Méditerranée, une région qui peut
également être considérée comme un marché pour la pratique sur eau plate en
raison de l’absence de vagues en période estivale. Mais c’est aussi là que sont
organisées les plus grosses épreuves de SUP race en Europe.”
Cette ouverture est aussi constatée du côté de JP Australia, comme l’évoque
Andy Chambers, brand manager de la marque en Grande-Bretagne : “De
nombreux magasins 100 % dédiés au SUP voient le jour un peu partout dans
le pays et beaucoup sont installés dans les terres. Partout où l’on trouve un
plan d’eau, un magasin ou une école apparaît !”
Toujours à propos de cette répartition du marché, Benoît Brecq, directeur
marketing de Hoff (Surftech, NSP, Ari’i Nui) explique que 65 à 70 % de leur
chiffre est réalisé sur les côtes atlantiques françaises. “La Bretagne et la
Méditerranée sont également deux zones importantes pour le SUP. Nous
étendons rapidement notre présence à l’intérieur du pays et les résultats
sont bons dans les centres nautiques un peu partout en France.” Benoît
estime d’ailleurs à 200 le nombre de centres SUP sur le territoire français.
À l’échelle internationale, Dylan Duffus, directeur commercial de RRD,
ajoute : “Nous sommes présents dans 60 pays à travers le monde. Nos
points de vente peuvent aussi bien être en montagne qu’en bord de mer,
en grande ville ou dans des petits villages d’altitude près d’un lac. Nous
estimons à 25 % la part de notre chiffre d’affaires réalisé à l’intérieur des
pays, et ce chiffre ne cesse de croître.”
44
photo: fanatic
SUP DES OCÉANS ET SUP DES CHAMPS
Même si les ventes de SUP sur le littoral surpassent encore celles à
l’intérieur des terres, l’activité hors-mer connaît une forte croissance,
représentée à travers différentes catégories telles que la rando, la balade, le
yoga, la race, la pêche ou encore la pratique en eaux vives sur rivière.
SHOP ÉTABLI VS. NOUVEAU VENU
“Il est plus facile de faire du stand up que du vélo” affirmait Laird Hamilton, et
si l’on extrapole ses propos pour estimer le nombre de pratiquants potentiels,
il n’est pas étonnant que de nouveaux acteurs émergent sur le marché pour
croquer leur part de ce gâteau gigantesque. Hans Hurenkamp, directeur
de Jobe Sports International, nous confirme cet essor : “Les détaillants
traditionnels profitent de ce marché mais les nouveaux venus ont également
tout à fait leur place. Le SUP n’appartient à personne pour l’instant. On trouve
des SUP chez les marques de surf, de wakeboard et même de kitesurf.”
Même écho chez Bic, dixit Benoît Tréguilly : “Les nouveaux arrivants
peuvent sans aucun doute réussir. Je connais au moins deux exemples
de détaillants qui ont ouvert des boutiques de SUP à partir de rien et sont
aujourd’hui parmi nos plus gros clients. D’un autre côté, nous voyons
des propriétaires de magasins, présents depuis les débuts du marché du
surf et du windsurf dans les années 80, prendre leur retraite et revendre
leur affaire à une personne motivée et dotée d’une nouvelle approche. Le
SUP est un sport jeune et, parfois, une nouvelle approche débarrassée du
bagage du surf, du wind et du kite, peut s’avérer très efficace.”
Quand on demande son avis à John Hibbard de Red Paddle Co, il
explique “que l’on trouve des populations situées à proximité de
plans d’eau dans tous les pays et que, par conséquent, il y a encore
de la place pour de nouveaux détaillants.” John prévient néanmoins
que “ce sont les shops les plus proactifs, ceux qui bossent dur pour
développer leur base de clientèle et offrir un excellent service, qui ont
le plus de chances de prospérer.”
tendances
La légende Robby Naish racontait, il y a quelques
années, lors d’une conférence du Surf Summit
EuroSIMA à Biarritz, que “lorsque vous amenez
une personne à pratiquer le Stand Up Paddle,
vous lui rendez un grand service.”
Tout le monde n’est pas aussi positif, à l’image de Steve West, brand manager
international chez Mistral : “Aux États-Unis et ailleurs, on voit apparaître des
marques de distributeurs, de la vente en ligne, voire directement au cul du
camion, court-circuitant par la même occasion bon nombre de détaillants
établis et, par défaut, les marques. Nous verrons combien de temps cela
durera, mais pour le SUP comme pour tout sport en plein essor, on trouve
toujours des entrepreneurs prêts à saisir la balle au bond.”
Michi Schweiger de Naish affirme quant à lui que : “N’importe quelle
personne déjà présente dans le secteur des sports d’eau peut profiter
du SUP. Ceci étant dit, nous observons l’arrivée de nombreux nouveaux
acteurs qui apportent une vision neuve, autant au niveau du marché que
du service apporté. Leur objectif est principalement d’inciter les gens à
pratiquer, ce qui est bien plus facile à faire que dans le windsurf ou le kite,
deux sports qui dépendent davantage de la météo.”
LE GONFLABLE RESPIRE À PLEINS POUMONS
De par les contraintes liées à la taille des planches et celles des véhicules
européens, plus petits, le SUP gonflable est apparu, avec de solides arguments
pour séduire la clientèle, gonflant sérieusement les ventes sur la zone Europe.
Les puristes décrieront leur trop grande souplesse et leur manque de réactivité
par rapport à leurs homologues “en dur”, mais le fait est que le gonflable a
ouvert les portes à une nouvelle catégorie de pratiquants. Ces débutants
peuvent se transformer en SUPeurs convaincus et s’acheter un modèle
rigide comme seconde planche : une dynamique des plus vertueuses. Cette
dimension de “plaisir partagé” inhérent au SUP lui offre une accessibilité sans
comparaison sur le secteur des boardsports. Sans évoquer en particulier le
cas des gonflables, la légende Robby Naish racontait, il y a quelques années,
lors d’une conférence du Surf Summit EuroSIMA à Biarritz, que “lorsque vous
amenez une personne à pratiquer le Stand Up Paddle, vous lui rendez un grand
service.” Et depuis ces propos en 2008, combien de dizaines de milliers de fois
cette situation citée par Robby s’est-elle reproduite ?
“La tendance du SUP gonflable ne faiblit pas”, assure Helgo Lass, directeur
commercial de SIC Europe, avant d’ajouter : “On note néanmoins des disparités
en fonction des pays. Une des raisons de son gros succès en Allemagne
s’explique notamment par l’interdiction d’utiliser des planches rigides sur les
lacs autour de Munich. Pour prendre un autre exemple, les gonflables comptent
pour 70 % du parc total de SUP en France, mais le ratio tombe à 50 % dans le
sud du pays. Alors qu’en Italie, le gonflable ne prend pas autant.”
Après une croissance massive des ventes de SUP gonflables, le stade de
saturation du marché est-il proche ? Pas encore si l’on en croit Caren Forbes,
au marketing chez Starboard : “Dans les cinq années à venir, le gros des ventes
sera constitué de gonflables, alors que de nouveaux marchés à fort potentiel
s’ouvrent seulement maintenant. Le véritable défi sera au tournant de 2016. Mais
nous estimons avoir encore beaucoup d’avenir en termes de R&D et d’innovation
en production, nous n’en sommes encore qu’au début de l’histoire.” Chez Fanatic,
Karen Gertenbach acquiesce : “Il reste des perspectives de croissance, même s’il
sera intéressant d’observer cet été si l’offre excède la demande pour la première
fois, tant le nombre de nouveaux venus sur le marché est impressionnant.”
LES ATOUTS DU SUP GONFLABLE
- Confort et sécurité à l’utilisation
- Facilité de transport
- Espace de rangement réduit
- Prend la place d’un simple bagage en voyage
- Coût réduit à l’achat
photo: BIC
DOLLAR VS. EURO
La soudaine hausse du cours du dollar face à l’euro semble être le seul
nuage sombre à planer au dessus du marché SUP. En même temps, cette
incertitude peut être un bon moyen d’éloigner de ce secteur les requins les
plus avides. Néanmoins, cette évolution du cours des devises aura bel et bien
des conséquences, explique Benoît Tréguilly de Bic : “Le nouveau rapport de
force entre dollar US et euro signifie que les SUP gonflables produits en Asie
et tarifés en dollars américains seront inévitablement plus chers à l’achat en
2016, voire même dans les mois à venir pour certaines marques.”
46
PERSPECTIVES
Du point de vue des détaillants, une question légitime se pose : “Que peut
m’apporter le SUP ?” La réponse : beaucoup. À commencer par une opportunité
de mieux gagner sa vie tout en conservant un lifestyle sympa. Dans notre monde
moderne, n’oublions pas le privilège qu’il y a à exercer une activité commerciale
en bord de mer, de lac ou tout autre plan d’eau. Pour conclure, laissons John
Hibbard de Red Paddle Co délivrer la bonne parole : “L’un des grands avantages
du SUP est sa capacité à transcender tous les autres sports, alors qu’il s’intègre
dans presque toutes les autres catégories de boardsport et “freesports”. Jamais
encore je n’ai entendu quelqu’un tarir d’éloges sur sa première session en
SUP, qu’il s’agisse d’une traversée de lac, d’une descente en rivière ou d’une
vague en surf. Le SUP a tellement à offrir, même si vous vous contentez de
l’emprunter pour vous rendre au pub ! Le SUP permet à tous les shops de
s’ouvrir à une nouvelle clientèle. Alors que la catégorie affiche des taux de
croissance de l’ordre de 30 % (plus de 60 % pour beaucoup), on peut même dire
que, commercialement, le plus dangereux serait de ne pas embrasser la vague du
SUP. Je ne crois pas connaître un seul shop qui serait heureux de laisser filer un
marché au profit de son concurrent.”
les nouvelles marques de snowboard
les nouvelles marques de snowboard
“Si l’on ne trouve pas le bon canal de distribution dans un pays, alors on préfère attendre.”
Trond-Eirik Husvaeg, Vimana snowboards
Husvaeg assure aussi créer une marque qui stimulera de bonnes
relations avec les revendeurs.
l’authenticité, la performance ultime, la qualité des matériaux et des
usages multiples.
David Lambert, un ex-snowboardeur professionnel suisse, a co-créé
West snowboards : une marque dont les propriétaires ont chacun plus
de 20 ans d’expérience dans le snowboard et qui se focalise sur le fait
d’offrir un produit frais et parfaitement dans la tendance.
McNair Shirts met effectivement l’accent sur cette dynamique, avec
l’introduction d’une nouvelle chemise technique haut-de-gamme. Neil
confirme : “vu comment réagit le marché, il semblerait que c’était
précisément le bon moment pour offrir quelque chose de différent.
Aucune action marketing provenant d’une entreprise n’offre la
crédibilité d’une opinion d’un individu libre-pensant. Les centaines de
témoignages que nous accumulons pourraient bien être notre meilleure
action marketing.” Neil s’engage à ce que les chemises McNair ne
deviennent jamais un produit de masse, et Trond-Eirik chez Vimana
adopte la même approche avec sa marque : “Si l’on ne trouve pas le
bon canal de distribution dans un pays, alors on préfère attendre. »
photo: mcnair shirts
Pour revenir à la question initiale : pourquoi ces marques pensentelles que c’est le bon moment pour lancer un projet dans l’industrie du
snowboard ? Neil, de McNair Shirts, répond : “aujourd’hui la barrière
à franchir est moins importante qu’elle ne l’a jamais été pour lancer
une nouvelle marque. À l’époque, les entreprises payaient des agences
de publicité une petite fortune pour convaincre les clients qu’elles
faisaient de bons produits.” Nicholas chez Korua snowboards indique
que : “c’est l’heure des opportunités pour les petites entreprises qui
ont de nouvelles idées et de nouvelles approches”, et David de chez
West snowboards d’abonder dans le même sens : “je pense qu’au
lancement d’une marque comme la nôtre, nous avons beaucoup moins
de contraintes en étant de petite taille.”
NEW KIDS ON THE BLOCK
On ne peut pas vraiment savoir quelle orientation aurait pris l’industrie du snowboard si la crise de 2008 n’avait pas eu lieu.
Cela va sans dire qu’elle aura créé de véritables obstacles que tout le monde sera content de laisser derrière soi.
A l’entrée de la saison hivernale 14/15, on pouvait même observer un timide optimisme chez les marques et les revendeurs.
Mais ce n’était que jusqu’à ce qu’un lugubre manque de neige ne se révèle des deux côtés de l’Atlantique, pour apporter
une des saisons les moins enneigées depuis plusieurs années. Néanmoins, un phénomène a retenu mon attention lors de
cette dernière saison de salons et de démos on-snow : l’émergence d’une quantité de nouvelles marques de snowboard. Des
marques légitimes, lancées par amour pour la montagne par des gens bien implantés dans l’industrie avec un savoir-faire
et une réputation crédibles. Aussi encourageant que ce soit, cela soulève tout de même la question : pourquoi ces jeunes
entrepreneurs pensent-ils que c’est le bon moment pour lancer une marque ? Par Harry Mitchell Thompson.
Pour en avoir le cœur net, j’ai échangé avec cinq entrepreneurs afin de
gagner un peu de lucidité sur les raisons pour lesquelles ils ont choisi ce
moment pour démarrer leur business, ainsi que pour mieux comprendre
de quelle manière ils introduisent leur marque sur le marché.
Les cinq marques sont européennes et tous les dirigeants présentent
une certaine expérience dans l’industrie du snowboard européenne.
Korua snowboards est le pur produit des snowboardeurs professionnels
Stephan Maurer et Nicolas Wolken : des snowboards faits pour charger
la deep pow, tout en assurant aussi sur les groomers.
McNair Shirts se targue de l’accroche suivante : “la meilleure chemise
de montagne du monde” ; leurs chemises en laine mérinos sont
fabriquées à Huddersfield en Angleterre, et sont très robustes tout en
étant respirantes.
Templeton outerwear a fait beaucoup de bruit cette année à ISPO, en
introduisant une marque de vêtements techniques sur le marché qui
déborde d’identité et de passion.
Vimana snowboards, créée par Trond-Eirik Husvaeg qui a travaillé pour
les magasins de snowboard Session en Norvège pendant 13 ans, adopte
dorénavant une approche minimaliste du marketing dans le snowboard.
“Pour raviver le milieu du snowboard et pour développer une marque comme Templeton dans
ce bazar, il faut se pencher sur l’époque où j’ai commencé à rider, c’était autour de 1992.”
Klaus Zenker, Templeton outerwear.
48
Pour Klaus Zenker chez Templeton, c’est une observation personnelle
du marché qui l’a conduit à lancer la marque : “c’était la première fois
de toutes ces années de snowboard que je n’avais aucune idée de ce
que j’avais envie de porter. Aucune coupe et aucune couleur ne me
plaisaient, aucun matériau ne m’a vraiment interpellé. Je portais du
vieux matos et c’était la première fois que je ne m’en souciais pas.”
Si l’on revient en arrière sur la naissance des marques de snowboard il
y a 20 ou 30 ans, elles ont démarré de manière assez anarchique et ont
formé, sans même le savoir, la base d’une industrie que nous aimons
dorénavant tous. Klaus (Templeton) pense que nous devons tirer les
leçons de cette époque : “Pour raviver le milieu du snowboard et pour
développer une marque comme Templeton dans ce bazar, il faut se
pencher sur l’époque où j’ai commencé à rider, c’était autour de 1992”.
Les dirigeants de ces marques pionnières ont déjà forgé leur carrière
dans le snowboard et apportent dorénavant leur expertise au marché
sous une différente forme : avec des stratégies et une compréhension
du marché d’aujourd’hui. Nicholas (Korua) est snowboardeur
professionnel et connaît bien l’industrie : “En ce moment, il s’agit
d’avoir des attentes réalistes, de se développer de manière durable et
de mettre beaucoup d’énergie pour développer de bonnes relations avec
les partenaires et le consommateur final. Et ces choses-là sont peutêtre plus faciles lorsqu’on part de zéro.” Trond-Eirik (Vimana) lance sa
marque en se focalisant sur le revendeur et sur de bonnes relations.
“Nous avons été dans les deux camps. Nous connaissons les difficultés
de la vente au détail et nous savons que la distribution est difficile.”
Avec plus d’une décennie d’expérience dans la vente au détail, il a
lancé l’initiative du programme “BOSS (Buy O Online, et soutenez votre
Snowboard Shop local) chez Vimana, qui offre au revendeur le plus
proche une réduction de 20 % sur toutes les ventes directes”.
Aujourd’hui, le marché, avec la culture des objets jetables et
Internet, pousse le consommateur à se rebeller et à se tourner vers
C’est un thème commun à toutes ces jeunes start-up à succès, elles sont
toutes habitées par un besoin profond d’un produit de qualité et par le
désir de promouvoir le snowboard : Vimana, avec son souhait de créer une
marque aussi bénéfique pour le revendeur que pour elle-même ; Korua se
place dans le segment du backcountry et du freeride, dont elle pense que
c’est un marché “petit, mais en croissance” ; West veut “motiver les gens
à aller faire du snowboard grâce à nos produits et à notre philosophie” ;
tandis que Templeton cherche à combler le fossé mentionné ci-dessus.
Finalement, McNair Shirts fait correspondre son éthique à son processus
de production : “construire une marque c’est pour nous la même chose que
fabriquer une chemise. Il faut le faire tranquillement, partir d’une pelote de
laine et progressivement s’assurer de bien faire les choses. Si on fait les
choses lentement, on a plus de chances de les faire bien.”
Une société du jetable dans le besoin d’authenticité
Rendant l’information accessible en un clic, Internet a fait beaucoup
pour la société, mais a aussi créé une génération qui ne sait plus se
concentrer à cause de la liste infinie de “best of” et de “how to”. Fort
heureusement, il semblerait que cette nouvelle lignée de marques de
snowboard vise à libérer le marché avec ses produits authentiques,
toujours accompagnés d’une belle histoire, fabriqués à partir des
meilleurs matériaux et de la manière la plus durable possible.
La montée en puissance de la bière issue de micro-brasseries, des
produits bio et de l’effort concerté du grand public pour manger
et vivre de manière saine, associés à la réponse collectée lors du
développement de ces nouvelles marques, démontrent que notre
société du jetable a dorénavant besoin d’authenticité.
Une marque peut bien appliquer à la lettre toutes les règles du
marketing, mais sans réelle intuition, patience et compréhension du
marché, ça ne vaut pas la peine. Pour conclure, Neil McNair résume
son business-model ainsi : “Les pratiques usuelles nous poussent
à trouver un produit ou un secteur établis, puis à offrir un produit
similaire à un prix compétitif dans ce même secteur, peut-être avec
quelques différences mais rien de plus. Les pratiques usuelles nous
poussent aussi à tout fabriquer en Orient, et nous forcent à tout
fabriquer à partir d’un plastique hors de prix. Nous avons bien compris
tout cela, et nous faisons exactement l’inverse.”
“En ce moment, il s’agit d’avoir des attentes réalistes, de se développer de manière durable
et de mettre beaucoup d’énergie pour développer de bonnes relations avec les partenaires et
le consommateur final. Et ces choses-là sont peut-être plus faciles lorsqu’on part de zéro.”
Nicolas Wolken, Korua snowboards
49
aide au détaillant
COMMENT BOOSTER VOS VENTES DE
PLANCHES DE SURF EN PÉRIODE DIFFICILE ?
Dave Seehafer est analyste pour Global Wave Ventures, un cabinet de brand management et de consulting auprès des détaillants
dans le secteur des action sports, basé à San Clemente et en Floride. Comme l’indique notre article consacré aux tendances en matière
de planches de surf (lire en p. 22), ce ne sont pas les shapes qui manquent sur le marché, et Dave détient quelques conseils avertis à
prodiguer aux détaillants, comme la façon de mieux former son équipe de vente pour booster son chiffre.
Dix ans se sont écoulés, ou presque, depuis la fermeture de Clark Foam,
une nouvelle qui avait alors engendré panique et désarroi auprès de
bon nombre de shapers, d’ateliers de glaçage et de surfshops à travers
le monde. Paradoxalement, cet événement a donné lieu à une vague
d’innovations et d’améliorations, aussi bien au niveau des matériaux que
des techniques de fabrication ou de la performance surfique. Ainsi, les
options se sont multipliées pour les surfeurs : mousse polyuréthane, résine
époxy, pains de mousse sans latte, système à cinq dérives, emploi de
fibre de carbone et de liège pour ne citer que quelques exemples. Pukas,
Channel Islands, Lost, Firewire et la plupart des grandes marques de
planches lancent ainsi de nouveaux modèles chaque année. Cet horizon
étendu (et des prix à la hausse) a également engendré une surabondance
de choix qui vient pénaliser les ventes en shops année après année.
“Trop de nouveautés, pas assez de renseignements, une erreur à l’achat qui
se paye au prix fort, je ne sais pas quelle planche est adaptée...” Voilà des
réactions parmi d’autres, entendues auprès des clients. Comme nous avons pu
le mettre en évidence sur les nombreuses surf expos organisées aux ÉtatsUnis, de nos jours le surfeur a besoin d’une connaissance approfondie pour
trouver le modèle capable d’améliorer son niveau. Posez-vous la question en
tant que détaillant : suis-je capable de répondre à cette demande ?
L’acheteur de planches doit recevoir un ENSEIGNEMENT !
METTRE À DISPOSITION UN MAXIMUM DE BROCHURES ET AUTRES
SOURCES D’INFORMATION
Appuyez-vous tant que possible sur les petits catalogues réalisés par
les marques de planches et de dérives. Ces supports viennent compléter
les informations abondantes qui existent en ligne, s’agissant de shapes,
matériaux et autres notions techniques. Des articles récents issus de
magazines de surf peuvent également être photocopiés et mis en évidence
près des racks de planches.
MIEUX JAUGER L’ACHETEUR POUR MIEUX L’AIGUILLER VERS LA
“BONNE” PLANCHE
Les surfshops devraient incarner la meilleure source d’information quant
au choix d’une planche par rapport aux besoins et au niveau du surfeur. Les
fabricants de planches fournissent des indications sur le volume adéquat
en fonction du niveau, du poids, de l’âge et du physique du pratiquant.
Ces données permettent de se focaliser sur une taille et une famille de
planches qui conviendront le mieux au client. Bien conseiller un débutant
et lui vendre la planche adaptée est la garantie d’une expérience réussie et,
possiblement, de nouvelles ventes à l’avenir.
ORGANISER DES TESTS DE PLANCHES/DÉRIVES
Mettre en place ce type de tests se révèle d’une efficacité redoutable sur
les ventes. En laissant le client libre de trouver la planche qui lui convient
le mieux après avoir essayé différents modèles, l’acte d’achat se fait en
toute confiance. La plupart des clients ne réalisent pas à quel point la
taille d’une dérive, son flex ou sa forme peuvent affecter les performances
d’une planche. Se frotter à différentes configurations apporte de nombreux
enseignements et permet éventuellement de transformer une planche
médiocre en bête de course.
UNE GESTION INTELLIGENTE DE SON STOCK DE PLANCHES
S’il est nécessaire de disposer d’une offre fournie et diversifiée, stocker
un trop grand nombre de planches ne se révèle pas économiquement sain.
Choisissez avec attention les marques, shapes et tailles de planches, en
prenant soin de panacher entre shapers locaux et nationaux/internationaux,
entre polyester et époxy, entre modèles à 3, 4 voire 5 dérives, entre
shortboards, évolutives et longboards. Offrez la possibilité de commander
des planches sur-mesure auprès de shapers connus, afin de créer une
relation entre surfeur et shaper.
ORGANISER DES ATELIERS SUR LE SHAPE
Parmi les grandes marques de planches, beaucoup sont prêtes à
dispenser des séances à la fois ludiques et informatives sur le shape.
Rassemblez clients, shapers et fabricants dans un même lieu afin de
partager leur expérience, leur savoir-faire et ainsi de gagner en confiance
mutuelle. Il y a peu, le Camp Shred en Californie a permis de rassembler
plus de 4000 clients en un week-end dédié aux tests de planches, dérives
et combinaisons.
51
la science des achats
LA SCIENCE
DES ACHATS
Simone Unterrainer a démarré comme stagiaire
marketing chez Blue Tomato il y a 7 ans et
a parcouru un sacré chemin dans l’échelle
hiérarchique. Simone a été promue acheteuse
pour presque toutes les catégories pour femmes
et est dorénavant chef assistante des achats pour
l’intégralité de l’entreprise. Nous avons échangé
avec Simone pour recueillir quelques conseils pour
les marques qui démarrent et pour découvrir ce
qu’elle aimerait que les marques fassent de plus
au niveau de la vente au détail.
Depuis combien de temps êtes-vous acheteuse chez Blue Tomato et
comment êtes-vous arrivée à ce poste ?
Je suis acheteuse dans l’entreprise depuis maintenant trois ans et j’y
travaille depuis presque sept ans. J’ai débuté comme stagiaire marketing et
j’ai fini en tant qu’acheteuse de presque toutes les catégories pour femmes et
chef assistante des achats.
Avec le recul sur les saisons passées, quels sont les plus grandes leçons
que vous avez apprises quant à la constitution des commandes et à la vente
des produits ?
Ce sont les clients qui vous disent ce qu’ils veulent acheter, et pas le
designer super créatif du bureau. Vous devez trouver le bon équilibre entre
les modèles grands publics et les modèles commerciaux, et entre les produits
tendance et les produits de base. Finalement, ce sont les produits-phares qui
ramènent le plus de revenus pour que vous puissiez acheter les plus petites
marques cool et authentiques.
Quelles sont les marques qui jouent bien le jeu en ce moment ?
Ce sont les marques qui sont fidèles à leurs racines et qui font des produits
authentiques et uniques. Je comprends que c’est facile à dire et assez banal
mais, en fait, c’est exactement ce que j’observe. C’est un peu étrange quand
les marques de sports de glisse commencent à faire des vêtements avec un
look super fashion, que vous pouvez acheter dans n’importe quel magasin,
à pas cher, au coin de la rue. La question qu’elles doivent se poser est la
suivante : est-ce qu’on souhaite vraiment être en concurrence avec elles ?
Si vous pouviez demander du soutien aux marques, ce serait pour
quelles tâches : le processus de commande, le décompte UGS, du soutien
marketing ?
Je leur demanderais du soutien marketing : c’est un des éléments-clés de
notre travail. Si le client connaît votre marque alors il va l’acheter. Et, pour
connaître une marque aujourd’hui, il vous faut beaucoup de visibilité sur les
réseaux sociaux, dans les catalogues et sur les autres canaux marketing.
La deuxième chose serait une optimisation des marges et, bien sûr, une
politique de remises et de soldes, pour éviter des soldes jusqu’à 30 % au
début du mois de décembre.
Avez-vous une stratégie d’achat différente pour votre magasin en ligne par
rapport à vos points de vente physiques ?
Oui. Nous gérons les points de vente physiques de manière un peu différente
de notre stock en ligne. Mais nous avons tout de même un entrepôt central à
partir duquel nous distribuons à nos magasins.
Comment procédez-vous pour trouver de nouvelles marques pour vos
magasins ?
Nous faisons de la veille dans les salons, dans les magazines, nous parlons
aux gens de l’industrie et aux rideurs aussi. Une grosse partie de notre travail
est de garder l’œil ouvert où que nous soyons. Nous recevons beaucoup de
demandes de nouvelles marques, mais toutes les marques ne correspondent
pas à notre stratégie. Nous sommes très stricts sur notre sélection. Mais, s’il
y a une marque qui nous semble intéressante, l’étape suivante est très facile.
Nous entrons en contact avec elle et regardons d’abord les produits et, si
nous sommes toujours intéressés, nous parlons d’un arrangement possible
pour la première saison puis nous passons commande.
Auriez-vous des conseils pour les marques qui se lancent quant à la
meilleure manière d’attirer les acheteurs ?
Soyez authentiques, soyez honnêtes et restez concentrés sur le produit. La
chose la plus importante est le produit lui-même, mais les autres composants
comme l’identité de la marque et l’authenticité doivent correspondre à
votre philosophie. N’en attendez pas trop au début, il vaut mieux démarrer
doucement et faire l’expérience d’une croissance saine sur quelques années
plutôt que de pousser les ventes au maximum et de se faire réduire l’année
d’après, ou pire, de se faire exclure totalement…
A quels salons participez-vous et à quel point sont-ils importants pour
votre prise de décision ?
ISPO, Bright et Agenda sont les principaux salons pour nous. Pour être
honnête, ISPO est trop tard, ce serait mieux si ce salon se déroulait au début
du mois de décembre. Bright et Agenda nous aident à trouver de nouvelles
marques et à voir les tendances sur le montant. C’est aussi important
d’établir des relations avec les gens de l’industrie ; pour parler des projets
futurs, de ce qui se va se passer et des problèmes rencontrés.
53
photo: loaded
analyse du marché
MARCHÉ LONGSKATE : LE SOMMET DE LA PENTE ?
Le longskate demeure la tendance-phare sur le marché du skate et il suffisait de compter le nombre impressionnant
de nouvelles marques sur les derniers salons pour s’en rendre compte. Mais le trop serait-il à nouveau l’ennemi du bien ?
Cette catégorie peut-elle encore grimper ou bien la descente est-elle amorcée ? Réponses avec Dirk Vogel.
Véritable bénédiction pour le marché de détail, le longskate est le moteur
de croissance de ces dernières années dans le skate. Mais attention, notre
secteur s’est illustré à maintes reprises par son penchant à user et abuser
d’une mode jusqu’à la corde, pour finir par l’enterrer. Cette année, lors
de la Longboard Embassy organisée à l’ISPO, nous avons eu l’occasion
d’entendre l’avertissement d’un vieil habitué du secteur : “Le nombre de
longskates qui apparaissent sur le marché germanophone est tel, que c’en
est fou. L’Autriche était connue comme un pays de snowboard, désormais
c’est une terre de longskate !”
À entendre les marques et distributeurs, l’écho se veut encore optimiste : “Je
conviens tout à fait que les cruisers en plastique ont atteint leur niveau maximal,
mais les longskates continuent de progresser”, rapporte Nuno Fonseca de Maui
and Sons. L’un des facteurs majeurs de croissance, d’après Andreas “Maui”
Maurmeir de Sector 9 Europe, est la propension des rideurs à se construire
un quiver de plusieurs planches : “Nous retrouvons des clients qui reviennent
chaque année dans notre flagship store à Hossegor pour se procurer un nouveau
modèle et ainsi disposer d’outils adaptés pour rider quel que soit le terrain.”
Le ton est également enjoué chez HLC Distribution (Long Island
Longboards), comme le démontre Ander Iraloa : “Le marché est plus
important que l’on croit. Baladez-vous dans les allées de l’ISPO et de la
Longboard Embassy et vous constaterez combien les marques à vivre de ce
secteur sont nombreuses.”
LE MARCHÉ EUROPÉEN
Le marché de détail joue-t-il déjà à guichets fermés ou trouve-t-on encore
de la place pour des nouveaux-venus ? “Il y a encore de l’espace pour de
nouveaux magasins. Cela dépend plus de ce que vous avez à offrir et de
comment vous vous y prenez, que d’une primauté à ceux qui étaient présents
en premier sur ce marché”, fait remarquer Matt Wong, président de la division
produit chez Globe, avant d’ajouter, “si un détaillant propose une bonne
sélection de longskates de qualité, qu’il les met bien en valeur et qu’il dispose
d’une bonne connaissance des produits pour aider les clients à faire leur
choix, alors il devrait être en mesure de retirer les fruits de cette activité.”
“La scène longskate fait preuve d’un soutien actif auprès des shops
locaux, si bien que même les petits détaillants peuvent réussir s’ils
s’engagent dans cette voie pour les bonnes raisons. Soutenir et organiser
des compétitions locales, être acteur au sein de cette communauté, voilà
comment se construire une base fidèle de clients”, indique Andy King de
Mindless Longboards. Et les grosses marques continuent d’élargir leurs
55
analyse du marché
“Si un détaillant propose une bonne sélection de longskates de qualité, qu’il les met bien en
valeur et qu’il dispose d’une bonne connaissance des produits pour aider les clients à faire
leur choix, alors il devrait être en mesure de retirer les fruits de cette activité.”
Matt Wong, Globe
gammes, à l’image d’Osprey : “Nous avons lancé 45 nouveaux modèles en
2015 et nous comptons en présenter encore plus en 2016”, affirme Tom
Ellyatt, directeur marketing.
En se penchant plus avant sur l’offre produits, on note que le gros du
marché se concentre autour des planches complètes vendues dans les
250 euros. Ajoutez ou enlevez 100 euros et vous obtenez les tarifs des
planches haut de gamme et entrée de gamme (lire plus bas). Les trucks à
géométrie inversée connaissent un succès énorme ; comptez 75 ¤ pour un
jeu de trucks, tandis qu’un jeu de roues se négocie dans les 55 euros. “Les
planches sont inusables, si bien que les ventes sont des one-shot dans
de nombreux cas, à la différence des skateurs core”, nuance Tom Beaton,
brand manager Europe pour Atom/Deville Longboards.
S’agissant des goûts et des différents usages des clients, Nate Schumacher
de Landyachtz indique que “les catégories descente et freeride se
stabilisent, tandis que le cruising et le carving montent en puissance.”
Néanmoins, cette segmentation répond aussi à une donnée géographique,
précise Maui de Sector 9 : “L’Espagne par exemple est très attirée par
la vague freestyle, alors qu’en France, ce sont davantage le carving et
sidewalk surfing qui marchent actuellement. En Allemagne, ce sont le
freeride et la descente qui dominent le marché.”
2. LES DROP-THROUGH ONT LA COTE
C’est même l’un des courants-phares du marché : l’avènement des
drop-through auprès du grand public. Rappelons qu’un drop-through
est une planche sur laquelle la base des trucks se trouve sur le dessus
du plateau afin d’abaisser le centre de gravité. “Les drop-through
représentent la plus forte source de croissance chez nous”, confirme
Chris Brunsetter, directeur marketing chez Goldcoats Skateboard Co.
Même écho de la part de Karl Martinez chez Shiner Distribution : “Les
complètes drop-through de milieu de gamme continuent de progresser
au niveau des ventes.” Ce faisant, d’autres modèles subissent le
contrecoup : “La demande de drop-through détourne les clients des
pintails”, indique Tom de Atom/Deville.
3. LES PLANCHES HYBRIDES CARTONNENT TOUJOURS
Difficile de faire fausse route en misant sur des modèles de 36-38
pouces avec un kicktail prononcé (pour les ollies). Les clients en
raffolent, confirme Nathan Pauli, vice-président des ventes chez Origin
photo: mindless
LONGSKATE 2016 : LES GRANDES TENDANCES
1. UNE DÉBAUCHE TECHNOLOGIQUE
Le longskate a toujours été une affaire de technique, mais jamais autant
qu’aujourd’hui. Rien que pour les planches concaves, il n’y a que l’embarras du
choix : avec cambre, wheel wells (découpe pour le passage de roue), double
concave, nose kick ou tail kick... Sans parler des “gouttières” sur les rails à
l’arrière ou des plateaux à 9 plys et autre placages d’érable, bambou ou fibre de
verre. L’abondance d’innovations techniques est telle que des marques comme
Sector 9 et Fying Wheels doivent se fendre de guides techniques à destination
des shops. Gardez-les sous la main, les gars, ils vont vous servir !
Longboars : “On assiste à un engouement indéniable pour des planches
de taille réduite, plus polyvalentes, qui marquent un carrefour entre le
street et le longskate.” Toutes les grandes marques proposent ce genre
de modèle, à l’image du Nestblock, recommandé par Freddy Kortenhaus
de Flying Wheels, capable “de mixer freeride, slides et street.”
4. LA GENTRIFICATION DU SECTEUR
Si le cœur du marché se concentre autour d’une pratique “loisirs”, le haut
de gamme a le vent en poupe, comme en témoigne Freddy : “Nous utilisons
des matériaux de très grande qualité, comme de l’érable du Canada,
des feuilles de bambou ou de fibre, en passant par des roulements en
céramique noir.” Les collections 2016 en longskate ont en effet tendance à
s’embourgeoiser ; on retiendra à cet égard la petite beauté qu’est le modèle
Geminon 35 de Globe, “un drop-through arborant un placage en ébène noir
très classieux”, détaille Matt Wong.
“Nous retrouvons des clients qui reviennent chaque année dans notre flagship store à
Hossegor pour se procurer un nouveau modèle. Cela répond à une volonté de disposer d’outils
adaptés pour rider quel que soit le terrain.” Andreas “Maui” Maurmeir at Sector 9
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analyse du marché
photo: sector 9
“Les catégories descente et freeride se stabilisent, tandis que le cruising et le carving
montent en puissance.” Nate Schumacher at Landyachtz
5. PETIT PRIX MAIS MAOUSSE QUALITÉ
Ces innovations techniques se répercutent désormais aussi sur des
modèles de complètes vendues aux alentours des 150 euros. Pour répondre
à cette demande, Long Island Longboards propose la gamme Aloha,
dotée de plateaux 7 plys, de roulements ABEC 5 et de trucks Freedom.
Cependant, Mike Van Anrooy de Hardcore tient à prévenir que “le secteur
est actuellement sous pression alors que de plus en plus de marques de
longskate bon marché inondent ce segment, présentes notamment dans les
enseignes de sport avec des longskates de mauvaise qualité.” Soyez avertis !
6. PLUS ÉLÉGANT, DES DÉCO SOIGNÉES
Le longskate est parvenu à dépasser les clichés à base de palmiers sur fond
de coucher de soleil au bord de l’océan. Chez Flying Wheels, on a fait appel
aux artistes de talent que sont Anaïs Le Corvec et Mat Miller pour réaliser des
déco splendides sur les plateaux. Ross Bradley de Osprey affirme observer
“une demande pour des designs plus féminins et, en 2016, les couleurs
pastels seront bien plus présentes.” Parmi les réussites de l’année, on citera
également le modèle The Hamu de Mindless avec son dragon au graphisme
tribal, ou encore le Wolf Shark particulièrement mortel de Landyachtz,
ainsi que la série Lagoon de Sector 9. Sur le dessus des plateaux, les grips
s’embellissent aussi avec des couleurs et motifs sympas, quand il ne s’agit pas
de grip transparent laissant apparaître la déco sur le pont.
7. LONGUES PLANCHES ET PETITS BOUTS
Les kids aussi veulent leur longskate ! Sector 9 se jette à fond dans cette
tendance avec la Mini Series. Chez Long Island Longboards, on lance le
“Sun” Mini Freestyle Deck, un drop-through de 34,5’’ de long pour 23,4’’
d’empattement, destiné aux mini-thrasheurs. “Nous développons de
nouveaux concaves, des mélanges de carbone, de fibre et de bambou et
58
testons les différentes combinaisons pour obtenir des longskates plus
flexibles et plus légers, conçus pour les enfants et la clientèle féminine”,
explique Ander Iraola.
Ce développement revêt un enjeu primordial alors que les jeunes représentent
le futur de notre secteur ; à charge des shops de les éduquer. “Cela permet
d’étendre considérablement le nombre de personnes qui skatent, pas
seulement en quantité, mais aussi au niveau de l’âge et du sexe. Un secteur
qui se repose sur une demande toujours plus grande et variée témoigne de
sa bonne santé”, affirme Nano Nobrega de Dusters California. Pour conclure,
n’oublions de rappeler qu’il s’agit d’embrasser pleinement le phénomène
longskate ou de ne pas s’y frotter du tout, signale Maui de Sector 9, une
entreprise à laquelle l’on doit la naissance du longskate en 1993 : “S’investir à
pas hésitants n’a jamais été la solution pour devenir célèbre !” Bien dit.
TENDANCES
•
Innovations techniques à profusion (se reposer sur les guides techniques)
•
Les modèles drop-through à destination du grand public
•
Les modèles hybrides cartonnent toujours
•
Vers un âge de maturité et de raffinement sur le haut de gamme.
•
Des innovations techniques qui débarquent en entrée de gamme.
•
Des déco plus élégantes sur les plateaux et les grips.
•
Plus de diversité et une esthétique soignée.
•
Les longkskates pour kids arrivent en force !
profil de marque
REKD
REKD est une marque de protections qui crée des produits haut de gamme, au bon prix et pour tous. Son équipe de direction
déborde d’enthousiasme et d’expérience dans l’industrie des sports d’action. Son offre de produits s’adapte à tous nos
sports favoris, du skate au VTT.
Comment a débuté votre aventure ?
Tout a commencé avec l’idée de combler un
vide dans le marché de la protection : des
produits premium au bon prix. REKD est née
au cœur d’une entreprise avec une grande
expérience dans la gestion de marques leader
dans les marchés des boardsports, incluant
ceux du skate et du longskate. La société
a une longue histoire dans ces milieux et
nous voulions offrir une gamme de produits
complémentaire avec nos autres lignes. La
philosophie des fondateurs voulait que les
produits soient dessinés pour tous, qu’ils
soient résistants, sûrs et, surtout, très
confortables. C’était la naissance de REKD.
pèse quand vous êtes parent ! Nous avons
investi beaucoup de temps et fait beaucoup de
recherches pour aboutir au moule idéal qui offre
ce qui, pour nous, est l’un des casques les plus
confortables du marché.
Qui compose l’équipe de direction et quel est
leur parcours ?
Nous avons un responsable développement
produits qui travaille depuis plus de 10 ans
dans le domaine des protections pour les
sports d’action, un équipe de développement
stratégique avec plus de 35 ans d’expérience où
chacun des membres vit et respire nos sports.
Cette combinaison suppose que REKD offre des
produits recherchés par les rideurs, à savoir
abordables et très efficaces.
D’après vous, pourquoi le marché européen estil important ?
Le marché européen est très important pour
la croissance de n’importe quelle marque.
Actuellement, le longboard est très populaire
en Europe mais c’est un territoire qui compte
de nombreux marchés où les différentes
disciplines sont populaires à des moments
différents. Ceci entraine que nous avons des
retours de clients très variés, ce qui enrichit
nos processus de développement.
En quoi êtes-vous différents de vos concurrents ?
Nous sommes convaincus que notre facteur
de différenciation principal est notre relation
qualité prix pour les casques. Nous offrons des
produits haut de gamme à un prix très compétitif
qui permet aux kids d’avoir un look stylé tout
en étant bien protégés. C’est un argument qui
Comment appuyez-vous les sports d’action et
les rideurs ?
Nous sommes en permanence à la recherche de
nouveaux rideurs pour promouvoir nos produits.
La marque sponsorise des rideurs en skate et en
longskate et elle assure leur promotion à travers
le site internet et les réseaux sociaux.
MARQUE : REKD
Vos casques sont-ils destinés avant tout au
skate et au longboard ?
Pas du tout. En fait, nous avons voulu nous
assurer que nos produits s’adaptent à un cadre
très large de disciplines action sports. Nos
produits sont utilisés dans des domaines aussi
variés que le roller derby, le BMX, la trottinette,
voire même dans des cadres plus ludiques
comme les balades urbaines à vélo.
Quelles autres initiatives marketing avez-vous ?
Nous travaillons avec des groupes de presse
comme Factory Media et Boss Media Inc pour
nous assurer que REKD soit une marque
reconnue dans tous les magazines et réseaux
sociaux du milieu des sports d’action. Nous
sponsorisons aussi des évènements et des
skateparks dans l’ensemble de la GrandeBretagne et en Europe. Nous pensons que
c’est le meilleur moyen de faire connaître la
marque car les consommateurs peuvent les
voir en situation.
Pour quelles raisons votre marque attire-t-elle
les détaillants ?
Non seulement nos produits sont certifiés,
confortables et beaux pour le consommateur
final qui les achète mais nous offrons aussi
de très bonnes marges aux détaillants. Nous
avons aussi de la PLV de grande qualité. En
plus, nous avons de bonnes dispos en stock, le
service client est impeccable et nous livrons
en temps et en heure.
Quel futur voyez-vous pour notre industrie ?
Ces dernières années nous avons été
témoins du développement de diverses
disciplines dans le longboard, toutes utilisant
des protections. Nous avons vu aussi le
développement d’autres sports comme le BMX,
alors nous imaginons que, dans le futur, cette
croissance se poursuivra dans l’ensemble
des sports extrêmes. Bien évidemment, nous
nous assurerons toujours que nos produits
répondent à cette évolution.
EMAIL : [email protected] SITE : WWW.REKDPROTECTION.COM
61
profil de marque
TEMPLETON
Templeton Outerwear est une
d’outerwear snow, marque pointue
et européenne, créée par des
snowboardeurs puristes de Yarn
Factory. Ce sont des produits qui
s’inspirent des tendances d’antan,
la mode des années 50 aux années
90. Une marque jeune avec une
personnalité forte !
Comment a débuté votre aventure ?
Templeton Outerwear est une réaction directe à
l’état d’esprit du marché de l’outerwear. C’était
le bon moment. Avec un peu d’argent et de
clairvoyance, nous nous sommes lancés. D’après
nous, il y avait une place pour une marque comme
la nôtre. Je ne savais pas quoi porter pour me sentir
bien. Tout le monde porte la même chose : grandes
marques, slogans marketing étranges, rideurs
vendus au plus offrant… bla, bla, bla. F**k that ! Voici
Templeton ! J’espère que nous serons la solution !
Quelle est la philosophie de la marque ?
Elle parle de nous et de notre façon d’être. Comme
des diamants, nous sommes bruts et non- taillés.
Nous avons arrêté d’être des “haters” et nous
avons concentré notre énergie à la création de
bons produits qui vous incitent à “repenser votre
façon de rider” (merci à Now Bindings pour ce
slogan). Nous promouvons une philosophie qui
incite à “vivre libre en faisant ce que l’on aime”.
Chaque jour est nouveau. Nous sommes un miroir
des années 90, l’enfant bâtard de Ranquet & Lynn.
Je veux que le snowboard redevienne obscur et
dangereux, parce que c’était son élan initial. C’est
pour ça qu’il est cool. Regardez Garden ou Road Kill
et vous comprendrez ce que je veux dire. Nous ne
voulons pas vous adapter, nous voulons vous sortir
du cadre !
Quelles autres initiatives marketing avez-vous ?
Nous supportons un snowpark DIY appelé
Crown Woods, sous la responsabilité de
notre ami et caméraman Beat Shwiersch, à
Breitenberg - Pfronten, dans les Alpes du
Nord. Toutes les six à huit semaines, nous
organisons une soirée dans nos bureaux pour
que les gens dansent, fassent du skate et
picolent jusqu’au bout.
Utilisez-vous des ressources locales pour votre
production ?
Tout ce que nous utilisons pour faire de la PLV provient
de coins les plus profonds de notre usine : lockers,
meubles, matériaux anciens en chanvre et vieilles
machines à coudre. Nous avons utilisé des morceaux
de toile de chanvre, veille de 40 ans, pour faire des
patches pour nos blousons. Pour les produits en édition
limitée, nous laissons l’initiative à notre crew.
D’après vous, pourquoi le marché européen
est-il important ?
En tant que marque européenne, nous devons
conquérir ce marché en premier. Le marché européen
est plus tendance, il a une histoire très riche et le
consommateur connaît très bien les matériaux. Le
marché européen, c’est comme aller visiter un musée
alors que le marché US, c’est comme se rendre dans
un centre commercial ou aller au cinéma.
Quels sont vos produits les plus populaires ?
Le blouson GasStationJacket, un blouson avec un
print énorme sur le dos. Le pantalon WulfPant aussi.
En quoi êtes-vous différents de vos concurrents ?
Notre philosophie et notre attitude. Et peut-être
le fait que nous ridons tous les jours et tous les
soirs quand nous ne sommes pas au travail.
nous leur cuisinons de bons petits plats. Mais,
surtout, nous essayons de promouvoir l’idée,
presque perdue, du fun et de la solidarité de cet
anticonformisme romantique.
Pour quelles raisons votre marque attire-t-elle
les détaillants ?
Nous sommes l’essence du snowboard. Nous
lui serons fidèles jusqu’à notre mort. Templeton
combine tout ce que vous avez toujours aimé du
snowboard : nous sommes cool, décalés, nous
ridons quand tu dors, nous dormons quand tu
rides. Nous offrons de bonnes marges à nos
détaillants, des produits européens bien conçus et
une attitude inimitable. Nous sommes une marque
européenne. Nous la développons en personne et
nous donnons au snowboard la personnalité qu’il
a perdue mais qu’il mérite encore.
Où êtes vous distribués et quels sont vos plans
de développement ?
Nous avons des distributeurs officiels en Allemagne,
Suisse, Italie, Espagne, France, Suède et Finlande.
Nous travaillons avec des agents en Autriche, GrandeBretagne, Colorado et Norvège. Notre objectif est de
nous établir dans les pays les plus stables et de grandir
doucement et en pleine santé, jusqu’à l’inconnu.
Qu’est-ce qui vous inspire ?
La culture musicale, notre propre étrangeté, les
vêtements à l’ancienne et la mode des années
50 à la fin des années 90. L’équilibre subtil entre
être casual et excentrique à la fois.
Quel futur pour notre industrie ?
Les riches deviennent plus riches et les pauvres
encore plus pauvres. Vous devez marquer la
différence pour survivre, pour garantir/donner au
snowboard une vraie personnalité qui attire les
kids dans le futur. Allez rider !
Comment appuyez-vous les sports d’action et
les rideurs ?
Nous offrons des produits gratuits à notre crew
(team), nous les laissons dormir au bureau et
Où pouvons-nous découvrir vos produits, vidéos
et autres ?
Facebook : www.facebook.com/templetonclothing
Instagram : templeton_outerwear
MARQUE : TEMPLETON SITE : WWW.TEMPLETON-OUTERWEAR.COM
63
profil de marque
SUPERBRAND
Marque californienne de vêtements et planches de surf, SUPERbrand apporte un vent frais sur le secteur. En misant sur des
produits jeunes à l’esthétique chiadée, l’entreprise s’affiche en nouvel étendard d’un certain niveau d’excellence au sein de
l’industrie du surf, qu’il s’agisse d’être à l’eau ou sur la terre ferme.
Pouvez-vous revenir sur les origines de la
marque ?
SUPERbrand a vu le jour en 2008 grâce au
soutien des surfeurs professionnels Dion Agius,
Ry Craike et Clay Marzo. La gamme textile tout
comme les planches partagent les mêmes coloris,
la même esthétique et les mêmes motifs, ce qui
est absolument inédit sur le marché. SUPERbrand
fixe un nouveau standard d’excellence, à la fois
sur le marché du textile et de la planche de surf.
La distribution s’est étendue progressivement sur
les marchés core et au sein des surfshops les plus
reconnus aux États-Unis, en Australie, en Europe,
au Japon, ainsi que dans d’autres régions du globe.
Qui compose l’équipe dirigeante et quel est leur
parcours respectif ?
Fin 2013, Marcelo Bengoechea (ex-Reef) est
devenu directeur général de SUPERbrand et,
depuis, c’est lui qui fixe les orientations, la
vision et amène son leadership à la marque.
Début 2014, ce fut au tour de Dorig Bocquet
(ex-Nitro Circus, Skullcandy, Monster Energy) de
rejoindre l’équipe afin de développer et renforcer
SUPERbrand à l’international. Et, fin 2014, Justin
Coté est venu gonfler les effectifs en tant que
directeur marketing. Après avoir passé près de
dix ans dans la presse surf, Justin a joué un rôle
prépondérant dans le développement de notre
marketing à l’international et de notre présence
sur les réseaux sociaux. Le reste de l’équipe est
issu de divers milieux surf et autres cultures,
chacun apportant ses compétences individuelles à
l’aventure afin de pérenniser notre marque.
Quelle est la philosophie de la société ?
SUPERbrand crée des articles uniques dans un
esprit avant-gardiste pour correspondre aux
désirs, à l’idéologie et la vision de la jeunesse,
mais pas seulement. Nous fabriquons des
vêtements tendance et des planches de qualité,
destinés aux surfeurs mais aussi aux passionnés
de ce lifestyle, qui naviguent à la fois dans le
milieu du surf et de la mode.
En quoi vous distinguez-vous de la concurrence ?
SUPERbrand est l’une des rares marques de surf
vraiment authentiques et pas juste “inspirée”
par la culture surf. Nous fabriquons les planches
dans nos propres ateliers, ce qui nous permet de
toujours être au contact du surf.
Parvenez-vous à vous approvisionner en local
pour votre production ?
SUPERbrand utilise uniquement les meilleurs
matériaux afin de réaliser les meilleurs
produits. Ce sont les bons ingrédients qui
font les meilleures recettes ! Cela signifie
que, tant que possible, nous retenons des
matériaux locaux, et aussi des matériaux
respectueux de l’environnement. Nous
souhaitons également recycler les matériaux
des planches de surf dans notre production
textile afin que les deux familles de produits
soient intrinsèquement liées.
En quoi le marché européen diffère des autres ?
Au sein de l’Europe, on trouve quantité de
différentes cultures surf et façons de vivre la plage.
De la Suède à la Grèce, en passant par la Pologne
et le Portugal, on trouve des personnes attirées par
la plage et qui veulent vivre cette culture influencée
par le surf et les vagues. Et, même si deux marchés
ne se ressemblent pas, nous sommes convaincus
que SUPERbrand peut satisfaire les fashionistas
européens les plus pointus !
En quoi consiste votre campagne marketing ?
Le mot d’ordre de SUPERbrand est “THE WORLD
IS SUPER”. C’est un message que l’on retrouve
aussi bien sur les publicités des magazines
que sur le web, sur les événements et sur les
membres du team, partout où sont distribués
nos produits dans le monde. Nous voulons nous
éclater, rire de nous-mêmes et, surtout, passer
le plus de temps possible à l’eau.
Comment envisagez-vous l’avenir de la marque ?
Nous enregistrons une croissance exponentielle
année après année, ce qui est génial.
Néanmoins, il est important que cette croissance
s’accompagne d’un respect des critères de qualité
que nous nous sommes fixés. S’agissant de
textile et de planches de surf, nous demeurons
à la pointe du design, de la performance et de
la qualité. Dans l’année, nous lancerons une
catégorie d’accessoires nommée AXC.
Et quel futur prédisez-vous au secteur en
général ?
Le surf sera toujours quelque chose de fun et, tant
que personne n’oubliera ça, on trouvera toujours une
demande pour des produits de qualité conçus pour
prendre encore plus de plaisir. De notre côté, nous
prônons une grande ouverture : même si vous ne
connaissez rien au surf, rejoignez-nous et laissezvous emporter par ses bonnes vibes. Et si vous êtes
un surfeur de toujours, attrapez un boardshort et
une planche, et venez fracasser avec nous !
Comment faire pour suivre la marque en ligne ?
Superbranded.com
Facebook.com/superbrand
Instagram : @superbrand
MARQUE : SUPERbrand EMAIL : [email protected] SITE : WWW.SUPERBRANDED.COM
64
FAIR WEAR FOUNDATION
Toute entreprise qui fabrique du textile dans des usines à l’étranger fait face à la problématique des
conditions de travail des employés. Alors que des changements politiques pourraient rompre ce statu quo,
efficacement et à tout moment, le seul moyen pour l’instant d’atteindre un certain degré de transparence
consiste à conduire des audits réguliers sur le terrain. Quand il s’agit d’assurer des salaires convenables
et d’éviter le travail des enfants, la Fair Wear Foundation offre un soutien et des conseils exhaustifs aux
entreprises internationales.
Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, plus de 1,6 millions de gens
ont fui le pays vers la Turquie. Et, parce que leur durée de séjour est
inconnue, de plus en plus de réfugiés cherchent à travailler pour assurer la
subsistance de leur famille. En conséquence, les entreprises qui fabriquent
des textiles en Turquie doivent prendre conscience du risque inhérent au
fait de solliciter le travail des enfants syriens. La situation est tendue et les
travailleurs syriens sans papiers adéquats sont sujets à la discrimination
et à l’exploitation dans les usines. Un certain nombre de fournisseurs nonlicenciés ont choisi d’employer de grands effectifs de réfugiés, souvent
dans des conditions insalubres et dangereuses. Mais, même avant cela, les
conditions de travail dangereuses et les quantités insupportables d’heures
supplémentaires avaient été identifiées par les médias grand public.
exceptionnelle à cause de l’instabilité politique actuelle. Mais, ce que
l’on rencontre, ce sont des heures supplémentaires en masse qui ne
sont pas payées ainsi que des salaires qui ne couvrent pas les besoins
primaires. Dans certains cas, on refuse les avantages sociaux ainsi que
les vacances aux employés. Ce sont ces sujets difficiles qui sont abordés
lorsque les travailleurs nous approchent via nos hotlines régionales.”
En tant que fondation légale, les actions de la FWF se fondent sur huit
articles de la loi du travail, similaires aux principes de l’Organisation
Internationale du Travail. Les travailleurs ont les droits suivants : le travail
se fonde sur la libre volonté, et n’est pas forcé. La discrimination et le
travail des enfants sont illégaux. Les travailleurs ont le droit de créer
ou de rejoindre une association ou un rassemblement et de négocier en
La Fair Wear Foundation (FWF)
tant que collectif. Les salaires
a pour mission d’améliorer les
doivent couvrir les besoins
“Nous procédons sous l’hypothèse que les conditions
conditions de travail dans l’industrie
primaires. Les heures de travail et
de travail ne peuvent jamais être certifiées, mais
internationale du textile. Fair Wear
l’environnement de travail doivent
seulement vérifiées.” –
se focalise sur les entreprises
être sains, et les contrats de
de couture, y compris sur leurs
travail constituent un engagement
Stefanie Santila Karl, Fair Wear Foundation.
fournisseurs et leurs travailleurs
juridique et doivent se conformer
à domicile. La couture représente
aux lois existantes. De plus, les
actuellement le plus gros nombre d’heures de travail humain au sein de
structures et les pratiques de travail des fabricants ont un impact direct
l’ensemble des étapes de production, par opposition aux machines. Le
et décisif sur la chaîne des fournisseurs ainsi que sur les conditions de
segment abrite aussi le plus grand nombre de travailleurs avec le niveau
travail des employés des usines.
d’éducation le plus bas. Après tout, la couture s’apprend facilement par
rapport à d’autres savoir-faire plus techniques.
En tant qu’organisation indépendante ayant des parties prenantes diverses,
la FWF constitue un cadre permettant de mesurer la responsabilité sociale
“Lorsque vous tombez sur des enfants, bien sûr, c’est une situation
d’une marque, avec des conseils sur l’amélioration. Lorsque les entreprises
critique qui requiert d’agir très rapidement et avec beaucoup de prudence”,
décident de rejoindre la FWF, elle crée un plan détaillé de leurs objectifs et
indique Stefanie Santila Karl à la FWF. “Tout d’abord, nous collectons des
du temps requit. La FWF supervisera, accompagnera et publiera tous les
informations et des preuves documentées. Parce qu’au moment où vous
développements prenant part au processus, à l’aide d’un nouvel outil en
ébruitez le problème au sujet de l’usine, l’enfant est déjà parti, déplacé vers
ligne : le Brand Performance Check.
une autre usine. Tous les gérants d’usine savent que le travail des enfants
est illégal. Il faut aussi parler aux parents et à l’enfant et expliquer que
Le coût de l’adhésion se base sur les revenus de la marque et inclut aussi
ce n’est pas de sa faute. En même temps, vous devez estimer le nombre
les frais liés au Brand Performance Check, grâce auquel la FWF procède
d’autres enfants qui travaillent là-bas, parce qu’il y a très souvent d’autres
à une évaluation initiale de la structure interne de l’entreprise, qui sera
enfants qui sont dissimulés au moment des inspections des usines.
ensuite classifiée selon 3 critères de qualité. Et, lorsqu’une marque manque
aux engagements nécessaires à l’adhésion à la FWF, l’organisation lui
Heureusement, les usines de couture constituent une exception en ce
présente un ultimatum d’un an avant de s’en séparer.
qui concerne le travail des enfants, et la situation de la Turquie est aussi
WWW.FAIRWEAR.ORG
66
NOUVEAUX PRODUITS #76
CASQUE MACON (EPS) DE BERN
Le modèle Macon est doté de superbes lignes
épurées qui conviennent à toutes les saisons.
Avec son noyau EPS et sa coque fine en
ABS, le Macon est garanti aux normes tout
en affichant un poids réduit. En fonction de
la saison, vous pouvez changer la garniture
intérieure entre modèle confort pour l’été et
version hiver ; des garnitures qui s’achètent
séparément. Un casque deux-en-un idéal pour
le snowboard et le skate !
www.bernunlimited.com
BOARDSHORT IAN WALSH DE FOX
Avec ses motifs réalisés par sublimation,
ce short possède de sérieux arguments
techniques : braguette plate, cordelette
Stretch-Lock, coutures latérales Ergo avec
passepoil, ourlets V-Notch, poche zippée sur la
fesse et taille Secure Fit.
www.foxhead.com
SANDALES FREEWATERS X
CHANNEL ISLANDS
Partenaire officiel de Channel Islands
Surfboards, la marque Freewaters finance
des programmes d’approvisionnement en eau
potable grâce aux ventes de ses sandales
responsables, d’ailleurs garanties à vie. Cette
collaboration se décline à travers cinq modèles
de sandales, disponibles cet été.
www.freewaters.com
VANS SAM PARTAIX TATTOO SLIP-ON PRO
Le skateur a pu offrir sa propre déco à son
modèle préféré de skateshoes, les Slip-On
Pro de Vans. L’artwork des chaussures puise
directement dans les tatoos du skateur et son
travail de photographe. Les shoes sont dotées
d’un dessus en toile conçu pour la pratique du
skate, d’une semelle intérieure UltraCush HD,
du classique renfort périphérique DuracapTM
et de l’emblématique semelle gaufrée de Vans.
Un t-shirt Custom Fit accompagne la paire de
chaussures, arborant un imprimé sur la poitrine
qui reprend une image signée Sam Partaix.
www.vans.com
CINTRE DRITEK HANGER PRO
Le cintre Dritek Hanger PRO est la version
améliorée du modèle de base de chez Dritek.
Réputé pour sa solidité et sa polyvalence,
désormais, ce cintre bénéficie en plus d’une
protection en mousse haute densité autour du
mousqueton de fixation, afin de protéger les
barres de toit de votre voiture et autres portants.
www.dritekproducts.com
68
ZOOM SUR LES MARCHÉS ROYAUME-UNI
Par Gordon Way
A l’heure où je vous écris, j’entends encore des histoires de meilleure
neige ridée depuis des années. J’ai réservé un trip avec les superbes
Olly et Emma, de Mountain Mavericks, alors j’espère que les conditions
vont perdurer. On dirait que les saisons sont de plus en plus tardives et il
semblerait que nous ayons à nous en accommoder, avant de décider s’il
est temps de “solder” ou pas.
A ce sujet, vous vous rappellerez peut-être que, dans le dernier
numéro, j’ai parlé de l’importance de maintenir les PVP et de faire des
comparaisons avec les autres maques (pour être clairs, les accords sur
les prix sont illégaux, mais faire des marges décentes ne l’est pas !).
Chas, de Tallington, m’a contacté après l’article. Chas est le
responsable du site de vente en ligne et, avec raison, il a assuré qu’il
est trop facile de croire que la saison est finie quand vous préparez
l’été 2015, avec l’arrivée de nouveaux produits et les offres multiples
des fournisseurs (qui se succèdent depuis Janvier) de produits
d’hiver discountés, immédiatement suivies des précommandes pour
la saison prochaine.
J’ai un respect particulier pour les détaillants qui essayent de bien
gérer les saisons et de maintenir un flux sain des stocks, de la trésorerie
et des clients.
Du coup, pour écrire cet article, j’ai décidé d’appeler Chad. J’espère
que chez Tallington on me pardonnera de dire qu’ils sont paumés au
milieu de nulle part. Où se trouve nulle part ? A douze miles au nordouest de Peterborough. Ils sont basés en plein centre d’un complexe
nautique avec une piste de ski artificielle. “Cette année nous avons eu
beaucoup de monde sur la piste. Les week-ends, c’était la folie. Ce qui
attire beaucoup de monde en magasin.” Et le mix produit ? “Le ski se
porte bien et le snow tire un peu la tête. Nous sommes déçus que les J.O.
n’aient pas eu l’effet escompté sur les ventes. Du côté du ski, nous avons
très bien vendu les chaussures. Les clients se rendent compte qu’il est
important d’être bien chaussé.”
Quand nous avons parlé de la clôture prématurée de la saison, Chad a
dit : “Nous sommes en plein mois de Mars et nous sommes très occupés
avec les clients qui se préparent à passer les vacances de Pâques au
ski. Nous devons nous rappeler de ça. Alors que beaucoup pensent que
tout est fini, la réalité est tout autre. Il y a encore beaucoup de monde
qui s’enthousiasme avec les vacances de Pâques à la neige et qui veut
investir dans du matériel.”
Mon vieil ami Jeremy, de TSA, nous donne une perspective
intéressante sur le marché. J’ai commencé par lui demander ce qu’il
pensait de l’effet J.O. et s’il avait noté une différence. “Bien sûr que
oui”, dit-il, aussi sûr que d’habitude. “Ça a attiré de nombreux jeunes au
sport, exactement ce dont nous avions besoin. C’est une bonne base de
jeunes qui nous aidera à maintenir le sport et les affaires. Les produits
pour enfant performent très bien.” D’autres segments porteurs ? “Oui, la
femme indépendante. Il n’est plus question pour elle de venir avec son
copain et de s’acheter ce qu’il y a. Elle dépense des montants importants
en produits haut de gamme et elle prend ses propres décisions d’achat.”
Ça fait du bien de voir que ces deux segments se portent bien !
Nous avons parlé du taux de change euro/livre sterling et de l’impact
futur sur les prix. “Nous sommes dans un marché globalisé et les PVP
doivent être aussi prêts que possible des PVP européens. Si ça suppose
que l’on doive réviser certains prix et certains détails, qu’il en soit ainsi.
Quand arrivent les soldes, nous devons nous assurer de ne pas donner
aux revendeurs en euros, une seule chance de nous piquer du business.”
Et que dire des soldes anticipées ? “Nous avons dû brader certaines
marques en Janvier à cause de notre principal concurrent. Et c’était
inutile ! Ceci étant dit, nous commençons à peine les soldes et nous
allons finir la saison sans grand chose en stock. Dans l’ensemble, je suis
assez content et optimiste pour le futur du snowboard britannique.”
Et que dire du reste ? Nous sommes à quelques semaines d’une
élection présidentielle et les promesses des politiciens font légion. Ça me
saoule de voir comment ces gens sont capables de tourner et retourner
une même histoire. Ils sont capables de retourner n’importe quelle
situation ; c’est ce qui fait d’eux des politiciens.
Pour Jeremy, le taux de change de la livre est un sujet de discussion
majeur car il est au plus bas, vis-à-vis de l’euro, depuis sept ans. Mais la
livre est faible face au dollar et je pense que c’est un effet collatéral de la
peur des élections…qui sait.
Nos banques ne cessent de recevoir les foudres du public et de
la presse après les erreurs commises, mais elles ne semblent pas
apprendre et continuent sur la même lancée. L’économie britannique
vit une baisse du chômage, l’inflation se réduit, les revenus moyens
augmentent et les taux d’intérêt à 0,5% sont au plus bas depuis six
ans. Apparemment, les consommateurs se “sentent bien”, motivés
par ces données et par la baisse du prix du carburant. Ceci entraine
aussi une meilleure confiance des ménages et une augmentation des
demandes (et acceptations) de crédit. Barrat Homebuilders voit ainsi
ses profits augmenter de 70 %.
Dans le domaine de la vente au détail, les choses ne se portent
pas aussi bien. Dans un rapport récent de KPMG, il semblerait que la
récupération économique “passerait au travers du secteur du détail”. Il
faut avouer que ce n’est pas très bon pour nous. “Les ventes de textile
et de mobilier affichent des taux de croissance record par rapport à
Février de l’an dernier. La mode bain, les sandales et autres produits
de vacances ont bien performé aussi”, assure Helen Dickinson, DG du
British Retail Consortium.
Je sais que nous avons du mal à l’admettre mais la plupart de
nos produits peuvent se cataloguer comme des produits-vacances.
Evidemment, nous avons des passionnés mais il semblerait que nous
soyons témoins d’une croissance ferme dans l’ensemble des secteurs
boardsports.
Pour finir, alors que les fleurs de printemps commencent à éclore,
que le soleil se couche de plus en plus tard, nos pensées se tournent
vers les vagues, le vent et l’eau. James, de H2O Sports, à Poole, qui
ne vend pas de produits d’hiver, assure avoir eu un très bon hiver.
“Il est facile d’avoir une bonne croissance hors-saison mais, si nous
pouvons maintenir ces taux toute l’année, nous allons être bien
gâtés. Cet hiver nous avons enregistré une croissance de 20-25 %.
Une météo clémente, du vent et des vagues, nous ont bine aidé. Le
windsurf devient de plus en plus un sport de vacanciers, une pratique
à faire une ou deux fois par an. Le SUP et le kite, par contre, offrent de
vraies opportunités, avec une très forte croissance du SUP.” Poole est
un marché-clef des sports nautiques et, dans la zone, vous trouverez
la plus grande densité d’affaires qui leur soient dédiées de tout le
pays : “Le lieu géographique est clef, bien sûr, mais nous avons aussi
enregistré de bons résultats en ligne, en particulier avec des clients
du nord, qui n’ont pas de magasins spécialisés. Quoi qu’il en soit, nous
sommes contents de leur venir en aide.”
Pour finir, James a souligné que les locations n’ont jamais été aussi
populaires à Poole. Les réservations de vacances arrivent très tôt aussi.
C’est un grand signe d’optimisme pour le pays. Et que l’été arrive !
71
ZOOM SUR LES MARCHÉS ALLEMAGNE
Par Anna Langer
Depuis quelques semaines, nous sommes bénis par un soleil
radieux juste avant le début du printemps. Ce sont de belles
prémices pour cet été mais aussi un bonheur pour l’instant présent,
en particulier quand on sait que la neige était abondante en Février
et Mars. Les affaires semblent être au beau fixe pour ce premier
trimestre 2015. Les chiffres exacts sont difficiles à trouver,
mais certaines estimations parlent d’une augmentation de 5% du
commerce du détail par rapport à l’an dernier.
Cet automne, Manfred Piepho, de Der Berg Ruft & Boarderline
Snow Shop, à Berlin, parlait des difficultés de l’outerwear mais,
depuis le début de l’hiver, fin Décembre, les ventes se sont
stabilisées, en particulier pour le hardware. “Nous avons eu
beaucoup de demandes de boards, fixations et boots”, explique
Manfred. Etant donnée la distance géographique qui les sépare des
montagnes, “les tendances nous arrivent avec un peu de délai,”,
continue-t-il. Les consommateurs sont “très sensibles aux prix” dans
cette région car la capitale allemande souffre d’un faible pouvoir
d’achat, ce qui complique davantage un marché rendu difficile. En
plus de ça, les prix cassés offerts par les grandes marques et les
grandes enseignes ont un effet immédiat sur les ventes. “Burton,
K2, Ride et Arbor sont des marques fortes chez nous”, détaille
Manfred. “Mais les autres marques, qui bradent leurs produits dans
les grandes chaines comme Sport Scheck ou Karstatdt, ont perdu de
grandes parts de marché dans notre magasin”, conclut-il.
Chez 247 Distribution, ce début 2015 est décrit comme
“extrêmement bon”. La météo n’est qu’une partie de cette bonne
évolution car des facteurs organisationnels ont joué un rôle très
important. “Nous avons eu la chance de recevoir beaucoup de
produits de Chine, juste avant le Nouvel An Chinois, et nous avons
pu les livrer avant les vacances. Ceci suppose que nous avons
commencé nos livraisons très tôt. Les autres années nous n’avions
pas eu cette chance”, se rappelle Nils.
“Les marques de NHS (Independent, Creature, MOB Gript, etc.) et
Skate One (Powell Peralta, Bones Wheels, Bones Bearings, Theese
Wheels, etc.) se portent très bien”, continue Nils, peu surpris par le
constat. “Tum Yeto se porte très bien aussi, en particulier après le
rachat de Habitat et Alien Workshop. TSG est très populaire aussi
et la disponibilité de ses produits sera un facteur-clef de succès en
2015. Les longboards Riviera sont aussi très populaires.”
Andi, de Boneless, à Munich, assure que le longskate est
toujours très en vogue et la tendance ne semble pas vouloir
s’inverser. Il gère le premier magasin longboard de la capitale
bavaroise. “Nous avons commencé il y a huit ans, alors que le
longskate n’intéressait qu’une poignée de gens. Nous n’avions qu’un
choix si nous voulions survivre : grandir. Car le longboard était
presque inexistant. L’explosion du longboard a commencé il y a
quatre ans environ et s’est renforcée ces deux dernières années.”
Boneless se concentre surtout sur la qualité, que ce soit pour
les débutants pour les pratiquants assidus. “Pour les débutants,
nous offrons des produits premier prix, bien sûr, mais uniquement
s’ils sont fidèles à notre idée du longboard”, explique Andi. Ainsi, ils
s’assurent que chaque produit est parfaitement adapté à son client,
comme il se doit.
Dans cette époque d’instabilité économique, l’explosion de la
croissance n’est pas seulement fêtée, elle est aussi regardée d’un
72
œil critique, un détail positif et justifié. Toute mode est suivie par
une phase de saturation, un développement qu’Andi anticipe mais
attend avec grand calme. “En particulier, quand un produit est très
à la mode, comme le longboard, il faut donner de bons conseils et
offrir un service de qualité à chaque client. Ça veut dire que vous
devez vendre à un gamin de 35 kg un produit différent qu’à un adulte,
même si tous les deux sont débutants. Pour consolider et établir
définitivement cette catégorie, nous devons tout donner maintenant
et non pas compter sur la mode et les volumes que nous faisons à
court terme.” Si tout le monde agit de même, le longboard aura de
beaux jours devant lui.
Indépendamment de la mode ou de la saturation, le longboard
redonne aussi un souffle au skate core et Andi le souligne ainsi : “Les
cruisers attirent de plus en plus de monde qui n’utilise le skate que
pour se déplacer. Ceci suppose que le skate devient de plus en plus
core, plus vrai. C’est une superbe évolution pour les deux sports !”
Pour s’assurer que tout le monde trouve ce qu’il recherche, il
est important d’avoir une mission et une passion comme celles de
Boneless. “Nos vendeurs sont de grands skateurs, certains sont
même sponsorisés et tous font partie de la scène depuis longtemps.”
Le lien étroit avec la communauté et les clients entraine aussi
certains consommateurs qui viennent glaner des conseils pour,
après, faire des achats en ligne au meilleur prix. Pour Andi, “les
tendances du web sont plus difficiles à cerner. Il y a des kids qui
diffusent des connaissances superficielles et dangereuses dans des
vidéos YouTube. Les shops doivent faire face à ce challenge pour
contrer ces erreurs avec une véritable expertise afin de donner aux
gens de meilleurs critères pour mesurer la qualité de ce qui est dit
sur le net”.
Ceci est très important aussi pour 247, qui travaille avec des
shops en dur et en ligne depuis des années. “En près de 10 ans de
vie de 247 Distribution, nous avons appris à trouver un bon équilibre
entre les deux et nous sommes très attentifs à la stabilité des prix”,
explique Nils. “Quelques marques ont commis de graves erreurs en
faisant des soldes trop brutales, trop vite, sur internet.” Il ajoute
que, même si les ventes en ligne sont “extrêmement importantes”,
“l’épine dorsale” sera toujours du côté des shops en dur. “C’est
particulièrement vrai pour les segments plus chers, avec des
produits qui exigent beaucoup de conseil et de consultation. Rien ne
vaut une bonne relation avec le client dans ce cas-là”, conclut-il.
Le reste de 2015 semble très positif pour les trois. Le snowboard
est stable, le longboard continuera sa croissance et le skate se
réinvente. “Je pense que la demande de marques de longboard
poursuivra la tendance à la hausse mais la demande de marques
de skate se développe aussi”, ajoute Nils. “Il se peut que les taux
ne soient pas les mêmes mais nous préférons une croissance
progressive plutôt que de rentrer dans une bulle.” Il admet aussi
que le taux de change euro/dollar sera un défi pour beaucoup de
distributeurs : “nous devons nous assurer d’offrir une stabilité des
prix à nos consommateurs et, si le pire arrive, nous ferons tout notre
possible”. L’engagement a toujours été un moteur puissant dans les
boardsports et il ne cessera jamais de l’être.
ZOOM SUR LES MARCHÉS FRANCE
Par Benoît Brecq
La conjonction d’un prix du baril très bas et d’un euro faible est indéniablement
un élément de soutien pour la reprise de l’économie française. Toutefois,
n’exagérons pas l’impact potentiel de la baisse de l’euro. On aurait tort d’oublier
qu’une baisse de l’euro entraîne mécaniquement un renchérissement du prix
des importations. Il est encore trop tôt pour faire le bilan pour la France mais une
étude a déjà prouvé que, dans le cas de l’Italie, l’affaiblissement de l’euro est un
jeu à somme nulle. En d’autres termes, le gain économique réel d’une baisse de la
monnaie est souvent compensé par la hausse du coût des importations.
Le marché des Sports de glisse est, pour l’immense majorité des,
cas celui de l’importation. Notre marché risque donc malheureusement
de connaitre dans les semaines qui viennent une augmentation pouvant
atteindre jusqu’à 20 % des prix. Au dire des différentes marques,
distributeurs et importateurs, on parle de près de + 10 % en avril et peutêtre même à nouveau + 10 % au mois de juillet.
Cette augmentation des prix touchera dans un premier temps les
revendeurs mais aussi indéniablement les consommateurs finaux qui,
pour pratiquer leur passion, devront une nouvelle fois mettre un peu plus
la main à leur porte-monnaie.
Ces hausses de prix sont pourtant inévitables pour la survie des
marques, sauf pour les très rares marques made in France. Les marques
et distributeurs ont jusqu’à aujourd’hui résisté et maintenu les prix, malgré
la courbe inquiétante du taux de change Euro/Dollar engagé depuis l’été
dernier. Mais aujourd’hui, elles n’ont plus le choix, il en va de leur survie.
Du côté des détaillants, la situation semble tenir le cap. “Pour les mois
de janvier et février 2015, notre activité est stable par rapport à 2014”,
nous confie Laurent Bouteiller, gérant du magasin Urban Surfer dans le
5ème arrondissement de Paris.
Les soldes semblent avoir permis de rattraper le retard du chiffre d’affaires,
cependant “elles s’appliquent désormais à trop de produits”, selon Laurent.
En effet, le matériel technique a été soldé plus tôt cette année. Pour Norbert
et Catherine Bernigaud d’Atmosphère à Gap, les soldes ont été compliquées,
au vu des offres déguisées sur internet dès la mi-décembre ; malgré cela, en
jouant “la carte du conseil, du service et de l’écoute auprès de nos clients, nous
arrivons à sortir notre épingle du jeu.” Volcom, Burton et Pictures semblent
être les marques avec les meilleures sorties sur cette période de soldes.
Pour Guillaume Adam du magasin de station Ride & Style à Val
Thorens : “Les ventes sont plutôt en hausse en ce début de saison. Nous
n’avons pas subi le manque de neige comme dans beaucoup de stations.”
Les chutes de neige cette saison ont été conséquentes sur toute la
France et notamment dans les Pyrénées. Avec 5,40 m de hauteur de neige
cumulée, la station de Piau Engaly, décroche le pompon. Elle est, fin février,
la station de ski la plus enneigée au monde, selon le site snow.forecat.com.
Et ce n’est pas tout, Gavarnie décroche la 4ème place avec 4,10 mètres,
suivie de près par Porté Puymorens, 4 mètres.
Les abondantes chutes de neige du mois de février et l’épaisseur du manteau
neigeux historiquement haute cette saison ont conforté les ventes, et l’achat
de textile technique l’a emporté sur l’équipement en matériel. Pour Laurent de
Urban Surfer à Paris, “les textiles techniques les plus performants, notamment
ceux avec membrane, et les plus haut de gamme ont supportés les ventes”.
En station, les chutes de neige ont eu un impact positif sur les ventes et,
plus particulièrement, sur les accessoires notamment les gants, bonnets,
chaussettes et petits accessoires. Cependant, Guillaume de Ride & Style
semble plus réservé sur le textile et l’outerwear : “Les vêtements techniques
subissent une baisse au vu des excellentes conditions d’enneigement. Malgré
les récentes chutes de neige, nous n’avons pas ressenti que les personnes
étaient emballées à l’idée d’acheter ce type de produit cette saison.”
Côté marque, les plus tendances semblent être Pictures pour son image
écolo et ses “color blocks” et Volcom pour la qualité de ses coupes et son
originalité ou encore Neff pour son côté fresh et fun.
Côté technique et notamment en Snowboard, la tendance déjà énoncée
fin 2014 semble se confirmer : Le “all mountain, backcountry” est de plus en
plus demandé. C’est en particulier le cas de la gamme Family Tree de chez
Burton. Le “Split Board” semble lui aussi se développer, Norbert et Catherine
d’Atmosphère nous le confirme : “on a beaucoup de questions et d’intérêt sur
le Split Board cette saison. Il permet une utilisation plus large de l’activité et
le côté évasion est aujourd’hui recherché par les pratiquants.” Cette pratique
donne un côté plus dynamique au snowboard et ouvre son utilisation à de
nouveaux univers, c’est ce que les clients recherchent. A l’inverse, le pur
freestyle semble en léger recul et un peu moins recherché par les pratiquants.
En station, la neige semble avoir joué son rôle et “dans l’ensemble, les
ventes ont plutôt bien fonctionné en particulier pour les fixations”, nous
confie Guillaume. Les meilleurs taux de sortie dans le domaine semblent
être à attribuer aux marques comme Union Binding ou Nothwave.
De manière générale, la fréquentation en magasin est assez stable.
Le métier a toujours dépendu de la météo mais cela n’a rien de nouveau
et n’explique pas non plus les tendances lourdes. Mais cette année, les
conditions d’accès aux stations ont été particulièrement délicates et,
malgré l’excellent enneigement, elles ont parfois freiné certains à monter,
en particulier les pratiquants journaliers ou du week-end.
Cependant, entre les opérations de prix d’avant-saison, l’alignement des
dates de soldes du technique sur les soldes du textile instauré par les Players, et
les soldes flottantes, la saison se résume véritablement à 5 semaines de ventes
normales... Ce qui est vraiment trop peu selon toutes les personnes interrogées.
Même si tous s’accordent à dire que le panier moyen est plutôt en
hausse car les produits les plus vendus sont les produits les plus haut
de gamme, ces derniers se vendent aussi de plus en plus en soldes.
Ce qui touche directement la marge des revendeurs qui se retrouve
indéniablement en baisse… Laurent de Urban Surfer note un véritable
paradoxe : “nous devons aujourd’hui solder des produits qui sont en
rupture chez le fournisseur mais aussi en carry over...”
Enfin tous s’accordent à dire que les clients se concentrent encore sur les
effets de marques. Guillaume nous dit : “Picture est encore l’exemple à part,
car des clients français ou étrangers viennent exprès pour la marque.” Même
si le prix reste un critère important dans les achats : “On le ressent pour la
clientèle française mais surtout, avec la crise du Rouble il y a quelques mois,
les Russes sont, cette année, plus regardants que les saisons précédentes.”
Mais avant tout, les consommateurs ont besoin et sont demandeurs de
conseils adaptés, et les magasins et vendeurs sont là pour les orienter dans
leur choix. Catherine et Norbert mettent cela en avant : “nous apportons
du service, des conseils adaptés à chaque client. Par rapport au NET, nous
offrons la solution à nos clients en peu de temps pour des prix similaires
en ayant répondu à leurs questions.”
Côté water, la saison va commencer dans les prochaines semaines.
L’ensemble des détaillants ré-ouvre peu à peu leurs boutiques et commence à
recevoir les nouvelles collections de la saison 2015. Une fois de plus, la météo
sera un poids dans la balance de la réussite de cette nouvelle saison. Mais elle
ne sera plus seule et les détaillants devront jouer aussi avec les variations du
cours Euro/Dollar répercutées sur leurs tarifs. Ces augmentations seront-elles
comprises et acceptées par les consommateurs finaux ? Nous en saurons plus
dans quelques semaines, voire quelques mois.
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zoom sur les marchés
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zoom sur les marchés
AUTRICHE
ESPAGNE
SUISSE
ITALIE
Par Anna Langer
Par Jokin Arroyo Uriarte
Par Fabien Grisel in collaboration with David Lambert
Par Franz Josef Holler
Il se peut que les Autrichiens ne soient pas très connus pour ça, mais ils
aiment faire les choses à leur façon. C’est le seul pays en Europe où fumer
dans les bars est encore légal et ce n’est qu’un exemple. Les magasins core
le sont aussi. Alton Premium Board, à Feldkirch, fête son 20ème anniversaire
et 65 ans d’héritage avec un autre magasin de vêtements, Alton Schuh-ModeSport, et 15 ans de construction du snowpark Burton de Damüls avec la filiale
Parkdesign. C’est une entreprise qui utilise la totalité des ressources de ce
réseau. “Tout est relié. C’est quelque chose que nos clients comprennent quand
ils entrent chez nous”, explique Thomas Alton. “Ça ne sert à rien d’avoir 2000
m2 si vous ne pouvez pas générer de l’émotion. Nous vivons en montagne
chaque minute que nous pouvons. Saison après saison. C’est notre avantage et
les clients le ressentent”. A contre courant de la tendance digitale, le business
familial a opté de ne pas faire de la vente en ligne. “Avez-vous déjà reçu un bon
conseil de votre PC ?” réplique Thomas. “Nous nous considérons comme un
board store premium. Grâce à nos années d’expérience, notre conseil est de
qualité et nous avons toutes les connaissances nécessaires pour l’alimenter.”
Et ça marche. “En 2015, tout a bien commencé, même avec un peu
de croissance. Nous n’avons fait des remises sur les boards et les
fixations que de 20 %. Les boots partent très bien au prix fort”, exultet-il. Le streetwear se porte bien aussi : “Nous avions tout vendu fin
février !”. Thomas cite Volcom et Hurley comme les grandes gagnantes.
L’outerwear, par contre, tend à “scotcher”, mais beaucoup moins que les
saisons précédentes. Résultat : il n’y a pas de vrais perdants : “Nous ne
sélectionnons que des produits qui nous plaisent à 100 %. Et c’est pour ça
qu’ils partent. Du premium plutôt que du standard de masse…”, explique-t-il.
Freedom Skateshop Graz est sur la même longueur d’onde. Après son
grand succès de 2014, l’objectif en 2015 est “toujours le même : appuyer la
scène locale et offrir les meilleurs service et produit à nos clients. Parce
que nous aimons ce que nous faisons !” explique Mike Mayr. Comme pour
tout skateshop core, l’hiver tourne au ralenti avec des chiffres faibles
mais stables. “Nous vendons beaucoup de hardware (decks, trucks, roues,
etc.), des shoes et moins de textile”, ajoute-t-il. “La marque autrichienne
Decay Skateboards et les marques US Baker, Deathwish tout comme DGK
et Expedition sont très demandées. En ce qui concerne les trucks et les
roulements, Independent, Thunder et Shake Junt remportent la mise.” Même
si le textile ne concerne que 30 % du CA du magasin, Brixton, Kr3w et DGK
méritent une mention spéciale. “Emerica enregistre les meilleures ventes
dans le segment chaussures tandis que les derniers modèles Fallen gagnent
en popularité depuis que la marque est gérée par Dwindle Distribution.”
Pour Freedom, organiser des évènements est aussi important que donner
un bon conseil à ses clients. “Nous organisons deux events annuels au
skatepark de Graz : le GreenAnger Contest au skatepark de Grünanger et,
bien sûr, l’incontournable Go Skateboarding Day. Nous organisons aussi des
premières dans notre shop et dans d’autres lieux”, nous explique Mike. Et les
cours de skate du Funhall de Graz sont impartis, dans leur presque totalité,
par des rideurs Freedom. Nous fournissons aussi les skates pour ces cours.”
Avec tout ça, nous ne pouvons regarder vers le futur qu’avec optimisme.
“Notre saison principale commence maintenant et finira en automne, alors nous
sommes impatients de commencer un été qui s’annonce prometteur. Et non
seulement pour les affaires, nous sommes enchantés de pouvoir reprendre
nos decks !” Mike n’en peut plus et Thomas confirme : “Nous faisons tout notre
possible pour garder notre authenticité. Le reste dépend de la qualité de nos
appros et de notre sélection produits, qui doivent être bien pensées.”
L’économie espagnole renoue avec la croissance et clôture
l’année 2014 avec optimisme, du moins d’après le Ministère de
l’Economie. La croissance de 1,4 % en 2014, confirmée par l’INE
(Institut National des Statistiques), représente une tendance
“modérée mais positive” et “qui s’accélère”. Pour 2015, les
estimations de croissance visent 2,4 %, un chiffre considéré comme
“prudent” par le gouvernement. Le taux de croissance annuel en
2014 était de 2 % pendant le 4ème trimestre ; le premier trimestre
2015 dépasse les 2 %.
Le chômage a baissé de 288 744 personnes, par rapport à l’an
dernier, la plus forte chute annuelle depuis 1998. Mais le nombre
total de chômeurs frôle les 4,5 millions de personnes. Le mois
de Janvier est toujours négatif pour l’emploi mais, cette année,
la croissance du chômage de 77 980 personnes est la plus basse
enregistrée depuis 2007. Pendant les 7 dernières années, la
croissance moyenne du nombre de chômeurs en Janvier était de
144 000 personnes.
“La crise économique a changé les habitudes de consommation
en Espagne et ceci affecte directement toute la chaine industrielle
(magasins, distributeurs, marques et fabricants)”, explique Javier
González Vega, responsable de la marque Surf Logic (une marque
d’accessoires basée à Irun, dans le Pays Basque).
“Nous observons que les shops ont besoin de travailler avec
des marques et des sociétés qui offrent des solutions logistiques
rapides et flexibles, qui peuvent offrir du produit toute l’année sans
que les shops n’aient à stocker de grandes quantités. Ceci diminue
le risque de stock et, en retour, assure plus de liquidités pour faire
face à l’instabilité économique et le déclin de la consommation.
C’est pour ces raisons que, chez Surf Logic, nous appliquons ces
règles et nous observons que tous ceux qui le font ont un avantage
concurrentiel face aux marques qui ne fonctionnent que sur des
bases de précommandes, avec peu de réassorts.”
Saul Viadero Musitu, responsable de Deep Surf Shop, en
Cantabrie, nous explique que : “La saison 2015 présente de nettes
améliorations dans les ventes. Je vois aussi qu’internet fait très
mal à des petits magasins comme le mien. Mais, petit à petit, je
vois que la tendance revient à ce que ce fût avant. Dans le cas
du snowboard, je soulignerais particulièrement les ventes de
splitboards et de masques.”
Kike Soriano, Manager de Free, à Barcelone, Avenida Diagonal
503, ajoute : “En ce moment, nous pouvons dire que le surf est
le sport qui a enregistré la plus grande croissance ces dernières
années, au détriment du skate et du snowboard. Le marché du surf
est beaucoup plus vaste que quelques boards, du matos technique
et les grandes marques que tout le monde connaît.”
Actuellement, les marques émergentes, le textile surf et les
accessoires sont très demandés. Le marché commence à montrer
des signes de récupération et, grâce à internet et aux réseaux
sociaux, nous pouvons interagir avec les consommateurs, qui
deviennent de plus en plus exigeants.
Pour une fois pas de météo mais plutôt un point sur la situation
géopolitique et surtout monétaire de notre petit pays. La Suisse a subi
un véritable tsunami économique (pour reprendre les termes de Nick
Hayek, patron de SwatchGroup) lorsque la Banque Nationale Suisse
(BNS) décida d’abandonner le taux plancher EUR/CHF mis en place il y
a 5 ans pour lutter contre le franc fort pénalisant nos exportations, notre
tourisme et les achats à l’étranger. Il est aisément compréhensible que
cette mesure ait complétement changé les données macro-économiques
du marché suisse. En l’espace d’une heure, la Suisse et (re)devenue 10
à 15 % plus chère que ses voisins directs qui étaient, d’une manière plus
ou moins raisonnable, déjà sensiblement moins chers. Cette situation
a entrainé une augmentation immédiate du tourisme d’achat et les
supermarchés français, allemands et italiens proches de la frontière ont
été pris d’assaut.
Evidemment cette situation n’aide en rien la saison difficile de
nos détaillants car les conditions d’enneigement ont été pénibles,
la fréquentation des magasins décevante et, depuis ce 15 janvier, la
concurrence étrangère et online extrêmement virulente. Si on s’attarde
plus précisément sur le matériel, on remarque que les produits chers
souffrent logiquement de cette situation. Les sites online étrangers
sont devenus trop bon marché et, à partir d’un certain prix, il n’est plus
possible d’argumenter la différence évidente de prix, même si le service
est meilleur. Le marché du Splitboard, au vu du prix du matériel, en a tout
particulièrement fait les frais cette saison.
Le mois de janvier, habituellement occupé par la présence de touristes
russes, à également posé problème : pour des raisons géopolitiques
et monétaires, la classe moyenne aisée russe s’est retrouvée dans
l’impossibilité de voyager avec la chute du rouble. C’est la constatation
que fait John Richard de Schneeberger Sport à Saanen/ Gstaad, habitué à
la présence des Russes dans cette luxueuse station de l’Oberland bernois
et qui, selon lui, a été cette fois-ci excessivement calme.
Cependant la situation aujourd’hui n’est pas si difficile qu’elle pourrait
l’être. Les chutes de neige de fin janvier ont considérablement aidé lors
des vacances de février et permis aux magasins de plaine de vider leurs
étagères. David Lambert, propriétaire de la société de distribution DAV
Agency (Nixon, West, Rip Curl, Mizu, Poler), nous détaille :
“Malgré une apparente sensation de retour du snowboard, les ventes ne
décollent pas autant qu’espéré par les marques et les shops ; cependant,
60 % des shops se félicitent de vendre à nouveau plus de boards alors
que 40 % d’entre eux n’ont pas le suivi escompté de leur clientèle qui
les délaisse au profit des soit-disant “bons deals” sur Blue Tomato
ou autres websites. West snowboarding le ressent de manière forte :
autant certains magasins misent sur le snowboard et sur les marques
locales absentes des gros comptes et augmentent considérablement leur
commandes, que de l’autre côté certains shops qui aimeraient pousser de
plus petites marques sont “obligés” de vendre ce que la clientèle demande
(apparemment LIBTECH fait toujours un carton).
Indépendant de la météo et développant de manière intense leurs
réseaux boutiques et fashion, des marques comme NIXON ont rarement
connu autant de facilité dans le business. Les alternatives sont
nombreuses et l’accessoire est acheté de manière constante.
L’Outerwear est, pour la 4ème année consécutive, LE point noir des
ventes. La surproduction et trop de discounts en font un business qui
n’est plus sain.”
Notre bon vieux Président, Giorgio Napolitano, a cédé sa place
à Sergio Mattarella. Economiquement, nous luttons encore avec le
manque de croissance mais l’intention de notre Premier Ministre,
Matteo Renzi, est d’aider les jeunes entrepreneurs ; ce qui aura
sûrement un effet positif sur notre industrie.
Les start-up ont une influence positive sur l’emploi et le moral
des jeunes, les plus touchés par le chômage. Ceci nous plonge dans
l’industrie des boardsports qui a de grandes attentes pour la saison
été/hiver 2015 car l’hiver n’a pas été ce que nous aurions aimé qu’il
soit : pas de chutes de neige dignes de ce nom avant fin Décembre et
des températures clémentes jusqu’en Janvier 2015.
Par conséquent, les ventes de blousons et de hard goods ont
souffert. Les précommandes, quant à elles, ont été marquées par les
excès de stock des détaillants. L’aide aux détaillants et les initiatives
marketing ciblées sont devenues des éléments-clef pour les marques
de snowboard qui veulent aider les shops à sortir leur épingle du jeu
en dépit des difficultés. Dans le segment outerwear, les ventes se
concentrent dans les extrêmes des fourchettes de prix : le premier prix
et le haut de gamme. Les shops se concentrent particulièrement sur
les marques qui offrent de bons prix et des marges confortables.
La situation est similaire pour les hardgoods, où la marge devient
un argument-clef avec la baisse des ventes et du sell-out. La location
est celle qui apporte le sourire aux détaillants. Les shoes sont la vache
à lait, car les ventes ne sont pas affectées par la météo.
La saison skate bat son plein avec des températures très clémentes
en ce début de printemps. Le skate a toujours le vent en poupe en
Italie tandis que les longboards et cruisers ont la part belle, surtout si
le prix est bon. Les marques US souffrent car les prix sont trop élevés
et les kids ne sont plus aussi accros aux pros et à leurs decks qu’ils
ne l’étaient antan. Les trucks US sont encore une pièce incontournable
avec Independent, Thunder et Venture, leaders de la catégorie.
Même si les marques US souffrent dans le segment hardgoods,
elles s’en sortent particulièrement bien dans le textile et les
accessoires, avec Diamond et Huf parmi les meilleures élèves.
En ce qui concerne la distribution, NEFF a un nouveau foyer chez
FRESCO DIST alors que la marque OFFICIAL devient la responsabilité
de Blast! Distribution. L’industrie des boardsports ne cesse d’évoluer
en Italie. Elle est passée de l’état de niche à celle marché de masse ce
qui suppose qui les défis sont de plus en plus grands, autant pour les
shops core que pour les marques. La variété de l’offre a explosé mais
la concurrence aussi.
Les ventes en ligne jouent un rôle essentiel car les consommateurs
cherchent constamment de nouveaux produits et ont une idée très
claire de ce qu’ils veulent acheter. Les marques doivent offrir à
leurs détaillants des produits spéciaux et aider dans le processus de
vente avec des initiatives marketing que les centres commerciaux
sont incapables d’émuler. En ce qui me concerne, je pense que les
salons vont jouer un rôle essentiel dans le futur proche, étant donnée
l’importance de se tenir informé sur les tendances en gestation. Outre
l’incertitude sur les tendances, nous savons de source sûre qu’être un
expert et aimer ce que vous faites est crucial si vous voulez avoir du
succès dans cette jungle de productivité et de variété !
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