PILATUS Jeppesen Mobile FliteDeck pour le VFR Réussir la
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PILATUS Jeppesen Mobile FliteDeck pour le VFR Réussir la
L 15865 - 472 - F: 5,95 MAI 2013 EXCLUSIF Jeppesen Mobile FliteDeck pour le VFR NAVIGATION Réussir la première sortie des beaux jours PILATUS PC-12 NG n Cap sur l’Europe depuis Cape Town n Helilagon fête ses 25 ans n Glass cockpit, IR et aéro-club n Air Riviera, l’école cannoise N° 472 - MAI 2013 FRA METRO : 5,95 € - BEL/LUX : 6,80 € - CH : 12 FS - DOM : 6,80 € - MAR : 75 mad - CAN : 10,95 $ - TOM/S : 950 XPF - TOM/A : 1700 XPF EN VOL XXXXXXXX Pilatus PC-12 NG Pilatus a créé une nouvelle version de son best-seller destiné à toutes les missions imaginables : business, fret, évacuation sanitaire, cartographie aérienne, missions spéciales… et familiales. Jacques Callies a pu apprécier entre Genève et l’usine de Stans la nouvelle avionique Honeywell et le design signé BMW qui semblent annoncer l’arrivée du PC-24. 28 Aviation et Pilote - 472 - Mai 2013 472 - Mai 2013 - Aviation et Pilote 29 EN VOL Par Jacques Callies, photographies Pilatus Aircraft et Milos Krivokapic Le Pilatus impressionne par sa taille et son empennage en T situé à 4 m de hauteur. L'accès à bord se fait bien sûr par une porte escalier. E n guise de préambule, nous pouvons tordre le cou à une rumeur qui circule en ce moment : les Suisses ne sauraient plus garder un secret. Faux ! Après quelques heures passées dans le saint des saints, au fin fond du canton de Nidwald, nous n’avons rien appris sur le PC-24, le futur jet de Pilatus Aircraft. Nous n’avons aucune information à vous relater, à part que l’avion est bel et bien sur le pas de tir, à en juger par le nombre de panneaux indicateurs dans l’usine portant le numéro 24, un bâtiment qui abrite l’équipe de développement et un hall de montage en construction destiné à la future chaîne d’assemblage. Rien ne traîne nulle part, ni vue d’artiste, ni maquette et surtout personne ne semble rien savoir du projet : motus et bouche cousue. Même après une pub maison qui annonce, à travers une ombre d’avion survolant une piste en latérite, l’arrivée d’un biréacteur différent, capable d’être exploité à partir de pratiquement n’importe quel aérodrome : « Où avez-vous lu que c’était un biréacteur ? Et s’il ne fallait pas se fier aux apparences ? Pour le savoir, il vous 30 Aviation et Pilote - 472 - Mai 2013 faudra attendre le salon EBACE de Genève ! » nous explique Marc Duchesne, directeur des ventes PC-12 chez RUAG, le distributeur Pilatus, qui nous garantit n’être pas plus informé qu’un autre. Le Pilatus est costaud et puissant : 1 200 cv au décollage Quand nous débarquons à Genève par une météo exécrable, il est surtout question d’essayer l’ultime version du Pilatus PC-12 NG, équipée d’une avionique Honeywell digne d’un biréacteur d’affaires, lors d’un vol vers l’usine Pilatus de Stans. Notre pilote est Gilles Glatz, un Suisse dans la force de l’âge qui totalise 8 500 heures de vol, dont 7 000 sur avion à turbine. Il a débuté sa carrière dans l’Armée. Après avoir goûté de la traversée océanique en 1991 à bord d’un DR 400 en compagnie de Philippe Bobet, le fils du champion, il s’est spécialisé dans les vols de convoyage : « En fait, je suis un solitaire, j’aime piloter seul, me débrouiller tout seul. » Et il a donc effectué son premier convoyage pour Pilatus en 1999. Comme l’horaire à respecter est serré, avec un slot dans la demiheure, Gilles m’explique qu’il n’aura pas le temps de me briefer sur l’avionique. Me voilà ramené d’office au rang de spectateur, ce qui est un peu décevant… Heu- reusement, j’ai déjà eu l’occasion de voler à plusieurs reprises sur le best-seller de la marque au succès confirmé, le 1200e appareil devant être livré en mai prochain aux USA. Lorsqu’une navette nous emmène vers le parking affaires, pas de surprise : notre Pilatus Nouvelle Génération a toujours les mêmes lignes harmonieuses et fluides mais il m’apparaît presque modeste à côté de ses voisins, des Dassault et des Gulfstream. Extérieurement, rien de nouveau : un fuselage semi-monocoque classique dans sa conception et les matériaux utilisés, alliage d’aluminium pour l’essentiel et matériaux composites pour certains éléments secondaires de la structure. Du très costaud, calculé pour une utilisation de 10 000 heures de vol, avec extension à 20 000 après inspection, limite aujourd’hui portée à 25 000 heures. C’est devenu nécessaire car certains utilisateurs comme l’US Air Force effectuent 3 000 heures/an par avion ! Rappelons que la cabine est pressurisée, avec un delta de pression de 5,8 psi, permettant une altitude cabine de 8 000 ft à 25 000 ft, l’altitude de croisière courante. Pour l’aile, le constructeur a choisi un profil laminaire à portance élevée, favorisant ainsi les performances au décollage et à l’atterrissage, grâce aussi à des volets fowler qui occupent 67 % du bord de fuite. Des winglets en bout d’aile atténuent les tourbillons marginaux, et des appendices améliorent la stabilité longitudinale. L’aile renferme les réservoirs structuraux d’une capacité totale de 1 540 litres. Enfin l’empennage en T donne une touche virile à l’avion. Les plans sont évidemment dégivrés pneumatiquement, le reste des équipements extérieurs comme les antennes ou les incidencemètres dégivrés électriquement, l’avion étant certifié en conditions givrantes connues. Quant au train à roues tirées et pneus basse pression, il permet le posé sur les pistes mal préparées et courtes. Le moteur est une turbine Pratt & Whitney Canada PT6A-67P avec 1 200 cv utilisables au décollage, soit 200 cv de plus que sur les premiers modèles, surpuissance gagnée essentiellement grâce à un traitement thermique des ailettes. Ce gain était devenu nécessaire pour retrouver les performances originales du fait de l’augmentation progressive du MTOW depuis la mise en service du Pilatus en 1991. Nouvelle cabine signée BMW et avionique Honeywell Primus Apex Les nouveautés NG apparaissent à l’intérieur : la cabine exécutive, soit 2 pilotes + 6 pax, a été redessinée par BMW Design dans ses moindres détails. Une option permet de reculer les sièges du milieu pour laisser plus de place encore aux jambes. Et la nouvelle génération électrique de l’avion, plus puissante, autorise maintenant la connexion de tous les gadgets à la mode pour enfants gâtés, jeunes ou vieux. Les fameuses toilettes, le « plus » de Pilatus, sont toujours à leur place face à l’escalier d’accès, rassurantes pour le passager occasionnel d’un avion privé, jamais utilisées par les propriétaires qui doivent gérer la suite… Le plus beau, le plus coûteux se trouve à l’avant, réservé au pilote : une planche Honeywell Primus Le nouveau salon signé BMW Design est particulièrement réussi, digne d'un jet d'affaires. Apex intégrant absolument tous les systèmes de l’avion, composée de deux PFD, deux MFD, d’un clavier numérique et d’une souris. Visiblement, cette Primus Apex demande un apprentissage sérieux, ce que Gilles me confirmera en me parlant d’un programme de formation de 32 heures, puis de 14 heures de vol en moyenne pour obtenir la qualification de type : « En fait, tout dépend de votre environnement précédent. Si vous volez régulièrement sur un King Air équipé Collins La porte cargo arrière rappelle la versatilité de l’avion : fret, évacuation sanitaire… Pro Line Fusion, la transition sera facile. Si vous êtes habitué au Cessna Caravan par exemple, vous allez peiner bien plus qu’avec un Pilatus des anciennes générations. » C’est peut-être un peu exagéré, mais il est certain qu’une formation sérieuse doit être suivie pour profiter pleinement de toutes les fonctions de l’avionique. La porte refermée, après vérification des rangées de breakers à ma droite, tâche qui m’est généreusement confiée, Gilles met en route. La PT-6 n’a toujours pas de FADEC mais les automatismes de starter et d’allumage facilitent la tâche. En gros, il suffit d’avancer la manette carburant au bon moment et de surveiller la montée de température lors de l’allumage. Quant à la pressurisation, elle est totalement automatisée. En fait, tout est simple dans 472 - Mai 2013 - Aviation et Pilote 31 EN VOL la montée au FL120. Je l’observe avec attention travailler a minima, très fluide, et note qu’il n’utilise pas la souris : « Elle n’est utile que si le track pad est cassé. Plus sérieusement, c’est parce qu’elle est très reculée, hors de mon champ de vision. » Une fois stables en croisière basse altitude, avec 96 % au NG et -6° à l’extérieur et un peu de givre sur les ailes, je note une TAS de 243 kt. Avec l’aide du vent, nous filons néanmoins à 274 kt sol. L’impression d’être dans un petit liner est réelle, du fait des équipements à notre disposition, de la stabilité de cette machine de plus de 4 tonnes, du silence grâce aux casques ANR de dernière génération. Le propriétaire devra juste s’habituer aux sièges avant à l’ergonomie inhabituelle, fendus à l’entrejambe, ce qui oblige à rester bien droit à sa place. Encore une solution de certification, ce siège anticrash capable de résister à 23 g, en fait destiné à l’origine à un hélicoptère, qui autorise à pallier une vitesse de décrochage supérieure à 64 kt. Le confort reste cependant conforme à ce qui est attendu d’une machine de ce prix. Honeywell Primus Apex façon bizjet Sans avionique évoluée, les avions d’aujourd’hui paraîtraient bien pauvres. Le PC-12 NG ne fait pas exception à la règle. Pilatus a placé la barre très haut en intégrant une suite avionique remarquable à plus d’un titre. C’est Honeywell qui s’est chargé de la mise au point d’un ensemble glass adapté de celui que l’on retrouve dans les Falcon 900 et autres business jets de très haut de gamme. Quatre écrans sont présents face à l’équipage. Chaque pilote dispose d’un PFD (Primary Flight Display) qui lui présente les informations d’attitude, de cap, d’altitude, de vitesse et, optionnellement, la vision synthétique du terrain. Des rappels apparaissent, quand nécessaires, pour les informations TCAS, Stormscope, radar, etc. Une partie de l’écran est réservée à l’affichage des paramètres turbine essentiels et au panneau des fréquences COM, NAV, DME, ADF et transpondeur. Un autre écran installé au milieu du tableau de bord reprend les cartes et les informations de route. Juste en dessous, on trouve le quatrième écran qui affiche l’état des systèmes de bord et les cartes d’approche. Le tout est commandé par des touches directes ou des panneaux de fonctions disposés de manière claire et ergonomique. Le tout est certifié pour le vol en espace RVSM. Comme toujours, l’avionique la plus moderne ne vaut rien sans un pilote correctement entrainé. Et c’est là que l’on sent la filiation « business jet ». Les formations ne sont jamais laissées au hasard et représentent une bonne partie du temps nécessaire à se qualifier sur la machine. Ce qui est tout à fait normal puisque l’avionique est le véritable centre névralgique de l’appareil et son utilisation correcte permet de tirer le meilleur parti de la machine, surtout en environnement monopilote. Mais rassurez-vous, formation sérieuse ne veut pas dire difficulté d’utilisation. L’ergonomie et la logique sont au summum de ce que l’on peut attendre aujourd’hui sur un avion très haut de gamme. 32 Aviation et Pilote - 472 - Mai 2013 les vérifications d’usage, seul le test du shaker-pusher system étonnera : le stick shaker prévient le pilote en secouant le manche lorsqu’il approche de la vitesse de décrochage avant que le stick pusher ne pousse fortement le manche en avant. Ce système est exigé par l’Autorité de certification pour tout avion incapable de sortir de vrille engagée en moins de 4 000 ft. « C’est très efficace, à condition de ne pas contrer le mouvement du manche en tirant dessus, ce que j’ai déjà vu faire ! » me dit Gilles. Des performances maximales pour un travail du pilote minimal Dès la mise en route pour Stans obtenue, tout va très vite, l’efficacité est maximale : roulage, alignement, mise en puissance, accélération, rotation à 85 KIAS, rentrée du train et des volets 15°, montée initiale à 130 kt avec 2 000 ft/min au vario, mise en service du yaw damper (la bille se centre d’elle-même), accélération en montée vers 160 KIAS avant de prendre 1 500 ft/min dans la montée… Le vol vers l’usine promettant d’être bref puisque 110 nautiques nous en séparent, Gilles arrête L'erreur n'est plus permise, mouchard oblige Comme tout fonctionne, il n’y a évidemment rien à faire, ce qui nous laisse le loisir de discuter de la machine et de son exploitation. Je retiens que l’avion est désormais un peu plus pointu à piloter « single pilot », qu’avec les pleins on peut charger 6 personnes et 120 kg de bagages, que le meilleur niveau est entre le FL240 et 260, que la croisière maxi est de 280 KTAS mais que plus on va vite, moins on va loin. Cela va sans dire… Décidément, la Suisse est vraiment petite vue du ciel, surtout depuis un Pilatus. Après 25 minutes de route, nous perçons la couche à l’aide de l’ILS du terrain d’Emmen. Ne cherchez pas LSME dans votre base de données car le terrain est à usage militaire, avec quand même quelques exceptions dont bénéficie Pilatus. Nous finissons ensuite à vue dans les turbulences vers Buochs (LSZC), l’aérodrome VFR de l’usine, caché au milieu des lacs et sommets alpins. Notre descente se fait à 180 KIAS maxi, vitesse autorisée en air turbulent qui permet en plus de sortir le train à loisir. Gilles m’explique qu’il faut néanmoins être jusqu’à 100 Pilatus PC-12 par an... Vivre l’aviation en Suisse est étonnant. Croyez-vous imaginable de nos jours un aérodrome libre d’accès, sans flic, sans grillage, que les piétons et les autos peuvent traverser au plus court, c’est-à-dire juste au seuil de piste, mais à condition de respecter les feux de circulation qui passent au rouge quand un avion est en finale ? Eh bien, c’est encore le cas à Buochs, l’aérodrome qui jouxte l’usine Pilatus, et cela devrait faire réfléchir tous ceux qui ont pour mission d’encager nos aérodromes secondaires. De l’autre côté de la route que traversent PC-6, PC-7,PC-9, PC-12 et PC-21 plusieurs fois par jour, l’ambiance n’est pas non plus à la paranoïa, même si l’usine Pilatus a été construite dans un endroit impossible, au cœur de la Suisse primitive, à flanc de montagne de façon à être enterrée facilement en cas de conflit. Il faut préciser quand même que ce choix date de 1939 et qu’il était justifié à l’époque… 1400 salariés y travaillent (dont 10% d’apprentis en stage de formation en alternance), une communauté qui représente 40 nationalités. La France n’y serait pas représentée, ou peut-être qu’il y encore un Français quelque part, mais notre guide n’en était pas vraiment sûr. Il faut dire que la langue officielle là-bas est l’allemand, langue encore plus compliquée que l’anglais pour nous autres… Malgré cette imposante masse salariale, le site reste modeste par sa taille, semblable à tous les autres sites de constructeurs d’avions légers de par le monde. On y aperçoit des petites mains féminines occupées à préparer avec minutie des faisceaux électriques faisant 10 km au total, des mains calleuses glissant des feuilles de métal sous des presses de 40 000 tonnes de pression, des robots ciselant des pièces de dentelle à partir d’un bloc d’aluminium, des peintres qui traquent le moindre défaut, incollables sur leur métier, capables de faire un job impeccable à la goutte de peinture près… Les ouvriers, la plupart du temps multitâches, travaillent autour d’un avion qui ne quittera son emplacement qu’à la fin, pour sa mise en croix. L’espace sera alors rempli à nouveau, et ainsi de suite. En partant de la feuille d’aluminium, il faut dans l’absolu une année pour fabriquer un avion, un délai ramené à trois mois à partir de la prise de commande grâce à des éléments stockés ou dont la fabrication a été planifiée. Pilatus s’est en fait organisé pour construire 100 appareils par an, une performance record réalisée pendant les années folles, de 2000 à 2008, mais le constructeur n’a jamais voulu aller au-delà, quitte à faire patienter ses clients jusqu’à 30 mois. L’idée est d’abord que l’offre soit toujours inférieure à la demande, ce qui permet d’obtenir une valeur dépréciative très basse, de rassurer à la fois l’acheteur et son banquier. Ensuite, il faut toujours être préparé aux périodes de vaches maigres qui ne manquent pas de suivre les périodes euphoriques. Car, dans ce cas, la politique maison est de ne jamais licencier mais plutôt d’imposer une réduction du temps de travail à l’ensemble du personnel. Cela est accepté car tout le monde y trouve son compte : Pilatus qui ne risque pas de perdre les compétences qui lui seront nécessaires lors de la reprise et les salariés qui ont une sorte de garantie d’emploi à vie très rassurante. Comme nous avons pu le noter, tous portent du reste fièrement les couleurs de leur employeur, aussi bien à l’usine qu’à la ville. Et ça, c’est plutôt sympa. Marc Duchesne et Gilles Glatz 465 - Octobre 2012 - Aviation & Pilote 33 EN VOL Pilatus PC-12 NG MOTEUR Pratt & Whitney Canada PT6A-67P SIEGES Nombre de sièges : DIMENSIONS Longueur cabine sans cockpit : Largeur cabine : Hauteur cabine : POIDS ET CHARGE MTOW : Charge utile avec les pleins : Capacité carburant : PERFORMANCES Vitesse de croisière maxi : Range maxi avec réserve : Plafond opérationnel maxi : Altitude cabine 26 000 ft : Taux de montée (MTOW) : Décrochage volets sortis : Décollage (passage des 50 ft) : Atterrissage (passage des 50 ft : Renseignements www.pilatus-aircraft.com Malgré ses raffinements extrêmes, le PC-12 est exploité dans le monde entier à partir des pistes les plus sommaires. 1 200 shp 8/9 5,16 m 1,52 m 1,47 m 4 740 kg 458 kg 1 226 kg 280 ktas 1 560 nm 30000 ft 8 000 ft 1 920 ft/min 67 kias 808 m 558 m vigilant, d’autant que l’erreur n’est plus « permise » puisque tous les paramètres du vol sont désormais enregistrés et dépouillés régulièrement. Si la gestion moteur est sans danger, celle de la vitesse demande un peu plus d’attention… La finale est très spectaculaire, une arrivée très haut sur le plan, avec un point d’aboutissement à mi-piste à la demande de la contrôleuse, et donc une pente impressionnante. Je suis attentif jusqu’à me raidir, je nous sens bien partis pour 34 Aviation et Pilote - 472 - Mai 2013 terminer au lac, ou en remise de gaz, mais c’était sans compter sur le frein aérodynamique de l’impressionnante quadripale qui mouline devant : le PC-12 « kisse » à l’endroit choisi par Gilles, et s’arrête grâce un bon coup de reverse et de freins. Je suis assez épaté, au point d’accuser Gilles d’avoir envoyé la reverse avant le toucher des roues… Encore une rumeur suisse ! En résumé, le Pilatus est épatant et je n’en suis pas étonné. Il me suffit de me référer à un vol effectué en place gauche sous le contrôle d’un instructeur. Je me souviens avoir été surpris par l’agilité de cet avion plutôt lourd dans toutes les phases du vol, la précision de ses commandes lors d’évolutions et virages à grande inclinaison à 180 KIAS. Et aussi, une fois le torque réduit et les volets descendus, par sa docilité à la vitesse de 80 KIAS, celle d’un avion léger en tour de piste, ce qui permet de jouer dans tous les registres, de se fondre à volonté dans une masse d’avions de ligne ou bien d’aéro-clubs. Rien n'interdit au propriétaire de piloter son Pilatus Les lecteurs qui ont eu l’occasion d’observer, lors du dernier raid que nous avons organisé, un propriétaire utiliser son Pilatus comme s’il s’agissait d’un Rallye de club asthmatique et non point d’un avion d’affaires survitaminé seront d’accord avec moi : rien de technique, ni d’aérodynamique sur cet avion ne s’oppose à son pilotage par un pilote ordinaire, à part désormais la nou- velle avionique Honeywell. Même la gestion de la turbine est sans risque pour le portefeuille puisqu’il est possible de souscrire au programme ESP qui permet, moyennant 148 $ par heure de vol, de ne rien débourser de plus, quoiqu’il arrive. Lors de notre vol retour vers Genève, j’ai testé la vaste cabine, plus généreuse que celle d’un King Air 200, le moelleux de ses fauteuils club, l’épaisseur de la moquette, les tablettes qui peuvent transformer la cabine en lieu festif, plein de détails qui la rendent digne… du futur PC-24. Sans aucun doute, le Pilatus PC-12 est une solution de déplacement efficace et moderne car il offre un confort élevé, une versatilité importante d’utilisation, et il permet de voyager à des coûts d’exploitation directs très faibles avec une fiabilité très élevée. Rappelons que l’avion permet d’atterrir et de décoller sur plus de 220 aéroports et aérodromes en France, incluant des pistes non-préparées, soit six fois plus de destinations par rapport aux avions commerciaux et deux fois plus de destinations par rapport aux autres avions d’affaires. Tout paraîtra raisonnable à l’acheteur à la recherche d’un avion d’affaires qu’il souhaite piloter. Certes son prix a grimpé sensiblement du fait de la planche Honeywell Primus Apex mais est-ce un handicap à ce niveau d’investissement, surtout si le pilote prend énormément de plaisir à gérer son Pilatus ? Quand on adore, on ne regarde pas vraiment à la dépense ! y 465 - Octobre 2012 - Aviation & Pilote 35