Extrait Bus - Le Lamantin
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Extrait Bus - Le Lamantin
Extraits Loi 49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Dépot légal : avril 2013 © Le Lamantin, 2013 ISBN : 979-10-92271-01-0 www.lelamantin.fr Anide A, Yassine B, Keysha B, Kisha B, Naouel B, Dorian B, Ronaldo C, Sébastien D, Boulaye F, Mohamed G, Pauline J-B, Steeve M, Clément M, Ouarda N, Nabil O, Badreddine S, Issa S, Léo V Un bus plein d’histoires Atelier animé par Laure Mammi, Maëva Imbert et Fabrice Guillet nouvelles INTRODUCTION L’idée initiale de ce projet relevait d’une sorte de défi : même si la plupart des élèves n’ouvrent un livre que par obligation scolaire, même s’ils vivent dans un univers dominé par la consommation passive de l’image télévisée, ces adolescents sont capables d’écrire. Conseillés, guidés, voire rassurés, ils peuvent exprimer leur imagination et raconter des histoires qu’un lecteur saura apprécier. C’est ainsi que, pendant trois mois, nous avons accompagné, leur enseignante de français, sa collègue documentaliste et moi-même, les élèves pour un voyage qui les a conduits jusqu’à ce recueil. En dépit des difficultés pour se lancer, trouver un sujet, remettre en question son travail pour avancer, le présenter aux autres, pas un n’a renoncé. Ces dix-huit histoires ont leurs qualités propres et expriment l’imaginaire, le vécu, la personnalité et la diversité de leur auteur. Nous espérons que vous en apprécierez la lecture. Bonne route en leur compagnie. Fabrice Guillet Sortant des chemins battus et des exercices scolaires, nous avons voulu avec la collaboration d’un écrivain créer une dynamique d’écriture concrète. Guidés pas à pas par nos expériences de professeur de français et de professeur documentaliste, appuyés par le regard d’un écrivain en chair et en os, les élèves, confrontés à la page blanche, ont su écrire une part d’eux même sincère et sans détour dont la lecture ne sera pas seulement à l’image d’une classe de 4e mais bien plus encore. Laure Mammi D’emblée, l’écriture d’un recueil avec le concours de collégiens, de leur professeur de français, et d’un écrivain a été réjouissant. Un projet collectif réjouissant donc mais aussi, pour chacun d’entre nous, une formidable occasion faite d’explorations, de découvertes, de doutes parfois, de tours et de détours, de tentatives et de réussites ! Tout ce qui fait le sel et la richesse du processus créatif dans lequel les jeunes auteurs se sont embarqués et ont maintenu le cap. Ils ont su, à la croisée des chemins, nourrir leurs écrits des nombreux échanges qui ont jalonné leurs routes et livrer autant d’univers qu’il y eut de plumes. Maëva Imbert LA PHOTO ANIDE A… C’était un dimanche après-midi comme tous les autres, plus précisément le dimanche 22 juillet 2014. Comme tous les dimanches, j’allais à la piscine car j’adore ça. Ça me permet de me détendre, de m’amuser et surtout de me moquer des gens en maillot de bain. Quand je vois leurs cuisses, leur ventre, leurs pieds, etc, je me marre bien. J’arrivai à un arrêt de bus tout petit et assez sale pas très loin de chez moi. Mon regard fut attiré par une femme qui marchait bizarrement. Elle passa devant moi pour attendre le bus, elle dégageait une odeur insupportable. 7 Le bus arriva, c’était le 364. Il était assez petit mais il y avait beaucoup de place. Je montai au tout devant du bus, puis je m’assis à la place la moins sale. J’aperçus la dame de tout à l’heure qui marchait bizarrement. Elle passa juste à côté de moi et, à ce moment-là, l’insupportable odeur me monta au nez. Je me bouchai le nez en chuchotant de manière à ce qu’elle m’entende : – Mais qu’est-ce qu’elle pue, cette femme ! Elle ne s’est jamais lavée ou quoi ?! Elle entendit tout, je crois même qu’elle était vexée. Elle partit s’asseoir tout au fond du bus, le chauffeur ferma les portes puis démarra. Après quelques arrêts, une femme robuste et à l’air agressif monta dans le bus. Elle était rousse, un peu bronzée, elle portait un jean troué et une veste sale. Elle trébucha sur la marche du bus, et sans pouvoir me retenir, j’éclatai de rire devant tout le monde. La femme me lança un regard noir puis me dit : – Qu’est-ce qui te fait rire, toi ? 8 Je ne pouvais plus m’arrêter de rire tellement sa chute était drôle. À force de rigoler, j’eus un point de côté, la femme m’interpella une deuxième fois : – Ohé ! Je te parle ! T’es sourde ou quoi ? – Oh, c’est bon, j’ai le droit de rigoler, non ? Elle fronça ses sourcils puis m’attrapa par le bras. – Hé ! Mais lâchez-moi ! La femme ne répondit pas et me serra encore plus fort le bras. Soudain, un homme du bus cria : – Je connais cette femme ! Elle fait la une des journaux ! Elle est recherchée par la police, car elle a braqué deux magasins et blessé trois personnes gravement ! Il faut partir d’ici ! Et sans savoir d’où elle sortait un couteau, elle me menaça avec, en disant aux autres : – Si vous sortez du bus, je la poignarde ! Elle ordonna au chauffeur de verrouiller les portes. Alors que j’imaginais déjà mon enterrement, j’aperçus un petit bonhomme 9 chauve au fond du bus, il avait son téléphone en main, et je supposai qu’il appelait la police, je fus tout de suite rassurée. Je voyais toutes les personnes transpirer, stresser, il y avait même des personnes qui priaient, sauf la femme dont je m’étais moquée tout à l’heure : elle était en train de ricaner sur mon sort. Je n’avais jamais eu aussi peur de ma vie. Tout à coup le bus freina violemment, ma tête se cogna contre une barre, et là, je ne vis plus rien, que du noir. DRING! DRING! Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? J’ouvris les yeux et je vis que c’était mon réveil. Il indiquait « Lundi 23 juillet 2014 ». Je touchai ma tête et sentis une bosse, puis je me frottai les yeux et je constatai que j’étais allongée sur mon lit. Mais qu’est-ce que je faisais dans mon lit !? Était-ce un rêve ? Je me levai pour aller prendre mon petit déjeuner, et là, j’aperçus un journal 10 qui datait du matin. Il y avait écrit à la une « Une femme sauve des personnes d’une agression dans le bus 364 ». Je n’avais que seize ans après tout. Pendant que je lisais l’article, j’aperçus une photo. Je pensais que c’était la mienne, mais j’avais tout faux : c’était la photo de la dame qui marchait bizarrement et qui sentait mauvais. TABLE DES MATIÈRES Le rêve..................................................... 9 Une soirée interminable......................... 15 Un match décisif.................................... 22 Le fou du bus......................................... 25 Une vie de chien..................................... 29 Le hamburger de l’amour....................... 33 Une médaille inattendue........................ 36 Une sacrée journée................................. 41 Un fils très courageux............................ 47 La passion.............................................. 51 Le ticket................................................. 59 Une deuxième chance............................ 62 Un avenir à portée de main.................... 65 L’inattendue........................................... 67 Les boxeuses.......................................... 74 Une nouvelle vie.................................... 78 La spirale................................................ 92 La photo................................................. 96 Le défi.................................................. 101