Casale Monferrato
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Casale Monferrato
Casale Monferrato Type : citadelle et enceinte remaniées. Province / Région : Province d’Alexandrie, Région Piémont, Italie. Pays : Italie Coordonnées : 45°08’14’’ N ; 8°27’03’’ E Casale Monferrato, plan de 1693, Krigsarkivet, Stockholm. Historique et description Située le long du Pô, la ville de Casale est attestée pour la première fois dans un document de 988. Si on ignore si elle a été fortifiée dès ses origines, il est certain qu’elle l’a été à partir du XIIIe siècle au moins. Elle possède également un château. En 1215, Casale est mise à sac par les familles nobles rivales de seigneurs locaux. Elle est reconstruite ensuite. Le château actuel date vraisemblablement de cette période. Au cours du XIVe siècle, la ville est placée sous la protection de la famille Paléologue qui exerce l’autorité partielle sur le territoire en tant que Marquis de Montferrand. La famille Paléologue s’éteint en 1533 et Casale devient une place disputée entre la France et les Italiens pour le contrôle de la plaine du Pô. Le traité de Cateau-Cambrésis règle cette discorde en transférant la ville et son château aux ducs de Gonzague en 1559. Ceux-ci vont adapter la place à la fortification bastionnée par l’édification d’une enceinte neuve et l’érection de la première citadelle vers 1590. Le château est conservé et entouré de défenses avancées par des ravelins. L’enceinte bastionnée élargit le périmètre de la ville au nord-est par l’adjonction de la Ville Neuve, située entre les nouveaux ouvrages et la vieille muraille médiévale. Une porte défendue par un ouvrage à corne est bâtie de ce côté. Ailleurs, l’enceinte bastionnée est construite devant la muraille médiévale par ajout de quatre bastions détachés au sud et d’un dernier bastion au nord près du fleuve. La citadelle est de plan hexagonal régulier à six bastions, trois demi-lunes et un ouvrage à corne (au sud), avec une trame radioconcentrique. Au cours du XVIIe siècle, les Gonzague renforcent les défenses de l’enceinte et lui donnent sa physionomie définitive en remplaçant les anciens glacis par de nouveaux, plus grands et dotés de places d’armes rentrantes et de chemins-couverts. Ils ajoutent un bastion détaché au sud et deux redoutes sur une île dans le fleuve. Les remparts de la citadelle sont restructurés par le dédoublement des murailles des bastions, l’ajout de demi-lunes et d’un nouveau glacis semblable à celui de l’enceinte. L’ouvrage à corne du nord disparaît pendant une série de Inventaire des sites fortifiés par Vauban hors de France – Juillet 2011 modifications, inachevées, de la ville par l’ingénieur italien Fernando Carlo qui y travaille entre 1668 et 1674. Vauban intervient en 1682, après la vente de la ville et de sa citadelle à la France, par le duché de Mantoue et son dernier duc. Le général Catinat est nommé gouverneur de la place sur son conseil. Dans un mémoire, il déclare que la citadelle de Casale présente trois faiblesses : elle est trop grande (une citadelle pentagonale aurait suffi selon lui), trop proche d’une colline qui la commande et trop loin du Pô qu’un ennemi peut contourner. La citadelle est rénovée par la création de parapets, de tenailles, de nouvelles demi-lunes, d’un glacis, de nouvelles casernes, de magasins, de magasins à poudre et d’un hôpital. Des chantiers sont menés à l’enceinte urbaine dont les derniers ouvrages terrassés sont revêtus. Ces chantiers s’achèvent en 1684. En 1686, les fronts de l’enceinte bordant le Pô sont dotés d’un nouveau glacis, tandis que le pont du fleuve est remplacé et doté d’une tour à mâchicoulis sur sa rive gauche. De nouveaux chantiers sont conduits sur les glacis en 1691-1693. Reprise par les piémontais pendant la Guerre de la Ligue d’Augsbourg, Casale est assiégée en 1695 par Vauban lui-même et démolie par les Français en 1696 avant sa restitution définitive aux Piémontais en 1713 par le traité d’Utrecht. Dans un mémoire rédigé en 1695, Vauban en avait prescrit la démolition et/ou l’abandon pendant les négociations du traité de Ryswick. L’enceinte est reconstruite à la fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe siècle. Les tracés antérieurs sont repris par les ingénieurs savoyards mais la citadelle n’est pas réédifiée. Au contraire, on referme l’enceinte urbaine de ce côté par la construction d’un couronné composé de quatre fronts bastionnés, dotés de cinq bastions et quatre demi-lunes. L’enceinte est rasée sous l’Empire français. Il faut attendre 1848 et les Guerres d’Italie pour que l’enceinte soit rétablie. A cette occasion, les ingénieurs piémontais ajoutent un ouvrage à corne à l’est de la ville et reconstruisent en partie la citadelle sous la forme d’un ouvrage à couronne doté de deux fronts bastionnés qui reprennent le tracé des deux fronts méridionaux de la citadelle des Gonzague. Des casernes et d’autres bâtiments militaires sont établis dans les réduits délimités par les deux ouvrages cités. La dernière enceinte a disparu à la fin du XIXe siècle suite à l’industrialisation de la ville. Le site de la citadelle a été réoccupé en partie par une cimenterie, tandis que les remparts urbains ont été remplacés par des avenues. Vue aérienne de Casale Monferrato, GoogleEarth, 28/06/2011. Etat actuel Il ne subsiste plus grand-chose de l’enceinte ni de la citadelle de Casale sur lesquels a travaillé Vauban : un bastion de l’enceinte au nord-est avec des casernes. La porte sud de la citadelle piémontaise avec un bastion et deux courtines constituent les derniers vestiges au sud-est, mais ce sont des constructions e piémontaises du XIX siècle. Le château médiéval, quoique dégradé existe toujours et est ouvert à la Inventaire des sites fortifiés par Vauban hors de France – Juillet 2011 visite, renseignements à l’office de tourisme. Ses ravelins sont en partie conservés, le reste du glacis sert de parking public. Casale présente un intérêt mineur dans l’œuvre de Vauban en tant que place remaniée et majoritairement disparue. C’est plutôt un témoignage de la fortification bastionnée italienne avant et après lui. Orientation bibliographique - MAROTTA (A), La cittadella di Casale : da fortezza del Montferrato a balvardo d’Italia, 1590-1859, Alessandria, 1990, p. 85-90. - VAUBAN (S. le P de), Places dont le roi pourrait se défaire en faveur d’un traité de paix sans faire de tort à l’Etat ni affaiblir sa frontière, dans VIROL (M.), Les Oisivetés de Monsieur de Vauban, Paris, 2000, p. 465-466. - Casale, dans FAUCHERRE (N.), Dossier d’informations complémentaires : inventaire de l’œuvre fortifiée par Vauban hors de France, s. l., 2008. - Casale Montferrato, Macrozona di Casale, dans Alessandria, 190 comuni : Montferrato e oltre, http://www.alessandriaturismopiemonte.it/index.php?idinfo=1805 Inventaire des sites fortifiés par Vauban hors de France – Juillet 2011