Médecine physique et réhabilitation: Une spécialité «allround» à l

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Médecine physique et réhabilitation: Une spécialité «allround» à l
H i g H l i g H t s 2 011 : m é d e c i n e p H y s i q u e e t r é H a b i l i tat i o n
Une spécialité «allround» à l’épicentre
de la réadaptation globale
Inès Kramers-de Quervaina, Otto Knüselb
a
b
Rheumatologie und Rehabilitation, Schulthess-Klinik, Zürich
Medical Center Maienfeld
Définition et missions de la réadaptation
La réadaptation est l’engagement coordonné de mesures
médicales, de soins, sociales, professionnelles, techniques
et pédagogiques visant à améliorer les capacités fonctionnelles des patients et à permettre à ces derniers des
activités aussi autonomes que possible et la participation
à l’ensemble des activités de la vie quotidienne dans la
mesure de leurs moyens. La réadaptation s’occupe, de
par sa nature multidisciplinaire, de toutes les conséquences des maladies et des accidents. La réadaptation
se fonde sur le modèle de santé fonctionnelle de l’OMS.
Ce modèle ne décrit pas simplement l’état de santé sur la
base du code diagnostic des maladies (ICD-10). Il intègre
une vision fonctionnelle globale, tenant compte de la situation personnelle au quotidien, des aspects professionnels
et des activités de loisirs. Il se fonde sur la classification
internationale du fonctionnement, du handicap et de la
santé (International Classification of Functioning, Disability and Health [ICF]).
L’objectif de la médecine de réadaptation est l’amélioration de la qualité de vie lors de séquelles après une maladie ou un accident. Elle englobe la prise en charge des
lésions structurelles organiques, le traitement symptomatique, l’amélioration des fonctions physiques et cognitives
par l’entraînement de réhabilitation, la mise en place des
voies de compensation, la mise à disposition de moyens
auxiliaires, ainsi que la réintégration dans la vie quotidienne, tenant compte des facteurs psychosociaux et environnementaux propres à chaque patient. Cet objectif est
le même, quel que soit l’organe ou le système d’organes à
l’origine des limitations des capacités de performance ou
du handicap. Le spécialiste en réadaptation a la charge du
diagnostic, de la prévention, du traitement et du suivi de
la réadaptation de patients de tout âge, atteints d’affections invalidantes et porteurs de comorbidités.
La réadaptation – un droit fondamental
aujourd’hui
Inès Kramersde Quervain
Les auteurs n’ont
pas déclaré
d’obligations
financières ou
personnelles en
rapport avec
l’article soumis.
C’est sous ce titre que Rolf Frischknecht a présenté, dans
son article de 2009 écrit pour le présent journal, la Convention relative aux droits des personnes handicapées, publiée par les Nations Unies le 3 mai 2008 [1]. Le but de
cette convention était la garantie des droits fondamentaux de toutes les personnes handicapées concernant
leur participation active à tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle. Le premier «World
Report on Disability», élaboré par l’OMS (Organisation
Mondiale de la Santé) en collaboration avec la banque
mondiale (World Bank) [2], a été publiée le 9 juin 2011.
Ce rapport est une contribution importante des Nations
Unies à la mise en œuvre de la Convention pour la protection des droits des personnes handicapées. Au 24 septembre 2011, pas moins de 104 nations avaient déjà ratifié ce document. La Suisse ne l’a pas encore fait à ce jour,
car elle poursuit une stratégie cherchant à mesurer au
préalable avec précision tous les effets et toutes les conséquences d’une adhésion. Reste que le principe de l’égalité
et du devoir d’intégration des personnes handicapées
figure bel et bien dans la législation suisse. La Constitution fédérale interdit par exemple la discrimination des
personnes souffrant d’un handicap «physique, mental ou
psychique» et exige l’élimination de tous les désavantages auxquels les personnes handicapées ont à faire face.
La réadaptation est ancrée dans la LAMal 1994 en tant que
prestation à la charge de l’assurance-maladie obligatoire
selon l’art. 25, al. 2 lit d. Les examens et les traitements
dispensés peuvent l’être en milieu hospitalier ou ambulatoire. La notion de «partiellement hospitalier» n’existe plus
depuis le 1er janvier 2009. Les assureurs offrant des couvertures accidents obligatoires sont libres, dans le cadre de
la LAA, de prendre en charge des prestations lorsqu’elles
répondent aux critères d’économicité et d’adéquation, en
vertu du principe des prestations en nature. Le Conseil
fédéral a clarifié la question de l’admission de la réhabilitation dans le domaine hospitalier dans sa décision du
23 juin 1999. Les règlements tarifaires dans le secteur ambulatoire en sont en revanche encore au stade des principes (MTK). Les DRG pour les prestations de réadaptation
constituent un problème encore non résolu (Système tarifaire suisse pour la réadaptation [ST Reha]).
La recherche en médecine de réadaptation
L’efficacité de la réhabilitation pluridisciplinaire a été démontrée ces dernières années par d’innombrables travaux de recherche nationaux et internationaux. Il existe
divers programmes destinés spécifiquement au soulagement des douleurs, à l’amélioration des capacités fonctionnelles et à la facilitation du retour au travail [3, 4].
La formation postgraduée pour l’obtention
du titre de spécialiste en «MPR» [5]
Avant que la rhumatologie devienne une spécialité reconnue en Suisse, la formation en médecine physique et réhabilitation (MPR) était intégrée, avec la médecine interne,
dans le cursus de formation en rhumatologie. La médecine musculo-squelettique était donc traditionnellement
une formation postgraduée de base. Aujourd’hui, le spécialiste en MPR doit cependant maîtriser tous les aspects
et toutes les techniques de la réadaptation pour pouvoir
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Le modèle de la Société suisse
de médecine physique et réhabilitation
SSMPR et les perspectives futures [6]
Figure 1
La spécialité de médecine physique et réhabilitation: des compétences fondamentales en réhabilitation, s’appuyant sur les disciplines
voisines.
atteindre l’objectif premier, la réadaptation globale. Ceci
exige par définition une formation postgraduée et continue très vaste. Le champ d’activité du médecin rééducateur s’est donc naturellement élargi pour englober désormais la réadaptation de tous les systèmes d’organes et de
l’ensemble de l’organisme. Les spécialistes en MPR possèdent à la base les compétences nécessaires pour assumer la réhabilitation somatique. Pour les prises en charges
médicales particulières, dans les situations aiguës et
complexes, ils travaillent en étroite collaboration avec les
différents spécialistes de la médecine curative. Ils peuvent
également approfondir leurs connaissances dans des
domaines spécifiques de la réadaptation par l’acquisition
d’un second titre de spécialiste, tout comme les spécialistes d’autres disciplines peuvent élargir leurs compétences dans la réadaptation. Parmi les membres ordinaires de la SSMPR, plus de la moitié (54%) possèdent
deux ou même trois titres de spécialités. La combinaison
classique est l’association des titres de spécialiste en rhumatologie et/ou en médecine interne, mais il est de plus
en plus fréquent aussi de voir des neurologues, des cardiologues, des pneumologues, des orthopédistes, etc. devenir spécialistes en réhabilitation.
Comme la première partie de l’examen suisse de spécialité FMH pour la MPR inclut l’examen de l’European
Board, les médecins suisses acquièrent automatiquement le titre de «Fellow of the European Board of Physical and Rehabilitation Medicine».
La médecine physique et réhabilitation est une spécialité à
part entière de la médecine, marquée par une forte pluridisciplinarité et des interconnexions professionnelles à divers niveaux. La SSMPR est le pivot, dans le système de
santé, pour toutes les questions touchant à la réadaptation.
L’un des principaux objectifs qu’elle poursuit est de donner
à la réadaptation la place qui lui revient dans notre pays.
La SSMPR se veut une partenaire pour tous les patients
et toutes les patientes atteints de maladies aiguës ou
chroniques, victimes de séquelles d’accident handicapantes, dont elle défend les intérêts.
Elle attache une grande importance à la collaboration
avec l’ensemble des groupes professionnels impliqués dans
la réadaptation et avec les organisations de patients. La
SSMPR occupe donc une position centrale dans la réadaptation globale et le spécialiste en MPR est la figure
prédestinée, dans cet environnement pluridisciplinaire
et interprofessionnel, pour endosser le rôle de leader
dans le processus de réadaptation globale.
Avec l’objectif d’une réadaptation globale, il s’agit de saisir
l’opportunité de réunir sous un seul drapeau tous les spécialistes en réhabilitation et de les regrouper en une entité
unique, tant sur le plan purement professionnel que dans
l’optique de la politique de santé. La Société suisse de médecine physique et réhabilitation estime essentiels l’ouverture à tous les collègues d’autres spécialités actifs dans le
domaine de la réadaptation, l’encouragement à l’accomplissement de formations multiples, les échanges pluridisciplinaires et la mise à disposition d’une plateforme de
réadaptation unique.
Les nombreux défis auxquels est confronté aujourd’hui la
politique de santé et la nécessité de l’engagement d’actions
communes dans ce domaine soulignent l’importance d’une
réunion de toutes les forces. La SSMPR tend donc la main
à tous ceux qui sont prêts à venir renforcer ses rangs.
Correspondance:
Dr Inès Kramers-de Quervain
Chefärztin Rheumatologie und Rehabilitation
Schulthess-Klinik
Lengghalde 2
CH-8008 Zürich
ines.kramers[at]kws.ch
Références
1 Frischknecht R. Rehabilitation – jetzt ein Menschenrecht. Schweiz Med
Forum. 2009;9(1–2):28–9.
2 World report on disability 2011. World Health Organization: WHO web
site (www.who.int).
3 Lin CW, Haas M, Maher CG, Machado LA, van Tulder MW. Cost-effectiveness of guideline-endorsed treatments for low back pain: a systematic review 2011 Jul;20(7):1024–38.
4 Kool J, de Bie R, Oesch P, Knüsel O, van den Brandt P, Bachmann S.
Exercise reduces sick leave in patients with non-acute non-specific low
back pain: a meta-analysis. J Rehabil Med. 2004;36(2):49–62.
5 Weiterbildungsprogramm PMR: http://www.fmh.ch/files/pdf6/physika
lische_medizin_version_internet_d.pdf.
6 Weber M. Schweizerische Ärztezeitung. 2008;89:21.
7 Knüsel O, Bachmann S. Gesundheitswesen Schweiz 2010–2012.
Kocher G, Oggier W (Hrsg.), 4. Auflage. Bern: Hans Huber-Verlag; 2010.
p. 347–56.
Forum Med Suisse 2012;12(1–2):20–21
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