Les joueurs de Skat, Otto Dix, 1920

Transcription

Les joueurs de Skat, Otto Dix, 1920
Les joueurs de Skat, Otto Dix, 1920
Nature de l’œuvre : Peinture à
l’huile Titre : Les joueurs de
skat
Peintre :
Otto DIX
Année : 1920
Description générale du tableau :
C’est un tableau qui représente une scène de jeu de carte. La scène
se passe en intérieur. Il y a trois personnes au centre du tableau qui
jouent. Ils sont assis. Autour d’eux il y a des éléments de décor.
Cette scène se passe de nuit : le tableau est sombre et une lampe est
allumée.
Décor :
Le décor est sur les extérieurs du tableau. L’ensemble fait penser à
du mobilier d’un café. Nous retrouvons en haut à gauche un
lampadaire allumé. On peut distinguer dedans une tête de mort.
Derrière cette lampe on aperçoit un rideau. En haut à droite il y a un
porte-manteau. Au centre avec les personnages il y a une table en fer
forgé et des chaises. En haut au centre il y a trois journaux qui sont
derrière les personnes.
L’ensemble du décor permet de situer le lieu de la scène : il s’agit d’un
café en Allemagne et plus particulièrement à Dresde. Le mobilier est
type des cafés de cette ville, et les journaux sont des titres locaux
de cette ville. Ces journaux font référence à ceux du conflit francoallemand pendant la 1ère Guerre Mondiale.
La composition du tableau :
Les diagonales du tableau mènent au centre du tableau. L’œil est
attiré par le centre de ce tableau où l’on voit des personnes qui
jouent aux cartes.
Le décor forme un cadre autour cette scène.
La scène du centre est confuse. Les lignes sont désorganisées à
l’image des personnes de la scène.
Personnages :
Au centre du tableau nous retrouvons trois personnes qui jouent aux
cartes. Ils jouent à un jeu qui s’appelle le jeu de skat. C’est un jeu
populaire allemand.
Personnage de gauche : Son visage est brûlé avec des cicatrices, il a
perdu un œil. Un tuyau lui sert à entendre la conversation. Il a perdu
l’audition. Il a perdu ses deux bras à la guerre alors il joue aux cartes
avec un pied et une main articulée. Il ne lui reste qu’une jambe,
l’autre étant une jambe de bois.
Personnage du centre : Il lui manque de la peau sur la tête, Il a été
scalpé. Scalper est une pratique guerrière qui consiste à détacher
une partie du cuir chevelu d'un adversaire, mort ou vivant. Le scalp
devient un trophée de guerre. Un œil de verre et pas d’oreille. Il n’a
pas de mains. Les cartes sont tenues entre ses dents ou posées sur
un socle. Deux moignons à la place des jambes qu’il a perdues à la
guerre.
Personnage de droite : Il a de fausses mâchoires en métal. Dix a
inscrit: baisse la mâchoire prothésis de marque Dix, mis sa propre
photo et inscrit la phrase: seulement véritable avec l’image de
l’inventeur. L’extrémité de son nez est recouverte d’un bandeau de
cuir noir. Il a ses deux mains. L’une est articulée, l’autre est une
prothèse. La croix de fer allemande est une médaille, décoration
militaire rétablie en 1914. Cette croix montre que le personnage est
allemand et qu’il a fait la Première Guerre Mondiale. Il n’a pas de
jambes.
Les personnes de ce tableau sont d’anciens soldats allemands de la
Première Guerre Mondiale. Ils sont défigurés : ce sont des gueules
cassées.
Effets du tableau :
Sombre-Obscur : L’ensemble du décor est sombre. Cet effet rappelle
la nuit, moment où la scène se passe. Les couleurs se dégradent
progressivement du marron au noir. Les éléments finissent par se
confondre. A l’inverse le centre du tableau est lumineux. Les couleurs
sont claires et vives. Ce contraste avec le décor permet d’attirer
l’œil du spectateur sur un endroit précis. Ici c’est sur la partie de
carte et les personnes qui jouent. Ce procédé de clair-obscur permet
de les mettre en valeur.
Désorganisation : Comme il a été dit dans la composition du tableau le
centre ce celui-ci a des lignes qui sont totalement désorganisées.
Cette effet rappellent les corps des personnes qui eux aussi sont
désorganisés. Cet effet est là pour montrer le chaos engendré par la
guerre sur les personnes.
Le peintre :
-1891 : Naissance d’Otto Dix à Dresde (Allemagne).
-1914 : Otto Dix, après avoir achevé ses études à l’école des Arts
décoratifs de Dresde, s’engage volontaire dans l’artillerie.
-1920 : Le mouvement expressionniste est à bout de souffle en
Allemagne, Dix adhère au mouvement dadaïste. Avec George Grosz et
Max Beckmann, il fonde la « Nouvelle Objectivité » (Neue
Sachlichkeit) ; peinture agressive qui critique la société.
-1933 : Avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, les œuvres
d’Otto Dix sont qualifiées d’« art dégénéré». L’artiste ne peut plus
exposer.
-1937, ses œuvres sont retirées des musées allemands.
-1969 : Mort d’Otto Dix.
La signification de ce tableau :
Otto Dix relate aux populations civiles les horreurs commises
pendant la première Guerre Mondiale. C’est un peintre traumatisé par
la guerre de 1914 et l'effondrement moral de l'Allemagne qui s'en
suivit. Les peintres de cette époque peignent un univers qui relate
leur présent et leur réalité. L’Europe doit faire face à la montée des
dictatures et l’arrivée de nouvelles guerres. Cela donne des toiles
imprégnées de réalisme et de pessimisme.
Les mutilations renvoient à la violence subie pendant la Grande
Guerre mais aussi de l’impuissance des médecins à réparer les corps.
Les anciens combattants mutilés sont d’ailleurs appelés « les gueules
cassées ».
Otto Dix parvient à métamorphoser l’effroyable et le hideux en
grotesque. Il dénonce l’exhibition à laquelle les anciens combattants
sont soumis mais aussi l’étonnante fierté que certains éprouvent à
montrer leur héroïsme (la Croix de Fer). Les corps ressemblent à des
marionnettes, à des pantins mécaniques, il ne s’agit plus que de
reliquats de corps, conséquence de la folie guerrière.
Le jeu de cartes cimente la sociabilité des anciens combattants en
Allemagne. Le Skat rassemble trois joueurs, telle une association
macabre. Ici les trois joueurs nous montrent leurs jeux. S’ils
semblent avoir les cartes en main, le contenu est dévoilé parce « les
jeux sont faits ».
Tableau mis en relation :
Titre : La partie de
cartes Année : 1917
Nature de l’œuvre : Peinture à l’huile.
Description de l’œuvre : La peinture représente une partie de
cartes. Au centre du tableau nous distinguons des cartes
blanches qui ressortent du reste du tableau. Autour de ces
cartes, il y a des personnes qui sont constitués de formes
géométriques. Ils semblent faits de tuyaux et d’obus, ce qui leur
donne une impression de mécanisme. Les hommes sont
déshumanisés. Il est possible de savoir que ce sont des personnes
grâce à des détails qui rappellent le monde des humains : des
doigts, un casque de soldat, des pipes, des insignes militaires et
les cartes.
Contexte de l’œuvre : Léger a fait une esquisse de cette peinture
pendant la bataille de Verdun (en 1916) sur une feuille de papier. Il
représente une partie de carte entre soldats comme il a pu être
témoin lors de la guerre. Cette peinture relate la part humaine de la
guerre : la vie des soldats dans les tranchées qui restent des hommes
malgré l’horreur ; et par la figuration des personnes il montre
l’automatisme et la déshumanisation des hommes.
Effets : le peintre joue sur des contrastes de couleur → chaud/froid
et le noir/blanc
Auteur :
4 février 1881 : Naissance de Fernand Léger en Normandie
1900 : il est admis à l’école des Arts Décoratifs, il s’installe à Paris.
1914 : il est mobilisé pour la guerre se qui provoque une rupture dans
son travail.
1917 : il est hospitalisé et réformé. L’horreur de la guerre et la
fraternisation entre soldat le marqueront à jamais.
1935 : première grande exposition à Chicago.
1940 : il fuit Paris pour New-York.
1945 : il rentre en France.
17 Août 1955 : Ferdinand Léger décède.