faces then faces now

Transcription

faces then faces now
Guide du visiteur FR ¤ 1 - Gratuit pour les BOZARfriends.
Téléchargeable gratuitement sur www.bozar.be
Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas
FACES THEN
Portraits photographiques européens depuis 1990
FACES NOW
1
06.02 > 17.05.2015
FACES THEN
Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas
FACES NOW
Portraits photographiques européens depuis 1990
Le printemps de l’image
Au printemps 2015, BOZAR tourne le regard vers ‘l’autre’ à travers trois expositions.
Notre printemps de l’image jette un pont entre les portraits de la Renaissance et le portrait photographique contemporain, l’intime et le collectif, l’Europe et l’Empire ottoman. Ce triptyque d’expositions raconte un récit stratifié sur la construction des identités et l’influence de la perception, débat qui reste d’une brûlante actualité à notre époque
de médias sociaux, selfies et globalisation galopante.
Les trois expositions créent des transversalités dans le temps et l’espace. FACES THEN.
Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas et FACES NOW. Portraits photographiques européens depuis
1990, qui partent l’une comme l’autre du visage, proposent une vision nuancée de la tradition
occidentale du portrait. Autrefois, seuls les riches bourgeois pouvaient se faire portraiturer.
L’avènement de la photographie a déclenché un processus de démocratisation, et la palette des
possibilités stylistiques s’est considérablement étendue.
Que racontent le visage, la pose, les vêtements et l’environnement du modèle ? Comment s’établit la relation entre l’artiste et le modèle ? Le portrait se veut-il magnifiant ou révèle-t-il seulement une distanciation ? L’artiste campe-t-il avant tout un individu, ou le portrait vise-t-il
à évoquer une classe sociale ou une communauté plus vaste ? Au spectateur de rester sur ses
gardes: certains portraits contemporains font appel à des acteurs et sont entièrement mis en
scène.
La troisième exposition relative à l’art de la Renaissance, Le Monde du Sultan. L’Orient ottoman
dans l’art de la Renaissance, suscite plutôt des interrogations sur la création identitaire. La rencontre entre l’Occident et l’Orient a produit des œuvres d’art et des objets précieux, qui ne
trahissent pas seulement une influence, mais inspirent toute une gamme de sentiments, allant
de la peur et des préjugés au respect et à l’attirance. Les portraits de souverains orientaux et de
marchands occidentaux par des maîtres vénitiens comme Tintoret, Véronèse, Bellini et Titien
focalisent l’attention. La vision de l’époque et du monde qu’ils véhiculent témoigne d’une
grande ouverture d’esprit et complète les portraits des Pays-Bas par Quentin Metsys, Catharina
van Hemessen, Frans Pourbus l’Aîné et bien d’autres.
2
Chief Executive Officer – Artistic Director: Paul Dujardin
Director Artistic Policy: Adinda Van Geystelen
FACES THEN
Renaissance Portraits from the Low Countries
Curators: Till-Holger Borchert, Koenraad Jonckheere
Dep. Director BOZAR EXPO: Sophie Lauwers
Exhibition Coordinator: Christel Tsilibaris
Scenography & Technical Coordinator: Isabelle Speybrouck
With dedicated support by Axelle Ancion, Leen Daems,
Colin Fincoeur, Barbara Lefebure, Déborah Motteux,
the BOZAR Art Handlers and our hosts.
With the collaboration of:
Vlaamse Kunstcollectie &
Onderzoekscentrum voor de Kunst in de Bourgondische Nederlanden
3
Salle G1
Simon Bening, Autoportrait, vers
1530–1540
Quentin Metsys, Portrait d’un homme
vu de profil, 1513
CONFRONTATION DES TRADITIONS
Tempera sur parchemin. Paris. Musée du Louvre,
Département des Arts graphiques
Huile sur papier marouflé sur toile. Paris, Institut de
France, Musée Jacquemart-André
Sur ce minuscule portrait sur parchemin, un
homme dirige vers nous un regard impassible.
Ce type de portrait, qui combine un modèle de
trois quarts face et un arrière-plan paysager, se
rattache encore à la peinture néerlandaise du
15e siècle. Il était d’ailleurs très populaire à la
fin de ce siècle, des peintres brugeois comme
Hans Memling (ca. 1430/1440–1494) et
Gérard David (ca. 1455–1523) en ayant fait
leur marque de fabrique. Mais quelques éléments de ce petit portrait, comme le costume
et le geste de la main, annoncent déjà le renouvellement du portrait au 16e siècle.
Le portrait de profil est rare chez les portraitistes des Pays-Bas. Ce type, inspiré des
monnaies antiques, était courant dans le
portrait italien du 15e siècle, mais peu pratiqué au Nord des Alpes. Quoi qu’il en soit, au
16e siècle, il était depuis longtemps passé de
mode. Dans cette composition, Metsys lui a
insufflé une vie nouvelle. Le vieillard qui lui a
servi de modèle a été identifié successivement
comme Cosimo di Giovanni de’ Medici et le
duc Philippe le Hardi, mais il est aujourd’hui
retombé dans l’anonymat.
Au 15e siècle, le portrait se développe comme genre
autonome en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas.
Mais il ne devient vraiment populaire dans nos
contrées qu’au 16e siècle. Son succès s’explique par la
fusion des traditions picturales nord-européennes et
italiennes. Certains artistes, qui ne craignent pas de
soumettre l’art du portrait à l’expérimentation, lui
donnent un nouvel élan. De plus, grâce à l’affluence
de la clientèle bourgeoise, le portrait fait l’objet d’une
demande croissante. Le nombre de portraits produits
est impressionnant. Les tableaux arrivés jusqu’à nous
révèlent la diversité du genre au 16e siècle.
Le peintre anversois Quentin Metsys (vers
1466–1530) a signé et daté ce panneau.
Représentant précoce de l’école d’Anvers,
Metsys était un portraitiste de talent. Il donnait souvent à ses portraits une tournure satirique. Etait-ce également le cas ici ?
Qui est ce monsieur sévère d’un certain âge,
dont le regard et les mains sollicitent notre attention ? Bien que cette identification ne repose sur aucune preuve, il s’agit probablement
d’un autoportrait du miniaturiste brugeois
Simon Bening (vers 1483–1561). Considéré
comme l’un des derniers enlumineurs des
Pays-Bas, Bening était connu pour ses livres
d’heures. Les arrière-plans paysagers, comme
ici, étaient sa spécialité. Bening a peint ce
portrait a tempera et non à l’huile, comme ses
enluminures.
4
5
Salle G2
PREMIÈRE SYNTHÈSE
Dans le portrait, les artistes du 15e siècle se sont
focalisés sur la ressemblance physique. Mais les
portraitistes du 16e siècle se montrent plus exigeants :
la nouvelle génération cherche avant tout à donner vie
à ses modèles, tout en imprégnant ses portraits d’une
grande force communicative. Les fonds sombres et les
expressions neutres caractéristiques des portraits du
15e siècle font place à une diversité de fonds, symboles,
expressions et gestes, qui nous donnent des indications
sur l’identité, le caractère et le statut social du modèle.
Dans le portrait du 16e siècle, l’accent se déplace donc
vers la personnalité du modèle.
Ambrosius Benson, Portrait d’un
homme barbu au béret noir, vers 1530
Anonyme, Portrait d’un homme
avec un œillet, vers 1525
Huile sur bois . Collection particulière
Huile sur bois. Prague, Národní galerie v Praze
Les mains en mouvement de ce personnage
anonyme attirent immédiatement le regard.
L’artiste brugeois Ambrosius Benson les a
peintes avec un réalisme étonnant. Par la
suite, pourtant, elles ont été repeintes. Le
propriétaire de l’époque estimait-il qu’elles
monopolisaient trop l’attention ? L’homme
paraît vêtu avec sobriété, mais certains détails trahissent son statut élevé. Remarquez
l’anneau orné d’une pierre précieuse à sa main
droite et les gants de cuir souple qu’il tient.
De sa main gauche, il soulève le bord de son
béret, comme s’il était prêt à se découvrir.
Salue-t-il quelqu’un ? Peut-être ce portrait
avait-il un pendant et faisait-il partie d’un diptyque, car l’attitude du modèle et la direction
de son regard suggèrent qu’il se tourne vers
une personne ou un objet.
Qui est ce jeune homme ? Nous ne le saurons
peut-être jamais, car les attributs nécessaires
à son identification font défaut. De plus, le
tableau n’est pas signé. L’œillet dans sa main
droite est le seul élément révélateur. L’œillet
symbolisait en effet les fiançailles ou le mariage, en vertu d’une coutume qui invitait la
fiancée à dissimuler un œillet dans sa robe,
afin que son futur époux puisse l’y découvrir.
Il est donc possible que ce portrait ait fait
partie d’un diptyque, avec la future épouse en
pendant.
Les arrière-plans dorés, généralement réservés aux scènes religieuses, sont plutôt exceptionnels dans le portrait. à cause de ce fond
doré, mais aussi de la forme du chapeau et de
la position des mains, le tableau fait penser aux
portraits de l’empereur Charles Quint d’après
un original du peintre bruxellois Barend van
Orley (Bruxelles 1487/1491–1541).
L’homme se trouve dans une pièce, devant
une fenêtre qui ouvre sur un paysage détaillé.
Grâce au peintre brugeois Hans Memling, ce
type de portrait était devenu très populaire au
15e siècle. Benson, qui connaissait certainement l’œuvre de son concitoyen, a repris ici la
formule à succès de Memling.
6
7
Salle G3
un point culminant
Les portraitistes du 16e siècle innovent en conciliant
idéalisme et réalisme. En même temps, une importante
modification se produit dans la fonction du portrait :
en plus de ressembler au modèle, il doit désormais
exprimer sa personnalité. Cet intérêt croissant pour la
psychologie du modèle persistera à l’époque baroque.
Les portraits du milieu du 16e siècle, comme le
bel autoportrait d’Anthonis Mor datant de 1558,
renferment souvent un contenu intellectuel complexe,
aux multiples composantes. La transmission de ce
contenu fait appel à différents attributs. En regardant
les autoportraits de cette période, nous constatons que
les peintres, non contents de vanter leurs compétences
artistiques, veulent aussi mettre en valeur leur statut
social et leur bagage intellectuel.
8
Anthonis Mor, Autoportrait, 1558
Joos van Cleve,
Autoportrait, vers 1519
Huile sur bois. Istituti museali della Soprintendenza
Speciale per il Polo Museale Fiorentino
Avec le généreux soutien de Mark Weiss,
The Weiss Gallery (Londres)
Huile sur bois
Madrid, Museo Thyssen-Bornemisza
La réputation de portraitiste d’Anthonis Mor
van Dashorst (vers 1517–1577) dépassait de
loin les frontières des Pays-Bas : il était célèbre jusqu’en Angleterre, en Allemagne, en
Italie, au Portugal et en Espagne. Il succéda
à Titien (vers 1487-1576) à la cour de l’empereur Charles Quint et devint, en 1554, peintre
de la cour de Philippe II. Certains de ses portraits dignes et raffinés l’emportaient, auprès
de ses contemporains, sur les œuvres fluides
et informelles de son confrère italien. Le style
de cet autoportrait trahit les influences internationales subies par Mor tout au long de sa
mémorable carrière.
L’autoportrait de Mor est l’un des exemples
les plus remarquables du genre. Son apparence n’a-t-elle pas quelque chose de royal ?
Il tenait manifestement à faire comprendre
au spectateur qu’il était bien davantage qu’un
simple artiste. Vêtu de son plus beau costume
et plein d’assurance, Mor s’affirme comme un
homme d’importance et un pictor doctus, un artiste érudit. Le poème en grec fixé sur le panneau préparé a été composé par un peintre humaniste de ses amis, Dominicus Lampsonius.
Anthonis Mor y est présenté comme le nouvel Apelle, le peintre de la cour d’Alexandre
le Grand. Comme Apelle, Mor était rompu à
la reproduction fidèle de la réalité. Le poème
se termine par l’injonction « Mor… parle! »
Et nous avons en effet l’impression qu’il va
s’adresser à nous d’un instant à l’autre.
Joos van Cleve (vers 1485/1490–1540 ou
1541) fut l’un des portraitistes les plus productifs du 16e siècle. Il se montre ici en buste,
de trois quarts face, le regard tourné vers
nous. Dans cette composition, Van Cleve
se rattachait encore aux conventions stylistiques des débuts du portrait aux Pays-Bas.
Par la suite, il devait intégrer dans son œuvre
des éléments plus italianisants. En guise de
décor, Van Cleve a choisi un fond bleu ciel,
allant du foncé au clair, au lieu d’opter pour
une échappée sur un paysage. Les modèles
de Van Cleve se distinguent souvent par les
mouvements de leurs mains. Lui-même tient
ici un œillet. Cette fleur est-elle une allusion
à ses fiançailles avec Anna Vydts ? S’il a peint
un pendant avec le portrait de la jeune femme,
cependant, celui-ci n’a pas été conservé.
9
Salle H2
RÉALISME APPARENT
Au 16e siècle, la demande de portraits ne cesse d’augmenter. Le portrait a longtemps été le privilège exclusif
des classes supérieures, mais, à la fin du 15e siècle et au
16e siècle, les érudits et les artisans aisés se font également immortaliser.
Des portraitistes de talent comme Anthonis Mor,
Adriaen Thomasz. Key et Maarten van Heemskerck
satisfont à cette demande croissante. Tout en préservant
l’héritage de leurs prédécesseurs par leur souci du
réalisme, ils combinent celui-ci avec un raffinement
esthétique accru. Les peintres se consacrent de plus en
plus à l’étude du visage humain, afin de mieux pénétrer
la personnalité de leurs modèles.
A l’évolution du profil des commanditaires correspond
l’apparition de nouveaux accents dans l’art du portrait.
A la fin du siècle, nous constatons une certaine
standardisation dans les styles de portraits. Entretemps, le réalisme apparent, désormais parfaitement
maîtrisé par les peintres, est devenu une caractéristique
fondamentale de l’art du portrait au 16e siècle.
10
Frans Floris de Vriendt,
Portrait d’une dame âgée
avec son chien, 1558
Maarten van Heemskerck,
Portrait de Reinerus Frisius Gemma,
vers 1540–1545
Huile sur bois. Musée des Beaux-Arts de Caen
Huile sur bois. Rotterdam,
Museum Boijmans Van Beuningen
Comment un peintre peut-il exprimer la
personnalité de son modèle ? Pour le comprendre, il suffit de regarder ce tableau. Le
Portrait d’une dame âgée avec son chien illustre
comment un peintre peut transmettre le caractère d’une personne par le rendu réaliste
de son apparence extérieure et de son attitude. Impossible d’échapper au regard de
cette dame corpulente au ventre proéminent.
Même le chien nous regarde. Et la force avec
laquelle la femme serre son animal contre elle
est significative.
Ce portrait imposant du fameux mathématicien, astronome et médecin Reinerus
Frisius Gemma a été successivement attribué
à Hans Holbein, Georg Pencz et divers artistes néerlandais, jusqu’à ce qu’au 20e siècle,
la paternité de Maarten van Heemskerck
(1498–1571) remporte l’adhésion générale.
Van Heemskerck a peint l’érudit dans une
attitude digne et assurée. Frisius porte un
luxueux manteau de fourrure et désigne avec
ostentation le globe de verre dans son giron.
Ce globe est orné de scènes évocatrices des
quatre saisons. Tant le globe que l’inscription
sur le mur symbolisent le passage du temps.
Le globe de verre peut aussi renvoyer aux réalisations de Gemma dans le domaine de la cartographie et à ses projets novateurs de sphères
topographiques.
Frans Floris de Vriendt (1519/1520–1570)
était d’abord un peintre d’histoire. Ce portrait hors du commun lui a permis de démontrer sa maîtrise de la difficile perspective
d’une position assise de face. Le portrait frontal était peu pratiqué au 16e siècle, surtout
parce qu’il manque d’élégance et donne une
impression d’arrogance. Ce n’est pas par hasard que Hans Holbein (1497/1498–1543) a
choisi la position de face pour ses portraits,
aussi célèbres que majestueux, du roi Henri
VIII d’Angleterre.
11
Chief Executive Officer – Artistic Director: Paul Dujardin
Director Artistic Policy: Adinda Van Geystelen
FACES NOW
European Portrait Photography since 1990
Adriaen Thomasz Key, Portrait de
femme au bouquet de fleurs, vers 1564
Huile sur bois . Bruxelles, Musées royaux des
Beaux-Arts de Belgique
Curator: Frits Gierstberg
Advisory board: Vangelis Loakimidis, Olga Sviblova,
Gautier Platteau, Alexandra Athanasiadou
Après la mort de son maître Willem Key,
Adriaen Thomasz. (vers 1545–1589) reprit à la fois l’atelier anversois de celui-ci et
son patronyme de Key, comme une sorte de
« marque déposée ». Etabli portraitiste, il sut
se faire apprécier par des œuvres où le réalisme allait de pair avec l’élégance. La plupart
de ses clients étaient issus de l’aristocratie.
Dep. Director BOZAR EXPO: Sophie Lauwers
Exhibition Coordinator: Christophe De Jaeger
Scenography & Technical Coordinator: Isabelle Speybrouck
With dedicated support by Axelle Ancion, Leen Daems,
Colin Fincoeur, Barbara Lefebure, Déborah Motteux,
the BOZAR Art Handlers and our hosts.
Ce portrait, peint alors que Key avait à peine
la vingtaine, ne laisse aucun doute sur son
talent. Il a signé le panneau de ses initiales
ATK et précisé l’âge de la femme (« 27 »).
Après tous ces portraits masculins qui nous
fixent droit dans les yeux, le regard détourné
de cette jeune femme a de quoi surprendre.
L’artiste souligne ainsi sa modestie, vertu essentielle pour une femme de l’époque. Ce portrait est représentatif du réalisme idéalisé du
16e siècle, que les portraitistes des Pays-Bas
pratiquaient avec tant d’habileté. Le vase de
fleurs en verre de Venise, peint avec brio, est
un attribut inusité dans les portraits de cette
époque. Peut-être annonce-t-il déjà la nature
morte de fleurs, qui allait devenir si populaire
dans la peinture néerlandaise du Siècle d’Or…
Coproduction:
Nederlands Fotomuseum Rotterdam, Museum of Photography Thessaloniki
Support:
ABN – AMRO, NIKON, Milo-Profi
12
13
Salle 1
Privé et public
Avec les médias sociaux et l’omniprésence de l’appareil
photo, la distinction entre sphères privée et publique est
devenue complexe. C’est cette frontière qu’explorent
les photographes quand ils utilisent le genre du portrait.
Celui-ci livre quelque chose d’intime au spectateur, on
se sent donc toujours un peu voyeur en le regardant.
Les personnalités publiques sont accoutumées à être
souvent observées et photographiées, mais elles ne
dévoilent pas leur vie privée aussi rapidement. Pour les
photographes, c’est un défi. Mais ne sommes-nous pas
tous désormais conscients de l’impact que peut avoir
l’appareil photo ?
Dès les années 1990, les photographes et plasticiens
ont commencé à faire des portraits dans l’espace public.
Consciemment ou non, nous exprimons là ce que nous
voulons être. Les identités culturelles y remontent à la
surface. La rue est devenue un studio.
14
Boris Mickailov : Untitled, de la série
« Case History » 1997-1998
Anton Corbijn : Luc Tuymans,
Anvers, 2004
« Voilà ce que l’histoire fait des gens », nous dit
indirectement le titre Case History. La série se
penche sur l’affligeante pauvreté qui a touché
l’Ukraine après la chute du communisme. À
Kharkov, deux sans-abri sont réduits, pendant
la crise, à une vie misérable dans la rue. Sous
leurs pauvres vêtements transparaissent des
corps blêmes. En tirant ses portraits en grand
format, Boris Mickailov place les gens comme
sur un piédestal. Dans cette série, il joue avec
des poses et des symboles issus de la tradition
du portrait peint ou de la mémoire collective.
C’est ainsi que le poisson et le vin évoquent
ici le célèbre récit biblique. Avec un humour
grinçant, Mickailov fait de ses modèles des
héros de la période postcommuniste.
Le peintre flamand Luc Tuymans (1958) est
assis, jambes croisées, sur une vieille chaise,
vraisemblablement dans son atelier. La position est si ordinaire que l’on peut à peine
la qualifier de pose. La perspective étonne :
le photographe est si bas et si proche, avec
son appareil, que la chaussure et la jambe de
Tuymans crèvent l’image et restent floues.
Le photographe Anton Corbijn a fait le portrait de héros contemporains connus : stars
de cinéma, musiciens pop ou artistes. C’est
un authentique portraitiste, qui ne représente
pas ses modèles, généralement célèbres, sur
le mode glamour, mais dans un noir et blanc
brut. Dans ses portraits, Corbijn recherche
l’équilibre entre image publique et vie privée.
15
SALLE 2
Le regard de l’être humain
Vers 1990, des photographes et plasticiens mirent au
centre de leur activité de portraitiste des inconnus, des
anonymes. Il ne s’agissait plus de représenter seulement
des personnalités, mais de capter l’individualité, la
dignité et la vulnérabilité des gens ordinaires. Ce « regard
humain » alla souvent de pair avec l’utilisation d’un
appareil grand format. Cette technique, en augmentant
la précision et le rendu des détails, appelait des tirages
de grandes dimensions. Au début des années 1990,
apparurent des séries de portraits dites « typologiques » :
des séries d’images plus ou moins analogues et au
même format, dont le caractère répétitif invitait à la
comparaison. L’environnement ou les intérieurs, sur la
photo, sont parfois choisis par le photographe. Cette
information visuelle complémentaire établit un rapport,
conscient ou non, entre le spectateur et le caractère ou
l’histoire du modèle.
16
Rineke Dijkstra: Kolobrzeg,
Pologne, 26 juillet 1992
Sergey Bratkov: Sasha,
de la série “KIDS”, 2000
L’adolescente en maillot de bain semble un
peu seule. Elle laisse pendre ses longs bras
embarrassés. Ses jambes forment inconsciemment un contrapposto classique et ses pieds nus
sont recouverts de sable. Cette attention à
l’individualité et à la vulnérabilité de la jeune
fille intrigue. C’est un spectacle inhabituel,
assurément, que ce grand appareil photo sur
pied dans le sable, près du ressac. La tête sous
un voile noir comme les photographes du 19e
siècle, Rineke Dijkstra prend le temps de faire
la mise au point avec précision. Cette représentation d’une jeune fille sur la plage ne nous
évoque-t-elle rien ? Peut-être La Naissance de
Vénus de Sandro Botticelli, en 1483…
Si vous pensiez à un portrait d’enfant, ce n’est
certainement pas à cela que vous vous attendiez. Peu d’attendrissement ou de vulnérabilité chez cette fillette à la mode. Indifférente,
elle regarde devant elle, fumant une cigarette.
La salle de bain défraîchie ne convient pas
non plus à un joli portrait d’enfant. Quant à
son âge, quel qu’il soit, la pose d’adulte ne lui
correspond assurément pas. C’est cela, exactement, que le photographe ukrainien Sergey
Bratkov a voulu faire dans cette série. Il a pris
le portrait d’enfants russes que leurs parents
ont amenés dans des agences de mannequins.
Ces figures masculines et féminines de Lolita
doivent satisfaire aux attentes des adultes et à
leurs rêves d’une vie meilleure.
17
SALLE 3
Lieu et culture
Manfred Willmann: Untitled, 1988, de
la série « Das Land, 1981-1993 »
Adam Pańczuk, série « Karczeby »,
2008
Dans les années 1990, les photographes se sont éloignés
de l’idée selon laquelle le portrait photographique
reflétait quelque chose d’essentiel de la personne
représentée. Le portrait devenait dès lors et avant tout
une simple image vue, comprise et appréciée suivant
des traditions et conventions picturales déterminées.
L’idée qu’une photo n’énonçait aucune espèce de
vérité absolue ouvrait le champ à une nouvelle liberté
artistique. Les photographes partirent à la recherche
de nouvelles formes d’expression dans leur exploration
du portrait. La notion de « portrait » fut comprise de
manière plus large, touchant parfois au documentaire
ou au reportage. En particulier, le rapport au paysage
est établi de façon plus nette. Pour les photographes,
il s’agit de savoir comment le lieu où l’on vit définit
l’identité de l’individu ou de la communauté…
L’homme est assis dans une cuisine, un globe
terrestre sur les genoux. Il porte encore son
chapeau. On dirait un portrait pris sur le vif.
La photo est tirée de la série Das Land (« La
campagne »), que le photographe autrichien
Manfred Willmann a réalisée entre 1981 et
1993. La série représente la vie quotidienne
d’une communauté rurale de la province de
Stiermarken où Willmann lui-même vit depuis plusieurs années. Par le caractère informel des compositions et l’usage du flash, ses
photos font penser au premier abord à des
instantanés presque quelconques. Rien n’est
moins vrai. Willmann utilise minutieusement
le langage de l’image dans le but de rendre plus
proche la vie photographiée.
Comment une photo peut-elle exprimer la
relation historique complexe que les hommes
entretiennent avec le sol où ils vivent et qui
définit leur identité ? Le Polonais Adam
Pańczuk aborde cette question dans sa série.
Il visite le pays de son grand-père et fait poser les villageois, comme des acteurs, avec des
objets symbolisant les traditions et coutumes
locales. Le titre de la série se réfère au Karczeb,
un vieux dialecte de l’Est de la Pologne. Le
mot désigne ce qui reste après qu’un arbre a
été coupé : une souche et des racines, qui ne
se laissent pas arracher. Les habitants de la région ont été appelés « Karczebs » parce qu’ils
sont très enracinés dans leur terre natale. Les
tableaux sont parfois comiques et suggèrent
une foule d’histoires. Mais Pańczuk n’offre
aucun indice au spectateur, qui doit lui-même
les trouver. Le noir et blanc renforce l’impression d’harmonie entre les hommes et le
paysage.
18
19
SALLE 4
Le visage pour masque
Le photographe et le modèle essaient tous deux, tant
que faire se peut, de donner une orientation à la manière
dont le spectateur regarde le portrait. Ils ont conscience
de l’effet que produira le portrait sur l’observateur.
Pose, éclairage, expression du visage, angle de prise de
vue, arrière-plan, vêtements et éventuellement objets
ou attributs évocateurs sont leurs instruments. La pose
relie le genre du portrait à celui du théâtre, où l’on fait
aussi « comme si », où des émotions se transmettent par
le corps et l’expression du visage.
L’autoportrait occupe une place particulière dans le
genre du portrait. Notre visage est la partie du corps que
nous associons le plus clairement à ce que nous sommes.
C’est pourquoi nous nous regardons régulièrement
dans le miroir. Si le visage peut révéler des sentiments
spécifiques, il peut aussi les dissimuler. Comme au
théâtre, le masque peut se porter ou peut tomber. Le
portrait de l’artiste est un genre ancien, en peinture
comme en photographie. Pour l’artiste, l’autoportrait
signifie bien plus qu’un coup d’œil dans le miroir.
L’autoportrait du photographe est une réflexion sur sa
propre personnalité et sur lui-même en tant qu’artiste.
20
Koos Breukel: Gerard Petrus Fieret,
La Haye, 2005
Konstantinos Ignatiadis:
Autoportrait à Nikopolis, août 1999
Le photographe hollandais Koos Breukel est
particulièrement intéressé par les gens de tout
âge qui sont marqués par la vie. Dans ses portraits, il rend manifestes les traces que la vie
a laissées derrière elle. En très peu de temps,
Breukel est capable de créer un tel lien avec
ses modèles qu’ils se relâchent. C’est alors
qu’autre chose se révèle ; un masque derrière
un masque. Le photographe et poète hollandais Gerard Fieret (1924-2009), qui apparaît
sur cette photo, était alors tout aussi célèbre
pour ses nus érotiques que pour son existence
retirée. Quand Breukel voulut faire son portrait, Fieret plaça rapidement une casquette
espiègle devant son visage. La photo n’est
pourtant pas ratée. Au contraire, elle a saisi le
penchant de Fieret à se retirer de la société.
Le photographe grec Konstantinos Ignatiadis
a pris cette image dans un petit village sur
la côte occidentale de la Grèce. Le paysage
de ruines de cette photo évoque l’Antiquité
grecque. L’ombre de l’appareil photo, sur pied,
est projetée sur un mur en ruine. L’ombre du
photographe, à côté, s’y répète dans trois positions. Le portrait d’Ignatiadis coïncide avec
le lieu où il a été réalisé. En laissant le soleil
projeter son ombre sur un morceau d’histoire grecque, il nous dit quelque chose de
sa propre histoire et du processus photographique. Photographier, signifie en grec écrire
avec de la lumière ; c’est ce qu’Ignatiadis réalise ici littéralement.
21
SALLE 5
Formel et informel (I)
L’individu dans le groupe
Les travaux présentés dans cette exposition s’insèrent
dans la longue tradition européenne de représentation
ou de figuration d’un individu ou d’un groupe. Cette
tradition se caractérise par une série de conventions
stylistiques et sociales qui remontent au portrait
de la Renaissance. Par exemple, il est évident que le
portrait est « muet ». Aussi, dès la Renaissance, les
artistes s’efforcent-ils de compenser cette absence de
sons en intégrant, dans leurs images, des informations
contextuelles significatives à propos du modèle. Les
photographes portraitistes installent leurs modèles dans
un environnement particulièrement éloquent, avec des
attributs et objets choisis à dessein, ou cherchent une
autre manière de faire parler les personnes représentées.
22
Nikos Markou:
Life Narratives, 2013
Stratos Kalafatis:
Pupil at the Athonias Academy, Karyes,
de la série “Athos/Colors of Faith”, 2008
Le photographe grec Nikos Marcou a laissé
littéralement parler ses sujets devant la caméra vidéo. Ses modèles sont de vraies personnes
qui racontent leur vie durant la crise économique en Grèce. Ensemble, ils donnent un
visage à l’âpre réalité de la crise qui s’éternise
dans le pays.
Stratos Kalafatis fait le portrait de moines du
Mont Athos. Ils vivent dans une petite communauté de quelque milliers d’hommes, sur
une presqu’île à l’est de la Grèce, où les traditions religieuses et historiques de l’Église
orthodoxe ont été maintenues. Les moines
ont choisi une nouvelle identité et se sont
retranchés dans un micro-État religieux avec
ses propres règles. Kalafatis photographie les
hommes frontalement, avec quelques détails
seulement.
23
SALLE 6
Formel et informel (II)
Statut social et autorité
Lucia Nimcová: Discussion about
Democracy, de la série “Unofficial”, 2007
Christian Courrèges: Simone Veil, de la
série “Capitale Europe”, depuis 1990
Qui pose le plus souvent pour un portrait ? Traditionnellement, les personnes ayant un statut important
ou occupant de hautes fonctions dans la société,
comme les souverains, les chefs d’État et les hommes
politiques. Aujourd’hui encore, ces portraits officiels
ne représentent pas seulement la personne, mais aussi
sa fonction. Comment faire émaner d’un portrait le
prestige et l’autorité ? Les portraitistes ont recours à la
tradition picturale : depuis des siècles, des procédés et
des « trucs » existent pour mettre quelqu’un en image,
qui sont compris de tout le monde. Les photographes et
plasticiens sélectionnés ici sont tout à fait conscients de
cette tradition riche et séculaire du portrait peint.
La plasticienne slovaque Lucia Nimcová joue
avec le genre du portrait officiel dans une
perspective politico-historique. Elle s’est
plongée dans les archives photographiques
de sa région natale, Humenné, et s’est imprégnée du langage des images de la propagande
communiste. Ensuite, Nimcová a demandé
à une série de personnes de poser à nouveau
devant l’appareil photo, comme ils posaient
à l’époque communiste ou comme ils étaient
autrefois dans leurs fonctions officielles.
Réalité et fiction, souvenir et fantaisie, présent et passé se répondent dans cette série
d’une manière assez drôle.
Comment autorité et leadership peuventils émaner d’un portrait ? Il suffit de regarder les photographies du Français Christian
Courrèges. Il a fait le portrait, sur commande,
d’innombrables responsables politiques et
hauts fonctionnaires à l’origine de l’unification européenne. Ses portraits classiques, en
noir et blanc, sans arrière-plan ni attributs,
montrent ce même visage plein d’assurance
du pouvoir politique.
24
25
SALLE 7
Photographe et modèle
La grande diversité du portrait photographique
européen de ces vingt-cinq dernières années se reflète
dans des compositions et des formats très disparates,
dans le choix du noir et blanc ou de la couleur, ou dans
le degré d’abstraction, et surtout dans les différents
types de rapports entre le photographe et le sujet. Dans
le portrait, ce lien entre photographe et modèle est
déterminant pour le résultat. Ce peut être un rapport
d’autorité ou un lien d’amitié. Le photographe peut
garder un contrôle total de la situation ou laisser au
modèle la liberté de faire ce qu’il veut, acceptant par
conséquent un résultat imprévisible. La plupart des
portraits sont le fruit d’un échange, où la personnalité
du créateur est au moins aussi importante que celle de
celui qui pose devant l’appareil. L’auteur doit mettre
son modèle à l’aise, gagner sa confiance ou même le
provoquer.
26
Thomas Ruff, Porträt (A, Kachold),
1987
Denis Darzacq,
Group 01, Act 50, 2010
La femme, dans cet énorme portrait, nous
regarde en face. Son regard ne trahit aucune
émotion. Le créateur, Thomas Ruff, débuta
dans les années 1980 avec les séries typologiques, Porträts. Il représentait ses camarades
étudiants selon la méthode policière mise
au point par le Français Alphonse Bertillon
(1853-1914) : de face, visage inexpressif,
arrière-fond neutre, éclairage uniforme et
sans dramatisation. Ruff présentait ses photos dans des séries de même format, prenant exemple sur ses maîtres, Bernd et Hilla
Becher, et sur leur projet de photographie de
bâtiments industriels. En ôtant autant que
possible de l’image tout signe ou connotation,
Ruff soulignait que ses portraits étaient avant
tout des photographies et ne cherchaient pas
à représenter l’expression d’états d’âme ou
des personnalités. Avec Porträts, Ruff donna
une nouvelle impulsion au portrait photographique en créant une sorte de portrait « impassible » : une image totalement « vide ». Pour
souligner cet effet, il les produisait dans un
format particulièrement grand.
Pour Act, cette série de portraits chaleureux
et humains, Denis Darzacq a travaillé avec des
personnes atteintes par un handicap mental.
Le photographe a délibérément laissé une
certaine marge à ses modèles, en les laissant
choisir comment et où ils seraient pris en
image. Dans Act, on trouve aussi des acteurs,
des danseurs et des athlètes, mais Darzacq
n’a pas fait de distinction entre eux dans la
mise en œuvre. Chaque individu a l’occasion
de s’exprimer dans la photo, spontanément
ou en suivant de courtes indications, selon
son inspiration et le langage de son corps. Le
modèle peut également choisir d’être photographié dans un espace public ou semi-public.
Darzacq leur permet également d’adopter
l’attitude qu’il souhaite face à eux-mêmes et
à l’espace environnant. C’est pourquoi, le résultat est parfois si expressif, comme dans ce
portrait de groupe, ou parfois plus réservé.
27
Combitickets
FACES NOW + FACES THEN: ¤ 14 - ¤ 12 (BOZARfriends)
FACES NOW + FACES THEN + The Sultan’s World: ¤ 21 - ¤ 19 (BOZARfriends)
BO
ZAR
EX
PO
Chief Executive Officer - Artistic Director
Paul Dujardin
Director Artistic Policy
Adinda Van Geystelen
27.02 > 31.05.2015
Sultan’s
World
The
BOZAR EXPO
Deputy Director Exhibitions: Sophie Lauwers
BOZAR MUSIC
Director: Ulrich Hauschild
The OTTOman OrienT in renaissance arT
BOZAR CINEMA
Head: Juliette Duret
Image | Beeld: Paolo Veronese (School), Portrait of Sultan Bayezid I, Bayerische Staatsgemäldesammlungen – Staatsgalerie in der Residenz Würzburg - E.r. | V.u. Paul Dujardin, rue Ravensteinstraat 23 - 1000 Bruxelles | Brussel - Exempt de timbre | Vrij van zegel, art.187
L’exposition L’empire du sultan. Le monde ottoman dans l’art de la Renaissance
montre l’attrait qu’exerça le Proche-Orient auprès des artistes occidentaux et souligne l’influence du monde islamique sur la pensée de la Renaissance.
Avec des œuvres de Bellini, Carpaccio, Dürer, Titien et autres.
BOZAR COM
Director Marketing, Communication & Sales: Filip Stuer
catalogues
BOZAR FINANCES
Director: Jérémie Leroy
The Sultan's World_A2.indd 1
06/11/14 15:59
Deux catalogues d’exposition ont été publiés pour FACES NOW/FACES THEN :
BOZAR TECHNICS
Director Technics, IT, Investments, Safety & Security: Stéphane Vanreppelen
BOZAR PRODUCTION & PLANNING
Director: Jean-François D’hondt
GENERAL ADMINISTRATION
Director: Didier Verboomen
Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas
Portraits
photographiques
européens depuis 1990
HUMAN RESOURCES
Director: Marleen Spileers
Ceci est une publication de BOZAR COM
Mise-en-page: Olivier Rouxhet
Textes: Teresa M. Soley (Faces Then), Frits Gierstberg (Faces Now)
Portraits de
la Renaissance
aux Pays-Bas
Rédaction: Olivier Boruchowitch, Frederic Eelbode, Marthy Locht
Traduction: Emilie Brehain, Catherine Hall
Editeur responsable: Paul Dujardin, Rue Ravenstein 23 - 1000 Bruxelles
till-holger borchert
koenraad jonckheere
hannibal | bozar books
hannibal | bozar books
Portraits photographiques européens depuis 1990
Paru chez Hannibal & BOZAR BOOKS, ¤ 39.50
(240 p.)
Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas
Paru chez Hannibal & BOZAR BOOKS, ¤ 49.50
(256 p.)
28
Paper offered by Paperlinx
Cover printed on Garda 170g - Inside pages on Garda 135g
FACES NOW
BOZAR
BOUTIK
READING ROOM
FACES THEN
G1
Hortahal
Hall Horta
Quentin
Metsys
Simon
Bening
G2
Anonyme
Anoniem
Anonymous
Ambrosius
Benson
G3
Anthonis
Mor
Joos
van Cleve
H2
Adriaen
Thomasz Key
Frans Floris
de Vriendt
Maarten
van Heemskerck